NdT : Bonjour ! J'espère que cette rencontre vous plaira – en tout cas, j'aime beaucoup ce chapitre. Je rappelle que l'histoire appartient à Coconut Girl, et que je la traduis avec son accord. Je vous dit à bientôt.

Chapitre 10 : Dimanche au Terrier avec George

Les deux silhouettes se tinrent côte à côte devant la porte, le contour de leurs ombres se coulant contre le mur du Terrier. Pansy eut un regard en coin et fut effarée de voir que les traits du visage criblé de taches de rousseur de Percy étaient tirés en une expression inquiète. Était-il à ce point inquiet de la présenter à sa famille ?

Elle glissa sa petite main dans la sienne et la pressa doucement, tentant de lui montrer un peu de réconfort. Il baissa aussitôt les yeux sur leurs mains entrelacées et considéra furtivement ce lien. Nerveux, il se dégagea, et enfouit profondément ses mains dans les poches de son pantalon.

Frustrée et énervée, Pansy plissa les yeux devant l'entêtement du jeune à ne pas la toucher. Après l'avoir détaillé, elle prit son bras gauche de ses deux mains et lutta pour qu'il retire sa main de sa poche. Une fois qu'elle l'eut libérée, elle l'enserra de ses deux mains et s'y cramponna comme s'il s'agissait d'une bouée de sauvetage. Il lui jeta un regard noir, mais elle se contenta de souffler assez fort, résolue à protester contre son humeur massacrante par le silence. Elle allait tenir sa main pour son bien, et ce qu'il le veuille ou non.

Leur rencontre de la matinée était loin de s'être aussi bien passée qu'on aurait pu le croire, laissant les deux dans un état d'agitation nerveuse. En bref, elle avait été hautaine et suffisante à cause du comportement froid et sérieux de Percy. En vérité, Pansy était au-delà de la colère et plus que blessée de ne pas l'avoir vu ou entendu de la semaine. Ce qui était vraiment impardonnable. Ils étaient amis à présent, non ? Il était légitime de vouloir passer du temps avec lui, pas vrai ?

"Qui tentes-tu de tromper, pauvre conne ?" songea-t-elle, se moquant d'elle-même. "Tu as des tas d'amis, et tu ne rêves absolument pas qu'ils te fassent des trucs coquins."

A l'instant, l'esprit de Pansy se plongea dans une rêverie récente et très plaisante. Être dans le bureau de Percy... sur sa table... elle aurait ses jambes enlaçant sa taille... leurs mains et lèvres découvrant leurs corps tout entiers... Elle secoua hâtivement la tête pour effacer le brouillard épais qui recouvrait son cerveau et essaya de respirer. Ç'avait été une semaine difficile, au cours de laquelle elle s'était surprise à avoir de chauds fantasmes avec l'homme se tenant à sa droite.

Sortant de ses réflexions, Pansy lui jeta de nouveau un coup d'oeil, et vit qu'il avait la tête baissée, le regard fixé intensément sur leurs mains jointes. Il portait une expression méditative, quoi que sauvage, sur son visage... comme s'il était pris dans sa propre rêverie... et son pouce caressait méthodiquement le dos de la main de la jeune fille. La tête lui tourna à la tentation de les transplaner tout simplement derrière sa propriété pour passer d'une rencontre convenable à une qui ait de l'ampleur.

Elle secoua la tête, ses pensées étaient trop dangereuses, et elle prit une inspiration pour parler. "Allons-nous juste rester là ?"

"Non, mais laisse-moi une minute," marmonna-t-il avec un grand soupir.

"Mais ça fait cinq minutes qu'on se tient là," se plaignit-elle.

"Bon... bien," marmonna-t-il.

Levant le bras, Percy eut un instant d'hésitation avant de toquer faiblement sur la lourde porte de bois.

"Pourquoi tu frappes ?" souffla Pansy.

Il se pencha vers elle, et sans croiser son regard, il murmura : "Je suis poli."

"Poli ? Mais c'est ta famille."

"Comme je l'ai déjà dit, je ne suis pas encore vraiment en bons termes avec eux. Et t'amener ici n'améliorera pas trop la situation. Maintenant, si tu voulais bien arrêter de poser des questions stupides..."

"Des questions stupides ?" railla-t-elle à haute voix. "Qu'y a-t-il de stupide à vouloir savoir pourquoi tu ne peux pas simplement entrer dans ta propre demeure ?"

"Pansy ! S'il te plait, arrête ça !"siffla-t-il.

Brusquement, la porte s'ouvrit, et Percy et Pansy se redressèrent et se plaquèrent un grand sourire sur le visage.

"Bonjour maman," fit Percy d'une voix forte.

"Percy," couina Molly, qui avait eu un sursaut en voyant la soudaine jovialité de son fils.

Se reprenant, Mrs Weasley s'avança vers son fils, le comprima contre elle, et l'embrassa rapidement sur la joue. Percy ne put que traissaillir sous cette manière de dissimuler le malaise qui régnait entre eux.

Alors qu'elle se redressait, Molly remarqua Pansy, qui se nichait derrière lui. "Eh bien, bonjour. Qui est-ce ?" demanda-t-elle, très curieuse d'en savoir plus sur la femme si attirante qui accompagnait son fils.

"Maman, je te présente mademoiselle Pansy Parkinson. Elle et moi, nous... nous..." Tout en disant cela, Percy attira Pansy devant lui, la tenant par les bras, et la poussa vers sa mère.

"Nous nous fréquentons," acheva Pansy pour lui.

Quand Percy eut parlé, les yeux de Molly s'agrandirent et son visage pâlit à la mention du nom de famille. À sa connaissance, la fille était une sang pur très riche et notoirement snob. Sans compter que, d'après l'Ordre, sa famille avait eu des affaires prêtant aux interrogations avec quelques mangemorts pendant la guerre. Molly leva un regard presque accusateur sur son fils. Elle remarqua à peine que Pansy avait levé la main pour officialiser leur rencontre.

"Mrs Weasley..." commença Pansy d'un ton nerveux. Quand l'autre femme ne réagit pas, semblant ne pas l'avoir entendue, sa main s'affaissa légèrement et elle prononça un calme : "Mrs Weasley ?"

"Maman ?" lâcha Percy, à la fois gêné et terrifié, pensant que sa mère était sur le point d'exploser ou de se réduire en cendre.

Les yeux de Molly se plantèrent sur la fille devant elle, et pour la première fois, elle prit pleinement conscience de la nervosité évidente qui avait pris la pauvre enfant.

Se reprenant juste à temps pour saisir la main de Pansy, Molly lui secoua vigoureusement la main et fit entre ses dents : "Bonjour, ma chère. C'est un plaisir de vous rencontrer. Je crains que Percy n'ait pas eu l'occasion de nous parler de vous. Vous voyez, nous n'avons pas trop été par là ces derniers temps. Alors... cette nouvelle me prend un peu de court."

Tout à coup, une voix forte retentit. "Qui est là, m'man ?

Molly relâcha sa main et lissa sa robe et ses cheveux, comme pour atténuer sa nervosité dûe aux nouveau arrivants juste au moment où la porte s'ouvrit davantage, révélant George puis Bill.

"Toi," cracha George, bouillonnant de colère à la vue de Pansy.

"Bonjour," bougonna-t-elle. Bien que c'était incroyablement tentant, elle n'allait pas tomber dans le piège... pas devant la mère de Percy. Elle ne voulait pas qu'on la prenne pour une sorcière vicieuse, mordante, plan ou pas plan. Une bonne impression était primordiale.

"A quoi penses-tu en te pointant ici ?" La voix de Fred avait retentit du pas de la porte.

"Balancer quelques sorts, pas vrai, histoire de mettre l'ambiance ?" railla George.

A deux doigts de lui rentrer dedans et de l'accabler d'injures, Pansy serra presque à l'extrême la main de Percy et prit un air blessé. Percy, en retour, manqua de glapir en sentant la force qu'elle avait, mais il mordit ses lèvres et le son qui s'en échappa ne fut plus qu'un léger gémissement.

A la plus grande surprise, et plaisir, de Pansy, ce fut Mrs Weasley qui prit sa défense. "George et Fred Weasley, vous allez arrêter d'être impoli avec une nouvelle venue chez moi. Votre frère a amené une invitée, et vous allez être corrects." Elle se tourna vers Pansy et essaya de lui sourire cordialement, ce dont il résulta un sourire pincé et tendu. "Entrez, chérie. Que diriez-vous d'une tasse de thé ?"

"Cela me semble parfait, merci," soupira Pansy avec reconnaissance.

"Ne te laisse pas avoir par ce sourire, m'man. Il est on ne peut plus faux. Elle te balancera un sort dès que tu auras tourné le dos," avertit Fred.

"Vraiment Fred, c'en est assez," fit Molly d'un ton rogue.

Prenant ça comme un signal pour qu'il écarte ses jeunes frères de la cuisine, Bill posa une main sur l'épaule de George. Alors qu'il était emmené, George mumura sombrement : "Putain de salope." Sans avertissement, Molly se tourna et lui asséna une claque sur le crâne alors qu'il passait à côté d'elle.

En partant avec George, Bill saisit Fred, qui regardait la scène avec horreur. Bill les poussa hors de la pièce tout en les suivant.

Enfin seuls, Molly se tordit les mains en observant la posture raide et nerveuse du couple. Ils semblaient décalés ici, ne semblant ni à l'aise ni chez eux. La jeune femme regardait tout autour d'elle, et bien qu'elle semblât faire de son mieux pour cacher son dégoût, la révulsion émanait d'elle.

Molly tourna son regard vers son fils, et se remémora aussitôt l'une des rares fois où il s'était mal comporté et où elle avait dû le punir. Il se tenait droit comme un piquet, les mains dans le dos, les yeux vrillés au sol, et une expression énervée, coupable, jouait sur ses traits. Pendant des années, elle n'avait rien voulu de plus qu'être autorisée à en savoir un peu plus sur sa vie. Et pourtant, maintenant que cette opportunité lui était offerte, elle n'était pas tout à fait sûre d'apprécier.

Surprenant un regard en coin, Percy aperçut le léger pli de dégoût sur la lèvre supérieure de Pansy alors qu'elle observait la petite cuisine. La panique le recouvrit en un instant, et il jeta un coup d'oeil à sa mère – et il comprit qu'elle avait elle aussi repéré le dégoût de Pansy pour le décor campagnard.

Sentant la colère de sa mère enfler, il passa son bras par dessus Pansy et la poussa jusqu'à ce qu'elle s'avachisse maladroitement contre lui. Après quelques secondes supplémentaires d'un silence mortel, qui pesa sur Percy comme une tonne de briques, il affaiblit sa prise et la conduisit à l'une des chaises qui entouraient la table de la cuisine.

Avec difficulté, Percy s'éclaircit nerveusement la gorge et murmura : "Mmh, je crois que je dois parler à papa de quelque chose. Excusez-moi."

En quatre longues enjambées, Percy eut rapidement franchi le pas de la porte alors que les deux femmes le fixaient avec des yeux agrandis par la surprise. Avec hargne, Pansy maudit la fuite presque lâche de Percy, fusillant du regard son dos jusqu'à ce qu'il tourne et disparaisse dans le couloir.

"Ce garçon n'a jamais rien compris au principe du bon moment," marmonna Molly, se demandant ce qu'elle allait faire de cette invitée intruse et plutôt indésirable.

"Je pense qu'au contraire il en connait un rayon, si vous voulez mon avis," gronda Pansy.

Un instant, Pansy sentit le regard de Mrs Weasley sur elle, mais elle était trop effrayée pour lever les yeux, certaine qu'elle ne pourrait y voir que désapprobation et jugement. Se focalisant sur le bois rugueux de la table, Pansy savait ce que les gens pensaient de sa famille, et lors de circonstances normales elle s'en moquait, mais pour une quelconque raison, cette rencontre... l'opinion de cette femme était importante pour elle.

"Vous avez peut-être raison. Bon, que diriez-vous d'une tasse de thé ? Je crois que je vais en prendre une," fit Molly en se tournant vers le comptoir.

Tout à coup, un fort éclat de rire vint du couloir, et Ron et Harry débarquèrent dans la cuisine, suivis de près par une Hermione pour le moins revêche et peu enthousiaste.

"Bonjour !" piailla Pansy d'un ton un peu trop joyeux. "Comment ça va, vous trois ?" La pression était devenue vraiment trop lourde à supporter et cette interruption apportait une distraction bienvenue.

Harry tourna brusquement la tête vers elle, et il la fixa sans un mot, un feu impitoyable brûlant dans ses yeux. "Qu'est-ce que tu fais là ?" chuchota-t-il d'une voix enrouée.

"Je... Percy m'a invitée. Je... je voulais rencontrer sa famille." Les mots de Pansy tombaient étrangement, figés sous le regard dur.

Elle ne parvenait vraiment pas à trouver quoi que ce soit d'autre à dire. La réaction qu'elle avait suscité chez Potter par sa présence était complètement injustifiée. Lui avait-elle fait quelque chose récemment ? Rien ne lui vint à l'esprit. En tout cas, leur dernière rencontre au restaurant avait été presque amicale.

Harry la transperça encore un peu de son regard, puis s'en fut de la pièce. Personne ne bougea, attendant que l'air lourd de magie ne se détende.

Pansy fut la première à rompre le silence. "Et à quoi cela était-il dû ?"

"Je ne sais pas. Il allait très bien il y a deux secondes," intervint Ron, qui en savait en fait davantage qu'il ne voulait se l'avouer.

"Je n'ai pas... Je veux dire, ai-je dit quelque chose de... mal ?" demanda Pansy, incertaine.

Posant sa main sur celle de Pansy, Molly tenta de l'apaiser. "Non, chérie, ce n'était pas vous. Ce doit être quelque chose d'autre qui l'a fait partir."

Hermione finit par s'éclaircir la gorge pour briser la glace, et dit doucement. "Je vais le voir." Puis elle sortit de la cuisine à la recherche de l'homme insaisissable et aux cheveux de jais.

Hermione sortit, marchant sur le perron, mais s'arrêta rapidement quand elle trouva Harry assis sur la dernière marche. Devant la possibilité d'une querelle, elle s'interdit tout sentiment, elle se redressa, leva le menton avec défiance, et fit deux pas vers lui.

S'asseyant, elle s'agita un peu avant de commencer. "Harry..." fit-elle lentement.

"Je ne veux pas en parler, Hermione."

"Je n'en doute pas.

"Alors laisse tomber."

Hermione prit une profonde inspiration, et laissa s'échapper son souffle en un long soupir. A ce son, Harry se tendit mais sembla ensuite s'avachir, comme s'il s'enfonçait dans son attitude immuable et entêtée.

"Ce n'est pas que je sois une grande fan de Parkinson," fit encore Hermione. "Merlin sait que c'était une vraie connasse à l'école. Mais Harry, là elle était vraiment amicale pour une fois. Qu'est-ce qui s'est passé pour que tu lui parles comme ça ?"

"Elle ne l'aime pas. Et même si c'était le cas, elle ne va pas rester avec lui. Elle a d'autres..." pesta Harry, avant de secouer vaguement la main.

"D'autres quoi ?"

"Peu importe," marmonna-t-il vers le sol.

Une ride apparu entre les sourcils d'Hermione sous l'effet de sa confusion. "Depuis quand te préoccupes-tu de ce qu'il peut arriver à Percy ?"

"Je me fous de ce qu'il peut lui arriver," affirma Harry, la regardant pour la première fois.

"Bon, si tu te fous de ce qu'il peut lui arriver, alors je présume que c'est en rapport avec Pansy. Es-tu... es-tu amoureux d'elle ou un truc dans le genre ?"

Harry s'étouffa et leva les yeux au ciel. "Oh, s'il te plait ! Hermione, nous savons tous deux qu'elle n'est pas mon genre."

"Alors quoi ? Où est le problème ? Si ce n'est pas Percy, ni Pansy... Pourquoi agis-tu comme un parfait crétin vis-à-vis d'une parfaite étrangère ?"

"Pansy Parkinson n'est pas une parfaite étrangère."

"Tu as compris ce que je voulais dire."

Se levant brusquement, Harry enfonça ses mains dans ses poches, et blêmit en parcourant le champ du regard. "Non, je crains que non." Puis il dévala les marches deux à deux.

"Harry," appela Hermione.

"J'ai juste besoin d'être un peu seul, Hermione. S'il te plait, laisse-moi... laisse-moi juste tranquille," lança-t-il par-dessus son épaule.

Perplexe, Hermione ne put que le suivre du regard tandis qu'il disparaissait au coin du Terrier.

"Percy, c'est un cauchemar. Elle est dangereuse," railla George.

"Oui, tu l'as déjà dit George."

"L'as-tu déjà baisée ?" lâcha Fred.

"Je te demande pardon ?"

"Je ne pense pas. Mon meilleur conseil... Ne le fais pas. Vraiment, ne le fais pas. Je sais qu'elle est magnifique, mais elle est bien capable de faire quelque chose de mauvais à ton engin quand tu dormiras."

"Franchement Fred, ce ne sont pas tes affaires," débita Percy, blessé par la trivialité de son frère.

"Ce sont nos affaires. Elle a presque mis la merde dans nos affaires deux fois."

"Vraiment ? De quelle façon ?"

George s'éclaircit la gorge, et devint sérieux. "Tu te souviens de cette fois où le magasin a été innondé, et nous n'avons pas pu nous en débarasser, ou des serpents et rongeurs pendant trois mois ?"

"Ouais," répondit Percy avec méfiance.

"C'était elle."

Percy médita sur cet argument un moment. "Qu'est-ce que vous lui aviez fait pour avoir droit à de telles attentions ?"

"Qui a dit que nous avions fait quelque chose ?" demanda Fred sur la défensive, sa voix grimpant de quelques octaves.

"Oh, je t'en prie, vous ne trompez personne avec ce numéro."

"Bien. D'accord. Nous venions juste de modifier la potion Medusa et nous avions besoin d'un testeur."

"Merlin, non !" glapit Percy.

"Ses adorables mèches sombres se sont transformées en longs serpents. C'était brillant. Ils l'ont un peu mordillée."

"Combien de temps le sort a-t-il duré ?"

"Deux semaines," répondit George d'un air dégagé.

Percy leur jeta un regard ahuri. "On se demande pourquoi elle a fait du magasin un marécage."

Les jumeaux lui jetèrent un regard noir.

N'aimant pas le point auquel s'était rendu cette rancune, Percy avec prudence. "Que lui aviez-vous fait d'autre ?"

"Percy, tu ne veux pas vraiment savoir tout ça, pas vrai ? On parle d'années d'animosité, là."

"Bon, quelle est la pire chose que vous avez fait, alors ?"

George et Fred échangèrent un regard gêné et s'agitèrent nerveusement.

"Eh bien, il y a cette fois où nous..." commença lentement George.

"... avons presque fait sauter sa maison..." poursuivit Fred.

"... alors qu'elle était à l'intérieur," acheva George.

"Vous avez fait quoi ?" rugit Percy.

"Nous ne savions pas qu'elle était là, Perce. Vraiment," plaida Fred.

"Les domestiques étaient tous partis, et... et elle était supposée être à Rome."

"A-t-elle été... blessée ?" Percy tentait – sans succès – de dissimuler le tremblement de sa voix.

"Je crois qu'elle a été à Ste Mangouste," admit Fred à contrecoeur, incapable de croiser le regard perçant de son frère.

"En fait on s'est senti plutôt mal pour ce coup-là," fit George d'un air honteux.

Percy n'avait jamais été si près d'étrangler les jumeaux. Il se tint absolument immobile pendant presque trente secondes alors qu'un sombre nuage de rage le recouvrait et bouillonnait en lui.

"Vous lui faites une fois encore une once de mal, et je vous mettrai personnellement en pièces. Compris ?" fit Percy entre ses dents, étouffé par la colère.

Les jumeaux le considérèrent avec de grands yeux. Depuis quand leur blaireau de frère était-il devenu si effrayant ?

"Percy," plaida Fred.

"Non. C'en est fini de cette querelle. Elle prend fin maintenant."

"Mais elle ? Elle n'arrêtera pas," geignit George comme un enfant.

"Si, elle arrêtera."

"Vraiment ?" Fred lui grimmaça un sourire. "Tu la domines à ce point-là ?"

"Et tu dis que vous deux n'avez pas encore baisé !" George lui lança un coup de coude, tentant de dissiper la tension.

Percy grogna et les foudroya du regard, avant de s'avancer vers le Terrier, laissant les deux hommes se demander si leur punition n'avait pas été la pire de toutes... avoir leur branleur de frère amoureux d'elle.

"Alors, chère Pansy, comment vous êtes-vous rencontrés tous les deux ?" s'enquit Molly, tentant de faire paraître la question légère et inoffensive.

"Je suis allée le voir à son bureau," répondit distraitement Pansy, toute son attention tournée sur les tomates qu'elle tranchait de sa baguette.

"Ah, vous avez eu des affaires avec lui ?"

"D'une certaine façon. Je suis allée le voir pour l'inviter à dîner. Oh merde !" jura Pansy quand elle carbonisa accidentellemnt une tomate fraiche.

Molly fixa la jeune femme, un peu étonnée. "Non chérie, je veux dire, comment vous vous êtes connus ?"

"C'est ainsi que nous nous sommes connus," répondit Pansy, levant brièvement les yeux de sa planche à découper.

Confuse, Molly secoua la tête pour donner du sens à ce que la fille disait. "Donc vous ne vous étiez pas rencontrés avant que vous ne décidiez de le courtiser ? Cela paraît un peu fou."

"Attends ! Arrête ! Tu l'as courtisé ?" demanda Hermione de l'autre bout de la pièce, n'ayant entendu que la dernière partie des paroles de Mrs Weasley.

Pansy leva les yeux pour trouver cinq paires d'yeux qui la fixaient, sous le choc.

"Oui," fit-elle lentement.

A la grande surprise de Pansy, les quatre femmes se tenant au comptoir de la cuisine vinrent à la table en un éclair.

"Pourquoi ?" interrogea Fleur, après s'être installée confortablement sur une chaise.

Pansy tourna son regard vers celle qui venait de la questionner, et sentit une étrange timidité la recouvrir. Que pouvait-elle bien leur dire ? Elle était certaine que la vérité ne leur conviendrait pas. Peut-êvre pouvait-elle prendre le résonnement de Millicent lors de son dîner et l'user comme étant sien.

"Eh bien... j'ai tout d'abord choisi de le courtiser du fait de sa nature économe."

"Comme c'est romantique," ricana discrètement Angelina en direction de Fleur.

Pansy lança un regard noir à la grande femme, la faisant légèrement se recroqueviller.

"Vous devez bien comprendre," poursuivit Pansy, "les hommes de mon âge et de ma classe ne sont pas vraiment... clairvoyant en finance, dirons-nous. Ils ont été gâtés et choyés, et ne sauraient se débrouiller dans le monde réel. Un homme comme Percy, qui n'est pas seulement capable de conserver ses gallions mais aussi de les faire croître, est une alternative très tentante pour une femme dans ma position."

"Une femme dans ta position ?" lâcha soudainement Ginny.

"Indépendante financièrement. Je ne suis pas intéressée par un homme qui sait comment dépenser mon argent plus vite que moi."

Une étrange expression envahit les traits de Ginny alors qu'elle la fixait, la bouche ouverte. Sans prévenir, elle se leva, faisant racler sa chaise sur le sol, et alla vers l'évier pour continuer la préparation d'une salade.

"Et c'était ta raison ?" demanda Hermione incrédule, qui jeta un bref coup d'oeil à son amie après un départ si brusque.

"L'une d'entre elles. Il est aussi particulièrement motivé pour un homme de son âge. Il a l'avenir devant lui, et avec un bon soutien, il pourrait aller loin."

Le groupe demeura immobile et silencieux, réfléchissant à ces mots. Bien que toutes sachent que de tels arrangements existaient, elles étaient toutes de ferventes partisantes de couples d'amour.

Molly fut la première à reprendre ses esprits. "Et, jeune fille, je suis sûre que les mariages d'argent et de pouvoir sont courants dans votre classe sociale, mais ces choses ne peuvent rendre réellement heureux. Il doit..."

"Oh, je sais. Je sais. Ça, c'était mes raisons premières. Mais maintenant... eh bien, Percy est plutôt... Je le trouve très... c'est à dire..."

Alors que les mots tombaient sans joie de ses lèvres, un rouge profond couvrit le visage de Pansy. Les quatre autres femmes se penchèrent, subjuguées à la vision de la légendaire princesse de glace devenant une écolière balbutiante et rougissance à l'idée de Percy, entre tous les hommes.

Tout à coup, Percy entra par la porte et s'avança avec détermination dans la cuisine. Sans s'arrêter, il prit la main de Pansy et la tira sur ses pieds du centre du petit groupe, et murmura un calme "On doit parler" alors qu'il la menait dans le salon. Les autres femmes écarquillèrent les yeux, assez stupéfaites par la force de Percy.

Une fois seuls dans le salon, Pansy jeta précautionneusement un regard en coin à l'homme pour le moins agité qui se tenait devant elle et faisait les cents pas. Il semblait tout à fait remué, et passablement énervé.

"Percy, est-ce que tout..." commença-t-elle, mal assurée.

"C'est fini," la coupa-t-il.

Ce fut comme si l'air disparut de Pansy alors qu'elle entendait ces mots tomber des lèvres de Percy. Pâlissant considérablement, elle ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois, tentant de trouver des mots capables d'annuler ce changement de situation.

"Qu... Quoi ? Pourquoi ?" geignit-elle enfin.

"Pansy, c'est fini. Assez de cette lutte avec les jumeaux."

Le soulagement l'envahit immédiatement, et Pansy relâcha le souffle qu'elle tenant en un soupir libérateur. "D'où ça vient ?" demanda-t-elle.

"J'ai juste... Quand ils m'ont dit qu'ils avaient... Que tu... Je jure.." Cessant finalement ses allez-retours nerveux pour la regarder, il devint silencieux et ses yeux parcoururent le visage de la jeune femme, comme à la recherche de quelque chose. Après un long moment, le calme envahit ses traits et il se détendit visiblement. "Bref. Ce n'est pas important. Promets-moi simplement que tu ne tenteras plus de les entraîner ou de les provoquer de nouveau dans cette stupide dispute."

"Percy, je ne crois pas une seconde qu'ils..."

Il mit ses mains sur les bras de Pansy, la faisant taire. "Ils m'ont donné leur parole. Maintenant, j'ai besoin de la tienne."

Quelque chose palpita dans sa poitrine à son simple toucher. "Pourquoi ce brusque besoin de faire la paix ?" demanda-t-elle doucement, tout en commençant à jouer avec le col de sa chemise.

"Fais-le simplement," plaida-t-il.

Elle leva les yeux, recherchant une explication, mais ne vit qu'une intense détermination au fond de son regard.

"Très bien. Pour toi, mais ne dis jamais que je ne fais rien pour toi," minauda-t-elle, lui offrant une moue douce et joueuse.

"Merci," murmura-t-il en pressant ses lèvres sur son front.

Bien que ne fut pas le langoureux et brûlant baiser qu'elle avait attendu de lui toute la semaine, l'affection inhérente à ce geste la parcourut, lui envoyant des ondes nerveuses jusqu'aux orteils.

Se rapprochant et entourant sa taille de ses bras, Pansy leva le visage vers lui, et ronronna : "S'il s'agit du style de récompense que j'obtiens, je vais essayer de t'amuser plus souvent."

Les oreilles de Percy devienrent aussitôt d'un rouge profond et l'attira pour une étreinte plus étroite, repliant ses bras sur elle, il déposa un baiser sur ses cheveux, puis pressa sa joue contre le haut de sa tête. Sans se poser de question sur ce comportement plein d'affection, Pansy soupira de contentement et se blottit contre lui, appréciant l'intimité du moment.

Brusquement, le son de quelqu'un s'éclaircissant la gorge se fit entendre du seuil de la porte, et les deux regardèrent avec hébétitude.

Dansant d'un pied sur l'autre, Ginny les observa puis lâcha tranquillement : "Le déjeuner est prêt dans le jardin. On s'apprête à manger."

Percy se sortit de l'étreinte, laissant à Pansy un curieux sentiment de solitude à la perte de son toucher. Un instant après, il glissait sa main dans la sienne, entrelaçant leurs doigts en une danse compliquée, et elle sentit instantanément la vague d'insécurité se retirer d'elle.

"Bien. Merci Ginny. On arrive."

Avec un dernier regard inquiet vers leurs mains liées, Ginny hocha brièvement la tête, et partit.

"Je vois ce que tu veux dire par pas d'intimité. Les murs doivent vraiment avoir des yeux et des oreilles ici. On ne peut rien dire sans que quelqu'un ne l'entende, pas vrai ?"

"Bon, allons-y," répondit-il alors qu'il la menait hors du salon, "si nous n'y allons pas bientôt, ils ne seront pas contents."

Elle s'arrêta et lui toucha doucement le bras, interrompant leur progression. "Percy, je dois aller à la salle de bain. Vas-y, j'arrive. Tu me fais mon assiette ?"

"Oui. Bien sûr."

Sans réfléchir, il fit un pas vers elle et l'embrassa légèrement. Leurs interactions étaient devenues si faciles... si confortables que tout ça paraissait naturel. Réalisant l'impétuosité de son geste, Percy se recula timidement, évitant son regard. A quoi pensait-il ? Il n'avait pas... C'était le problème. Il aurait voulu se frapper. Lâchant la main de Pansy, il marmonna quelque chose d'incohérent, et quitta la pièce.

Pressant ses doigts contre ses lèvres, Pansy ne put que s'émeveiller de la délicieuse spirale d'énergie qui montait dans sa poitrine. Cette impression de connexion avait été différente des autres. Là il y avait eu de la plénitude, de la chaleur... un sentiment d'appartenance...

Un peu étourdie, Pansy sortit de la pièce pour rentrer dans une silhouette se tenant dans le couloir. Levant les yeux, elle fit face à une vision tout à fait effrayante.

"Ginny," lâcha-t-elle, "j'ai dit à Percy que je devais juste..."

"Je te surveille."

"Je te demande pardon ?" hoqueta-t-elle en retournant dans le salon, suivie de près par Ginny.

"Tu crois que je ne vois pas ce que tu prépares ?" fit Ginny, bouillonnante de colère.

Pansy sentit un frisson glacé la traverser. Percy avait-il parlé à sa petite soeur de leur plan ? "Pa... Pardon ?"

"Je connais ton espèce. J'ai goûté à ce genre."

"Mon espèce ?"

"Toi et les tiens. Vous, les riches et snobs sang-pur... Tout ça n'est qu'un jeu pour vous." Ginny fit un pas mesuré vers elle et devint dangereusement calme. "Il t'aime, c'est on ne peut plus clair. Mais si à cause de toi et de ta soi-disant affection , il lui arriverait ne serait-ce que de se casser un ongle, je jure que je te détruis les nibards à coup de sortilèges. Tu m'as comprise ?"

Pansy ne put que fixer l'autre femme, bouche bée.

"Tu m'as comprise ?" reprit Ginny, plus fort.

Pansy hocha instinctivement la tête, et trébucha en s'éloignant de la fille menaçante, rentrant dans un fauteuil et s'y asseyant dans un bruit sourd.

"Bien. Du moment que c'est clair," siffla Ginny d'un air hautain.

Elle lança à Pansy un dernier regard empreint de dégoût, puis tourna les talons et s'en fut. Pansy demeura assise jusqu'à ce qu'elle expulse l'air de ses poumons dans un long soupir, des centaines d'idées l'assaillant. Elle avait besoin d'un moment... ou peut-être d'un mois pour comprendre tout ça.