Chapitre 9- Crème de melon

Note de DC : Vous l'avez peut-être remarqué, mais pour une fois je change de registre, je fais quelque chose de beaucoup plus léger. La bise.


Ils n'avaient que quelques pas à faire pour se retrouver dans les appartements provisoires de la jeune femme. À peine arrivée, elle grelotta et sortit sa baguette de la poche arrière de son jean et embrasa la cheminée d'un rapide Incendio. Elle alla dans sa chambre et y déposa son nouvel ouvrage au coin de sa table de chevet. Inutile de dire qu'elle allait commencer sa lecture dès cette nuit et aurait probablement terminé d'ici la fin des vacances tout en considérant la taille du bouquin.

-" Asseyez-vous." Proposa-t-elle à Snape en désignant le sofa. Il s'exécuta. " Que voulez-vous boire ?" Demanda-t-elle.

Il leva sa jarre de thé en l'air.

-" Voulez-vous essayer ?"

Hermione haussa un sourcil en considérant sa question. Elle en brûlait d'envie, de connaître un peu mieux les travaux de sa collègue, mais dans un même temps, elle avait l'impression qu'on lui proposait une substance illicite.

-" Non merci, j'ai assez de problèmes de frustration comme ça." Admit-elle.

-" Tant mieux, ça en fera plus pour moi." Déclara-t-il avec satisfaction.

Hermione sembla considérer son offre une seconde fois.

Bon sang, elle voulait terriblement tester le thé de Babbling et dans le même temps rabattre le caquet du maître de potions dont les paroles avaient sonnées comme un défi.

-" Tous comptes faits... Rien que pour vous emmerder et pour connaître un peu mieux les passions de Bathsheda, je suis tentée de céder."

Severus réprima un grognement alors qu'elle venait lui prendre le pot des mains.

-" J'ai dit ça pour plaisanter et pour ne pas paraître grossier... Vous rendez-vous compte que c'est un thé aux vertus aphrodisiaques ?" Fit-il entre un ronchonnement et une légère surprise.

-" On verra bien, n'est-ce pas ? De toutes façons, il n'y a aucune véritable information ni études scientifiques sérieuses à ce sujet."

Severus se retint de justesse de laisser échapper un rire et renifla.

-" Oui... Vous avez sans doute raison." Se ravisa-t-il d'une manière neutre tout en sachant ce qu'il en était vraiment.

Hermione farfouilla dans sa kitchenette cherchant une théière et deux tasses. Elle les apporta directement sur la table basse près du sofa et ouvrit la jarre, inspirant les effluves traîtresses avant d'en disposer une bonne dose au fond du réceptacle.

Snape ne dit rien quant à la quantité qu'elle avait mise. Elle ne le savait pas, mais elle était beaucoup trop importante. Tant pis, il allait devoir ruser.

-" Calida Aqua." Invoqua-t-elle du bout de sa baguette.

Ils n'avaient plus qu'à attendre trois minutes comme il l'avait préconisé plus tôt dans la soirée.

-" Alors Granger, vous allez me dire ce que vous aimeriez en contre partie ?" Demanda-t-il revenant au galop. En vil enfoiré, il n'oubliait pas.

-" Moui... Euh..." Elle perdit sa langue tout à coup.

-" Je crois qu'il était question de vos douleurs... Musculaires ?"

-" En effet." Souffla-t-elle exaspérée.

Un petit moment passa avant qu'il ne décide de la faire parler.

-" Granger..." Incita-t-il.

Elle prit une longue inspiration pour se donner un peu de courage.

-" Je me demandais si... Par hasard, votre ami kiné aurait partagé avec vous quelques... Astuces manuelles." Avoua-t-elle rougissant.

Sans dire mot, Severus souleva la coupelle de la théière afin de jauger la couleur de l'infusion. Elle était déjà beaucoup trop brune à son goût. D'un coup de baguette, il fit disparaître les feuilles de thé et autres ingrédients d'un simple Evanesco.

-" Je croyais qu'il fallait trois minutes ?" Demanda Hermione.

-" Votre eau était tellement chaude que moins de temps était nécessaire." Menti-t-il.

Sans poser de questions elle opina et les servit.

À peine à la moitié du mug, Snape haussa la main lui signifiant que c'était bien assez.

-" Mais vous n'allez pas boire que ça ! Si ?" Demanda-t-elle.

D'un geste rapide, il invoqua un léger aguamenti dans sa tasse et finit de la remplir jusqu'à un point où elle pouvait déborder au moindre mouvement brusque.

-" Je l'aime tiède." Continua-t-il de mentir. Il plongea sa cuillère dans le pot de sucre et agrémenta la mixture pour qu'elle soit moins agressive.

Hermione se servit une tasse pleine, brune. Les effluves de poivres étaient devenus beaucoup plus évidentes à présent.

-" Donc vous disiez... Mon ami kiné... Oui, en effet, il y a quelques choses que j'ai apprises." Répondit-il.

-" Vous pouvez les mettre en pratique ?"

-" Que voulez-vous ?" Demanda-t-il d'une voix lascive.

Il voulait l'entendre dire, il le voulait et elle savait. Se mordant la lèvre, Hermione dut se faire violence et admettre la réalité dans les mots qu'il convenait.

-" Massez-moi."

Cela sonnait comme un ordre impérieux, autoritaire et pourtant, ce n'était rien d'autre qu'une demande désespérée. Se rendant compte du ton qu'elle avait employé, elle plaqua ses mains sur sa bouche, confuse et se ravisa.

-" S'il vous plaît." Ajouta-t-elle d'une petite voix rocailleuse.

Sans mot dire, Severus la regarda dans les yeux et saisit sa tasse avant d'en boire une gorgée.

-" Allez mettre vos vêtements nocturnes." Dit-il.

Avec un sourire sincère Hermione se leva et courut presque en exaltant en se dirigeant vers sa chambre.

-" Granger. Pas si vite." L'apostropha-t-il. Elle se retourna et resta gelée sur place.

D'un geste las, il se leva et se mit face à la sorcière qui le regardait avec un tas de questions dans les yeux. Il était tout près.

D'un geste précis et de ses deux mains, il défit la cape des épaules féminines et la posa sur la table de la kitchenette afin de ne pas l'oublier plus tard.

-" Douchez-vous." Ordonna-t-il. Sans répondre elle opina et se déchaussa près de la porte avant de repartir dans sa chambre.

Elle revint de longues minutes plus tard dans la même tenue que la dernière fois et les cheveux relevés.

Snape souffla d'exaspération silencieuse, l'observant revenir à sa place initiale sans manquer de noter les courbes qui étaient relativement exposées. La seule différence avec la dernière fois était le débardeur, autrefois, c'était un t-shirt couleur militaire, là, c'était blanc lin.

Sans un mot, Hermione s'assit en tailleur et attrapa sa tasse qui avait eu le temps de refroidir. Elle but une gorgée puis tenta de déterminer le goût que ça avait. Cela ne devait pas lui être désagréable, car ensuite, elle avait terminé la tasse tiède en quelques secondes.

Le maître de potion observa la scène et retint sa consternation. Il réussit à cacher son amusement en se pinçant les lèvres et mordant l'intérieur de ses joues alors que dans sa tête, un BORDEL se répétait en boucle.

-" Par quoi voulez-vous commencer et où allons-nous nous mettre ?" Lui demanda-t-il terminant sa boisson à présent froide.

-" Ici ?" Fit-elle en désignant le sofa.

-" Je ne voudrais pas paraître grossier, mais votre canapé n'est pas assez large pour m'offrir une manœuvre adéquate." Admit-il.

-" Oh... Alors... Le... Le lit ?"

Il ferma les yeux un court instant. C'était effectivement la seule chose qu'il voyait de viable. Il aurait pu lui proposer par terre sur le tapis, mais bon... Merlin seul savait depuis quand cette chose n'avait pas été traitée contre les acariens et puis tout le monde marchait dessus, c'était dégoûtant.

-" D'accord." Il se leva et la suivit même si il connaissait le chemin par cœur.

Elle ouvrit la porte de sa chambre.

Rien n'avait changé ou presque. À son époque, il n'y avait pas de touches féminines et ce n'était pas aussi bien rangé.

-" Par quoi voulez-vous commencer ?" Redemanda-t-il.

-" Les épaules."

Il se permit d'arranger ses oreillers et les colla l'un à l'autre.

-" Allongez-vous sur le ventre, la tête entre les coussins."

Hermione s'exécuta. Severus se déchaussa, et s'assit sur le côté du lit. Il arrivait à sentir que même après toutes ces années, le matelas n'avait pas été changé, que sa composition était la même, relativement molle. Les maux de dos de la Gryffondor ne l'étonnèrent guère pour le coup.

-" Vous avez une crème, une huile, quelque chose comme ça ?" Demanda-t-il.

Elle opina et désigna la table de chevet du doigt.

Il se tourna et ouvrit le tiroir intérieur restant un instant bouche-bée devant ce bordel typiquement féminin. Des médicaments en tous genre, des crèmes pour le corps, des baumes... Bref une véritable pharmacie.

Il prit le premier tube qui lui vint en main, quelque chose de moldu qui selon son emballage devait sentir le melon chimique.

Juste avant de s'en tartiner les mains, il ôta les bretelles de son débardeur sur les côtés et le fit descendre d'un cran.

Hermione grogna à cause du baume crémeux froid sur ses épaules, mais très rapidement, les mains de l'homme derrière elle commencèrent à réchauffer sa peau.

La sorcière étouffait ses gémissements de délivrance dans l'oreiller, presque en bavant, prête à le mordre. Il lui faisait mal, mais étrangement elle sentait que c'était bénéfique.

Il avait répété le procédé à chaque nœud qu'il trouvait et lorsqu'il n'avait plus rien à traiter il lui demanda :

-" Autre chose ?"

-" Mes reins."

-" Vous êtes vieille avant l'heure."

-" Je vous interdis de vous moquer !"

-" C'est une simple constatation."

D'un geste rageur, elle se retourna et lui envoya l'oreiller directement dans sa tronche.

-" Sale petite peste !" Ragea-t-il reprenant l'objet du délit entre ses mains avant de le lui expédier non sans férocité dans les cotes. Elle allait répliquer en riant, mais il posa sur un ton plus grave :

-" Ne vous attaquez pas à moi Granger, n'oubliez pas que vous m'avez offert des munitions."

Elle lui offrit un regard suspect à moitié fermé un sourire toujours collé sur ses lèvres.

-" Quelle douce petite mort vraiment que de sentir votre lame aiguisée dans mes entrailles. Vous pourrez ainsi décharger toute votre frustration sur moi."

Snape déglutit face à l'effronterie de la jeune bibliothécaire. Décidément, elle avait plus d'un tour de répartie dans son sac.

-" Sur le ventre." Ordonna-t-il.

La sorcière s'exécuta non sans un sourire équivoque sur le visage. Elle se retourna, dos à lui et ôta son débardeur complètement laissant voir toute la grâce de sa peau nue, hâlée, parsemée de grains de beauté.

Elle s'allongea comme préconisé sur son ventre.