Dans la mesure où je pars quelques jours, je mets cet après-midi un chapitre un peu plus long. Pour le suivant... ça dépend si je survis au voyage avec 27 gamins déchaînés...

Merci à tous ceux qui prennent le temps de lire et surtout à ceux qui me laissent des commentaires: ça fait du bien de savoir si son histoire semble intéressante, plausible et accroche les lecteurs.


Chapitre 9

Garage de la maison des Eppes

- Alors Charlie, tu as quelque chose ?

Charlie, arraché à sa méditation, se tourna avec un grand sourire vers son aîné qui venait ainsi de l'interpeller. Son sourire se figea quelque peu en apercevant Mickaël dans son sillage. Il ne pouvait donc pas le lâcher trois minutes ?

Déjà, la veille au soir, son sens de l'hospitalité l'avait contraint à accepter que l'ami de son frère partage leur repas. Enfin, au moins, avait pensé Charlie en étudiant son vis-à-vis de manière critique, il avait son propre domicile pour le temps de son séjour ! Il avait un moment tremblé à l'idée que Don lui demande d'héberger son ancien partenaire. Comment aurait-il pu refuser ça à son aîné ? Mais ç'aurait été une véritable gageure pour lui que de partager son espace avec cet homme-là.

Par contre, il avait sans réticence accepté que Don l'impose à leur repas du soir : il ne pouvait décemment pas l'obliger à aller manger seul en ville ! Pourtant il s'était demandé pourquoi il n'avait pas choisi d'aller revoir certains de ses anciens amis de l'époque du lycée.

Lorsqu'il avait posé cette question à voix haute, Mickaël avait simplement déclaré qu'il avait rompu les ponts avec tous ceux qu'il fréquentait à cette époque, et qu'il n'avait pas l'intention de renouer des liens. Même avec Don, les retrouvailles n'étaient dues qu'à une coïncidence.

Le dîner avait été contraint, chacun s'efforçant de ne pas trop agacer l'autre. Charlie acceptait Mickaël par affection pour son frère, et Mike tentait de maîtriser ses sarcasmes pour la même raison. Alan lui-même était mal à l'aise : il n'avait jamais particulièrement apprécié Mickaël Duddley. Lui et Margaret pensaient qu'il n'avait pas une bonne influence sur Don. A son contact leur fils devenait plus brutal, plus insolent et surtout plus dur envers son petit frère. Pourtant jamais ils n'avaient refusé de le recevoir, peut-être parce qu'ils compatissaient réellement à la difficile situation qui était celle de l'adolescent. Pour autant, lorsqu'il avait disparu du paysage, ils avaient été soulagés.

Evidemment Alan était trop raisonnable pour fonder ses sentiments présents sur le passé, d'autant plus que ce passé concernait un adolescent et que rien n'est plus trompeur quant à la personnalité réelle d'un individu que cette époque trouble de la vie où l'on est tiraillé entre l'enfance et l'âge adulte, à la fois pressé de quitter l'une sans être prêt à entrer dans l'autre, ne se reconnaissant plus dans ce corps qui change jour après jour, avec l'impression que le monde entier vous en veut.

Pourtant quelque chose le gênait chez Mickaël, encore aujourd'hui. Il n'aurait pas su dire quoi mais il pressentait des ennuis avec cet homme ressurgissant entre ses deux fils. Il s'était fait la promesse de veiller au grain : il ne laisserait pas Mike mettre en péril la relation que ses fils avaient mis tant de temps à tisser.

- Ohé Charlie ? Y'a quelqu'un ?

Ramené au présent par l'interpellation mi-amusée, mi-inquiète de son frère, Charlie tourna les yeux vers lui.

- Ecoute, je ne suis pas sûr mais je crois que…

- Et bien ça commence bien ! ironisa Mike.

Un regard noir de Don le dissuada de continuer dans cette voie.

- Je t'écoute, dit alors Don, lorsqu'il fut assuré que son partenaire n'allait pas en rajouter.

- Tu es sûr que TOUTES ces explosions sont l'œuvre du même bomber ? demanda alors le mathématicien.

Don une moue d'incompréhension et échangea un regard interloqué avec Mickaël avant de répondre à son frère.

- Pour autant qu'on sache oui… Pourquoi ?

- Et bien… J'ai un doute !

- Ben voyons ! éclata alors Mickaël. Ecoute p'tit…

Devant le regard noir que lui lança Don, il reprit :

- Ecoute Charlie. Ce gars je lui colle au train depuis cinq ans maintenant. Alors crois-moi si je te dis qu'il s'agit bien d'un seul et unique gars.

- Oui ! Ca je sais, depuis cinq ans, c'est évident mais avant…

- Quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ? Sois plus clair Charlie, s'impatienta Don tout en levant une main impérieuse pour interdire à Mike d'intervenir comme il semblait sur le point de le faire.

- Ca ne colle pas : les cibles, les méthodes. Regarde, j'ai répertorié les six premières explosions : là, là, et puis encore ici et là et enfin là et là. Il y a une constante : les victimes avaient des liens avec des entreprises pétrochimiques, elles étaient toutes plus qu'aisées, cadres dirigeants de grosses affaires. Mais dans les six cas, il y a eu une victime à chaque fois et une seule : les familles étaient épargnées. De même pour les trois premières explosions à Washington : celles sur lesquelles tu as enquêtées Mike. Et puis soudain tout change : plus de victimes mais pas forcément à chaque fois, et le matériel n'est plus tout à fait le même, de plus…

- Il a évolué dans son mode opératoire, ce n'est pas rare chez les tueurs en série ! le coupa Mike.

- Non, je sais mais…

Charlie leva la main et la laissa retomber, comme découragé de ne pouvoir faire comprendre son point de vue : encore une fois il se heurtait à la clarté qu'avaient pour lui ses raisonnements mathématiques face à la complexité de les traduire en termes recevables par des enquêteurs néophytes en la matière.

- Ecoute Don, je ne sais pas, mais il y a quelque chose, je t'assure !

- Si je te suis bien, tu penses qu'on a peut-être à faire à deux bombers distincts ?

- Oui !

- Ben voyons ! explosa alors Mickaël. Depuis cinq ans je poursuivrais un fantôme d'après toi ?

- Non, je n'ai pas dit ça ! se défendit aussitôt Charlie. Simplement, je me demande si tu n'as pas changé de gibier sans même t'en rendre compte.

- Autrement dit tu me traites de crétin ?

Le ton de l'agent était rien moins qu'amène. Don intervint avant que Charlie n'ait pu se défendre :

- Arrête Mikey, il n'a pas dit ça et tu le sais très bien.

- Enfin Don ! Ca ne tient pas debout ! Ca fait sept ans que ce type sévit à travers tout le pays ! Cinq ans que je lui colle aux basques ! Il me semble que tu pourrais avoir plus confiance en moi qu'en les élucubrations de…

- Les élucubrations ! s'emporta Charlie.

Don grimaça : il sentait venir la dispute, à nouveau.

- Comment appelles-tu ça ? Tiens, imagine que je m'amène avec une théorie établie d'après mes enquêtes et qui remette en cause ta fameuse théorie de l'amitié ? Tu en penserais quoi hein p'tit génie ?

C'était plus fort que lui, il avait fallu que le surnom exécré lui échappe !

- Moi j'accepterais sans doute au moins d'écouter ta théorie sans avoir l'impolitesse de t'interrompre et la grossièreté de t'insulter !

- Et où as-tu vu que je t'avais insulté ? Non mais quelle diva !

- Ca suffit !

La voix excédée de Don coupa court à la réplique cinglante qui venait aux lèvres du mathématicien. L'aîné des frères reprit, d'une voix coupante dans laquelle on retrouvait le ton du chef de section d'admettant pas qu'on remette ses directives en cause :

- Ca suffit ! Si vous n'êtes pas capables de vous entendre, alors je me passerai de vous ! De vous deux ! menaça-t-il, d'un ton sans réplique.

Il bluffait bien sûr : il n'avait pas le pouvoir d'écarter Mickaël, envoyé de Washington et qui, en tant que tel, n'était pas directement sous ses ordres. Vouloir le mettre sur la touche signifierait faire une tonne de paperasses pour justifier son choix. Et après ce que lui avait dit son ami, il savait que ce signalement sonnerait sans aucun doute la fin de sa carrière. Il n'avait pas le droit de lui faire ça.

Quant à Charlie, il n'était pas prêt à se passer de lui. Rien qu'en vingt-quatre heures, cette théorie qu'il ébauchait leur ouvrait déjà une piste intéressante qu'ils n'auraient jamais imaginée sans lui. Mais comment réussir à travailler si les deux consultants censés l'épauler dans cette enquête passaient leur temps à se contredire l'un l'autre et à se chamailler comme des chiffonniers ?

- Je vous rappelle qu'on a à faire à un meurtrier qui vient de tuer six personnes dont trois gosses ! Alors je me fous de savoir s'il opère depuis cinq, sept ou dix ans ! Je me fous de savoir s'il est effectivement le poseur de bombe en série après lequel tu as commencé à courir ou s'il est un imitateur ou un élève ou simplement un autre détraqué dont la route à croisé celle du premier et qui t'a ainsi induit en erreur. Tout ce que je sais c'est que je dois mettre la main sur ce type. Et vous êtes censés m'aider dans cette tâche. Alors si vous voulez passer votre temps à vous arracher les yeux et à vous vanner comme lorsque vous étiez gamins, allez-y ! Mais moi j'ai d'autres choses à faire !

Les deux hommes se regardèrent, gênés de ce rappel à l'ordre. C'était évidemment lui qui avait raison : leurs petites querelles stupides n'avaient pas lieu d'être dans la situation actuelle. Elles étaient stériles et improductives.

Mickaël, le premier, tendit la main à Charlie :

- Désolé Charlie, vraiment. Je ne voulais pas mettre en doute ta théorie, enfin, pas comme ça. Mais, tu dois comprendre. Ca fait cinq ans que je colle aux fesses de ce malade. Alors m'entendre dire que je me suis trompé de cible ! J'ai pété les plombs ! Je suis désolé.

Après un instant d'hésitation, ruminant sa rancune quelques secondes, le mathématicien serra la main offerte :

- D'accord, excuses acceptées. Et à mon tour, je n'aurais pas dû m'emporter.

- A la bonne heure ! s'exclama Don. Bon, et maintenant, vas-y Charlie, développe un peu ta théorie.

- Tout d'abord, commença le cadet en regardant Mickaël, droit dans les yeux, je te rassure : tu ne t'es pas trompé de cible. Le gars après lequel tu coures est bien celui qui a commis les explosions ces cinq dernières années…

- Attends, tu viens de dire que…, déclara Mike, complètement largué.

- Non. Ce que j'ai dit, c'est que je doutais que les huit premières explosions, et seulement les huit premières aient le même auteur que toutes les suivantes. Comme je te le disais, je pense que tu t'es mis sur la piste d'un poseur de bombe qui avait effectivement commis six attentats durant les deux années précédant les deux attaques à Washington qui t'ont mis sur sa route. Ensuite… Tiens, imagine un chien en train de poursuivre un cerf.

- O.K., je suis le chien et mon bomber est le cerf je présume ?

- Tout à fait. Donc le chien a repéré le cerf : il ne l'a ni vu ni entendu, juste senti. Et il le poursuit dans les sous-bois. C'est un cerf plein d'expérience, qui sait que le chien est suivi de la meute, et la meute des chasseurs ! Il sait que sa seule chance est d'induire ce chien de tête en erreur. Donc, il va l'emmener en brouillant les pistes, jusqu'à ce qu'il croise un daguet.

- Un daguet ? interrogea Don.

- Oui, un jeune cerf, pas encore très expérimenté. Et il va s'arranger pour que leurs pistes se confondent. Au bout d'un moment il va se séparer de son compagnon, suivre un cours d'eau ou s'engager parmi des herbes odorantes. Bref, il va brouiller les pistes. Et quand le chien va à son tour arriver sur les lieux, il va, en toute bonne foi, suivre la piste du daguet. Et le cerf lui échappera.

- D'accord, j'ai compris le principal, admit Mickaël. Mais permets-moi de rester tout de même un peu dubitatif. Il y a tout de même beaucoup de points obscurs dans ta théorie.

- Oui, je sais. D'abord : comment mon « cerf » a-t-il croisé mon « daguet » ?

- En effet.

Don à son tour se joignait à la conversation.

- Et puis aussi, d'après ta théorie, le daguet est censé être moins expérimenté que le cerf non ?

- Oui.

- Alors dans ce cas, comment a-t-il pu échapper à notre chien pendant si longtemps ?

En même temps, il faisait un grand clin d'œil au « chien » en question qui répondit de la même façon. Charlie eut un petit pincement au cœur en voyant cette entente et il repoussa avec agacement cette forme de jalousie qui lui ressemblait si peu.

- Je sais, comme je le disais, j'ai encore beaucoup de choses à éclaircir. Mais on peut imaginer que celui qu'il a pris pour un daguet était en fait un cerf bien plus roué que lui.

- Dans ce cas, il aurait flairé la manœuvre et ne se serait pas laissé entraîné, contra Don. Quel intérêt pourrait-il avoir à lancer ainsi la meute après lui ?

- C'est justement là tout le nœud de la théorie. Tu as raison : ce n'est pas un daguet que notre cerf a rencontré, mais un vieux brisquard qui connaissait toutes les ficelles. S'il a accepté de jouer le jeu c'est qu'il y avait un intérêt supérieur.

- Lequel ?

- Lorsque je l'aurai trouvé, tout deviendra bien plus clair. On comprendra tout le pourquoi et le comment.

Don hocha la tête, approuvant l'argument.

- Il y a une autre faiblesse dans ton raisonnement Charlie, reprit alors Mike.

Le mathématicien se tourna vers lui, mais sans colère cette fois-ci. Le ton de l'agent était posé, sans aucune trace de sarcasme ou d'énervement. En l'occurrence il discutait sérieusement d'une hypothèse de travail et le scientifique ne pouvait qu'accepter cette forme d'échange :

- Je t'écoute.

- Si vraiment, par je ne sais quel hasard, ou manœuvre délibérée de l'un ou de l'autre, à un moment donné je me suis lancé sur un autre poseur de bombe, qu'est devenu le premier ? Si ta théorie est exacte, à partir de ce moment-là j'aurai dû avoir une double série d'explosions sur les bras.

- Il a raison Charlie, opina Don.

- Non ! Pas forcément ! Si vraiment notre poseur de bombe s'est arrangé pour faire perdre sa trace et te lancer sur la piste d'un autre, il avait tout intérêt à se faire oublier.

- Charlie, les tueurs en série n'arrêtent pas si facilement de tuer…

Charlie regarda gravement son frère :

- Justement : et si ce n'était pas un tueur en série ?

- Quoi ?

Don semblait tomber des nues.

- Réfléchis ! Si c'était effectivement un tueur en série, il n'aurait pas pu s'arrêter n'est-ce pas ? Alors peut-être qu'en fait on avait à faire à un individu qui voulait tuer un certain nombre de personnes et qui, arrivé au terme de sa « mission », a arrêté les frais.

- Ouais…

Don ne semblait pas autrement convaincu. Curieusement, ce fut Mickaël qui vint alors à la rescousse du mathématicien :

- Attends Don, creusons un peu dans ce sens. Non pas que je sois persuadé que tu aies raison, s'empressa-t-il d'ajouter à l'intention de Charlie, mais je ne veux pas qu'on m'accuse de parti pris.

- Je me disais aussi, plaisanta ce dernier.

- Si vraiment on a à faire à deux types, alors Charlie peut avoir raison : le premier n'était pas un tueur en série. Ou bien c'en était un et il a arrêté de tuer brusquement.

- D'accord. Un tueur en série peut arrêter de tuer, cela s'est déjà vu. En général c'est parce qu'il se passe dans sa vie quelque chose qui arrête la pulsion meurtrière.

- Et c'est pourquoi certains recommencent à tuer plusieurs dizaines d'années plus tard, lorsque cet élément « thérapeutique » disparaît pour une raison quelconque. Et puis il n'y a pas que cette cause…

- Non, il a pu être arrêté et condamné pour tout autre chose sans qu'on fasse jamais le lien avec le poseur de bombe.

- Ou bien il est mort, acheva Mickaël.

Les trois hommes se regardèrent, un peu découragés par l'immensité de la tâche à entreprendre pour valider l'hypothèse de Charlie. Don se tourna vers celui-ci :

- Qu'en penses-tu frangin ? Après tout c'est toi qui as levé ce lièvre, pardon, ce cerf, plaisanta-t-il.

- Toutes vos hypothèses sont valides malheureusement !

Il soupira profondément.

- Pourquoi malheureusement ?

- Parce qu'elles rendent d'autant plus ardus les calculs qui m'attendent !

- De quoi vas-tu avoir besoin ?

- Et bien, si vous pouviez éplucher les dossier des hommes arrêtés à Washington aux alentours de mars 2004…

- Après les deux explosions qui m'ont mis sur la piste ? demanda Mike.

- Tout à fait. Comme je vous l'ai dit, si substitution il y a eu, et je dis bien SI, c'est forcément à cette époque.

- On cherche quoi au juste ? s'enquit Don.

- Un homme correspondant au profil d'un bomber en série mais qui n'a pas été arrêté pour ces faits. Eh oh frangin ! C'est toi qui a suivi un stage de profilage je te rappelle ! Moi mon domaine ce sont les maths !

- O.K. On va chercher de ce côté-là. Et aussi du côté des décès…

- Pff ! soupira Mickaël. On en a pour des années !

- Mais non, mon petit frère va bien nous pondre un programme pour filtrer tout ça non ?

Charlie sourit de la confiance tranquille qui émanait de la voix de son aîné.

- Bien sûr ! Je vais demander à Amita et Larry de s'en charger.

- Et toi ?

- Moi, je vais affiner mon analyse des pistes croisées. Et puis aussi essayer de remonter le courant profond.

- Le courant profond ? interrogea Mickaël.

- Oui, je suis persuadé qu'il se cache quelque chose là-dessous que nous n'avons pas encore trouvé. Et lorsque nous aurons trouvé, ça nous amènera forcément à notre type.

- Oui, et bien il vaudrait mieux que ça nous y amène vite. Parce que, selon son mode opératoire, il ne va pas tarder à remettre ça. Et j'aimerais autant n'avoir pas une deuxième famille à ramasser à la petite cuillère ! lança Don.

- Je fais de mon mieux, se défendit Charlie.

- Attends, je ne disais pas ça pour toi petit frère ! Tu as déjà fait un super boulot.

- Merci.

- Ouais, admis Mike, un peu à contre cœur semblait-il. Un super boulot. Je ne suis pas sûr que ça mène quelque part mais, c'était vraiment un s…

D'une bourrade Don le fit taire. Charlie se contenta de sourire : cette fois-ci il pouvait admettre le doute de l'agent et ne le prenait pas comme une agression personnelle.

- Bon, et ben on te laisse. Et tiens-moi au courant surtout ! dit son frère en quittant la pièce.

- Compte sur moi !

Les deux hommes avaient à peine quitté le garage que déjà il se replongeait dans ses calculs. Il savait que c'était là, quelque part, à portée de sa main, à portée de son cerveau.

- Tu ne m'échapperas pas, marmonna-t-il en se mettant à aligner des équations, plus déterminé que jamais.

(à suivre)