Bonsoir à vous, moussaillons !
Je vous retrouve en cette douce soirée pour un nouvel OS (beaucoup moins gai (sans jeu de mots xD) que d'habitude, sorry).
Il s'agit d'un Johnlock, d'un rated K et d'un genre Drama/Tragedy (ouais snif). Sortez les mouchoirs, peut-être, au cas où (je suis méchaaaaante).
Rien ne m'appartient, je ne gagne rien, tout est à Satan et son bras droit (j'ai nommé Steven Moffat et mon adorable Mark Gatiss (jtm 3)). Bonne lecture !
Trop tard.
La colère, qui couvait dans son cœur, explosa soudainement en John et il sauta à la gorge du serveur. De Sherlock Holmes. Son meilleur ami qui se croyait tout permis, y compris de faire croire à sa mort puis de revenir, le sourire aux lèvres. Qu'avait-il espéré ? Que John lui saute dans les bras, le pardonne et passe rapidement à autre chose ? Mais il allait devoir apprendre que la vie ne fonctionnait pas ainsi, que tout n'était pas toujours si simple. John, les joues rouges de fureur, serra ses mains autour du cou du détective. Il aurait tant voulu le tuer pour de bon, qu'il sache ce que cela faisait réellement. Mais il savait aussi qu'il n'aurait pu y survivre une seconde fois.
Il sentait Mary s'accrocher à sa ceinture pour le faire lâcher prise, mais il n'y arrivait pas. Il voulait s'éloigner, il voulait laisser Sherlock respirer, mais ça lui était physiquement impossible. De grosses larmes, lourdes et cuisantes, roulèrent sur ses joues et, déjà, la pression se fit moins forte. Les yeux du détective restaient fixés sur ceux du médecin ; lentement, il inspira une goulée d'air tiède. Le restaurant était agglutiné autour d'eux, les visages, consternés, voire choqués, tournés vers ces deux adultes se comportant comme des enfants. Un sanglot secoua le corps de John.
-Je ne veux plus jamais te revoir, souffla-t-il à l'oreille de Sherlock, sa voix tremblant de rage.
Ces mots lui faisaient tellement mal. Il était à des kilomètres de les penser, mais il se devait de montrer au grand Sherlock Holmes que tout, dans la vie, ne pouvait lui être acquis d'un claquement de doigts, que tout le monde ne courbait pas l'échine face à lui uniquement parce qu'il avait des yeux à se damner. Il était un humain, au même prix que les autres, malgré toutes ses qualités – et ses nombreux défauts –, et il était temps pour lui de l'apprendre, que ça lui plaise ou non. Et, visiblement, ça ne lui plut pas. Ses sourcils se fendirent légèrement et il pinça les lèvres. John se releva, lui tourna le dos et se concentra pour maîtriser sa respiration, secouée de spasmes douloureux. Mary lui frottait gentiment le dos en lançant un regard désolé au détective.
Alors que les gens, petit à petit, retournaient s'asseoir, John en conclut que Sherlock était parti et il en fut immensément triste. Décidément, les sentiments humains n'étaient définitivement pas le fort du détective. Il fallait dire que John, ce soir, se comportait en parfaite diva. Lui dire de déguerpir alors qu'il voulait lui hurler de rester, et de ne plus jamais repartir par la même occasion, n'était probablement pas la meilleure idée qu'il avait eu. Mais Sherlock ne pouvait pas toujours gagner, le manipuler et s'amuser avec son cœur de la sorte. Il n'en avait pas le droit, et le médecin était blessé que le brun s'amuse autant de la situation. Il s'était joué de lui pendant deux ans. Deux longues années d'errance, de larmes et de visites au cimetière sur une tombe finalement vide.
Pourtant, John ne pouvait nier la joie, il essayait pourtant de toutes ses forces, qui faisait battre son cœur. Son meilleur ami était en vie, il ne l'avait pas perdu. Il eut un rire nerveux qui se noya dans ses larmes. Mary prit ça pour un véritable sanglot et referma ses bras autour de ses épaules. Il se dégagea gentiment, un air faussement contrit sur le visage et s'éclipsa. Il avait besoin d'air. Et il avait besoin de rentrer chez lui.
Automatiquement, il se mit en route vers Baker Street. Il eut vaguement l'impression que la dernière fois qu'il se rendait là-bas était hier et non plusieurs mois en arrière. Il connaissait le chemin par cœur, alors, en quelques minutes, il fut arrivé. Il s'arrêta devant les chiffres d'or ; 221B. Sherlock y était forcément, John pria pour qu'il y soit, l'attendant avec un bon verre de vin. Ou un thé. Ou même rien, juste lui, cela ferait très bien l'affaire. Alors qu'il poussait la porte et respirait cette odeur si familière, un sourire éclaira son visage. Il se rua dans l'escalier.
La porte, derrière laquelle il revoyait leur salon, était entrouverte et John, sans attendre une seconde de plus – deux ans étaient déjà largement suffisants –, posa sa main dessus et l'ouvrit. La pièce était sombre, aucune lumière n'était allumée, et l'appartement était calme, décidément trop silencieux. Pourtant, il devait forcément être ici sinon la porte aurait été verrouillée. Un fracas sans nom lui parvint de la chambre de Sherlock et il s'y précipita, son cœur affolé dans sa poitrine. Sans qu'il ne s'en rende vraiment compte, son esprit uniquement focalisé sur son ami, il savait déjà ce qu'il trouverait. Et son intuition le trompait rarement.
Le médecin tomba à genoux en découvrant le corps, secoué de convulsions, du détective sur le sol, un flacon de médicaments vide entre ses doigts tremblants. Son dos était arqué en un angle improbable et, au coin de sa bouche, un mince filet de salive coulait sur sa joue. Ce qui choqua le plus John fut pourtant la blancheur inquiétante de la peau de Sherlock. Il se traîna jusqu'à lui, attrapa sa taille et le colla contre lui, le serrant à l'en étouffer. Dans sa poitrine, son cœur saignait abondamment et se déchirait irrémédiablement.
-John, souffla Sherlock d'une voix rauque alors qu'il se calmait un peu. Tu es revenu ?
John fut incapable de répondre.
-Finalement, c'est peut-être mieux comme ça.
Laborieusement, Sherlock amena sa main glacée sur la joue de John et la caressa tendrement. Le médecin y déposa ses larmes et l'embrassa.
-Tais-toi, Sherlock, tu veux. Tout va bien se passer, je suis près de toi maintenant.
-Au moins, je t'aurais revu... une dernière fois.
Dans un ultime effort, le détective lui sourit, puis, ses yeux se révulsèrent et se fermèrent. Définitivement. John crut mourir en même temps que lui. Une fois n'était donc pas suffisante ?
Petit disclaimer que je fais ici, parce que je ne voulais pas vous spoil plus haut, mais il est évident que je ne fais en aucun cas l'apologie du suicide. J'espère malgré tout que ça vous aura plu, n'hésitez pas à me laisser un petit mot, même tout petit, n'oubliez pas que les reviews sont le salaire d'un auteur ! ;) Ah et dites-moi si vous trouvez la petite référence (externe à Sherlock) dans les dernières lignes de dialogue (je vous aide ^^). Des bisous !
