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Chapitre 10

De Multiples Épreuves

Dans un ultime sursaut de courage, les deux amis tournèrent la tête et s'immobilisèrent brusquement. Surpris, Alice et le Chapelier virent un géant musculeux dont le corps se terminait par une gigantesque queue de poisson aux reflets nacrés. La boule luminescente du monstre éclairait à peine sa peau recouverte d'écailles piquantes et sa longue chevelure blanche flottait dans l'eau pour l'auréoler comme un soleil pale. Une couronne d'os, de perles et de roches noires ceignait sa tête majestueuse, annihilant ainsi toute question sur son identité.

— Beltainore... souffla la jeune fille.

D'une poigne de fer, il enserrait le corps gluant de la créature qui se tortillait abominablement.

De sa voix grave et retentissante, il s'adressa au monstre dont les yeux se mirent à rouler étrangement. Intrigués, ni Alice et ni le Chapelier ne comprirent ces mots proférés dans une langue inconnue...

Quand le Seigneur du Domaine des Eaux acheva ses paroles, les acolytes observèrent la créature qui s'immobilisa enfin. Doucement, le géant relâcha son emprise sans cesser de regarder sa proie.

Celle-ci flotta encore quelques secondes dans l'eau telle une statue macabre avant de disparaître dans la noirceur des abysses.

— Quelle impudence ! gronda Beltainore en s'avançant vers Alice et le Chapeauté.

— L'impudence est affaire de point de vue ! Je dirais plutôt qu'il s'agit de folie ! Ah ! Quelle tête imposante ! Il vous faudrait un énorme chapeau ! Oui, un gigantesque tricorne ou un bonnet en forme de nageoire dorsale rayée et puis des…

—Chapelier ! rappela Alice à son compagnon. Je crois que nous avons des choses plus pressantes à régler. Etes-vous Beltainore ? demanda-elle à la créature fantasmagorique qui lui faisait face.

— Qui ose prononcer mon nom sans même se présenter ? répondit celui-ci en s'approchant plus encore de la jeune fille.

Arrivé près d'elle, Alice resta quelques secondes fascinée par le visage du Seigneur des Eaux. Des os ceignaient le contour de ses pommettes et ses yeux, comme deux amandes ébène, brillaient d'un éclat fantastique. On aurait dit que ses pupilles s'étaient étendues pour totalement recouvrir les iris et le blanc de l'œil. Plus bas, sur ses flancs blêmes, s'ouvraient et se refermaient de larges branchies rougeoyantes.

— Alice, Champion du Jour Frabieux. Nous sommes envoyés par Mirana… voici mon ami le Chapelier, le plus fidèle courtisan de la Reine Blanche, déclara-t-elle en soutenant le regard insondable du Seigneur.

— Que faites-vous dans l'antre de Dorsar ? l'interrogea l'homme-poisson en battant l'eau de sa queue piquante.

— Nous vous cherchions, bien sur ! répondit le Chapelier en esquissant un sourire chanceux.

— Et pourquoi donc ? rétorqua Beltainore en durcissant les traits de son visage.

— Nous avons besoin de vous ! Iracebeth veut reprendre le pouvoir et pour cela, elle a constitué une véritable légion capable de décimer l'armée de Mirana. Sans votre aide nous ne vaincrons pas ! s'écria Alice dont le sort du Pays des Merveilles importait plus que tout.

— A bat la vilaine grosse tête ! s'exclama le chapeauté en fronçant son regard vert.

— Je ne vois pas en quoi cela me concerne ! rugit le géant en se détournant

Ces mots résonnèrent dans l'air aquatique comme un glas confirmant la chute de ce monde fantastique.

— Comment pouvez dire une chose pareille ? s'insurgea Alice en venant nager devant lui. Vous faites partie de ce pays et rien ne dit que la Reine rouge ne viendra pas prendre possession de votre domaine et asservir votre peuple !

Ce dernier argument fit réagir Beltainore qui tordit sa bouche un rictus mauvais.

— En ce cas elle se confrontera à ma colère ! Rien n'est plus puissant que mon courroux, jeune fille !

—Etes-vous prêt à prendre ce risque ? persista l'Anglaise, ses yeux bruns plantés dans ceux noirs du Seigneur des Eaux.

Cette fois, le géant se trouva à court d'argument. Lorsque Iracebeth régnait encore, celle-ci avait souhaité l'appui de Beltainore mais le Seigneur avait ignoré les multiples propositions de la Reine Rouge. En dépit de sa vexation, celle-ci n'avait pas tenté de s'aventurer au-delà des terres n'ayant pas le moyen d'atteindre le Domaine des Eaux. Cependant, il avait entendu parler du bannissement d'Iracebeth et de son soulèvement. Le pouvoir qu'elle acquerra bientôt sera conséquent et en ce cas… il se pourrait que son peuple soit bel et bien en danger.

— Champion du jour Frabieux, dis-tu ? Tu n'as pas l'air si puissante que ça ! J'ai peine à croire que tu as vaincu le Jabberwocky ! s'exclama Beltainore en esquissant un sourire sardonique.

— Et c'est pourtant vrai ! Ah ! Alice est bel et bien notre champion, répondit le chapeauté en rejoignant son amie.

— Elle ne correspond pas à l'image que je me faisais de la fameuse Alice. Je la voyais plutôt… dotée d'une queue de poisson ! rétorqua le Seigneur des Eaux en touchant d'un doigt la jambe de l'Anglaise.

Repoussant cet index curieux, elle posa ses mains sur les hanches.

— Je ne possède aucune nageoire ! s'exclama-t-elle.

Cette remarque fit rire le Chapelier qui vint chatouiller les petits ailerons palmés qui ondulaient aux mollets d'Alice.

— Oui… enfin je ne possède pas de nageoire en temps normal. C'est grâce à la magie de Tante Philomène que nous sommes parvenus à vous trouver, déclara cette dernière.

— Philomène ? releva Beltainore dont le regard noir venait de s'illuminer.

Il parut se perdre quelques instants dans ses pensées. Les traits de son visage singulier s'étaient détendus comme s'il se remémorait de doux souvenirs…

— Lyrana et Néïdé nous ont également aidées !

L'intervention du Chapelier ramena le Seigneur des Eaux à la réalité.

— Je vois que vous avez mis mon peuple en confiance… cependant cela ne suffit pas à me convaincre ! Mon soutien se mérite…

— Que voulez-vous dire ? demanda Alice qui fronça ses sourcils clairs.

— Suivez-moi ! ordonna Beltainore en se fondant dans les abysses.

Intrigués, les compères suivirent le géant et disparurent à leur tour dans la noirceur de ce monde aquatique.

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— Qu'avez-vous fait ! gronda Torial en regardant les morceaux de miroir brisé qui jonchaient le sol.

— Nous avons libéré Gänger ! crâna Iracebehth en faisant mine de recoiffer quelques mèches de sa chevelure ébouriffée.

— Je devrais vous tuer pour avoir fait ça ! cria le Maître forgeron en s'avançant vers elle.

Mais alors qu'il levait sa massue d'or, la silhouette de l'ombre noire apparut pour suspendre son geste.

— J'éviterais cela si j'étais toi, déclara Gänger, ses yeux verts brillant d'un nouvel éclat.

Torial recula vivement en réprimant un frisson causé par le contact fantomatique de la créature.

— Iracebeth est sous ma protection, je te conseille donc ce garder tes distances.

Celle-ci se rengorgea tout en continuant de coiffer indolemment sa tignasse rougeâtre.

— N'écoutez pas ce qu'il dit, siffla le nain. Ce monstre aura notre perte !

Le rire de l'ex souveraine s'éleva dans la Tour Capricieuse, fissurant un peu plus la cuirasse de Torial.

— La vôtre peut-être mais pas la mienne ! Gangër ne me veut que du bien, répondit la peste en regardant sa propre silhouette représentant son nouvel allié. Au fait, nos armes sont-elles prêtes ?

Torial ferma brièvement les yeux avant de persifler :

— Je vous rappelle que le travail est conséquent, il faut plus de temps !

— Ce que nous n'avons pas, rétorqua la créature. Tes nains et toi-même feriez mieux d'aller plus vite sinon je pourrais te rendre la monnaie de ta pièce. La dernière fois que nous nous sommes vus tu m'as emprisonné… fais donc en sorte que l'envie ne me prenne pas à mon tour.

Sur ces mots, son regard émeraude se mit à étinceler dangereusement.

Ravalant ses remarques, Torial grimaça avant de quitter cette pièce emplie de scélérats. Tandis qu'il descendait le long escalier en colimaçon, il commença à douter de l'alliance précédemment scellée…

Le peuple forgeron avait toujours été répudié sans que ce dernier ne se rebelle, acceptant rageusement cette mise à l'écart sans tenter le moindre soulèvement. Semblant oubliés du Royaume de Mirana, les nains vivaient dans cette zone sinistre depuis de trop nombreuses lunes… cependant, peut-être était-il allé trop vite en sortant Iracebeth de son exil et en l'aidant à retrouver le pouvoir ?

A présent que Gangër était de retour, l'accord passé avec Iracebeth devenait risqué.

Soupirant, il se demanda si ce pacte n'était finalement pas une erreur et s'il n'était pas en train de compromettre tout un univers à cause d'une vieille rancune et d'une peur indefinissable.

Oui, peut-être aurait-il du se rendre au Palais de la Reine Blanche et faire valoir ses droits d'une manière plus conventionnelle ?

Arrivé aux pieds de la Tour Capricieuse, Torial grimpa sur Swampy qui émit un étrange bruit de gorge en glissant sur l'onde.

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— Où sommes-nous ? demanda Alice.

Beltainore esquissa un sourire en balayant de ses sombres orbites le gigantesque labyrinthe éclairé par d'étranges lanternes.

Les murs du parcours sinueux n'étaient pas faits de buissons mais de coraux et d'algues blanches brillant en dépit de l'obscurité.

— Nous sommes toujours dans les abysses. Voici le Dédale Infortuné.

— C'est inquiétant, dit le chapeauté en regardant tout ce qui n'était pas le labyrinthe.

En effet, ce dernier flottait dans un vide noir et rendait une allure angoissante…

—Qu'est-ce qui n'est pas inquiétant dans les abysses… souffla Alice.

— Impudents ! Ecoutez-moi bien car je ne répéterai pas ces paroles : si vous souhaitez mon aide, il va falloir la mériter ! Je vous donne trois minutes pour mémoriser le chemin qui mène au centre du dédale. En son milieu gît un buisson de perles rouges. Si vous réussissez à m'en apporter une seule et à ressortir du dédale, vous pouvez considérer mon aide comme acquise.

Le cœur de l'Anglaise manqua un battement tandis que le Chapelier faisait des yeux ronds.

— Trois minutes, répéta Beltainore en sortant un minuscule sablier de ses écailles nacrées.

Dès lors, il le renversa pour signifier que le décompte avait commencé.

Le cœur battant la chamade, Alice entreprit de mémoriser le parcours compliqué qui menait au centre du labyrinthe.

— Une minute ! les informa cruellement le Seigneur des Eaux alors que l'Anglaise paniquait et que le Chapelier serrait les dents.

Redoublant de concentration, les deux amis tentèrent de se rappeler le chemin qui les mènerait au centre et les reconduirait vers la sortie.

—Trois minutes se sont écoulées ! asséna Beltainore en se postant devant eux. Descendez et ramener moi une perle rouge.

— Allons-y Alice, déclara le Chapelier en prenant naturellement sa main.

Surprise, la jeune fille se laissa néanmoins faire et fondirent ensemble vers l'entrée du dédale.

Vu d'en bas, les remparts paraissaient immensément hauts.

— Je ne suis pas rassurée, avoua la jeune fille en serrant imperceptiblement les doigts de son ami.

— Allons-y, Champion ! répéta-t-il en pénétrant dans le labyrinthe

Dès l'instant où ils s'engouffrèrent à l'intérieur, les algues et les coraux virent murer la sortie puis recouvrirent leurs têtes d'un plafond végétal.

— Ah ! Voilà un détail que le plaisant Beltainore avait oublié ! lança le chapeauté en esquissant un drôle d'air.

— Ne nous attardons pas, répondit-elle. Il faut prendre à droite maintenant, es-tu d'accord ?

— Je le suis ! Tout à fait d'accord ! Allons à droite, ah !

Un étrange sentiment s'était emparé de la jeune fille, un mélange de peur relatif à cet environnement et d'excitation liée à cette main qui enserrait la sienne.

Ainsi Alice et son fol ami sinuèrent dans le dédale, concentrés sur leur mémoire respective afin de trouver le chemin menant au centre.

Vu de l'intérieur, le labyrinthe semblait plus inquiétant encore. Le dédale baignait dans les ténèbres seulement troublés ci et là par des lanternes longues et tordues où grésillaient des flammes maladives.

— Je ne sais plus ! s'exclama la jeune fille alors que deux voies s'offraient à eux.

— La droite ! dit le Chapelier en tendant son bras vers ladite allée.

— La droite ? s'écria-t-elle. Je… es-tu sûr ?

— Du moins je l'étais mais tout dans ton visage exprime que tu veux emprunter le chemin de gauche, répondit-il en esquissant une moue contrite. C'est toi qui dois avoir raison Alice.

— Non ! Pourquoi aurais-je raison et toi tort ? Cela n'a pas de sens !

— De sens ? Mais qu'est-ce qui a un sens ici ? Ah ! Nous sommes tous fous ! Tous !

— Justement je dois aller contre ma raison ! Prenons l'autre voie !

Sur ces paroles, ils s'engagèrent sur le chemin de droite et au terme de quelques minutes où les deux amis empruntèrent de multiples allées au gré de leur mémoire, ils débouchèrent enfin sur le centre du labyrinthe.

Émerveillés, la jeune fille et le chapeauté contemplèrent le fameux buisson parsemé de perles écarlates accrochées à des algues blanches brillant comme du marbre.

— Je m'imaginais quelque chose de plus difficile. Tant mieux ! s'exclama le Chapelier néanmoins fasciné par les précieuses petites billes cramoisies.

Respectueusement, l'Anglaise s'approcha de cette plante merveilleuse et tendit la main pour s'emparer d'une perle quand soudain, les algues mouvantes se changèrent en sortes d'anguilles blanches aux faces monstrueuses.

Alice cria en même temps que le Chapelier la tirait vivement en arrière, ses bras enserrant sa taille.

La jeune fille ne réalisa que quelques secondes plus tard qu'elle se trouvait contre le corps de son ami, serrée au point de sentir le rythme de sa respiration… et les battements de son cœur redoublèrent alors de vigueur.

— Tout va bien ? demanda-t-il en regardant les vingtaines de têtes qui convergeaient toutes, gueules béantes, vers les compagnons d'aventure.

— Oui merci… murmura-t-elle, gênée.

Quelques secondes s'écoulèrent encore avant que le Chapelier ne la relâche.

— Beltainore a également oublié ce détail. Quelles horribles têtes ! Une de ces créatures me fait particulièrement penser à Cheshire avec ses vilaines dents pointues et ses yeux bleus ! Brrrrrr…. s'exclama-t-il d'une voix un peu moins assurée qu'à l'ordinaire.

— Comment faire ? Demanda Alice qui se remettait difficilement de ce contact avec son ami. Les perles sont accrochées à leurs écailles.

— Leur couper la tête ? suggéra le Chapelier.

— N'est-ce pas un peu trop radical ? répondit Alice avant de faire un bond en arrière, une des anguilles ayant essayé de lui croquer un bout de bras.

— Je sais ! s'écria-t-il.

Sous le regard étonné du Champion, le chapeauté vint alors nager au dessus du nid de monstres puis entreprit de vifs mouvements.

Essayant de le mordre, les anguilles suivaient la cadence de ce joyeux fou et tournaient dans tous les sens. Ce dernier allait et venait de plus en plus en vite si bien que les créatures féroces s'entremêlaient entre elles et poussaient des cris stridents quand l'une d'elle perdit enfin une perle qu'Alice s'empressa de ramasser.

— Bravo Chapelier !

— Cela ne vaut pas une gigue en délire mais ça reste néanmoins efficace ! Ah !

— Retournons voir Beltainore pour lui rem…

Elle ne put terminer sa phrase car un gigantesque monstre sortit d'une allée du labyrinthe pour fondre sur eux.

— Vite ! s'exclama le Chapelier en prenant la main d'Alice avant d'emprunter l'ouverture qui les avait conduit jusqu'ici.

A nouveau ils serpentèrent dans le dédale avec la peur d'être dévorés par cette terrifiante créature qui ressemblait à celles du buisson, en bien plus grande. Cette dernière les suivait des près, sa gueule béante distillant dans l'air marin une haleine nauséabonde.

— Vite ! cria de nouveau le Chapelier qui reconnaissait enfin les premières allées.

— C'est là ! dit Alice avant de déchanter.

L'entrée du labyrinthe était toujours bouchée par une porte végétale.

— Il n'y a qu'un moyen ! hurla le chapeauté en ramenant la jeune fille contre lui pour l'enlacer.

Ne formant plus qu'un seul corps, il battit des jambes aussi vite que possible tandis le grognement du monstre sifflait à leurs oreilles.

Serré contre lui, Alice ferma les yeux puis ressentit les lames des coraux couper sa chair jusqu'à ce que sa tête bute contre quelque chose.

- Je ne m'attendais pas à vous revoir, déclara le Seigneur des Eaux de sa voix profonde.

Rouvrant les yeux, Alice vit qu'ils étaient sortis du dédale et qu'elle se trouvait toujours dans les bras de son ami. L'esprit encore embrouillé, elle se détacha de lui puis regarda l'entrée du dédale absent de tout monstre.

Grimaçant, elle baissa la tête et resta quelques instants étonnée devant sa robe striée de rais rougeâtres.

— Tout va bien, Alice ? demanda le Chapelier en baissant les yeux. Je ne voulais pas te faire mal, je suis désolé.

— Ce n'est rien, tu nous as sauvés, répondit-elle. Mais tu saignes !

La joue blanche de son ami était désormais barrée d'une entaille sanguinolente dont les volutes rouges se perdaient dans l'eau.

—Avez-vous la perle ? les questionna Beltainore, indifférent à cet échange.

— Ce n'est pas grave. L'important est que tu ailles bien. Rien ne doit arriver à notre Champion, souffla le chapeauté en esquissant un sourire.

—Avez-vous la perle ? répéta le géant des mers.

— La voilà ! gronda Alice. Vous auriez pu nous prévenir !

— J'ai dit que mon aide se méritait et si vous n'aviez pas risqué votre vie, vous l'auriez acquise trop facilement !

— Logique ! affirma le Chapelier.

La jeune fille soupira avant de poser l'ultime question qui sauverait peut-être le Royaume de Mirana.

— Alors, peut-on compter sur vous ?

Le Seigneur des Eaux étira ses lèvres avant de déclarer :

— Vous le pouvez.

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