Bonjour !
Oui, j'ai une semaine de retard, et je m'en excuse. Vraiment. Je suis débordée par l'université, je n'ai même pas le temps de répondre à vos reviews :( Mais c'est bientôt les vacances (deux mois de vacances en vérité) et je pense que ce n'est pas trop irréaliste que d'imaginer que la fic sera, peut-être, terminée d'ici là ? :) En tout cas, j'espère que ce chapitre à l'eau de rose (tellement guimauve que j'en ai honte pour tout vous dire) vous plaira, d'autant plus sa taille. Six mille mots, hein. Applaudissez-moi !
Bref ! Bonne lecture, et encore merci pour toutes vos reviews, ça me fait vraiment chaud au coeur ! :D
PS: Il y aura un moment musical pendant le chapitre, par conséquent, préparez, avant de lire, une vidéo de la Valse d'Amélie de Yann Tiersen pour accompagner votre lecture :)
Chapitre 10
- Je dois dire que je suis véritablement impressionné par ce que tu as fait, disait tranquillement Gaius, observant avec intention le travail de Merlin qui mélangeait délicatement la mixture aux effets inconnus dont le globe lui avait dicté la préparation, ses yeux placés quelque part dans la Mer de l'Ouest.
- J'en suis plutôt fier moi-même, répondit Merlin, un sourire crispé aux lèvres.
- Le prince semble avoir récupéré toute la joie de vivre qu'on ne lui avait plus vue depuis… eh bien, depuis le début de la malédiction.
Merlin glissa un regard en biais à Gaius qui avait détourné son attention sur la file d'ingrédients posés sur la table.
- Vous ne pouvez toujours pas en parler librement, n'est-ce pas ? s'enquit Merlin, les sourcils froncés.
- Le fait que tu en aies découvert les secrets ne change pas les conditions de la malédiction, soupira Gaius. Espérons tout simplement que nos deux tourtereaux finissent par se tomber dans les bras de l'autre le plus vite possible.
Le bol contenant la mixture échappa des mains de Merlin et se brisa au sol, son contenu se renversant entièrement, lâchant, dans son sillage, une fumée odorante.
- Désolé, désolé ! s'exclama Merlin en se précipitant pour réparer les dégâts.
Tout du long, Gaius ne le quitta pas des yeux, l'air pensif. Il ne tarda pas à donner congé au jeune homme qui s'en fut lentement dans les couloirs, vérifiant le passage à chaque angle, effrayé de tomber sur les deux tourtereaux en pleine danse séductrice qui avait le don de le mettre vraiment, vraiment mal à l'aise.
Arthur avait décidé de montrer l'étendue de la propriété à Guenièvre et tous deux étaient partis monter à cheval, prévenant les habitants du château qu'ils ne seraient de retour qu'en fin de matinée. Merlin avait tout de même peur de tomber sur eux.
Il rejoignit la chambre d'Arthur et constata le désordre qu'il avait laissé ce matin même, à l'aube, alors qu'il l'avait rangée entièrement la veille au soir quand il était occupé à gazouiller avec sa meilleure amie en dinant avec elle dans la salle de cérémonie.
Il fit le lit, ramassa les différents vêtements qui traînaient au sol – devinant là-même qu'Arthur avait eu énormément de difficulté à choisir ce qui le mettrait le plus en valeur sans les conseils judicieux d'un Merlin qui avait délibérément choisi d'avoir une panne de réveil -, rangea la paperasse jaunie qui traînait sur le bureau, et en profita même pour faire la poussière - histoire de s'occuper -, débarrassa l'âtre de la cheminée de ses cendres. Bientôt, la chambre fut plus impeccable qu'elle ne l'avait jamais été sous ses soins (sauf quand il reléguait la tâche à sa magie) et pénétra dans l'anti chambre dans l'espoir de passer le temps en compagnie de Morgause, dont il appréciait la compagnie, bien décidé à ignorer les éternelles remarques sarcastiques de Cenred qui n'avait cessé, cette dernière semaine, de critiquer le moindre petit détail qui définissait l'existence de Merlin.
Ils papotèrent de tout et de rien, invitant d'autres meubles à joindre leur conversation. Morgause abordait le même regard que Gaius tantôt, connaisseur et soucieux.
La matinée touchait à sa fin quand Arthur pénétra soudainement dans l'antichambre depuis la porte venant de sa propre chambre, l'air particulièrement affolé, et son regard s'illumina quand il posa les yeux sur Merlin.
- Ah ! Tu es là !
- Sire ? fit Merlin, ignorant son ventre qui se contracta à la vue du prince.
- J'ai besoin de toi sur le champ, déclara Arthur de sa voix impérieuse. Je crois bien que j'ai fait une… une bêtise.
Morgause, Cenred et Merlin échangèrent un regard interdit avant que le jeune sorcier finisse par se lever en poussant un long soupir, suivant Arthur dans sa chambre en lui jetant un vague sourire moqueur.
- En quoi puis-je vous être utile, Sire ?
Le fait était qu'Arthur avait eu la bonne idée d'organiser un bal à la dernière minute.
- Ce n'est pas de ma faute ! s'indignait Arthur au moyen de grands gestes désespérés, éventrant le contenu de son armoire que Merlin venait tout juste d'ordonner en passant toutes ses tenues en revue, de la plus simple à la plus compliquée, les rejetant toutes au moyen d'un « Non ! » sonore.
- Vous avez donc décidé d'organiser un bal accidentellement ? Genre, paf, d'un coup, les préparatifs se sont lancés à la suite d'un mot mal placé ?
- Oui… Je veux dire… non ! Mais elle était tellement ébahie par tout ce que je lui montrais – après la visite du domaine, elle a insisté pour que je lui fasse une visite guidée du château, et elle a été tellement époustouflée par la salle de bal, qu'elle m'a demandé : Est-ce que vous organisez des fêtes, de temps à autre ? (Il imitait la voix de Gwen, aigue et rendue naïve par son exaspération) que je me suis dit que je serais véritablement sans-cœur que de lui avouer que cela faisait bien quatre-cent ans que je n'y avais plus mis les pieds. Et ils avaient nettoyé la salle de bal ! Les meubles s'en sont chargés, à croire que l'arrivée de Guenièvre les a tous transformés en entremetteuses !
- Je pense que tout le monde, au château, se sent confié le rôle d'entremetteuse, au vu de la tournure des évènements, marmonna Merlin en ramassant les vêtements à la suite du prince (qui se serait très certainement arraché la moitié des cheveux, en avait-il seulement eus, à force de s'inquiéter de la sorte sur la vérité cruelle qu'était la nature démodée de sa panoplie royale).
- La ferme, Merlin, grogna Arthur en lui jetant un regard courroucé par dessus son épaule. Alors moi, sans réfléchir, je lui ai dit qu'on en organisait très souvent, pour remonter le moral de mes sujets ! Oh, vraiment ? m'a-t-elle dit, et moi j'ai dit : Oui, vraiment, d'ailleurs, nous avions l'intention d'en organiser un ce soir, avant d'apprendre que vous viendriez séjourner au château. Et j'ai accentué ce mensonge en précisant, justement, que la salle avait été nettoyée pour cette occasion ! Et elle est repartie de sa chambre, toute heureuse à l'idée de la robe magnifique qu'elle pourra porter ce soir, et je n'ai rien à me mettre pour l'occasion, et je ne sais pas danser !
Arthur tourna un visage exprimant la plus profonde des détresses en direction de son valet tandis que ce dernier s'immobilisait, la bouche entrouverte, clignant lentement des yeux.
- Alors là, dit Merlin avec lenteur. Vous êtes vraiment le prince des crétins.
- Je te remercie pour cette preuve de soutient sans faille, répliqua Arthur avec humeur.
Merlin lui répondit d'une grimace des plus matures, avant de soupirer, jeter un regard à la pile de vêtements malmenés et inspira profondément, puis fusilla Arthur du regard.
- Il serait temps que vous preniez vos responsabilités !
- Tu es bien placé pour dire ça.
- Oui, je le suis ! rétorqua Merlin. Bon ! Pour ce qui est de votre tenue…
Il plongea littéralement dans la marée de vêtements et en ressortit une tunique d'un bleu électrique que Merlin avait toujours appréciée mais qu'Arthur refusait toujours de porter. Des broderies écarlates décoraient l'ourlet, représentant des dragons à la queue virevoltante. Il savait, devinait que cette tenue ferait ressortir violemment les yeux du prince, détail auquel Guenièvre ne serait très certainement pas insensible, il le savait.
- Je ne mets pas ça, déclara aussitôt Arthur, et Merlin le fusilla du regard.
- Vous voulez que je vous aide, ou pas ? s'emporta-t-il en lui plaquant la tunique contre le torse. Vous enfilez ça, avec votre manteau noir, et elle vous tombera dans les bras.
Arthur le fusilla du regard, et Merlin tourna les talons pour réparer les dégâts que le tempérament d'Arthur laissait toujours trainer dans son sillage.
- Vous avez averti les meubles ? s'enquit Merlin.
- Ils s'occupent de tout, normalement.
Il se retourna pour voir Arthur affalé dans son lit.
- Vous allez prendre un bain, déclara Merlin d'une voix impérieuse. Je vais demander à Cenred de faire tout son possible pour vous rendre le moins effrayant possible…
- Eh !
- Vous débarrasser de vos griffes, en tout premier lieu, continua Merlin, comme si de rien n'était. Corriger votre posture. Il me semble qu'il rêve de cette opportunité depuis un long, long moment. Ne le laissez pas choisir vos vêtements. Cantonnez-vous à ce que je vous ai choisi. Vous avez des musiciens ?
Arthur fronça un instant les sourcils.
- Il y a des instruments enchantés, en effet.
- C'est déjà ça ! soupira Merlin. Et vous les avez prévenu ? Hum. Bien sûr que non. Très bien. Retrouvez-moi dans une heure et demie dans la salle de bal. Vous avez beaucoup de chance que Guenièvre m'ait pris comme partenaire de secours aux bals de Tintagel, je connais quelques pas de danse.
Le prince releva brusquement la tête alors que Merlin se mettait à rougir sans grande raison, et il quitta les lieux avec un vague geste de la main.
- Merlin, dit alors Arthur avant qu'il ne quitte définitivement les lieux.
- Mmh ?
- N'oublie pas que tu es, toi aussi, invité.
Le regard meurtrier que Merlin lui lança devait apparemment valoir tout l'or du monde, car Arthur lui répondit d'un grand éclat de rire en se laissant retomber dans ses couvertures moelleuses.
Arthur l'attendait déjà dans la salle de bal, faisant les cent pas, et Merlin débarqua en sueur, ayant parcouru le château en tous sens à la recherche des différents instruments qui n'avaient pas imaginé un seul instant qu'ils puissent être nécessaires au bon déroulement de la soirée.
- Ils ne devraient… plus tarder, réussit à articuler Merlin et il se laissa tomber sur une chaise avoisinante, le souffle coupé. Les instruments, je veux dire. Là. Bientôt.
Arthur laissa échapper un ricanement.
- Ne riez pas, gronda Merlin. Tout est de votre faute. Si seulement vous n'organisiez pas des choses que vous ne savez pas gérer…
- Arrête de te plaindre et explique moi quoi faire pour éviter de me faire ridiculiser par mon idée de génie.
Merlin inspira profondément et se redressa, prenant enfin le temps d'étudier cette salle de bal qui avait tant époustouflé Guenièvre lors de sa visite du château.
Grande et ronde, elle s'imposait dans l'esprit des invités par ses couleurs chaleureuses et dorées, décorée dans le moindre recoin par des fresques, peintures et gravures onéreuses. De l'autre côté, des baies vitrées s'élevaient jusqu'au plafond, donnant vue sur l'immensité cachée par la magie de verdure, forêts et champs qu'étais le domaine d'Arthur. Il en resta bouche bée, sa magie lui faisait tourner la tête face à cette aura festive qui régnait en ces lieux, comme si elle était encore imprégnée des joyeux pas de danse qui avaient foulé le sol de marbre. Un frisson lui échappa.
- Bien, dit-il en se rappelant de la raison de sa présence en ce lieu intimidant. J'ai parlé avec les musiciens, j'ai vérifié avec eux qu'ils savaient comment jouer une valse…
- Ce n'est pas parce que nous sommes venus au monde il y a quatre siècles de cela que nous n'avons pas connu la nature d'une valse, dit Arthur avec dignité.
- Cela fait quatre cent ans qu'ils n'ont pas eu l'occasion d'animer un bal, répliqua Merlin acerbement. Ils savent aussi jouer le genre de mélodies sur lesquelles Gwen et moi avons dansé à de nombreux bals. Ce sont des danses plutôt simples que même vous, vous seriez capable de maîtriser.
Merlin se plaça alors devant Arthur, devenu soudainement timide.
- Je… Je suis plus petit, donc je ferai la femme. Hum. Vous savez danser la valse ?
- J'ai su il y a de ça de très longues années, répondit Arthur.
- Vous devez, hum, placer votre main, euh…
Timidement, très timidement, il attrapa la main d'Arthur pour la placer sur sa taille et, avec des gestes maladroits, attrapa l'autre pour l'élever légèrement, évitant le regard d'Arthur comme la peste.
- Pour l'instant, je vais conduire, et dès que vous comprenez la mécanique, prenez le contrôle, et, euh…
- C'est bon, Merlin, dit Arthur d'une voix douce, et quand Merlin leva les yeux sur lui, il le vit lui grimacer un sourire amusé.
Merlin l'imita timidement, et tout aussi timidement, commença à compter « Un, deux, trois… Un, deux, trois… », bougeant ses pieds en rythme avec sa voix. Arthur s'emmêla les pieds, bien évidemment. Manqua de leur faire perdre l'équilibre deux ou trois fois et, petit à petit, la gêne céda place à l'amusement franc, comme de vieux amis préparant une farce, incapables de se prendre au sérieux. Et quand Arthur, ayant trouvé quelque peu confiance en ses pas et commençant, avec hésitation, à prendre la manoeuvre de leur danse, le fit tournoyer dans ses bras, Merlin éclata d'un grand rire et partit dans un fou rire qu'il ne pouvait plus calmer.
C'est dans cette situation que les instruments les trouvèrent, et il leur fallut de longues minutes pour que Merlin parvienne à retrouver son sérieux qui se brisa encore une ou deux fois sous le regard faussement sévère d'Arthur alors qu'il se retournait pour lui faire face.
Il était ridicule, à rire pour des choses aussi simples, et ne parvenait, vraiment pas, à retrouver son calme. Il avait l'impression… Oui, l'impression de mimer ces attitudes propres aux lavandières quand elles se retrouvaient en compagnie de Will, ou d'un des jeunes hommes célibataires du village. Cette pensée lui noua l'estomac mais ne parvint pas à calmer son hilarité.
- Je pense qu'on peut repousser la valse à plus tard, finit par dire Arthur, ce qui fit partir Merlin dans une nouvelle série de gloussements incontrôlables. Ignorez-le, ajouta le prince à l'intention des instruments qui s'accordaient tranquillement. Il est un peu attardé.
- Je ne vous permets pas ! s'indigna Merlin, le visage néanmoins défiguré par un sourire à l'échelle de la taille de la salle de bal, et Arthur lui donna un coup bien placé dans les côtes pour le faire taire.
Ils passèrent alors aux danses populaires, qui étaient bien plus techniques et nécessitaient moins de contact, où l'on se tournait principalement autour en sautillant, tournoyant en se tenant par les coudes. Arthur la maîtrisa bien vite, et tous deux s'arrêtèrent au bout du quinzième essai, après une parfaite exécution, à bout de souffle.
- Et quand on est très nombreux à connaître cette danse, renchérit Merlin entre deux inspirations, c'est vraiment amusant, on s'échange les partenaires et on traverse toute la salle. J'aime bien quand les bals se déroulent de cette façon, on fait plein de rencontres loin de tous ces abrutis du village…
- J'adorerais voir ça, lui avoua Arthur.
Merlin sentit son ventre se contracter et tourna brusquement les talons pour feindre de s'étirer, fronçant les sourcils en prenant une profonde inspiration pour se rappeler que Guenièvre, c'était pour Guenièvre qu'il faisait tout ça. Qu'il ne devait pas perdre cela de vue. C'était pour Arthur, pour qu'il retrouve sa liberté, qu'il rejoigne enfin le monde extérieur, pour le libérer de son malheur.
- Est-ce que vous voulez que nous passions à la valse, messire ? s'enquit un des violons.
- Qu'en penses-tu, Merlin ? Pas de nouveaux gloussements de mijaurée, cette fois ?
- Mais non !
- En es-tu vraiment sûr ? se moqua l'autre, et Merlin lui offrit un geste grossier de la main qui arracha un son outré à la plupart des instruments mais auquel Arthur répondit d'un éclat de rire.
« Reste concentré ! » se disait Merlin en reprenant sa place de femme dans les bras d'Arthur, et ils attendirent que les premières mesures soient joués par les instruments pour qu'Arthur le guide dans un doux tourbillon, maladroit et peu sûr de lui, les yeux fixés sur ses pieds pour vérifier qu'ils n'écrasaient pas ceux du jeune homme.
La mélodie était belle et douce, sans doute choisie pour ne pas brusquer le rythme du prince. Ils évoluaient doucement dans l'espace de la salle, Arthur gagnant, petit à petit, confiance en lui, et les hésitations se faisaient de moins en moins nombreuses. Le cœur de Merlin battait à tout rompre, sans doute de l'effort précédent de leur danse endiablée. Il avait chaud, sa tête lui tournait et il sentait la main chaude d'Arthur contre la sienne, la légère pression sur sa taille, son souffle contre son front dû à sa grande taille.
Qu'était-ce qui rendait ses pensées si brumeuses ? Il ne savait plus discerner le vrai du faux, les mauvaises pensées des justes ou savoir même ce à quoi il pensait. Il ne sentait que le présent, le rythme entêtant de leur déplacement, la chaleur qui s'émanait du corps de la bête. La lumière disparaissait doucement au delà des montagnes, tournant aux teintes dorées et roses qui ne faisaient que ressortir la beauté du lieu, projeter des ombres contre les différentes sculptures de personnages emmurés dans une danse éternelle.
Les instruments ne cessèrent de jouer, ou du moins, ni Merlin, ni Arthur ne s'en rendirent compte. Quand Merlin eut une nouvelle vague de lucidité, il réalisa que le morceau avait changé et qu'il avait posé son front contre le torse du prince, fermé les yeux et qu'il inspirait depuis un long moment sans doute l'odeur d'Arthur à plein nez.
- Merlin, murmura Arthur, alors qu'il serrait fort la taille et la main du jeune homme.
Merlin se recula légèrement pour lever les yeux sur Arthur. Ses yeux étaient intenses, rivés sur lui, effrayés et émus. Le jeune homme déglutit, voyant ses yeux se poser un instant sur ses lèvres, et avec ça, l'instant se brisa par l'horreur d'une réalisation soudaine de toutes les implications qu'un simple mouvement des yeux dilatés du prince pouvait signifier, et il se dégagea brutalement, manquant de perdre l'équilibre.
- Vous êtes prêt ! claironna Merlin, à bout de souffle, réalisant qu'il l'avait retenu depuis un long moment déjà. Vous êtes prêt, vous allez danser merveilleusement et en mettre plein la vue à G-Gwen.
- Merlin, je…
- Allez vous préparer, Sire, répliqua Merlin tout en reculant maladroitement. Bain. Allez voir Cenred, laissez le s'amuser, et veillez à ce que Morgause lui impose des limites. À-À tout à l'heure.
Et il s'enfuit.
- Je te trouve splendide, lança Iseult d'une voix de braise.
- Il est plutôt banal, répliqua Tristan. Et ses vêtements sont absolument grotesques. Est-ce ainsi qu'on s'habille désormais, dans le vrai monde ?
- Ne sois pas jaloux Tristan, répliqua Merlin d'un sourire amusé.
Il s'était lui-même baigné en quatrième vitesse après avoir vérifié que les instruments soient véritablement prêts à faire leur grand retour et avait finalement choisi une tenue d'apparat que les couturières lui avaient confectionné quelques temps plus tôt.
Ce n'était pas vraiment le genre de tenue qu'on pouvait croiser à Ealdor ou en ville, car elle sortaient tout droit de l'imagination des couturières, inspirées des propres croquis qu'il leur avait remis. La forme était la même que celle de ses dessins, mais son gilet rouge était orné de jolies broderies sombres qui rappelaient celles sur la longueur d'un pantalon particulièrement serré, semblables aux propres braies médiévales d'Arthur. Il les attacha tout de même à ses bretelles, sans lesquelles il se sentait en grand danger de perdre ses bas, et noua un nœud papillon noir sous son menton.
- Vraiment, on dirait une toute autre personne, reprit Iseult.
- En effet, jeune sorcier, commenta alors la voix doucereuse de Kilgharrah. Tu me parais tout à fait fringuant.
- Si vous vous y mettez aussi, Kilgharrah, je vais finir par y croire, plaisanta Merlin.
Il sentait la fébrilité du château qui touchait même ses compagnons de chambrée, cette anticipation, cet ultimatum que représentait cette soirée. Lui même la ressentait. Et la craignait.
Il quitta prestement sa chambre sous les encouragements de Tristan et Iseult, qui le plaignaient de devoir apprendre une chose si compliquée qu'une danse à ce prince qui avait tout perdu de ses capacités sociales, et qui lui promirent de lui tenir compagnie pendant la fête, alors que les deux tourtereaux seraient plongés dans le romantisme propre à ce grand événement qui rendait le château si fébrile que sa magie en vibrait d'anticipation.
Une part de lui se sentait trahie par cet enthousiasme qui surgissait par vagues aléatoires et le faisaient parfois se figer de stupeur face à leur puissance, le temps qu'elles disparaissent. L'autre semblait se forcer à s'en réjouir, à envisager tous les points positifs qui suivraient la fin de la malédiction et le mariage de son amie, que ce soit pour la famille de cette dernière ou pour la sienne.
Gwen habitait la chambre voisine. Il frappa à la porte avec nervosité, prenant un air pompeux de circonstances qui permettrait de briser la glace qu'il avait involontairement installée avec la jeune femme ces derniers jours.
- Madame, dit Merlin avec une petite révérence quand il vit cette jeune femme totalement métamorphosée qui vint ouvrir précipitamment la porte.
Gwen gloussa en l'attrapant par la manche pour l'attirer à l'intérieur. C'était une chambre tout à fait semblable à la sienne dans l'organisation des meubles qui semblaient, contrairement aux siens, être des meubles tout à fait normaux (une brève jalousie lui étreignit la poitrine à l'idée que contrairement à lui, elle avait le droit à des nuits complètes sans qu'un lit exagérément bavard et un couple d'objets ambigus ne viennent lui faire incessamment la causette). Aussi, contrairement à sa propre chambre, les tons viraient au rose, sous entendant une pièce réservée habituellement aux femmes qu'Arthur n'avait pas choisie par hasard.
Et Gwen – Gwen était magnifique. Merlin réalisa rapidement qu'elle avait des invités, ou plutôt invitées, qui prenaient grand soin de la rendre la plus resplendissante possible. C'étaient les couturières, qui poussèrent un « Huuuum » d'appréciation en le voyant arriver dans cette tenue qu'elles avaient crée en premier lieu.
- Qu'il est beau !
- Un bien beau jeune homme !
- Ne risque-t-il pas de faire de l'ombre à notre prince ? chuchota indiscrètement l'une d'entre-elles.
- Tais toi ! Ne lui donne pas des idées !
Guenièvre gloussa d'autant plus belle et Merlin, qui s'était empourpré, s'arrêta pour l'observer plus attentivement. Elle semblait dépassée par les évènements, au vu de la couleur qui lui était montée aux joues et son regard désemparé et explosant de vivacité. Pour la première fois, il la voyait maquillée, ses yeux surlignés de noir et ses lèvres peintes en rouge. Ses cheveux avaient été levés en un chignon compliqué agrémenté de perles et de fils d'or, assortis à ses boucles d'oreilles et à la robe imposante que les couturières lui avaient confectionnée.
La robe était vaporeuse, au jupon blanc par dessous de la dentelle d'or, affinant sa taille par un corset, les bras presque entièrement recouverts par des gants blancs aux broderies dorées. Elle était magnifique, comme il ne l'avait jamais vue, et le cœur de Merlin ne fit que se serrer que d'avantage en constatant qu'une fois encore, ce désir, cet amour qui aurait été si bien placé, face à cette femme qui aurait fait se tourner la tête de n'importe quel homme, lui faisait défaut.
Arthur ne pourrait très certainement pas lui résister.
- J'ai toujours, toujours rêvé de porter une robe pareille, lui avoua Gwen en l'observant par dessous ses cils recourbés. Je ne sais pas ce que tu me fais là, Merlin, et je ne sais vraiment pas à quoi m'attendre, mais crois-moi quand je te dis que je vis un vrai conte de fée.
- C'est le cas de le dire, lâcha Merlin d'une voix affreusement sèche.
- Et… Et Arthur ! Il est si gentil ! J'ai bien compris, hein, qu'il n'y avait pas vraiment de bal organisé avant que j'arrive, mais il se donne tout de même toute cette peine pour moi, pour me montrer ce à quoi ressemble un bal d'une autre époque, chez les rois et les reines !
- C'est très gentil, oui.
Guenièvre lui envoya un sourire si radieux, si resplendissant, que tous les états d'âme du jeune homme lui donnèrent une furieuse envie de se faire dévorer par un trou menant tout droit aux enfers.
- Tu es prête ? finit-il par dire.
- Suis-je prête ? demanda-t-elle aux couturières d'un ton espiègle, et les couturières gloussèrent aussitôt.
- Tout à fait, madame !
- Vous allez faire chavirer des cœurs, ce soir, madame !
- Amusez-vous bien, madame !
- Prenez bien soin d'elle, Sire !
Merlin attrapa son amie par le bras et, après un dernier salut aux entremetteuses les plus féroces de tout le château, la tira en direction de la salle du bal.
Il voulait que cette soirée s'achève au plus vite.
- Est-ce que tout va bien ? s'enquit Guenièvre alors qu'ils atteignaient le bâtiment principal du château.
- Oui oui, répondit rapidement Merlin, les yeux résolument fixés devant lui. C'est juste que… Je suis un peu fatigué, j'ai dû courir dans tous les sens pour préparer cette fête, parce qu'Arthur est incapable d'assumer ses idées…
- Tu exagères, dit Gwen.
- Oh, non ! Je t'assure vraiment que non !
- C'est vraiment une personne adorable.
- Tu aurais dû le voir quand je l'ai rencontré, répliqua Merlin, sans réfléchir. Il avait l'intention de me laisser crever aux cachots.
- Quoi ? s'offusqua Gwen.
- Quoi ? reprit Merlin sur le même ton, réalisant soudainement sa bourde.
Il devait, bien évidemment, réparer cette petite erreur. La simple justification d'une exagération suffirait largement à effacer ce détail de l'esprit de la jeune femme. Merlin en était tout à fait conscient. Mais les mots ne voulaient tout simplement pas sortir.
- Il t'a jeté aux cachots ?
- Il m'a récupéré peu de temps après ! dit-il tout de même, avant de s'insulter intérieurement. Et il m'a donné ce travail. Je suis son valet. Ou étais. Je ne sais pas si le fait que je me sois échappé…
- Tu t'es échappé ? Il te retenait prisonnier ?!
Guenièvre semblait véritablement horrifiée et s'était arrêtée, portant une main à sa bouche.
- Non ! s'exclama aussitôt Merlin, se sentant comme étant la personne la plus horrible au monde. Enfin, d'une certaine façon ! Je veux dire, c'est vrai qu'il a un très mauvais caractère et des idées très arrêtées, mais c'est quelqu'un de bien ! Tu l'as toi-même vu, et jamais je ne t'aurais amenée dans un lieu dangereux !
Elle le regarda d'un air suspicieux, son air radieux ayant cédé la place à l'inquiétude, et ce fut avec reluctance qu'elle reprit le bras de Merlin pour traverser les derniers couloirs qui les menèrent à la salle de bal.
Tous se retournèrent à leur arrivée et les deux amis rougirent en parfaite synchronisation. Merlin s'était habitué à être le centre de l'attention du château pendant un long mois, mais ce qui lui faisait face, ce jour-là, ressemblait tant à ce qu'il s'imaginait correspondre à un bal royal qu'il se sentit démuni l'espace de quelques instants. Gwen ne devait pas en mener plus large, au vu de la pression soudaine qu'elle exerça sur son bras. Certes, cette foule comportait un nombre impressionnant de meubles qui n'auraient eu aucune raison de se présenter à un bal en temps normal, mais la grande majorité des « invités » étaient les chanceux de la métamorphose, ceux qui avaient pu garder un semblant de corps. Les armures, les mannequins de couture, les porte manteaux, les chandeliers et même les armoires (qui se servaient de leurs portes comme de bras) s'étaient affublés des tenues plus extravagantes les unes que les autres. C'était une véritable parodie, mais si triste en soi, et, dans un sens, véritablement réaliste. Merlin ne savait trop quoi en penser, et, paniquant, abandonna Guenièvre à son sort en lui lâchant le bras, se fondant dans la foule qui semblait en réalité subjuguée par la présence de la jeune femme.
Il se cogna contre différents angles plus durs les uns que les autres jusqu'à aviser, dans un coin de la salle, des visages familiers auxquels il accrocha son regard comme sur une bouée de sauvetage.
Les instruments avaient changé de registre pour entamer une musique au rythme familier, suivant les instructions de Merlin. C'était une mélodie populaire aux sons d'époque, mêlant une cornemuse, un violon endiablé et ses confrères, une guitare, des flutes, une harpe, des percussions et même un xylophone.
Gwaine se tenait accroché à l'un des crochets de Cenred qui battait de ses pieds en rythme avec la mélodie et semblait particulièrement heureux. À ses côtés, posée contre un mur, particulièrement en beauté, ce soir-là, se tenait Morgause, qui observait la scène d'un œil critique.
En complément de son costume qu'il avait très certainement volé aux tenues qu'Arthur détestait et avait autrefois jetées rageusement dans un carton, Cenred portait un chapeau des plus hideux, tout fait de plumes extravagantes qui se tenaient droites, défiant les lois de la gravité. Merlin haussa un sourcil à sa vue et Morgause ne le manqua pas.
- J'ai essayé de le convaincre de ne pas le porter, dit-elle avec tact, et Gwaine laissa échapper un gloussement sonore.
Merlin ne comprendrait sans doute jamais comment la pinte faisait pour se retrouver constamment en état d'ébriété. Elle était remplie de bière et le liquide tanguait dangereusement vers le rebord. Le jeune homme s'empressa de la décrocher de son support et avala presque entièrement son contenu, laissant la boisson lui picoter dangereusement le fond de la gorge, menaçant de l'étouffer.
- Tu te rends compte que dans un sens, tu viens de m'embrasser? gloussa Gwaine, plus joyeux que jamais, et Merlin le fusilla du regard. Tu as des lèvres si douces, Merrrrrrlin.
- Je ne savais pas que vous étiez amis, commenta le jeune homme en raccrochant la pinte à Cenred avec amusement.
- Nous ne le sommes pas, dit Cenred, sèchement.
- Je sais qu'ils te connaissent, dit Gwaine.
- Je commence à le regretter, dit Morgause en lui jetant un regard désapprobateur.
- Où se trouve le prince ? demanda Merlin, mine de rien.
- Il panique dans sa chambre, dit Cenred au moyen d'un rictus.
- Hein ?
- C'est tout à fait compréhensible, commenta Morgause.
- Ça fait des siècles qu'il n'a pas eu l'occasion de se comporter comme un homme, dit Gwaine, sur le ton de la confidence.
- Je ne vois pas en quoi cette soirée ferait de lui un ho…
- Il refait le tour de sa garde robe, dit Cenred. Et je peux le comprendre. Cette tunique que tu lui as choisie est hideuse, et le prince partage mon opinion, il…
- La ferme, Cenred, lâcha Morgause en levant les yeux au ciel, comme pour quémander un brin de patience aux dieux. Le prince panique à l'idée de se retrouver dans une telle situation, ce qui est tout à fait compréhensible. Et il ne veut pas porter cette tunique que tu lui as choisie, Merlin, car elle est, pour lui, synonyme de malchance.
- Hein ? fit Merlin.
- C'est la tunique qu'il portait le jour où… Le jour où la malédiction s'est emparée du château.
- Oh. Oh, lâcha le jeune homme, réalisant alors l'étendue de sa gaffe. Il m'a bien dit qu'il ne voulait pas…
- Rah, mais arrêtez de vous inquiéter pour ces problèmes de fillette ! s'exclama alors Gwaine, sautant hors de son perchoir pour atterrir de justesse dans les mains de Merlin qui eut le bon réflexe de les tendre correctement pour le réceptionner. Le prince portera cette tunique car Merlin lui a dit de la porter, et il n'a pas d'autre choix que de veni… Ah, eh bien, le voilà ! Quand on parle du loup !
Les bavardages se stoppèrent presque aussitôt, laissant les instruments ralentir légèrement la cadence, maladroits, pour voir le prince entrer dans la salle de bal, l'air visiblement renfrogné et sur la défensive. Il rentra davantage la tête dans les épaules en se voyant centre des attentions d'un univers si faussement mondain et chercha visiblement un regard dans la foule. Il croisa d'abord celui de Guenièvre, qui lui fit un gentil geste de la main au beau milieu de son cercle de courtisans, dames de compagnie ou Merlin ne savait trop quoi, pour lui répondre d'un raide geste du menton, avant de continuer sa recherche, toujours immobile au sommet des escaliers pompeux où les invités étaient normalement annoncés à la masse. Le cœur de Merlin rata un battement quand il comprit que, peut-être, c'était sa présence qu'il recherchait, et il leva bien malgré lui la main pour signaler sa présence.
Arthur le retrouva, et posa sur lui un regard des plus désemparés alors que les bavardages reprenaient tranquillement leur cours. Mais c'était comme si le silence régnait, le temps que Merlin comprenne le message visuel que tentait de lui transmettre Arthur. Alors le jeune homme laissa échapper un rictus amusé et, comme à l'arrivée de Guenièvre, il singea une posture de circonstances, le menton relevé, le dos droit et l'air impérieux et fier qui faisait défaut au prince.
Le prince laissa échapper un rire que Merlin ne put entendre et lui obéit, redressa les épaules, sans le quitter des yeux. Et pour la première fois, Merlin vit dans ce monstre torturé l'ombre de ce qu'il avait été, un homme fier et puissant, conscient de ses privilèges et de ses devoirs. Un homme fier de sa cour, véritablement impressionné par la peine que tous ses sujets s'étaient donnés pour l'occasion. Et Merlin ne put empêcher un large sourire de défigurer son visage qui semblait renforcer la confiance d'Arthur alors qu'il descendait les escaliers pour saluer ses différents « invités ». C'était un jeu auquel tout le monde se prêtait à cœur joie, si loin de la réalité.
Perceval et Léon surgirent alors au tournant, rejoignant les rejetés de la fête (qui avaient entraîné avec eux un porte manteau des plus boudeurs qui n'attendait que la première occasion pour se jeter lui aussi à cœur perdu dans les danses) en riant à gorge déployée. L'armure retenait la serpillère par le manche sur son épaule, et tous deux semblaient s'amuser comme des petits fous. Merlin perdit un instant Arthur de vue et se pencha pour ne pas le quitter des yeux, mais il avait déjà rejoint la très jolie Guenièvre à qui il faisait une révérence des plus gracieuses.
Il détourna aussitôt les yeux, puis se demanda la raison de ce dernier geste avant de croiser le regard de Morgause, un regard qui semblait vouloir dire « Oh, je vois ce que ça cache, tout ça. », mais aussi « J'en suis sincèrement désolée. », et encore « Ce n'est pas possible, et tu le sais. », ou bien « Te rends-tu seulement compte de ce qu'il t'arrive ? » (et ce dernier devait sans doute être à l'origine de son coin de bouche ridé par un sourire cynique). Pour toute réponse, il la fusilla du regard. Il ne voyait pas, ne voulait pas voir ce qui se cachait derrière ses messages subliminaux.
Les instruments se lancèrent alors dans une valse, et Merlin leva les yeux au ciel tandis que les trois chevaliers poussaient un « Oooooh » intéressé et se retournaient pour assister au spectacle, à la valse à laquelle Arthur s'était préparé tout l'après midi.
Et Merlin vit que le prince cherchait toujours son regard, et semblait littéralement paniqué. Merlin leva les yeux au ciel et lui mima du bout des lèvres un « Crétin » bien placé, auquel Arthur répondit d'un regard noir.
Mais Arthur réussit à garder le contrôle, et dansa parfaitement bien, tournant un visage ravi vers Merlin dès qu'il en avait l'occasion, et Merlin lui répondait d'une main moqueuse posée contre son cœur, comme pour lui dire « Oh, je suis si fier de vous, Arthur. Brave garçon. » .
Et le regard malicieux que lui retournait le prince faisait bouillir son ventre d'indignation. Car il voulait l'entendre le railler, et il voulait se moquer de lui de vive voix, avec une intensité telle qui l'effrayait quelque peu. Guenièvre, dans ses bras, lui semblait déplacée. Alors qu'en réalité, elle n'avait jamais été mieux autre part.
Il la jalousait, comprit-il alors. Il jalousait cette place qu'elle s'était trouvée, un monde qui l'acceptait telle qu'elle était, l'idolâtrait même pour cette simplicité qui faisait sa personne. Et Merlin… Merlin restait condamné à errer, à voler sa part du bonheur de Gwen pour faire celui de sa mère, mais ensuite… Qu'arriverait-il, ensuite ? Une vie qu'il espérait, pour Hunith, opulente de richesses, mais sans que jamais, il ne trouve véritablement sa place.
Sa place qu'il souhaitait ardemment se trouver dans des pas guidés par ceux d'un monstre au rythme d'une mélodie à trois temps.
Et voilaaaaa ! Merlin commence à réaliser le pourquoi du comment, mais pour des raisons d'auteur omnipotente je fais durer son obliviousness jusqu'au chapitre prochain. Oops, spoil.
Merci beaucoup d'avoir lu, et n'hésitez pas à me laisser une review pour me faire part de vos feels face à tant de guimauve ! (hohohoo)
OaD
