Chapitre 10 : Quand tout va mal

Depuis que Rikuo était rentré au clan, il avait passé tout son temps enfermé dans sa chambre. Cela faisait maintenant près de 48 heures qu'il n'était pas sorti. Hagoromo Gitsune ne l'avait pratiquement pas quitté, l'emmenant même jusqu'à la salle de bain, après s'être assuré que personne ne serait sur le passage. Le jeune homme n'avait presque pas ouvert la bouche, refusant même de se nourrir. Hagoromo Gitsune avait dû user de tous ses charmes pour le faire céder.

Tous les dirigeants étaient désormais au courant de la situation et faisait donc de Rikuo leur priorité absolue. Chacun ayant déployés les membres les plus puissants et réputés de leur clan à la recherche d'information. Cela n'était évidemment pas facile vu le peu d'information que ceux-ci avaient. Ils ne savaient même quels genre de yokai cela pouvait être ou même si c'était bel et bien un yokai qui était à l'origine de tous ce remue-ménage.

Yuki Onna ne cessait de faire des allers retours devant la chambre le Rikuo de savoir comment il allait. Hagoromo Gitsune avait beau leur dire qu'il se reposer et que le pire était désormais passé, en tout cas tant qu'il ne croiserait personne, elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiétait pour celui dont elle s'occupait depuis son plus jeune âge. Elle avait toujours protégé Rikuo, elle le fait de ne pas pouvoir être prêt de lui dans de telles circonstances la faisait énormément souffrir.

- Rikuo sama… murmura-t-elle devant la porte de ce dernier.

Elle partit soudainement ayant entendu des bruit de pas venir dans sa direction.

- Je ne sais pas si c'est vraiment une bonne idée que vous alliez le voir… tenta Hagoromo Gitsune alors que le Commandant Suprême approchait de la chambre de Rikuo.

- Ne t'en fais pas pour ça…

Il ouvrit la porte et resta quelques secondes sans bouger : Rikuo était recroquevillé dans un coin de sa chambre. C'était bien a première fois qu'il voyait son petit-fils dans un état pareil. Il eut un pincement devant la souffrance plus que visible du jeune homme.

- Grand-père… Je croyais que tu étais partit, dit-il d'une voix morne.

- Rikuo…

Il n'ajouta rien d'autre et quitta la pièce, souhaitant à son tour s'entretenir avec certains des hauts gradés du clan. Il n'eut pas à chercher bien loin, Gyuuki le rejoints prenant ainsi des nouvelles du Troisième.

Hagoromo Gitsune, elle, était resté auprès de Rikuo.

- Comment tu te sens ? demanda-t-elle en venant s'installer à ses côtés.

- Hormis le fait que je suis fatigué et que je ne peux m'empêcher d'être sur mes gardes, tout va pour le mieux… dit-il légèrement ironique.

- Tu devrais dormir un peu. Je sais que ça te fait peur mais tu ne pourras pas tenir encore bien longtemps si ça continue ainsi, ajouta-t-elle précipitamment voyant Rikuo commençait à paniquer.

- Mais…

- Je resterais toujours à tes côtés, tu n'as pas à t'inquiétais, je m'occupe de tout. Si je vois que tu commences à t'agiter ou même si j'ai juste l'impression que quelque chose ne va pas, je te réveillerai sur le champ. D'accord ?

- Une heure… Je veux que tu me réveilles dans une heure. Je ne veux pas dormir plus longtemps.

La renarde sembla réfléchir et finit par céder. Si c'était le seul moyen pour que le jeune homme accepte de dormir, elle n'avait pas vraiment le choix. Et puis valait mieux qu'il dorme une ou deux heures, qu'elle le réveille et qu'il ne se rendorme encore une ou deux heures un peu plus tard. Le laisser dormir plus serait juste de la pure folie.

Elle l'installa alors, la tête du jeune homme reposant désormais sur ses jambes. Comme elle le pensait, il s'endormit en quelques minutes seulement. Elle l'observa, refusant de le quitter des yeux ne serait-ce qu'une seconde. Elle voulait être sûre de remarquer si quelque chose se passait mal pendant son sommeil.

- Rikuo, réveilles-toi, dit-elle doucement tout en lui caressant les cheveux.

Rikuo ouvrit doucement les yeux et fut heureux de voir le visage de la jeune femme, à peine réveillé. Il lui sourit alors soulagé de n'avoir fait aucun cauchemar… en tout cas cette fois-ci.

- Merci d'être resté encore une fois.

- Tu n'as pas besoin de me remercier.

Il redressa, s'asseyant tout contre elle, sa tête reposant sur l'épaule de la renarde. Ils restèrent ainsi une bonne vingtaine de minutes quand Wakana vient frapper à la porte :

- La réunion va bientôt commencer…

- J'arrive, répondit Hagoromo Gitsune avant de se lever à contre cœur.

Elle rejoignit Wakana qui jeta rapidement un coup d'œil à son fils et lui sourit tendrement. Elle avait était tellement inquiète quand elle avait vu Kurotabo rentrer si précipitamment, demandant une réunion urgente et annonçant alors que l'état de Rikuo semblait s'aggraver. Quand il était finalement arrivé, elle s'était alors précipitée dans vers lui, le prenant dans ses bras. Rikuo avait, par réflexe, ouvert les yeux, et croiser le regard mort d'inquiétude de sa mère. Il avait était soulagé de pouvoir la voir correctement. C'était elle qui l'avait finalement conduit à se chambre restant auprès de lui le temps que la réunion se termine et que la renarde ne vienne la remplacer.

- Tout finira bien, tu verras… Tout le monde travaille vraiment dur pour toi.

- Je sais. Remercies les pour moi et dit leur que je suis désolé de ne rien pouvoir faire.

- Je leur dirai mais je peux déjà te dire qu'ils ne t'en tiennent pas rigueur, au contraire… ils t'en voudraient si tout voulais les aider dans ton état.

Elles partirent finalement, laissant le jeune homme plus seul que jamais.

- Tu ne peux pas t'échapper ! Tu ne peux pas nous avoir !

La voix ne cessait de résonner dans sa tête. Rien que d'y penser cela lui glacer les os. Même ici il ne se sentait pas totalement en sécurité. Il était pourtant chez lui, entourait des personnes qu'il aimait et qui l'aimait en retour, alors pourquoi ce sentiments d'insécurité ?

Il se leva finalement.

- Je dois sortir… Il faut que je sorte d'ici le plus vite.

Il quitta la pièce espérant ne croiser personne sur son chemin. Même su il avait reçu l'ordre de ne jamais sortir de sa chambre seul il avait, depuis le départ d'Hagoromo Gitsune, un mauvais pressentiment. Il n'aurait pas u l'expliquer, mais il sentait qu'il devait partir d'ici…

Il s'apprêta à quitter le demeure du clan Nura quand Yuki Onna l'aperçu. Elle ne pouvait pas l'approcher et le laisser seul le temps de prévenir quelqu'un était hors de question. Et si elle le perdait de vue ? Elle choisit donc de le suivre discrètement. Cela faisait une dizaine de minutes qu'ils marchaient, Rikuo s'obstinant à garder les yeux au sol, tentant ainsi de réduire la possibilité de croiser une de ces choses.

Il arriva vers la rivière, descendant la légère pente. Il se pencha vers l'eau, observant son reflet. Que verrait-il s'il faisait ça… Son visage ou bien… Il fut soulagé d'y voir son propre visage. Il senti alors la présence de quelqu'un d'autre à ses côtés et se retourna précipitamment.

- Rikuo sama… tenta Tsurara en s'approchant de lui.

Rikuo paniqua, reculant sous le choc. Il perdit l'équilibre et se retrouva alors dans l'eau. Yuki Onna lui tendit la main mais cela ne fit que l'effrayer davantage.

- Rikuo sama, je vous en supplie attrapez ma main ! s'époumonait la jeune femme en larme.

Rikuo ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait. Il avait l'impression de perdre toute ses forces, seule la panique l'habitait désormais. Il 'arrivait même pas à se rapprocher du bord. Il se sentit couler… couler encore plus profondément sans pouvoir faire le moindre geste. Il n'avait plus la force le lutter, manquant peu à peu d'oxygène. Il arrêta alors de lutter, se laissant couler quand il se sentit aspiré vers le surface et avant qu'il est le temps de dire quoi que ce soit, ou même d'ouvrir les yeux, il sentit deux bras chaud l'enveloppait.

- Mais qu'est-ce qu'il t'a pris de t'enfuir comme ça Rikuo ! s'écria Hagoromo Gitsune. Tu ne te rends pas comptes j'étais morte d'inquiétude ! Ta mère a soudainement débarquée disant que tu n'étais plus dans ta chambre. Une chance que Kappa t'as rapidement localisé. Il nous e envoyé ici juste à temps.

- Je suis… désolé, articula péniblement Rikuo. Il fallait que je parte et…

- On verra ça après, fermes les yeux.

Elle se leva et fit face à Yuki Onna, la fusillant du regard :

- Tu n'auras pas pu venir nous voir quand tu as vu qu'il partait ? Je croyais que ton rôle était de le protéger ?

- C'est le cas ! s'écria la jeune fille.

- Alors pourquoi l'avoir suivi en sachant pertinemment que tu ne lui saurais d'aucune aide !

Les queues de le renarde frappèrent violemment le sol, faisant sursauter Tsurara.

- Je suis la mieux placé pour le protéger. J'ai toujours était prêt de lui, je tiens à lui plus que n'importe qui, plus que toi alors…

Elle ne put finir sa phrase. Sous le coup de la peur et de la colère, elle envoya valser la jeune fille à l'aide d'une de ses queues.

- Ne dis pas un mot de plus ! Tu ne sais rien de ce que je ressens pour lui. Et puis ne fait pas comme si tu l'aimais sincèrement, tu n'aimes qu'une partie de lui… Tu n'as d'yeux que pour le yokai qu'il représente, continua Hagoromo Gitsune tout en s'approchant de Yuki Onna qui se relevait péniblement.

Les larmes ne cessaient de couler le long des visages des deux jeunes filles. Hagoromo Gitsune agrippa la jeune fille par le haut de son kimono avant de la soulever.

- Si tu dis un mot de plus, je…

- Ça suffit, les interrompis le grand-père de Rikuo.

La renarde plongea son regard noir de colère dans celui du commandant suprême avant de jeter un peu plus loin Tsurara. Elle s'approcha de nouveau de Rikuo et l'aida à se lever.

- Je le raccompagne.

Ils partirent tout tous les deux. Ni le commandant suprême ni Kubinashi et Kejoro ne tentèrent de l'arrêter.

- Vous pensez que c'est prudent de laisser Rikuo seul avec elle ? demanda le blond.

- Ne t'en fais pas, elle ne lui fera jamais de mal.

- Pourquoi ?

- Tu n'as toujours pas compris malgré ce qu'il vient de se passer, rétorqua Kejoro. C'est pourtant évident.

Elle rejoignit Tsurara et la prit dans ses bras. Son corps était secoué de sanglots et elle ne cessait ne s'excuser.

- Je sais, je sais… murmura Kejoro tout en lui caressant les cheveux.

Pendant ce temps, Rikuo venait d'arriver chez lui. Il fut immédiatement emmener dans la salle de bain où il prit un bon bain chaud avant de rejoindre sa chambre. Il était allongé sur son futon et attendait le retour de la renarde quand il entendit des voix dans le couloir. Il tendit l'oreille.

- Zen ? murmura-t-il

- Je ne vois pas pourquoi je ne pourrai pas le voir !

- Je l'ai déjà expliqué, tenta encore une fois Hagoromo Gitsune. Il ne reconnaît personne, hormis sa mère et son grand-père… et moi.

- Je ne suis pas n'importe qui. Nous sommes frères alors il n'y aura aucun problème.

- Pas au sens stricte du terme alors…

Rikuo fit glisser la porte de sa chambre, faisant désormais face aux deux yokais.

- Zen, tu es arrivé quand ? demanda Rikuo tout à fait naturellement.

Zen s'approcha, l'examinant de la tête aux pieds.

- Tu peux le voir ? demanda la renarde.

Rikuo hocha la tête.

- Je l'avais bien dit, ajouta-t-en se retournant vers la yokai de Kyoto. Viens, je crois qu'on doit parler… seul à seul, ajouta-t-il alors qu'Hagoromo Gitsune s'apprêtait à les suivre dans la chambre du jeune homme.

Il referma la porte sur la jeune femme quelque peu dépité. Elle décida pourtant de les laisser seul. Cela devait faire du bien à Rikuo de pouvoir parler normalement à quelqu'un. Et puis, elle n'avait pas vraiment eu une mauvaise impression de ce fameux Zen, et décida alors de lui laissa une chance. De plus, c'était un des rares qui n'avaient pas vraiment poser de questions sur sa présence ici ou le fait qu'elle restait avec le jeune homme, la plupart du temps au lieu de sa mère.

Yuki Onna, elle, avait aussi trouvé refuge dans sa chambre. Elle se rendait parfaitement compte qu'elle avait mis Rikuo en danger et les paroles de la renarde ne cessait de tourner en boucle dans sa tête : " Tu ne sais rien de ce que je ressens pour lui. Et puis ne fait pas comme si tu l'aimais sincèrement, tu n'aimes qu'une partie de lui… Tu n'as d'yeux que pour le yokai qu'il représente…" Était-ce la réalité ? N'aimait-elle qu'une part de lui.

Le calme revint peu à peu dans la demeure du clan Nura au fur et à mesure que la nuit tombait. Le cauchemar était loin d'être finit pour le jeune dirigeant du clan Nura… Surtout que Rikuo venait de s'en rendre compte de quelque chose qui risquait de poser des problèmes, dans le futur, que ce soit au clan ou à lui-même… Il n'arrivait plus à prendre sa forme yokai. La dernière fois qu'il se souvenait s'être transformé s'était dans un de ses cauchemars… Ce soir-là il s'était réveillé blessé et c'était aussi le soir où Hagoromo Gitsune avait dormi avec lui pour la première fois. Il ne cessa de s'interroger sur le but de ses ennemis et comment il pourrait bien les démaquer sans mettre les autres en danger…