Bonjour mes chers Cobayes,

J'espère que vous allez bien. ( Ben oui c'est vrai quoi, je vous raconte ma vie mais je vous demande jamais la vôtre. Voilà qui est fait.)

Le titre de ce chapitre représente ma réplique préférée depuis… que j'ai six ans. Elle me permet de justifier à peu près n'importe quoi. Je vous la prête, si vous voulez, essayez-là, elle fonctionne dans toutes les circonstances !


Chapitre 10 : Pour la science.


Lorsque Tony ouvrit les yeux, on l'avait installé sur un fauteuil de cuir tellement confortable qu'il n'eut qu'une envie : s'y rendormir.

- Alors, tête de fer, que te dit ton côté scientifique ? Cette nouvelle expérience est-elle à ton goût ?

Tony analysa la situation. Ou plutôt, il tenta d'analyser. Ses pensées naviguaient dans une brume cotonneuse. Il peinait à focaliser son attention. Si son champ de vision s'était étréci, l'ensemble de ses autres sens demeuraient particulièrement aiguisés. La voix du demi-dieu résonnait dans son cerveau.

- Ou sommes-nous ? Parvint-il à articuler. Ca ne ressemble pas à une bibliothèque.

Pour cause, le lieu tenait plutôt du salon privatif, meublé avec une élégance sobre et faiblement éclairé pour renvoyer une ambiance intimiste.

- Patience, mortel. Ce n'est que l'antichambre. Ton âme est doucement en train de se séparer de ton enveloppe charnelle. La drogue t'aide à supporter cette opération.

- Mais nous ne sommes pas réellement ici ?

- Bien sûr que non. A l'heure actuelle, ton corps dort à côté du mien dans une geôle sinistre. Ton âme, elle, vagabonde on ne sait trop ou…J'aime autant te prévenir : tout ce qui arrive à ton âme est répercuté sur ton corps. Si tu meurs ici, tu ne te réveilleras pas en prison, mais en enfer…

- Charmant, grinça l'ingénieur.

De toutes les substances illicites qu'il avait eu l'occasion de consommer, l'essence grise était de loin la plus incroyable. Il était désormais incapable de maintenir une pensée cohérente plus de quelques secondes. Ce lâcher prise absolu était à la fois agréable et effrayant. Loki semblait s'en amuser et vint s'asseoir délicatement sur l'accoudoir.

- Tu apprécies ?

- Peux pas dire…

Le Jotun, par jeu, effleura du bout des doigts le poignet de Tony. A ce contact, la peau se hérissa, parcourue de frisson.

- Je peux t'aider à pousser cette expérience à ce paroxysme, si tu le souhaites…

- Que… ?

Avant d'avoir pu aligner trois mots dotés de sens, Tony vit une main se tendre vers lui, dans une invitation muette. Loki s'était paré de son éternel sourire énigmatique.

Tony accepta la main tendue, hésitant.

- Je ne suis pas sûr de…

- C'est pour la science, mortel.

Pour la science. Ouais, ça me semble pas mal comme raison.

Une seconde plus tard, sans savoir comment il avait pu arriver là, Tony se retrouvait projeté sur un lit drapé de noir.

Des mains froides glissaient sous ses vêtements, caressaient sa peau, s'approchaient dangereusement de…

-Loki qu'est-ce que tu fous, s'étrangla l'ingénieur, retrouvant brusquement l'usage de sa voix.

- Détend toi un peu, pour une fois, et profite. Vois ça d'un point de vue rationnel si ça te plaît... Tu n'as rien à faire, et rien à perdre. Je te l'ai dit, je t'aide simplement à vivre l'instant jusqu'au bout.

Tony se redressa sur un coude, tentant de repousser le Jotun dans un réflexe machinal.

Sa chemise n'était déjà plus qu'un lointain souvenir abandonnée au pied du lit, et les longs doigts se plaquèrent sur son sternum pour le maintenir couché. Les morsures qui meurtrissaient sa gorge lui procuraient un plaisir insoupçonnés, décuplé par l'essence grise. Un simulacre de rébellion agita un instant ses pensées embrumées.

- Loki arrêtes ça !

Toujours fermement maintenu contre les draps, Tony sentit la bouche divine déposer une ligne de baisers le long de son ventre. Un murmure lui parvint :

- Je te l'ai dit, mortel, je ne suis pas un monstre. Si tu prononces encore le moindre mot, quel qu'il soit, je m'arrêterais.

Cette situation était tout à fait irréaliste et, en toute sincérité, pas aussi déplaisante qu'elle aurait dû l'être. C'était probablement la raison pour laquelle il s'était contraint au silence, fuyant le regard moqueur. Les doigts glacés s'attardaient sur son ventre, ôtèrent sa ceinture. Loki mordait ses lèvres, léchait sa peau, embrassait son torse. Lorsque la bouche de son amant descendit plus bas encore, Tony crut que son cerveau allait exploser. Il sentit l'air lui manquer brusquement, alors que mille sensations décuplées inondaient son esprit.

-Lo…

Mais ses paroles moururent dans sa gorge, coupées nettes par la voix de sa conscience :

« Ta gueule, Tony. Pour une fois, ferme ta gueule. »


Tony se réveilla en sursaut, la bouche sèche et très largement désorienté. En proie à la panique, il peina à reconnaître l'endroit où il se trouvait. Il était exactement dans la même position que lorsque son esprit abandonnait son corps, dans la prison d'Asgard : affalé sur l'épaule de Loki. Il se redressa avec une certaine brusquerie et en grognant, gêné.

Visiblement, ce rêve - il pria un instant que c'en soit bien un - avait eu un effet bien réel sur une certaine partie de son anatomie... Ses souvenirs étaient flous. Qu'est ce qui appartenait au rêve, à la drogue, à la réalité ? Il se leva, confus, dans une pâle tentative de reprendre le contrôle de son corps.

Une fois debout, la splendeur des lieux le frappa de plein fouet.

Devant lui, une seule et unique allée s'étirait jusqu'à perte de vue. Le dôme gigantesque semblait creusé d'un seul bloc, et des milliers de rayonnages avaient été sculptés à même la pierre. Des dizanes de milliers d'ouvrages s'y bousculaient, de toutes tailles et toutes formes. Des échelles en bois noueux s'élançaient à l'assaut des étagères minérales, jusqu'à plus de trente mètres de hauteur.

Un certain vertige envahit Tony. Chacun de ses pas résonnait dans l'immense couloir.

L'ensemble était baigné d'une pâle lueur mauve, qui n'avait aucune source visible et semblait émaner de partout à la fois.

- Bienvenu dans la bibliothèque astrale, tête de fer. Comment c'est passé ton voyage ?

Tony palpa sa peau, surpris du contact réaliste.

- Ça va, éluda-t-il. Pourquoi je peux ressentir alors qu'il n'y a que mon âme ici ?

- Ne pas ressentir te rendrait-fou. Ton âme compense l'étrangeté de la situation en créant des sensations. Fais attention, si tu meurs ici…

- Je sais, je meurs là-bas répondit-il machinalement.

Loki haussa un sourcil intrigué.

- Comment le sais-tu ?

Tony le fusilla du regard.

- C'est toi qui me l'as dit… en quelques sortes. Bon, on commence ?

Fuyant clairement cette conversation, Tony s'approcha du premier rayonnage. Il sentit Loki se glisser dans son dos et murmurer à son oreille, moqueur :

- Je donnerais cher pour savoir ce dont tu as rêvé cette nuit, mortel. Les rêves d'essence grise sont réputés être particulièrement révélateurs des peurs et des envies les plus profondément enfouies dans l'inconscient humain...

Tony garda le silence alors que le demi-dieu se dirigeait vers le registre millénaire trônant sur un autel de marbre en plein centre de l'allée.

Tony Stark possédait un caractère têtu.

Vraiment, têtu.

Et fier. Et orgueilleux.

Malheureusement, cette juxtaposition de traits de caractère n'était pas toujours une combinaison heureuse.

Surtout pour sa survie.

Il donnait volontiers son adresse personnelle à ses pires ennemis, tournait en dérision la moindre situation sérieuse, et surtout, surtout ; il détestait qu'on lui dicte sa conduite.

Il détestait particulièrement que le bon sens lui dicte sa conduite.

Or, le bon sens et la raison étaient intransigeants à ce sujet : avoir des relations sexuelles avec un ennemi, c'est mauvais pour ton espérance de vie.

Et Tony, fidèle à lui-même, se comportait comme le gamin rebelle qu'il était.

Je ne peux pas avoir ça ? Je ne peux pas l'avoir, c'est interdit ? C'est dangereux ?

Je le veux.

Voici la conclusion à laquelle l'Ingénieur était arrivé. Ça ne pouvait être que ça.

Il pouvait avoir le monde à ses pieds. Il était séduisant, riche, brillant et un tombeur de femmes. Et s'il l'avait voulu, un tombeur d'hommes.

Il pouvait avoir tout le monde.

Sauf bien évidement un dieu d'Asgard qui jouait dans le camp d'en face et avait failli détruire New York.

Ça, il ne pouvait pas. C'était immoral. C'était interdit. Ça pouvait lui coûter ses amis, sa carrière, son intégrité physique.

C'était pour ça qu'il avait rêvé de… ça.

- Tu pourrais m'aider, l'interpella l'Asgardien, le tirant de ses pensées.

Tony s'approcha à contrecœur du registre. Ce dernier mesurait plus d'un mètre d'épaisseur.

- Chaque ouvrage est répertorié ici. Malheureusement pour nous, leur emplacement est décrit sous forme d'une énigme. La première difficulté consiste à trouver l'ouvrage, et il nous faudra ensuite résoudre l'énigme.

- Tu es au courant que la deadline des fantômes est dans moins de quarante-huit heures ? On n'y arrivera jamais !

Loki leva les yeux au ciel.

- Au lieu de te plaindre, stupide créature, aide-moi. Ca multiplie déjà nos chances par deux. Enfin, au vu de tes capacités, plutôt par un virgule un, mais tu vois ce que je veux dire. Nous cherchons « Typographie des sciences occultes des limbes aux premières arcanes.»

Un « va te faire foutre» sonore lui répondit alors que Tony se lançait à la recherche de l'ouvrage en question.


Le fils d'Odin observait, silencieux, son frère et l'homme de fer.

Les deux s'étaient endormi peu après leur arrivée en cellule.

- Réveillez-les, nous allons les interroger.

A leur capture, les deux intrus s'étaient murés dans le plus profond mutisme. Pour bien connaître l'un et l'autre, Thor était quasi sûr qu'ils ne lâcheraient pas le morceau.

Mais tout de même, qu'est-ce que Tony Stark pouvait bien faire ici, à Asgard, avec le prince félon ? Il ne semblait pas sous la contrainte. En tous cas, pas physiques avec Loki, il fallait se méfier.

C'était cela, probablement. Le sorcier avait hypnotisé l'humain, mais dans quel but ?

Évidemment, Thor s'était empressé de donner des nouvelles aux autres Vengeurs, tout aussi surpris que lui par le retournement de la situation. Steve Rogers n'avait accepté d'y croire qu'après avoir été emmené à Asgard.

Depuis, il demeurait, médusé, assis face à la prison qui retenait l'improbable binôme.

Thor s'approcha de lui et lui tapota gentiment l'épaule.

Ce qui, pour un dieu, revient à broyer les os sans s'en rendre compte.

- Je vais entrer dans cette cellule, ami soldat, et poser des questions. Si tu souhaites m'accompagner…

Steve hocha lentement la tête.

Avec mille précautions, els gardes déverrouillèrent les sécurités qui garantissaient l'inviolabilité de la geôle. Heureusement, la présence de Thor possédait quelque chose de rassurant.

- Loki, Stark, réveillez-vous.

L'absence complète de réaction des deux hommes poussa Thor à réitérer sa demande, plus fort.

Sans succès.

Il s'approcha de son frère pour le secouer sans ménagement.

Le traitement eut comme unique effet de faire glisser le sorcier au sol, suivi de près par Tony.

Alarmé, Steve Rogers s'approcha à grands pas. Sa main se dirigea vers le cou de Tony – on y devinait encore les cicatrices laissées par Loki lors de son évasion-.

Les pupilles du super soldat s'agitèrent en découvrant le pouls quasi inexistant de l'ingénieur.

- Thor, un médecin. Vite.


Voilà pour aujourd'hui !

Je vous embrasse,

A très vite,

Laukaz.