X.
Il y avait quelque chose de fascinant et d'affreusement ridicule dans la manière dont son tee-shirt s'étirait sur les muscles de ses avant-bras, comme s'il était sur le point de craquer d'une minute à l'autre. Et que dire de toute cette étendue de peau dorée qui s'étalait sous ses yeux comme s'il avait passé ses journées à bronzer sous un soleil d'été californien. La manière dont les veines se tendaient sur son cou alors qu'il observait la pomme d'Adam montait et descendre sous la fine couche de barbe qui la recouvrait.
Un nouveau cri de colère attira son regard sur ses lèvres fines et brillantes alors que sa langue pointa légèrement pour les humidifier. Il trembla alors qu'il vit sa bouche se retroussait dans une grimace de colère sur des dents blanches, laissant subrepticement apparaître la légère pointe de ces canines. Sans parler de ses sourcils épais froncés au-dessus de ses magnifiques yeux vers teintés d'éclats d'or et de métal, ses cheveux noirs légèrement ébouriffés comme s'il venait tout juste de se réveiller.
Il s'arrêta quelques secondes dans sa contemplation et se renfrogna légèrement en se disant qu'il allait devoir mettre la bride à son lui artistique profond.
Puis ses yeux refirent le chemin inverse comme une cassette qu'on rembobine et tombèrent sur la fine toison de poils noirs que dévoilait le col en V de son tee-shirt, la manière dont le tissu se tendit, pareille à une seconde peau sur son torse large et puissant.
Brusquement, il se rappela une chose et il éprouva le besoin urgent de vérifier de ses propres yeux alors il souleva le bord du tee-shirt, sa main effleurant la boucle de la ceinture. Ses doigts eurent à peine le temps d'effleurer furtivement la peau dorée juste en dessous qu'une main sur son poignet l'interrompit brutalement.
- Je peux savoir ce que tu fais ? Gronda une voix basse et caverneuse.
Stiles leva la tête vers un Derek clairement en colère et exaspéré et il cligna plusieurs fois des yeux, le regard légèrement vitreux et perdu.
- As-tu au moins écouté un seul mot de ce que j'ai dit ?
Derek qui n'avait pas lâché sa main, commença à le secouer pour attirer son attention. Le geste ne le blessa nullement, Derek ne l'aurait pas permis, mais cela eut le mérite de le recentrer.
- Je t'ai demandé pourquoi tu sentais comme lui ?! Bon sang, mais qu'est-ce que vous avez bien pu faire pour que tu portes son odeur partout sur toi ?! Je te jure qu'il va m'entendre, il n'a pas le droit de
- Ta blessure.
Stiles avait l'air un peu hagard, ses yeux de nouveau fixés au niveau de son abdomen et la main qu'il tenait toujours d'une poigne de fer se tendit une fois encore pour tenter de soulever son tee-shirt. La colère de Derek retomba comme un soufflé trop vite sortit du four.
- Je voudrais simplement être sûr que… s'il te plaît.
Derek savait combien il en coûtait à Stiles de supplier et de toute façon, il ne pouvait décemment pas résister à ses beaux yeux marrons Hershey. Il mit sa colère en sourdine et il relâcha doucement la main du plus jeune afin qu'il puisse vérifier de lui-même qu'il se portait à merveille. Il l'observa dans sa manoeuvre et il put voir ses yeux à demi-clos, comme si Stiles était en transe, ses longs cils effleurant ses joues parsemées de quelques taches de rousseur. Il observa la façon dont ses lèvres pleines et légèrement rouges d'avoir été trop mordues se pinçait en une ligne fine de tension, son nez se retroussant adorablement. Alors qu'un léger courant d'air effleurait son abdomen, il observa le nid brun et douillet que formaient les cheveux de Stiles et il ferma les yeux en se rappelant leur douceur et leur parfum, ses muscles se contractant quand il sentit ses doigts effleuraient son ventre et y laissaient une traînée de feu.
En réaction, son loup hurla de plaisir et se roula sur le dos afin d'exposer son ventre et en avoir plus.
Derek le traita mentalement de traînée et l'animal éternua simplement en réponse.
Il soupira, mais on ne pouvait pas dire qu'il se comportait mieux que lui parce qu'il n'y avait absolument rien d'érotique, ni de sensuel dans la façon dont Stiles explorait son ventre, pourtant ce fut suffisant pour rallumer le feu dans ses veines. Une douce et agréable chaleur lui brûla les reins et il inspira un grand coup pour se retenir de jeter Stiles sur la première surface plate à disposition et le dévorer. Ce dernier quant à lui se devait bien de constater que la peau de Derek était vierge de toute cicatrice. Pas même de légères boursouflures, ni de peau en train de cicatriser. Il y avait juste une douce sensation de chaleur qui irradiait de cette peau nue qu'il caressa avec vénération.
Quand il estima que son exploration avait duré bien plus de temps qu'il n'en était nécessaire, Stiles osa enfin lever les yeux vers Derek, le cœur battant.
Ce qu'il lut dans son regard l'incita à lui donner ou plutôt à lui confier quelque chose en retour. Il ferma les yeux un instant le temps de rassembler ses idées. Derek ne disait rien et se contentait de redessiner ses lèvres, le contour de son visage, sa nuque, la ligne de ses épaules du bout des doigts dans un geste aérien et éphémère. Cela le rassura et lui donna le courage de parler. De lui dire ce qu'il avait sur le cœur.
- Plus jeune, j'étais un garçon amical et ouvert, tu sais. Je voulais être dans la police comme mon père alors j'étais toujours là à poser des questions sur tout et pas grand-chose. J'adorais les mystères et je résolvais déjà des enquêtes comme de savoir qui avait volé la dernière glace au chocolat dans le congélateur.
Derek laissa échapper un léger rire rauque et cela réchauffa le cœur de Stiles. Il se rendit compte qu'il aimait ce son et qu'il aurait aimé l'entendre plus encore. Pendant longtemps. L'éternité même. Il ne sut pas d'où lui vint cette pensée, mais ça ne l'effraya pas. Au contraire, il aima la sensation de chaleur et de sérénité qu'elle lui procura. Il aima le fait qu'il ne la comprenait pas, qu'il ne puisse pas la résoudre. Les sentiments qu'il éprouvait pour Derek faisaient partie d'un mystère qui l'enchantait. C'était son trésor. La seule chose au monde qu'il ne résoudrait peut-être jamais. La seule chose qu'il ne serait pas prêt d'oublier parce que Derek était un mystère. Son mystère.
- J'aimais me faire des amis, finit-il par dire quand il se rendit que les caresses de Derek s'étaient arrêtés face à son silence prolongé. J'aimais discuter avec tout le monde, ce genre de choses. Puis ma mère… ma mère est tombée malade et elle est morte et c'est comme si quelque chose s'était brisé en moi. Je me suis renfermé, je ne parlais plus à personne, pas même à mon père. Je faisais des crises d'angoisses terribles et des cauchemars. Je n'étais plus que l'ombre de moi-même.
Un sourire éclatant vint soudain orner ses lèvres.
- Et puis Scott est arrivé avec ses gros sabots et il s'est littéralement imposé à moi. Il me collait sans cesse et n'arrêtait pas de me parler. Je ne lui répondais jamais et je l'ignorais la plupart du temps pourtant ça ne l'a jamais incité à agir différemment avec moi. Petit à petit, c'est comme si je redécouvrais le monde avec lui et je me suis surpris à guetter son arrivée à l'école chaque matin et à regretter nos séparations chaque fin de journée. Il m'a ouvert les yeux et il m'a fait comprendre que je n'étais pas seul. Il est devenu mon ancre en quelque sorte.
- Et il a dit que tu étais la sienne c'est ça ?
Quand Stiles hocha la tête, Derek prit une grande inspiration et posa son front contre le sien avec un soupir résigné et quand il plongea son regard dans le sien, Stiles put voir toute une myriade d'émotions se livrer bataille dans la profondeur de ses yeux verts.
- Qu'est-ce qu'une ancre ? J'ai l'impression que c'est quelque chose d'important pour vous.
Derek esquissa un léger sourire et effleura doucement sa joue.
- Comme tu le sais déjà, nous sommes ce qu'on appelle plus communément des thérianthropes, de la race des lycans pour être plus exact. Ce qui peut se lire dans les livres ou sur internet nous concernant n'est pas tout à fait exact et il y a pas mal de variantes. L'une d'entres-elles par exemple, concerne l'influence que la lune a sur nous. Nous pouvons nous transformer sous notre forme animale la plus totale uniquement si notre esprit ainsi que celui de notre loup est en parfaite symbiose. La lune exacerbe nos pouvoirs, elle nous rend plus forts et de ce fait, plus sauvage. Scott n'a été transformé que récemment et il n'est pas un métamorphe de naissance comme moi . C'est pourquoi tu as pu t'apercevoir qu'il pouvait se transformait à volonté en une sorte d'hybride, mi-humain, mi-loup, mais sa forme finale, ce qu'on pourrait appeler l'état de totale plénitude, c'est quand il pourra se transformer totalement en loup, pour ne plus faire qu'un avec son autre moitié. C'est un peu comme un but ultime en soi. Donc chaque soir de pleine lune, là où sa force sera à son plus haut sommet, il pourra tenter une transformation totale, mais ça ne marchera uniquement que si humain et loup sont en parfaite symbiose.
- Cela comporte-t-il des risques ?
- Chaque transformation comporte toujours des risques, qu'elle soit partielle ou totale. C'est pour cela que les ancres existent. Elles empêchent l'humain de se perdre dans son loup et de devenir sauvage. Une ancre peut-être représentée par presque n'importe quoi, mais il faut qu'elle soit une valeur symbolique pour la personne elle-même. Par exemple, en ce qui concerne Scott, qu'a-t-il dit exactement ?
- Il a dit que j'étais son ancre, son foyer.
- Vous êtes meilleurs amis, cela ne m'étonne guère. Ça veut dire que s'il devait opérer une transformation et qu'il avait soudain l'impression que le loup prenait le dessus au détriment de sa volonté, son ancre lui permettrait de se raccrocher à son humanité et ainsi, maintenir l'équilibre de la balance entre leurs deux âmes.
Stiles pencha la tête, l'air de penser à quelque chose.
- Comment est-ce que tu as procédé jusqu'à maintenant? Scott m'a toujours dit qu'il n'avait pas le droit d'en parler alors…
- On se réunit à l'entrepôt et je les enchaîne. Bien que ce soit plus naturel pour des thérianthropes de naissance parce que nous vivons avec notre loup dès notre venue au monde, on nous surveille jusqu'à ce qu'on puisse adopter notre forme définitive. Après, c'est beaucoup plus simple à gérer, il suffit de pouvoir trouver le bon équilibre. C'est parfois une question de volonté, d'acceptation et de compromis et selon les personnes, cela peut être très rapide ou prendre énormément de temps. Il y en a qui briment leur loup et le dominent, d'autres qui se laissent juste posséder et deviennent fous ou solitaires. Chacun est différent.
- Et en ce qui te concerne ? Tu t'entends bien avec ton loup ?
Le visage de Derek se ferma presque aussitôt et Stiles eut un léger mouvement de recul devant sa réaction, mais cela ne dura qu'un bref instant.
- On s'entend bien. Il y a eu certaines crises par le passé, mais j'ai survécu.
- Et concernant les ancres, sont-elles indispensables ? Un lycan peut-il vivre sans en avoir une ?
- Il le peut, mais c'est beaucoup plus simple de pouvoir se raccrocher à quelque chose quand on sent que les choses risquent de déraper. Tout dépend de ce qu'elle représente. Si l'ancre d'un loup venait à disparaître et qu'il entretenait un lien puissant avec elle, il peut devenir fou et ne jamais revenir. Si sa volonté de vivre est la plus forte, il peut en trouver une autre rapidement. Si c'est une émotion ou un souvenir, c'est assez simple. S'il s'agit d'un être humain, cela devient beaucoup plus complexe.
- Une ancre n'est donc pas unique ?
- Elle peut l'être. Tout dépend des circonstances.
La tête de Stiles tourna légèrement devant ce flot d'informations, mais il éprouva en même temps une profonde excitation. Son esprit curieux tournait à plein régime et il était heureux d'en savoir un peu plus sur les particularités de ses amis. Derek ne put s'empêcher d'esquisser un sourire indulgent devant l'étincelle qui brillait dans le regard du brun parce qu'il savait qu'en lui disant tout ça, cela lui donnerait l'impression de se rapprocher un peu plus de la meute. Stiles était à lui. Il était un frère à sa manière et il méritait de savoir, d'en apprendre plus sur eux au même titre que Scott et tous les autres.
- Est-ce que ça veut dire que tu as une ancre toi aussi ?
Derek se figea une brève seconde, mais reprit rapidement ses caresses sur la joue de Stiles.
- J'en ai une.
Voyant bien que Derek ne continuerait pas, l'excitation de Stiles baissa subitement d'un cran et pour une raison inexpliquée, il se sentit gêné, comme s'il venait de lui poser une question d'ordre intime sans prévenir.
- Désolé, je
- C'est toi Stiles.
Stiles leva un regard surpris vers Derek et ce dernier le regarda droit dans les yeux, son expression mortellement sérieuse.
- Tu es mon ancre.
Le cœur de Stiles fit des bonds rapides dans sa poitrine face à cette confidence.
- Est-ce que c'est pour cette raison que nous deux…
Mais Derek ne lui laissa pas le temps de terminer sa phrase et le fit taire d'un baiser dévastateur qui le laissa tout échevelé et tremblant.
- Doit-on vraiment savoir le pourquoi ou le comment ? Murmura l'alpha contre ses lèvres.
Son sourire était espiègle et communicatif et révéla de légères fossettes sur ses joues qui firent fondre Stiles comme du beurre sur une poêle trop chaude.
- Non, c'est vrai, murmura-t-il à son tour entre deux légers baisers. On n'a pas forcément besoin de savoir.
Il picora ses lèvres de légers baisers avant de l'embrasser franchement, goûtant une nouvelle fois la saveur de la langue de Derek contre la sienne quand des coups frappés à la porte les firent sursauter tous les deux. Derek leva un regard intrigué vers lui.
- Tu attendais de la visite ?
- Non, pas que je sache.
Il se rappela soudain ce dont l'avait prévenu son père ce matin.
- En fait si, s'excusa t-il avec une légère grimace. Un menuisier devait passer pour réparer la porte, ça doit être lui.
Derek s'écarta pour le laisser se remettre sur ses pieds et remettre un peu d'ordre dans ses vêtements. Stiles lui jeta un regard incertain, mais quand il s'aperçut que Derek ne semblait pas pressé de s'en aller, il se dirigea vers l'entrée et ouvrit la porte. Un homme d'une quarantaine d'années coiffé d'une casquette, avec une chemise à carreaux rouge et noir et un vieux jean se tenaien devant lui avec un sourire avenant.
- Bonjour, je suis bien chez Mr. Stilinski ? On m'a appelé pour des réparations sur une porte d'entrée.
Les yeux de l'homme se déportèrent légèrement sur l'objet du délit et il le pointa du pouce avec un léger sourire.
- Je suppose que j'ai frappé à la bonne porte ?
Stiles ne put s'empêcher d'éclater de rire.
- C'est impossible à rater pas vrai ? Vous pensez pouvoir faire quelque chose ?
- Je me suis permis d'y regarder d'un peu plus près avant de frapper. Ça parait impressionnant vu comme ça, mais le graffiti fait environ 15cm de diamètre et qui que soit la personne qui a fait ça, elle n'a pas totalement abîmé le bois. Je devrais pouvoir colmater ça et repeindre un coup par-dessus en quelques heures à peine. Vous comptez vous absenter ?
- Non, pas du tout. Je suis ici pour toute la journée.
- Alors, je peux commencer de suite si j'ai votre accord.
- Ça serait parfait, merci. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, je serais dans la cuisine, au bout de ce couloir là-bas.
- Très bien.
L'homme retourna à son camion et Stiles entrebâilla la porte avant de revenir dans la cuisine ou l'attendait Derek.
- Mon père a appelé un menuisier pour réparer la porte, ça risque de prendre quelques heures. Est-ce que… as-tu quelque chose à faire, ou ?
- Je peux rester si c'est ce que tu me demandes.
Stiles hocha la tête lentement avant de se rapprocher de Derek.
- Alors, je te le demande.
Derek saisit son visage entre ses mains et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Stiles se rendit soudain compte que ses mains tremblaient et il observa Derek, inquiet.
- Quelque chose ne va pas ?
Derek secoua la tête en signe de dénégation.
- Ce n'est rien. La pleine lune est pour demain soir, je suis juste un peu fébrile. Ça passera.
- Bon sang, est-ce que c'est la même chose pour Scott ? Et les autres ? Et je suis tranquillement ici alors que Scott pourrait avoir besoin de moi, quel idiot je fais !
Stiles commença à se détourner, mais s'étant sans compter Derek qui entoura sa taille de ses bras et le plaqua férocement contre lui, son torse musclé ondulant contre son dos.
- C'est un grand garçon. Tu sais tout autant que moi qu'il n'aurait pas pris le risque d'aller en cours s'il savait qu'il n'avait pas la capacité de le gérer. De plus, je suis sûr que la petite chasseuse veille au grain.
Stiles savait que Derek avait raison, mais ça ne l'empêcha pas de se faire du souci quand même pour son meilleur ami. Pourtant, quand il sentit ses mains fermes sur ses épaules, la façon dont elles chassaient habilement la tension qui les habitait, ce fut plus difficile de rester concentré et il s'abandonna, penchant la tête en arrière pour la poser contre l'épaule de Derek qui chantonna doucement, le nez glissant sur sa gorge dévoilée.
- Je suppose que je ne pourrais pas venir avec vous demain?
- Tant qu'ils n'auront pas maîtrisé leur forme finale, c'est hors de question. Les soirs de pleines lunes, ils resteront un danger éventuel pour toi, mais une fois qu'ils auront réussi, tu pourras venir avec nous.
- Et que va-t-il se passer une fois qu'ils auront réussi ?
- Ils apprendront à maîtriser leur forme lupine, puis ils apprendront à maîtriser les formes intermédiaires, mais pour le reste ça sera essentiellement des courses dans la forêt et un peu de chasse en meute. Il n'y a rien de mieux pour consolider les liens.
- Je veux bien te croire. Maintenant, qu'est-ce que tu peux me dire d'autres vous concernant ? Je veux tout savoir !
- Seigneur, tu es insatiable. J'espère au moins que tu l'es dans tous les sens du terme, parce qu'autrement nous risquons d'avoir des problèmes.
- J'ai soif d'informations, oui monsieur ! En quoi est-ce un problème ? Et que veux-tu dire par dans tous les sens du terme ?
Derek haussa un sourcil sans rien dire, jusqu'à ce que la lumière se fasse dans l'esprit de l'hyperactif. Il se sentit immédiatement rougir et il se retourna afin de pouvoir frapper du poing le torse de Derek.
- T'es con franchement !
- Vraiment ? S'enquit Derek en attrapant son bras. Est-ce que je dois comprendre que ce serait vraiment un problème pour toi ?
À ces mots, il s'avança lentement et fit reculer Stiles contre le frigo, ce dernier ne pouvant quitter l'alpha du regard, subjugué par le vert hypnotique de ses yeux plongés dans les siens. Son souffle se coupa quand il sentit contre son ventre la preuve évidente de son excitation et à sentir combien ses joues le brulaient, il fut certain que son visage avait dû passer par toutes les nuances de rouge existantes.
- Je, tu ne… suis pas, enfin. Je veux dire, tu
Derek s'appuya un peu plus contre lui et il laissa échapper un couinement peu viril. Stiles se sentit atrocement gêné et terriblement excité en même temps. Derek l'avait coincé contre le frigo et sa carrure surplombait la sienne, mais il n'y avait absolument rien d'intimidant dans la façon qu'il avait de se tenir près de lui. On aurait même dit qu'il se tenait sur le qui-vive, attentif à ses réactions et prêt à s'écarter immédiatement s'il le lui demandait, mais alors qu'il pouvait sentir la sensation de son corps tout contre le sien, la chaleur qui irradiait de lui, son parfum, il se rendit compte qu'il le voulait aussi. Il voulait connaître la sensation de sa peau nue contre la sienne, parcourir chaque centimètre carré de son corps de ses lèvres.
Derek dut sentir le changement en lui, car il se colla encore plus près de lui si c'était possible et il l'embrassa brutalement. Stiles accueillit le baiser avec joie, laissant l'alpha piller sa bouche et prendre ce qu'il voulait de lui.
- Excusez-moi ?
Les deux hommes sursautèrent et s'écartèrent d'un bond, les yeux écarquillés. Derek se passa une main sur le visage tandis que Stiles remettait un peu d'ordre dans ses vêtements et se retournait vers l'homme qui apparut quelques secondes après dans la pièce et qui se figea en les voyant.
- Excusez-moi, je ne savais pas qu'il avait quelqu'un d'autre avec vous.
- Ce n'est, commença Stiles d'une voix rauque avant de se racler la gorge. Ce n'est rien. Je peux faire quelque chose pour vous ?
- Oui, j'ai simplement besoin que vous remplissiez un petit formulaire avant de commencer si ça ne vous dérange pas.
- Pas de problème, je vous suis.
L'homme quitta la pièce et avant de le suivre, Stiles se tourna vers Derek qui le regarda avec un visage stoïque, mais la lueur dans ses yeux lui disait tout ce qu'il avait besoin de savoir. « À charge de revanche » semblait-il dire. Le coeur battant à tout rompre, Stiles s'empressa de quitter la pièce, le visage rouge.
O-O
Finalement, cela avait pris trois heures au menuisier pour finir la porte. Derek avait fini par partir pour préparer la cave de l'ancienne maison des Hale en prévision de la soirée de demain, vu que l'entrepôt n'était plus sûr pour l'instant après l'attaque qu'ils avaient subit.
Assis sur son lit, Stiles faisait tournoyer son portable entre ses mains, fixant le mur devant lui d'un air absent. Il ruminait et pendant un moment, il se demanda s'il avait bien fait de ne pas en parler à Derek avant son départ et d'un autre côté, ce n'est pas comme si Scott était au courant non plus. Il pesa le pour et le contre et quand il baissa les yeux vers son poignet à présent dépourvu de son bandage, il sut qu'il prenait la bonne décision. Il fit défiler les contacts sur son portable et le porta à son oreille. La tonalité sonna trois fois avant qu'une voix lui réponde à l'autre bout du fil.
- Allison.
- Salut, c'est Stiles. Désolé si je te dérange, mais j'ai besoin de te parler.
Il regarda autour de lui et quand il eut de nouveau l'impression de se sentir observé, il se leva précipitamment et quitta la pièce.
- Sans que Scott, ni les autres en sachent rien si possible.
