Chapitre 9 : Vous devriez songer à réduire l'alcool
Spock fit entrer son père dans ses appartements et referma derrière lui. Il lui proposa du thé ou un verre d'eau mais l'autre refusa poliment. Ils s'installèrent tous les deux dans la pièce à vivre, dans les deux fauteuils près de la grande fenêtre. Sarek rajusta calmement le col de sa tenue et Spock attendait que son vis-à-vis prenne la parole. Ce qu'il fit finalement :
« On m'a rapporté que tu étais en permission sur la station quand je suis arrivé hier. » expliqua-t-il. « C'est un heureux hasard que je sois contraint de venir y travailler. Cela me permet de pouvoir m'entretenir avec toi.»
« Je ne suis pas réellement en permission. » répliqua Spock. « Mais c'est un heureux hasard, en effet. De quoi vouliez vous me parler, père ? »
Sarek regarda Spock un instant, sans rien prononcer. Il le fixa et le détailla de bas en haut :
« Tu sembles en bonne santé. » dit-il. « Si tu n'es pas en permission, quel est l'objet de ton travail ici ? On m'a dit que tu n'étais pas affecté un pôle scientifique. »
Spock ne répondit pas tout de suite. Il sembla réfléchir et cela ne passa pas inaperçu aux yeux de Sarek. Ce dernier devança sa réponse :
« Tu n'es pas autorisé à en parler, peut-être est-ce confidentiel? »
« Et bien père je vous mentirais si je vous disais que c'est classé comme confidentiel. Mais en raison du bien être moral de mon capitaine, je ne puis vous en dire que peu à ce propos. » Exposa le commandeur. « Etait-ce la raison de cet entretien ? » questionna-t-il.
« En partie, seulement. » répondit son père. « Je souhaite de parler à propos de la nouvelle Vulcain. » Il sortit une petite tablette de sa poche et la donna à Spock. Ce dernier lut ce que l'écran affichait et l'autre lui expliqua : « Le renouvellement de la population Vulcaine est… Problématique. Notre espèce a des difficultés à se relever. Nous avons besoin de plus de représentants pour créer de nouveaux individus. »
Spock releva les yeux vers le vulcain et lui rendit sa tablette :
« Et vous attendez de moi que j'aide à la création de cette nouvelle population. » en conclut-il.
« C'est cela. » répliqua Sarek.
« Cependant père, je décèle des anomalies dans une telle requêtes. » Exposa-t-il « Je ne suis qu'à demi Vulcain. Mon patrimoine génétique n'est pas pur. Il est impossible de recréer une race Vulcaine à partir de mon ADN. » Il désigna son appartement « De plus, je suis en fonction ici. Et je me dois de rester dans la station orbitale tant que le problème de mon supérieur ne sera pas réglé. »
Le père inspira et rangea son instrument. Il se leva du siège et marcha jusqu'à la table présente dans la pièce :
« Le conseil a estimé que ton patrimoine génétique était satisfaisant. Bien que cela ne soit pas dans notre culture, ils ont déjà choisi plusieurs vulcaines à qui tu pourrais donner tes gamètes. » Il déposa une autre tablette sur le meuble et fit signe à Spock de le rejoindre. Son fils obéis : « Parmi elles, tu pourrais probablement trouver une épouse convenable. »
Le demi-vulcain prit l'objet entre ses mains et vit des fiches complètes sur chacune des prétendantes. Il les consulta quelques minutes et releva la tête vers son père :
« Ces personnes sont de très bonnes conditions père, et je suis aise d'être perçu comme un bon représentant de notre espèce, mais je ne peux pas quitter la station orbitale jusqu'à ce que le capitaine Kirk soit complétement rétabli. »
« Et ensuite ? » questionna Sarek.
« Ensuite je reprendrai mon poste de premier Officier sur l'Enterprise. » répliqua Spock. « Il s'agit de ma profession. »
« Nyota Uhura ne serait-elle pas un frein plus conséquent à ta réticence à te marier ? » demanda le vulcain. « Plutôt que d'évoquer ton appartenance à Starfleet ou la santé de ton supérieur ? »
Spock déposa doucement l'objet sur la table et répliqua, son ton ne changeant pas :
« Aucunement. » répondit-il « Je comprends la logique et la nécessité de m'unir à une vulcaine au vue de notre situation. Ma réticence ne vient pas de Nyota. »
Sarek s'approcha alors plus près de son fils et le regarda dans les yeux :
« Spock. Bien que l'amour soit une chose illogique, aucun Vulcain n'y est réellement immunisé. D'autant plus que tu es à demi-humain. Je saisirai que tu ne veuilles pas te marier pour t'unir à elle quand le moment sera venu pour vous. » Il prit une pause et continua « J'ai favorisé le mariage avec ta mère après m'être uni à une princesse vulcaine et j'ai également favorisé la vie à vos côtés plutôt que celle aux côtés de Sybok et sa mère. Je peux comprendre que tu refuses pour cette raison Spock. »
Ce dernier quitta les yeux de son père et se redirigea vers la fenêtre :
« Une femme m'a parlé de mère, aujourd'hui. » raconta-t-il. « Elle se nomme Leia Kouriakine. Cette personne t'est-elle familière ? »
« Très peu. Il s'agissait d'une amie d'Amanda. Je ne l'ai pas revu depuis notre mariage. » Expliqua-t-il. « Tu as changé de sujet, Spock. » lui fit-t-il remarquer. « Donnes moi une réponse. »
« Mes principales raisons de refuser toute éventuelle union se réfère d'avantage à mon appartenance à Starfleet et à ma mission actuelle qu'à l'amour, père. » répondit-il « Mme Kouriakine m'a appris que les parents de mère voulaient me rencontrer, sur Terre. »
Sarek rangea, avec un petite déception visible, la tablette. Il rejoint son fils et questionna :
« Veux-tu leur rendre visite ? Entre chacune de tes missions l'Enterprise retourne sur Starfleet, tu n'aurais aucun mal à aller les voir entre deux d'entre elles. »
« Je ne sais pas si c'est approprié. » répliqua son fils. « Je pense qu'ils se sentiraient très mal à l'aise. Je n'ai rien qui ressemble à mère. »
Sarek baissa les yeux et marcha vers la sortie de l'appartement :
« Tu as reçu de nombreuses choses d'Amanda » le corrigea-t-il « Mais il n'est pas exclu qu'ils soient surpris. Cependant, ta mère aurait certainement souhaité que tu y ailles. »
Spock l'accompagna à la porte et lui fit le salut Vulcain :
« J'y songerai. » dit-il. « Longue vie et prospérité, Père. »
« Prospérité et longue vie, Spock. » rétorqua l'autre.
Puis ils se séparèrent. Spock retourna dans ses appartements et se saisit de son communicateur :
« Commandeur Spock au capitaine Kirk. » dit-il.
« Kirk à Spock. » répliqua son interlocuteur. « Cela n'a pas été très long ! »
« Voulez-vous que je vous rejoigne ou venez-vous à nos appartements, Jim ? » demanda le vulcain.
« C'est si gentiment demandé commandeur, je vous rejoins de tout de suite. Kirk, terminé.» rétorqua l'autre d'une voix faussement cajoleuse.
Quand Jim pénétra dans les appartements il trouva Spock assit près de la fenêtre. Il s'approcha et prit place en face de lui :
« Alors ? Que vous voulez votre père ? » Demanda-t-il d'un ton nonchalant.
« Commencez par vous lever, Jim. Il est l'heure de prendre votre traitement. » Dit le vulcain en se levant lui-même.
L'interpellé le dévisagea mais obtempéra. Il vint de lui-même prendre Spock dans ses bras et le serra doucement. L'autre répondit à son étreinte et ils pouvaient tous deux sentir la respiration de l'autre aux creux de leurs oreilles. Jim baissa ses mains autour des hanches de son premier officier, ce qui surprit modérément l'autre, il ne réagit cependant pas réellement :
« Je trouve que vous me donnez beaucoup d'ordre récemment, Commandeur. » dit-il d'une voix suave. « Je ne suis pas sûr d'apprécier cela… »
Spock ne bougea pas d'un poil et se contenta de répondre sur son éternel ton régulier :
« Il m'est pourtant nécessaire de vous donner des ordres dans notre situation, capitaine. » il expira « Que vous appréciez ou non n'intervient pas dans mon jugement. »
Jim lâcha un petit rire. Et remonta ses mains autour de la taille de Spock :
« Ce n'est pas facile de vous intimider Spock. » répliqua-t-il « Que voulez votre père ? »
« Il voulait me présenter une liste d'épouse potentielle afin de peupler efficacement la Nouvelle Vulcain. » raconta-t-il « Mais je n'ai eus d'autre choix que de refuser sa proposition. »
« Bien sûr. Vous ne pouvez pas vous marier avec une Vulcaine, que dirait le lieutenant Uhura ? » Réagit le capitaine « N'est-il pas au courant pour vous deux ? »
Spock resserra son étreinte autour du capitaine. Il remonta une de ses mains et la posa sur l'omoplate de son vis-à-vis.
« Calmez-vous, Jim. » rétorqua le vulcain « Je peux sentir votre cœur battre jusque dans mon corps. »
Kirk rougit alors d'un seul coup. Et son rythme cardiaque dut lui aussi considérablement accélérer. Il relâcha instinctivement la taille de son premier officier mais ce dernier ne l'agrippa fermement, l'empêchant de s'en aller :
« Ce n'était en rien une critique… » Dit-il. « Tentez de vous calmer. »
Jim, après quelques secondes d'hésitations, revint encercler la taille du Vulcain. Il inspirait et expirait profondément pour permettre à son cœur de se calmer… Pourquoi fallait-il que Spock puisse sentir son cœur ? Pourquoi ne pouvait-il pas sentir le sien ? Il était pourtant coller à sa poitrine :
« Je ne sens pas votre cœur… Il doit battre beaucoup moins vite… » Dit-il.
« Non » le corrigea le vulcain « En réalité mon cœur bat beaucoup plus vite que le vôtre. Vous ne le sentez pas car je n'ai pas tout mon abdomen contre vous. »
« Vo…Votre abdomen ? » demanda Jim.
« Mon cœur est situé à peu près au niveau de votre foie. » Il vint prendre une des mains de Jim, se recula légèrement de lui, et la déposa doucement au niveau de son propre cœur. Jim sentit alors des battements très rapides et se retint à grande peine de rougir… C'était un moment scandaleusement intime. « Il fait 240 pulsassions par minutes. » Expliqua Spock.
Sous son allure de cours de physiologie Vulcaine, ce moment était terriblement embarrassant pour Kirk. Embarrassant et affreusement excitant. Lui, touchant l'abdomen de Spock – même au travers de son uniforme – et sentant son cœur battre… C'était beaucoup trop intime, beaucoup trop pénible… Il retira sa main et recula, forçant Spock à le lâcher.
« Je pense que ma prise est terminé. » conclut-il.
« Il semblerait, en effet. » répliqua l'autre.
Ils restèrent ensuite dans leurs appartements, s'occupant mutuellement en se parlant de temps à autre. Ils reçurent un appel de Bones leur proposant un dîner aux côtés au Carol Marcus. Bien que Spock soit réticent au vu de l'absence de crise de Jim ce jour-ci, ils acceptèrent. Jim promettant à Spock qu'ils ne resteraient pas tard. C'est à vingt-heure qu'ils arrivèrent tous les deux au restaurant où ils avaient rendez-vous. Ils virent arriver, avec grande surprise, Spock Prime* aux côtés de Carol et Bones. Quand Prime vit les deux hommes il leur offrit un sourire bienveillant. Il se dirigea tout de suite vers Jim :
« Qu'il est bon de vous revoir, mon vieil ami**. » dit-il en lui serrant affectueusement la main.
Spock le regarda faire et fixa le docteur Marcus :
« S'agit-il de votre associé ? » demanda-t-il. « Je trouve cela illogique de nous retrouver lors d'un dîner. » dit-il à Prime.
Ce dernier lâcha doucement la main de Kirk, qui dévisagea franchement Spock, et sourit à son double :
« Illogique peut-être Spock. » répliqua-t-il « Mais c'est une chose très agréable de pouvoir partager un repas avec de vieux amis. » Il sourit à Carol, Jim et Mccoy.
« Nous devrions entrer ! » s'enquit Carol qui sentait le malaise s'installer entre le Prime et son double. « J'ai réservé une table, vous allez voir, c'est un très bon restaurant ! »
Les cinq adultes s'installèrent à leur table et commandèrent leurs apéritifs : Mccoy et Kirk prirent un whisky, Carol un cocktail, Prime une spécialité sans alcool de la station et Spock un verre avec un nom imprononçable et d'une couleur noir.
« Que faîtes-vous, tous les deux, dans la station orbitale ? » questionna Kirk en commandant un second Whisky. Le premier n'ayant pas fait long feu.
Carol eut un sourire et prit la main de Mccoy :
« Je devais donner des conférences et j'avais le choix entre plusieurs station. Etant donné que Léonard était ici, j'ai décidé de venir sur celle-là. Et je ne regrette pas, il y a un public intéressé et de nombreuses rencontres à faire professionnellement parlant. » Expliqua Carol. « J'ai alors proposé à Ksop de me rejoindre puisque nous avions un laboratoire et un bureau à disposition. » Elle désigna Spock Prime pour appuyer ses dires.
« Et j'ai accepté avec grande joie. Il m'est devenu difficile de rester à la Nouvelle Vulcain avec ma maladie. » Dit-il en buvant une gorgée de son breuvage.
Jim tiqua et le dévisagea :
« Une maladie, quelle maladie ? » demanda-t-il inquiet.
Spock le dévisagea aussi, semblant attendre la suite avec tout aussi d'intérêt :
« Le Syndrome de Bendii. *** » Répliqua Prime. Spock le fixa avec insistance :
« Vous ne devriez pas révéler ce genre de chose et certainement pas à moi. » dit-il, son ton étant un peu plus hargneux. « Je ne suis pas censé savoir comment je vais mourir. »
Le vieil homme sourit à Spock et répliqua doucement :
« Les maladies que j'ai contracté et que je serais amené à avoir dépendent de mon vécu, Spock. Pas du tiens. Il n'y aucune raison logique de prévoir que tu ais un jour le syndrome de Bendii toi aussi, puisque tu n'as pas le même vécu que le miens. Détends-toi et profitons de ce repas, ensemble. »
« Bien que cela soit certainement dû à votre maladie, vous vous laissez trop aller à vos émotions. Ce n'est pas un comportement satisfaisant. » Rétorqua Spock.
« Je suis à même de décider ce qui satisfaisant pour moi. » répondit calmement l'autre. Il se tourna alors vers Kirk : « Et vous ? Pourquoi êtes-vous sur la station orbitale, Jim ? » Demanda-t-il, ignorant passablement son double.
Le capitaine ne sut pas ce qu'il devait dire. Il y avait le docteur Marcus de présente et quand bien même Prime soit un ami, il se doutait que Spock n'apprécierait pas qu'il lui déballe tout. Il décida de lui dire une partie de l'histoire, en passant sous silence en quoi cela impliquait son premier officier. Quand il eut fini son récit, Carol et Prime le regardèrent avec des yeux compatissants. Spock quant à lui avait fini par se détendre aussi, comprenant que Prime devait savoir ce qu'il faisait, atteint du syndrome de Bendii ou non.
« C'est absolument monstrueux ce qu'il vous est arrivé ! » s'enquit la blonde. « Comme quoi il faut vraiment se méfier de tout le monde… ». Quand elle vit le regard de Mccoy sur elle, elle lui murmura qu'elle se méfiait de tout le monde sauf de lui. Ce qui le fit sourire.
Ces deux-là étaient niant-niant à souhait. Mais ça faisait du bien de voir Bones avec quelqu'un. Ça ne lui été arrivé que rarement depuis son ex-femme. C'était aussi agréable de voir le docteur Marcus aussi rayonnante, surtout quand on connaissait son passé. Au moment du dessert, Prime, Mccoy et Spock débutèrent un débat sur les anomalies temporelles. Marcus ayant un avis bien tranché ne prit pas part à ce débat et Kirk n'en étant pas plus passionné que cela se délaissa vite de les écouter. Les deux partirent au bar du restaurant et commandèrent des verres. Ils discutaient de tout et de rien, se racontant des anecdotes et des plaisanteries. Puis le docteur Marcus se tut un instant pendant que Jim terminait son quatrième verre de la soirée et demanda, doucement :
« Il y a quelque chose dont j'aimerais vous parler, capitaine. » dit-elle. « Mais je ne suis pas sûre que ce soit approprié et je ne suis pas sûre d'en avoir le droit, en réalité. »
Jim haussa un sourcil :
« C'est à vous de voir. Je puis vous assurer que si ça doit rester entre nous, je n'en parlerai pas. » Dit-il en commandant un cinquième verre.
« Ce n'est pas réellement cela… Je pense que mon associé ne serait pas d'accord pour que je vous en parle. Mais… J'en ai besoin. Je pense. »
Kirk la dévisagea un instant puis finit par lui proposer de demander d'abord la permission à Prime. Carol soupira et refusa. Elle ne préférait pas le lui demander. Elle ancra ses yeux dans ceux de Kirk et commença à lui raconter ce dont elle avait besoin de lui parler :
« Spock… Enfin, celui de l'autre univers, mon associé, m'a parlé de mon autre moi pendant une de ses pertes de contrôles de ses émotions, dû à sa maladie. » Dit-elle. « Et cela vous concerne capitaine. » ajouta t-elle.
« En quoi cela peut-il me concerner ? » questionna Jim.
« Dans l'autre univers… Vous et moi avons un jour été amants pendant notre jeunesse. » Exposa-t-elle. Ce qui fit franchement rougir l'autre, l'alcool n'aidant pas. « Pas que je souhaiterais que ce soit le cas dans notre monde, hein ! » précisa-t-elle « Je me sens très bien avec Léonard ! » Jim acquiesça. « S'il n'avait s'agit que d'une aventure j'en aurais ri et je l'aurais gardé pour moi. » dit-elle « Mais il se trouve que je vous ai donné un enfant. »
Le capitaine la regarda, surprit :
« Un enfant ? » demanda-t-il.
« Un garçon » confirma-t-elle. « David. » Elle prit son verre entre ses mains, se sentant soulagée « Je… Je ne sais pas grand-chose de ce fils. » Avoua-t-elle. « Et je ne suis pas sûre de vouloir en savoir d'avantage. » Elle prit la main de Jim « Mais je voulais vous le dire. J'avais besoin de parler du fils que je n'aurais jamais avec son père. »
Le blond fronça les sourcils : il serra la main de la jeune femme dans la sienne et la tapota avec la seconde. Il soupira également, ne sachant pas exactement quoi faire. Cela faisait drôle d'apprendre qu'il aurait pu être père, qu'il aurait pu avoir un fils avec le docteur Marcus… Jim aurait-il était un bon père ? Il ne le saurait probablement jamais, avoir des enfants n'étant certainement pas son destin dans cette dimension :
« David, hein ? » demanda-t-il. « Savez-vous autre chose, à son sujet ? »
« Pas beaucoup plus… Vous n'avez su que tard que vous aviez un enfant. Il est mort jeune… Il n'avait que 24 ans et il était déjà docteur... Spock m'a dit qu'il était très fier d'être votre fils après vous avoir rencontré… Il aurait eu deux ans s'il avait existé dans cette dimension. » Elle réprima un sanglot « Deux ans, vous vous rendez compte ? »
Jim la prit dans ses bras… C'était étrange, cette situation… Il venait d'apprendre qu'il avait eu un fils dans une autre vie et qu'il était mort jeune, certainement avant son double. C'était comme si le docteur Marcus et lui portaient un deuil commun pour enfant qui aurait été actuellement âgé de deux ans, pas encore mort, et jamais réellement né.
« C'est… Je ne sais pas quoi dire… » Répliqua-t-il, la serrant toujours. « Je pense que vous avez bien fait, en un sens, de m'apprendre son existence. »
Carol renifla et se sépara de l'autre :
« Je pense aussi. » murmura-t-elle, séchant les larmes qui étaient dans ses yeux. « C'est ridicule de me sentir ainsi pour un enfant que je n'ai jamais eu mais… »
Jim tapota doucement son épaule :
« Non… Non ce n'est pas ridicule… » La rassura-t-il. Il vit les yeux incrédules de Spock et Mccoy sur eux « Mais si vous voulez que cela reste entre nous sans compromettre nos relations avec Bones, il va falloir trouver une bonne excuse à notre soudain rapprochement. »
Carol vit alors Mccoy arriver en grande pompe, Spock sur ses talons. Elle sécha ses dernières larmes et reprit Jim dans ses bras, le surprenant. Quand Bones et le premier officier furent à leur hauteur, elle le lâcha doucement :
« Merci Capitaine. » dit-elle « Cela m'apporte beaucoup de réconfort. Vous savez aussi ce que c'est de devoir porter le mémoire de votre père sur vos épaules. »
Jim lui sourit alors. Rusée, avec ça. Bones avait trouvé une perle rare :
« On finit par s'y faire, docteur. » lui répondit-il « N'hésitez pas à m'en reparler si ça redevient trop dur. »
« Je le ferais. » répondit-elle. Comprenant qu'il parlait bel et bien de leur fils et non de la fumeuse histoire qu'elle avait présentée à Mccoy et Spock. « On y va Léonard ? » demanda-t-elle en prenant Bones par la main « J'ai besoin de me reposer. »
Mccoy la suivit en fixant Jim avec des yeux suspicieux. Mais cela ne dura pas et il leur fit ses adieux. Spock et Jim restèrent seuls dans le restaurant et le blond reprit sa place au bar :
« Vous buvez un dernier verre avec moi, Commandeur ? » proposa-t-il. « Où passé votre double ? »
Le vulcain s'installa à côté du blond mais ne commanda pas, attendant que son vis-à-vis finisse sa beuverie :
« Il était fatigué. Il est rentré dans sa chambre d'hôtel » expliqua-t-il.
« Je vois. » répliqua Jim en buvant un shot et en recevant son dernier verre de Scotch « Je ne sais pas à combien de verre je suis… » Se plaignit-il. Il lança un regard vers son ami et lui demanda, d'un air pensif : « Et vous Spock ? Vous avez eu des enfants dans une autre vie ? »
L'autre le regarda sans comprendre :
« Dans une autre vie ? » répliqua-t-il « Je n'ai jamais eu de progéniture Jim. Vous le savez. »
« Vous l'avez dit vous-même, il y a beaucoup de choses que je ne sais pas à propos de vous… » Murmura-t-il. « En voulez-vous ? Des enfants ? » Questionna-t-il, un air un peu attristé sur le visage.
« Je n'en éprouve pas le besoin. » rétorqua le vulcain. « Vous allez bien capitaine ? » demanda-t-il « Vous avez l'air abattu. Est-ce au sujet de votre père ? »
Jim balaya cette question de la main : oh, il s'en moquait pas mal de son père à cet instant… Non, là il pensait à ce petit David. Aurait-il un jour un type comme David dans sa vie ? Aurait-il un jour quelqu'un qui l'appelle « papa » ?
« Je crois que j'en ai envie, moi… » Dit-il en finissant son verre. « Ouai… J'ai jamais vraiment eu de père, sauf peut-être Pike mais… J'pense que je pourrais être un bon papa… » Il renifla : « Ouai, un bon papa »
Puis il régla ses consommations et quitta le restaurant aux côtés de Spock. L'alcool commençant réellement à faire effet dans son organisme, Jim ne parvint pas à marcher seul sans tituber. Le commandeur dû le porter à demi sur une épaule.
Ils arrivèrent après 30 bonnes minutes à leur chambre. Spock ouvrit la porte et la referma derrière le capitaine. Il l'amena difficilement à son lit et au moment de le lâcher, Jim s'agrippa à son cou :
« Non… Restez avec moi… » Murmura-t-il.
« Je ne m'en vais pas, capitaine » répliqua le vulcain. « Je dors dans la même chambre que vous. » il regarda l'heure. Il était 22h passé. L'heure du traitement avait été ratée. Il força Jim à le lâcher et lui enleva ses chaussures et retira les siennes. Il revint à côté de lui et s'assit sur le rebord du lit : « Nous devons procéder au traitement, Jim… » Dit-il en voyant que le capitaine fermait déjà ses yeux. « Je vais m'allonger à côté de vous si vous ne pouvez pas vous lever. »
Cependant Kirk se mit en position assise et ouvrit ses yeux bleus. Il se stabilisa sur ses genoux, attrapa les épaules de Spock et fondit dans ses bras. La tête de Spock était collée au cou du blond, qui le serrait très fort. Cette position inconfortable dura quelques minutes jusqu'à ce que le commandeur soulève doucement les bras de son vis-à-vis et les accompagnent jusqu'à le coucher sur le dos. Alors qu'il allait se relever et quitter le lit du capitaine, ce dernier le retint par l'épaule, le fixant de ses deux yeux intenses et enivrants.
« Restez avec moi cette nuit… Spock… » Il attira franchement le vulcain à lui, qui céda en tombant doucement à côté de lui. Jim encercla son corps de ses bras et vint recaler sa tête dans son cou. « Ne me quittez pas ce soir… »
Spock ne bougea pas, se laissant agripper et se résignant à l'idée de dormir avec son capitaine. Il aurait pu tout simplement se lever et partir, mais il ne le fit pas :
« Il se pourrait que vous fassiez une crise ce soir Jim. Il y a même 83% de chances que ça arrive dans les trois prochaines heures. » L'informa-t-il.
« Alors ne me lâchez pas… » Répliqua l'autre, resserrant son étreinte.
Jim était complétement sous le joug de l'alcool. Il ne savait pas réellement ce qu'il faisait. Il avait une vague idée de ce qu'il disait et il était certain que cela était en accord avec ses pensées et ambitions profondes… Cependant plus les minutes passaient, plus il ignorait s'il rêvait ou si Spock était bien dans ses bras à cet instant. Il inspira fortement et senti la peau du cou offerte de l'autre… Cela serait… Cela serait si facile de l'embrasser. Ce serait si simple de poser ses lèvres sur ce cou…
C'est ce qu'il fit. Il embrassa le cou de Spock. L'autre bougea, très surpris, ce qui fit gémir Jim de frustration. Quand les gesticulations de son vis-à-vis cessèrent, Jim réattaqua la peau. Il l'embrassa d'abord doucement puis avec plus d'avidité. Il sentit une main venir se plaquer sur son dos avec force. Mais il l'oublia vite. Il respirait de plus en plus fort et s'acharnait de plus en plus sur cette peau ayant l'odeur de Spock. Il l'attrapa entre deux dents et commença à la sucer doucement. Quand il la relâcha finalement, il fut séparé du corps chaud du vulcain :
« Ça suffit, Jim… » L'avertit une voix sourde. Jim ouvrit difficilement les yeux et vit que Spock allait se coucher dans son propre lit.
Le capitaine protesta pendant quelques minutes avant de perdre le fil de ses paroles puis de ses pensées. Il s'endormit doucement. Rêvant qu'il continuait de supplier Spock de revenir dans son lit.
Il fut réveillé par un tremblement de tout son corps. Son premier réflexe fut de hurler et d'attraper les draps sous lui. Il sentit son cœur et son crâne se contractaient d'un seul coup puis se ressaieraient à chacune de ses respirations. Il finit par manquer d'air et inspirait autant qu'il le pouvait. Alors qu'il allait s'étouffer Spock le souleva du lit et le prit dans ses bras violemment, le serrant très fort.
« Agrippez-moi, Jim ! » ordonna-t-il.
Le blond obtempéra tout de suite. Sentant comme si son crâne allait exploser. Il lâcha un dernier cri de douleur et puis sentit la pression disparaître progressivement. Il relâcha Spock et l'autre fit de même, le lâchant doucement :
« Qu…Qu'est-ce que… » Commença-t-il.
« Vous avez fait une crise dans votre sommeil. » expliqua l'autre. « Tâchez de vous rendormir, il est quatre heure du matin. »
« … Ma tête… J'ai la tête en… »
« Vous avez la gueule de bois, capitaine. Vous devriez songer à réduire l'alcool. Rendormez-vous. »
Et Jim obéit. Se rendormant dans la minute.
Fin du chapitre 9…
*Le vieux Spock qui vient de la dimension parallèle et qui a vécu les aventures de la série et des films originels: Appelons le « Prime » à partir de maintenant. Pour Spock « Prime », ou Spock le premier.
**Phrase prononcée par Spock Prime dans Star Trek : 2009, Version Française. En version Québécoise c'est « Il est extrêmement agréable de vous revoir mon vieil ami » Je préfère la phrase en version française et la voix du doubleur de Spock. Mais je préfère en général les dialogues ( plus adaptés aux caractères et jeux des anciens personnages) et les autres voix de la version Québécoise. Dîtes moi, y-a-t-il des québécois parmi vous ? Je vais certainement bientôt venir habiter au Québec pendant un an pour mes études ^ ^ !
*** Le Syndrome de Bendii est une maladie neurologique dégénérative et incurable, affectant une minorité de Vulcains âgés. Au début, elle se caractérise par une perte de poids, un affaiblissement généralisé, de la fatigue et de la fièvre. Ensuite, on constate une perte progressive du contrôle émotionnel, les victimes de cette maladie présentant des pics soudains d'émotions.
Merci pour votre lecture =) la suite bientôt !
