Partie 10
« Superman » avait
été le dernier mot prononcé par Lois Lane avant même que sa
voiture n'aille s'écraser au sol. Elle avait risqué sa vie en
rejoignant Lana dans la maison blanche, elle n'aurait jamais du
écouter son prétendu courage, s'assimilant davantage à de
l'inconscience, qui l'avait poussé à suivre la limousine de
Lex, elle n'aurait jamais du jouer avec le danger car elle en avait
payé le prix fort. La camionnette était couchée et affreusement
amochée dans le fossé, certes l'herbe qui recouvrait un partiel
de la route nationale avait amorti le choc mais il semblait que tout
ceci n'avait pas suffi pour aider Lois à s'échapper à temps.
Des éclats de verre recouvraient le sol bitumé et froid, les portes
complètement défoncées par le choc s'appuyaient difficilement
sur les rebords du camion et les roues tournoyaient dans le vide.
L'épais silence qui rongeait cette partie de Washington renforçait
une situation de malaise, parachevée par un accident qui
surviendrait sûrement comme un banal manque de sommeil ou comme un
excès de vitesse d'une personne qui n'avait sans doute pas eu la
notion du danger. Lex était un manipulateur né, son éducation
l'avait élevé au rang de monstre de la trahison et du mensonge,
il ne pourrait donc pas s'empêcher de conduire ce malheureux
accident de voiture vers une politique de prévention routière afin
de sensibiliser les plus jeunes des dangers liés à l'alcool ou au
manque de vigilance, il pourrait ainsi se laver de toute
responsabilité dans cette abominable action et continuer son chemin
présidentiel comme si de rien n'était. Il l'aurait pu mais
malheureusement pour lui, et même si ses agents ont été formés
pour agir en professionnels et dans la discrétion la plus parfaite
qu'il soit, Lois n'était pas morte.
La caméra
approchant le siège du conducteur analysa les moindres recoins pour
voir si elle n'oubliait rien, pour voir si son sentiment de
soulagement profond ne se transformerait pas en une inquiétude si
inacceptable qu'elle préférait tourner le dos au drame mais elle
était maintenant sure que personne n'avait péri dans cette course
poursuite. Aucune goutte de sang ne vint ombrer la situation, la
ceinture avait été détachée, tout était calme, peut être trop
calme. Si Lois n'était plus dans la voiture, où était-elle ? La
caméra s'élança dans une course folle aux alentours pour essayer
d'apercevoir ne serait-ce que la chevelure scintillante de Lois
mais exceptés les cris trop aigus et poussés d'une chouette
relativement malade rien ne semblait anormal. Comment Lois qui venait
de survivre à cette collision pouvait-elle parcourir autant de
kilomètres en si peu de temps ? Comment a-t-elle pu sortir indemne
alors que le choc a détruit toute la partie avant de la camionnette
du traiteur ?
… : Heureusement que j'étais dans le coin lorsque vous avez décidé de jouer à l'apprenti cascadeur avec vos amis militaires.
Lois ouvrit délicatement les yeux, sa vision était troublée par la vive lumière qui se dégageait de la pièce dans laquelle elle était. Forçant ses pupilles à s'écarquiller et après s'être levée en passant les mains dans ses cheveux, la jeune et belle reporter fit face à un homme costumé, lequel moulait parfaitement son corps musclé. D'un rouge éclatant, l'intégralité du costume pointait un éclair jaune situé dans un cercle gris. Lois recula de quelques pas, s'adossa à l'un des murs et contempla le risible accoutrement de son hôte.
Lois (Minimisant son inquiétude par un large sourire, fixant l'individu) : Rassurez-moi, je suis toujours dans le camion et mon subconscient me joue des tours ? Dites-moi s'il vous plait que je divague…
Le super héros (Souriant calmement, quelque peu vexé) : Ah parce que pour vous, porter un slip rouge par-dessus des collants bleus c'est forcément plus adapté que mon costume ? (Remarquant l'intérêt soudain de Lois, accentuant son sourire) Dites plutôt que vous préférez votre petit ami, je serai nettement moins vexé croyez-moi.
Lois (Fronçant les sourcils, à la fois inquiète et soulagée) : Dois-je attendre tranquillement ici en m'asseyant sur votre doux lit pour que vous m'expliquiez qui vous êtes et pourquoi je suis là ou dois-je déguerpir le plus rapidement possible avant que vous ne me torturiez ou me tuiez pour le compte de Lex Luthor ? ( Fixant sa montre cassée, fixant le super héros) Vous avez une minute.
Le super héros (Surpris par l'attitude de son invitée, rentrant dans son jeu) : D'une, ce n'est pas mon lit mais celui de John, de deux ça m'étonnerait fort que vous puissiez déguerpir en sachant que nous sommes sur la Lune (Stoppant pour esquisser un nouveau sourire en voyant le visage décontenancé de Lois) et de trois si Lex connaissait la véritable identité de Superman nous aurions de quoi nous inquiéter. Lois, je m'appelle Barry Allen et je suis un ami de Clark. Vous vouliez que Superman vous sauve ? Vous voilà avec Flash Gordon. (Remarquant le visage moqueur de Lois, devenant sérieux) Et pourtant je l'avais longuement préparé, Clark m'avait pourtant précisé que vous adoriez l'humour.
Lois (Serrant sa mâchoire, fixant Barry) : J'ai l'impression que notre ami commun vous dit plus de choses à vous qu'à moi, étrange. Je veux bien croire que vous m'ayez sauvé la vie mais je ne comprends pas pourquoi je suis là.
Barry (S'approchant de Lois, lui faisant signe de l'accompagner) : Je ne pouvais pas vous ramener chez vous, ils doivent déjà être entrain de saccager votre appartement à la recherche de documents que vous auriez pu rassembler au sujet du Président. Clark savait qu'un jour ou l'autre vous découvririez notre repère, il ne savait pas comment, ni quand mais il devait se préparer à cette éventualité, il devait se préparer à tout vous révéler, c'est pourquoi je me suis permis de vous inviter dans notre humble demeure (Arrivant devant une immense porte blindée, tapotant sur un clavier et convia Lois à passer devant lui. Ils entrèrent dans une immense salle) Voici donc le repère de la Ligue des Justiciers d'Amérique.
Lois (Cachant son enthousiasme et son ébahissement face à cette gigantesque forteresse, souriant) : Vous auriez du me prévenir, je vous aurai invités avec Clark à un barbecue de super héros, Clark aurait été si heureux. (Chuchotant à l'oreille de Barry) Par contre lorsqu'on est poli, enfin chez nous les « normaux », on fait les présentations.
Barry (S'esclaffant, attirant l'attention de ces compagnons, criant) : Mes amis j'ai l'honneur de vous présenter Lois Lane, la petite amie de Clark, que nous connaissons déjà tous. Elle vient d'échapper à une mort certaine grâce à moi, j'ai donc décidé de lui offrir la joie de connaître les amis super héros de Superman, j'espère que ça ne vous pose aucun problème ? (Remarquant l'acquiescement de ses deux partenaires. Pointant avec son doigt un homme vêtu d'un costume verdoyant et d'un masque lui recouvrant une partie du visage) Voici Kyle Rayner, connu sous le nom de Green Lantern (Marmonnant à Lois) C'est un dessinateur de Comics pas très doué…
Kyle Rayner (Tout en visionnant des séquences vidéo sur un écran digital, ne détournant pas son regard) : Je t'ai entendu Barry, sois plus discret la prochaine fois.
Barry (Pouffant de rire intérieurement, fixant Lois) : En plus il est même pas drôle. (Fixant un alien verdâtre sur lequel reposait une immense et sublime cape violette) Je te présente John Jones, l'homme sans qui rien ne peut se passer au sein de la Ligue, il est souvent l'initiateur d'un grand nombre d'opérations et, le plus important c'est qu'il réussit à lire dans les pensées. (Faisant face à Lois, se mordillant les lèvres) Malheureusement ce sera tout pour aujourd'hui, Oliver, Diana, Veronica, Arthur, Bruce et Clark sont en missions donc ils ne pourront pas nous accompagner aujourd'hui. (Fixant intensément Lois) Je comprends ce que vous devez endurer en ce moment, je sais ce que c'est lorsque quelqu'un te ment depuis des années mais croyez-moi Lois, Clark n'a jamais voulu vous blesser.
Lois (Encore déçue par le comportement de Clark, dégageant son regard de celui de Barry) : Je veux bien comprendre qu'il ne m'ait rien dit sur cette ligue de super héros mais pourquoi a-t-il attendu si longtemps pour me révéler sa véritable identité ? Il croyait peut être que j'allais être dégoûtée par son comportement, que je l'aurai quitté pour ça ? Quel genre de personne aurait agi de cette manière là? Ce qui me fait le plus de mal ce n'est pas qu'il soit un super héros et un journaliste mais bien le fait qu'il m'ait menti pendant toutes ces années alors que j'étais la personne sur qu'il pouvait le plus compter.
Alors que Barry s'apprêtait à lui répondre, John lui coupa la parole calmement mais sèchement.
John (Debout, au centre d'une grande plate forme, au beau milieu de modules informatiques) : Mademoiselle Lane, je pourrai compatir à votre rancœur qui balaye tous les autres sentiments ancrés au fond de vous mais je ne peux pas. Clark Kent est l'homme le plus admirable qu'il m'ait été donné de rencontrer dans cette vie, certes il a de nombreux défauts mais s'il vous plait ne lui rejeter pas cette faute, loin de lui était l'idée de vous blesser à ce point là. Tout ce qu'il désirait, c'était vous protéger du mal grandissant. Il se sentait terriblement coupable de l'évolution sentimentale au sein de votre couple, je le ressentais au plus profond de son âme, il se faisait du mal pour ne rien vous révéler. Votre rôle surprenant dans la destinée de Clark a bouleversé les choses, vous êtes entrée sur le devant de la scène, vous vous êtes interposée sans le vouloir dans le combat qui l'opposait à Lex et ça, Clark n'aurait jamais pu s'en douter. Maintenant c'est encore pire, vous êtes devenue un obstacle pour Lex si on constate les moyens qu'il a mis place pour vous mettre hors-jeu. Le plus important aujourd'hui n'est pas de savoir si Clark doit recueillir votre pardon puisque nous savons tous les deux qu'il ne mérite pas autant de mépris de votre part mais connaître la raison qui a poussé le président à vous attaquer.
Lois (Impressionnée par l'époustouflant charisme du super héros, lui faisant face) : Depuis le début je savais que Lex n'était pas honnête avec nous et lui-même, j'ai donc fait des recherches et je me suis heurtée à sa puissance. J'ai collaboré avec un certain Virgil Swann, que vous devez connaître je suppose, qui m'a donné les moyens pour stopper le carnage provoqué par Lex. Depuis sa résurrection et depuis que je connais l'identité de Superman, j'ai tout fait pour rester à l'écart mais mon instinct journalistique a repris le dessus me poussant à le suivre après l'un de ses faux discours. Je l'ai donc suivi jusqu'à la Maison Blanche pour m'apercevoir qu'il était en compagnie d'une très charmante jeune femme qui n'était autre que Lana Lang. J'ai réussi à l'approcher en me faisant inviter dans la Maison Blanche et j'ai eu vent d'un grand nombre de révélations. Lex l'a détient prisonnière, il ne la laissera pas s'échapper, elle est vraiment en danger. Il est bien plus puissant qu'on ne l'imagine, je ne sais pas comment il s'est débrouillé pour attirer Lana dans ses filets mais je reste persuadée que la Nature n'a rien avoir là dedans.
Kyle (Retourné depuis quelques minutes et écoutant le récit de Lois, renchérissant) : Surtout que Lana était la petite amie de Clark lorsqu'ils étaient à Smallville et qu'elle connaît l'étendue de ses pouvoirs. Lex Luthor n'est au courant de rien mais j'ai peur qu'avec le temps il établisse un lien entre Superman et Clark, et ce à cause de Lana.
Lois (Faisant partie intégrante du groupe, en totale confiance, divinement sérieuse) : Lana ne lui sert strictement à rien, il s'agit juste d'un fantasme d'ado qui ressurgit, elle est pour le moins parfaite, ce mec est tout simplement un taré dont le penchant pervers l'enlaidit encore plus. S'il n'en a plus besoin, si ce passe temps érotique et dépravé devient superflu à cause de ce qui se prépare en ce moment alors il n'hésitera pas à s'en débarrasser. Il faut agir vite, il faut la sauver, il faut la sortir de ces griffes ne serait-ce que pour elle mais aussi pour tous ses plus proches amis dont Clark.
Barry (Posant l'une de ses mains sur l'épaule gauche de Lois, la rassurant) : Ce qu'on va faire, c'est que nous allons prévenir Clark, depuis le temps qu'il la cherchait, cette nouvelle risque de le ravir. Nous allons mettre en place un plan pour la sauver car il m'étonnerait fort que Lex nous facilite la tâche, il a du prévoir des dispositifs pour nous empêcher de la retrouver ou pour nous empêcher de lui mettre des bâtons dans les roues. (Interpellant John, serein) John, peux-tu nous mettre en communication avec Clark pour qu'on le mette au courant de la situation ?
John acquiesça et trifouilla dans toutes les touches qui s'accumulaient sur son tableau de bord. Il fit un signe de la tête pour confirmer qu'ils allaient bientôt être en communication. Ils patientèrent quelques secondes avant que la ligne ne soit coupée. Il réessaya en vain, la communication ne parvenait jamais à être établie. John confirma l'inquiétude qui se lisait sur le visage de ses compagnons et de la nouvelle venue, tout quatre se fixèrent et attendirent anxieusement une réponse, mais rien. Superman était maintenant seul, personne n'arrivait à le joindre. Lois, les mains posées sur la rétine de ses cheveux et serrant sa mâchoire, s'installa sur un siège, puis parcourut des yeux la totalité de la pièce afin de se changer les idées. Elle n'appréciait pas le fait que Clark ne donne aucune nouvelle, elle savait pertinemment que ce manque de communication présageait le pire mais elle ne savait pas comment réagir face à ce problème, devait-elle prendre les devants en proposant des solutions aux super héros, ou devait-elle simplement attendre les directives qui lui seraient fournies ? Son impatience légendaire la dissuada de suivre cette seconde option et l'incita à se relever et à prendre à partie John et ses amis qui essayaient toujours de communiquer avec leur ami.
Lois (Attirant l'attention des super héros, posant ses mains sur les hanches, paniquée) : Je ne suis pas la seule à mon avis, mais je reste persuadé que tout ceci est mauvais signe. Comment ça se fait que Clark ne réponde pas ? (Mâchant quelque peu ses mots, son cœur ne cessait de battre de plus en plus rapidement) Dites-moi quelle était sa mission au juste ?
Barry (Baissant la tête, un sentiment de culpabilité le rongeant, d'une voix mesurée) : Je ne pense pas que vous allez apprécier…
Lois (Haussant la voix, s'emportant, un sentiment d'amour et de peur s'entremêlant) : Quelle était sa mission au juste ?
Barry (Faisant face à Lois, se mordillant les lèvres) : Clark a suivi les traces du projet de Lex Luthor, grâce à Batman et…tout ça l'a amené à combattre… le monstre.
Barry ne pu finir sa phrase sur le même ton, sa voix fut enserrée dans une peine qu'il ne pouvait empêcher d'extérioriser. Cette voix étouffée ricocha sur Lois qui ne voulait pas laisser passer ça, elle ne désirait pas que la discussion s'achève sur ces paroles, elle voulait en savoir plus, sur ce qu'il l'attendait vraiment.
Lois (S'approchant de Barry qui s'était retourné vers l'immense baie vitrée qui donnait sur le cratère de la Lune, le poussant à lui faire face, d'une voix enrouée par la profonde appréhension) : Tu veux dire que Clark, votre ami…mon petit ami, est entrain de combattre cette monstrueuse calamité qui a fait de la Terre son petit déj' ? (Lâchant Barry et fixant John) Et là, vous me dites que vous n'arrivez pas à le joindre ? Et là, vous me regardez comme si j'étais une hystérique de première alors que je fais tout pour le sauver ? N'avez-vous pas pensé, dans votre cerveau ultra développé, que Clark pouvait courir un grave danger au moment même où j'essaie de vous ramener à la raison ? (Se forçant pour ne pas verser des larmes, les lèvres tremblotantes) Réagissez un peu, vous avez sûrement d'autres systèmes pour savoir au moins où il est, vous qui fabriquez des stations spatiales dans la Lune ?
John (D'un air profondément désolé, fixant Barry puis Lois) : Mademoiselle Lane, il faut comprendre que ce système de communication est le seul que nous disposons actuellement, il n'est pas censé être défectueux de la sorte, il a du subir une effroyable force pour ne plus fonctionner, je suis désolé.
Une satisfaction certaine embellit néanmoins le visage de l'alien, il se réjouit à l'avance, il semblait avoir trouvé un moyen pour rentrer en communication avec Superman. Il se tu et préféra une nouvelle fois tapoter sur un enchaînement de touches. Cette action permit à un écran efficacement plat de se métamorphoser sous les yeux remplis d'espoir de Lois.
John (Terriblement concentré, faisant face à l'écran, tapotant sur un clavier, fier) : En réalité mademoiselle Lane, je vous prie de m'excuser, il existe bien un moyen pour retrouver les traces de Clark. Au tout début de notre collaboration, votre petit ami et moi-même avons confectionné une sorte de puce électronique permettant à un satellite, que nous avons également mis en place, de déterminer l'emplacement de chaque super héros. Ces puces électroniques sont situées dans chaque costume que nous portons et elles sont indestructibles, tellement elles paraissent minuscules. (Pointant du doigt des zones rouges encerclées sur l'écran plat) Vous voyez, les trois emplacements rouges symbolisent notre présence sur la Lune, maintenant il me suffit de diriger le satellite vers le code numérique correspondant à Clark. (Appuyant sur de nouvelles touches, des zooms s'effectuant sur la carte représentée sur l'écran, un large sourire se dessinant sur son visage) Mademoiselle Lane, votre petit ami, notre ami, est bel et bien en vie, et d'après le chemin qu'il emprunte, il se dirige tout droit vers Smallville (Une inquiétude néanmoins vint obscurcir son sourire, fixant l'écran puis Lois) Mais la vitesse avec laquelle il vole me fait prendre conscience qu'il est peut être très mal en point.
Lois (A la fois soulagée et angoissée, encerclant ses mains sur sa nuque) : D'où la nécessité d'aller l'aider, ou tout du moins l'accompagner. J'ai besoin de lui, j'ai besoin de lui parler, il faut que je le voie immédiatement.
Barry (Décidé à l'aider, faisant un signe de la tête, souriant) : Je vous emmènerai là-bas, vous irez un peu plus vite avec moi.
Lois (Acceptant sa proposition, souriant à son tour) : Par contre Barry, apprends dès maintenant à me tutoyer, nous sommes dans le même bateau dès à présent.
Smallville, Kansas. 2h20
Martha (Écarquillant ses yeux, fixant la vive lumière) : Oh mon Dieu…
La mère adoptive de Clark aurait-elle pu imaginer, avant de se coucher, qu'elle aurait une nouvelle fois rencontré l'esprit et la forme angéliques de son défunt mari ? Descendue au beau milieu de la nuit après avoir entendu du bruit au rez-de-chaussée, elle s'estomaqua lorsqu'elle aperçut Jonathan s'appuyant difficilement sur la table de la cuisine. Contrairement à ses précédentes et dernières apparitions, l'ex-mari de Martha titubait et essuya un filet de sang qui coulait de ses narines. Le visage temporairement souriant, Jonathan fixa amoureusement sa femme et lui fit un signe. Même si on pouvait apprécier un semblant de sérénité dans la lueur de ses yeux, l'attitude du fermier contrastait amèrement avec l'inquiétude grandissante de sa femme. Cette dernière, paniquée au vu de l'état de son ange, s'approcha de lui mais stoppa son secours lorsqu'il l'incita à ne pas l'approcher.
Jonathan (Debout après avoir pris appuis sur la table, esquissant un petit sourire, toussotant) : Tu ne peux pas chérie, nous ne devons jamais rentrer en contact …physique avec les humains (Baissant la tête, plaisantant). Et moi qui détestais les règles !
Martha (Toujours inquiète, heureuse d'entendre à nouveau la voix de son mari, s'approchant tout de même) : Tu ne vas pas me faire croire que tu n'as jamais embrassé Clark, lorsque tu lui es apparu pour les premières fois ?
Jonathan (Se posant sur l'une des chaises présentes dans la cuisine, relevant les yeux pour fixer Martha) : Je te l'accorde, mais juste lorsqu'il était revenu de sa Forteresse de Solitude et qu'il ne voulait pas rejoindre Smallville et la ferme, de peur de te blesser. (Essuyant encore le sang qui coulait, fixant l'une de ses mains ensanglantées) Étrange comme le sort aime s'acharner sur des personnes telles que moi qui ont toujours cherché le bonheur dans les choses les plus simples de la vie. Aujourd'hui, je regarde cette main et tout ce que ça me rappelle, c'est ce coup de poignard que j'ai reçu des mains de Lex, ici, sur cette même chaise. Tel père, tel fils !
Martha (S'impatientant, commençant à s'énerver face à la passivité de son mari) : Jonathan, tu es maintenant un esprit et tu es en sang, est-ce que c'est vraiment le moment pour raviver de tels mauvais souvenirs ? Pourquoi tu es là, qu'est ce qui se passe pour que tu sois dans cet état ?
Jonathan (Désolé, comprenant la douleur qui détruit petit à petit sa femme) : Je comprends que me voir en esprit te demande beaucoup de courage et de compréhension, mais ce que je vais te dire risque de te peser encore plus (Constatant le visage fatigué et triste de Martha, serrant sa mâchoire) Je suppose que la menace qui sévit sur la Terre ne t'est pas indifférente ? Ce monstre qui accumule les carnages humains est en réalité une force démoniaque, créée par votre actuel Président des États-Unis, dont le poison n'envenime pas que les racines de la Terre. Martha, il s'agit ici d'un combat qui est alimenté par nos forces angéliques, qu'elles soient bonnes ou pas. (Invitant sa femme à s'asseoir, souriant) Je n'ai vraiment pas le temps de tout t'expliquer, chérie il va donc falloir que tu m'écoutes le plus efficacement possible. Je peux compter sur toi ? (Répondant à son acquiescement, continuant son récit, sérieux) Lionel Luthor, cet homme qui osait avoir des sentiments pour toi, cet homme qui a parcouru le monde entier à la recherche de nouveaux tests à infliger à son fils, cet homme qui a détruit notre famille est encore plus puissant dans l'au-delà. En réalité, il n'y a ni de paradis, ni d'enfer, tous les morts sont regroupés dans le même univers, qu'ils aient commis des atrocités ou qu'ils aient mis à profit leur intelligence et leur bonté pour le bien de l'humanité. La justice n'existe pas, ni dans votre monde, ni dans le nôtre. Toute la manipulation qu'entretenait dangereusement Lionel depuis sa mort vient à nouveau de détruire le peu d'altruisme qui existait chez certaines personnes, il monte une véritable armée Martha, et il parait invincible.
Martha (Ne comprenant rien, essayant d'expliquer les agissements de son mari mais trop de questions empiètent son esprit) : Je ne comprends pas pourquoi tu es venu me voir, qu'est ce que je pourrai faire alors que nos deux mondes ne coexistent même pas ?
Jonathan (Essayant de répondre à ses questions le plus rapidement possible) : C'est là où tu te trompes Martha, nos deux univers sont étroitement liés. La seule source qui procure autant de pouvoirs à Lionel reste son fils. Son image est ancrée dans son esprit de jeune président plus soucieux de sa quête du pouvoir que le bien de l'humanité : Plus il accumule des forces et plus son père les absorbe. Voici le lien qui nous unis, les humains sont notre force et nous sommes votre propre force. (Baissant une nouvelle fois la tête, attristé) Drôle de façon de te dire que Clark est en danger, n'est ce pas ? (Avant même que sa femme ne lui coupe la parole, d'un air décidé) Tu dois sauver notre fils le plus vite possible, tu dois lui dire que le seul moyen pour nous d'être sauvés est de détruire Lex…il ne faut surtout pas qu'il le tue, il doit seulement lui enlever tous ses pouvoirs monstrueux.
Martha (Réticente, fronçant les sourcils) : Je veux bien accepter cette mission que tu m'offres mais comment veux-tu que je le fasse, n'oublie pas que ton fils est devenu l'un des plus grands super héros de notre ère. Je ne sais même pas où il se trouve en ce moment !
Jonathan (La rassurant, se levant de la chaise, lui souriant) : Ne t'inquiète pas chérie, je ressens sa présence tout près de là, bien qu'elle soit extrêmement faible. Il faut que tu nous aides, il faut que tu lui racontes tout ce que je t'ai dit et qu'il comprenne que nos vies comme les vôtres sont en jeu. J'ai confiance en vous deux, je vous aime si fort mais je ne peux pas rester plus longtemps, j'ai également un combat à mener à bien (S'approchant de Martha, feignant de lui caresser la joue, amoureusement) Je t'aime de tout mon cœur !
L'unique attention de la caresser incita les yeux de Martha à se fermer délicieusement, cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas ressenti cet amour. La forme angélique se dissipa petit à petit pour ne former qu'une vive et chaleureuse lumière, traversant la fenêtre pour disparaître derrière une couche de ciel étoilé. Martha rouvrit les yeux avec un sourire qui disparut derrière une énorme frustration, elle aurait tellement aimé que tout ceci ne soit qu'un rêve et qu'elle puisse se réveiller aux côtés du beau et charismatique Jonathan.
Demeure de Bruce Wayne. 2h30
Alfred : Oh mon Dieu…
Chloe, après la discussion avec Alfred et l'irruption d'un inconnu chez les Wayne, était toujours derrière la double porte boisée et pouvait apercevoir furtivement le majordome, l'arme d'autodéfense dans les mains, regroupées derrière son dos, tétanisé par ce qu'il venait de voir. Complètement apeurée, et dans un instant de courage se référant plus à de l'inconscience, la jeune blonde bondit derrière lui, et pour le protéger, elle le poussa de quelque pas.
Chloe (Sans fixer la tierce personne, décidée mais énervée, hurlant) : Ce n'est pas lui que vous cherchez, alors laissez-le tranquille, laissez-le en dehors de tout ça.
Alors qu'elle allait se laisser happer par l'étranger, elle s'encouragea pour faire face à ce qu'elle croyait être son ennemi, désirant, plus que tout, sa mort. Sa peur se transforma en soulagement profond puisque sa hantise de voir devant elle le Joker, prêt à tout pour la mener vers la voie de la douce et lente Faucheuse, s'était volatilisée pour laisser place à une pure sensation d'amour. Batman venait à l'instant de rentrer dans sa demeure et portait deux hommes, un sur chacune de ses épaules. Le regard fatigué et déçu, il fixa sa petite amie et son majordome avec un léger sourire, digne de la plus grande sobriété des Wayne. Il se décida à relâcher les deux personnes qui vinrent s'étaler comme de vulgaires chiffons dans le couloir froid et dur. Une mare de sang séché arpentant leur visage et leur blouse défigurait ces pauvres hommes. Le super héros s'étira professionnellement pendant quelques secondes puis s'approcha de Chloe. Cette dernière, à en juger son visage, semblait à la fois perdue, au vu des corps qui jaillissaient par terre, et extrêmement ravie.
Bruce (S'approchant de Chloe, lui caressant fragilement le visage, d'un sourire nuancé) : Tu peux me dire ce qu'il se passe ici ? Qu'est ce que tu voulais dire par « Ce n'est pas lui que vous cherchez » ?
Avant même que Chloe ne réponde, après un furtif coup d'œil vers Alfred, ce dernier lui coupa la parole. Il introduisit son arme dans l'une de ses poches et se dirigea vers le couple.
Alfred (Inventant à l'improviste un mensonge, esquissant un sourire forcé) : C'est-à-dire que mademoiselle Sullivan fait des cauchemars depuis quelques jours, depuis que le monstre sème la terreur, Maître Wayne. Etant donné que vous jouez un rôle dans cette histoire, elle a peur pour vous mais également pour elle. Ces cauchemars persistants la mettent en danger perpétuellement, elle croit que le monstre vient la chercher, il faut croire que cela la touche profondément (Percevant une nuance de doute chez son Maître, plaisantant) Ne me regardez pas comme ça, Maître Wayne, je ne pourrai pas expliquer ce phénomène, de meilleurs spécialistes pourront vous aiguiller sur la question, croyez-moi.
Batman (Fixant son ami, jetant un regard passionné vers Chloe, souriant timidement) : Tu sais Chloe, il ne faut pas que tu affrontes ton Mal en criant et en te livrant comme tu l'as fait, tout ce que tu dois faire c'est…m'appeler (Son sourire s'élargit, donnant confiance à sa petite amie, approchant ses lèvres des siennes, l'embrassant également sur le front, fixant de nouveau Alfred) Ne vous inquiétez pas Alfred, tout est sous contrôle.
Alfred (Manquant de s'étouffer, fixant Bruce) : Sous contrôle ? Vous vous moquez de moi, Maître Wayne. Vos parents vous ont appris à briller en société, ils vous ont offert une éducation exemplaire mais j'ai l'impression que votre définition de « Sous contrôle » diffère totalement de la nôtre. Vous seriez revenu en chantonnant, votre costume trois pièce concordant parfaitement avec un bouquet de fleurs acheté pour Mademoiselle Sullivan , vous nous auriez invité au restaurant pour fêter votre anniversaire, vous auriez été heureux, là je me serai abstenu de faire ce genre de réflexions mais expliquez-moi pourquoi vous êtes là, dans votre costume de justicier de la nuit, jetant deux malheureux hommes morts à nos pieds, alors que vous avez à votre disposition la Batcave ?
Batman (Relâchant la tendre emprise qu'il avait sur Chloe, se rapprochant d'Alfred, serrant sa mâchoire) : Tout simplement parce que j'ai besoin de votre aide, Alfred. Votre ami d'enfance qui vous a révélé le refuge du laboratoire secret de Lex Luthor m'a mené tout droit vers une tuerie. Ce laboratoire existait bien mais l'expérience, le projet qu'ils préparaient depuis des années a préféré continuer sa vie, seul. Le monstre qui ravage, pour le moment, le territoire américain est leur création, il s'agit de l'œuvre du Président des États-Unis (Remarquant l'effroi qui se lisait sur le visage d'Alfred, compatissant, montrant du regard les deux hommes morts) Ces deux hommes sont deux de vos anciens amis, vous reconnaissez cette montre ? (Pointant le poignet gauche d'un des hommes) J'ai besoin de vous pour que vous les rameniez chez eux, j'aimerai qu'ils reposent en paix et que leur âme ne soit pas souillée par le travail qu'ils ont fait pour Lex. Dans quelques heures, ces rapaces de journalistes vont découvrir par je ne sais quels moyens la trace de cette expérience, ils vont tout balancer aux médias qui se feront une joie de détruire la vie de ces hommes mais également celle de leur famille.
Chloe (Intervenant dans la conversation, étonnée) : Tu ne crois pas plutôt que Lex a déjà envoyé ses larbins pour effacer toute empreinte susceptible de lui faire toucher le fond et de le rendre coupable pour toutes les atrocités qui se déroulent sous nos yeux ?
Batman (Laissant échapper un léger soufflement, souriant faussement) : Lex est bien trop intelligent pour ça, Clark n'a cessé de me le répéter et je suis bien obligé de l'accepter. Lex détruira tous les indices qui peuvent le mener jusqu'à lui mais laissera comme tel son laboratoire, avec les corps qui se superposent. Quel meilleur moyen pour lui d'être lavé de tous soupçons ? Il rejette la faute sur quelqu'un d'autre, et en espèce il s'agit de ces pauvres hommes. La presse va prendre un malin plaisir à tout extrapoler et tout le peuple américain aura son regard fixé sur ces bourreaux imaginaires.
Alfred (Fixant les deux hommes, nostalgique mais effrayé) : Vous avez pris le soin de les ramener jusqu'ici mais que va-t-il advenir des autres scientifiques ? Avez-vous réussi à les faire sortir de cet enfer ?
Batman (Désolé, une culpabilité le rongeant) : Alfred, le temps est actuellement mon ennemi. Je ne peux pas tous les sauver. Imaginez qu'il me reste encore plus de 300 personnes à sauver si jamais je me décide à repartir jusqu'à là-bas. Je serai à mi-chemin de ma destination que déjà les journalistes empièteront sur mon travail, je ne peux pas me le permettre.
Alfred (Baissant la tête, en pleine réflexion) : Vous ne pouvez pas vous le permettre mais pensez-vous, ne serait-ce qu'une seule seconde, à ma situation ? Regardez leur état, ils sont en pleine décomposition, leur corps est complètement déchiqueté et vous me demandez de les amener chez eux ? J'en serai incapable et là c'est moi qui ne pourrai pas me le permettre.
Batman (S'approchant de son majordome, posant une main sur son épaule, fixant intensément) : Alfred, je vous connais depuis bien trop longtemps pour savoir que vous ne laisserez pas ces hommes dans un état aussi pitoyable que celui là, que vous ne laisserez pas Lex Luthor détruire encore plus leur vie qu'il ne l'a déjà fait. Vous m'élevez depuis la mort de mes parents et je suis en mesure de lister vos valeurs, vos défauts et vos qualités, c'est pourquoi je ne vous laisserai jamais être le dépositaire d'une telle tâche. (Se retournant vers les corps, se penchant, les soulevant pour les déposer sur ses épaules, fixant Alfred) Je les dépose dans votre voiture, vous n'aurez qu'à les déposer chez eux. Merci Alfred (Terminant sa phrase par un léger sourire, fixant Chloe) Je ne peux pas rester plus longtemps (Penche sa tête vers elle pour l'embrasser tendrement, éloignant le plus possible les corps) Fais une nouvelle fois attention, reste dans la maison quoi qu'il arrive, je ne veux pas qu'il t'arrive malheur, tu me comprends Chloe ? (Jouant le sourire de sa journaliste préférée, se dirigeant vers la porte d'entrée) Croyez-moi, Lex Luthor paiera pour toute la barbarie qu'il a semée.
Bruce claqua la porte après avoir fait signe de la tête à ses deux amis. Ces derniers cloués sur place n'initièrent aucune discussion. Alfred rompit le silence en saisissant l'une de ses vestes accrochée à un porte manteau et en s'arrêtant devant Chloe. Il fouilla dans l'une de ses poches, en sortit le revolver et le tendit à la jeune femme.
Chloe (Pris de recul, questionna du regard le majordome, d'un léger sourire) : Qu'est ce que vous faites Alfred ? Vous croyez vraiment que j'en aurai besoin ?
Alfred (Forçant Chloe à l'accepter, d'un sourire crispé) : Vous êtes tous pareils, toujours à vouloir faire tout, tout seul. Il va bien falloir que vous acceptiez mon aide, Mademoiselle Sullivan. (D'un regard paternel, inquiet) Vous allez être toute seule, ni Bruce ni moi ne sera là s'il se passe quelque chose. Je ne comprends toujours pas pourquoi vous avez tant désiré à ce que Bruce ne soit pas au courant de la lettre, il va être hors de lui si jamais il l'apprend par lui-même.
Chloe (Se forçant à sourire, le rassurant) : Tout va très bien se passer Alfred. N'ayez crainte, je suis une grande fille maintenant. (Lui offrant un baiser sur la joue, souriant de plus belle) Je crois que quelqu'un vous attend, dépêchez-vous il risque d'être hors de lui.
La sérénité et le sourire radieux de la
ravissante Chloe incitèrent Alfred à rejoindre le super héros. Ne
faiblissant pas, la jeune femme accompagna du regard la sortie de son
ami. Lorsque la porte fut refermée, le sourire laissa place à une
profonde et grande inquiétude. Ses jambes se mirent à trembler, son
regard commença à se concentrer sur l'arme qu'elle détenait
dans ses mains. Elle parcourut le long couloir pour rejoindre la
bibliothèque, ses pas étaient lourds, des gouttes de sueurs
circulaient sur son visage angélique. Elle s'arrêta devant la
double porte boisée, elle fixa la porte d'entrée, s'intéressa
de plus près à l'arme, se concentra une nouvelle fois sur la
porte d'entrée. Une fine couche de larmes traversa ses lèvres
pour s'arrêter au creux de son menton, elle picotait sa peau mais
Chloe resta fixer l'entrée. Après le départ des voitures de ses
deux amis et d'un air déterminé, elle serra l'arme dans sa main
droite, la fixa une dernière fois, franchit le seuil de la
bibliothèque puis referma la porte.
La caméra
était coincée, elle ne pouvait plus avancer, la porte lui bloquait
le passage, elle ne pouvait qu'entendre. Chloe semblait s'asseoir,
Chloe semblait sangloter et un « Je suis désolée » sembla être
prononcé. Un coup de feu retentit.
Washington. 2h30
… : Je le sais très bien qu'il est tard et que je n'aurai pas du vous réunir à cette heure mais ce que j'essaie de vous faire comprendre, c'est qu'aujourd'hui il survient une incohérence complète dans les actes du président.
Une jeune femme blonde, vêtue d'une simple tailleur marron cachant une chemise blanche, les mains déposées sur un bureau, faisait face à une dizaine d'hommes et femmes, tous assis devant des pupitres. Ces derniers, les traits tirés et le regard fatigué, essayaient de comprendre le raisonnement de la jeune femme, certains se moquaient ouvertement de son argumentation, d'autres restaient contentieusement attentifs à ses propos. Un homme, les cheveux grisonnants, s'attarda sur l'un des points évoqués.
L'homme (Fixant ses amis, faisant face à la jeune femme) : Veronica, vous évoquez une totale incohérence dans les actes et les propos du Président, mais n'a-t-il pas été prouvé que sa politique a permis au peuple américain d'être plus en sécurité que durant les dix dernières années ?
Veronica (Relevant les mains du bureau, croisant ses bras, fixant l'intéressé) : Bill, ce que je veux dire par là c'est que le Président reste trop sentimental lors de ses interventions, nous ne savons pas sur quel pied danser. Je veux bien croire qu'être Président nécessite d'être proche du peuple mais comment voulez avancer si le peuple américain est encore plus effrayé et paniqué à la sortie de ses discours ? Lex Luthor ne réfléchit plus, il semble dépassé par les évènements, la preuve en est avec la discussion téléphonique que j'ai eu avec lui, il y a de ça quelques minutes. Il a décidé seul de combattre le monstre, il aurait apparemment trouvé un moyen de le détruire. Ne devrions-nous pas trouver une autre solution pour anéantir cette menace, au lieu de laisser le Président s'étaler, avec tout le respect que je lui dois, comme un héros qu'il ne pourra jamais être ? (S'attachant aux réactions de tous les autres ministres, calmant leur ardeur) Le président ne va reculer devant rien pour prouver aux américains qu'il est leur premier homme et là, il avance tout droit vers sa mort. Je crois, mes amis, que le Président perd la tête, il ne sait vraiment plus ce qu'il fait. Depuis une décennie, des hommes et des femmes aux pouvoirs surhumains nous aident à terrasser le mal qui frappe notre planète, ne pensez-vous pas qu'il serait temps de réunir un groupe de super héros pour sauver le Président et pour faire disparaître ce monstre ?
Bill (Pouffant de rire, complètement dépassé par la situation) : Mais vous vous croyez en plein conte de fées, ma pauvre Véronica. Pour vous, il suffirait de claquer des doigts pour faire apparaître vos amis extraterrestres ? S'ils désiraient nous aider depuis le début, ne pensez-vous pas qu'ils auraient essayé de le combattre bien avant aujourd'hui ? Le Président sait ce qu'il fait depuis le début, s'il affirme qu'il a trouvé un système efficace pour nous sauver alors je lui fais entièrement confiance.
Un autre homme (Désespéré par son argumentation, le fixant avec une certaine pitié) : Hey Buchanan, lâche-lui un peu la grappe. Tu essaies tant bien que mal de comparer le Président, un seul homme détenant des pouvoirs purement politiques, à un groupe de super héros alors que l'on sait d'avance que ton argumentation est faussée. Nous les avons vu à l'œuvre, ils sont heureusement bien plus compétents que notre président pour réussir à exterminer ce fléau donc rassis-toi et calme-toi.
Veronica (Ravie de voir que certains la soutiennent, le remerciant, souriant) : Jack et Bill, je vous remercie pour votre intervention, je vais seulement devoir vous laisser débattre pendant quelques minutes, j'ai un appel important à passer. Veuillez m'excuser.
La jeune femme desserra les mains de son dos, s'excusa auprès des autres ministres, arpenta les quelques marches qui lui faisaient face puis sortit de la pièce, pendant que le débat s'alimentait. Le regard perdu, elle passa devant des hommes armés, contourna une table afin de se diriger calmement vers une autre salle. A l'intérieur, elle ferma la porte et sortit de sa poche une technologie dernier cri qu'elle déposa dans son oreille. Elle tapota dessus deux fois, patienta quelques secondes et commença à parler.
Veronica (Étouffant sa voix, quelque peu inquiète) : Oui John, j'te tiens au courant de la situation. Je viens à l'instant de sortir d'une réunion avec plusieurs ministres […] Tu as vu l'heure ? Tu ne pensais tout de même pas que j'allais pouvoir les réunir tous, certains ont besoin d'un peu plus de sommeil que la normale. Enfin bon, là n'est pas le sujet. J'ai appris il y a une quinzaine de minutes que Lex est parti, tout seul, s'opposer au monstre, je ne sais pas ce qu'il prépare mais il perd complètement la boule […] Oui, je sais, j'aurai du vous prévenir bien avant mais je devais d'abord connaître le ressenti des autres ministres. […] Et ben, ce n'est pas gagné. J'ai émis la proposition de vous réunir mais certains restent complètement fermés, ils sont à la bonne de Lex, ils n'arrivent pas à remarquer que leur cher Président va les mener tout droit vers un esclavagisme contemporain. […] Mais bien sur John, tu me prends pour qui ? J'allais tout de même pas crier, tu sais ce que ça aurait donné […] C'était une blague John, une simple blague. […] Tu veux dire que Lana, l'ex-petite amie du grand Kent, est emprisonnée à la Maison Blanche ? Tu te fous de moi là ? Qu'est ce qu'elle ferait là ? […] C'est un détraqué ce mec, ni plus ni moins. Lana est juste un passe temps pour lui, juste des pulsions sexuelles qui remontent à la surface […] Lois Lane ? Et puis-je savoir pourquoi elle est à la base ? […] Je veux bien vous aider sur ce coup là, j'aurai quelques facilités pour rentrer à la Maison Blanche, mais je ne pourrai pas faire ça tout seul. Barry peut m'être d'un grand…[…] Ok, tu penses que Kyle, s'il est là, pourrait te remplacer si jamais j'ai besoin de toi ? […] On trouvera bien quelque chose mais je pense que j'aurai besoin de tes pouvoirs. Je vais devoir vous laisser, ma pause syndicale est largement dépassée. Recontacte-moi.
Alors qu'elle s'apprêtait à quitter les lieux, elle entendit les deux gardes s'approcher dangereusement de cette deuxième salle. Sereinement, elle sortit un paquet de cigarettes de sa poche, en alluma une et sortit discrètement de la salle. Elle se retrouva nez à nez avec les gardes.
Veronica (Feignant d'être complètement confuse, gênée, fixant les deux gardes) : Oui je sais, je ne devrai pas fumer mais s'il vous plait ne le dîtes pas, c'est juste une mauvaise manie que j'ai. Je vous promets que la prochaine fois, je mangerai quelques chewing-gum au lieu de m'en allumer une (Éteignant sa cigarette, la jetant dans une poubelle, souriant) Vous voyez, je connais déjà les ficelles !
Elle débuta une marche dans le couloir, après être passée entre les deux gardes. Fière de sa prestation, elle s'esclaffa intérieurement et repartit en direction de l'autre salle. Cette jeune femme n'était donc pas une simple ministre, travaillant au sein du gouvernement, elle était en lien direct avec la Ligue des Justiciers. Qui était-elle vraiment ?
Smallville. Kansas. 2h35
Étrangement,
le froid venait de se lever sur la douce et belle campagne de la
petite ville de Smallville. A cette heure tardive, le ciel parsemé
d'étoiles, plus brillantes les unes que les autres, gardait un œil
sur les habitants qui expiraient et inspiraient profondément sous
leurs moelleux et apaisants draps. La caméra survola ce petit
village pour parcourir quelques kilomètres de bois et de marais
avant de finir sa course non loin de la ferme des Kent.
Elle
s'arrêta pour admirer la simplicité et la grandeur de ce domaine
familial, excentrée par rapport aux autres habitations cette ferme
se voyait jouir d'un calme divin, contrastant avec les évènements
qui avaient éparpillé et déstabilisé la famille. Martha ne le
répèterait jamais assez, ces années, durant lesquelles elle avait
passé des merveilleux moments en compagnie de Jonathan et de Clark,
resteraient les plus belles, les plus intenses et les plus sincères
qu'elle n'aurait jamais vécu. Le destin avait voulu mettre sur
leur route un vaisseau spatial dans lequel un enfant avait été
abandonné. Une vingtaine d'années plus tard, ce jeune chérubin
qui avait bénéficié d'un amour et d'une éducation exemplaires
était devenu l'un des plus grands Super héros que la Terre
n'avait jamais connu. Mais cette ascension n'avait pas suffi pour
laisser sa famille et la planète intactes car avec lui, c'était
le Mal qui avait progressé. L'équilibre des forces induisait un
équilibre des pouvoirs, c'est-à-dire que lorsque le Bien
progressait, le Mal en faisait autant, afin qu'il existe toujours
un conflit. Ainsi lorsque le Bien détruisait le Mal, ce dernier
arrivait à anéantir certaines forces bienveillantes.
Une
ombre dépassa le cadran de la caméra. Cette dernière, surprise et
tétanisée, ne pu que fixer la silhouette qui venait à l'instant
de cacher la ferme. Une cape rouge glissant au gré du vent, une
démarche oscillante et un toussotement effroyable, le jeune Clark
Kent essayait tant bien que mal de rejoindre sa famille. Des
blessures qui commençaient à cicatriser, du sang dégoulinant de
ses narines et de ses lèvres, un regard froid et distant, des forces
qui diminuaient progressivement, le seul visage de Superman
symbolisait la souffrance et la terreur. Le jeune homme n'avait
plus les capacités pour voler, il était obligé de marcher pour
rejoindre le ponton boisé qui représentait tant pour lui. Le combat
contre Doomsday était achevé depuis de nombreuses minutes mais ses
membres et son esprit ne pouvaient pas s'empêcher d'y repenser,
ce combat l'avait traumatisé, c'était la première fois qu'il
craignait autant pour sa vie mais également pour celle des habitants
de la Terre. Lex Luthor avait réussi à le vaincre, ce fourbe
n'avait même pas posé une seule main sur lui, il avait seulement
envoyé son animal de compagnie pour faire le travail, il avait
réussi à l'anéantir à sa façon.
Il emprunta
les trois marches et rejoignit la porte d'entrée. Martha
l'attendait juste derrière, le regard effrayé et décontenancé.
Clark s'arrêta quelques secondes, fixa sa mère puis retrouva le
sourire. Toujours en fixant amoureusement, il commença à tourner la
poignée mais n'eut pas assez de force pour continuer. Sa mère
anticipant le malaise ouvrit la porte et récupéra son super héros
dans les bras. Quelques larmes coulaient sur son visage défiguré,
Lex avait gagné sa bataille.
Van Wert, Ohio. Etats- Unis. 2h 40.
Deux silhouettes, l'une fine et longue, l'autre gigantesque et menaçante, marchaient côte à côte le long d'une route nationale, transperçant un sombre désert. L'ombre qui semblait se concentrer sur ces deux personnes était perforée par de fines lamelles vertes jaillissant du corps de l'immense bête. Cette dernière invectivait de douleur, elle se contorsionnait dans tous les sens, tout prêt d'un homme dont la simple et pure passivité était effrayante. Cette personne au crâne rasé, détenait un boîtier dans l'une de ses mains, qu'il actionnait grâce à un minuscule bouton rouge. Un cadran orné d'une flèche blanche nous indiquait l'intensité avec laquelle il réveillait la kryptonite sommeillant dans le corps de Doomsday. Ivre de pouvoir, ivre de supériorité, il ornait également une magnifique bague verte, à son index droit, s'illuminant intensément à l'approche du monstre. Lex avait réussi à contrôler la menace, il l'avait réussi depuis le début, bien avant sa libération, mais le fait qu'il mette fin au combat, sans même voir son plus vieil ennemi mourir sous ses yeux, rendait sa quête principale encore plus floue. Il stoppa sa marche, et pria son animal d'en faire autant.
Lex (Patientant, attendant que la bête fasse ce qu'il a demandé, abaissant l'intensité, d'un ton paternel) : Pour la suite des évènements, il va falloir que tu sois fort Doomsday. Je vais devoir te garder sous mon contrôle jusqu'à la fin, il faut que le monde entier croie que j'ai trouvé le moyen ultime pour t'anéantir. Sauf que tu me seras d'une aide capitale, tu ne deviendras plus l'ennemi numéro un, tu deviendras le gardien de la paix numéro un. (Reculant après le rugissement bestial de l'animal, augmentant l'intensité, s'énervant) Si tu es sage, je n'aurai plus à le faire donc tu te calmes toute de suite. Tu as déjà tué des milliers de personnes, tu vas devoir maintenant t'acquitter de tous ces massacres et pour cela, tu vas devenir le plus grand exterminateur de menace. Tu vas faire passer Superman et ses compagnons pour des guignols, et c'est tout ce que je te demande…
Lex, résolument prêt à tout pour détruire la popularité de Superman et de ses amis, explosa de rire et continua sa marche aux côtés d'un Doomsday beaucoup plus calme et docile qu'un enfant devant son père. Ces deux compères vagabondaient tranquillement et dangereusement, leur plan était maintenant bien entamé, la puissance dévastatrice ne semblait pouvoir ne plus être arrêtée. La lune était triste se soir, les étoiles venaient d'être cachées par un étrange nuage sombre, un intense vent frais venait de soulever un amas de poussières et, Lex et Doomsday se dirigeaient vers Washington.
