NdA : L'univers d'Harry Potter ne m'appartient toujours pas... En revanche, certains personnages et l'intrigue sont à moi.

Bonne lecture !


Quand elle se réveilla, rien n'avait changé dans la salle. Le chaudron était toujours mystérieusement brûlant, alors que, comme Félicia s'en était aperçue, plusieurs heures s'étaient écoulées. Elle décida donc d'aller faire un tour, afin de ne pas s'enfermer à vie dans cette pièce, et donc de s'aérer l'esprit, aussi confortable soit la Salle sur Demande... Surtout qu'elle risquait d'y passer encore beaucoup de temps par la suite.

Ce n'est que le lendemain, quand elle revint dans la Salle sur Demande et que les effluves de la mixture lui vinrent au nez que la jeune fille ressentit le besoin urgent et irrémédiable d'en consommer, comme la recette l'indiquait. Elle purgea donc ce besoin, et sentit aussitôt son corps s'engourdir pour s'enfoncer dans un long sommeil.

Pourtant, Félicia ouvrit les yeux. Elle n'était pas dans un endroit qu'elle connaissait, et encore moins dans la Salle sur Demande, où la jeune fille était installée quelques minutes auparavant. Déjà, ce n'était pas une pièce. La jeune sorcière n'avait jamais rien vu de similaire à l'endroit où elle se trouvait, et elle doutait de la réalité même de ce paysage...

On aurait dit un endroit où se rejoignait l'eau, la terre, l'air et le feu, pour former ces rocs semblables à des tours de guets, surplombant d'immenses espaces. Curieuse, Félicia fit un tour des ces énormes monticules, avant de s'apercevoir que l'un d'eux possédait des cavités qui formaient des sortes de marches. La jeune fille, intrépide, commença donc à grimper cet escalier improvisé, d'abord lentement puis de plus en plus vite. Elle s'élevait continuellement, et pourtant le sommet ne semblait pas se rapprocher. Félicia ralentit. Elle commençait à avoir des difficultés à grimper, l'air se raréfiant en altitude, mais elle continuait, sachant qu'elle n'avait pas d'autre possibilité, et refusant de retourner en arrière. Et comme pour confirmer cela, un grand fracas en dessous d'elle lui fit remarquer que toutes ces marches sur lesquelles elle avait marché s'étaient effondrées pour ne plus former que des gravats au pied maintenant minuscule du monticule. Épuisée, Félicia s'évertua pourtant à continuer son ascension, refusant de penser à autre chose, et surtout pas à se reposer, sans quoi elle n'aurait pu parvenir à ce qui l'attendait au sommet.

Sommet auquel elle parvint à accéder après de nombreuses heures d'effort. Félicia s'écroula sur le sol poussiéreux, et essaya de reprendre son souffle, et un peu de force. Quand elle fut suffisamment en forme, la jeune fille se releva doucement et observa le paysage qui était devant elle et qui, où qu'elle pose son regard, était impressionnant. Les volcans s'opposaient aux océans survoltés, qui côtoyaient des forêts verdoyantes dont les feuilles d'un orange clair voletaient jusqu'à elle, et tous tendaient leur bras aux champs de monticules, qu'elle voyait maintenant en entier. Bien que Félicia savait au fond d'elle-même qu'un tel paysage n'existait pas dans son monde, elle ne put s'empêcher d'admirer l'harmonie et la puissance qui en ressortaient. Soudain, elle vit trois ombres s'approcher sensiblement d'elle. Alors qu'ils n'étaient plus qu'à quelques mètres, un léger bruit derrière elle la fit sursauter. Félicia se retourna doucement, loin d'être rassurée, avant de voir qu'il ne s'agissait que d'une petite taupe qui la regardait fixement. Tout de suite après, la jeune sorcière sentit que les trois ombres l'encerclaient. Elle tourna donc lentement sur elle même. La vue d'un lion la fit reculer, mais l'animal ne fit aucun geste pour s'approcher d'elle. Puis venait un petit lièvre, et enfin un oiseau, plus précisément un Vivet doré.

Devant l'inaction des quatre animaux, Félicia comprit que l'un d'entre eux serait son Animal. Mais lequel était-ce, et que devait-elle faire ? Soudain, le lion ouvrit sa gueule de félin, et alors qu'elle s'attendait à entendre un hurlement de lion, il se mit à parler.

« Nous entendons tes pensées, humaine, et c'est à toi seule que revient la tâche de trouver celui d'entre nous qui t'accompagnera toute ta vie. Mais nous pouvons te donner un conseil. Il te faut surmonter ton plus grand défaut, ta plus grande peur pour enfin être capable de te trouver toi-même.

- Pas sûre que ce soit très clair, mais merci... »

Et effectivement, ces quelques paroles faisaient s'interroger la jeune fille comme elle ne l'avait jamais fait. Elle décida tout d'abord de chercher quel était son plus grand défaut... Il était très certainement lié aux animaux présents, tout comme sa peur, mais elle était perdue. Perdue dans l'immensité de ses défauts. Elle décida de procéder par élimination. Félicia regarda la taupe. Quels défauts pouvaient se rapporter à une taupe... La jeune Gryffondor n'avait pas l'habitude de se laisser aveugler, ni de s'enterrer sous terre quand les choses allaient mal. Au contraire, c'étaient ces choses qui allaient mal qu'elle enterrait profondément en elle... et que Sean parvenait à faire remonter un peu trop facilement à son goût. Elle s'aperçut qu'en aucun cas elle ne ressemblait à une taupe. Dés que Félicia eut cette pensée, la taupe sembla sourire et disparut subitement.

C'était le tour du lion. Bien entendu, la jeune fille avait une affection toute particulière pour le félin, puisqu'il était le symbole de la maison à laquelle elle était fière d'appartenir. Mais la jeune fille ne pouvait lui trouver de défaut. Le courage et la fierté n'en sont pas, et elle considérait qu'être considéré comme dangereux pouvait être utile en certaines circonstances. Tout comme la taupe, le lion disparut, en s'effaçant lentement dans les airs.

Venait le lièvre. Elle avait toujours entendu dire qu'il s'agissait d'un animal peureux, qui s'enterrait sous terre. Félicia n'était pas vraiment peureuse, et elle préférait avancer plutôt que de se demander quel pied mettre en premier. À son tour, le lièvre partit.

Il ne restait plus que le Vivet doré, animal que la jeune Gryffondor ne connaissait que très peu... Elle en conclut donc que les paroles du lion possédaient une nouvelle nuance... Il fallait qu'elle accepte son plus grand défaut et qu'elle fasse face à sa peur pour que son Animal se lie à elle...

Un élément de réponse lui fut donné lorsque, quand elle s'approcha de l'oiseau, celui-ci s'envola et resta à distance de la jeune fille, comme pour se protéger d'un mal. Cette réaction la fit se figer sur place, et elle se remémora toutes ces conversations qu'elle avait eu avec Sean qu'elle avait immanquablement finit par fuir... Oui elle ne se cachait pas quand les choses allaient mal, oui elle préférait avancer, mais elle avait peur de choses dont elle ne devrait pas être effrayée, à commencer par elle-même, et par les autres. Dés que Félicia s'aperçut de ce trait de caractère, l'oiseau sembla se rapprocher de la jeune fille, même s'il restait à une distance respectable.

La jeune Gryffondor s'approcha doucement du bord, tentant de réduire l'espace entre le Vivet et elle-même, mais ce dernier se reculait toujours, et voletait dans l'air, semblant lui dire « Attrape-moi si tu peux ! ». Félicia arriva au bord. Elle jeta un regard au sol, et lorsqu'elle vit la hauteur à laquelle elle se tenait, elle sentit ses jambes flageoler. Elle ne pouvait détacher son regard du sol, et c'est l'oiseau qui pépilla qui lui rappela ce qu'elle faisait ici. La jeune fille recula de quelques mètres, lançant un regard terrifié à la bordure du monticule avant de reporter son attention sur l'oiseau. Elle prit conscience que si elle voulait toucher son Animal, il lui faudrait se lancer dans le vide... Ce même vide qui, si elle échouait, provoquerait sa mort. Mais Félicia savait que si elle ne le faisait pas, elle resterait là éternellement sans pouvoir jamais se réveiller. Déterminée, Félicia prit position. Elle lança un dernier regard terrifié à ce vide qui l'attendait, et elle courut.

Elle courait, sur des mètres et des mètres, prenant ainsi tout l'élan dont elle aurait besoin.

Elle voyait se rapprocher le bord.

Elle ne pouvait plus reculer.

C'était trop tard.

Ça arrivait.

Il fallait qu'elle saute.

Maintenant !

Félicia avait bondi.

Elle sentait le vent sur son visage, et elle vit le Vivet qui la regardait. Elle tendit le bras, était sur le point de rentrer en contact avec son Animal et... tomba. La jeune fille n'avait pas pris assez d'élan, et maintenant elle allait s'écraser. Elle ne reverrait plus jamais Amelia et Stacey, ni sa mère, ni même Sean. Sean... il sera peut-être content de voir que Félicia ne sera plus là pour l'empêcher de faire ses blagues... Le sol se rapprochait. Et elle chutait la tête la première. Une part d'elle-même était soulagée, pourtant... Elle n'aurait plus à se battre. Mais pourtant, tout le reste de son corps ne voulait pas finir comme ça, et elle commença à battre des bras, dans un espoir insensé. Soudain, devant ses yeux surgit ce même Vivet qu'elle tentait de saisir quelques secondes auparavant, et tout sembla ralentir.

Elle vit l'oiseau se tenir devant elle, et foncer en sa direction, et pour la première fois, elle put l'observer complètement. Il avait des yeux bleus, pétillants d'une lueur argentée. Ses ailes qui semblaient dorées étaient en réalité composées d'une multitude d'éclats de toutes les couleurs, qui brillaient sous le soleil pour donner cette teinte d'or. Et il se rapprochait de son visage. Toute peur avait disparu de l'esprit de Félicia, et elle se sentait apaisée, et même remplie d'une nouvelle certitude. Le Vivet était maintenant sur le point de cogner le front de la jeune fille. Il continuait d'avancer et... se lia avec la jeune fille. Les deux ne faisaient plus qu'un.

C'était une sensation incroyable, unique, et puissante que vivait maintenant la jeune fille. Reprenant conscience du choc imminent avec le sol, elle recommença à battre des bras, et elle eut la surprise de voir son corps changer de trajectoire. Félicia regarda ses bras. Ils étaient devenus ailes ces mêmes ailes qu'elle avait admiré un peu plus tôt, faites de lumière et de vie. Elle avait trouvé son Animal ! Tout semblait avoir changé autour d'elle, et elle-même n'était plus ce qu'elle était un peu plus tôt. La lumière semblait plus vive, à la fois plus réelle et plus dangereuse. Elle voyait maintenant chaque feuille vibrer, chaque brin d'herbe se plier sous les inflexions délicates du vent. Ce dernier avait également changé, il était un support, un terrain de danse sur lequel chacun pouvait danser sa propre valse, et peut-être parvenir à une immortalité magnifique. Félicia apprenait à contrôler ses nouvelles ailes, et elle admirait le merveilleux panorama de couleurs qui sous elle s'étalait, et sentait les effluves de ce qu'elle surplombait, à commencer par l'odeur apaisante de l'océan qu'elle continuait de voir. Elle s'aperçut que son instinct s'était développé, et qu'elle arrivait à savoir ce qui l'entourait sans forcément le voir.

Mais brutalement, Félicia se retrouva de nouveau dans la Salle sur Demande. Elle se sentait épuisée et avait la tête qui tournait. La jeune fille essaya de se lever, mais se rendit compte qu'elle avait perdu son équilibre. Sans doute un effet secondaire d'avoir un oiseau comme Animal ! La jeune fille décida de rester assise quelques minutes avant de réessayer. Pendant ces instants qu'elle s'accorda, elle repensa à tout ce qu'elle venait de vivre. Elle jeta un coup d'œil, curieuse, à l'horloge qui était dans la salle... Seulement quelques heures s'étaient passées, ce qui la soulagea. Enfin, Félicia se remit debout. Elle parvenait de nouveau à marcher correctement. Elle s'aperçut cependant que cette expérience lui avait apporté bien d'autres choses également ! Elle sentit que sa vue s'était améliorée sensiblement, tout comme son instinct.

La jeune Gryffondor voulut retourner à son dortoir, voulant changer d'atmosphère. Pourtant, quand elle rentra dans la Salle Commune, elle sentit que les rares conversations de la demi-douzaine de Gryffondor qui étaient restés là pour les vacances s'arrêtèrent. En un regard, elle s'aperçut que Sean faisait partie des personnes qui s'étaient tues, mais à la différence des autres, celui-ci vint la voir.

« Alors, on se décide enfin à sortir ?

- De quoi tu parles ?

- Ça fait plus d'une semaine que personne t'a vu, que ce soit ici ou à la Grande Salle, donc va falloir trouver mieux que « de quoi tu parles » !

- Une sem... ! la jeune fille s'aperçut qu'elle était restée endormie un plus longtemps que ce qu'elle pensait... Je ne crois pas que ça te regarde de toute façon !

- Désolé de m'être inquiété pour toi, hein ! Répondit Sean alors que la jeune fille était en train de partir vers sa chambre. »

Une fois qu'elle fut là-bas, les paroles de Sean résonnaient encore dans sa tête. Une semaine. Et non pas quelques heures. Ça lui avait prit une semaine pour trouver son Animal. Et son absence avait été remarquée. Félicia se remit à travailler, sachant que si Sean s'était inquiété, les professeurs ne manqueraient pas de désirer une explication, et elle ne pourrait pas s'abstenir de leur donner une explication crédible. Elle décida prétendre avoir étudié dans une petite salle inutilisée qu'elle avait trouvé, avoir demandé aux elfes de Poudlard de lui apporter à manger là-bas en leur demandant de se taire à son sujet, mais qu'elle serait incapable de retrouver cette salle.

Puis la jeune fille s'endormit dans son lit. Elle ne s'était pas rendue compte d'à quel point elle était épuisée, surtout mentalement, mais cette sieste lui fit du bien. Le soir même, elle soupa dans la Grande Salle où, comme elle l'avait prévu, McGonagall vint l'interroger sur ses activités de la semaine précédente, et bien qu'elle ne semblât pas convaincue par les propos de la jeune fille, elle n'insista pas plus. Sean, en revanche, ne fut pas plus convaincu que la professeur de métamorphose, et il n'hésita pas à harceler la jeune fille sur ce qu'elle avait vraiment fait. Pour une fois, elle parvint à garder son calme, comprenant bien les raisons de cette curiosité. Elle prenait ça presque pour une plaisanterie, un jeu dont le but était de créer une histoire avec suffisamment de détails sans se contredire, et Félicia y parvenait plutôt bien.

Elle profita de ses quelques derniers jours pour faire les quelques devoirs que les professeurs leur avaient donnés. Sean s'était mis à suivre la jeune fille, comme pour découvrir ce qu'elle cachait, et elle ne pouvait donc pas retourner à la Salle sur Demande, elle ne savait pas qu'il connaissait déjà cette salle. Puis, la rentrée arriva. Félicia essayait d'agir comme si rien ne s'était passé, mais Amelia et Stacey avaient remarqué de légères différences dans son comportement. Notamment, elle sortait beaucoup plus profiter de l'air frais. Mais elle ne pouvait toujours pas s'entraîner à se transformer.

Enfin, une occasion arriva à Félicia par une heure de colle que s'était pris Sean... et toutes celles qui suivirent. La jeune fille avait du mal à se transformer, surtout les premières heures, mais elle remarquait les améliorations. Les semaines passaient et la même routine recommençait. Elle allait dans ses cours, elle ignorait magnifiquement son cousin Craig, elle faisait ses devoirs à mesure en compagnie de Stacey et Amelia, elle s'exerçait aux différents sorts avec sa baguette qui, même si elle manquait visiblement de puissance, lui permettait de réaliser les sorts convenablement, et elle s'entraînait à se transformer dés qu'elle le pouvait.

Le dernier match de Quidditch de l'année arriva, opposant l'équipe de Gryffondor à celle des Serdaigle. Ceux-ci étaient les grands favoris, l'équipe des lions ayant perdu tous leurs précédents matchs. Cependant, tous les Gryffondor soutenaient leur équipe, y croyant malgré tout, refusant d'abandonner. Pourtant, même si Serdaigle perdaient ce match, ils remporteraient tout de même la coupe des quatre maisons, ayant une avance trop importante.

Le match fut passionnant. Même si les membres étaient cordiaux entre eux, ils n'hésitaient pas à bloquer toutes les actions de leurs adversaires, et le compte fut très serré. Finalement, ce furent les Serdaigle qui remportèrent le match, l'attrapeur de Gryffondor ayant eu un centimètre de retard sur celui de l'équipe adverse. Mais tout le monde fut content, et une fête fut organisée dans la Salle Commune des Serdaigle pour tous ceux qui voulaient venir.