Bonjour, bonsoir à tous et à toute.
comme toujours les personnages et l'univers de cette histoire sont de J.K Rowling. le reste est de moi. Entre autres dérives fantasmagoriques cette histoire introduit une romance homosexuelle entre Harry Potter et Drago Malfoy... Et maintenant que j'y pense il y en aura d'autre (au moment donné où je l'aurais décidée).
Vous voilà prévenue.
Bonne lecture et merci de me lire!
Chapitre 9
Ce matin-là ce fut un soleil de fin d'octobre bien frileux qui se leva sur Londres. Pour autant, certains londoniens ne s'en rendirent compte que bien plus tard, ouvrant les yeux sur un début d'après-midi pluvieux.
En vérité, la journée commençait pas plus mal, compte tenu des protagonistes en présence et surtout de leurs antécédents respectifs. Si l'héritier de la fortune Malfoy consentait à un peu plus d'objectivité, il admettrait certainement qu'elle n'aurait pas tellement pu mieux débuter que ça. Seulement, aussi sûr qu'il avait les cheveux blond platine, Draco Malfoy n'était pas un modèle d'impartialité, loin s'en faut.
Tout avait donc commencé ce matin-là par un petit déjeuner improbable chez Severus Rogue. Le maitre des potions avait apparemment prit son parti de faire comme si Potter n'était pas une des personnes qu'il aimait le moins au Royaume-Uni et avait fait du thé. Pour ce qui était de Draco et du dit Potter, la situation n'était pas loin d'être insupportable.
La veille ils s'étaient endormis sur le canapé dans des positions tout sauf confortables et désormais leurs corps le leur faisaient payer à grand renfort de crampes. Pourtant cette solution alternative, évitant en particulier le périlleux exercice de la marche, leur était alors apparue comme une idée extrêmement brillante. Preuve de plus que l'alcool pouvait sérieusement entamer toute tentative de réflexion et même le bon sens le plus primaire.
Or donc, Potter et Draco avaient cru judicieux de s'endormir sur les lieux même de leur déchéance éthylique, et ce dans des postures plus que grotesques.
Aussi lorsque le maitre des lieux avait réintégré ses pénates - un maitre des lieux tout de même capable de mettre le temps en bouteille si l'envie lui prenait, de distiller la mort ou encore de ressusciter les dinosaures, Merlin seul savait quoi d'autre -. Bref lorsque Severus Rogue rentra chez lui après une réunion harassante et usante pour les nerfs ce fut pour tomber sur un bien curieux tableau.
Peu habitué à abriter d'autres êtres humains chez lui et encore moins des ados, le professeur s'était contenté dans un premier temps de plisser les yeux tout en penchant la tête sur le côté. Un peu comme si une nouvelle perspective pourrait l'aider à comprendre ce qu'il voyait.
Or, ce qu'il voyait justement, ressemblait à un amas de bras et de pieds en tas sur son canapé Louis XV. Un amas pourvu de deux têtes, l'une blonde et l'autre brune, mais surtout un amas qui ronflait. Le professeur cilla et du se rendre à l'évidence deux de ses élèves avaient encore frappé.
Potter pour commencer était présentement étalé sans aucune classe sur le ventre du côté droit du canapé. L'accoudoir lui servant d'oreiller faisait former à sa nuque un angle curieux. En outre ses cheveux partant dans tous les sens faisaient penser qu'ils tentaient de s'échapper de sa tête. Un de ses bras coincé sous son corps, l'autre tendu au-dessus de sa tête avec une jambe qui avait glissé laissant son pied traîner sur le sol. En fait sa position donnait à penser qu'Harry Potter s'était subitement endormi alors qu'il tentait d'escalader le canapé par le côté.
Pour achever le ridicule il ronflait doucement, le visage comiquement écrasé contre l'accoudoir, la bouche entrouverte – merci Merlin il ne bavait pas.
Son autre jambe se trouvait quant à elle en travers du torse de Draco qui s'étalait sans plus de classe de l'autre côté du canapé. Il était sur le dos, affalé entre l'accoudoir et le dossier comme un boxeur sonné et projeté dans les cordes. Son pied gauche tenait chaud à l'épaule de Potter tandis que l'autre disparaissait sous leurs corps emmêlés. Enfin sa tête pendait mollement en arrière, suspendu dans le vide, avec un bras sur les yeux et l'autre en écharpe autour du cou. De temps en temps, il faisait de petits bruits et marmonnait.
Severus Rogue souleva un sourcil l'air de dire, franchement?!
Ce qui n'avait rien de très severusien admettons-le. Ceci étant, il était aux alentours de six heures du matin, peu de chance donc qu'il y ait des témoins
En tant qu'adulte responsable il devrait les réveiller et les envoyer au lit. L'homme fatigué médita quelques instants sur cette option… Puis le cadavre de sa bouteille de scotch 60 ans d'âge à mille cinq cent gallions le retint.
Ce soir, Severus décida que ça allait bien comme ça! Ces deux crétins méritaient de passer une nuit horrible. Aussi l'adulte responsable tourna les talons et s'en fut dans sa chambre y passer quelques heures tranquilles. Merci bien.
Comme attendu, le réveil après une nuit à cuver en position de contorsionnistes ne fut pas sans geignements et plaintes. D'autant que le professeur prit un malin plaisir à faire le plus de bruits possible en préparant le thé puis en touillant sa tasse.
Le réveil n'était, déjà à l'origine, pas une des activités favorites de Harry Potter, mais ce matin-là il envisagea d'aller éteindre le soleil par simple esprit de mesquinerie. Cependant la barre de plomb qui aplatissait son crâne lui permit à peine de se redresser en position assise tandis que son anatomie entière protestait vigoureusement sous l'effort.
À côté de lui, Malfoy s'était lancé dans la même entreprise et pour autant qu'il puisse en juger, peinait également. Il avait les yeux vitreux et les cheveux bizarrement disposés. À savoir que le côté droit de sa coiffure tombait plus ou moins normalement autour de son crâne mais aussi, pour son plus grand agacement, devant ses yeux. Ceci étant, l'étrangeté capillaire du blond tenait davantage du côté gauche. En effet sur ce coté-ci les fines mèches blondes se tenaient droites sur sa tête, comme autant de petit soldat au garde à vous.
L'asymétrie qui en découlait mit un certain baume au cœur du survivant qui, quant à lui, avait renoncé depuis longtemps à un quelconque effort à ce niveau.
Il sourit donc benoitement jusqu'à ce que son lié, abandonnant toute retenue, s'affale contre son épaule dans un long râle d'agonie.
Draco avait vaguement conscience que son comportement était plus qu'inapproprié mais sur le moment, il n'en avait absolument rien à faire. Il voulait mourir et sa tête lui semblait peser des tonnes. Son pauvre cou déjà bien malmené durant la nuit n'aurait pas supporté bien longtemps ce lourd fardeau. L'épaule de Potter lui avait donc paru un compromis acceptable. De toute façon ils avaient partagé, un canapé, deux bouteilles, et l'histoire de leurs vies, une épaule de plus ou de moins n'y changerait rien.
Ainsi donc commença cette journée, du thé, deux gueules de bois et pas mal de honte.
L'un dans l'autre ils avaient connu pire…
De toute façon, il était onze heures du matin et tout ce à quoi Draco Malfoy parvenait à penser était qu'il restait encore beaucoup trop d'heures avant qu'il puisse aller se coucher.
Face à la débandade neuronale dont il était témoin, Severus Rogue eut pitié et fournit la potion anti-gueule de bois. La guerre approchait il n'était donc pas temps d'être mesquin, mais par Merlin, le professeur n'était pas prêt d'oublier la mise à mort de sa précieuse bouteille de scotch!
Un jour, quand ils s'y attendraient le moins – et aussi que leur intégrité physique et morale n'aurait plus autant d'importance –, ce jour-là, ils le sentiraient passer!
Nonobstant, il était préférable pour le moment de les remettre sur pieds et de les envoyer… Loin. Très, très loin de chez lui.
Ce que Severus aimait particulièrement dans ce plan, c'était, certes, mettre Draco et Potter en sécurité tout en permettant sa réhabilitation auprès des membres de l'Ordre - Oui, tout ça était sans conteste avantageux - mais le véritable bénéfice serait la ré-appropriation de son domaine privé.
En tant que célibataire endurci, sans enfants et notoirement asocial il prétendait pouvoir jouir comme il l'entendait de son espace vital! Toutefois, pour le moment il était loin d'avoir la latitude nécessaire pour se relaxer, harassé qu'il était par deux adolescents particulièrement peu paisibles.
Malheureusement, avant de pouvoir gouter à une quiétude amplement méritée il allait falloir convaincre Potter de l'écouter. Jusqu'ici le jeune vampire n'avait pas trop posé de problèmes. Seulement Rogue était raisonnablement convaincu qu'il n'allait pas être si accommodant encore bien longtemps. Aussi stupide que pouvait être le fils de James Potter, il finirait bien par se souvenir que l'homme qui lui avait préparé son thé était aussi censé être un vilain mangemort.
Tout du moins l'espérait-il avec ferveur. Sans quoi il ne voyait vraiment pas comment il allait sauver le monde aux seuls moyens de son travail et de la participation d'un scroutt à pétard bouilli identifiable à sa cicatrice en forme d'éclaire.
Il jeta un regard circonspect au Survivant, celui-ci avait la tenue d'un orang-outan grabataire et buvait son thé sans la moindre hésitation. Celui qui était connu sous le nom de "terreur des cachots" se retint à grand peine de lever les yeux au ciel de dépit.
Par le barbe de Merlin, comme diable le Lord avait-il réussi à ne pas tuer Potter toutes ces années! Il était évident pour le maitre des potions que tuer ce demeuré ne présentait aucune difficulté particulière, du moment qu'on avait à disposition quelque chose de comestible et un bon poison.
À défaut, un poison ayant l'air comestible.
Alors bien sur un empoisonnement n'avait pas le panache d'un duel de magie acharné… Mais au moins le boulot était fait!
Cette incompétence notoire avait le don de lui défriser les nerfs. En vérité toute forme d'incompétence quelle qu'elle soit l'exaspérait au plus haut point.
Soufflant discrètement, il se rappela, avec justesse, que tout ceci ne le regardait pas et n'était en aucun cas de sa responsabilité. Lui,il était supposé veiller à la bonne continuation de l'espérance de vie de Potter. Au reste, résister à la tentation (quasi constante!) de réussir là où tant d'autres avaient échoué, lui avait paru infiniment plus ardu.
Il aurait été si simple de pousser à peine le fils Potter pour qu'il chute enfin dans l'abime sans fond que ce crétin s'acharnait à défier. Un effleurement aurait probablement suffi.
La préservation de l'activité cardiaque de celui qu'on avait pourtant bombardé Survivant avait été une tâche herculéenne et cependant une affaire rondement menée. À quelques détails près.
Une tâche qui, toujours était-il, s'avérait autrement plus délicate que simplement l'occire!
Severus Rogue : 1, Le reste du Monde : 0.
Savourant ce petit moment d'auto-congratulation l'homme en noir sourit discrètement à sa tasse. Bon joueur, il voulait bien convenir que le jeune Weasley aurait pu se révéler être un obstacle de taille pour empoisonner Potter.
Dans la mesure où le rouquin mangeait à peu près tout ce qui lui passait sous le nez cela aurait pu demander un certain travail logistique. Nonobstant, rien d'insurmontable si on lui avait demandé son avis… Pas que Severus Rogue, surnommé Servilus par nul autre que James Potter et sa bande, y ait pensé.
Non, bien sûr que non...
De toute manière, Potter avait pour hobby de recouvrir son corps du plus de cicatrices possible et ce depuis ses un an!
L'un dans l'autre, Severus décida qu'il avait l'avantage. Peu importait sur qui, cela lui faisait juste du bien de savoir que quelque part il gagnait.
Satisfait et inexplicablement soulagé, le professeur reprit corps avec la réalité. Face à lui, les deux jeunes hommes retrouvaient quant à eux progressivement l'usage de leurs cerveaux alors que la potion anti-gueule de bois faisait effet. Toutefois, ni l'un ni l'autre n'arborait franchement un air qui aurait pu faire croire que : "Tout ira bien! Vous pouvez compter sur moi, je vais sauver le monde!". Ils avaient plutôt l'expression de la débilité légère que pouvaient avoir les malades sous morphine.
Tout ceci n'étant pas fait pour rassurer l'instinct de survie de Severus Rogue. Pourquoi avait-il choisi d'entrer dans l'Ordre déjà?
En se redressant, Draco s'était éloigné du vampire et recouvré son d'amour-propre, assez en tout cas pour que son air impassible fige de nouveau ses traits. Cette tentative fort louable de reconstruire un semblant de dignité à sa personne se trouvait malgré tout mise en échec par un teint légèrement nauséeux. Ce qui ne l'empêcha pas d'essayer. D'essayer même très fort.
En fait ce matin-là, la plus grande partie de son énergie passa dans une tentative approximative de paraître suffisant. Le rendu était loin d'être à la hauteur de ses exigences.
De son côté, Harry Potter ne faisait aucun efforts pour cacher qu'il avait vécu des jours meilleurs et que d'ailleurs, si ça ne tenait qu'à lui, il irait directement se recoucher. Il fallait bien dire que Harry Potter ne faisait jamais d'effort pour cacher quoi que ce soit de son état d'esprit. Ce n'était pas dans sa nature et à priori ça lui allait très bien.
Pourtant il était grand temps de parler car, n'en déplaise au professeur Rogue, Harry Potter n'avait pas oublié un seul instant qu'il était en présence d'un potentiel ennemi. Ceci étant dit, la veille lorsqu'il avait débarqué il n'avait pas jugé l'information importante. Il avait faim, voilà tout.
Ensuite il y avait eu le mémorable sermon, durant lequel le jeune vampire avait tout de même cru comprendre que son professeur honni n'était pas si mangemort que ça. Pour finir les confessions d'ivrogne de la soirée avaient achevé de semer ce que les juges appelaient un doute raisonnable dans l'esprit du jeune homme.
L'ancien Harry Potter serait sans aucun doute passé à côté de ces indices mais son côté vampire amenait tout de même quelques avantages.
Entre autre un certain sens pratique, fort appréciable en temps de guerre. Ce n'était malheureusement pas la seule chose que sa magie de vampire avait mise à jour…
Léonard lui avait expliqué que sa magie de vampire révèlerait des côtés de sa personnalité qu'en tant qu'humain il avait tenté d'étouffer ou de détourner.
Par exemple, cette façon qu'il avait eu de toujours croire que tout était de sa faute s'était avérée être, par certains aspects, du nombrilisme chronique. De même, sa volonté d'être aimé et reconnu par tous, le renvoyait également à un certain sentiment de supériorité.
Le vieux vampire, avec ses manières toutes particulières, ne lui avait rien épargné de ce que Harry appelait "son côté noir de la force".
Ainsi ce fut peu avant ses seize ans qu'Harry Potter découvrit qu'il s'aimait.
Étrange constat pour quelqu'un qui avait pour habitude de toujours se remettre en question. Pour être honnête il ne s'était jamais senti supérieur aux autres et il ne considérait pas le nombrilisme comme faisant partie de son caractère!
Perturbé, il avait alors fait part de ses interrogations à son mentor. Était-il possible que la magie de vampire lui ait inventé des traits de caractère?
Léonard avait juste souri de cette façon inimitable qu'était la sienne. "Hé bien mon jeune ami pour un Gryffondor vous avez une personnalité bien proche d'un Serpentard." Avait-il commencé par se moquer alors qu'Harry grimaçait intérieurement.
Il n'y avait aucun moyen pour qu'il avoue au vampire que le Choixpeau avait hésité à l'envoyer à Serpentard! Sans quoi il en entendrait probablement parler jusqu'à la fin de ses jours. Et Merlin savait que cela risquait d'être long ! Face à son mutisme gêné, Léonard s'était contenté d'étendre un peu plus son sourire comme pour dire que de toute façon il savait déjà tout sur lui et que, oui, ce dossier resurgirait un jour ou l'autre.
Il avait tout de même fini par enchainer.
" Voyez-vous mon cher, cette tendance malsaine à vous considérer comme un raté que vous vous entêtiez à conserver n'était qu'une façon détournée qu'avait votre cerveau de refouler certains de vos défauts. Pour une raison ou pour une autre, vous avez jugé qu'être narcissique n'était pas acceptable pour vous et vous rabaisser sans arrêt était une façon de vous protéger."
Face à l'air passablement peu convaincu du plus jeune, le mentor s'était senti obligé d'approfondir le sujet.
" Pour faire simple si vous n'arrêtiez pas de vous en vouloir pour vos erreur au lieu de voir ce que vous aviez réussi c'était simplement parce que vous ne conceviez pas l'échec. Vous avez envers vous de très grandes exigences et vous visez l'excellence, aussi lorsque tout n'est pas parfait ça remet en cause votre toute puissance… Ce qui fait de vous quelqu'un de narcissique effectivement!"
Sonné par le discours du plus vieux, Harry n'avait eu que le réflexe d'acquiescer pour signifier qu'il avait compris.
"Ceci étant, je ne vois pas en quoi être narcissique serait un problème. Mon jeune ami, ce que vous appelez avec tant dédain du narcissisme, j'appelle ça, moi, de la confiance en soi. Croyez bien qu'avec ce qui vous attend ce ne sera pas du luxe!"
Léonard et ses quelques centaines d'années savait de quoi il parlait et ne s'était pas gêné pour en rajouter une couche.
"Ce n'est pas être prétentieux que d'être conscient de sa valeur, or, ne vous déplaise, M. Potter vous avez beaucoup de valeur! assena-t-il en posant son doigt juste sur son sternum. La fierté vampirique ne vous fera pas de mal, de même qu'une bonne dose d'amour propre. Je ne vous dis pas de vous regarder le nombril à longueur de temps mais un peu d'audace et d'orgueil ne vous nuiront pas je vous assure."
Faisant une pose dans son discours afin de s'assurer que son disciple ait bien suivi, le vieux vampire acheva celui-ci par une phrase pleine du bon sens qui le caractérisait.
"De toute façon il vaut mieux vous y faire, votre magie vampire ne vous laissera pas vous rabaisser sans cesse!"
Là-dessus le vampire lui avait souhaité bien du plaisir et s'en était retourné à ses propres activités. Vider un corps de son sang ou alors trier ses bons de réduction, Harry Potter n'aurait su le dire.
Toujours était-il que depuis ce jour il avait fait de son mieux pour être ce qu'il était. Il s'avéra plus tard que ça faisait de lui un con de première catégorie dans certains cas.
Attendu que de son côté Serpentard avait émergé un sentiment de supériorité latent et une propension au sarcasme. Son coté Gryffondor avait quant à lui révélé – sous le vernis du courage et de l'amitié – un peu trop d'ardeur au combat pour que ce soit complètement innocent. De plus son côté vampire – buveur de sang – le mettait bien souvent dans un état d'exaltation frénétique légèrement morbide au milieu d'un carnage.
Cela ajouté à une pointe de machisme mêlant possessivité et protectionnisme exacerbé, de même qu'un entêtement frisant l'obscurantisme lorsqu'on le braquait.
Bref, tout ça pour dire que les changements de personnalité qu'avait apporté sa transformation en vampire n'avaient pas été totalement positifs. Néanmoins, tout n'était pas négatif non plus.
Déjà parce qu'il n'était plus horcruxisé, ensuite parce que le Harry qui avait toujours été petit et maigre pour son âge avec un visage mince et des genoux noueux, avait disparu. Disons pour faire simple qu'il était passé de la larve au papillon. Plus grand, plus musclé, plus fort aussi.
Il n'avait plus besoin de lunettes et même s'il n'avait pas forcément le physique d'un mannequin, il n'avait pas franchement à rougir de ce qu'il avait. Il n'était pas devenu beau à proprement parler. Comme le lui avait dit Léonard : "La magie de vampire ne rend pas plus beau jeune homme, elle ne fait que pousser notre potentiel de base à son maximum. "
Pour être honnête, Harry Potter était plutôt fier de son potentiel de base. De plus, ce qu'il n'avait pas en beauté il le compensait largement en charisme.
Outre cette indéniable amélioration physique, sa transformation l'avait rendu plus sûr de lui et instinctif. Cette confiance en lui et en ses instincts faisait de lui un redoutable adversaire qui demeurait complètement imprévisible.
La réflexion n'avait jamais fait vraiment partie de son mode de fonctionnement et c'était encore plus vrai depuis sa transformation. Malgré cela, ce n'était pas un imbécile, n'en déplaise à Rogue, en fait il avait juste développé une autre forme d'intelligence.
Une intelligence qui lui permettait aujourd'hui d'identifier Severus Rogue comme un potentiel allié plutôt que comme une menace.
Une bonne chose en réalité car si il avait fallu argumenter pendant des heures, probablement que le petit blond a ses cotés se serait suicidé en s'étouffant dans les coussins.
Au lieu de quoi, ce dernier pouvais siroter son thé, attendant patiemment que sa potion anti-gueule de bois fasse effet. Pendant ce temps, ceux qui n'avaient pas bu ou qui avait une constitution magique plus résistante à l'alcool que lui parlaient sans hurler. Là tout de suite Draco Malfoy ne demandait rien de plus.
Sans vraiment prêter attention à ce qui se disait, il laissa Severus expliquer à Potter qu'il était agent double et qu'il allait falloir l'aider pour entrer dans l'Ordre même si techniquement il en faisait déjà partie. Ensuite il y eut long passage franchement inintéressant où il était question d'une maladie qu'aurait attrapé Dumbledore et de son incapacité à intervenir pour le moment.
Le jeune homme n'était pas loin de se rendormir lorsque la question de retourner au manoir de l'Ordre fut mise sur le tapis.
Comme électrocuté, il se redressa soudainement, grimaçant mentalement en entendant ses os craquer. Même si consciemment il savait qu'il devrait un jour ou l'autre retourner au manoir de l'Ordre, tout son être s'y refusait farouchement. Quelque part dans son esprit était inscrit au fer rouge le mantra mental qui lui avait permis de tenir.
Je suis Draco Malfoy, je suis un sorcier, je dois m'enfuir d'ici.
C'était irrationnel, absurde et probablement immature mais il se mit à trembler rien qu'à l'idée de devoir retourner dans cette chambre. De revoir la mère Weasley. De reprendre les prélèvements. Lentement il sentit la panique le submerger, laissant son esprit complètement blanc focalisé sur un seul mot.
Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, NON!
Quelque chose échappait à Harry.
Draco Malfoy, Serpentard parmi les Serpentards et prince de glace devant l'éternel balisait à mort. Pire, il tremblotait se balançant d'avant en arrière comme pris dans le mouvement perpétuel d'un balancier imaginaire. En fait, il avait l'air d'un autiste en pleine crise en se serrant convulsivement lui-même.
Pourquoi mentir, ce fut un véritable choc pour Harry Potter, un choc si considérable qu'il en fut cloué sur place. Certes il avait déjà vu Malfoy dans des états autrement pitoyables. Certes il l'avait vu pleurer et trembloter comme de la gelée aux fruits.
Certes…
En fait, il l'avait même vu à genoux la tête dans les toilettes.
Mais ça avait toujours été dans des circonstances particulières. Ils étaient bourrés comme des coins ou alors le blond avait failli être bouffé par un loup-garou en colère…
Des situations où il paraissait, en quelque sorte, légitime de se laisser aller. Pourtant là on ne pouvait pas franchement qualifier la situation actuelle de particulière. Ils étaient bêtement assis à boire du thé.
Pas de quoi fouetter un hippogriffe!
Seulement Malefoy pleurait.
Pleurait vraiment!
Avec des larmes!
Et non contentes de se déverser sans raison apparente, celles-ci coulaient sur un visage blême et visiblement hanté. Enfin, pour parachever se tableau de science-fiction, le blond secouait la tête de gauche à droite avec obstination sans faire le moindre bruit.
C'était incompréhensible, rien ne justifiait un tel comportement et Harry n'était pas loin de penser que son lié avait finalement perdu l'esprit… Bon ou alors, il en avait un de trop, en train de le posséder.
Dans un cas comme dans l'autre c'était clairement au-delà des compétences d'un Gryffondor largement désorienté par les événements.
Il allait d'ailleurs se tourner vers la seule autre personne présente dans la pièce dans l'espoir d'y trouver une explication. Ou tout du moins la confirmation que tout ceci était parfaitement obscur et abracadabrant.
Pour ce qu'il en savait, il s'agissait peut-être là d'une coutume de sang-pur extrêmement bizarre. Cependant il avait à peine détourné les yeux du petit blond en pleurs que celui-ci émit un faible, mais pourtant bien audible, gémissement.
Une toute petite plainte de désespoir, à peine un sanglot étouffé et pour être honnête l'un des bruits les plus pitoyables qu'il ait été donné d'entendre à Harry Potter. Ce qui était loin d'être insignifiant.
Alors, le sus-nommé Harry Potter oublia tout.
De la haine farouche qui les avaient lié jusque-là, à l'ascendance plus que douteuse de son lié, en passant par sa possible adhérence aux idées Mangemort. Il oublia les sorts et les moqueries foireuses qui avaient rythmé leur vie scolaire ainsi que leurs divergences drastiques d'idéaux.
Tout disparut d'un coup. Black-out total du réseau neuronal, blanc sur fond blanc de la pensée, indisponibilité de la conscience. En bref, court-circuit du cortex cérébral dans son ensemble, il n'y avait plus de pilote dans le corps de Potter.
Tout s'était évanoui, noyé dans le néant de son cerveau en mode instinct. Il n'existait désormais plus que son lié.
Son lié rien qu'à lui.
Pour la première fois depuis le début de cette histoire, Harry Potter comprit à quel point tout ça était sérieux. Il comprit finalement que Draco Malfoy était plus qu'une poche de sang ambulante doublé d'un potentiel Mangemort/source continuelle d'agacement.
Il comprit combien ce lien qu'ils partageaient avait changé les choses et que oui, ça comptait. Ça comptait énormément!
Vicieusement son inconscient résuma le tout par un Remus Lupin les sourcils froncés, les bras croisés et la mine un peu déçue, disant: "Je te l'avais bien dit!".
Son inconscient était un connard!
Un connard qui avait raison en plus! Draco Malfoy n'était pas quantité négligeable. Aussi, comme s'il tentait de désamorcer une bombe à main nue le vampire se rapprocha lentement de son lié, bougeant avec d'infinies précautions comme si des gestes trop brusques auraient pu déclencher quelque chose d'encore pire.
Merlin savait ce qui pouvait encore arriver!
Comme attendue, les choses glissèrent une fois de plus et prirent une tournure inattendue. Car si de prime abord les intentions de Harry Potter étaient on peu plus innocentes, elles ne le restèrent pas longtemps.
Instinct oblige, le vampire en lui voyait surtout que son lié, sa propriété, était mal. Pire, il était en position de faiblesse absolue. Autrement dit, là tout de suite le suceur de sang n'avait qu'une envie, celle de marquer sa proie.
Pour ne rien arranger, voir son lié si docilement offert lui avait donné faim. Pas une faim dévorante mais une faim gourmande.
Ceci dit, une faim quand même.
Aussi les yeux du vampire se teintèrent de rouge, se rivant sur la nuque pâle, qui tressautait sous les sanglots répétitifs.
À partir de là, le rapprochement se fit plus félin et sensuel, inexorable à bien des égards et pourtant d'une lenteur presque insupportable. Petit à petit, à la manière des grands prédateurs, il combla la distance qui régnait entre leurs deux corps.
Au moment où ils allaient enfin se toucher, Drago fut parcouru d'un long frisson, comme s'il avait senti soudain la chaleur d'un corps près de lui. Comme si le regard de son vampire lui avait piqué la nuque, envoyant des décharges d'énergie le long de sa colonne vertébrale.
Électrisé malgré lui, il leva la tête tombant immédiatement sur les yeux rouges de Harry Potter. Son corps bougea d'instinct, percevant la menace avant son cerveau, et amorça un mouvement de recul.
Or, il fut immédiatement enserré par deux bras puissants qui l'empêchèrent de faire le moindre geste et le tirèrent en arrière. Il sentit alors distinctement le corps brûlant de Potter se coller contre son dos, plaquant son bassin contre ses reins.
Pris de folie, chacun de ses récepteurs sensoriels lui envoyaient des informations absurdes et presque indéchiffrables dans l'état actuel des choses. À titre d'exemple, sa peau, devenue hypersensible, avait dû prendre feu à un moment donné et pourtant n'envoyait aucun signal de douleur.
Drago Malfoy ne pouvait plus rien faire, perdu dans un flot d'informations incompréhensibles.
Il sentait une bouche brûlante dans sa nuque et un souffle chaud dans son cou qui le faisant frissonner et trembler à la fois. Une langue de lave en fusion avait même commencé à carboniser sa carotide.
Tout ceci relevait soit de la fantaisie soit de la folie pure et dure.
- Pott … Bordel Potter, haleta-il dans l'espoir de reprendre pied quelque part, qu'est-ce que...
- Shhhhsh Malefoy, murmura le sus-nommé, Potter tout contre son oreille expulsant par la même un souffle brulant sur sa tempe. Draco prit immédiatement la décision de se taire à jamais car si Potter lui répondait, il était convaincu de griller instantanément.
Indifférent à sa possible combustion spontanée, Harry Potter reprit son exploration du cou de Malfoy pendant que ses mains s'adonnaient elles aussi à de nouvelles découvertes. Se faufilant sous l'incommodante barrière de tissu que constituait la chemise de son lié, celles-ci purent goûter à loisir à une peau étonnement douce.
Soumis à un tel traitement, le Serpentard étouffa un gémissement alors que des doigts agiles se mirent à dessiner des arabesques brulantes sur son ventre.
Autant Draco Malfoy avait été tétanisé à l'idée de retourner au manoir de l'Ordre quelques minutes plutôt, autant désormais il était tétanisé par les réactions de son propre corps.
Il était devenu incapable de bouger. C'était bien simple, son corps refusait de lui obéir alors même qu'il était sur le point de se consumer de lui-même… De se consumer ou de fondre, à vrai dire il n'était pas tout à fait sûr de ce que faisait un corps soumis à une trop grande chaleur. À son avis il était bien parti pour faire les deux à la fois.
Son cerveau, quant à lui, semblait ne marcher qu'à vitesse ralentie. C'était à peine s'il arrivait à se souvenir de qui au juste était Potter.
Potter bordel, il le haïssait, il était son ennemi depuis son entrée à Poudlard ! Alors pourquoi, par Merlin, pourquoi se sentait-il terrassé par sa présence?!
Dévoré vivant par ce feu avide et ardent que Potter avait allumé, Draco se sentait si... soumis.
Et surtout, comble de l'humiliation, il savait, au plus profond de lui, qu'il n'avait pas vraiment envie de le repousser...
Preuve en était, dans son dos son dragon personnel semblait largement apprécier le traitement. C'était facile pour lui, probable que les dragons adoraient se frotter à des flammes où se rouler comme des bienheureux dans la lave!
Mais Draco était humain et assez convaincu que mourir toasté n'était pas agréable bien que jusqu'ici tout semblait indiquer le contraire. Résister devint encore plus difficile lorsqu'il s'aperçut que son tatouage faisait ronronner sa magie de contentement, rajoutant un doux vrombissement à la chaleur déjà quasiment insupportable.
Pourquoi lui?
Heureusement n'est pas Malfoy qui veut, aussi trouva-il la force de protester… Histoire de garder un semblant de dignité, vu qu'apparemment il était le seul ici à s'en soucier.
Il essaya faiblement – il fallait bien le dire – de se dégager de cette étreinte, tout en tentant de ne pas avoir trop l'air de supplier.
- Potter… laisse-moi partir.
La phrase s'était voulue froide et grinçante mais était sortie tout au plus plaintive et gémissante. Ici s'arrêtèrent donc les tentatives de communication de Draco Malfoy, il n'allait pas s'humilier davantage en geignant!
De toute façon, ledit Potter ne l'entendait pas de cette oreille.
D'ailleurs il ne l'entendait pas du tout. Là tout de suite Draco aurait pu parler en russe que ça n'aurait pas fait tellement de différence. L'instinct avait définitivement pris le dessus et celui-ci semblait penser qu'une morsure était la solution à tous leurs problèmes.
D'une part, il n'aurait plus faim et d'autre part son lié penserait à autre chose, si en plus ça lui permettait de marquer sa dominance il ne voyait vraiment pas pourquoi s'en priver.
Calmant l'intensité de ses caresses, il resserra donc un peu plus leur deux corps. Puis il plongea vers la peau fine et si tentatrice se trouvant juste dans le creux formé par le cou et l'épaule. À la recherche du parfait point de morsure, il entreprit une fois de plus de lécher doucement la peau de sa victime si plaisamment offerte. Il embrassait et suçait tendrement tout ce qui passait à sa portée et qui finalement n'appartenait qu'à lui et ne tarderait pas à être marqué comme tel.
Face à cela, le possesseur originel du cou en question frémissait sous la douceur nouvelle que prenait leur échange. Sa peau réagissant sans qu'il le veuille, ne calmant en rien le feu qui s'étendait à tout son être.
Tout ceci devenait parfaitement indécent! Il dut même réprimer plusieurs gémissements en se mordant les lèvres, ce que le petit blond trouvait indigne de son rang. Un jeune homme ne gémissait pas et un Malfoy encore moins!
Mais… C'était si bon. Les baisers se firent plus précis, moins désordonnés, signe que la morsure n'allait pas tarder. Les yeux fermés, la tête jetée en arrière, Draco renonça et perdit complètement pied lorsqu'il sentit les crocs s'enfoncer dans sa chair.
Il n'y avait pas de mot pour décrire ce que Draco Malfoy ressentait lorsqu'il se faisait mordre. En grande partie car la plupart de ses facultés intellectuelles avaient été annihilées mais aussi parce que ce n'était pas tant la morsure qui apportait du plaisir. Non c'était plutôt le sentiment écrasant d'appartenir à son vampire qui le faisait se pâmer.
Or il n'était absolument pas question que Draco Junior Malfoy reconnaisse qu'il appréciait appartenir à qui que ce soit et encore moins à un Potter! Une bonne chose en vérité que ses capacités de réflexion se retrouvent hors service pendant les morsures. Sinon, le jeune homme se serait probablement crucifié lui-même.
De son côté Harry Potter commençait à se dire qu'il pourrait être intéressant de balader sa bouche ailleurs que dans ce cou maintenant qu'il était rassasié.
L'oreille peut-être pour commencer ou alors la mâchoire… Voir les deux. De même ses mains pourraient peut-être escalader un peu ce corps si ferme sur lequel elles se baladaient maintenant à leur aise. Le torse du blond paraissait être une destination tout indiquée.
Joignant le geste à la pensée, le vampire s'exécuta avant que la raison ait repris le dessus. Avec un peu de chance il atteindrait les lèvres de son lié avant que la prochaine catastrophe ne leur tombe dessus.
Oui, oui je sais... Vous me haïssez. Honnêtement je me suis dit à moi-même que c'était vraiment cruelle d'arrêter ce chapitre ici... Mais que voulez vous, je suis cruelle...
Cela dit grande nouvelle! J'ai découvert que lorsqu'on me poste un commentaire je peux répondre directement! Moi je croyais qu'il fallait le faire au début et/ou à la fin des nouveaux chapitres... Ce que je suis bien incapable de faire après plusieurs semaines... Hum.
Enfin bref je m'excuse platement pour tout les commentaires aux quels je n'ai pas répondus... Je suis une quiche avec les ordinateurs!
Bon et bien je crois que c'est tout pour cette fois, laissez moi un petit mot ça fait toujours plaisir!
