Papaaaaaaam ! Je vous offre le chapitre contenant le plus gros paragraphe de toute cette fan-fiction ! J'espère que ça ne sera pas trop galère pour vous de lire. Heureusement qu'ils ont mit en place le système de mise en page.
A la fin du chapitre précédent, j'avais dis que celui-ci s'appelait "Révélations"... c'était en fait "Explications"... C'est pas grave, me suis-dit, ça fait plus classe ! (peut être même trop, ce qui expliquerait mon premier choix).
Bonne lecture ! =D
Il avait ordonné à ce que des ses hommes veillent au retour de Feanor, puis il était parti prêter main forte aux combattants affrontant Daein sur un pont piégé. Plus tard dans la soirée, lorsqu'il n'eut rien d'autre à traiter, il demanda a avoir une discussion privée avec Reyson.
Tibarn : je n'ai que faire des raisons qui te poussent à garder le silence sur le sujet. Je veux que tu me dises clairement qui est cette fille. Tout ce que tu sais qui pourrait expliquer l'étrange altercation d'il y a quelques jours.
Le roi des Faucons avait le regard dur et déterminé. Il n'aimait pas les problèmes insolubles. Une pièce de puzzle lui manquait, et il avait la possibilité de la connaître. Rien de mieux pour vicieusement titiller son esprit. Le Prince Blanc senti qu'il n'avait plus le choix. De toute façon, il l'aurait apprit. Tôt, plus tard, voire très tard, mais il l'aurait apprit.
Reyson : Soit. Tu préfères que je commence par quoi ?
Tibarn : par le commencement. Pourquoi refusais-tu qu'elle meure ?
Reyson : en raison de ses origines et du souhait de ses parents. Sa mère était un Corbeau, son père un Héron.
Le Faucon haussa les sourcils, mais ne dit rien.
Reyson : sa mère avait une santé fragile, et était parvenue à s'installer dans la forêt de Serenes, le milieu ayant des influences mélioratives sur son organisme. C'est ainsi qu'elle a pu se lier avec un des Hérons, et qu'ils eurent un enfant. Tatu. Un jour, ils se firent capturer tous les trois par des marchands d'esclaves. La mère parvint à s'enfuir, mais elle du laisser le père derrière. Elle vola seule jusqu'à Kilva avec Tatu, qui n'était encore qu'une toute jeune enfant. Elles trouvèrent asile dans le palais. La mère avait reçu de graves blessures lors de la fuite, et elle mourut quelques temps après. Naesala devait être au courant de ses origines, et s'arrangea assez rapidement pour qu'on prenne soin de la petite. Pour la suite, je ne peux rien affirmer, je ne me fie qu'aux sentiments que j'ai pu sonder dans son cœur. Assez rapidement, j'ai pu sentir un impressionnant dévouement pour Naesala.
Tibarn : maintenant que tu le dis, c'est vrai que je me souviens d'une gamine qui semblait être partout et nulle part à la fois. J'ai du l'apercevoir à deux trois reprises, ça m'avait réellement rendu méfiant pour le reste de la soirée.
Reyson : et tu ne l'as rapidement plus revue. A la place, un petit garçon tout aussi discret, mais beaucoup plus constant. Joakim.
Tibarn : tu l'avais reconnue.
Reyson : son cœur n'avait pas changé. Mais comme pour ses origines, je m'étais retenu d'en parler. Naesala prit un jour un court instant pour m'expliquer ses origines, ainsi que les dernières volontés de sa mère, qui étaient qu'on la laisse trouver le bonheur et prendre elle-même les décisions qui orienteraient sa vie. Elle était issue de deux nations, elle savait ce qu'elle pourrait éventuellement représenter. Tatu était avec nous, afin de me prouver que c'était bien là sa volonté qui s'exprimait, et non pas Naesala. Elle a demandé que tout ce qui la concerne ne soit divulgué que dans le plus petit cercle de personnes possible. Moins elle était connue, plus elle serait libre.
Tibarn : et pour les cinq autres ?
Reyson : je n'en sais rien. J'en ai peut être déjà entraperçut un, peut être pas. Je ne sais rien d'eux.
Tibarn : sur ce qu'elle a fait sur la Ribahn ?
Reyson : … je ne sais pas.
Tibarn : et sur la façon dont elle nous a endormis l'autre jour ?
Reyson : … je... ne sais pas.
Les mots avaient été tellement difficiles à prononcer... Sa propre ignorance l'insupportait. Pour une des rares fois où il pouvait être utile à Tibarn, il ne l'était qu'à moitié. Ses mains se crispèrent sur le tissu de ses vêtements. Ashera sait combien c'était rageant... L'autre se leva, ébouriffa un peu sa longue tignasse blonde, avant de se diriger vers l'entrée de la tente.
Tibarn : merci Reyson.
Ils avaient inventé une excuse, pour limiter la colère des dirigeants de Begnion. Les documents avaient été confiés à un homme de Tibarn, qui avait pressenti qu'ils le chercheraient. Ils étaient parvenus à l'isoler et le prendre en chasse. Malheureusement, il avait fini noyé, et le documents perdus, détruits par l'eau. Un trait d'esprit de sa part ou un pur coup de chance, ils n'en savaient rien, quoi qu'il en soit le sénateur s'était souvenu que le document n'avait en fait pas beaucoup d'importance, et ça avait aussitôt canalisé la colère qu'il s'apprêtait à leur déverser dessus. Il ne faut pas croire non plus que ce fut une partie de plaisir. Comme on dit, ce fut « moins pire ». Naesala ne lui avait rien dit, son regard transmettant plus de choses. Elle ne pouvait bien évidemment rien faire si l'adversaire l'attendait, mais un échec reste un échec. A présent, elle se morfondait, assise dans un coin de leur bivouac, laissant son corps se reposer comme il le réclamait. Des souvenirs refaisaient surface. D'abord quelques uns dans lesquels sont père se trouvait, rapidement remplacés par des plus récents, plus durs et plus lugubres. Sa mère qui s'affaiblissait petit à petit et qui ne parvenait pas à se remettre de ses blessures, les dernières étreintes qu'elle lui offrait. Elle avait le souvenir des larme, mais pas de la durée de leur écoulement, lorsque maman devint toute froide. Puis elle fut seule. Seule à errer dans les couloirs, la cour, le château, l'extérieur aussi, un peu. Seule, à jouer, à se rendre compte qu'elle avait faim, à chercher à manger, à ne pas toujours trouver, à se replonger dans la contemplation de ce qui l'entourait. Elle n'avait jamais su déterminer si son regard d'enfant déformait les choses, s'il s'était écoulé un jour ou plusieurs semaines ainsi. A un moment, on vint la chercher. Des gens, en la voyant, accoururent vers elle et semblaient contents de l'avoir retrouvée. Elle fut emmenée jusqu'à une salle, située dans un aile du château dans laquelle elle ne s'aventurait jamais. Elle apprendrait plus tard que c'était une des salles de travail de Naesala. On la lui présenta. Il l'examina brièvement d'un simple regard en coin, restant penché au dessus de la table recouverte d'une carte. Il demanda à ce qu'on s'en occupe comme il faut, puis se concentra sur le vélin étalé sous ses yeux. Les habitués du château devinrent comme une seconde famille pour elle. Tout le monde et personne se chargeait de l'éduquer, de lui donner de l'affection, de l'ignorer ou de la traiter avec respect. Elle appréhenda ainsi beaucoup de visages et de personnalités différentes. Elle comprit aussi que si l'on retirait un de ces petits maillons, constituants de son univers, l'équilibre en changeait. L'idée de pouvoir perdre un de ces maillons, ces précieux maillons, lui est devenu insupportable. Elle était assez vieille pour conserver un vivace souvenir de sa mère et de son père, de la douleur engendrée par leur disparition. Il suffisait qu'une dispute ait lieu, que l'un des enfants du château soit charrié par d'autres, pour qu'elle se mette dans un état de panique inquiétant. Elle s'interposait, essayait d'engager le dialogue, et suppliait que les effusions s'arrêtent. Son univers s'ébranla une nouvelle fois lorsque Naesala le remarqua. Elle criait, presque, que Kilvas devait rester uni et soudé. Elle avait entendu des Faucons se moquer sans raison d'eux à voix basse. C'était injuste, ils ne leur avaient rien fait. Alors si entre eux ils ne serraient pas les coudes, comment allaient-ils faire pour rester debout ? Ça n'était pas tout seuls qu'il allaient faire face aux méchants du monde extérieur ! Ils étaient une grande famille, elle en donna la preuve en citant les noms de la multitude d'adultes qui les regardaient affectueusement, leur ébouriffait les cheveux, leur souriait chaque jour. Cette famille, elle était à défendre à tout prix. Soudain, elle se rendit compte que leur roi était à leur niveau. Tous se tournèrent systématiquement face à lui, baissant les yeux, intimidés. Lorsqu'il parla, ils comprirent que c'était à la petite justicière qu'il s'adressait.
Naesala : penses-tu vraiment ce que tu viens de dire ?
Elle hocha timidement la tête, dans un mouvement presque imperceptible.
Naesala : regarde-moi et réponds clairement à la question.
Obéissant, elle leva les yeux pour les planter dans les siens. Ils brillaient de conviction.
Tatu : oui.
Naesala : dans ce cas suis-moi.
Faisant volte-face, il repartit vers le bâtiment. Elle trottinait presque, pour ne pas se laisser distancer. Ils montèrent beaucoup d'escaliers, et déambulèrent bientôt dans cette partie du château où elle n'avait ni trop l'habitude ni trop le droit d'aller. Il poussa une porte sensiblement plus haute que les autres, et ils entrèrent dans ce qu'elle identifia comme étant son bureau. Il n'alla pourtant pas s'asseoir, s'adossant à l'imposant meuble de bois couvert de paperasse, les bras croisés. Elle apprendrait plus tard que c'était Begnion qui lui donnait cette quantité anormale de parchemins à parcourir et remplir. Il la jaugea du regard quelques secondes.
Naesala : Tu es la fille d'Aïsha, il me semble.
Il lui semblait aussi qu'Aïsha était le prénom de maman. Elle avait cru comprendre que son interlocuteur préférait qu'on le regarde dans les yeux et qu'on parle à haute voix. Elle continua ainsi.
Tatu : oui.
Il la considéra un instant encore.
Naesala : justifie-moi ce que tu as dit tout à l'heure.
Elle prit le temps de réfléchir et de formuler ce qu'elle allait dire.
Tatu : Quand papa est mort, il n'y avait plus que maman pour s'occuper de moi. Quand maman est morte, je pensais ne plus avoir personne pour s'occuper de moi. C'est pas facile de s'occuper de soi-même, quand on est petit. Et puis les gens du château se sont tous mis à faire pour moi ce que mes parents avaient fait jusque là. Tous, un petit peu chacun, ont prit soin de moi. C'est pareil quand je sors, beaucoup de gens sont gentils avec moi. J'ai aussi vu que ceux qui étaient méchants ou désagréables manquaient de quelque chose. Parfois on peut leur donner cette chose, parfois on ne peut pas. Parfois il y en a des vraiment méchants, mais ils ne sont pas nombreux. Ils font quand même parti de Kilvas, et il y a des gens qui sont proches d'eux qui seraient tristes s'ils s'en allaient, alors on ne peut pas les chasser. Qu'on le veuille ou non, on est tous reliés les uns aux autres. On forme une grande famille. Je fais parti de cette grande famille. Alors quand j'entends les Faucons dire qu'on est que des fourbes, des déchets ou des oiseaux de malheur...
Elle se reprit un instant. L'émotion perçait sa voix, et des larmes montaient doucement à ses yeux.
Tatu : moi ça me met en colère.
Nouveau silence. Elle se calma encore un peu. Son roi continuait de la fixer, silencieux ; il l'invitait sans le dire à poursuivre si elle le désirait.
Tatu : je sais que des fois, des soldats rentrent après une mission, et que ce qu'ils devaient faire n'étaient pas très gentil ni très juste. Mais je les connais bien, ils ne seraient pas du genre à faire ça pour le plaisir, parce qu'ils l'avaient décidé. S'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils avaient une bonne raison. Je le sais.
Elle avait légèrement haussé la voix sur la fin, et ancré son regard dans celui, bleu marine, de Naesala. Perte de la notion du temps. Eloquent silence. Intense discussion de regards. Elle se souvenait de ce que lui disait papa, que les yeux en disaient beaucoup plus que la bouche. Son roi ne semblait pas aimer dire les choses par la voie orale. Peut être parce que il n'aimait pas partager, peut être parce qu'il avait quelque chose à cacher, elle n'en savait rien. Quoi qu'il en soit, il la laissa entrevoir certaines choses par le biais cet échange. Et elle lui répondait. La formulation peut paraître grossière, tant le regard épargnait les formalités et les tournures de phrases. Ce qui ressorti le plus pour Tatu, ce fut le dévouement de Naesala pour son pays. Il voulait le défendre, contre tout, envers tout. Il avait fait une faute, il cherchait à se rattraper. Sincèrement, de tout son être. Et il lui demandait son aide. S'il la considérait comme une gamine, il la lui demandait d'égal à égal. Il coupa le contact. Il n'aimait pas, en effet, se dévoiler aux autres. Elle se dit qu'il venait de vérifier qu'elle était bien la fille de papa, qui était un Héron. Il aurait très bien pu lui demander, et elle lui aurait répondu que oui. Maman lui avait dit qu'elle aurait peut être quelques particularités, qu'elle tiendrait de papa. Les autres lui faisaient régulièrement remarquer qu'elle était plutôt douée pour comprendre les autres, malgré son jeune âge. C'était si exceptionnel que ça ? C'était ça le pouvoir de papa ? Le Corbeau la regardait de nouveau, mais son regard était de nouveau clos.
Naesala : Acceptes-tu de dévouer ta vie à Kilvas ?
Pour n'importe qui d'autre, beaucoup de mots auraient manqué avant d'en venir à cette question. Mais qu'importe. Elle comprenait, savait, agréait.
Tatu : oui.
A partir de cette syllabe, sa vie changea. Tout d'abord, elle eut droit à sa propre chambre. A ses yeux d'enfant que la vie avait rendus trop vite plein de maturité, c'était une chose importante. Elle commença à recevoir des cours. Des cours assez variés. Elle reprit son apprentissage de la lecture et de l''écriture. Elle avait déjà commencé, en allant irrégulièrement à l'école. On lui apprit le calcul de base. Après ça, elle eut des enseignements très différents de ceux des enfants de son âge. Elle eut cours de sport, sauf qu'ils ne jouaient pas à des jeux. Elle apprit à se battre, de diverses façons. Sous forme de Corbeau, sous forme mi-Beorc mi-Laguz, et aussi un petit peu avec des bâtons qui représentaient soit une épée soit une lance. On ne se contenta pas de lui inculquer quelles plantes étaient bonnes ou mauvaises, en ne se servant que des bonnes. On lui apprit également l'utilisation des mauvaises. On lui apprit à se cacher, à se déplacer sans se faire voir, à écouter aux portes, à rapidement comprendre l'organisation d'une pièce inconnue jusqu'alors pour trouver ce que l'on cherche au plus vite. En somme, on lui apprit tout ce qui fit d'elle ce qu'elle est devenue par la suite. Il ne faut pas croire que sa vie ne se résumait désormais qu'à ça, au contraire. Elle continuait de partager ses repas avec les châtelains, comme elle l'avait toujours fait, et avait du temps libre, pendant lequel elle continuait à bien entretenir ses relations avec eux. Ce qui à ses yeux changea le plus sa vie, fut qu'on lui présenta six personnes, six personnes qui prendraient forcément une énorme place, qu'elle le veuille ou non. Ces six personnes étaient Silva, Mallo, Rend, Jillian, Junko, et Russia. Silva et Mallo étaient les deux plus âgés, et pour ainsi dire compagnons de vie. Silva, l'aînée parmi les deux, a toujours plus ou moins assuré le poste de chef au sein du groupe. Ça ne les a jamais dérangés. Les deux suivants, Rend et Jillian, étaient toujours fourrés ensemble, et le resteraient presque tout le temps jusqu'à leur mort. Rend semblait être né avec le sourire cloué au visage, déjà marqué par les rides de ce rire malgré son jeune âge. Dynamique et drôle, il aurait pu dire n'importe quoi qu'il aurait remonté le moral de toute une cantine. Jillian était plus calme, mais avait le sourire facile, lui aussi. C'est sans doute une des personnes les plus droites et justes qu'elle rencontrerait dans sa vie. En tout cas, tous les deux étaient très doux et d'une infinie gentillesse à son égard. Ils l'étaient avec presque tout le monde en fait. Junko était à peu près de l'âge de ces deux-là, et avait fait forte impression à la petite fille, avec sa longue chevelure noire et la tranquille assurance de sa démarche. Ces cinq personnes lui servaient également de professeurs, plus ou moins régulièrement. Russia, quant à lui, n'avait rejoint ce petit groupe qu'un an ou deux avant elle. A l'époque, il ne se teignait pas encore ses cheveux ni ses ailes, et leur immaculée blancheur semblait déteindre avec tout. La première fois qu'elle le rencontra, elle s'immobilisa, fascinée. Elle le trouva beau. Il avait presque cette luminescence propre aux Hérons, à moins que ça ne soit dût au contraste qu'il formait parmi ce torrent de plumes noires. Déjà à l'époque, il jetait un regard sévère sur le monde, et son jeune corps ne collait pas avec. Un charme particulier se dégageait de lui, malgré son caractère de cochon. Ainsi, malgré l'enchantement des cinq premières secondes, ils prirent rapidement l'habitude de se chamailler, et à tous les niveaux. Assez souvent, elle voulut protéger Russia des brimades des autres enfants, qui l'excluaient pour sa particularité capillaire, sans oublier le rouge vif de ses yeux. Il était assez rares qu'ils finissent leurs discutions en de bon termes. L'albinos refusait toute forme de pitié à son égard, l'autre affirmait ce que n'était pas de la pitié qu'elle ressentait mais un sentiment de révolte, le premier ne la croyait pas, etc... Quelques années plus tard, ce fut Net qui les rejoignit. Il était entré dans le cercle encore plus tôt que Russia ou Tatu, et tout le monde prit ainsi à cœur de le protéger, ce qu'ils faisaient déjà entre eux de toute façon. Orphelin, il les considéra bientôt comme sa vraie famille. Rapidement, et d'une façon étrange aussi, le groupe se souda. Non seulement parce qu'ils se côtoyaient tous les jours et partageaient leurs activités, mais également parce qu'ils se rejoignaient tous sous un même objectif. De ce fait, ils étaient devenus ce qu'on appellerait des « chiens-chiens » de Naesala, mais seul un nombre très restreint de personne étaient au courant de l'existence qu'ils avaient choisit de mener, alors on ne les surnomma jamais ainsi. La paix rendit la formation des trois plus jeunes facile. C'était principalement des missions ayant des répercutions sur la politique du monde. Un document qui disparaît brusquement, un petit ambassadeur animé de mauvaises intentions qui meurt d'une mauvaise maladie... Tout plein de petits éléments qui amélioraient et facilitaient la situation de Kilvas. Puis vint la guerre entre Crimea et Daein. C'est là que Junko, Russia, Tatu et Net purent réellement mettre en application les cours où on leur apprenait à se battre. Tous avaient été plus ou moins déjà confrontés à la violence, mais la guerre reste une expérience forte et souvent traumatisante. Ils avaient apprit à prendre du recul, avec les victimes que la paix leur avait demandé de tuer, et ce fut pendant cette guerre que cette habitude s'affirma réellement. Heureusement pour la cohésion de leur groupe, aucun ne prenait plaisir à arracher la vie d'un corps. Là, avec la pratique, elle put consolider ce qu'elle avait apprit en théorique. Se développèrent même quelques spécialités. Elle avait par exemple moins d'assurance que Silva, Mallo, Rend, Jillian ou Junko quand il s'agissait de combats dans une mêlée, au beau milieu des champs de batailles. En revanche, dans les opérations où il fallait s'avérer discret, voire même s'infiltrer et tromper l'ennemi, elle se montra plutôt douée. Pendant ces trois ans, elle progressa a une vitesse fulgurante, et à la même vitesse, on lui confia des missions de plus en plus dangereuses. Partant déjà d'un bon niveau, à la fin de la guerre elle avait rejoint ce que l'on appelait l'élite. Bien que ses motivations et son engagement n'aient jamais été ébranlés ou remis en question, cette guerre la poussa à s'interroger sur le monde, sur tout et sur rien. Elle ressenti aussi le besoin de sortir, et de voir le monde. Elle ne supportait pas l'idée d'abattre un adversaire dont elle ne savait rien. Combattre dans l'ignorance la dérangeait, vraiment. Il n'y avait pas les « gentils » d'un côté, et les « méchants » de l'autre. Certes, certains royaumes sont dirigées par des personnes mauvaises, mais ce n'est en aucun cas tout un pays qui va basculer dans le même avis que celui qui a le pouvoir. S'ils ne disent rien à cause des menaces, les gens n'en pensent pas moins. Elle avait envie d'embrasser cette connaissance du monde, et de connaître. Elle ne pouvait accepter d'affronter un adversaire en le diabolisant de façon injustifiée. Elle chercha à toucher du doigt l'équilibre de ce monde. Elle y parvint à peu près. En route, elle rencontra un jeune homme rejeté de tous en raison du sang métisse coulant dans ses veines. Pourtant, rien ne l'empêchait de sourire à ce monde qui ne l'épargnait pas. Un monde trop parfait serait sans doute ennuyeux. C'est également notre part d'ombre qui nous complète, sans quoi, le déséquilibre est trop fort. Equilibre. Tout est question d'équilibre. Ils voyagèrent quelques temps à Begnion, et rejoignirent bientôt Daein. Là, ils s'impliquèrent et... La suite, elle avait déjà du se la remettre en mémoire il y a quelques temps. Les souvenirs avaient refait surface, et défilés devant ses yeux comme on tourne les pages d'un livre. Voilà. Voilà ce qu'avait été sa vie. A la fois tellement pleine et tellement vide. Quoi qu'il en soit, elle n'avait que peu de regrets ou de remords derrière elle, alors elle estimait s'être assez bien débrouillée. Ce qu'elle avait fait de sa vie n'était pas toujours facile à supporter, et certaines choses lui manquaient. Mais elle lui avait donné un sens. Elle était fière d'avoir pu se dévouer à protéger Kilvas. Peut-être faisait-elle mal, peut-être ce qu'elle faisait n'avait aucun impact, peut-être avait-elle était abusée depuis le début. Cette pensée ne lui était bien évidemment pas agréable. Elle ne voyait pas comment elle pourrait l'être d'ailleurs. Mais au moins elle aurait fait de son mieux. Elle ne serait pas restée inactive. Elle aurait essayé, et ses intentions étaient juste. Sans le brusquer, elle voulait changer l'équilibre du monde. Juste assez pour que cette souriante famille qui s'était occupée d'elle soit dans le bonheur. Ce qu'elle espérait aussi, c'est que d'autres personnes faisaient la même chose qu'elle. Qui sait, peut-être qu'un jour toutes ces souriantes familles pourraient vivre dans le même temps, sans que l'une souffre de l'autre. Peut-être. Peut-être...
... Quoi ? ... Oui, on parle que de mes persos, JE SAIS ! TT^TT Mais fallait bien que je vous explique un peu qui ils sont, les tenants et les aboutissants de l'affaire.
J'ai vraiment essayé de construire cette histoire de façon à ce qu'elle puisse sans problème s'imbriquer dans le scénario original.
J'espère que ça vous a plut, et que la lecture ne s'est pas avérée trop ardue ! ^o^"
