Note de l'auteur : voici la nouvelle vignette. J'espère qu'elle vous plaira. Elle est capitale pour la suite de l'histoire. Adeptes des SS/HG ne désespérez pas, il est bien question de ce pairing dans ma fanfiction, mais disons que nos personnages préférés vont encore un peu souffrir… C'est mon côté un peu sadique qui ressort !
Dixième fragment
Tu presses le pas. Tu reviens plus tard que tu ne le pensais de ton excursion londonienne. Tu as eu le malheur de croiser Narcissia Malfoy chez le tailleur et tu n'as pu refuser son invitation à venir prendre le thé. Un thé amer, agrémenté d'un nuage d'inepties et d'un soupçon de cancans insipides. Tu t'es escrimé pour qu'elle ne te retienne pas à diner. En vain, car Malfoy fils est arrivé et il t'a fallu faire bonne figure. Et maintenant, tu es en retard, résolument en retard même si personne ne t'attend et que tu t'en vas rejoindre l'implacable solitude de tes cachots. En réalité, un paquet de copie patiente sur le coin de ton bureau et tu préfères t'acquitter de l'horrible labeur dans les plus brefs délais.
Tu presses donc le pas et, tout à tes pensées, tu ne les remarques pas tout de suite. Mais leur vue te stoppe net dans ton élan. Cela te fait l'effet d'un coup dans le ventre. Tu as du mal à trouver ton souffle, tu suffoques presque. Ils sont là, tous les deux sur le perron, face à face. Et les rayons de la lune te laissent deviner le moindre de leurs gestes. Il est là, l'infâme Lunard et il lève doucement la main pour aller remettre une boucle sauvage derrière l'oreille droite de Hermione Granger. Ta bouche se fait sèche. Tu la devines qui rougit. Le lycanthrope n'a pas retiré sa main, elle épouse toujours sa joue soyeuse. Ton cœur te déchire la poitrine. Il se penche vers elle, lentement. Et tu as l'impression qu'il n'en finit pas de s'incliner. La certitude de ce qu'il va se passer t'assène le coup mortel. Il vient poser un baiser sur ses lèvres, ses lèvres qui t'appartiennent. Un froid létal t'envahit, aussitôt dissipé quand elle le repousse brusquement. Elle t'a vu. Sa voix vient se briser sur ton nom. Tu restes à la regarder, incapable de bouger, cœur en croix, bouche ouverte. Les mots meurent avant que tu n'aies pu les prononcer. Elle t'implore du regard, espère une parole salvatrice, un pardon improbable. Ses yeux se mouillent de larmes. Elle sanglote des excuses, s'approche de toi pour te toucher. Et le contact de sa main sur ton bras te fait l'effet d'un « enervatum ». Tu t'éloignes et pars sans même la regarder. Tu ne la vois pas s'effondrer dans les bras d'un Lupin résigné…
Alors quel est votre verdict ?
