Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.

Genre : Policier/ Tranche de vie.

Lectrice 01 : Arlia Eien.

Acteurs : Heero, Duo, Wufei.


Chapitre 9


Samedi matin, après son jogging matinal, Heero décide de s'atteler à mettre un peu d'ordre dans son appartement. Trowa lui a envoyé un mail, il n'est pas établi trop loin de Sank avec le cirque. Il lui a dit qu'il passera en fin de matinée dans les environs de 11 heures pour l'emmener dans un restaurant pour le repas de midi avant qu'il ne retourne pour l'animation de fin de journée.

Après avoir pris les poussières dans le salon qui fait office de salle à manger également, Heero se rend dans la cuisine pour laver la cuisinière et prendre les poussières sur le buffet et le frigo. Il retourne les chaises sur la table avant de se rendre dans sa chambre pour y prendre également les poussières sur les deux tables de nuit et la commode.

Il lui reste la salle de bain à laver. Après il pourra aspirer toutes les pièces en une fois et passer un coup de torchon, il aura fini son gros ménage pour le mois, il préférait entretenir sommairement les autres semaines en passant juste un coup d'aspirateur.

Arrivé à la salle de bain, il récure l'évier, le WC ainsi que la douche. Il va vider la petite poubelle dans la grande de la cuisine et met les deux sur la table de la cuisine, sur les chaises retournées.

Il ouvre le cagibi dans lequel, il y a sa planche à repasser, ses affaires de nettoyage ainsi que son aspirateur. Il le sort, tire sur la rallonge intégrée pour l'introduire dans une des deux prises restantes de son plan de travail.

Puis, d'un coup de pied il enclenche l'interrupteur de l'aspirateur. Il commence à aspirer la cuisine en passant le long des plaintes, revenant vers la porte pour se rendre dans le salon.

Quand il commence à le passer près du plan de travail où il y a beaucoup de miettes de pain sur le sol dû au nettoyage de son grille-pain, Heero fronce des sourcils. On dirait que les mies s'agglutinent plus qu'elles ne sont aspirées. Son regard se porte sur le témoin de remplissage du sac, celui-ci est seulement rempli à moitié, donc ce n'est pas ça le problème. Peut-être encore une allumette coincée dans la brosse qui empêche les miettes et les crasses de passer, ce qui est peu probable mais on ne sait jamais. Il y déjà eu le problème il y a un an, il avait porté son aspirateur à réparer pour un problème d'aspiration, alors qu'il était juste obstrué. L'allumette avait retenu des cheveux et des fils, à la longue il y avait eu un bouchon.

Yuy ramène la tête aspirante vers lui pour regarder, il met sa main dessus pour voir si rien ne bouche, aucune aspiration. Il enlève le premier élément pour voir si ça ne viendrait pas de là, toujours aucune aspiration, pris d'un doute. Il met sa main sur le moteur de l'aspirateur. Il ne sent aucune vibration. De la main, il pousse sur l'interrupteur et sent l'aspirateur vibrer.

Encore une chance qu'il n'y a eu aucun témoin, on l'aurait pris pour un fou de passer l'aspirateur avec celui-ci coupé.

En soupirant, il recommence à aspirer du début, il faudra qu'il vérifie dorénavant, comme pour le sèche linge dont il ne voit pas le linge passer devant le hublot et qui n'a aucun témoin lumineux.

Plus le temps passe, plus il se rend compte qu'il y a des signaux auditifs pour prévenir l'utilisateur. Le micro-onde sonne, mais maintenant il doit venir voir si c'est fini plutôt que de se baser sur cette sonnerie, il regarde sa montre pour estimer la période où ça peut être fini.

En plus son four ne se coupe pas quand le temps de cuisson s'est écoulé, Heero avait donc pris l'habitude de mettre sa montre en action pour lui rappeler que son repas doit être prêt, surtout pour ne pas le retrouver brûlé comme la première fois. C'est même l'odeur de brûlé qui lui a rappelé qu'il a mis son repas à cuire.

Une fois l'appartement propre, Yuy sort son herbier pour le compléter avant la venue de Barton.

µµµ

Trowa arrive à l'heure prévue, ensemble ils se rendent au restaurant au coin de la rue, pas un mot n'a encore été échangé.

Le serveur vient prendre leur commande : une lasagne pour Trowa et un spaghetti bolognaise pour Heero.

-« Vous voulez être servi en même temps ? » Demande le serveur.

Les deux hochent la tête.

-« Comme boisson ? »

-« Un demi de vin blanc. » Répond le brun-roux après avoir concerté du regard le métis.

Le garçon parti, Trowa se lance.

-« Pas de séquelle ? »

-« Pourquoi y en aurait-il ? »

-« On doit t'avoir mis de l'ADN de chat dans tes modifications. » Lâche narquoisement Barton.

Yuy soulève un sourcil, alors que le serveur revient avec les jus d'orange de l'apéritif et les sets de table.

-« Combien de vies te reste-t-il ? » Interroge le brun-roux toujours un sourire narquois sur les lèvres.

-« Plus tellement, si tu me prends pour un chat. » Répond Heero son regard bleu dans l'œil émeraude alors qu'il porte son verre à sa bouche.

-« Je préfère te voir comme ça qu'à l'hôpital. » Admet Trowa.

-« Je sais, je ne m'attendais pas à t'y voir souvent. Il y a des souvenirs qu'on préfère oublier. » Affirme le métis.

-« Ne va pas croire qu'il n'y a que des mauvais souvenirs de cette époque. J'ai apprécié de jouer les infirmiers, de te remonter le moral. »

-« T'occuper de moi différemment ? » Questionne Yuy en lui faisant un clin d'œil.

-« Aussi, je pense parfois à remettre à nouveau le couvert. » Affirme Trowa en mettant son menton dans ses mains jointes alors que ses coudes sont sur la table.

-« Pas moi, j'ai le moral. » Rétorque le brun.

Il cherche rapidement le serveur du regard, manger lui donnerait une contenance. C'est la deuxième fois en dix minutes qu'il ment à l'ex 03. Il y a une raison pour laquelle il l'avait allumé, avant de se rendre compte que trop d'intimité poserait un problème. Ses changements d'attitudes, même s'ils n'ont jamais beaucoup discuté pendant ces moments-là. Mais il serait trop tendu et Trowa le sentirait, Heero aurait bien trop peur de louper une parole, une demande. La lumière serait allumée alors qu'ils ont toujours assouvi leurs corps dans le noir. Entre eux, il n'y a pas d'amour.

Ce genre de plaisir, il va devoir aussi y renoncer à moins d'être l'actif et encore son problème d'audition resterait un risque de tension. Il lui resterait les gigolos et les petites annonces, on n'a pas de compte à leur rendre.

Yuy ferme les yeux pour chasser ses idées, calmer ses impulsions, l'onde de désir qui commence à lui parcourir les reins et le bas-ventre. Ce n'est pas le moment de penser à ça.

Le serveur arrive au bon moment pour faire diversion. Le garçon parti, Barton reprend la discussion où ils l'ont laissée.

-« Tu joues à l'allumeur maintenant ? »

-« Pas vraiment. »

-« Tu agis bizarrement. » Lâche le brun-roux en haussant un sourcil.

-« Je n'ai plus pensé à ton emploi du temps. » Rétorque Yuy en commençant à tourner sa fourchette dans ses pâtes.

-« Je peux revenir après le spectacle nocturne. Ca ne m'a jamais gêné de faire les navettes pour te retrouver. » Propose Trowa

Ca intéresse encore moins Heero, il constaterait les modifications dans son appartement. Avec Duo, Trowa est le plus susceptible de le découvrir s'il le laisse trop approcher. Suivre ses sentiments pour une fois n'est pas une bonne chose. Qu'est-ce qui lui a pris ?

-« Je ne sais pas où je serai cette nuit. » Répond Yuy.

-« On remettra ça à une autre fois. »

-« Peut-être. »

Trowa ne peut s'empêcher d'en sourire, il aurait été plus près avec le cirque, il aurait tenté de repasser dans la nuit. Heero n'a pas changé pour ça ! C'est sur le coup d'une impulsion, d'une hormone. Prévoir ça ne sert à rien, mais faire cent kilomètres pour trouver une porte de bois, il n'en a pas trop envie.

Barton change de sujet pour parler des dernières modifications du cirque, des animaux ayant mis bas. Des lionceaux dont il a la garde et la surveillance.

Comme convenu, les deux jeunes gens se quittent sur le pas de la porte du restaurant. Comme il est en ville, Yuy en profite pour faire quelques courses avant de rentrer chez lui. Marchant juste devant lui, il y a Hilde et Duo qui reviennent de leur randonnée cycliste du jour.

Le métis peut constater que c'est la brune qui cherche le contact, elle lui effleure la main, veut la prendre, alors que Duo esquive le geste à chaque fois.

µµµ

Lundi en arrivant au QG, Heero reprend les dossiers afin de voir s'il peut mettre en pratique ce qu'il a imaginé durant sa marche de dix kilomètres organisée par son club. Il espère avoir le listing de ce qui a été volé et espère pouvoir retrouver des pièces à la vente quelque part afin de remonter la filière.

Les descriptifs sont manquants dans les cinq dossiers. Il décide d'envoyer un mail aux assurances afin de l'obtenir.

Quand Bruce arrive, Heero a déjà écrit les cinq mails demandant aux assurances un descriptif complet et photos s'ils ont. Pour continuer ses recherches, il faudra attendre un peu, mais ils peuvent toujours faire d'autres choses.

-« Viens ici. » Dit-il au bleu en montrant la place à côté de lui.

Bruce prend sa chaise et fait rapidement le tour du bureau.

-« On a cinq dossiers, il faut contacter les familles pour connaître les habitudes des personnes âgées. L'endroit où elles font leurs courses, le médecin, l'infirmier ainsi de suite. Les amis je les ai dans les dossiers, je m'occupe de voir s'il y a des similitudes. Toi, tu téléphones au premier numéro et tu me remplis les listes prévues pour : le nom du médecin et le numéro du dossier. » Explique le brun en montrant les papiers qu'il a préparés qui sont entre eux.

-« J'ai compris. »

-« Bien, quand je suis pris dans des recherches, j'en oublie ce qui m'entoure, si tu as des questions, attire mon attention sinon tu vas parler dans le vide, on perdra du temps. »

-« Bien capitaine. »

Le bleu comprend mieux maintenant pourquoi le lieutenant Maxwell avait tendance à effleurer la main de son mentor.

Entre les deux hommes, il y a dix feuilles qui se noircissent petit à petit d'informations et de noms. Les médecins, les amis, le lieu des courses, la famille, la pharmacie, les femmes de ménage, l'infirmier, les clubs, les restaurants fréquentés et une feuille avec tous les noms trouvés dans le dossier qu'ils ne peuvent pas reclasser.

En fin de matinée, juste avant la pause de midi, Yuy regarde s'il a des nouvelles informations, deux des assureurs ont déjà répondu.

-« Après le repas, on triera les objets en genre. » Explique le sergent en se levant.

-« Qu'est-ce qu'on va en faire ? » Rétorque Bruce en se mettant debout également.

-« On va se rendre, après avoir étudié le listing, dans les magasins de recèle. » Répond le brun en se dirigeant vers la porte pour se rendre au réfectoire.

-« Pourquoi les étudier ? Autant leur montrer la liste. »

-« Il faudra observer leur stock, se faire passer pour des acheteurs potentiels sinon ils ne nous répondront pas s'ils ont de la marchandise volée, ils ne vont pas le crier sur les toits. » Développe le métis.

-« C'est logique, pourtant je n'y avais pas pensé. » Réalise Bruce.

Le réfectoire est presque plein, Heero se met dans la file pour prendre son sandwich ainsi qu'une soupe aux cerfeuils. Il ne le fait pas souvent venir manger en bas, mais toute la semaine dernière Bruce n'a pas voulu prendre sa pause à heure fixe et a à chaque fois attendu son chef.

Le capitaine se rend bien compte qu'il ne peut pas obliger son homme à suivre son rythme. Qui veut aller loin doit ménager sa monture ! L'entraînement du bleu n'est pas ce qu'il a eu en tant que pilote de Gundam. Ca Duo l'a bien compris. La semaine seul avec son bleu, il s'est rendu compte qu'il épuisait le jeune.

Alors cette fois, il essaye une autre tactique pour le garder aussi compétent car Bruce a cette qualité. Il a vite compris qu'il est assigné au téléphone sans en savoir la raison. Néanmoins, dès qu'il sonne, il décroche, prend le message et lui transmette après avoir attendu d'obtenir son attention.

Plus le temps avance, plus Heero se rend compte qu'il arrivera un moment où il se fera démasquer. Il y a des choses dans son métier qu'il ne pourra pas contourner seul. Ca le fait un peu paniquer, il ne sait pas vraiment ce qu'il fera de sa vie quand il sera découvert.

La pause est plus courte que les autres jours parce que Heero et Bruce ont du travail sur le feu après le temps de midi.

La première chose que fait Yuy s'est imprimer tous les fichiers joints.

-« De quelle façon trie-t-on les objets ? » Demande le bleu quand son capitaine lui donne la moitié du tas.

-« Bijoux et autres. » Rétorque le brun avant de rassembler les dix autres feuilles remplies de noms.

Il les analysera après le départ de Bruce ou avec lui quand ils auront fini ce travail.

-« A quoi ça va-t-il servir ? » Interroge Bruce.

-« A pouvoir avoir un portrait robot de l'agresseur. Personne ne l'a jamais vu, mais les revendeurs pourront nous fournir sa description si nous retrouvons de la marchandise chez eux. » Expose Yuy.

-« Et les autres listes ? »

-« Voir si on ne trouve pas un dénominateur commun pour savoir comment il opère. » Répond le brun.

-« J'ai hâte de faire autre chose que de la paperasserie. » Sourit le bleu.

-« Pourtant il y aura toujours plus de bureau que d'action. » Précise le métis.

Lui il aime les deux côtés de sa profession, la recherche sur papier avant l'action fait déjà partie de l'action à ses yeux.

µµµ

Au bout de trois jours, les deux hommes voient le bout de leur travail de fourmi. Tous les assureurs ont répondu leur permettant de clôturer le listing.

En fin de semaine, Heero et Bruce se rendent chez tous les receleurs des environs connus des services de police et tous les antiquaires. Yuy au volant mène son homme jusqu'au début de la rue.

-« Tu as bien en mémoire les objets qu'on cherche ? » Interroge le métis une fois parqué.

-« Oui, je crois. Et si je ne suis pas certain ? » Panique le bleu.

-« Tu m'envoies un sms. Je suis dans le coin à la recherche des tableaux et autres objets de décoration. Tu dis que tu as besoin d'un avis extérieur ou même une expertise. » Propose Yuy.

-« Je vais essayer de ne pas vous décevoir. »

Les deux Preventers en civil se séparent et commencent un autre type de travail minutieux, inspecter tous les magasins connus. Heero entre dans le premier magasin, il circule entre les étagères qui sont remplies d'objets d'art et divers allant des vases de cristal, à la statuette en porcelaine de Dresde, des horloges, des coucous anciens.

Dans un coin Yuy repère un catalogue où sont répertoriés tous les articles plus encombrants, ayant plus de valeur. Il commence à le feuilleter.

-« Bonjour, je peux vous aider ? » Demande le responsable en se pointant près du métis.

-« Je dois restaurer plusieurs maisons, je cherche des tableaux, de la porcelaine, des choses dans ce style. » Explique Heero.

-« J'ai encore un autre catalogue sous le comptoir. »

-« De la marchandise honnête ? » Interroge Yuy en haussant un sourcil.

-« Ce qu'il y a de plus honnête, seulement elle a trop de valeur pour être laissée aux yeux de tous. » Répond un rien outré le commerçant.

-« Je regarderai, je fais un tour de manière à me faire une idée de ce que je peux proposer. »

-« Je vous laisse regarder à votre aise, mais je ne peux pas vous promettre que ce que vous voyez sera encore là dans une heure. » Admet le vendeur en repartant vers son comptoir.

Heero se félicite d'avoir une bonne mémoire parce qu'il y en a des choses à regarder, à retenir mais dès qu'il est sorti d'un magasin, il inscrit tout avec le nom du revendeur pour ne pas oublier ce qu'il a observé.

Si son excuse est bonne, il ne pourrait pas revenir trop souvent sans rien acheter.

Dans l'autre magasin, Bruce regarde les bijoux, il visitera les mêmes commerces que son capitaine mais à un autre moment.

µµµ

Vendredi en fin d'après-midi, le bleu se trouve dans un magasin. Son histoire est différente de celle de son capitaine. Il est à la recherche d'un bijou pour les vingt ans de sa fiancée. Il tient à trouver quelque chose d'original, sans avoir de vraie idée, un coup de cœur a-t-il expliqué à son interlocuteur.

Après la dernière inspection de la journée, Bruce rejoint Heero qui l'attend dans la voiture parquée sur la place. Le capitaine les reconduit en silence au QG, le brun s'étonne que son jeune soit un peu crispé, la main gauche serre la portière et la droite le siège passager.

Enfin de retour, les deux jeunes gens comparent leurs recherches.

-« J'aurai vraiment aimé qu'on puisse élucider cette histoire dès le premier commerce. » Dit Bruce en s'asseyant à sa place en face d'Heero ce qui fait sourire intérieurement ce dernier, l'impatience de la jeunesse.

-« Les coups de chance ça arrive, mais rarement. Je n'ai rien vu aujourd'hui encore. »

-« J'ai eu un doute pour un collier. » Avoue le bleu.

-« Pourquoi ne pas m'avoir appelé ? » S'indigne Yuy sûr de devoir retourner voir maintenant.

Il se lève déjà, ça va rallonger la journée.

-« Je l'ai photographié. » Se justifie Bruce en sortant son Gsm.

Heero se rassied.

-« C'est une bonne initiative. » Admet-il, il ne sait pas si l'idée l'aurait effleuré.

Pendant que Bruce cherche la photo, Yuy ouvre son ordinateur pour chercher le fichier photo de manière à comparer les deux. Il doit admettre qu'on aurait pu confondre, quoi que le brun voit directement la différence, même si le modèle est le même, celui volé est fait d'émeraudes alors que celui de Bruce n'a que des rubis.

-« Je suis vraiment désolé. » Dit le bleu confus.

-« L'ennui, c'est qu'on arrive à la fin de cette étape sans avoir avancé. » Soupire Heero. « On va réfléchir à une idée le week-end. »

Sur ça les deux jeunes gens quittent le QG. N'empêche que tout ça tracasse un rien le brun, parce que pour lundi, il se trouve dans un cul de sac. Il y a toujours le listing des connaissances et lieux à analyser, mais Heero les a déjà épluchés en gros sans trouver de dénominateur commun.

Début de soirée, le métis quitte son appartement, il se rend au bout du couloir et vient sonner à la porte de celui de Duo. Il est 19h30, le natté devrait être chez lui. La porte s'ouvre, Heero écarquille les yeux.

-« Wufei ? »

-« Duo n'est pas encore rentré, il a été retenu au QG par une démarche. » Précise Chang.

-« Tu peux lui dire que j'aimerai lui parler ? »

-« Ca ne peut pas attendre lundi ? » Demande le chinois.

-« Si. »

-« Je lui dirais avant de partir. » Rétorque-t-il en commençant à fermer la porte.

Une main se dépose sur l'épaule du brun arrêtant le geste de Wufei.

-« Qu'est-ce qu'on me doit me dire ? »

-« Rien, ça peut attendre lundi ! » Lâche le métis en faisant demi-tour dans le couloir.

Maxwell tend la main et attrape celle de Yuy en l'appelant. Ce dernier se retourne pour le regarder et savoir ce que lui veut le natté, leurs doigts ne se lâchent pas.

Wufei sort dans le couloir pour les observer. Il sait qu'il y a quelque chose entre eux et ça le dérange. Sans l'hospitalisation d'Heero, son histoire avec Duo n'aurait jamais commencé, mais est-ce que c'est une histoire, Wufei se le demande parfois ? Chang sait qu'il n'est qu'un amant parmi les autres, peut-être un peu plus privilégié que les autres, ayant des passes droits et une certaine complicité avec son amant que n'atteindra jamais Quatre, encore moins Hilde. Si cette dernière ne sollicitait pas Maxwell, jamais ils ne seraient intimes, Duo lui avait dit.

La complexité des sentiments du natté perturbe Wufei. Il n'arrive pas à cerner le jeune homme, ni pourquoi il réagit de cette façon. Si quelqu'un insiste et se montre entreprenant, Duo répond à l'attente de cette dernière, homme ou femme, il ne fait pas de discriminations.

Sa relation avec Duo est moins physique et un peu plus fusionnelle. Il y a des sentiments entre eux, de la tendresse pas rien que du sexe. Ils ont des contacts réguliers et pas rien que pour faire l'amour.

Malgré tout ce que sa relation avec Duo a de particulier, il n'arrivera jamais à la complicité qu'il y a entre Heero et son amant. D'un autre côté, il sait que s'il fait une nouvelle crise de jalousie, il finira par lasser le natté.

Pourtant il voudrait être aussi proche que Yuy l'est de son amant, le sexe en plus. Pour plus de sûreté, Wufei garde ses yeux sur les mains de ses ex-coéquipiers.

-« Si ça pouvait attendre lundi, tu ne serais pas venu. » Insiste le châtain.

-« J'ai oublié que tu avais une vie autre que le travail, toi. » Répond le brun en tirant sur sa main pour la récupérer.

-« Ro', pose ta question, tu vas bousiller ma soirée et ton week-end. »

-« Je cherche juste où on pourrait trouver de la marchandise volée ailleurs que dans les magasins de recèle et brocanteurs. » Avoue Heero.

En posant sa question il gâche la soirée de Duo, il va y réfléchir, il aurait mieux fait de s'abstenir. Ils ne pourront pas y penser à deux, en passant du temps ensemble. Ses quinze jours sans Duo dans son bureau ont été longs. La présence de son ami lui manque.

-« Oh ! Tu as pensé aux ventes sur le net ? Il y a des sites de particulier à particulier. » Lâche Maxwell après un temps de silence relativement court.

-« Non, merci Duo. » Sourit Yuy heureux d'avoir une solution et de ne pas pourrir les loisirs du châtain.

Heero se retourne pour partir. Duo lui emboîte le pas, sentant le regard de Wufei sur lui, il passe son bras autour des épaules du métis, se penche un peu en avant pour que son visage arrive face au brun, il lui sourit et quand il a son attention, il dit.

-« Ne fais pas que ça de ton week-end. »

-« Promis. » Répond-il avant de se dégager et de jeter un regard rapide vers Chang qui a croisé ses bras sur son torse devant l'attitude du châtain.

Le natté se retourne et va rejoindre le chinois sans plus un regard pour le métis. Il ramasse son attaché-case qu'il a déposé près de la porte quand il a aperçu Heero devant cette dernière. Il passe un bras autour de la taille de Wufei et l'entraîne dans son appartement.

-« Il ne sait plus mener une enquête seul ? » Questionne Chang septique.

Il est certain que tout ça cache autre chose.

-« Si, mais il y a toujours plus dans deux têtes que dans une. » Admet Maxwell alors qu'il dépose ses affaires dans le hall.

Après avoir lâché la taille de son amant, le natté se rend dans la cuisine pour se servir à boire, le chinois reste là à le regarder, se posant toujours mille questions.

-« Il n'a pas un bleu comme toi ? »

Duo se sert un verre d'eau, montre la bouteille, Wufei secoue la tête. Le natté la range dans le frigo.

-« Si. Tu ne vas pas recommencer ? Tu ne vas pas gâcher le plaisir de t'avoir ici ? » Soupire le châtain. « Nous avons déjà eu cette discussion quand tu as voulu t'ajouter dans mes amants en me voyant avec Quatre. »

-« Tu m'as dit que tu rendais service à Quatre. Il peut se prendre un gigolo. » Persifle Chang.

-« Je suis le seul avec qui sa sécurité lui fiche la paix. Savoir ses gardes du corps ou Rachid juste derrière la porte, ça le plombait. Sa garde n'a rien à craindre de moi. » Rappelle Maxwell. « Il est libre quand il vient ici. Je peux assurer sa protection, et puis je suis celui qui donne le plaisir, ça n'a rien d'avilissant. »

Le chinois soupire, la revoilà cette phrase, ce n'est pas parce qu'il est l'actif qu'il est moins un gigolo à ses yeux vis-à-vis de Winner. Ce dernier débarque chaque fois qu'il a envie de combler certains besoins ou il le bipe pour lui demander de passer. Qu'est-ce qu'il peut parfois en vouloir à la personne qui lui a mis cette idée grotesque en tête !

Il ne posera plus la question. Il ne veut plus voir le regard de Shinigami se poser sur lui. Il a bien trop besoin de Duo, il est sa force, un peu comme Sally, tous les deux croient en lui, le soutiennent et le portent en avant. S'il aime Sally comme une mère, l'affection pour Duo est beaucoup plus profonde même si justement c'est parce qu'il a cette mentalité qu'il a demandé à Duo de devenir son amant.

Il voulait à l'époque retrouver les sensations qu'il avait connues avec Treize sans que son cœur ne se brise à nouveau. Seulement, il n'avait pas prévu de tomber amoureux de Duo. Il avait juste voulu revivre des souvenirs et il continuerait à masquer ses sentiments comme à l'époque de Treize.

-« Il n'y a rien de sexuel entre Heero et moi. » Affirme Maxwell.

-« De sexuel. » Soupire Chang. « Il y a bien autre chose. »

-« Ca je veux bien l'avouer. Tu es toujours le plus important pour moi, le seul de mes amants avec qui j'ai plaisir d'être. Ma relation avec toi, je la qualifierai de complète, amitié comme avec Hilde, sexe comme avec Quatre. Mais si tu n'en veux plus, on arrête, même si ça me ferait mal. » Avoue le natté en déposant son verre dans l'évier.

Winner avait été le premier amant du natté, tout avait commencé pendant la guerre. Dans ce petit village, le blond lui avait expliqué l'avenir qui s'ouvrait à lui et les pieds de plomb avec lesquels il le voyait. Son envie de faire la guerre, avouait Quatre était plus en rébellion contre son père, que vraiment pour la paix au départ. Son avenir tracé avec une femme choisie par son paternel. Même son géniteur mort, les choses seraient comme il l'avait prévu.

Quatre ressentait une envie de se faire dominer, il en avait besoin, il voulait pouvoir prendre plaisir à cette dominance aussi parce que celle de son père ne lui avait procuré aucune joie dans la vie.

Avoir une vie sexuelle contraire aux apparences le libérait et le soulageait, même si elle était cachée à la presse. Les hormones jouant, l'adrénaline de la guerre en plus, Duo avait accepté de satisfaire les besoins physiques de Quatre, surtout que leur relation n'entravait en rien la promesse qu'il avait faite il y a des années à quelqu'un.

Après la guerre, leur amitié restait un beau miroir aux alouettes pour la presse. C'était naturel qu'ils se rencontrent de temps en temps.

Si Hilde n'était pas amoureuse de lui, ils en seraient restés à l'amitié qui lui convenait. Oui, être l'amant de son amie ne lui procurait pas la sérénité comme d'être près d'elle. Il en était là après plusieurs semaines de relation avec elle.

Avec Wufei, Duo avait cet équilibre 'ami-amant' désirés des deux côtés. Avec Quatre le sexe c'était bien, mais le blond ne débarquait plus que pour ça. Avec Hilde, le sexe venait salir leur relation amicale, une bonne sortie à deux, rire à gorge déployée devant les autres, s'amuser c'était bien quand le reste du groupe de cyclisme était là, mais la brune voulait plus, insistait pour avoir plus. Duo cédait pour qu'elle arrête.

Perdu dans ses réflexions, Wufei ne voit plus qu'une solution pour le ramener près de lui, il passe les mains autour de la taille du natté. Chang lui dépose un baiser dans le cou.

-« Non, je veux continuer, tu es mon ancre. » Dit le chinois avant de le retourner pour l'embrasser tendrement.

Maxwell glisse ses mains sur les fesses de son amant, il a envie de tendresse, de le toucher, de se faire rassurer. Il sat pourtant que Chang n'a pas fini, qu'il reviendra à la charge justement parce qu'il a peur de perdre son point d'ancrage, de perdre des passe-droits, de ne plus pouvoir revivre des souvenirs, du moins c'est ce que pense Duo. Wufei n'a besoin de lui que pour perdurer ses souvenirs.

-« Ca me fait bizarre de vous voir si proches. Tu ne l'as jamais été ? » Murmure Wufei en se reculant un peu mais pas assez pour que les mains du natté ne quittent pas son postérieur.

-« Qu'est-ce que tu en sais ? Tu ne nous as pas vu vivre avant sa dernière hospitalisation. Il a une clef de chez moi depuis bien plus longtemps que toi ! »

Wufei écarquille les mirettes autant que ses yeux bridés le peuvent.

-« Et pourquoi ? » S'indigne le Chinois, Duo lui aurait menti ? Ils ont été amants, voilà à ce qu'il y a encore eux.

-« Pour venir chercher des repas 'tout fait' chez moi. Je cuisine souvent en abondance pour lui, mais depuis son attentat, il a levé le pied. Avant je crois que si je ne pensais pas à le nourrir, il aurait oublié. » Explique le châtain en enlevant ses mains des fesses de Chang.

Peut-être que cette fois, Heero a compris qu'il y a des choses plus importantes que le travail quoique non puisqu'il vient chercher des renseignements. Cette constatation fait sourire Maxwell.

Chang reconnait bien le jeune homme qu'il aime, attentionné pour tous, une sollicitude non-étouffante.

A Suivre…