Katniss Holmes : Bienvenue à toi, lectrice^^ Et il n'y a pas de 'doué' ou de 'pas doué' pour poster une review, n'importe quel commentaire fait plaisir, du moment que ce n'est pas pour dire 'tu fais de la merde' ! (ou toute autre variante) Décidément Kili/Legolas plaît beaucoup dans cette fic, pourtant avec le dernier film j'aurais pensé que c'était pas gagné ! Encore une qui lit nos conneries, tu entends ça Noooo Aime ?

Shiro.K : Déjà, félicitations : tu as posté la cinquantième review, tu gagnes une question gratuite. Ça risque d'être un peu compliqué vu que tu n'as pas de compte ici, apparemment, donc je vais donner mon adresse mail ici (oui c'est risqué je sais) et si tu décides de l'utiliser, tu m'envoies un mail : julie . 231 hotmail . fr (sans les espaces)

Ensuite, la review : Eh oui, à une époque comme celle de la Terre du Milieu, rien de plus courant qu'une femme qui meurt en couches. Mais l'auteur n'aurait pas fait ça à Dernwyn ! Je suis désolée pour tes caries, mais ne m'envoie pas la facture du dentiste, je suis fauchée xD

Des psys pour les nains ? Tu as une sacrée imagination, toi aussi ! Pour Frodon, on n'en est pas encore là, d'une part, et d'autre part je ne répondrai pas à cette question. Spoilers, comme dirait River Song. Oui je poste bien le mercredi et le dimanche !

Shanatora : Bienvenue, nouvelle lectrice ! Je suis contente que l'histoire te plaise, pourvu que ça dure !

Justelaura : Faut le comprendre le pauvre Fili, sa femme est en train de pousser un rôti de porc par une fente de boîte postale ! Y a de quoi stresser, je trouve ! Et comme tu dis, elle n'allait pas mourir ou faire de fausse couche^^ La mort de Dernwyn compterait en Major Character Death, et si ça arrive un jour je préviendrai. Pour les montagnes russes, ton cœur n'a pas fini ! Accroche-toi bien avec les trois chapitres qui viennent !

Je suis étonnée que le compteur de 'adorable' n'ait pas explosé une fois de plus xD Ne t'en fais pas pour Thorin et Bilbon, ils vivent très bien sans avoir un bébé à eux.

Noooo Aime : Mais j'aime bien veiller tard ! C'est plus sympa que de se coucher tôt lol... Tu bosses au McDo, ma pauvre je te plains (je dis ça mais j'essaye d'y bosser aussi... bref) Un jour faudra que tu me fasses un enregistrement de ta grosse voix XD

Oui voilà c'était des bouquetins ! Ce qui a dû faire encore plus mal à sortir du c*l des nains (je maintiens que c'est de là qu'ils sortaient.) !

Oui les naissances c'est rare chez les nains ! Et c'est pas la famille royale qui va aider, il reste guère que Dernwyn qui puisse faire des bébés et faut bien qu'elle se repose un peu ! Je ne crois pas que les cris auraient aidé Fili. Il aurait été capable d'essayer de casser le mur pour aller la rejoindre !

Pour les idées de Bilbon, je ne sais pas ! À toi d'imaginer lol ! Un appareil à échographie chez les nains. Bien sûr, et ils l'alimentent avec quoi ? On fait pédaler quelqu'un pour faire de l'électricité ? XD

Gimli n'a juste pas réfléchi avant de parler, comme beaucoup d'adolescents quand ils veulent se vanter ! Legolas est réservé à Kili, désolée il peut pas t'aider xD Et si tu as trouvé la naissance presque aussi angoissante que le mariage, je sais pas ce que tu vas dire aujourd'hui... Probablement bataille de polochons, oui. Fili et Kili restent de grands gamins ! Et oui le bébé va être pourri gâté je pense !

Aliena wyvern : Tu n'es pas la seule, j'étais morte de rire !

Julindy : Dieu n'a rien à voir là-dedans, d'abord :p Mais oui c'était très mignon. Encore une fois, aucune raison de s'inquiéter. Si un personnage essentiel doit mourir, je préviendrai. À l'avance. Il sera même possible de m'envoyer un message pour savoir qui. Le prénom est parfait, je trouve^^

Bon, première histoire en trois chapitres depuis la fin de CCA. Trois longs chapitres. Rien que celui-là fait 18 pages en VO. Et avertissement : ANGST. Beaucoup, beaucoup de angst.

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Ne me fais pas entendre ton cri d'agonie

Résumé : Un éboulement lors d'une visite de contrôle des mines prend son ouïe à Thorin. Tandis qu'il fait en sorte de vivre avec ce qui pourrait être une perte permanente, le trouble commence à couver chez certains membres du Conseil, et un simple agacement ne tarde pas à se transformer en trahison potentielle : un complot d'assassinat.

Et avec ou sans ouïe, Thorin ne va PAS laisser qui que ce soit faire de mal à sa famille ou à son mari.

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Chapitre 1 : Perte

La flèche fut tirée en arrière pour caresser une joue fraîche. Des lèvres prirent des respirations soigneuses pour stabiliser les mains et se préparer à viser. Tout sembla faire une pause, attendre, juste un moment.

Bois et plume volèrent dans l'air, touchant le cœur de leur cible. Il n'y eut pas un bruit tandis que le corps tombait au sol. Le silence s'étendit partout pendant un long moment.

Puis, enfin, les hurlements éclatèrent tandis qu'on réalisait la tragédie. Les gens se ruèrent vers l'avant, mais l'archer savait : c'était trop peu, trop tard. La manière de viser avait été sans égale, le tir parfait.

Et au final, Bilbon Sacquet fut quand même laissé au sol, sans vie, une unique flèche à travers son cœur.

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Deux semaines plus tôt :

Ce qui avait été autrefois vide de vie était désormais rempli à nouveau de travailleurs sans fin et de nains qui étaient venus chercher un foyer à Erebor. Les mines prospéraient, le marché échangeait en permanence avec Esgaroth et Dale en train d'être reconstruite, et chaque nain qu'il voyait souriait. La vie à Erebor était belle. Les années de reconstruction avaient été bonnes pour tous.

Ce que personne n'avait dit à Thorin, c'était qu'il y avait aussi beaucoup d'absurdité et d'idiotie politiques pour faire en sorte que tout cela arrive.

« Bilbon en a déjà assez du Conseil ?

- Bilbon en a assez que j'en aie assez du Conseil, dit Thorin. »

Dwalin renifla.

« Ouais, je m'en doutais. Tu as été un peu insupportable ces derniers temps. »

Thorin le repoussa fortement vers le mur de la caverne, ignorant le rire de son ami. C'était la première fois qu'il voyait Dwalin en tant qu'ami et non juste comme son Capitaine des Gardes depuis trop longtemps. Quand Dwalin avait proposé de l'escorter jusqu'aux mines, un soulagement s'était installé dans l'âme de Thorin. Il avait besoin d'une oreille amicale.

Et peut-être d'un esprit vif pour l'aider.

« Pas si terrible que ça, j'espère, dit Thorin. »

Une tension montait cependant, à cette idée. Est-ce que sa colère et sa frustration avaient commencé à sortir cruellement ? Avait-il gravement blessé le cœur de quelqu'un ? Mahal, avait-il blessé Bilbon-

La claque à l'arrière de sa tête aurait été immédiatement dénoncée par le Conseil comme un crime punissable de mort. Comment quelqu'un osait-il frapper leur Roi ?

Thorin se contenta de se frotter le crâne et de jeter un regard noir à Dwalin. Que Dwalin lui rendit.

« Arrête ça. Mahal, Bilbon avait raison : tu es trop tendu et bien trop inquiet pour tout. La Montagne ne va pas s'écrouler si tu fais une pause un moment. »

Dwalin s'interrompit un instant.

« Et ton mari va bien. Il est plus inquiet pour toi, il dit que tu reviens tard et fatigué. Évident à voir, maintenant. En tout cas, de ma perspective ça l'est. »

C'était une réprimande même si c'était une offre de réconfort. Si Dwalin l'avait vu et faisait un commentaire, alors c'était en effet très évident. Mais pas trop évident pour ceux qui ne le connaissaient pas assez bien, ce qui voulait dire que ses sujets ne le verraient pas encore.

Ses sujets. Trois ans après avoir été couronné, et il était encore étrange de penser aux autres nains de cette façon. Bilbon lui avait dit que cela faisait de lui un bon roi de garder ce point de vue et de ne pas se croire au-dessus d'eux. Thorin s'accrochait à sa croyance que c'était Bilbon qui faisait de lui un bon roi.

« Il y a encore tant à faire, dit Thorin. »

Il s'interrompit pour lever les yeux. Tout Erebor s'étendait au-dessus de lui, à des centaines et des milliers de pieds de la terre. Il y avait des mineurs et des rétameurs qui travaillaient au-dessus de lui, de nombreux passages étaient remplis de nains en train de travailler. Le bruit, bien qu'intense, étant apaisant. C'était le son dont Thorin se souvenait depuis son enfance, de ses nombreuses années à avoir couru partout avec Dis et Frerin derrière lui.

Son cœur ne se serra que légèrement lorsqu'il pensa à Frerin. Il ne s'autorisait pas souvent à penser à son frère, car le chagrin était encore fort. Mais ici, à Erebor, il se surprenait à apercevoir des images de son frère dans les couloirs, les anciennes chambres, les sources chaudes où ils avaient couru.

« Thorin ? »

Thorin se secoua. Dwalin ne lui jetait plus un regard noir : Dwalin avait l'air entièrement inquiet.

« Rentre chez toi, dit fermement mais gentiment mais Dwalin. Retourne auprès de Bilbon. Je ne plaisante pas. Tu es à des kilomètres d'ici et bien trop fatigué pour revenir tout seul.

- A des années d'ici, admit Thorin, et Dwalin fronça les sourcils. Frerin. »

Dwalin hocha lentement la tête.

« Je peux imaginer. Il y a beaucoup de fantômes qui parcourent la montagne, qu'ils aient péri ici ou pas. Legolas a dit qu'il les sentait, leurs souvenirs. Il a proposé de regarder avec Ori s'il y a une bénédiction qui puisse les apaiser. »

Thorin n'y aurait jamais accordé foi, mais il avait parcouru les Chemins des Morts, et il avait vu ceux qui ne trouvaient pas le repos. L'idée que son peuple erre sans but, un souvenir silencieux, le rendait malade.

« S'ils veulent bien, dit-il, et Dwalin hocha la tête.

- Bien. Maintenant rentre chez toi-

- Je vais juste faire les cent pas, dit enfin Thorin, agité sans raison. »

C'était tout ce qu'il était, ces derniers temps : agité et frustré et incapable de faire quoi que ce soit à ce sujet. Il se demanda si c'était pour ça que son grand-père s'était tourné vers l'or : si ç'avait été un réconfort de trouver quelque chose qui n'exigeait rien de lui, mais ne donnait que du plaisir à la place.

Thorin n'avait pas besoin de l'or pour ça. Il avait un hobbit avec une masse de cheveux bouclés dont la seule requête était que Thorin prenne soin de lui-même et, parfois, leur prépare à tous les deux une tasse de thé. Ou qu'il reste au lit, juste un peu plus longtemps, au milieu des fourrures avec le sourire ensommeillé de son époux.

Peut-être qu'il devrait rentrer chez lui, finalement.

« Une mine, et c'est tout, dit fermement Dwalin. Puis tu retournes auprès de Bilbon. J'vais pas énerver un hobbit, encore moins Bilbon. J'ai ret'nu ma leçon. »

Malgré sa frustration, Thorin eut un grand sourire.

« Tu étais malade et tu aurais dû te reposer. Bilbon a tendance à se... fâcher, quand ceux auxquels il tient ne prennent pas soin d'eux.

- Il m'a crié dessus devant toute la Garde. Comme si j'étaisun enfant perdu. La dernière fois que je me suis fait gronder c'était par Balin, et dans ces mêmes couloirs.

- La semaine dernière, donc ? »

Dwalin gronda et lui donna un coup de poing dans le bras. Thorin se mit enfin à rire, sentant une partie de sa tensions'apaiser. Quand il s'arrêta, il essaya enfin de calmer son ami.

« Si Bilbon avait pensé une seconde que te... gronder mènerait à une baisse de respect de tes Gardes, il n'aurait jamais fait ça. Si tu te souviens bien, il a grondé le reste de tes Gardes encore plus que toi. »

Et quelle vision ç'avait été : un petit hobbit, les yeux pleins de fureur, en train de crier sur un groupe de nains lourdement armés pour avoir laissé Dwalin être là quand il était manifestement si malade.

Ç'avait fait la tournée des ragots d'Erebor, en partie grâce à Bofur et Nori. Kili et Fili n'avaient pas aidé en embellissant la peur qu'il y avait eu dans les yeux de tous les Gardes.

En fait, ils n'avaient pas tellement embelli que ça, maintenant que Thorin y pensait.

« Tu lui as déjà dit ?

- Quoi, que son sermon résonne encore à tes oreilles ?

- Pour Frerin. »

Ces deux mots valurent à Thorin de s'immobiliser, si près de l'entrée de la mine. Maintenant qu'il y pensait...

« J'ai dû le faire, dit Thorin. »

Mais sa mémoire ne lui donnait rien. N'avait-il vraiment jamais parlé de Frerin ?

« Ou Dis a dû le faire.

- Peut-être. Il pourrait vouloir l'entendre de toi, cela dit. »

Dwalin soupira et posa une main sur l'épaule de Thorin, une poigne ferme qui l'avait maintenu plus d'une fois dans le passé.

« Je ne t'en voudrais pas si tu n'en avais pas parlé. Il ne t'en voudrait pas non plus.

- Il est trop indulgent, marmonna Thorin. »

Toujours rapide à pardonner, mais cela avait fait plus de bien que de mal à son mari après leur mariage. Il était toujours prêt à pardonner insulte ou injure, grave ou légère, peu importe de qui elle venait. Et ce dernier point n'aurait pas dû avoir tant d'importance, mais Thorin savait que quelques nains n'avaient aucune appréciation pour Bilbon, qu'il ait sauvé la Terre du Milieu de la destruction de Sauron ou pas. Bilbon le supportait avec bien plus de grâce que Thorin. Bilbon était son mari, le Porteur de l'Anneau unique, le plus grand des cambrioleurs, son mari. Cela seul aurait dû régler tout mécontentement.

« Ouais, surtout avec le Conseil, acquiesça Dwalin. Et nous. Tu devrais quand même lui dire. »

Il devrait, et il le ferait.

« Après la mine, dit-il – et cela en fit une idée solide dans son esprit. Je lui parlerai de Frerin. »

Dwalin lui donna une claque dans le dos avec un sourire doux qu'il réservait habituellement à Ori ou aux enfants. Si quelqu'un pouvait comprendre ce que ressentait Thorin, c'était Dwalin. Car après la bataille de la Moria, c'était Dwalin qui l'avait trouvé agenouillé auprès du corps sans vie de Frerin. C'était Dwalin qui avait été anormalement doux avec lui, s'était agenouillé et l'avait englouti dans son étreinte jusqu'à ce que Thorin ait cessé de frissonner. C'était Dwalin qui l'avait aidé à se lever et appelé de l'aide pour ramener le corps de Frerin là où ils enterreraient les morts.

Et quand Thorin avait dû parler à Dis de toutes les vies perdues dans la bataille, c'était Dwalin qui s'était tenu à côté de lui et les avait tous deux serrés dans ses bras tandis qu'ils pleuraient.

La mine elle-même était fraîche, plus fraîche que les autres. C'était presque un soulagement, étant donné le long manteau royal que Thorin devait désormais porter. Même Dis l'avait encouragé à porter ce qu'il voulait et pas ce qui était considéré traditionnel. Il avait épousé un hobbit, pour l'amour de Mahal la tradition n'était pas exactement une nécessité. Maintenant, sentant à quel point l'air frais de la mine rendait sa respiration plus facile, il se demanda si peut-être il ne pourrait pas avoir deux manteaux royaux, un pour les journées chaudes, et celui-là pour les journées d'hiver.

On n'était certainement pas en hiver maintenant. Même Bilbon, habitué à l'air plus chaud de la Comté, avait commencé à enlever sa veste dans leurs appartements, ne gardant que sa légère chemise blanche et son pantalon.

Et penser à Bilbon habillé comme ça, la sueur trempant ses boucles et donnant envie à Thorin d'y passer les doigts, ne le mènerait nulle part. Il fit un signe de tête au contremaître de la mine qui s'inclina profondément en retour.

« Comment vont les mines ? demanda-t-il.

- Bien, Votre Majesté : nous avons touché un endroit problématique avec trop de rochers hier, mais ma meilleure équipe s'en est occupée. Ils ont terminé assez rapidement. »

Tant mieux. Un problème de moins à gérer pour lui. Il s'aventura plus loin dans la mine, observant la surface de pierre s'illuminer de pierres précieuses et de veines dorées. Rien d'extravagant, rien qui soit vraiment plein de richesses ici. Peut-être que l'un des nains d'affaires dont Gloin lui parlait tellement serait intéressé par un investissement privé. Thorin n'avait nul besoin de maintenir toutes les mines pour la royauté. Son grand-père avait loué les mines, mais les vendre à quelqu'un d'autre était plus logique.

Les mines étaient travaillées par son peuple. Elles méritaient d'appartenir à son peuple.

« Thorin ! »

Il avait senti le grondement une demi-seconde avant que Dwalin ne crie son nom. Mais il faisait trembler les murs, maintenant, des pierres tombant autour de lui. Thorin attrapa un mineur qui courait trop lentement et le poussa vers la sortie.

« Allez ! cria Thorin. »

Le plafond entier céda. La dernière chose que vit Thorin furent les larges rochers tomber devant lui, puis il n'y eut plus rien.

(-)

Quand il se réveilla, tout était noir. Thorin poussa contre les rochers au-dessus de lui et en sentit quelques-uns bouger. C'était une bonne nouvelle : ça voulait dire qu'il pouvait sortir.

Au bout d'un long moment à creuser, la lumière commença enfin à passer. Il sentait le grondement de plus larges roches en train d'être déplacées, et enfin la lueur brillante des lampes et des bougies se déversa. Il grimaça et essaya d'ajuster sa vision, et fut récompensé par la vision de ses neveux, Dwalin, et derrière lui, Bilbon. Tous parlaient en même temps, mais il n'entendait rien à cause du grondement de la pierre. Quand cela s'arrêta enfin, Thorin tendit un bras vers Bilbon, qui agrippa désespérément sa main.

« Je vais bien, leur promit-il. »

Puis il se figea. Ses neveux parlaient encore, mais pas un mot n'atteignait Thorin. Sa propre voix ne l'avait pas atteint. Rien ne le pouvait. Il se dirigea vers Bilbon, la panique montant en lui, et vit la même peur reflétée vers lui. Bilbon dit un mot, mais rien ne vint à ses oreilles. Quand Thorin ne répondit pas, la peur de Bilbon ne fit qu'augmenter, comme s'il avait confirmé que quelque chose allait très mal.

Et ça allait très mal. Si mal que Thorin n'avait pas de mot pour décrire à quel point c'était mal, et même s'il en avait un, il ne serait pas capable de l'entendre.

Mahal, il ne pouvait pas entendre. Il n'entendait rien. Comment était-il censé régner sans son ouïe ? Commentétait-il censé diriger quand le monde était silencieux, quand il ne pouvait pas entendre Bilbon, son mari, il ne pouvait pas entendre la voix de Bilbon, ne l'entendrait plus jamais-

Des mains saisirent son visage et le forcèrent à se concentrer sur Bilbon. Son époux avait encore l'air terrifié, mais ses yeux brillaient avec détermination. Quand il parla, il sembla le faire lentement, et Thorin réalisa qu'il exagérait l'articulation de ses mots. Non, juste un mot, un que Thorin connaissait bien. Thorin.

Thorin hocha la tête.

« Est-ce que tu m'entends ? demanda-t-il enfin. »

Il était incapable de chasser l'autre peur : que savoix ait également disparu. Bilbon acquiesça, et Thorin poussa un soupir. Au moins il y avait ça.

Bilbon lui tapota de nouveau la joue, attirant son attention. Il montra Thorin du doigt, puis mima l'action de le tirer. Ils le feraient sortir. Il hocha la tête, soudain si las que tout ce qu'il voulait faire était retomber sous les rochers. Son esprit ne pouvait même pas commencer à enregistrer vraiment ce qui s'était passé, ce que ça voudrait dire. La panique dans son estomac ne cessait de tourner, le rendant malade.

Une main familière saisit son épaule, et Thorin regarda Dwalin. Dwalin prononça son nom, de la détermination écrite sur chaque trait du visage de son ami, et Thorin hocha la tête. Au-delà de lui se trouvaient Fili et Kili, tous deux semblant aussi déterminés que Dwalin.

Il était vivant. Il pouvait parler. Il sortirait de sous les rochers.

Peut-être que c'était l'Oreille du Mineur, songea-t-il soudain. Quand les mineurs descendaient avec de la poudre explosive, beaucoup, en remontant, étaient incapables d'entendre pendant un certain temps, parfois quelques minutes, parfois quelques jours. Mais leur ouïe revenait toujours. Peut-être que l'éboulement avait eu cet effet.

Il irait bien. Il respira et se concentra sur les mains de Bilbon en train de caresser son visage tandis que Dwalin, Fili et Kili commençaient à creuser.

Il irait bien.

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« Ce n'est pas l'Oreille du Mineur. »

Thorin n'aurait même pas eu besoin qu'Ori transcrive les paroles d'Oin : Bilbon était certain que l'expression du visage de tout le monde aurait tout dit. Il garda la main sur l'épaule de Thorin, ferme et forte, quand Thorin se flétrit sur le tabouret à cette nouvelle.

« Tu en es certain ? demanda Balin. »

Oin lui adressa un regard noir.

« Elles ne bourdonnent pas, mon gars. Les oreilles bourdonnent quand c'est l'Oreille du Mineur. Il dit qu'il n'y a pas de bourdonnement à sentir ou entendre, et ses oreilles ne bougent pas du tout. Ce n'est pas l'Oreille du Mineur. »

Ori commença à transcrire, mais Bilbon secoua rapidement la tête derrière Thorin, et Ori commença à écrire autre chose, pour empêcher Thorin de s'inquiéter. Vous êtes sûr que vos oreilles ne bourdonnent pas ? écrivit-il. Thorin soupira.

« Non, il n'y a pas de bourdonnement, pas d'impression de vibration, rien du tout. Je ne sais même pas si je vous parle ou si je mets juste de l'air dans mes poumons. »

Ses mots étaient légèrement traînants, assez légèrement pour que Bilbon soit certain d'être le seul à l'avoir remarqué pour l'instant. Il fallait être proche pour l'entendre, et même si tout le monde était pressé les uns contre les autres, Bilbon avait fermement pris sa place à côté de Thorin et n'avait permis à personne d'autre qu'Oin de s'approcher. Thorin se sentait déjà enfermé et hors de contrôle, et aussi bien intentionnée que soit la compagnie, il n'allait pas laisser cela empirer.

Dis entra en trombe dans la pièce, Dernwyn sur ses talons. La porte claqua derrière elles, faisant assez trembler le sol pour que Thorin lève les yeux pour les voir.

« Que se passe-t-il ? demanda Dis. Fili a seulement dit que Thorin était blessé.

- Sourd, en fait, dit Bilbon. »

Il était reconnaissant d'être derrière Thorin, là où son mari ne pouvait pas les voir. Thorin n'avait pas besoin de savoir encore et encore qu'ils expliquaient ce qui s'était passé.

« Une des mines s'est effondrée et a pris son ouïe.

- Je sais que tu parles, coupa Thorin, les faisant sursauter. Je peux sentir les vibrations quand tu parles, Bilbon. Qu'est-ce qui se passe ? »

Bilbon cligna des yeux, surpris. Il garda quand même la main sur l'épaule de Thorin.

« On explique ce qui se passe, dit-il – et Ori transcrivit diligemment. On n'essaye pas de t'exclure, juste de t'éviter d'avoir à tout lire une fois de plus. »

Thorin soupira et hocha la tête, et il semblait si défait que Bilbon resserra sa prise.

« Dites-lui qu'on est là, dit Bilbon à Ori. On est là et on ne part pas. »

Et que je l'aime.

Les mots furent écrits rapidement, lus encore plus vite, et tout le monde hocha la tête avec une approbation féroce quand Thorin leva les yeux. Il se tourna vers Bilbon au bout d'un moment, et Bilbon lui adressa le meilleur sourire qu'il put former. Son Thorin, son monde entier réduit au silence. Ce n'était pas comme son vieil oncle qui était devenu sourd lentement et l'avait accepté. C'était un accident, et se retrouver privé d'un sens, pour aucune raison, il n'y avait rien que Bilbon puisse faire ou dire pour que ça aille mieux.

Mais Thorin mit sa main sur celle de Bilbon et offrit un sourire triste.

« Je t'aime, moi aussi, dit-il doucement. »

Bilbon ignora les autres et déposa un baiser sur les lèvres de son mari.

« On trouvera quelque chose, murmura-t-il. »

Il avait oublié l'espace d'un instant qu'Ori ne pouvait pas l'entendre pour écrire ce qu'il disait. Avant qu'il ne puisse le répéter pour Ori, cependant, Thorin hocha la tête. Ses yeux étaient fixés sur les lèvres de Bilbon, et Bilbon répéta, plus lentement cette fois.

Son oncle n'avait pas été mauvais pour lire sur les lèvres, mais avait principalement dépendu du langage des signes. Peut-être que Bilbon pouvait lui montrer ce dont il se souvenait. Il tendit la main et la passa dans les cheveux de Thorin, essayant de le garder calme et ancré.

Il avait à peine frôlé l'oreille de Thorin quand Thorin siffla et éloigna sa tête, la douleur assombrissant ses traits.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Il pinça les lèvres contre lui-même quand il réalisa son erreur. Bien sûr, Thorin ne pouvait pas l'entendre.

Oin s'avança, éloignant les cheveux de Thorin de sa tête. Bilbon le contourna et grimaça quand il vit la blessure. Elle était sombre et irrégulière, et Bilbon n'avait pas de mal à imaginer la pierre qui l'avait frappé en train de s'enfoncer plus profondément, lui ouvrant complètement le crâne. Il s'agrippa à Thorin, se forçant à respirer. Thorin était vivant, il allait bien.

Ça l'aida quand même quand Thorin s'appuya contre lui et que Bilbon put sentir sa poitrine bouger à chaque respiration. Il ne pouvait pas l'entendre, il ne pouvait même pas le voir, et pourtant Thorin savait quand même ce dont il avait besoin. Ils n'avaient pas besoin de parler avec des mots. Ils se comprenaient d'un simple regard depuis des années, maintenant. Un contact en dirait tout aussi long, supposa Bilbon.

« Un sacré coup, dit Oin avant d'agiter le doigt devant Thorin. Vous auriez dû me le dire !

- J'étais plus concentrée sur mon ouïe. Je ne l'ai honnêtement pas senti, admit Thorin quand Ori eut transcrit. »

Il leva sa main vers la blessure.

« C'est si grave que-

- NON ! hurla tout le monde. »

L'effet aurait dû se perdre sur quelqu'un qui ne pouvait même pas les entendre. Mais Thorin se figea quand même, les yeux écarquillés tandis qu'il fixait la compagnie qui avait fait un brusque pas en avant comme pour l'arrêter. Bilbon tendit soigneusement la main et remit celle de Thorin à côté de lui.

« Tu ne veux pas faire ça, dit-il, la voix plus calme qu'avant. Crois-moi. »

Quand cela eut été transcrit, Thorin reposa soigneusement sa main sur ses genoux. Oin commença à inspecter la blessure, et vraiment, il n'y avait pas besoin de la toucher de si près. Bilbon se força à respirer, encore. Oin savait ce qu'il faisait. Il était un guérisseur bien plus avancé que Bilbon, et honnêtement, il agissait comme une mère poule, claquant du bec vers ses poussins dès qu'ils faisaient quelque chose.

Étant donné la façon dont Kili avait fait irruption dans leurs quartiers juste quelques heures plus tôt, haletant les mots 'Thorin' et 'mine écroulée' et 'pourrait être mort', Bilbon estimait avoir le droit d'être un peu surprotecteur. Voir Thorin, en sang et paniqué de ne pas pouvoir entendre, encore bloqué sous une horrible masse de rochers, ne l'avait pas aidé non plus. Quand ils l'avaient enfin sorti, il s'était accroché à Bilbon et avait tremblé, refusant de le lâcher jusqu'à ce que Dwalin l'aide à se lever pour l'amener à Oin. La vue de Thorin, son magnifique, puissant, capable mari, réduit à une masse tremblante de peur et de douleur-

D'accord, alors il n'allait pas laisser son époux hors de vue dans les prochains jours. Il pouvait accepter ça. Et Thorin en ferait autant, s'il savait ce qui était bon pour lui. Il devrait juste faire avec Bilbon en train de faire des histoires.

« Ç'a dû être un sacré rocher, dit Nori en grimaçant. Ç'aurait pu être toute votre tête. Il aurait pu prendre toute votre oreille. »

Le souvenir ne se contenta pas de remonter, il bondit à la surface de son esprit depuis un passé presque oublié.

« C'est ça ! s'exclama Bilbon. »

Il fit sursauter Ori qui retranscrivait les paroles de son frère.

« C'est ça !

- C'est quoi ? demanda Kili. Mon Oncle ? »

Bilbon se déplaça jusqu'à pouvoir voir Thorin face à face. Il avait presque oublié ce jour de son enfance. Une terrible journée, à l'époque, mais il n'avait jamais été plus reconnaissant que maintenant d'avoir ce souvenir.

« Quand j'étais enfant, mon cousin a glissé dans la partie peu profonde de la rivière et s'est cogné le crâne sur un rocher. Sang, larmes, tout le tintouin. C'était terrible. Pire que tout, le coup lui a pris sa vision et son ouïe. »

Thorin sembla malade à l'idée de perdre deux sens et pas un seul. Bilbon appuya une main chaude contre la joue de son mari, souriant toujours.

« Moins de deux semaines plus tard, il était de nouveau en train de jouer dans la crique, vue et ouïe revenues.

- Comment ? dit Fili en le fixant. Qu'est-ce que vous avez fait ?

- Est-ce que c'était un médicament ?

- Une potion ?

- Est-ce que c'était Elfique ?

- Assez, dit Thorin. »

Apparemment il n'avait pas besoin d'entendre ses neveux pour savoir qu'ils babillaient à la place de Bilbon.

« Laissez-le finir. »

Ori ne prit même pas la peine d'écrire ce qu'ils avaient dit. Bilbon eut un sourire.

« Nous n'avons rien fait.

- Rien, dit Thorin avec incrédulité. Ça revient juste... tout seul ?

- Un bleu, loin à l'intérieur, expliqua Bilbon. »

Les yeux d'Oin s'écarquillèrent quand il comprit.

« Bien sûr ! Vous n'avez pas remarqué la blessure parce qu'elle n'avait pas saigné et collé vos cheveux. Vous avez saigné de l'intérieur, mon gars, et vous vous êtes fait un bleu à la tête. Assez de pression pour couper votre ouïe. Je peux essayer quelque chose ? »

Et Ori avait à peine réussi à transcrire ses mots quand Oin appuya sur le côté de la tête de Thorin, entre la coupure et son oreille. Thorin s'éloigna brusquement, s'agrippant la tête.

« Oin ! siffla Dis. »

Pendant ce temps, Bilbon saisit son mari et le tint dans ses bras. Oin avait l'air bien plus content de lui qu'il n'aurait dû.

« Un bleu, dit-il. Bilbon a raison : ça pourrait disparaître tout seul.

- Pourrait ? dit Dwalin, prenant la parole pour la première fois depuis qu'il avait tiré Thorin de la mine. Pourrait ?

- Je ne peux rien garantir, dit gentiment Oin. Et j'en suis terriblement désolé. Mais j'ai déjà vu des têtes avec un hématome, et certaines ont diminué un sens ou deux. Bilbon a le meilleur espoir qu'on puisse trouver : ça pourrait être temporaire. »

Bilbon essaya d'empêcher son inquiétude de se montrer, mais il n'y arriva pas tout à fait à temps. Thorin leva la tête après que la douleur ait diminué et le regarda en premier. Il ne jeta même pas un œil vers Ori pour une réponse.

« Ce n'est pas ça, n'est-ce pas, dit-il à mi-voix.

- C'est ça, dit Bilbon, assez fermement pour que Thorin le comprenne en lisant sur ses lèvres. Ça pourrait ne pas l'être, mais ça l'est. »

Il devait espérer que c'était le cas. Pour lui-même, comme pour Thorin. Thorinpouvait vivre sans son ouïe, bien sûr qu'il pouvait. Il pourrait encore prendre ses repas et présider aux réunions du Conseil, stupides choses qu'elles étaient, et il pourrait regarder grandir les enfants de Fili et Dernwyn. Il pourrait encore régner sur Erebor. Il pourrait encore aimer Bilbon.

Mais perdre un sens serait dévastateur. Et s'il y avait une chance que son ouïe puisse revenir, Bilbon devait s'y accrocher, pour le bien de son mari et pour le sien.

« Qu'est-ce que ton cousin a fait ? demanda Dernwyn. Qu'est-ce qui a aidé à accélérer le processus de guérison ?

- Du repos, dit fermement Bilbon. Du repos et des tissus frais et de la bonne nourriture. Il y avait un thé que sa mère lui donnait, une herbe dont elle jurait qu'elle aiderait à désenfler.

- Du thé et de la bonne nourriture pour guérir : voilà une notion que je n'aurais jamais attendue d'un hobbit, dit Bofur avec un bon sourire. »

Bilbon lui lança une serviette, déclenchant d'autres rires de la part de la compagnie. Thorin eut un petit sourire quand il lut la transcription, et Bilbon appuya son front contre celui de son époux.

Je t'aime. Je t'aime et je ne vais pas te laisser. On traversera ça ensemble, essaya-t-il de dire avec son regard.

Thorin eut un petit hochement de tête, juste un, mais son sourire s'agrandit un peu. Je sais.

Ils traverseraient ça ensemble.

(-)

« Vous savez, ce serait plus facile de le voir et de lui parlersi vous étiez à l'intérieur au lieu d'ici dans le couloir. »

Certains jours, Dwalin appréciait vraiment la compagnie de Bilbon pour son esprit rapide, son attention et sa finesse. Il était content d'avoir le hobbit comme ami sincère.

Et il y avait des jours comme aujourd'hui où il voulait le fourrer dans un petit trou dont même lui ne pourrait pas sortir.

« Peut-être que je ne vais pas là-dedans, gronda-t-il en croisant les bras. »

Ce n'était pas comme si Bilbon savait qu'il était debout derrière la porte depuis vingt bonnes minutes maintenant, fusillant du regard le bois qui le séparait de son ami, son roi.

« Vous aimez juste admirer les portes ? Vous fixez celle-là depuis assez longtemps. »

Maudit soit le hobbit.

« J'ai des nouvelles pour lui, vous pouvez lui amener, dit sèchement Dwalin. »

Il leva enfin les yeux vers Bilbon.

C'était pire que ce qu'il pensait. Bilbon n'avait pas l'air satisfait ou réprobateur. Il avait l'air compatissant. Il savait. Il devait savoir.

« Vous devez lui parler, Dwalin. »

Le ton était doux et tendre, plus qu'il ne méritait.

« Vous pouvez lui donner le message-

- Ce n'était pas votre faute.

- Par la barbe de Mahal, si, ça l'était, répliqua Dwalin. Je lui ai dit de monter vous retrouver, parce qu'il faisait ce truc que vous disiez qu'il faisait, il se mettait à penser à d'autres choses, trop fatigué pour même tenir debout mais trop agité pour se calmer. Alors je lui ai dit qu'il pouvait faire une mine, c'était tout. Juste une seule mine, ensuite je le ramènerais vers vous. »

Et si ce n'était pas absolument la pire chose qu'il aurait pu faire. Son roi, son frère en tout ce qui comptait, avait disparu sous une avalanche de rochers et de pierres et n'avait pas répondu à un seul cri de Dwalin. Non, il avait été trop occuper à sauver un mineur pour s'inquiéter de lui-même.

« Et si Thorin n'était pas descendu ? contra Bilbon – mais il était encore bien trop gentil à ce sujet. Dwalin, il a sauvé la vie d'un mineur. Le mineur a juré qu'il serait mort si Thorin ne l'avait pas poussé vers la sortie. Il s'est retrouvé emmêlé dans le bazar que quelqu'un d'autre avait laissé derrière, et c'est Thorin qui l'a poussé hors de la mine. Il aurait été juste sous les rochers et serait probablement mort. »

Il avait l'impression de se faire à nouveau gronder devant la Garde, sauf que cette fois, c'était pire, parce que Bilbon essayait de le faire se sentir mieux. Et Dwalin n'avait aucun droit de se sentir mieux à ce sujet.

« Vous devriez être furieux contre moi, cria Dwalin. J'ai failli faire tuer Thorin ! Si je n'avais pas insisté pour qu'il fasse une mine, il n'aurait pas été piégé, il aurait encore son ouïe !

- Et si vous n'aviez pas été là, Thorin aurait fait toutes les mines, et personnes n'aurait eu la force de bras et de voixpour commencer à enlever les rochers et appeler à l'aide, répondit Bilbon sur le même ton. »

Il avait apparemment fini d'être gentil.

« Vous lui avez sauvé la vie, il aurait pu suffoquer, Dwalin ! Maisparce que vous avez réagi aussi vite, il est encore vivant et se demande probablement pourquoi il me faut si longtemps pour descendre le couloir et appeler le dîner !

- C'est ce que vous lui avez dit ? ne put s'empêcher de demander Dwalin avec incrédulité. »

Bilbon renifla.

« Qu'est-ce que j'étais censé lui dire d'autre ? Que son ami était debout derrière la porte, en la regardant comme si le bois l'avait personnellement offensé ? »

Il n'allait même pas demander comment Bilbon savait qu'il avait été là. Ça n'en valait pas le temps ou l'effort.

« Je ne devrais pas lui faire face, dit-il – et sa voix semblait aussi défaite que lui. J'ai failli le faire tuer.

- Croyez-le ou non, on s'inquiète tous les deux pour vous. On était déjà inquiets avant qu'Ori ne vienne nous dire à quel point vous étiez silencieux. »

Il aurait dû savoir que son mari était complice du complot. Ori avait l'air adorable et innocent, mais sous ce cardigan tricoté se trouvait un cœur en acier. C'était l'une des choses qu'il aimait le plus chez son scribe. Quand même, le dénoncer à Thorin et Bilbon n'était pas exactement gentil. Qu'est-ce qu'il avait fait à Ori.

« Ne blâmez pas Ori, avertit Bilbon. »

Il saisit Dwalin par le coude et le tira en avant sans que Dwalin ait le temps de protester. Le temps qu'il retrouve l'équilibre, Bilbon avait déjà ouvert la porte pour révéler Thorin assis à table, lisant des papiers près du feu. Le mouvement de la porte dut attirer son attention, et Thorin leva la tête, fronçant légèrement les sourcils quand il aperçut Dwalin.

Il n'avait pas l'air blessé. Ses cheveux étaient un peu éloignés de son oreille droite, en référence à la blessure qui s'y trouvait. Mais Dwalin savait qu'il souffrait d'une blessure que personne ne pouvait guérir sinon le temps et la merci. Il déglutit et essaya de reprendre son bras à Bilbon. Par Mahal, il n'était pas un enfant en promenade.

Bilbon le lâcha, mais se contenta de rester là jusqu'à ce que Dwalin s'avance. Thorin l'observait avec un regard calculateur. Trop entendu pour son propre bien, aussi. Il aurait juste dû aller s'entraîner avec les gardes ou quelque chose, mais Balin lui avait donné le message et bien sûr il était au courant aussi.

Un carnet fut placé dans ses mains, similaire à celui qu'Ori transportait partout avec lui.

« On travaille encore sur la lecture des lèvres, dit Bilbon. Écrivez-lui. »

Il voulut protester, mais Thorin l'épingla avec ce regard, et il n'y avait pas grand-chose que Dwalin pouvait faire contre ça. Même s'il n'avait plus son ouïe, Thorin avait toujours l'air d'un roi, ferme et opiniâtre. La seule autre personne que Dwalin connaissait qui pouvait avoir le même air, c'était Bilbon. Et même Thorin ne disait pas non quand Bilbon faisait cette tête.

Dwalin saisit le crayon sur la table où était assis Thorin et commença à écrire. Balin a un message pour toi au sujet du Conseil. Ils veulent une réunion au sujet de l'achat possible d'espace de marché et de plusieurs mines. Il ne broncha même pas en écrivant le dernier mot.

« J'irai. Il faudra bien qu'ils finissent par savoir pour la perte de mon ouïe. »

Garder ça pour eux avait été l'une des meilleures idées de Fili. Avec Kili à ses côtés, ils avaient raconté que Thorin se remettait de l'éboulement, et n'avaient rien dit de la perte de son ouïe. La parole s'était répandue à travers Erebor comme un feu de forêt.

Il fit mine de rendre le carnet à Bilbon, mais Bilbon croisa résolument les bras et refusa de bouger. Le lui jeter à la figure semblait une excellente idée.

« Ce n'est pas pour ça que tu es là, dit Thorin. Dwalin, qu'est-ce qu'il y a d'autre ? »

Dwalin déglutit.

« Ce n'est rien-

- Écrivez, dit obstinément Bilbon. »

Thorin se pencha en avant, attendant. Les doigts assez serrés pour presque briser le crayon, Dwalin écrivit aussi vite que possible. Je suis désolé que tu sois entré fut barré et remplacé par Je suis désolé de t'avoir dit de et remplacé à nouveau par Je suis désolé que tu

Thorin attrapa sa main la troisième fois, une pression douce mais insistante.

« Ce qui est arrivé n'était pas ta faute ou la mienne, dit-il. Nous n'avions aucune idée que la caverne n'était pas sûre. »

Dwalin secoua résolument la tête.

« Non, j'aurais dû-

- Ce n'était pas ta faute, dit Thorin en pinçant les lèvres. Et si c'est la raison pour laquelle tu m'évites depuis deux jours, c'est une terrible excuse. Si je suis en colère pour quelque chose, c'est à l'idée que tu aies gardé ça pour toi si longtemps. »

Le silence tomba. Dwalin sentit quelque chose proche du soulagement menacer de l'étouffer, logé trop fermement dans sa gorge.

« J'suis quand même désolé, dit-il enfin.

- Ne le sois pas, dit Thorin. »

Pendant un instant, Dwalin osa presque espérer que d'une façon ou d'une autre, Thorin l'avait entendu. Mais la légère hésitation entre les paroles de Dwalin et de Thorin en disait autant que l'endroit où Thorin avait regardé pendant qu'il parlait : sa bouche. Lire sur les lèvres : il faisait des progrès.

« Tu progresses, dit-il en prenant soin d'articuler. »

Il n'y eut qu'un autre moment d'hésitation avant que Thorin ne hoche la tête.

« J'essaye. Bilbon est un professeur patient. »

Dwalin reprit le papier et écrivit la phrase suivante. Je ne veux pas savoir comment vous lisez sur les lèvres, tous les deux.

Thorin lui donna un coup dans le bras, et dès que Bilbon aperçut ce qu'il avait écrit, il donna à Dwalin un coup dans l'autre bras. En dépit de ses bleus – et il n'aurait jamais dû apprendre à Bilbon à se battre, il avait un vilain crochet du droit – Dwalin se sentait quand même mieux que ces deux derniers jours.

(-)

Le Conseil, songea Balin en privé, était l'une des choses les plus ridicules qu'il ait jamais eues à gérer.

Oh, la moitié d'entre eux n'étaient pas mauvais. Un grand nombre d'entre eux étaient là pour la même raison que Thorin et Balin : pour assurer le futur d'Erebor. Et bien qu'ils soient en désaccord sur un grand nombre de choses, ils étaient, pour la plupart, prêt à mettre de côté ces différents – comme quelle pierre était la plus grande, le saphir ou le rubis, et quelle bière de la brasserie était la préférée cette semaine – pour le bien d'Erebor, de son roi et de son peuple.

Malheureusement, ils finissaient souvent en disputes, telles que celle-ci.

« L'espace de marché devrait aller à une guilde !

- Et si c'est le cas, qu'arrivera-t-il en hiver ? Les hommes ont demandé un espace plus grand et plus permanent au sein de la montagne-

- Et pourquoi devrions-nous le leur donner ? Nous sommes bien équipés pour aller à Esgaroth et y récupérer ce dont nous avons besoin !

- Les hommes sont plus grands que la neige qui tombera en hiver ils peuvent faire le voyage plus facilement que nous.

- Nous ne sommes pas faibles !

- Nous ne sommes pas grands, non plus !

- Assez ! dit Bilbon, portant sa voix sans crier. »

Les autres nains grommelèrent mais se rassirent.

« Merci. Ori, avez-vous retranscrit la... conversation ? »

Le terme de dispute aurait été plus approprié, mais Balin apprécia son tact. Ce qu'ils auraient fait sans le hobbit, il ne le savait pas tout à fait, mais il était reconnaissant envers le tacticien que Bilbon était devenu. Cela rendait les choses plus faciles d'avoir un hobbit qui connaissait la politique comme le dos de sa main, grâce à son peuple.

De plus, cela permettait à Balin d'observer davantage les visages généralement amusants qui suivaient chacune de ses annonces. Trois ans de pratique, et on aurait pu croire qu'ils se seraient habitués à Bilbon et sa manière d'apaiser toutes les parties de son mieux sans appeler au combat...

« Absolument, dit Ori, aussi autoritaire que Bilbon. »

Assis à côté de Thorin, Ori avait lui-même l'air d'un noble dans ses robes de Scribe Royal avec sa barbe et sa moustache qui poussaient joliment. Mais dans ses yeux se trouvait toujours cette douceur inhérente, cette gentillesse que Balin savait caractéristique d'Ori.

Dwalin avait fait un très bon choix. Même maintenant, debout derrière Thorin, ce n'était pas le roi que son frère regardait, mais son mari. Balin dissimula un sourire et se concentra sur Thorin.

Son cousin et roi semblait peser les choix sur le papier devant lui, mais au bout de quelques instants il regarda son époux.

« Et qu'est-ce que tu en penses ? »

C'était la meilleure et la plus rapide des façons de dire à Bilbon, Je veux que ton choix soit le mien. Quand Thorin cherchait conseil, il se tournait vers Balin, ou vers Bilbon si Balin ne pouvait pas être là. Tous deux le guidaient de leur mieux. Même Fili était devenuune grande ressource de savoir et d'idées, jeune et brillant, et Balin serait fier de le voir sur le trône. C'était vers eux que se tournait Thorin quand il voulait entendre des opinions.

Quand Thorin voulait une réponse, il se tournait seulement vers Bilbon.

Et, comme toujours, Bilbon avait une réponse toute prête pour lui.

« Laisse les hommes entrer dans la montagne et donne-leur des étalages dans les meilleurs endroits du marché, mais donnes-en seulement quelques-uns. Exige la même courtoisie sur leur propre marché. Si le temps devient un problème, nous avons des chambres dans la montagne que nous pouvons leur offrir, et je suis certain que Bard fournirait à nos marchands des conditions de logement similaires si la neige devient un facteur. On ne peut pas s'attendre à échanger avec eux si on ne les laisse pas entrer. De cette façon, les marchands qui ne s'en sortent pas bien seront déplacés et remplacés par de nouveaux. Cela rendra la compétition amicale mais forte. »

Tandis que Bilbon parlait, Balin se surprit à observer le hobbit. Son ami déplaça brièvement son regard vers divers membres du Conseil, mais en vérité il n'avait d'yeux que pour son mari. Il articulait plus clairement que d'habitude, mais ne ralentit pas assez pour laisser les autres s'en apercevoir. Personne en-dehors de la Compagnie ne savait probablement ce qu'il faisait. Donner à Thorin une chance de lire sur ses lèvres, et même si Ori écrivait tout, Balin savait que les gestes de Bilbon iraient loin avec Thorin. C'était généralement le cas.

Il semblait que Thorin en ait saisi une grande partie, car il ne regarda que brièvement le papier d'Ori avant de hocher la tête.

« Je suis d'accord. Une saine compétition encouragera nos propres marchands à faire de leur mieux et permettra aux meilleurs marchands de Lacville de choisir eux-mêmes qui prendra les places. Je pense que Bard sera d'accord avec cela. »

Dwalin toussa. Thorin ne l'entendit pas, mais Bilbon et Balin si, et ils lui adressèrent tous deux un regard acéré avant de reporter leur attention sur la table. Oui, ils savaient tous que Bard ferait à peu près n'importe quoi pour Bilbon, si on le lui demandait. Toutes ces années plus tard, et Balin estimait intérieurement que l'ancien archer, désormais Dirigeant d'Esgaroth, se sentait encore coupable pour son rôle avec l'Arkenstone et la façon dont il avait chassé Bilbon. Ils étaient désormais des amis proches, et s'il y avait quelque chose à faire avec Esgaroth ou la reconstruction de Dale qui devait commencer bientôt, Bard venait généralement lui-même, ne serait-ce que pour voir Bilbon et la compagnie.

Bilbon aurait pu demander à Bard jusqu'à son arc, à une époque, et Bard le lui aurait donné sans hésitation. Demander une chose si raisonnable maintenant, surtout quand elle offrait à Bard une meilleure chance de reconstruire Dale plus tôt, serait accepté sur-le-champ.

Des marmonnements à l'autre bout de la table attirèrent l'attention de Balin, et il surprit Dekir lancer un regard noir à Bilbon. Balin ne put distinguer ce qu'avait dit l'autre nain, mais à en juger par la brusque inspiration d'Ori et son attention forcée sur son papier, ce n'était pas gentil. Bilbon lui-même n'accorda aucune attention à Dekir ou à son cousin Rutar, qui parlaient entre eux et fusillaient le hobbit du regard, mais les lèvres de Bilbon étaient pincées avec agitation et plus qu'un peu d'irritation.

Les réunions se déroulaient généralement comme ça. Le père de Dekir, Mekir, avait étudié les lois de leur peuple pour participer aux procès mineurs, bien qu'il le fasse moins ces derniers temps suite à une baisse d'audition. C'était un nain aimable qui, en général, ne fronçait les sourcils vers Bilbon que lorsque, pour une raison quelconque, le hobbit ne parlait pas tout à fait assez fort. Bilbon avait essayé de s'asseoir plus près de Mekir pour régler le problème, mais Dekir avait réagi de manière si offensée que le hobbit avait juste repris discrètement sa place habituelle.

Balin serra les poings sous la table. Il y avait quelques nains qui avaient une dent contre Bilbon, et il ne pouvait honnêtement pas comprendre ce qui dérangeait tellement Dekir. Bilbon était plus que juste envers tous les membres du Conseil, même si certains ne le méritaient pas tout à fait. Pourtant Dekir ne cessait d'humilier et de rabaisser Bilbon quand il le pouvait, faisant des commentaires insolents avant que Thorin n'entre pour la réunion. Toujours avant l'arrivée de Thorin.

Balin supposa que puisque Thorin était incapable de les entendre, Dekir et Rutar avaient estimé qu'ils étaient libres de parler entre eux.

La réunion ne continua pas beaucoup plus longtemps. Le Conseil entier s'inclina devant Thorin au lieu des adieux verbaux habituels, en déférence à sa perte d'audition, et Thorin s'inclina en retour avant de quitter la pièce. Balin suivit les autres, et ce fut une bonne chose, car Thorin ne dépassa pas le couloir royal avant de trébucher.

Dwalin et Balin le rattrapèrent sur les côtés, Bilbon par l'avant, et Ori fut heureusement capable d'ouvrir les portes de la pièce principale pour eux. Une fois assis, Balin s'accroupit devant Thorin et fronça les sourcils. Il avait l'air nauséeux.

« Vertige ? demanda Balin en articulant clairement. »

Thorin acquiesça avec lassitude.

Une petite tasse apparut si soudainement qu'ils sursautèrent tous. Tauriel réussit à ne rouler des yeux qu'au minimum.

« Cela aidera, dit-elle. »

Et même si ses paroles étaient teintées d'agacement, ses mains étaient gentilles quand elles aidèrent Thorin à prendre la tasse. Il la remercia d'un signe de tête avant de boire une gorgée. Il marqua une pause et jeta un œil à Tauriel. L'elfe lui adressa un regard noir. Thorin avala la gorgée, puis frissonna de tout son corps.

Rien dont Balin ne voulait un aperçu, alors.

« Toujours des maux de tête ? demanda-t-il. »

Bilbon hocha la tête tandis qu'Ori écrivait furieusement leurs paroles.

« Il faut s'y attendre, avec l'hématome. Aussi terrible que ce soit, je prends ça pour un bon signe. »

Thorin toussa, ayant complètement vidé la tasse.

« C'est la chose la plus horrible que j'ai jamais goûtée, et j'ai déjà reçu une tunique d'orque dans la bouche, dit-il. »

Balin aurait juré qu'il avait l'air prêt à se racler la langue.

« Je ne veux pas savoir ce que c'est, et je ne veux pas en avoir plus.

- Vous changerez d'avis quand vous commencerez à vous sentir mieux, dit Tauriel d'un air entendu. »

Cependant, elle mit la tasse de côté.

« En fait, je cherchais votre plus jeune neveu il a juré de pratiquer le tir à l'arc avec moi aujourd'hui. J'ai le sentiment, cependant, qu'il est en train de jouer avec son neveu.

- Comment ne pas jouer avec Holdred ? demanda Bilbon en lui adressant un regard. J'ai vu beaucoup de jeunes enfants, et je peux dire sans être biaisé que Holdred est l'un des plus mignons qui soient.

- Pas biaisé du tout, marmonna Dwalin. »

Ori s'interrompit dans l'écriture des paroles de Bilbon pour donner un coup de coude dans la jambe de son mari.

« Dit le nain qui est resté assis à jouer avec Holdred pendant des heures et des heures et a laissé le bébé lui mâchonner la barbe. »

De tous les nains que connaissait Dwalin, aucun ne pouvait faire rougir son frère aussi vite qu'Ori.

« Si je ne peux pas gérer un petit bébé, je ne devrais pas être capable de diriger les Gardes, balbutia-t-il – mais ses joues restèrent rouges. »

La porte s'ouvrit rapidement, et Kili fit irruption dans la pièce, flèche et carquois sur l'épaule. Ses cheveux étaient une masse de nœuds, et Balin eut un sourire.

« Désolé, Holdred, expliqua-t-il en montrant ses cheveux du doigt. Ça, et j'ai croisé Dekir et son cousin. Rappelez-moi encore pendant combien de temps ils seront là ? Parce que j'en ai assez de ces deux-là.

- Toi et tous les autres, marmonna Ori. »

Balin fronça les sourcils, se rappelant de la conversation discrète que Dekir avait tenue pendant la réunion du Conseil.

« Ce qui me fait penser : de quoi parlaient-ils ? Dans la réunion du Conseil ? »

Ori jeta un regard à Bilbon, de façon surprenante. Bilbon hocha finalement la tête.

« Ils n'arrêtaient pas de parler du 'plan' et d'avoir 'besoin du bon nain'. Entre autres choses, ne put s'empêcher d'ajouter Ori. »

Bilbon enchaîna rapidement.

« Quoi que ce soit, il est évident qu'ils ne veulent personne d'autre dans la confidence. Et étant donné leur attitude, je ne suis pas enthousiaste, quoi que ça puisse être.

- Ils ne te laissent pas t'asseoir avec eux, dit Thorin. Il est évident qu'ils ne veulent pas que tu saches.

- Ils ne me laissent pas approcher, non plus, dit Dwalin. Ni Ori, ni Fili. »

Maintenant que Balin y pensait, il était très clair qu'ils s'étaient délibérément écartés du reste du Conseil.

« Ce serait un bonus de savoir ce qu'ils font, dit Balin. Nous avons enfin la paix et la stabilité je détesterais voir deux jeunes nains causer un scandale.

- Ou pire, ajouta sombrement Dwalin. »

C'était une idée terrible à envisager. Mais quand ça concernait la lignée royale et le futur d'Erebor, surtout en pensant à tout ce qu'ils avaient traversé pour en arriver là, il valait mieux considérer le pire avant le meilleur. Ça permettait à tout le monde de s'en sortir vivant.

« Kili, je veux que Fili et toi fassiez de votre mieux pour engager la conversation utilisez Gimli pour vous aider, il est encore assez jeune pour n'être pas nécessairement perçu comme une menace, ordonna Thorin. »

Kili hocha la tête, et Tauriel et lui partirent.

« Dwalin, dit à certains de tes gardes de les suivre, si possible. Balin, tu devras être ma voix dans cette affaire, et Ori mes oreilles. »

Dwalin hocha rapidement la tête.

« Ce sera un plaisir.

- Attends une minute, qu'est-ce que moi, je suis censé faire ? demanda Bilbon. »

Il venait de réaliser que Thorin n'allait pas lui attribuer de rôle.

« Rester là et ne rien faire ?

- De préférence, oui, dit Thorin quand Ori eut retranscrit. »

Dès que Bilbon commença à protester, Thorin leva la main.

« Je sais qu'ils disent des choses désagréables à ton sujet, et s'ils ont vraiment des plans de nature dangereuse, je ne veux pas te savoir près d'eux.

- Je peux me défendre-

- Et je sais que tu es en train de me dire que tu peux te défendre, et je sais que tu peux. Je ne peux plus entendre pour te protéger : s'il te plaît, reste loin d'eux. S'il te plaît. »

Bilbon poussa un soupir mais éloigna la tresse de mariage du visage de Thorin. Cela semblait toujours un moment si intime quand il faisait cela, même s'il ne bougeait que des cheveux. Pourtant Balin avait toujours l'impression que c'était un moment privé entre ces deux-là que personne d'autre ne devrait voir.

« Tu n'as pas besoin de me protéger tout le temps, dit Bilbon à mi-vois. Je peux te protéger aussi. »

Ori tendit le papier à Thorin, mais le roi n'y jeta même pas un regard.

« Je sais, dit-il. »

Et Balin avait le sentiment que même s'il n'avait pas compris les paroles de Bilbon, il aurait quand même reconnu le message derrière.

Bilbon hocha finalement la tête.

« Toi et moi allons trouver comment gérer le système de procès mineurs à la façon de Mekir pour qu'il puisse soit rentrer chez lui, soit renvoyer son fils.

- On pourrait le renvoyer maintenant-

- La connaissance et la sagesse de Mekir sont inestimables, dit Bilbon à son mari quand les mots eurent été lus. Et d'autres commenceraient à se demander pourquoi on lui a dit de partir. De plus, nous avons une meilleure chance de trouver ce que Dekir et Rutar ont prévu s'ils sont à proximité. Sois proche de tes amis, et plus encore de tes ennemis.

- Assez proche pour les étrangler, ajouta Dwalin. »

Bilbon roula des yeux mais sourit rapidement.

« Je ne suis pas entièrement certain que ce soit le message de la vieille maxime, mais oui, assez proche pour faire ça aussi, je suppose. »

Thorin souffla un rire quand Ori retranscrit leurs paroles avec réticence. Il avait déjà l'air moins vert, et quand il se leva, ce fut sans aide. Les elfes pouvaient être ombrageux, leurs deux elfes mis à part, mais ils s'y connaissaient en herbes et guérison.

« Dans deux jours, avant la prochaine réunion, nous nous retrouverons ici pour partager ce que nous savons. Plus tôt nous saurons ce qu'ils ont l'intention de faire, mieux ça vaudra pour nous. »

Balin espérait secrètement que ce ne serait rien d'horrible. Ils avaient des alliés partout en Terre du Milieu, des accords de commerce fermes avec les cités des Hommes, et la Forêt Noire était reprise chaque jour. Erebor s'épanouissait sous le règne de son roi, et jamais auparavant ils n'avaient profité d'une telle prospérité, grâce aux paroles pleines de tact et à la douce nature de Bilbon.

Pourtant il avait le terrible sentiment que tout cela était sur le point d'être renversé.