C'est le plus long chapitre que j'ai écris, j'ai développé un grand aspect psychologique et puis le lemon, c'était duuuuur, quoi ! Attention, j'alterne les POV entre Harry et Draco
Bonne lecture !
Chapitre 10
Skyfall
Cinq mois plus tard.
Harry est méga stressé. Son cœur bat la chamade et il a les mains moites, la cuillère en bois qu'il tient n'arrête pas de glisser. Aujourd'hui, c'est leur six mois ! C'est sa relation la plus longue jusqu'à présent, en fait c'est sa première vraie relation les autres n'avaient été que des plans cul ou des coups d'un soir.
Souriant niaisement devant le repas qu'il prépare, Harry regarde avec amour le risotto qui cuit. Puis, il pense à Draco et son sourire s'élargit. Il l'aime tellement ! Il dégouline de guimauve, son cœur est un bonbon tout rose et brillant. C'est la première fois qu'il est aussi amoureux, et heureux, le seul nom de son chéri suffit à lui donner le sourire. Il a emménagé seul depuis un mois maintenant, il alterne entre la totale solitude avec les volets fermés, le téléphone coupé et une provision assez conséquente de nourriture pour geeker pendant plusieurs jours et sorties avec Draco ou ses nouveaux amis – non, amis, tout court. Ces moments-là sont comme des moments au Paradis. Oui, Harry vit sur un petit nuage. Et puis, pour leur six mois, il avait sorti le grand jeu !
La musique le sort de ses pensées pleines d'amour. Le métal (1) n'était pas vraiment une musique propice aux rapprochement, et plus si affinités. Parce que oui ! Ils allaient le faire ! Pendant leur six mois de relation, Harry avait tout fait pour mettre Draco en confiance, de ne pas le forcer, d'arrêter quand celui-ci le demandait et de ne pas être insistant niveau sexe – même si parfois, c'était dur. Alors, oui, certes, dès fois, son cerveau court-circuitait et il se mettait à tripoter Draco sans que celui-ci ne l'ai demandé mais il s'arrêtait toujours avant que ce en soit trop tard. Il est un homme avec des hormones débordantes d'énergie, il ne peut pas se maîtriser tout le temps même s'il est l'Élu (du cœur Draco).
La sonette le sort de sa torpeur et l'odeur de son risotto trop cuit parvient jusqu'à ses narines. Merde. Mais ce n'est pas grave ! Si l'amour rend aveugle, alors les papilles sont anesthésiées !
x x x
Draco est en train de prendre sa douche pendant que Harry pianote sur son téléphone, allongé en travers du lit. Le brun l'imagine nu sous la douche et il frétille déjà. Le repas avait été délicieux (malgré le riz un peu collant), le dessert aussi, son amoureux lui avait apporté des fleurs – des roses rouges –, tout avait été parfait ! Et le reste de la soirée le serait aussi. Tel un mantra, il se répète qu'il faut qu'il soit doux, compréhensif, patient, etcs. Draco ne le regretterait pas ! Jamais !
Le blond sort alors de la douche, un simple peignoir sur le dos et les cheveux bien peignés sur le côté, lui donnant l'air d'un garçon sage. Harry avale sa salive et se redresse lentement sur le lit.
« Purée, Draco... Même en peignoir, tu me fais de l'effet ! C'est pas incroyable ça ? »
Le visage de Draco, d'abord crispé, se détend légèrement. Harry fait très attention à ne pas dire « j'ai envie de toi », car cela lui rappelle Tom. Draco s'assoit précautionneusement sur le bord du lit et tourne une mèche platine en ses doigts.
« J'ai peur.
- J'ai peur, » (2) lui répond Harry.
Draco lui fait un sourire mélancolique et Harry prend son visage en coupe, lui embrasse le bout du nez, puis le front et enfin ses lèvres.
« N'aie pas peur, mon amour. Ça va bien se passer. Si tu veux pas, on le fait pas. On est pas obligé de faire ça maintenant, » renchérit même Harry à contrecœur. Lui, il a envie de le faire là maintenant.
En guise de réponse, Draco l'embrasse simplement. Puis sans trop savoir comment, ils se retrouvent l'un sur l'autre à moitié dénudé. C'est bizarre, pense Harry, on était en train d'écouter de la musique puis on se retrouve à moitié à poil. La magie existerait-elle donc ? Le brun n'arrive pas à lire dans son petit-ami, la dernière phrase qu'il avait dite était « J'ai peur », cela a de quoi le perturber. Draco semble sentir son trouble, et toujours sans un mot, il s'assoie à califourchon sur lui. D'abord émerveillé, Harry retrace ensuite de la pulpe du doigt les abdominaux à peine voyants, passe sur les côtes apparentes et les clavicules saillantes.
« T'es magnifique, tu le sais, ça ? Et t'es mon homme à moi seul, » murmure Harry, ému.
Sa tête est pleine de désir mais aussi d'amour pour Draco – et aussi d'interrogations. Il se demande vraiment si son petit-ami a envie de lui, s'il ne se force pas une énième fois ? Harry bande comme un fou, mais il ne sent rien du côté de Draco. Cependant, le regard du blond se pose sur lui, le réconforte et le rassure. Durant leurs six mois, il s'est renseigné sur l'asexualité et il s'avère que même si les asexuels ne ressentent pas de désir, ils peuvent néanmoins apprécier l'acte car ils leurs procurent des sensations agréables. Être en couple avec un asexuel ne signifie donc pas forcément la fin du sexe entre eux, car certains pouvaient aimer ça. Le problème, c'est que Draco a peur du sexe et du coup ne l'aime pas. Harry lui a déjà fait changer sa vision sur les préliminaires et les tripotages mutuels, peut-être qu'il réussirait pour le reste. Il l'espère en tout cas !
A présent, Harry appuie franchement sa main sur le torse de son petit-ami, savourant le contact de la peau veloutée contre sa paume. Il a envie de répéter à l'infini à quel point Draco est beau, désirable et qu'il l'aime à la folie, cependant il préfère se taire pour le moment, de peur de l'effrayer. C'est au tour de Draco de s'intéresser au torse de Harry, il ne lui a jamais dit – au grand regret de Harry – mais le brun est sûr que son chéri adore son corps, au vu de son regard gourmand.
Le corps de Harry s'enflamme au contact de la peau de Draco sur la sienne, il a une érection depuis le début de la soirée et envie de son petit-ami depuis leurs premières semaines de relations. Comme s'il lit dans ses pensées, Draco descend le long des cuisses de Harry et s'assied au milieu, jaugeant d'un œil circonspect la bosse qui déforme son caleçon. Pendant un moment, il se mordille les lèvres avant d'appuyer du bout des doigts sur le renflemeng, et cela suffit à faire frémir Harry.
« T'es vachement sensible, dis donc, » ricane Draco, semblant avoir repris contenance.
Harry se contente de grogner. La main se Draco se glisse sous la barrière de tissu et attrape franchement la virilité de Harry, qui tremble à nouveau. Il entend le blond ricaner une nouvelle fois lui, il ne trouve pas ça drôle, il veut juste que Draco continue ce qu'il fait et qu'il se libère. C'est tout ce qui compte pour le moment.
La main de Draco glisse d'abord timidement sur son membre, avant de prendre ses marques et de trouver le mouvement qui fait frémir Harry. Pour le brun, le monde n'existe plus, il n'est plus que plaisir et volupté. Il aimerait bien sentir autre chose que la main de son chéri, mais Draco est totalement contre cette idée. Peut-être qu'un jour, il acceptera enfin de le... sucer. Merlin, en plus, il adore ça, c'est frustrant. Oh... tout compte fait... il sent – il en est sûr – la langue, la bouche de Draco entourer son gland et commencer de timides vas-et-vients. Les draps froissés entre ses doigts, Harry est perdu au milieu de sensations. C'est encore meilleur quand c'est Draco qui le fait. La magie existe !
« Gnn... je vais venir... Draco ! halète Harry.
C'est à ce moment-là que tout s'arrête encore la tête dans les vapes, Harry se redresse sur un coudes pour découvrir Draco qui se marre silencieusement. Ce con le frustre intentionnellement ! Harry le tire par les pieds et lui chatouille les côtes et les aisselles, des larmes perlent sur les joues pâles, heureusement elles sont dû au rire. Penché au dessus de Draco, Harry ondule imperceptiblement des hanches et le blond se marre. Son érection lui fait mal, il n'est plus que désir. Il s'apprête à dévier entre les cuisses de son petit-ami mais sa poigne de fer l'en empêche, il relève les yeux vers le blond, qui lui fait « non » du regard.
« Draco, » murmure t-il, incapable de dire autre chose.
Alors le blond s'allonge complètement sur le lit et tire Harry contre lui dans une longue étreinte. Celui-ci le sent trembler contre son torse, il lui caresse le dos dans une tentative d'apaisement. Il voudrait lui dire que tout va bien se passer mais, effrayé que d'autres mots ne sortent de sa bouche, du genre « viens-là que je te prenne, j'en ai trop envie, bordel de mes couilles ! », il préfère se taire. Draco lui fait un sourire encourageant et Harry sait qu'il peut commencer. D'une main, il caresse la virilité de Draco pour la faire durcir et de l'autre, il caresse l'anneau de chair. Le blond a un soubresaut quand Harry le pénètre d'un doigt, juste après l'avoir enduit de lubrifiant. Trouver sa prostate et qu'il arrête de faire la grimace, se répète Harry. C'est un peu chirurgical, mais il ne doit pas faire d'erreurs, la pression que tout se passe le mieux dans le meilleurs des mondes possibles pour Draco ne laisse pas de place à la fougue et à la passion. La prochaine fois peut-être.
Introduisant lentement son majeur, il sent le sexe de Draco se redresser dans sa main. Harry s'autorise à respirer un instant avant de commencer de petits mouvements de ciseaux. Son chéri à un autre soubresaut quand il effleure un point à l'intérieur de lui. Harry se mord les lèvres pour ne pas demander si c'est réellement sa prostate, l'expression d'extase fugace sur son visage ne laisse aucun doute. Il insère alors le troisième et dernier doigt quand il sent Draco suffisamment détendu. Prenant sa revanche, Harry s'amuse à effleurer son point sensible par intermittence, pour le frustrer et c'est à son tour de se marrer.
« T'es... méchant avec... moi ! V-vilain ! » baragouine Draco, son dos s'arquant lentement.
Harry se mord franchement les lèvres pour ne pas de éclater des rire et vexer Draco. Son manège est trop mignon. Le brun ressort ses trois doigts et cherche l'approbation de Draco quand il présente son sexe érigé devant son entrée. Merlin, je mouille...
« Comme une fille ! » s'exclame Draco comme s'il avait lu dans ses pensées.
Harry a un sourire en coin et étale son liquide sur l'anneau de chair qui se contracte sous la pulpe de ses doigts. Ça a le don de l'exciter encore plus. Draco lui agrippe la main, y plante ses ongles quand il pousse la tête de son sexe à l'intérieur de lui, et Harry sursaute, s'arrachant brutalement à son monde de volupté.
« Qu'est-ce que... ?
- Je veux pas être le seul à souffrir en fait, explique Draco, hilare. Mes ongles te dérangent pas, j'espère ? parce que même si c'est le cas, je les enlèverai pas, continue t-il tandis que son sourire moqueur s'élargit.
- Connard, » chuchote Harry en s'enfonçant d'un coup.
Le blond a un nouveau spasme et son visage se tord de douleur. Harry regrette instantanément son geste et s'apprête à lui demander pardon quand Draco parle à nouveau :
« Tu sais que je vais devoir te casser la main pour ça ?
- Tant que ça ?! s'affole le brun.
- Je suis clément : seulement deux doigts. Puis je te ferais un bisou magique après. »
C'est la phrase que Harry attendait, il se penche vers lui et embrasse sa clavicule et entamant un doux mouvements de vas-et-vients. La sensation est encore plus géniale que ce qu'il avait pu imaginer.
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Merlin ! À chaque fois que Harry frappe sa prostate, il voit des étoiles et une sensation de bien-être l'envahit. Pourtant, au fond de Draco, une bataille fait rage. Il avait fait vœu de chasteté après avoir rompu Tom. Son tatouage signifie que plus jamais il ne le laisserait faire, qu'il n'aurait plus jamais de sa vie de relations forcées avec qui que ce soit. Il avait eu aussi cette phrase en tête tandis que les aiguilles trouaient sa peau : « On peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres... Il suffit de se souvenir d'allumer la lumière. », il ne fallait pas qu'il perdre espoir, un jour, il trouverait quelqu'un qui le respecterait.
Non ! Il ne fallait pas qu'il pense à Tom sinon... Son esprit revient lentement à son corps, et les sensations physiques lui parviennent, la douleur prend le pas sur son fugace plaisir. Même si Harry touche son point sensible, il a mal, ça le brûle de l'intérieur et ça lui tirerait quelques larmes s'il le laisserait aller. Merde, merde, meeeeeerde ! Il faut qu'il pense à quelque chose de plaisant. Alors il s'imagine dans la nature, dans la campagne, sur une barque au milieu de l'eau. Seul au monde et sans douleur.
Harry s'active au dessus de lui, ce n'est même plus la peine de plaisanter avec lui, il est perdu dans son monde de volupté. Dans un geste fait trop de nombreuses fois, Draco fixe le plafond et attend que cela se finisse.
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Harry atteint le point de non-retour, son corps et son membre fourmillent, n'attendant que l'orgasme salvateur et dans un râle, il se libère et jouit en son petit-ami. Les étoiles explosent dans sa tête, il tremble et presse plus fortement les hanches de Draco. Une fois la tension partie, il se retire et s'affale à côté de Draco.
« Merlin ! » s'écrie t-il simplement. « Bordel de mes couilles de Merlin !... Maaais, Draco, toi, t'as paaas jouiiit..., commence Harry d'une voix pâteuse en se relevant difficilement.
Draco bloque sa main qui s'avançait vers lui et recouche Harry de force.
« T'inquiètes pas, j'ai ressenti du plaisir, c'est le principal. »
De toute façon, ça arrange Harry qui est trop épuisé pour faire quoique ce soit d'autre, son blond lui fait un tendre sourire et enfouit sa tête contre son épaule et l'entoure de ses bras. C'est ainsi qu'ils s'endorment, Harry apaisé et Draco qui remue encore de sombres souvenirs.
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Attendant que Harry se soit endormi, Draco se relève et allume une cigarette dans le salon. Une odeur de risotto flotte encore, beaucoup plus plaisante que celle de la chambre, que l'odeur du sexe. Attrapant une cuillère propre et posant le plat de riz sur ses genoux, Draco fume, mastique et réfléchit (eh oui, mesdemoiselles ! Un homme peut faire plusieurs choses en même temps !).
Il en vient à l'amère conclusion qu'il est vraiment asexuel et qu'il ne trouve aucun intérêt à avoir du sexe. Il voit le septième ciel en mangeant du risotto plutôt qu'en faisant quelque chose d'intime avec Harry. Merde, pense t-il simplement en avalant sa bouchée. En plus, son érection n'avait été que mécanique, c'était une réaction de son corps parce qu'il était stimulé et non parce qu'il était réellement excité. En plus, ça m'a fait mal. C'est naze le sexe. Quel intérêt les êtres humains trouvent-ils à se frotter les parties génitales en poussant des râles ? Draco ouvre le frigo et trouve les restes de fraisiers du soir. Quitte à avoir fini le risotto, il peut aussi bien faire pareil pour le gâteau.
Il a une nouvelle pensée pour Tom. Au début, leur relation était magnifique : ils étaient jeunes et amoureux, c'était platonique et tendre entre eux. Puis, ils avaient fait leur première fois, et c'est là que Draco s'était rendu compte qu'il avait peut-être un « problème ». Bien qu'il soit totalement amoureux de son ami, il n'avait rien ressenti de spécial durant leur première fois, puis il s'était rendu compte qu'il n'avait jamais eu envie de coucher avec lui (ou alors, même s'il l'avait imaginé, l'idée de passer de l'abstrait au concret le dégoûtait). Ensuite, Tom s'était fait plus pressant, plus demandeur. C'était au bout du sixième mois que leur relation avait commencé à mal tourné : Draco se forçait à coucher, Tom se fichait de savoir si le blond avait envie ou pas et ça faisait mal, tellement mal, il en pleurait de douleur. Puis, il avait totalement lâché prise : il ne disait plus rien, il ne repoussait plus les mains baladeuses et les avances de Tom : il passait en mode zombie et déconnectait son cerveau lorsqu'il était allongé.
L'intérêt de Draco pour la chose, déjà pas très grand, avait encore diminué. Le désir pour quelqu'un, vouloir coucher avec une personne et le plaisir que l'on tirait de l'acte sexuel n'était que des concepts très abstraits pour Draco. Il n'arrivait pas à comprendre. Et puis avec Harry, leur relation finirait comme celle qu'il avait eu avec Tom. Il avait perdu foi en l'être masculin ; un asexuel dégoûté du sexe et un sexué qui aimait ça (le sexe), ça ne pouvait pas marcher. Vraiment pas. Les rapports forcés l'avait rendu haptophobe et lui avait fait haïr les hommes, il ne se lancerait pas dans une autre relation de ce genre de sitôt. Il sait déjà comment tout ceci va se finir...
Je suis pas dans la merde, se répète t-il avant d'attaquer le fraisier. Manger du gâteau, c'est quand même mieux que de tremper sa nouille dans un trou. En plus, Draco ne croit pas en « l'amour-toujours ». En vérité, pendant les premières semaines de sa relation, il avait été persuadé qu'il passerait sa vie avec Harry, qu'il était LE bon, l'Élu, celui qui avait réussi à le toucher et même plus... ! Néanmoins, à cette époque, l'idée d'avoir du sexe avec Harry le dégoûtait et lui faisait peur, mais cela n'était pas insurmontable. Harry n'était pas asexuel, alors un jour, Draco devrait passer à la casserole, il le savait. C'était un espèce de deal muet entre eux : Harry bridait ses pulsions sexuelles pour ne pas sauter sur son petit-ami et Draco faisait un effort pour ne pas dire non à « tout », c'est-à-dire aux préliminaires. Bien sûr, il y avait eu quelques ratés, comme Harry qui forçait quelques peu Draco ou ce dernier qui éclatait en sanglot une fois l'orgasme passé, et maintenant leur première fois...
Tom attrapa Draco par les cheveux et lui présenta son sexe mou devant ses lèvres. Le blond eu une grimace, il était trop près, il n'aimait pas la vue, il n'aimait pas l'odeur, il n'aimait plus Tom, il le haïssait, il aurait voulu le tuer. Pourquoi restait-il avec lui d'ailleurs ?
« Je veux pas te sucer, Tom, dit franchement Draco.
- Oh d'accord. »
Un instant, Draco crût qu'il allait être tranquille. Qu'il allait pouvoir dormir en paix, sans faire quoique ce soit de sexuel ce soir. Merlin merci ! Puis Tom, le força à s'allonger et avec les dernières forces qu'il lui restait, déjà trop utilisé pour lutter contre le sommeil, Draco s'agita et essaya de bloquer les mains de Tom. Celui-ci lui fit son habituel sourire sardonique et prit son sexe en bouche. Les larmes coulèrent sans qu'il puisse vraiment y faire quelque chose, Draco renversa la tête en arrière, fixant un point sur le plafond et mobilisa toute son énergie mentale à bloquer son plaisir. Malheureusement, son corps fut plus fort que son esprit, la stimulation avait engendré une réponse mécanique : il bandait, même si son esprit était contre.
Insérant directement deux doigts en lui et presque sans lubrifiant, Tom prenait son pied. Quand il estima que Draco fut prêt, il s'enfonça d'un coup et grogna sous la décharge de plaisir. Draco commença à s'agiter, subitement sortit de sa transe.
« Eh ! Non ! Tom, je t'en supplie, j'ai envie de pisser !
- T'inquiètes pas, Dray, t'inquiètes pas..., murmura Tom en continua ses vas-et-vients brutaux.
- Arrête ! faut que j'aille pisser ! cria Draco en ruant.
Impossible d'échapper à la poigne de l'autre. En plus, tandis que d'une main, il maintenait Draco au matelas, de l'autre, il commença à pomper son sexe, qui avait subi un coup de mou.
« Arrête..., » murmura une dernière fois Draco. Rien à faire.
Et comme toutes les fois, il attendit que cela se passe, puis une fois fini, il couru aux toilettes.
Ne pas y penser, ne pas y penser... se martèle Draco tandis qu'il sent tout ce qu'il vient d'avaler prendre le mauvais chemin. Il se précipite aux toilettes et tout ressort, amer, acide, en bouillie. Comme ses larmes, comme son âme.
Je suis vraiment dans la merde.
x x x
(J'ai une musique à vous proposer pour pleurer : O'Children de Nick Cave ou The boy who blocked his own shot de Brand New, ou même Blind de Placbo. D'accord ça fait 3)
Le lendemain matin.
Le réveil a été dur, il lui faut vraiment une douche froide pour se réveiller, sinon il va dormir toute la journée. Pas que ça le dérange, mais ils ont une sortie au cinéma pour voir le nouveau film d'horreur qui vient de sortit. Il vient de finir de se laver, il s'apprête à se sécher quand Draco l'interpelle, derrière la porte.
« Harry ! Je peux te parler !
- Ouais, mais entre, non ? demande Harry en nouant la serviette autour de ses hanches.
- Non, vaut mieux pas... »
Harry s'appuie contre l'évier, son estomac se serre, il a un mauvais pressentiment. Quelque chose de grave va se passer, la pire de toutes étant que Draco le quitte. Pourtant, tout s'était bien passé hier – bon, il y avait bien eu un moment où son cerveau avait déconnecté et qu'il s'était emporté par son désir, il n'y avait alors plus rien qui avait eu d'importance sauf son pénis entrant et sortant. Il perçoit du mouvement derrière la porte, Draco semble s'asseoir alors Harry fait de même. Il se plaît à penser que son petit-ami est dos à la porte, comme lui, qu'ils se touchent presque.
« Oui ? demande Harry d'une toute petite voix, inquiet.
- Tu sais que notre couple durera pas éternellement ? »
Harry déglutit. Il pense exactement le contraire. Et dur comme fer. L'option de la rupture n'étant que pour les faibles : avec Draco, ils surmonteraient tous les problèmes ensembles plutôt que de fuir, plutôt que de casser. C'était évident, ils étaient fait pour être ensemble. Pourquoi il lui dit ça maintenant, d'ailleurs, juste après leurs six mois de relation ? Que s'était-il donc passé dans la tête de son chéri ?
« M-moi, j'espère que oui, dit péniblement Harry. Je... je voudrais que ça dure éternellement, j'ai peur d'être seul, j'ai peur d'être sans toi.
- Moi aussi, dit Draco après un long silence. Mais j'ai eu de la chance de tomber sur toi, j'aurais pu trouver pire, quelqu'un comme Tom. Même si on a eu quelques ratés, je suis heureux de t'avoir eu. »
Merde, pourquoi employait-il le passé ? Harry a l'impression d'être dans la quatrième dimension. Ça n'est pas réellement en train de se passer, n'est-ce pas ?
« Peut-être que t'es pas asexuel ! s'écrie soudainement Harry. C'est peut-être la peur qui prend le dessus sur tout et anesthésie tout.
- Non... ça me dégoûte de le faire, de l'imaginer. Je trouve ça sale et inutile. Une relation avec du sexe, c'est pas pour moi. J'y trouve aucun intérêt là-dedans.
- Je veux te garder près de moi, souffle Harry, au bord des larmes, les pièces du puzzles se mettant lentement en place.
- J'aurais aussi aimé, » murmure Draco.
Non... Pourquoi le passé ?! Harry ne veut pas y croire. Il voudrait tant déverrouiller la porte en enlacer Draco, mais il est tétanisé contre le sol. Que s'est-il donc passé cette nuit pour que Draco lui dise ça ?
« Alors... j'espère que... tu trouveras quelqu'un comme toi, balbutie Harry.
- Je ne veux trouver personne d'autre que toi, Harry. Mais c'est impossible...
Pitié, faites que tout cela ne soit qu'un cauchemar. Pitié, qu'il me dise qu'il m'aime et...
« Je veux qu'on reste amis. Sincèrement. Je veux pas te perdre...
- Alors, c'est... fini ? » bafouilla Harry, la voix tendue. Son cœur explose dans sa poitrine, l'air lui manque.
« Oui. Oui. Oui... J'ai jamais voulu que ce soit comme ça – la voix de Draco part dans les aigus, se brise quelques instants. Harry l'entend respirer fortement avant qu'il ne reprenne : – J'ai jamais voulu te faire du mal... Pardon, Harry, pardon, mille fois pardon... Harry, réponds-moi, s'il te plaît ?
Mais Harry ne pipe mot. Les yeux écarquillés et la bouche entrouverte, il tremble. Qu'avait-il fait de mal ? Pourquoi maintenant ? Il pourrait faire mieux la prochaine fois, si Draco lui accordait une seconde chance. Il entend du mouvement derrière la porte, Draco se lève.
« J'ai jamais voulu ça pour nous deux, Harry. S'il y avait un moyen de changer les choses, je le ferais. Tout... tout est de ma faute. Entièrement. »
Les membres de Harry tremblent sans qu'il puisse y faire quelque chose, son cerveau tourne à vide. Oh Merlin. Que venait-il de se passer ?
x x x
Il s'était levé vers midi prendre sa douche, croyant que Draco dormait encore. Alors que celui-ci passait en boucle la nuit passé, ce qu'il allait dire et le chamboulement qui allait suivre. Il s'était installé devant la porte et avait attendu que Harry finisse sa douche. Il avait patiemment attendu le bruit qui signifierait que Harry était en train de se sécher. C'est lâche de lui parler comme ça mais il n'avait pas le choix, sinon il flancherait, sinon il s'effondrerait.
« Harry ! Je peux te parler ? » demande doucement Draco, les mains posées contre la porte. Sa voix tremble déjà, ses yeux sont mouillés de larmes et il n'a même pas encore commencé les choses sérieuses.
« Ouais mais entre, non ?
- Non, vaut mieux pas... »
Sa voix a tremblé sur la dernière phrase. Il a envie de serrer Harry dans ses bras, de lui caresser la tête et de lui dire que tout va bien aller. Mais s'il fait ça, tout tombe à l'eau. Cette situation, lui asexuel et Harry sexué, n'est plus vivable, à long terme cela va détruire Harry. Ça ne peut pas marcher.
« Oui ? demande Harry d'une toute petite voix.
- Tu sais que notre couple durera pas éternellement ? »
Draco déglutit et s'assoit pour éviter de s'effondrer par terre. La réponse de Harry lui fait peur ; un jour, il lui avait dit qu'il resterait ensembles pour toujours, l'option de la rupture n'étant que pour les faibles : avec Draco, ils surmonteraient tous les problèmes ensembles plutôt que de fuir, plutôt que de casser, Harry en était persuadé, il y croyait dur comme fer et Draco y avait cru aussi, avant de se rendre compte que non. Non, l'amour ne durerait pas toujours ; non, un couple ne durait pas toute une vie. Non, ils n'étaient pas fait pour être ensemble. Ils se complétaient d'une certaine manière mais ils étaient trop différents.
« M-moi, j'espère que oui, dit péniblement Harry. Je... je voudrais que ça dure éternellement, j'ai peur d'être seul, j'ai peur d'être sans toi.
- Moi aussi, finit par avouer Draco après un long silence. Mais j'ai eu de la chance de tomber sur toi, j'aurais pu trouver pire, quelqu'un comme Tom. Même si on a eu quelques ratés, je suis heureux de t'avoir eu. »
Et ça, il le pensait vraiment. D'accord, Harry n'était pas parfait ; d'accord il y avait des choses qui le dérangeait fortement chez lui ; d'accord, quelques fois Draco s'était forcé à se laisser tripoter mais il aurait pu tomber sur pire. Harry avait été (presque) parfait.
« Peut-être que t'es pas asexuel ! C'est peut-être la peur qui prend le dessus sur tout et anesthésie tout.
- Non..., lâche Draco dans un souffle . Ça me dégoûte de le faire, de l'imaginer. Je trouve ça sale et inutile. Une relation avec du sexe, c'est pas pour moi, explique patiemment le blond. J'y trouve aucun intérêt là-dedans.
- Je veux te garder près de moi.
- J'aurais aussi aimé, » murmure Draco.
Ses yeux le brûlent puis les larmes finissent par couler sur ses joues, entendre la voix brisée de Harry, lui dire toutes ces choses le poignarde. Il n'aurait jamais pensé que ça serait aussi dur.
« Alors... j'espère que... tu trouveras quelqu'un comme toi. »
Il ne veut jamais trouver personne d'autre, il veut juste Harry. Il veut juste lui et Harry ensemble, mais en différent. Et si Draco n'avait pas été haptophobe, et asexuel, et si Harry avait été moins maladroit, peut-être que...
« Je ne veux trouver personne d'autre que toi, laisse échapper Draco. Mais c'est impossible... »
Il voudrait juste dire à Harry qu'il l'aime. Ses sentiments, qu'ils croyaient ternis, se ravivent et lui explosent en pleine figure. Draco entrouvre la bouche, les mots prêts à sortir puis se ravise. C'est pour le bien de Harry, leur bien, qu'il fait ça. Sinon, ils vont se détruire. Le blond soupire.
« Je veux qu'on reste amis. Sincèrement. Je veux pas te perdre...
- Alors, c'est... fini ? »
Sa phrase fait couler de nouvelles larmes sur ses joues pâles. Il lui semble qu'il pleurera pour le restant de ses jours. C'est comme si les battements de son cœur ralentissent, c'est comme si la vie le quitte en même tant qu'il s'éloigne de Harry.
« Oui. Oui. Oui... J'ai jamais voulu que ce soit comme ça... » Sa voix part dans les aigus, il lutte pour ne pas renifler et éclater en sanglot. Frapper la porte et se taper la tête contre un mur. Son cœur lui martèle d'arrêter ce massacre, d'ouvrir la porte et d'enlacer Harry, de le serrer fort contre lui. De lui dire que même s'il pensait ce qu'il venait de dire, il voulait rester à tout jamais avec lui, il ne voulait personne d'autre. Et sa raison insiste sur le fait qu'il avait fini par pleurer après l'acte, ou les préliminaires, qu'il détestait le sexe, que d'une certaine manière Harry lui imposait des rapports comme Tom le faisait et qu'il fallait vraiment qu'il se casse de cette relation avant de faire un meurtre ou un suicide. Draco inspire brusquement et plaque ses mains sur ses yeux , dans une vaine tentative pour stopper ses larmes. « J'ai jamais voulu te faire du mal... Pardon, Harry, pardon, mille fois pardon... Harry, réponds-moi, s'il te plaît ? »
Mais Harry ne pipe mot et Draco s'arrache les cheveux, à deux doigts de se griffer le visage. Il se hait. Une douleur sourde lui vrille la poitrine, son cœur ne bat plus. Harry lui manque déjà, il a instauré des milliers de kilomètres entre eux.
« J'ai jamais voulu ça pour nous deux Harry. S'il y avait un moyen de changer les choses, je le ferais. Tout... tout est de ma faute. Entièrement. »
Draco se relève, ses jambes trembles, sa vision vacille. Il ramasse lentement ses affaires et sort silencieusement de l'appartement. Une fois à l'extérieur, il s'autorise à craquer librement et à éclater en pleurs. Il se recroqueville et se tire les cheveux, il voudrait ricaner de sa bêtise, de sa faiblesse, de l'impression d'être une animal blessé, cependant seul un son étranglé franchit ses lèvres. Oh Merlin. Que venait-il de faire ?
(1) Zetsubou Billy de Maximum The Hormone, je l'adore
(2) Reprise d'une chanson de Bigflo et Oli, Le bijoutier
