Que se passe-t-il exactement dans la tête d'Edward quand il se fait battre par Bella ? La réponse tout de suite …

Les personnages appartiennent à S. Meyer.

Ps: merci à fafana, lisa1905, sophlili, mat47 ainsi qu'à ts les autres qui m'ont envoyés un mp c super gentil :)

Bonne lecture !


Chapitre 10 : visites nocturnes (EDP)

Elle m'avait bluffé et totalement éblouis. Je persiste à dire et à penser que cette fille n'est pas une humaine comme les autres. Seuls la vision vampirique pouvait permettre une telle précision au billard. Elle ne m'avait pas vraiment laissé ma chance et il est vrai que j'en avais été vexé mais son sourire, sa joie et ses yeux brillant d'excitation m'avaient totalement terrassés… encore une fois ! Je ne pouvais plus bouger tellement je la trouvais belle et ça me perturbait, vraiment beaucoup. Pour cette soirée, je pris la décision de me montrer charmant et agréable car elle me surprit en me faisant comprendre qu'elle ne m'avait pas encore vu sourire depuis que nous nous étions rencontré. Je savais que je m'étais montré très désagréable envers elle mais je ne pensais pas que s'était à ce point là.

J'avais certes perdu mon pari mais l'idée de profiter d'elle et surtout de son sang continua toute la soirée à faire écho dans ma tête. Après tout, si je lui montrais à quel point je pouvais être charmant, si je prenais le temps de la séduire, je pourrais sans doute plus facilement la convaincre de s'offrir à moi. Mon plan se transforma à l'instant où je me rendis compte que son cœur accélérait et que ses joues s'empourpraient lorsqu'elle me regardait. Je ne pouvais lire dans ses pensées mais même si elle avait souvent un air détaché et provoquant en ma présence, elle ne semblait pas indifférente à mon corps d'athlète. Au moins, elle était un peu comme toutes les filles sur cette terre.

Mes frères et sœurs pensaient que j'avais changé d'avis à son sujet et que j'avais réellement envie de la séduire... ça me ferait un peu de répit au moins. L'excuse pour la raccompagner tombait d'ailleurs à pic : non seulement je pourrais faire avancer mon plan mais en plus, ça me permettait de m'éloigner des autres membres de ma famille. Ils commençaient à me saouler avec leurs pensées sur ma défaite et mes sentiments envers Bella. Ils ne pourraient jamais vraiment comprendre ce que je ressentais. Encore que, je ne comprenais pas tout moi-même. Je lui avais dit qu'elle était sexy et je le pensais. C'est probablement son sang qui parlait en moi, ça ne pouvait être autre chose…si ?

Elle était nerveuse lorsque je mis ma main dans son dos pour la raccompagner vers la sortie. Cette fille n'était pas si insensible à mon charme et je comptais bien en profiter. Toute la semaine elle s'était montrée froide, distante et même piquante dans ses réflexion. Serait-ce simplement une façade pour se protéger ?

« Après toi, dis-je poliment en lui tenant la porte ouverte.

- Merci, dit-elle timidement et en rougissant encore… ses joues n'avaient quasi pas perdu cette couleur de toute la soirée.

- Ma voiture est garée là bas, dis-je en pointant le parking au loin. Tu veux que j'aille la chercher ?

- Non pas du tout, j'aime beaucoup marcher, ça ne me dérange pas.

- Ok comme tu veux.

- Mais s'était gentil de proposer. Pourquoi ce changement d'humeur tout d'un coup ?

- Pardon ? Je ne comprends pas …

- Et bien, expliqua-t-elle, toute la semaine tu n'as pas été très sympa avec moi. Je viens de te ridiculiser et de te remettre à ta place une nouvelle fois et pourtant tu es gentil.

- Je sais que je peux parfois être un enfoiré mais même s'il est vrai que je viens de me ramasser une sacrée claque, je dois apprendre à perdre avec humilité et rien que pour ça, je te remercie, dis-je un léger sourire en coin, ce qui affola les battements de son cœur.

- Il fait plutôt frais pour la saison hein, dit-elle en frissonnant et pour changer de conversation.

- Oh attend, j'ai une veste dans la voiture, elle te réchauffera un peu. Dis-je en pressant le pas pour arriver à ma Volvo.

- Non ce n'est pas nécessaire, dit-elle en courant presque pour me rattraper. Tu n'auras qu'à mettre le chauffage dans la voiture, ça ira très bien.

- Ne soit pas ridicule, ce n'est qu'une veste elle ne te mangera pas.

- Je ne crois pas que je puisse rentrer dedans de toute façon, dit-elle en baissant la tête et en jouant nerveusement avec ses mains.

-N'importe quoi Bella ma veste est assez large ça ira et au pire, t'es pas obligée de la fermer. »

Je vis immédiatement à son regard que quelque chose n'allait pas. Merde, je crois que je viens de faire une bourde. Mes paroles étaient sorties plus vite que mes pensées. Je venais d'insinuer indirectement qu'elle était grosse. Ce n'était pas très gentil bien qu'elle se rendait compte par elle-même qu'elle n'avait pas la taille mannequin. J'aurai dû lui faire comprendre qu'elle n'était pas du tout hors normes au lieu de la confirmer dans son idée… Edward tu es stupide ! Elle ne semblait cependant pas vexée par ma remarque, juste attristée, un peu comme si elle s'attendait à ce genre de réponse. Ce n'était sans doute pas la première fois qu'on lui faisait une réflexion peu flatteuse sur son physique mais ça ne m'aidait pas dans mon plan.

« Excuse-moi, je ne voulais pas me montrer désagréable…

- Ne t'inquiète pas j'ai l'habitude, dit-elle avec sourire timide mais sans aucune joie.

- Je suis sûr que cette veste va t'aller à merveille, dis-je en faisant des efforts pour être enthousiaste. »

Mon plan de séduction était totalement foireux, je n'étais pourtant pas si nul d'habitude. Arrivé à la voiture, j'attrapai rapidement mon manteau dans le coffre et je pris soin de le déposer délicatement sur ses épaules.

- Tu vois, ça te va à la perfection, dis-je en souriant.

- Oui c'est sans doute parce que tu as une carrure large et musclée, dit-elle doucement, la tête toujours baissée vers le sol. »

Elle était perdue dans ses pensées et j'aurai donné n'importe quoi pour me faire pardonner mais les mots ne me venaient tout simplement pas. Je lui ouvris alors la portière passager de la voiture afin qu'elle s'installe confortablement. Je pouvais sûrement me rattraper d'une manière ou d'une autre. Je fis lentement (pour un vampire) le tour de ma Volvo afin de m'installer au volant. J'avais gravé un cd avec les diverses chansons que j'avais pu l'entendre écouter lors de mon espionnage de cette semaine. Si elle pensait qu'on aimait les même musiques, peut être se dégriserait-elle. Cependant, elle ne dit pas un seul mot lorsque je démarrai et commençai à rouler. Je n'avais plus envie de faire une autre bêtise en abordant un sujet que je ne devrais pas mais de la voir songeuse, à regarder les bois au dehors, me fit me sentir mal.

« Ca va, tu veux que j'augmente encore un peu le chauffage ?

- Non merci ça va, dit-elle sans détourner le regard de la fenêtre.

- Tu retravailles quand à la Push ?

- Mercredi, pourquoi ?

- Pour savoir quand je pourrai avoir ma revanche au billard, dis-je joueur… mais ça ne la fit pas réagir positivement à mon plus grand regret. Je l'ai surement blessé plus que ce que je ne le pensais.

- Quand tu veux, dit-elle en regardant devant elle cette fois. Euh au fait, je ne t'ai pas dis où j'habitais. Comment savais-tu qu'il fallait prendre cette route ?

- Je ne sais pas, la ville n'est pas très grande et comme tu ne disais rien j'ai pensé que je ne me trompais pas, dis-je pris au dépourvu. Je n'avais même pas pensé au fait que je n'étais pas sensé savoir où elle vivait.

- Tu continues vers la sortie de la ville et ma maison est une des dernières sur la droite, expliqua-t-elle en fixant la route. »

Nous n'échangeâmes plus aucun mot jusqu'à chez elle. Elle semblait triste et ailleurs, quant à moi, je ne voulais plus prendre le risque de la blesser une nouvelle fois. Il faudra vraiment que je fasse plus attention à ce que je dis la prochaine fois et que je revoie ma technique de charme si je veux un jour pouvoir la mettre dans ma poche. Cette fille est donc mon nouveau défi et je compte bien gagner celui-ci.

« C'est ici, me dit-elle en détachant sa ceinture alors que je m'arrêtais devant sa porte. Un grand merci d'avoir fait le détour, c'était super gentil.

- Il n'y a pas de quoi.

- Bon et bien à demain alors, passe une bonne nuit. »

Je ne sais pas pourquoi, mais j'eu envie de mettre ma main sur sa joue, toujours rouge. J'avais besoin d'un contact avec elle, de sentir sa peau chaude, comparée à la mienne, sous mes doigts. Lorsque j'avais pris sa main la veille en biologie nous fûmes saisis tout les deux par l'étrangeté des sensations ressentie et j'avais envie de profiter cette fois ce l'instant où ma propre peau caresserait la sienne. J'approchais alors doucement ma main de son visage tout en essayant de capter son regard mais lorsqu'elle vit mon geste, elle se recula, comme si elle voulait se protéger d'une brûlure et j'en fus vexé. Elle dû le remarquer immédiatement et je sentis la colère assombrir mon regard au fur et à me mesure qu'elle me dévisageait. Jamais personne ne m'avait repoussé, alors pour qui se prenait donc cette petite humaine ? Je suis sûr qu'au vu de son apparence et de son physique qu'aucun gars aussi beau et bien battis que moi ne lui avait jamais montré le moindre geste tendre. Ne se rendait-elle donc pas compte de la chance qu'elle avait ? Et c'est moi qui passe pour un petit prétentieux en plus ? Non mais ça c'est vraiment la meilleure!

Sans rien dire de plus elle ouvrit la portière et s'enfuis vers sa maison tellement vite qu'elle trébucha quelques fois en chemin. Je démarrais alors en trombe pour lui montrer que j'étais en colère. A savoir si celle-ci était dirigée vers elle ou vers moi, ça, je ne saurais le dire. Elle avait encore réussi à me mettre la tête en vrac et je ne savais de nouveau plus où j'en étais. Je pensais que mon plan et mes idées étaient enfin mis en place mais elle me faisait toujours tout chambouler en dernière minute. Si elle continue ainsi, je ne lui laisserai même pas le choix : je suis un prédateur qui a besoin de se nourrir et à ce que je sache, le lion ne demande pas à la gazelle s'il peut en croquer un morceau.

C'est dans cet état d'esprit que je parti courir après avoir garé ma voiture sous le porche devant la villa familiale. J'avais besoin de me changer les idées et de prendre l'air. Le seul souci, c'est que mes pas me reconduisirent directement à la maison de Bella. Je repris mon poste d'observation au sommet de mon arbre et tendis l'oreille. Elle était sans doute dans la salle de bain car j'entendais la douche couler. D'habitude, elle chantait toujours en se lavant mais ce soir, je ne percevais absolument rien d'autre que le bruit de l'eau sur les parois de la baignoire.

Après quelques minutes, j'entendis le robinet tourner et le rideau de douche se tirer. Elle était donc bien dans cette fichue salle de bain. C'est alors que je saisis quelques brides de murmures… je tendis encore plus l'oreille pour distinguer les sons de sa voix :

« Non mais Bella tu n'es qu'une stupide fille ! Comment as-tu pu… une seule seconde… impossible… t'es trop conne… comme si … »

S'était totalement incohérent. Elle semblait être à la fois en colère et exaspérée… comme si s'était elle qui avait fait quelque chose de mal. Je la vis passer devant la fenêtre de sa chambre puis allumer une lampe de chevet. Elle avait une serviette de bain enroulée sur la tête et une autre autour du corps. Sa peau, d'habitude si pâle à la lumière du jour, avait pris une couleur légèrement ambrée mais le rouge de ses joues était toujours belle et bien présent… elle était simple mais surtout très jolie et même … excitante ! Le monstre au creux de mon ventre commença à gronder mais ma tête me disait encore une fois de me calmer et de me ressaisir. Tout mon corps était en contradiction et ça m'énervait de plus en plus. Alors qu'elle s'essuyait les cheveux en regardant distraitement par la fenêtre, elle reprit son monologue à haute voix :

« Idiote sans cervelle… arrête de penser à lui comme ça, il n'en vaut pas la peine ! Tu ne l'intéresseras jamais alors chasse-le de ta misérable petit tête. »

Etais-ce de moi qu'elle parlait ? Dans un sens ça me fit gonfler d'orgueil…

« Il est arrogant et suffisant… tout ce que tu détestes… alors au lieu de s'arrêter à son corps magnifique et sublimement parfait, même s'il y avait une infime chance qu'il s'intéresse à toi, tu serais sans doute malheureuse avec ce genre de garçon. C'est vrai… après tout, tu n'es pas une fille qui se plie à des règles et à qui on dicte sa conduite. De plus, tu ne peux t'entendre avec des gens qui se croient supérieures aux autres quand même, c'est contre nature… vraiment tu dois laisser tomber… La seule qui va souffrir dans l'histoire c'est toi espèce d'idiote. C'est toujours pareil… on espère et puis en fait, on est la cible d'humiliations programmées et ce sont toujours les petits loosers dans ton genre qui se font avoir…. Il n'y a que dans les films que la fin est géniale. Qui va se retrouver à pleurer après hein ? Réorganise tes pensées Bella et concentre-toi sur l'avenir… Si seulement Jacob était encore là, tout ceci ne se poserait pas en plus… il était tellement bon et adorable, à l'écoute des autres et toujours le premiers à rendre service et à se mettre en quatre pour autrui. Ce n'est sûrement pas Edward qui ferait une chose pareil… ».

Elle se parlait à elle-même, essayant de se convaincre qu'il ne fallait pas qu'elle pense à moi semble-t-il. Elle n'avait quand même pas une très bonne et une très juste opinion de moi et ça m'irritait. Elle dressait le portrait d'un vrai connard hors je n'étais pas comme ça ! Mais plus j'y réfléchissais et plus je l'écoutais, plus je me disais que finalement, elle n'avait peut être pas vraiment tors. Je m'étais réellement montré tel qu'elle m'avait perçu mais j'étais tellement perdu avec elle que je ne faisais que des conneries. Quand ma tête me disait de m'éloigner et de me montrer par conséquent désagréable, pour pouvoir par la suite profiter de son sang comme une bête, elle faisait fondre mes résolutions d'un sourire ou d'un regard et ma raison prenait ainsi le dessus. Le souci, c'est qu'alors, j'étais complètement maladroit et mon attitude passait pour de l'orgueil et de l'arrogance. Un peu comme Darcy dans l'œuvre de Jane Austen… ou même plutôt comme Hitch, cet expert en séduction pour les autres mais par pour lui-même.

Si seulement j'étais capable de réellement lire ses pensées et de savoir exactement ce qu'elle attendait de moi, je pourrais ainsi la mettre plus facilement de mon côté. Carlisle avait peut être raison en disant que ce n'était peut être pas l'appel de son sang qui me rendait dingue mais simplement un désir charnel. Depuis les années où je lis dans la tête des gens, j'en ai vu des gars amoureux et tous avaient en commun une certaine maladresse face à leur promise.

Grr Edward non... non pas question ! Ca ne peut pas être ça ! C'est une humaine, tu es un vampire… ou du moins une sorte de vampire… et il est totalement contre nature d'imaginer que tu pourrais être avec elle de façon intime. Est-ce du racisme de penser cela ? Sans doute mais je m'en fou… Il faut que je prenne le temps de bien réfléchir et à repenser mon plan afin de profiter du délicieux nectar rouge qui coule dans ses veines. Après tout, si Alice nous a vus déménager et si je suis tant attirer par son odeur, c'est qu'il y a une bonne raison. Le destin nous a envoyé ici et ça ne peut être que pour ça et non pas pour partager mon existence avec quelqu'un d'autre. Jamais aucune vampire n'a partagé quelque chose d'autre avec moi que du sexe, sauf peut être Tanya mais c'est uniquement parce que je la vois souvent. Je ne partage rien de plus avec elle sur le plan personnel qu'avec les autres membres de sa famille après tout. Je suis destiné à être seul… point final !

Toujours est-il que je ne savais toujours pas si je devais faire des efforts pour me montrer poli et courtois avec Bella ou si je devais prendre soin de l'ignorer. Dans quelques heures, Emmett viendra la chercher pour coller ces fichues affiches du bal… selon son attitude avec moi je pourrai peut être prendre une décision quand à mon comportement, car quand on y regarde bien, elle n'était pas tout à fait naturelle avec moi non plus. Alors que je pensais lui être indifférent, il s'est avéré aujourd'hui que je lui faisais tout de même un certain effet. Pourquoi sinon son cœur s'emballerait-il ainsi lorsque nos regards se croisent ? Pourquoi tenterait-elle de se convaincre qu'elle ne doit absolument pas penser à moi et pourquoi chercherait-elle à me trouver tous les défauts du monde pour y arriver ?

Les minutes s'écoulèrent ensuite lentement et silencieusement. Je ne la vis plus passer devant la fenêtre et je ne l'entendis plus parler toute seule mais sa lampe de chevet était toujours allumée ce qui me fit penser qu'elle ne dormait pas… sauf si elle s'était assoupie tout un coup, sans s'en rendre compte. Sans savoir vraiment ce que je faisais, je quittai mon arbre pour aller escalader le mur de sa maison et atteindre ainsi la fenêtre de sa chambre. Si je me dépêchais et avec un peu de chance, elle ne me verrait pas.

Lorsque mes yeux se posèrent sur le lit à l'intérieur de la pièce, un étrange sentiment m'envahi de nouveau, cette même sensation que j'avais ressentie en voyant son regard pour la toute première fois à la Push. Elle était allongée de travers sur sa couette violette, toujours dans sa serviette de bain, ses longs cheveux bruns presque secs et éparpillés tout autour de sa tête. Elle s'était effectivement endormie rapidement, sans même prendre le temps d'enfiler un pyjama ou un autre habit de nuit. Ca faisait un siècle que je n'avais plus dormi et je l'enviai à cet instant car malgré le fait qu'elle était énervée en sortant de la salle de bain, son visage ressemblait à celui d'un ange paisible et heureux, avec ses petites jambes repliées sur son ventre.

J'avais envie de sentir son odeur. J'avais besoin d'elle comme quelqu'un qui a besoin d'une cigarette lorsqu'il voit un paquet sur une table. C'est pourquoi j'entrepris de pousser doucement le loquet de sa fenêtre et de pénétrer sans bruit à l'intérieur de sa chambre. Elle ne réagit même pas au grincement que fit la fenêtre. Elle devait vraiment être épuisée. En même temps, avec la vie qu'elle menait, s'était tout à fait compréhensible ! Lorsque je fus dans la maison, je repoussai délicatement le battant pour ne pas qu'elle prenne froid. Dormir dans une serviette humide n'était quand même pas une super idée ! Cependant, la situation rendait son odeur fraîche et fruitée et si je n'étais pas capable de me contrôler, je suis sûr que j'aurai déjà plongé sur sa gorge, la mordant à pleine dents.

Je pris quand même le temps de m'installer dans un coin de la pièce, sur un vieux fauteuil à bascule, histoire de ne pas être trop près d'elle… au cas où. La chambre n'était pas très grande mais décorée avec simplicité et goût. Je suis sûr que c'est la pièce dans laquelle elle passait le plus de temps pour l'avoir observée dans la semaine mais ça se ressentait, car l'endroit dégageait un je ne sais quoi de doux, de vivant… comme elle ! Il y avait un assez grand nombre de livres posés en désordre au pied du lit, sur sa table de chevet et sur une étagère murale. Celui posé au dessus d'une pile près du lit attira mon attention. C'était une vieille version d'Orgueil et préjugés de Jane Austen, et à en juger par l'état des pages, le livre avait été lu de nombreuse fois ! Un très vieil ordinateur était branché à un modem sur le bureau en désordre. Il faudrait que je le dise à Alice afin d'obtenir son adresse e-mail… on ne sait jamais, ça pourrait toujours servir !

Sur la table de nuit, à côté de la petite lampe allumée, se trouvait également un cadre avec une photo où un homme d'âge mûr et un pré-ado d'origine indienne, se tenaient par les épaules en souriant. J'imaginai que l'un devait être son père et l'autre son ex petit copain. Une autre photo de lui était d'ailleurs accrochée sur le mur au dessus de la tête de lit. Il était alors plus vieux… presqu'un adulte et bien que je ne soi pas de ce bord là, je trouvais qu'il avait un visage très beau et agréable. J'en ressenti immédiatement une pointe de jalousie !

Mon regard s'attarda ensuite quelques minutes sur la miss endormie, sur son visage et ses traits délicats. Sa respiration était totalement régulière et c'est sur ce rythme lent que sa poitrine, serrée dans le drap de bain, montait et descendait tel un oiseau planeur recherchant des vents chauds pour se déplacer. Les seuls seins que j'avais eu l'occasion de prendre dans mes mains étaient froids et durs comme la pierre alors que les siens semblaient accueillants et plus mous, tout en étant rebondis et sans doute très chauds. A mon plus grand désarrois, ça me fit envie… je me forçai donc à poser mon regard ailleurs. Ses hanches étaient larges mais ça ne me dérangeait plus car comme je l'avais dit à Jess la veille, elles étaient charmantes et sûrement beaucoup plus agréables à caresser. S'était la première fois que je voyais ses jambes et elles étaient couvertes de petites cicatrices et de bleues. Elle était tellement maladroite qu'elle devait tomber souvent. Toutefois, elles semblaient douces et ses petits pieds étaient tout simplement parfaits.

Au fur et à me mesure de mon inspection, de ce que la serviette ne cachait pas de son corps, je me sentis de plus en plus serré dans mon pantalon… et me rendre compte qu'elle devait être nue dessous n'arrangea rien. Ca m'agaça car il n'y avait pas que ma tête qui me jouait des tours, mon corps aussi ! Je suis quand même un homme et comme il y a plusieurs semaines que je n'ai pas eu de relations sexuelles, il est sans doute normal d'avoir quelques pulsions physiques. De plus, je suis persuadé que c'est surtout son sang qui me fait cet effet et non son corps… enfin je crois… j'espère.

Je ne devais pas rester là… ce n'était pas une bonne chose du tout. En me levant pour partir, je pris quand même soin de la couvrir d'une couverture qui trainait sur une chaise et d'éteindre la lampe. Alors que j'allais m'éclipser par où j'étais entré, je l'entendis bouger dans mon dos, se retourner et murmurer quelque chose.

« Edward »

Je me figeai net en me rendant compte qu'elle venait de dire mon prénom. L'avais-je réveillée ? Je n'osais absolument pas me retourner pour vérifier. J'attendis quelques secondes mais elle ne dit plus rien. Parlait-elle dans son sommeil ? Tiens, intéressant… J'enjambai alors la fenêtre et lui jetai un dernier regard. Elle avait un petit sourire qui flottait sur ses lèvres et elle murmura une nouvelle fois « Edward » sans pour autant se réveiller. Moi aussi ça me fit sourire car au moins, je n'étais pas le seul à être tourmenté par l'arrivée de quelqu'un d'autre dans mon entourage et dans ma vie.

En courant vers la villa, je confirmai ma décision d'attendre de voir comment elle allait se comporter avec moi avant d'adopter telle ou telle attitude avec elle. Ne pas se presser ni la brusquer… on verra bien ce que l'avenir nous réserve. J'étais tellement plongé dans mes pensées que je ne remarquai pas immédiatement l'animation qui régnait dans la maison. Tout le monde était rentré et ce n'est que quand j'entrai au salon que je pris conscience qu'il y avait une personne de plus parmi nous.

« Eddie ! »

Entendis-je crier dès que je fus passé le pas de la porte. Je sentis alors une tornade blonde me plaquer au sol et plonger avidement sur ma bouche…. Oh non ce n'est pas possible !

« Mais lâche-moi enfin, grondais-je un peu écœuré et en la repoussant aussi fort que je le pouvais. Tanya… qu'est-ce que tu fous là ? ».


Je sais, ce chapitre un peu plus court que les autres… mais s'était mieux de s'arrêter là, non seulement pour mettre un peu de suspense mais aussi parce que ce chapitre était une transition pour la suite.

Promis le suivant sera plus long.

On plongera encore dans une nouvelle tête la prochaine fois, à vous deviner laquelle !

A bientôt ;-)