Coucou tout le monde!

Alors je vais d'abord commencer par vous remercier pour tous vos gentils commentaires! J'espère qu'il reste encore du monde pour accueillir ce nouveau chapitre malgré son retard...inacceptable?

Pour le coup, je suis la seule responsable. Quand j'ai commencé à publier toutes mes fictions, j'avais oublié de calculer un facteur important: la masse de travail que j'aurais pour les cours. Comme je vous l'ai déjà expliqué, je suis incapable d'écrire mes chapitres à l'avance simplement parce que si je n'ai pas l'inspiration nécessaire eh bien je sais que je vais écrire n'importe quoi. Alors je me répète, je préfère mettre un certain temps à poster mais être satisfaite de ce que je vous propose.

Alors voilà, oui mes chapitres mettront certainement un certain temps à être postés mais vous devez savoir une chose: je n'abandonne jamais ce que je commence. S'il y a bien une chose que je déteste, ce sont les auteurs qui disparaissent du jour au lendemain et définitivement alors qu'ils s'étaient engagés envers les lecteurs. Donc je vous promets que cette fiction continuera d'exister jusqu'à la fin, même si cela doit prendre un certain temps.

J'espère que vous me pardonnerez et pour ceux qui passeront encore par ici, j'espère que vous aimerez ce chapitre que vous avez dû attendre plus que prévu ^^' Gomen!

Encore merci à vous et...enjoy!


-Joyeux anniiiiiversaiiiiiire, joyeux anniiiiiversaiiiiiire, joyeux anniiiiversaire Toboe, joyeux anniiiiiversaiiiiire ! Allez Kiba, chante avec moi !

Le brun leva les yeux au plafond, profondément blasé par l'attitude enfantine de leur ami et, avec beaucoup plus de retenue, il s'approcha du plus jeune, l'attirant dans ses bras pour une brève étreinte. Il n'avait pas besoin de se ridiculiser à coup de couplets endiablés pour lui montrer à quel point il était heureux d'être à ses côtés en ce jour si spécial.

-Joyeux anniversaire, Toboe, murmura-t-il en s'éloignant légèrement de lui.

Le petit brun lui sourit en guise de remerciement alors que, la seconde d'après, il atterrissait dans les bras d'Hige, qui l'avait attiré contre lui sans retenue, ne pouvant dissimuler sa joie. Leur chibi était presque un homme à présent et ça…ce n'était pas négligeable !

-Est-ce que tu t'imagines ? Dans tout juste un an, tu pourras venir boire avec nous ! Je te ferai goûter à tous les alcools forts que je connais et –sans vouloir me vanter- je suis plutôt bon dans ce domaine ! Hey Kiba, qu'est-ce que tu fais ?

Le plus âgé l'avait vigoureusement délivré de l'étreinte étouffante, fusillant du regard un Hige incrédule qui ne comprenait ce qu'il avait –encore- fait de mal. Sa réponse ne tarda pas à arriver quand Kiba glissa un verre de jus de pommes entre les mains de Toboe.

-N'y compte pas. Ce n'est pas parce que Toboe grandit qu'il doit devenir un alcoolique comme toi.

-Qui est-ce que tu traites d'alcoolique au juste ? Rétorqua Hige d'un air cynique, faisant allusion à l'état fort déplorable du brun la veille.

Kiba se contenta de froncer les sourcils : s'il n'avait pas tant tenu à ce que cette journée soit parfaite, il n'aurait pas hésité à faire ravaler son air arrogant à Hige. Il était loin d'avoir été saoul. C'est tout juste s'il avait été légèrement…pompette. Et encore, le mot était fort ! Et puis de toute façon, tout ça c'était de la faute d'Hige et sa mauvaise influence, voilà !

Le menaçant d'un dernier regard qui lui promettait une conversation musclée sur le sujet, il entraîna Toboe à l'écart sans tenir compte des protestations du dit alcoolique qui n'était visiblement pas d'accord de les voir s'éclipser sans lui. Il les rejoignit alors qu'ils arrivaient au salon, où Kiba et lui avaient disposé les cadeaux du brun.

Toboe releva vers eux des yeux admiratifs, légèrement embués devant les paquets tapissés de papier coloré.

-Vous…vous n'étiez pas obligés de…

-Shhh, ouvre-les.

Le plus jeune effleura d'une main tremblante le premier cadeau, tâtant timidement les côtés, cherchant certainement à deviner ce qui s'y cachait. Il savait qu'à cause de la guerre, les temps étaient très durs pour tout le monde…eux en premier. Après tout, ni Kiba, ni Hige n'avaient d'emploi et il savait que, même s'ils cherchaient à lui cacher leur situation, ils avaient de plus en plus de mal de payer leur loyer.

Il s'était attendu à ne rien recevoir et il s'était rapidement fait à cette idée : il n'avait pas besoin de cadeaux. Après tout, l'important n'était-il pas qu'ils soient tous ensemble ? A ses yeux, avoir la chance d'être à leurs côtés en ce jour si particulier était bien plus précieux que tous les cadeaux du monde. Ils étaient sa famille, il n'avait besoin de rien d'autre.

Finalement, il fit doucement glisser ses doigts sous les morceaux de ruban adhésif, détachant le papier sans le froisser, comme s'il avait autant de valeur que le cadeau en lui-même. Il ne put retenir un petit hoquet de surprise quand, délivré de sa fragile prison, un bracelet en acier glissa contre sa paume.

Il écarquilla grand les yeux en faisant rouler le bijou entre son index et son pouce, comme absorbé dans ses pensées. Finalement, il fit glisser le bracelet autour de son poignet pour qu'il rejoigne ses petits frères. Derrière lui, Kiba et Hige le regardaient d'un air attendri. Le petit brun semblait profondément ému et ça, ça ne pouvait leur faire plus plaisir.

-C'était mon idée, se sentit obligé de préciser Hige pour détendre un peu l'atmosphère.

-Mais c'est moi qui l'ai choisi.

-Il est magnifique…

Hige se souviendrait toujours de ce jour où ils avaient vu revenir le brun en larmes. Il était très tard et, à peine avait-il franchi le pas de la porte que déjà Kiba lui tombait dessus pour lui passer un savon mémorable, totalement paniqué…sauf que les larmes dans les yeux dorés du brun avaient presque automatiquement mis un terme à sa colère.

Leur chibi s'était alors jeté dans les bras de Kiba en hoquetant, balbutiant entre ses larmes qu'il avait perdu un de ses précieux bracelets, seuls souvenirs de sa grand-mère. Le lendemain, ils avaient tous les trois arpenté les rues de la ville…sans succès. Si Toboe leur avait alors dit que ce n'était pas si grave, qu'il avait encore les autres, ils avaient pu voir la lueur de tristesse dans ses prunelles. Ni Kiba, ni lui ne pouvaient supporter de le voir triste.

-Ouvre l'autre, chibi !

Toboe reporta son attention sur le deuxième paquet, plus imposant mais beaucoup plus fin. Quand il le prit, il crut d'abord qu'il n'y avait qu'une feuille à l'intérieur tant il était léger. Pour la deuxième fois, il entreprit de déballer son cadeau méticuleusement et quand il découvrit ce qui s'y cachait à l'intérieur, il ne put retenir ses larmes cette fois.

C'était une photo, une simple photo de Kiba, Hige et lui. Un souvenir capturé, volé au temps. Sur le cliché, on pouvait les voir, Hige et lui, tout sourire alors que, juste à sa droite, Kiba semblait grognon. Et pour cause ! Toboe se souvenait de ce jour où ils avaient supplié le brun pour aller sur la petite fête foraine qui s'était arrêtée en ville.

A peine étaient-ils arrivés sur place qu'ils avaient été abordés par un photographe amateur. Au début, Kiba avait continué son chemin sans même se retourner mais au bout de quelques secondes il avait remarqué l'absence des deux enfants bruyants qui lui filaient habituellement la migraine. Alors il s'était retourné…et il était tombé sur deux regards adorablement mignons auxquels il eut bien du mal à résister…avant de finalement céder, toujours en râlant.

C'était l'histoire de ce cliché. Toboe pensait que Kiba avait refusé de l'acheter et, s'il avait été un peu déçu sur le moment, il ne lui en avait pas tenu rigueur. Il pouvait comprendre. C'était décidé, cette photo serait désormais la chose la plus précieuse en sa possession.

-Ce n'est pas grand-chose, entendit-il murmurer derrière lui, mais on espère que ça te plaît.

Il tourna lentement sur lui-même pour finalement faire face à ses amis…et il n'attendit pas une minute pour leur sauter au cou. Kiba parût surpris mais il finit par encercler le petit corps un peu trop maigre qui se serrait contre le sien, comme l'avait aussi fait Hige. Ils restèrent longuement enlacés tous les trois, profitant simplement de ce moment à la fois rare et intense avant de se séparer.

-C'est le plus beau cadeau que vous pouviez me faire, merci beaucoup !

-Et attends de goûter à mon faaantastique gâteau au chocolat ! Tu ne l'oublieras pas de sitôt !

-Ça c'est certain, attends-toi à passer les trois prochains jours cloués au lit.

-Hey, qu'est-ce que tu insinues au juste, Kiba ?

-Que tu es un abominable cuisinier !

-Puisque tu es si doué, pourquoi est-ce que tu ne l'as pas fait toi-même ?

-Est-ce que tu m'as laissé le choix ?

Toboe sourit en les regardant se chamailler. Ils avaient beau se disputer toutes les cinq minutes, il savait qu'au fond d'eux-mêmes, ils s'aimaient beaucoup. Bon d'accord, cet amour était peut-être enseveli sous des tonnes d'orgueil et d'insultes, mais au moins il existait !

Ses pensées allèrent ensuite à Tsume : qu'est-ce que son soldat pouvait bien être en train de faire en ce moment même ? Il avait hâte de le revoir, même s'ils n'étaient séparés que depuis quelques heures seulement. Il espérait simplement qu'il n'avait pas fait trop d'efforts et que sa blessure ne s'était pas aggravée. La perspective de revivre la même scène que cette nuit l'angoissa un peu, mais la voix d'Hige le sortit très vite de ses pensées.

-Bah alors chibi, qu'est-ce que tu attends pour venir goûter au paradis ?

-Comprends-le, il ne doit pas être pressé de se retrouver face à l'enfer.

-Est-ce que tu pourrais arrêter d'être aussi cynique ?

Toboe secoua légèrement la tête de gauche à droite en souriant : ses amis étaient d'irrécupérables gamins. Et après ça, c'est encore lui qu'on traitait comme un enfant…Il rejoindrait bientôt Tsume, en attendant, il voulait juste profiter de ce temps précieux avec sa famille…


-C'est pour votre petite amie ?

Le soldat ne répondit rien, se contentant de fixer la jeune fille d'un regard teinté d'exaspération : il la soupçonnait de prendre son temps uniquement pour le retenir auprès d'elle.

-Elle a vraiment beaucoup de chance, c'est une édition rare.

Ça, il savait. Sinon il ne serait pas ici. Était-elle vraiment stupide ou bien n'était-ce qu'un leurre pour qu'il le prenne en pitié ? Si c'était le cas, ses petites manigances étaient loin d'être un succès. Il détestait par-dessus tout les pimbêches écervelées qui gloussaient à tout va dans l'espoir futile de l'attirer dans leur lit.

-J'aimerais beaucoup qu'on m'offre ce genre de cadeaux…

Pourquoi ? Elle travaillait dans une librairie, elle pouvait s'offrir tous les livres qu'elle souhaitait. Tsume restait impassible : les tentatives de séduction de la jeune femme le laissaient de marbre. Il avait peut-être énormément de défauts mais…il était fidèle. Du moins, maintenant qu'il était avec Toboe, il n'avait plus jamais couché avec quelqu'un d'autre.

Il soupira en pensant au petit brun : dans quelle histoire s'était-il à nouveau empêtré ? Il savait que pour son bien et celui de Toboe, il aurait mieux fait de mettre un terme à cette relation avant même qu'elle n'ait réellement commencée. Cela n'avait ni queue ni tête il pouvait se faire tuer à tout moment…Ce serait totalement égoïste de sa part de rester avec lui sans savoir combien de temps ils pourraient profiter de leur idylle. Mais d'un autre côté, il se sentait incapable de le quitter.

A chaque fois, le brun posait sur lui son grand regard doré à la fois innocent et doux…et lui, il ne trouvait simplement pas le courage de le quitter. Ca le mettait en rogne, mais il ne pouvait pas combattre ça. C'était la première fois qu'il se sentait aussi…bien avec quelqu'un et il ne voulait pas que ça cesse. Alors autant profiter un maximum du temps qui leur était accordé, aussi court dû-t-il être.

-Je suppose que vous êtes occupé ce soir, ajouta la jeune fille en rougissant, mais peut-être pourriez-vous…m'inviter à boire un verre, un autre jour ?

Tsume posa sur elle un regard mauvais : pour qui le prenait-elle au juste ? Parce qu'il était un soldat, était-il forcé de se distraire dans le lit d'une inconnue pendant ses permissions ? Était-ce vraiment ce qu'elle croyait ?

-Est-ce que vous avez terminé ?

-Pardon ?

-L'emballage.

-Oh euh…eh bien oui mais…

-Alors qu'est-ce que vous attendez pour me le donner ? Je n'ai pas que ça à faire.

Il avait déjà perdu bien trop de temps ici. Si ça n'avait pas été pour Toboe, il serait parti en claquant la porte depuis bien longtemps. La jeune femme poussa le livre vers lui, visiblement légèrement contrariée d'être ainsi repoussée. Qu'est-ce qui clochait au juste ? Était-ce sa coiffure ? Ou bien son rouge à lèvre qui ne lui plaisait pas ?

Tsume quitta la boutique sans perdre de temps, boitant légèrement sous la douleur toujours présente de sa jambe. Cette fille lui avait fait perdre bien assez de temps. Toboe avait promis de le rejoindre aussi vite que possible après sa petite fête d'anniversaire, il espérait simplement avoir le temps de tout préparer. Il voulait profiter de cette soirée comme si elle aurait pu être la dernière.


-Tu vois Kiba, personne n'est mort et il ne reste plus une seule miette de mon gâteau !

-Les effets ne sont pas immédiats, ne te réjouis pas si vite.

-Tu es simplement jaloux parce que Toboe a aimé ma cuisine.

-Il n'a pas eu le choix, tu l'as presque gavé !

Allongé de tout son long sur le canapé, les mains posées sur son ventre légèrement rebondi, Toboe regrettait presque de ne pas avoir su résister au regard malheureux de son ami. Après sa première part de gâteau au chocolat, il avait tenté de décliner gentiment la proposition d'Hige quand il lui en avait proposé une deuxième…sauf qu'Hige l'avait fixé d'un air si triste qu'il avait finalement cédé. Ce petit manège dura jusqu'à la quatrième part, après laquelle il déclara que, s'il avalait encore une seule bouchée, il allait littéralement exploser.

Maintenant il était incapable de faire le moindre mouvement et il se sentait nauséeux. Oh, bien qu'un peu trop cuit, le gâteau d'Hige n'était pas si mauvais…il payait simplement sa gourmandise. Il jeta un coup d'œil à la pendule fixée au mur et qui affichait déjà dix-sept heures passées. Il devait impérativement trouver un moyen de s'éclipser s'il voulait rejoindre Tsume…mais pour ça, il devait d'abord réussir à bouger.

-Qu'est-ce qu'il y a Toboe, tu ne te sens pas bien ?

En plus Kiba le couvait comme une mère louve, épiant ses moindres faits et gestes.

-Hein ? Oh, si si, ça va ! Je voulais juste aller faire une…petite promenade digestive !

-Génial, on peut t'accompagner ?

Le petit brun fusilla Hige du regard, qui comprit alors son erreur. Il lui mima un petit ''désolé'' du bout des lèvres alors que Toboe cherchait déjà un argument de taille pour déjouer sa proposition. Sauf que, à son plus grand étonnement, Kiba prit la parole en premier.

-Laisse-le tranquille, Hige. Il a certainement besoin d'être un peu seul.

S'il n'avait pas été assis, Hige en serait tombé sur les fesses : Kiba était-il en train de laisser Toboe prendre son envol ? C'était tout bonnement impossible ! Et pourtant, quand il vit le plus âgé s'approcher de leur chibi et quand il vit ses bras s'enrouler doucement autour de lui, il dût se rendre à l'évidence : quelque chose avait changé chez Kiba.

-Je te demande juste de faire attention, d'accord ?

Toboe releva son regard sur le jeune homme qui venait tout juste de le relâcher : serait-il possible que Kiba soit au courant de quelque chose ? Non, si ç'avait été le cas, il ne l'aurait probablement barricadé dans sa chambre il savait à quel point il détestait la guerre et tout ce qui s'en rapprochait. Mais pour le moment, il n'avait pas envie de réfléchir. Il devait saisir cette merveilleuse occasion pour rejoindre Tsume.

-Ne t'en fais pas. Et encore merci, pour tout ça…c'était vraiment…merci !

Il quitta ensuite l'appartement. Il savait que, s'il restait plus longtemps, il allait à nouveau fondre en larmes et qu'il ne pourrait pas partir. Inconsciemment, il s'en voulait un peu de délaisser ses amis aujourd'hui après tout ce qu'ils avaient organisé pour lui. Il était tiraillé entre son affection pour cette famille qui était devenue la sienne et son désir de voir l'homme avait qui il voulait construire son futur.

Resté seul avec Kiba, Hige prit quelques secondes pour dévisager ce dernier : oui quelque chose avait changé, mais quoi ? Le brun tourna légèrement la tête vers lui et, s'il ne l'avait pas aussi bien connu, il aurait presque pu jurer avoir vu un sourire sur ses lèvres.

-Il grandit, n'est-ce pas ?

Hige ne répondit rien.

-Je suppose que je ne peux plus le traiter comme un enfant à présent. Même s'il en est encore un.

Le châtain fronça les sourcils : Kiba était-il en train d'avouer qu'il était temps de laisser leur chibi prendre ses propres décisions ?

-Mais ça ne veut pas dire qu'il pourra faire tout ce qu'il voudra ! Il ne connaît rien des dangers du monde extérieur.

-Je te reconnais bien là.

Toboe avait vécu autant de souffrances qu'eux mais Kiba refusait de l'accepter. En fait, il savait qu'un jour ou l'autre il devrait dire adieu à ce cocon familial qu'ils avaient créé tous ensemble mais il ne voulait pas encore y penser. Cette ''famille'' l'aidait à rester digne, à ne pas sombrer dans les méandres de sa tristesse. Il en avait besoin pour continuer à avancer.

-Kiba ? Intervint Hige, voyant que son ami était pensif.

Le brun releva la tête, ancrant son regard légèrement perdu dans le sien, à la fois énervant mais tellement rassurant à ses yeux.

-Je suis fier de toi tu sais, ce que tu as fait c'est…cool ! Toboe n'a pas besoin d'une baby-sitter.

Kiba fronça les sourcils : Hige avait totalement perdu la raison. Avait-il vraiment l'air d'une baby-sitter ?

-Fais la vaisselle au lieu de dire des bêtises !

Hige voulut protester mais la voix glaciale du brun le coupa dans son élan.

-Et tu as intérêt à ce que tout soit propre !

-Et je peux savoir où tu vas ?

-Me reposer, ton truc n'était vraiment pas net !

-Ce ''truc'' c'était un gâteau ! Et puis d'abord tu en as mangé aussi alors pourquoi est-ce que je devrais être le seul à…

Mais Kiba ne l'écoutait plus, il avait déjà disparu à l'étage. Hige soupira d'exaspération en ouvrant le robinet d'eau chaude : Kiba n'avait pas tant changé que ça finalement. Il avait toujours besoin d'un souffre-douleur pour se sentir exister…et il fallait que ce beau rôle tombe évidemment sur lui ! Parfois il se demandait s'il n'aurait pas mieux fait de se casser une jambe le jour où il l'avait rencontré.

-Il est vraiment pas cool !

C'était une belle soirée en perspective.


-Désolé pour me retard…

-Je peux savoir ce que tu fichais ? Tu t'étais perdu ou quoi ?

-Non mais je…

-Ca n'a pas d'importance, entre.

Tsume était nerveux et tout son stress s'évacuait à travers son comportement froid, presque agressif. Le brun pénétra à l'intérieur de la chambre sans faire de bruit, craignant de mettre le soldat un peu plus en rogne. Il ne comprenait pas pourquoi il agissait comme ça : il s'attendait à recevoir un accueil plus ou moins chaleureux, heureux de se retrouver après toutes ses heures passées loin l'un de l'autre.

Mais non, c'est à peine si Tsume l'avait salué. Il n'avait même pas fait attention à lui quand il s'était doucement hissé sur la pointe des pieds pour l'embrasser, lui tournant le dos avant même que ses lèvres n'aient pu effleurer les siennes.

-Tu vois bien que tu es dans mon chemin, ne reste pas là !

Toboe atterrit sur le lit sans même avoir rien demandé. Il tentait de capter le regard de Tsume, cherchant à comprendre ce qui n'allait pas, en vain. Le soldat se comportait avec lui comme au premier jour et cela ne lui plaisait pas du tout. Ca le mettait même plutôt mal à l'aise.

Tsume était en colère contre lui-même et ce sentiment ne l'aidait en rien à canaliser son stress. Quand il était rentré, il avait voulu préparer quelque chose pour grignoter avec le brun, sauf que ces longues années passées à manger du pain sec lui avaient visiblement fait oublier les précieuses recettes dont il était auparavant si fier.

Résultat : ils devraient se contenter d'un paquet de chips écrasé et d'une bouteille de soda déjà largement entamée. Il n'avait même pas eu le temps de faire des courses !

-Tsume, tu…

-Ferme-la deux secondes tu veux, tu vois bien que je suis occupé !

Et pour combler le tout, il ne savait plus où diable il avait mis le cadeau de Toboe. Ce n'était pas croyable de vivre dans un foutoir pareil ! Il était vraiment, vraiment en rogne contre lui-même. Tellement qu'il ne vit pas le brun se recroqueviller contre le haut du lit, les mains tremblantes et la tête basse.

Le brun sentait ses yeux brûler, il se sentait mal. Il voulait partir de cet endroit où il avait pourtant tellement voulu venir ! Tsume lui faisait peur. Il agissait bizarrement et il n'aimait pas ça. Il avait l'impression d'être face à un inconnu. Il voulait partir, il voulait rejoindre Hige et Kiba. Eux au moins, ils ne lui hurleraient pas dessus.

Ce n'est que lorsque le soldat trouva enfin le paquet qu'il avait tant cherché qu'il entendit les pleurs derrière lui. Il tourna légèrement la tête pour tomber sur Toboe, totalement replié sur lui-même, cherchant à étouffer ses pleurs contre la paume de sa main.

Et c'est là qu'il comprit : il avait été trop loin. Il avait oublié qu'il n'était plus avec un de ces soldats sans âme et sans émotions. Il avait oublié qu'il n'avait plus face à lui un de ces hommes rodés par la vie, imperméable à toute insulte. Il était avec Toboe, un être fragile et extrêmement sensible, un être qui ne comprenait pas que ce changement de comportement n'était rien d'autre qu'un état de stress. Il avait oublié tout cela.

Alors il soupira, se traitant de tous les noms d'oiseaux possibles en s'approchant du lit. Toboe sursauta quand il glissa sa main dans ses cheveux, l'obligeant à relever la tête.

-Hé, arrête de pleurer.

-Mais tu…tu es fâché contre moi !

Non, il n'était pas fâché contre lui. C'était entièrement de sa faute, il avait oublié de contrôler ses sentiments. Il avait perdu son sang-froid…ce qui était tout de même abominablement dérisoire pour un homme qui avait frôlé la mort de très près. Il ne savait plus comment vivre en communauté, ni comment exprimer ce qu'il ressentait autrement que par la violence et par un comportement défensif.

-P-Pourquoi tu m'as demandé de venir, si tu ne voulais pas me voir ?

Bien sûr qu'il voulait le voir, sinon il ne se serait pas gêné pour le lui faire comprendre ! Tsume soupira un peu plus : avec son comportement asocial et solitaire, il parvenait à gâcher une journée qui aurait dû être parfaite pour le brun. Il devait vraiment avoir un problème.

-Arrête de dire des conneries.

Il attira doucement son visage jusqu'à lui, essuyant vaguement ses larmes au passage.

-Et si tu me disais plutôt bonjour ?

-Tu ne vas pas me tourner le dos cette fois ?

Il avait fait ça ? Il ne s'en était même pas rendu compte. Alors il se pencha un peu plus vers lui et, sans perdre une seconde, il colla lui-même ses lèvres aux siennes. Très vite, Toboe soupira de bien-être, enroulant ses bras autour de son cou. Il préférait cent fois ce Tsume-là. Ils s'embrassèrent quelques secondes avant que le soldat ne mette finalement un terme à leur échange.

Le petit brun lui envoya un regard interrogateur quand il vit que ses jolies arboraient à présent une jolie teinte rosée. Tsume attrapa quelque chose qui était posée un peu plus loin sur le lit et, aussitôt, Toboe écarquilla les yeux : qu'est-ce que…

-C'est pour toi.

Tsume lui fourra le cadeau entre les mains fuyant son regard comme la peste. Il se sentait à présent absolument idiot. Il avait arrêté d'offrir des cadeaux depuis que son père lui avait renvoyé le sien en pleine figure, hurlant que c'était tout juste bon pour les tapettes dans son genre. Pourtant le petit Tsume de l'époque y avait mis toutes ses économies. Inconsciemment, il craignait que Toboe rejette à son tour le cadeau.

-Bon anniversaire, articula-t-il tout de même du bout des lèvres sous l'air incrédule de son amant.

Toboe restait parfaitement immobile : comment Tsume avait-il su ? Il ne lui avait jamais dit que c'était son anniversaire. Il fixa un instant le paquet des yeux, se demandant s'il devait ou non l'ouvrir. Il ignorait que, à quelques centimètres seulement de lui, le soldat était à deux doigts de lui arracher le cadeau des mains, le suppliant d'oublier tout ça.

Finalement, toujours à moitié déconnecté du monde réel, il déchira le papier. Sous ses doigts, une couverture en carton se profila sur laquelle il était écrit : ''Les Fleurs du mal, par Charles Baudelaire.'' Un recueil de poèmes. Tsume lui avait offert de la poésie.

Le soldat regarda le papier se déchirer avec une angoisse presque palpable. Puis il fixa son regard sur celui toujours impassible du brun alors qu'il découvrait enfin son cadeau. Il interpréta sans doute mal son manque de réaction puisqu'il s'entendit bafouiller des paroles incompréhensibles en se reculant légèrement du jeune homme.

-Tu n'es pas obligé de le garder si tu ne l'aimes pas.

C'est ce moment que choisit Toboe pour relever ses yeux embués de larmes vers lui.

-Ce n'était pas censé te faire pleurer…je savais bien que c'était stu…

Mais il n'eut pas le temps de finir sa phrase : le brun s'était littéralement jeté sur ses lèvres. Une fois la surprise passée, Tsume lui rendit son baiser, attirant un peu plus son corps à lui, jusqu'à ce qu'il se retrouve à califourchon sur ses cuisses. Toboe avait entortillé ses doigts autour d'une mèche de cheveux blancs alors que de sa main libre il exerçait une légère pression contre sa nuque.

-Merci, murmura-t-il entre deux baisers, tu ne pouvais me faire plus plaisir.

Toboe sentit un léger sourire se former sur les lèvres du soldat alors qu'elles happaient à nouveau les siennes. Il ne lui avait pas jeté le livre à la figure il n'était pas comme son père. Très vite, leur baiser devint plus enflammé et leurs caresses d'abord sages avant de devenir de plus en plus prononcées prirent une tournure dangereuse qu'ils n'avaient jamais expérimentée jusque-là.

Tsume glissa ses mains sur ses hanches, inversant leur position pour le surplomber légèrement. Toboe sembla un peu surpris mais il ne dit rien, retraçant simplement sa colonne vertébrale du bout des doigts, comme s'il cherchait à tout prix le contact. Ses mains glissèrent jusqu'à son ventre avant de finalement s'arrêter sur ses cuisses. Il cassa leur baiser quand il sentit le pansement glisser sous ses doigts.

-Est-ce que tu vas mieux ?

Le soldat mit un instant à comprendre : Toboe ne trouvait rien de mieux à lui demander dans un moment pareil ? Il grogna, cherchant à embrasser à nouveau sa peau mais Toboe s'enfonça un peu plus dans le matelas, le fixant d'un air sévère.

-Ne fais pas semblant de ne pas m'entendre, gronda-t-il.

-Et toi ne cherche pas à me distraire.

-je te demande simplement si tu vas bien.

-Si je n'allais pas bien, murmura Tsume d'une voix étonnement sensuelle, je ne pourrais pas faire ça…

Il plongea son visage au creux de son cou, mordillant sa peau avec tendresse, le faisant hoqueter de surprise.

-Ni ça…

Il s'allongea totalement sur lui, laissant ses mains parcourir ses flancs, lui procurant de très agréables petits frissons. Toboe encercla son torse de ses bras, la tête légèrement rejetée en arrière alors que Tsume continuait sa douce torture.

-Alors, tu es satisfait ?

Le brun décida que oui. Et il le lui fit bien comprendre en glissant à son tour son visage contre sa peau, suçotant doucement sa pomme d'Adam, ses doigts retraçant les courbes du bas de son dos tandis que le soldat ne put retenir un petit gémissement de franchir la barrière de ses lèvres. Il ne le pensait pas capable de faire ça.

La chaleur entre leurs deux corps s'embrasa d'un seul coup alors que leurs peaux avides l'une de l'autre cherchaient sans cesse à se rapprocher un peu plus. Très vite, les mains de Tsume commencèrent à déboutonner la chemise du plus jeune qui, lui, ne perdit pas de temps pour retirer au soldat son blouson de cuir.

Toboe gloussa quand les doigts de son amant vinrent chatouiller son torse, mais très vite son petit rire se transforma en un gémissement plus audible alors que la langue de Tsume prenait le relai de ses mains.

Les pensées du brun étaient embrouillées il ne savait pas exactement ce qu'il se passait mais il n'avait pas envie d'arrêter. Une douce sensation avait pris possession de lui, l'empêchant de réfléchir logiquement. La seule chose qu'il savait, c'est que Tsume et lui étaient en train de franchir une étape importante.

Ses doigts tirèrent sur les mèches blanches du soldat alors que la langue de ce dernier s'attardait autour de son nombril. D'une main presque experte, le soldat caressa l'intérieur de sa cuisse à travers le pantalon de tissus. Il ignorait ce qu'il était en train de faire mais les petits gémissements de plus en plus prononcés du brun le poussaient à continuer.

Ils perdirent tous deux la notion de réalité tandis que leurs torses dénudés glissaient à présent l'un contre l'autre. Leurs respirations étaient saccadées, leurs gestes désordonnés mais ils s'en fichaient. Quand les mains de Tsume glissèrent jusqu'à la fermeture de son pantalon, Toboe se raidit imperceptiblement…mais assez pour que le soldat le remarque.

Il releva son visage vers lui, ancrant son regard dans le sien. Le brun le rassura d'une caresse sur la joue, mais il ne put s'empêcher de demander :

-Est-ce que c'est vraiment ce que tu veux ?

Ce qu'il voulait ? Toboe ne savait même pas à quoi s'attendre, alors comment pouvait-il savoir ce qu'il voulait exactement ? La seule chose dont il était certain, c'est qu'il voulait encore sentir Tsume contre lui. Il ne voulait plus jamais que sa peau quitte la sienne. Alors il hocha la tête sans réellement s'en rendre compte, attirant le visage de l'homme jusqu'au sien.

-C'est toi que je veux.

Tsume posa délicatement ses lèvres contre les siennes, lui promettant à travers ce simple baiser qu'il ferait de cette étreinte un souvenir inoubliable. Leurs langues entamèrent une danse endiablée alors que les mains de Tsume trouvaient à nouveau tout naturellement leur chemin jusqu'au pantalon du brun. Oui, il ferait en sorte que cette nuit soit parfaite. Il s'arrangerait pour que Toboe n'en désire jamais un autre que lui. Tout commençait ici.


Qui a dit que j'étais horrible?

Petit sondage, juste pour le fun: qui vote pour le lemon au prochain chapitre? Nan parce que si vous voulez, je peux très bien zapper cette étape et les faire se réveiller au petit matin comme si de rien n'était (A).

Bisous bisous!