Alena Robynelfe : Et non justement, Emilie est une Moldue. Mais toutes les explications bientôt. Merci encore pour toutes tes reviews.

Quand Harry a vaincu Lord Voldemort, il a aspiré à une vie paisible, ce qu'il n'a pratiquement jamais eu depuis sa naissance. Ou du moins, sans aucun incident ou choc notable. Mais il faut croire que les bouleversements sont infinis.

Après le drame de Privet Drive, la découverte d'Hermione d'une sœur jumelle est chose heureuse, certes. La petite amie de Harry a toujours rêvé d'être sœur et a pensé jusque-là que ce rêve serait irréalisable. Mais le choc est tout de même très grand : pourquoi ont-elles été séparées, selon toute vraisemblance à la naissance ? Et est-ce elle ou Emilie qui a été abandonnée ? Jamais Hermione n'a autant douté de ses parents, qu'elle estimait jusque-là irréprochables. Harry suggère à Hermione de leur parler pour qu'ils s'expliquent. Mais la jeune femme préfère attendre un peu.

-Je dois d'abord en parler à Emilie, dit-elle à Harry. Pour elle aussi, c'est bouleversant.

Un autre évènement se profile et vient mettre en parenthèse l'affaire des jumelles : Ron et Lavande doivent se faire opérer le lendemain-même. Et Harry lui-même va se faire enlever son médicomoeil, ce qui est d'autant plus pour lui un soulagement qu'il s'avoue être quand même heureux de rentrer en Angleterre même s'il aime beaucoup les Granger et la France.

-Comprends-moi, chérie, je suis bien ici avec toi et tes parents. Mais ce n'est pas chez moi, le Terrier me manque. Nos amis me manquent.

-Ne t'en fais pas, Harry, je te comprends, rassure Hermione. Moi aussi ils me manquent. Et je vais venir avec toi.

-Mais, et Emilie…

-C'est tout aussi important, bien sûr. Mais Harry, je viens à peine de découvrir son existence. Ron a énormément d'importance pour toi comme pour moi. Nous devons être là pour lui… et pour Lavande, ajoute-t-elle avec un air montrant qu'elle ne la soutiendra uniquement parce qu'elle sort avec Ron. Harry le voit et lui dit :

-Chérie, il serait peut-être temps d'enterrer la hache de guerre avec Lavande…

-Crois-moi, je ne désire que cela, mon cœur, et je suis sûr que Lavande aussi. Mais il nous faudra du temps : on ne s'est jamais entendu elle et moi. Et la guerre qu'on s'est livré elle et moi en Sixième année est encore chaude.

-L'histoire de Ron et Lavande est sérieuse maintenant. Elle fait partie de la famille. Sans elle, notre Ron aurait sombré comme la pauvre Fleur…

-Je sais bien et je lui en suis reconnaissante. Mais je ne me sens pas prête encore à être amie avec elle. Nos relations pour l'instant vont se limiter à connaissances familiales. D'ici quelques temps, ça changera c'est sûr mais pour l'instant, c'est comme ça.

Harry approuve le choix d'Hermione. Lui n'a jamais eu d'animosité particulière contre Lavande, même s'ils ne sont pas réellement amis. Lorsqu'elle et Hermione se sont battues comme des chiffonniers pour Ron, Harry a joué malgré lui le rôle du pompier qui éteint le feu. La rupture d'alors lui est donc apparu comme une libération personnelle.

Avant de repartir, Hermione annonce son départ à Emilie. Les sœurs se retrouvent au même café rue Jeanne d'Arc. Emilie avoue à Hermione que ses parents ont tenté de l'empêcher de la revoir mais elle n'en a cure. Hermione lui raconte l'accident et ses conséquences.

-J'ai eu une chance de pendue, si je puis dire, je m'en suis tirée à peu près indemne. Mais ce n'est pas le cas de Ron. C'est mon meilleur ami et il… il… il est défiguré.

Emilie plaque la main contre sa bouche.

-C'est affreux… marmonne-t-elle, le regard horrifié.

-Oui. Demain, il va se faire une opération du visage. C'est pour ça que je dois partir.

-Je comprends. Mais tu reviendras bientôt ?

-Quand ce sera fini. Promis.

-Tu sais quoi ? Je ne suis jamais allée à l'étranger…

-Je t'emmènerai. Je te présenterai Ron et toute la famille Weasley.

-Merci, Hermione. Et on emmènera Madeleine, elle est comme… une sœur pour moi.

Hermione n'a pas encore rencontré Madeleine, mais comme dit le diction : les amis de mes amis sont mes amis.

-A ton retour, on se verra toutes les trois. Vous pourrez faire connaissance, Madeleine et toi. Je suis sûre que vous allez vous entendre à merveille. Je lui ai parlé de toi et elle a très envie de te connaître.

-Et moi de même, dit Hermione avec un grand sourire. Et je demanderai à Harry, mon petit ami de venir avec nous.

-Tu as de la chance d'avoir un petit copain… marmonne Emilie d'une voix sensible.

-Je te l'ai dit, ça viendra tout seul, rassure Hermione. Tu es quelqu'un de bien, Emilie. Tu finiras par trouver la perle rare.

Emilie rougit, touchée par sa sincérité.

Hermione hésite. Elle sait maintenant qu'Emilie est sa sœur et suppose que celle-ci le sait également, même si elle ne l'a pas dit directement. L'espace d'un instant, elle est tentée d'avouer à Emilie sa nature de sorcière. Mais elle chasse rapidement cette idée. C'est encore trop tôt, elle risque de ne pas supporter un nouveau choc. Elle lui en parlera à son retour. Il est de plus temps pour Hermione de partir.

-Je dois y aller, j'ai mon train pour Londres dans une heure. Je dois retrouver Harry à la gare.

-Pas de souci. Hermione ?...

-Oui ?

Emilie semble hésiter une seconde puis dit finalement :

-Je t'adore.

Flattée, Hermione répond : Moi aussi.

Ni l'une ni l'autre n'a envie de se quitter. Certainement les liens du sang pense Hermione. On dit en effet psychologiquement que les jumeaux sont indissociables et que les séparer est comme les couper à moitié. Hermione pense avec douleur à George, dévasté depuis la mort de Fred un mois plus tôt.

En réalité bien sûr, Harry et Hermione ne rentrent pas en train. Ils vont transplaner directement à Loutry-Ste-Chaspoule et le Terrier. Avant de partir, Harry remercie les Granger pour l'avoir si bien accueilli et ne peut s'empêcher d'éprouver une petite pointe de jalousie envers Hermione. Elle au moins a été elevée dignement par des Moldus.

-Merci, beaucoup, vraiment.

-Mais de rien, mon garçon, dit Mr Granger avec un grand sourire. Tu nous as prouvé que tu es digne d'être le compagnon de notre fille et nous en sommes très fiers.

-Tu peux revenir ici quand tu veux, Harry, ajoute Mrs Granger. Tu seras toujours la bienvenue chez nous.

Quelle différence flagrante là encore, pense amèrement Harry. Il se souvient très bien de son premier départ à Poudlard : après l'avoir amené à King's Cross, les Dursley sont repartis en éclatant de rire. Et lorsqu'ils sont venus le chercher neuf mois plus tard, ils ont regardé Ron et Hermione comme s'ils avaient peine à croire qu'on puisse être ami avec un être aussi dégoûtant qu'Harry Potter. Et que dire de l'immonde tante Marge dont le seul plaisir est de jouer les Dolores Ombrage avec lui… De ce fait, Harry imagine bien la réaction de l'oncle Vernon, la tante Pétunia et la tante Marge s'ils apprennent qu'Harry est en couple avec Hermione. Mais il s'en contrefiche. En dehors de Dudley, réconcilié, le jeune homme ne considère aucun des Dursley comme étant sa famille.

Cette sombre pensée est effacée par la joie de revoir la grande maison des Weasley. Il lui semble qu'une éternité a passé. Harry a quitté le Terrier dans une atmosphère sinistre, sous le choc de l'accident de la voiture. Certes, il n'y a pas que des réjouissances du retour – Fleur va de plus en plus mal sans parler du stress pour Ron et Lavande – mais l'éloignement a permis de vider la tête et de retrouver, en partie, le moral. Harry et Hermione en ont besoin après deux années d'une guerre infernale. Il ne reste plus qu'à souhaiter que tout se passe bien pour leurs amis et que Fleur arrive – même si ça semble difficile - à retrouver la vie pour que la vie retrouve un semblant de normalité.

Dès leur arrivée, Molly Weasley accourt et se précipite pour prendre Harry dans ses bras puis faire la bise à Hermione.

-Oh ! Mes chéris ! Que je suis heureuse de vous voir. Vous nous avez tellement manqué.

-Nous aussi, Mrs Weasley, dit Harry. Comment va Ron ?

-Il est tendu mais nous sommes tous là pour le soutenir.

-Et Fleur ? demande Hermione.

Cette fois, Mrs Weasley répond non par les mots mais par une grimace.

Seuls les parents Weasley, George et Ginny sont présents. Bill est chez lui à la Chaumière aux Coquillages, Charlie est reparti en Roumanie – même s'il essaie d'être présent le plus possible pour soutenir son frère – et Percy est au chevet de Ron à l'hôpital. Ginny, pour qui Harry a une très grande importance, se jette littéralement sur lui et manque de l'aplatir par terre comme si elle lui faisait un plaquage de rugby. Elle s'excuse et l'enlace.

-Oh ! Harry ! J'ai été bien triste sans toi, dit-elle en l'aidant à se relever.

-Moi aussi énormément Ginny, réplique sincèrement Harry qui aime autant Ginny qu'elle-même. Comment va Neville ?

-Très bien. C'est un amour. Je suis heureuse avec lui. Mais il me faut aussi mon meilleur ami pour que mon bonheur soit complet.

-Alors, Harry, comment c'est chez les Granger ? demande chaleureusement Arthur Weasley en lui serrant la main.

-Ils sont… adorables, répond Harry et Hermione l'embrasse sur la joue.

-J'aimerais tant découvrir comment c'est la vie moldue…

-Vous pouvez venir quand vous voulez, Mr Weasley, dit Hermione. Mes parents se rappellent bien de vous.

Hermione se rend compte qu'elle a gaffé car le sourire d'Arthur s'efface. La seule fois où les Granger ont rencontré le père des Weasley, celui-ci leur a fait honte en se battant en public avec Lucius Malefoy. Ce souvenir est certes lointain désormais mais Arthur n'a pas oublié pour autant.

-Ah ! dit-il soudainement. Il y a un visiteur parmi nous…

Une silhouette resté dans l'ombre, que Harry et Hermione n'ont pas remarqué, se montre. Grand, blond, pâle, il arbore un sourire tendu mais amical.

-Lui ? Qu'est-ce qu'il fiche ici ? s'exclame Harry qui estime que Drago Malefoy est la dernière personne susceptible de venir rendre visite aux Weasley. Hermione aussi a du mal à croire à la présence de leur ennemi juré.

-Ne t'en fais pas, Harry, il n'y a pas de mal, assure George dont le faible sourire montre qu'il n'a pas encore fait réellement le deuil de son frère.

-Oui. Je m'explique sur ma présence, dit Drago d'un ton qui n'a plus le sarcasme auquel il a habitué pendant sept années. Depuis la fin de heu Vous-Savez-Qui (Harry trouve bizarre de voir Drago éviter de prononcer le nom de celui qui a longtemps été un modèle avant de devenir une terreur), ma famille a complètement changé. Mon père ne veut plus faire dans la magie noire. Et lorsque nous avons appris ce qui s'est passé chez tes Moldus, Potter (Hermione ne se souvient pas de l'avoir entendu dire « Moldus » et non pas « Sang-de-Bourbe »), j'ai eu un cas de conscience. J'ai réalisé à quel point j'ai été immonde avec vous tous. Je veux changer… en bien.

Harry et Hermione n'en reviennent toujours pas. Drago qui se repend et demande leur pardon, c'est comme si l'oncle Vernon se mettait à jouer au Quidditch.

-Drago est venu hier nous assurer de son changement et celui de sa famille, ajoute Arthur Weasley. Moi aussi, j'ai eu du mal à croire. Même, je n'aurais jamais imaginé cela un jour mais je crois que lui et son père sont sincères.

Harry comprend qu'il a raison. Les Malefoy ont beaucoup perdu de leur fierté arrogante lors de la deuxième ascension de Voldemort et il a bien vu, lors de ce triste soir de la mort de Dumbledore, que Drago n'a pas l'âme d'un tueur. Et c'est plus ou moins directement grâce aux Malefoy que Harry a pu anéantir Voldemort : si Drago n'avait pas désarmé Dumbledore, Voldemort aurait été le maître de la Baguette de Sureau. Si Narcissa Malefoy n'avait pas trompé Voldemort en lui faisant croire à la mort d'Harry, le Mage Noir aurait tué le garçon définitivement. Et Drago a sauvé la vie de Harry en faisant mine de ne pas le reconnaître malgré les pressions de Bellatrix. Harry a payé sa dette envers lui en le sauvant deux fois, des flammes puis des Mangemorts. Harry doit ainsi sa victoire et sa survie en bonne partie à la famille Malefoy. Et c'est pourquoi il accepte de pardonner à Drago.

-D'accord, Malefoy. Je veux bien te donner une chance. Mais plus jamais d'entourloupe, d'accord ?

Hermione est plus sceptique.

-Je ne sais pas si on peut lui faire confiance, chéri. Il m'a insulté tellement de fois de tu-sais-quoi…

-Je comprends, Granger, réplique Drago d'un
sourire non plus goguenard mais charmant et sincère. C'est vrai qu'il est difficile pour l'instant pour toi et moi de parler d'amitié. Mais comme on dit : avec le temps va tout s'en va.

Hermione se dit que décidément, la vie est faite de surprise. Un mois plus tôt, jamais elle n'aurait imaginé que ses relations deviendraient corrects avec Drago Malefoy et Lavande Brown, deux des personnes qu'elle détestait le plus jusque-là. Il ne manque plus que Rita Skeeter et le tiercé sera gagnant.

-En tout cas, continue Drago, je suis venu soutenir Weasley et sa copine. Quoi que je pense de lui, il ne mérite pas ce qui lui est arrivé. Personne ne le mérite.

Une preuve de plus. Drago n'aurait pas dit cela s'il ne le pensait pas se dit Harry. Il sait que son rival à Poudlard adore frapper là où ça fait mal. Comme pour confirmer pour de bon ses intentions, Drago tend une main :

-Alors, c'est d'accord, Potter ?

-C'est d'accord, Malefoy. Mais appelle-moi Harry.

-Appelle-moi Drago.

Et ils se serrent la main. Avec une grande réticence, Hermione fait de même.

-Comment va…

Tout le monde comprend qu'Harry parle de Fleur. Comme Arthur précédemment, tout le monde ne répond qu'avec des mines tristes. C'est Ginny qui emploie les mots :

-Plus les jours passent et plus Fleur sombre. Elle a perdu tellement de poids à force de refuser de manger qu'elle est devenue squelettique. Même son charme de Vélane a perdu de sa magie. D'après Bill, elle…

Ginny n'arrive pas à finir et se met à pleurer. Harry l'enlace pour la réconforter. C'est George qui achève la terrible phrase : … elle se laisse mourir.

Harry est désemparé. La pauvre Fleur… qu'il semble loin le jour où elle a annoncé, au comble du bonheur, qu'elle allait enfin réaliser son rêve le plus cher : celui de devenir maman. Et le lendemain, l'horreur a bousillé sa vie. Tout ça à cause de…

-Et si on retrouvait le coupable ? marmonne Harry.

-Si seulement… répond Arthur. C'est sûrement le seul espoir pour que Fleur retrouve la vie. Mais l'enquête ne trouve aucune issue. Le fait qu'en plus le coupable soit moldu n'arrange rien puisque ce n'est pas directement de notre ressort. Kingsley nous a dit que s'il n'y a rien de nouveau d'ici les prochains jours, la police moldue sera obligée de classer l'affaire comme non résolue.

Harry voudrait tellement retrouver le chauffard. Il a commis un crime aussi effroyable – si c'est possible - que de tuer avec le sortilège de la mort. A cause de lui, son meilleur ami de toujours Ron a perdu son physique. A cause de lui, il a failli devenir semi-aveugle. A cause de lui, un enfant a perdu la vie. A cause de lui, une femme à la beauté sublime dépérit au fil des jours. S'il se trouvait face à lui en ce moment-même… Harry ne sait pas comment il réagirait mais il serait capable de le briser en mille morceaux, malgré sa haine de la violence.

Le soir, tout le monde se couche tôt car les opérations et le retrait du médicomoeil d'Harry doivent avoir lieu à partir de huit heures du matin. Drago est reparti chez lui et a promis d'être présent au rendez-vous à l'heure pile. Cependant, en l'absence de Ron, Harry et Hermione sont pour la première fois autorisés à dormir ensemble – sous réserve de ne rien faire de compromettant. Ce qui ne risque pas d'arriver, comme l'assure Harry à Molly, car tous deux ne se sentent pas encore prêts à passer à l'acte.

Il n'empêche que la possibilité de dormir dans les bras l'un de l'autre dans le même lit est un grand bonheur de plus depuis que Harry et Hermione sortent ensemble. Cela n'empêche pas bien sûr quelques précautions. Harry tient à être retourné pendant qu'Hermione se met en pyjama.

-Tu sais, mon cœur, ça ne me dérangerait pas…

-Non, chérie. Ne brûlons pas les étapes. Je ne veux pas toucher ton intimité trop vite. Je t'aime trop pour ça. Nous découvrirons nos corps quand nous serons prêt à le faire.

-Tu es un amour, lui dit-elle en l'embrassant avant de se changer.

Une fois Harry également en pyjama – Hermione s'est à son tour retournée par respect et amour pour lui – il rejoint sa copine et se blottit dans ses bras. Jamais il ne s'est senti bien. S'il n'avait pas eu peur pour Ron et Lavande et pour lui-même par rapport à son œil, cette nuit aurait été la plus magique de sa vie – en dehors de celle de ses onze ans.

-Mon amour ? souffle Harry.

-Oui ?

-Veux-tu être ma fiancée ?

Hermione lui répond par un doux baiser et un câlin. Elle est rouge de bonheur : Oui, mon cœur ! Je veux être ta fiancée !

Le lendemain, le stress est à son comble. Molly surgit de très mauvaise humeur car elle n'arrive pas à mettre la main sur son pull et Ginny tremble. Son père s'efforce de la rassurer : tout va bien se passer.

-Le Dr Mitose est un très grand médicomage, Ginny. Il pratique régulièrement ce genre d'opération magique et ça a toujours été un succès. Ce soir, Ron et sa copine rentreront au Terrier sous un visage nouveau.

Arrivés au couloir de l'hôpital Sainte-Mangouste réservés aux opérations, chacun se séparent. Harry entre dans le cabinet du Dr Martinez, collègue du Dr Mitose, qui va lui retirer son médicomoeil. Les Weasley, Drago et Hermione sont en salle d'attente. Il va sans dire en effet que les visiteurs ne sont pas autorisés à entrer dans les salles d'opération. Si la procédure n'a rien à voir avec la chirurgie Moldue, le docteur pratiquant a besoin d'une extrême concentration car l'opération est très délicate et non sans risque.

-Bonjour, Mr Potter, dit la Dr Martinez en lui serrant la main. Comment allez-vous ?

-Très bien, merci. Enfin, on fait aller si je puis dire.

-Très bien. Nous n'allons pas attendre plus longtemps. Retirons ce médicomoeil. Enlevez vos lunettes et allongez-vous, s'il vous plaît, dit-elle en désignant la chaise pliante de la main.

Harry s'exécute. D'un coup de baguette, la Dr Martinez met la chaise en position couchée. Harry a les yeux fixés au plafond.

-Bien. Maintenant, essayez de ne pas bouger, Mr Potter, car c'est très délicat.

Harry a l'impression qu'on lui retire un gros bouton fixé sur la peau. Le médicomoeil fait un horrible bruit de succion en se retirant et pendant un moment, sa vue gauche est brouillée.

-Voilà. Maintenant, je vais vérifier si votre œil fonctionne parfaitement.

Elle utilisa le sort Lumos et illumina l'œil soigné d'un grand rayon de lumière qui éblouit Harry de ce côté. L'examen ne dure qu'une minute. Satisfaite, la Dr Martinez éteint la lumière et dit en souriant :

-Tout est parfait, Mr Potter. Votre œil est totalement guéri. Vous pouvez vous relever.

Elle remet la chaise debout pour permettre à Harry de se lever. Il est soulagé : le médicomoeil, à force, le faisait picoter. Pour lui en tout cas, il n'y aura plus de trace de l'accident.

-Merci beaucoup, docteur, dit-il en remettant ses lunettes.

Après l'avoir salué, Harry sort du cabinet et rejoint la salle d'attente. Tout le monde est présent, ce qui signifie que les opérations ne sont pas encore terminées. Mais tous découvrent avec bonheur l'œil à nouveau normal d'Harry. Hermione se jette littéralement sur lui.

-Mon amour ! Tu es bien mieux comme ça.

Et ils s'embrassent sous le sourire amusé des Weasley et Drago. Ce dernier confie à Ginny :

-J'étais sûr qu'ils sortiraient ensemble un jour ces deux-là.

Par la suite, le silence devient total et l'attente longue, très longue. Enfin, au bout d'une interminable demi-heure, le Dr Mitose sort de la salle d'opération. Le sourire qu'il leur affiche leur fait comprendre qu'il a réussi.

-Tout va bien. Le jeune Weasley et sa compagne sont comme neuf.

Molly Weasley est tellement émue qu'elle se jette dans les bras du docteur.

-Oh ! Docteur, merci, merci, merci !

-Pouvons-nous les voir ? demande Percy.

-Pas encore, ils doivent se reposer, répond le Dr Mitose. Dans une heure normalement ce sera bon. Mais pas plus de deux.

A l'unanimité, tout le monde décide que Harry et Hermione vont entrer les premiers car Ron et Lavande ne les ont pas vu depuis longtemps. Une heure plus tard donc, le couple entre dans la chambre. Ce qu'ils découvrent les émerveillent.

Lors de leur dernière visite, Ron et Lavande avaient le visage dans un triste état, surtout le malheureux Ron méconnaissable. Grâce aux soins du Dr Mitose, Ron a retrouvé un physique parfait, sans aucune cicatrice ni fracture. De même pour Lavande dont la trace de morsure de Greyback a disparu. Voir leurs amis redevenus naturellement biens leur fait chaud au cœur. Ils n'en ont bien sûr pas le droit mais Hermione se serait sûrement jeté sur Ron pour l'enlacer et lui montrer sa joie de le voir redevenu beau.

-Harry ! Hermione ! Je me sens revivre !

Il y a si longtemps que Ron n'a pas été aussi heureux. Complètement brisé après Privet Drive, il a aujourd'hui retrouvé un physique et…

-Ron et moi nous sommes fiancés ! annonce fièrement Lavande.

-Et nous aussi ! Nous sortons ensemble depuis notre départ en France.

Lavande allait les féliciter à leur tour mais Ron ajoute :

-Hermione, j'ai quelque chose à te demander.

-Oui, Ron ?

-Fais la paix avec Lavande, s'il te plaît. J'ai réussi à la convaincre.

Il n'a pas réussi facilement à en juger par la mine renfrognée de sa compagne. Mais c'est tout de même en s'échangeant un sourire chaleureux qu'Hermione et Lavande se disent : nous sommes amies, maintenant.

Cette journée est la plus belle que Harry a passé depuis longtemps. Il en oublierait presque les malheurs de Fleur. Et à propos de Fleur…

Quand il rentre au Terrier l'après-midi et se connecte sur son Facebook, Harry est accueilli par un message privé de Dudley. Ils ne se sont plus parlés depuis leur dernière rencontre.

-Salut, Harry. Ça faisait un bail. Tu vas bien ?

-Salut, Dudley. Oui et toi ?

-Ça va. J'ai appris ce qui s'est passé. C'est horrible…

-Oui tu peux le dire, écrit Harry qui n'a pas envie d'aborder ce sujet alors qu'il vient de retrouver une vue complète.

-Comment vont Ron et Hermione ? Est-ce que…

-Ils ont eu plus de peur que de mal, comme moi, mentit Harry.

-Dans ce cas, ça va.

Tout en discutant, Harry clique sur son profil et, par curiosité, se rend dans l'album de son profil. Et là, une photo attire son attention.

Elle montre Dudley souriant avec ses parents. Jusque-là, rien de particulier. Mais la voiture derrière eux lui tape à l'œil. Une grande Ford blanche décapotable. Il la reconnait aussitôt.

Harry n'a aucun doute. C'est lui qui les a percuté. C'est l'oncle Vernon qui a provoqué l'accident.