chapitre 10 papillons oniriques
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Écosse
Angus, un verre de vin dans la main, fixait le tableau de son épouse et de son fils, plongé dans ses pensées.
« Ma douce, ma tendre, ma fantasque Lisbeth,ma complice,mon partner in crime comme dise les anglais. Tu méritais tant l'amour que je te refusais. Je t'aimais mais pas de la façon dont tu aurais du l' être. Tu m'as offert ce merveilleux cadeau qu'était notre fils. Tu m'as tant donné. Que ne t'ai je rendu au centuple ton affection? Tu m'as protégé à ta façon. Moi, je n'ai pas vu grandir la menace, je n'ai pas sentis le venin du serpent que nous abritions. Mon Elizabétha , vous l'avez payer de vos vies, toi et notre Owen. Parfois, il me semble entendre vos rires, c'est impossible n'est-ce pas? Je n'ai jamais compris pourquoi tu n'avais pas pris un amant. Après la naissance de notre fils, je t'en avais donné la permission, étant donné ce que je suis. Tu connaissais la vérité avant notre mariage pourtant le monstre que j'étais ne t'as pas rebuté. Quand nous nous sommes rencontré la première fois tu subissais les foudres de ton confesseur jusque parce que tu trouvais l'amitié de Patrocle et Achille suspecte. Assisse sur un coffre, tu brodais tout en écoutant le maître de ton frère, lire l'Illiade. Quand le lecteur arriva au chagrin d'Achille à la mort de son ami,tu murmura:
« On dirait qu'il pleure plus un amant qu'un simple ami. C'est beau dommage que ce soit si triste » Que n'avais tu pas déclenché là en prononçant cette phrase.
Nous nous sommes revus aux écuries, dans une situation plus que compromettante pour moi. Couché, dans la paille à coté de mon amant, nous étions nus, tous deux. La rougeur sur tes joues quand tu nous surprimes, montrait que tu avais compris que nous ne dormions pas en toute innocence, Des voix, des homme, se dirigeaient vers nous, conduit par ton confesseur, ce moine borné et stupide, criant à l'infamie,qu'il fallait éradiquer les gens de notre espèce. Ce que tu as fais, alors, ma Lisbeth, j'en reste estomaqué , plusieurs siècle après. Tu n'étais pas amoureuse de moi, alors pourquoi?Tu étais bien trop moderne pour l'époque ou nous sommes nés ma Lisbeth. Ton frère fit taire le moine criant au scandale en me faisant promettre de te rendre ton honneur en t'épousant. Alors que nous n'avions commis aucun pécher de chair, surtout toi, quelle idée a tu eu de te précipiter pour te coucher entre nous deux. Nous avons donc fait un mariage de convenance. Tu ne t'en ai jamais plainte, tu restes un merveilleux mystère pour moi, ma mie, la mère de mon enfant. Jamais je n'aurais cru possible un jour de prononcer ses mots, mon enfant, mon fils. Pourras tu me pardonner un jour de ne pas avoir réussis à vous protéger? Ma faute, c'est ma faute si vous avez été si sauvagement tués. J'ai tiré vengeance de vos assassins, pardonne moi ma faiblesse de ne pas avoir eu la véritable instigatrice de vos morts. Je l'aimais, pas comme toi, ni comme mon amant mais je l'aimais c'est pourquoi je ne comprendrais jamais son acharnement à éliminer toutes les personnes chères à mon cœur. Ma petite Louise est partie, tu sais. J'ai peur qu'elle ne soit pas prête à ce qui nous attends .Cette fois, ma Lisbeth , je l'empêcherais de nuire,je jure qu'elle n'aura pas ma petite Louise.
Le tumulte de ses pensées se tut, la verre glissa de ses mains, la vin tachant le tapis blanc. Il s'était assoupis. Dans son sommeil, il lui sembla qu'une forme blanche lumineuse, se penchait sur lui, murmurant;
« Tu devrais faire plus confiance à ta chère petite élève »
Il ouvrit brusquement les yeux, les leva en direction du tableau, sourit tristement,s'adressa au portrait.
« Pendant un bref instant j'ai cru que tu étais revenue ma mie »
Sa décision était prise, il accompagnerait sa seigneurie en Grèce. Il demanderait au père Mathieu de venir garder le castel en son absence. Il se leva, prit le pull vert de Louise, qu'est-ce que son élève pouvait être désordonnée. Il entra dans la chambre, posa l'habit sur le lit,regarda l'autel dédié à la déesse de l'enfant. Il manquait quelque chose, pourquoi Louise avait-elle besoin de son athamé?
Grèce
Le crépuscule indigo enveloppait doucement le sanctuaire tandis que la lumière lunaire dessinait des ombres blues aux alentours. Le garde, arrivé devant la maison occupée par Andromède et ses deux amies, pressa le pas. Il ne craignait pas l'aînée mais la plus petite, Déesse, la plus petite... Qu'on aille pas lui dire qu'un corbeau blanc, c'était normal, un groupe de chat l'entourait quasiment toujours , quand il avait voulu chasser un chien errant , il avait aussitôt reposé le pied au sol. Déesse, la gamine vous regardait droit dans les yeux, sans ciller, il en avait eu le vertige quand il avait croisé ses yeux noirs aux pupilles indiscernables. Il frissonna . Depuis le molosse lui obéissait au doigt et à l'œil sans qu'elle ait besoin de lui parler. Une sorcière, une sorcière au sanctuaire, brrr. Comment Athéna pouvait-elle l'accepter? Ouf, il se retourna , il était passé, cette gosse lui foutait les jetons. Tiens il était curieux ce papillon de nuit.
Louise sentit un imperceptible mais tangible frôlement contre sa joue, elle ouvrit les yeux, un machaon noir, de la taille d'une paume de main d'homme,voletait au dessus de son visage. Doucement, elle éveilla son cosmos, l'éphémère ne fuyant pas, il se laissa enfermer dans une cage de cosmos. Elle se leva, l'observa, cherchant à comprendre sa nature. Il était beau, encore perfectible mais vraiment beau. Il ne devait pas être le seul de son espèce, commençons par voir les autres dormeurs de la maison songea-t-elle. Tout d'abords Aglaë dont elle partageait la chambre. Surtout, elle, en premier, revenir dans cet endroit devait remuer pas mal de mauvais souvenirs. Franchement, est-ce qu'on pouvait s'en faire de bons dans cet endroit? Rêver était tout à fait normal, mais ces rêves étaient factices, ils n'appartenaient pas aux dormeurs, ils étaient des pièges. Encore ,, c'était du travail d'amateur, elle, elle pouvait faire mieux. Elle posa sa main sur le front de l'ancienne amazone. Son sommeil était agité, elle émettait aussi des petits gémissements plaintifs, des larmes coulaient sur ses joues. Elle ne parvenait pas à se réveiller, piégée par le cauchemar. Le réalité du passé se confondait avec celle du songe.
« Qu'est que tu regardes depuis tout à l'heure? » demanda Camus à Milo , le Scorpion ne répondit pas directement à son ami, il parla plutôt pour lui même.
« Elle est idiote ou quoi? Si elle reste comme ça elle est bonne pour attraper une insolation »
« Tiens, elle ne devrait pas être à l'infirmerie avec Linus? » s' interrogea à son tour le Verseau.
« Elle se tient devant la statue d'Athéna depuis deux heures, pourtant c'est pas son genre de prier, qu'est-ce qui se passe? C'est pas la première fois qu'elle tue quelqu'un » constata le grec.
« Vous avez manqué un épisode, vous deux,ils ont rompus » les interrompit Aphrodite
« Je ne vois pas comment on peut rompre avec quelqu'un avec qui on est jamais sortit, et qui vous a sauver la mise » constata le français.
« C'est justement pour cette raison, vous ne vous sentiriez pas humiliés vous si une amazone sauvait votre peau ? » leur demanda le chevaliers des Poissons
« C'est improbable que nous nous trouvions dans cette situation, nous sommes des chevaliers d'or » continua le verseau.
Le Verseau et le Scorpion échangèrent un regard,
«L'abruti » firent-ils simultanément.
Aphrodite plissa les yeux, suspicieusement
« Ces deux là... »
Il demanderait bien à Aglaë mais il n'était pas spécialement proche d'elle pour lui demander où en était la relation de ses deux pairs. Il était plus que probable qu'elle le renverrait à ses roses.
Tous trois virent Sabbas s'approcher de son élève.
« Où vas tu? » demanda Milo à Camus qui partait
«Je retourne à mon temple, les mélodrames très peu pour moi »
« Ça va aller, maître Sabbas est là, je t'accompagne »
« Je vais faire un gâteau au chocolat, pourquoi tu n'irais pas l'inviter pour le thé ?»
« Je croyais que tu n'aimais pas les mélodrames, mon Camus » pouffa Milo.
« C'est juste une mesure préventive, je me méfie des sorcières dont le cœur est brisé , on ne sait jamais de quoi elles peuvent être capables »
« Pfft, c'est ça tu vas me faire croire que quelqu'un d'aussi rationnel que tu l'es crois au sorcière »
« C'est quoi ce sac? » demanda Milo à son amie.
« Mon sac de voyage, j'embarque sur le Neptune tout à l'heure, Maître Sabbas m'a ordonné de quitter le sanctuaire et de commencer des recherches » lui répondit-elle en posant machinalement son masque sur la table de la cuisine.
« Ahh! Je le savais que tu m'aimais... »
« Bien sur de la même façon que j'aime Camus comme si vous étiez mes frères, je te rappelles que quand nous étions enfants tu m'a approché parce que je parlais français et grec dans le seul but de pouvoir parler à ton chéri »
« Hééééééééééé, comme des frères?! T'es sur , je te plais même pas un petit peu?» se récria le Scorpion, vexé dans son orgueil de play boy.
« Milo, elle t'a déjà expliqué que nous n'étions ni toi ni moi son type d'homme, Aglaë remets ton masque une personne extrêmement curieuse à décider de s'incruster »
« Ne sommes nous pas beaux avec mon Camus?
« Si, si » répondit-elle en rigolant.
« T'es difficile ou tu préfères les filles, si c'est ça je peux t'en présenter »
« ahahaha, non , je suis cent pour cent hétéro, c'est plus une question de caractère que de physique en fait »
« Aglaë as tu remis ton masque? »
Camus entra dans la pièce, la main sur les yeux d'Aphrodite qui protestait.
« Aucun importance qu'il voit mon visage où non, je ne le porte pas à l'extérieur du sanctuaire de toute façon. Je le porte quand je suis ici par respect pour les autres amazones; Le masque est un signe de renoncement à notre féminité mais mon visage lui même est devenu un signe de ce renoncement alors qu'un homme le voit ou non , en ce qui me concerne ce n'est pas un gage d'amour. »
« Tu en es sur? Je suis pas sur qu'Aphro le supportes, lui qui ne jure que par la beauté.Bon c'est pas comme si tu ne te foutais pas de la moitié des règles du sanctuaire après tout » interjeta Milo.
La jeune fille hocha la tête. Camus enleva sa main.
Intrigué par la conversation, le chevalier des poissons était impatient de revoir le visage de la poupée de porcelaine , qu'il avait aperçu une fois lorsqu'il était enfant. Il faillit s'étouffer d'horreur.
« Qu'est-ce que ...Qu'est-ce qui t'es arrivé?Tu étais si mignonne quand tu étais petite »
Il la dévisageait, horrifié, comme s'il découvrait que l'on avait détruit son plus beau rosier.
« Cette idiote c'est défigurée toutes seule comme une grande avec sa dague, volontairement » persifla sur un ton ironique Milo.
« Milo, toi et Camus m'avez déjà engueulé pour cette connerie , pour être plus exact tu m'a engueulé et Camus m'a fait la morale»
« C'est déjà bien que tu reconnaisses qu'il s'agisse d'une imbécillité de ta part » renchérit le Verseau.
« Pour...Pourquoi...As tu fais une chose pareille ?» demanda stupéfait Aphrodite.
« En gage vis à vis des amazones du sanctuaire »
« J'avoue là je suis largué »
« Nous voyageons beaucoup avec maître Sabbas, si je portais constamment un masque cela serait fort peu pratique, enfin , bref, certaines amazones ont pris ombrage de cette ''trahison'' à leur égard, comme si je ne jouais pas le jeu en renonçant à ma féminité donc sur le moment comme j'étais énervée, je me suis balafré le visage pour leur prouver que j'étais des leurs.
« Elle est folle, complétement folle. T'es cinglée comment peux t'ont renoncer à sa beauté surtout une femme, je ne comprends pas. As tu pensé à consulter voir un chirurgien esthétique? » fit Aphrodite, blanc comme un linge.
« Pour quoi faire?Je suis une guerrière pas un top modèle se préparant à l'élection de miss monde, alors la beauté pour moi , c'est secondaire » voulut-elle le rassurer.
« Mais quand même.. » répéta Aphrodite.
L'incompréhension la plus totale se lisait sur le visage du jeune homme.
Milo et Camus se regardèrent,
« Ces deux là sont complétement incompatibles » conclut le Verseau.
« Pour Linus? » demanda Camus.
« Il va bien, Mu s'est occupé de sa jambe, son amour propre guérira lui aussi. Je commence à avoir l'habitude de ce genre de réaction masculine, alors... »
« Comment peux tu réagir aussi calmement alors que la personne dont tu es amoureuse te rejettes? Tu ne peux pas renoncer aussi facilement alors qu'avant cette histoire lui aussi t'aimais!» s'exclama le Scorpion.
« Je suis d'accord avec Milo » rajouta le Poisson.
« De quoi est-ce qu'ils parlent tous les deux? » demanda-t-elle à Camus étonnée.
« Je leur ai déjà expliqué que vous étiez simplement amis mais ils ne veulent rien entendre »
« Ah, je vois, Cam a raison, Linus est juste un ami, nous ne sommes pas amoureux »
« Ben, t'es déprimée, non? Sinon tu ne resterai pas des heures à ruminer sous la statue d'Athéna » insista Milo.
« Rien à voir, je me poses juste trop de questions Athéna est censée être réincarnée mais nous ne la voyons jamais, le grand pope est la seule personne autorisée à la voir, je ne ressens aucun lien particulier avec elle, alors que certains chevaliers ressentent sa présence. Je me demande qu'elle sorte de déesse elle est pour laisser de côté certains de ses serviteurs. C'est comme pour l'histoire des masques que nous, les femmes chevaliers, devons porter, c'est comme si nous n'avions pas la même valeur aux yeux de la déesse, pourtant chacune de ses réincarnation est féminine. Je me sens méprisée, enfin....C'est probablement mon sang d'amazone qui parle, bon sang , je hais toujours autant ses sales bonnes femmes. Ah. Désolé, je divague. »
Les trois hommes l'observaient, surpris par ses déclarations, elle continua sur sa lancée
« Pour finir, ma dernière discussion avec le vieux brigand me fait pressentir un grand malheur »
« C'est sans doute ce qu'on appelle l'intuition féminine » voulut plaisanter Milo.
« Non, c'est...c'est..Vous ne l'avez pas entendu, c'est comme s'il me demandait d'accomplir ses dernières volontés, comme s'il me faisait ses adieux. Je me demande ce que Gulapi a bien pu lui dire. »
Camus, fronça les sourcils devant Aphrodite, de plus en plus mal à l'aise, cela n'étant pas du à la seule balafre de leur amie.
« Tu te prends trop la tête, tu sais comment est ton maître, ne t'inquiètes pas, moi non plus je n'ai pas foi en Athéna mais j'accomplis quand même mon devoir. Tu as toujours voulu protéger ce qui t'étais cher, non? Que tu crois en la déesse ou non n'a aucune importance cela n''empêches rien » déclara-t-il.
« Milo, pourquoi n'accompagnes tu pas Aglaë au port, Andréas va bientôt appareiller » fit-il en jetant un coup d'œil à sa montre à gousset.
« Tu ne viens pas avec nous? » demanda le Scorpion.
« Non, je dois avoir une discussion sérieuse avec Aphrodite »
Il valait mieux qu'elle quitte le sanctuaire le plus rapidement possible pensa-t-il.
Sur le quai,Sabbas fit ses dernières recommandations à son élève. Elle s'apprêta à monter sur le pont du navire, s'arrêta soudainement, se précipita vers son maître qu'elle enlaça.
« Qu'est-ce qui te prends fillette?Allons, allons un peu de tenue voyons » fit-il bougon mais heureux.
« Merci pour tout maître »
« Oh j'ai droit à maître aujourd'hui? il va pleuvoir des grenouilles » fit-il en rigolant.
Puis.... la mort du vieux brigand.... l'ile...Son tombeau ….la rencontre funeste... les trois filles de la nuit... l'odeur de putréfaction permanente qui la prenait à la gorge …. le réveil, le souvenir d'une étreinte chaleureuse. A ses pieds, des mèches de cheveux, son reflet dans le miroir commençait à se déformer, pourquoi était-elle en nuisette grise? Qui? Elle vacilla,, quelqu'un la rattrapa. La rêveuse pouvait se voir, impuissante, ressentant des émotions similaires à son double dans le songe. Hermès la portait dans ses bras, elle reconnu l'endroit, la salle qui servait de lieu de purification du castel d'Angus. L'endroit ressemblait à des thermes sans en être vraiment. Le bassin en pierre jaune de forme octogonale, remplie d'eau fraiche, des fleurs et des plantes flottant à sa surface, un homme versait le contenu d'une fiole dans le bain de purification.
« Qu'est-ce que c'est maître? » une voix d'enfant
« De l'eau bénite, elle est resté longtemps au contact de ses créatures infernales » répondit l'homme.
«Cette voix. Je la connais » pensa-t-elle, dans son état cotonneux, elle se sentit en sécurité depuis bien longtemps.
« Tout est prêt? » demanda l'inconnu.
« Oui »
La tenant toujours dans ses bras, il descendit les marches pour entrer dans l'eau, elle pouvait sentir les ondulations fraiches du liquide sur son corps, le parfum suave des plantes, pourquoi son corps la brulait-il?Elle entendait la voix de celui qui était venu la soustraire à ces bourreaux, lui dire que tout allait bien, qu'elle se trouvait en lieux sur. Il ne la supportait plus que d'un bras à présent, arrosant son visage d'eau purificatrice. Ses yeux s'ouvrirent , elle vit un jeune homme à la peau pâle, dont les cheveux de feu tombaient sur les épaules, aux yeux brillants qui lui souriaient.
« Qui êtes vous? » demanda-t-elle.
Tout tournait autour d'elle, c'était si douloureux. Tout à coup, le sourire chaleureux se transforma en un rictus sadique, la main qui caressait sa chevelure, appuya brutalement sur son visage, poussant sa tête sous l'eau. Elle suffoqua, voulut se débattre mais n'y arriva pas.
« Seigneur....Je vous en prie...Pas vous...Pas vous …. »
Louise tira la langue, son cosmos ondulant autour de sa main, elle ne devait pas réveiller la dormeuse si elle voulait capturer la créature responsable de ce cauchemar. Aglaë n'arrivait pas à se libérer de la sensation de noyade permanente, elle faisait de courte apné , luttant inconsciemment pour retrouver sa respiration. La petite sorcière se tendit un peu plus, une marque noire apparue sur le front de la jeune femme, un papillon noir, plus petit que le précédent sortit, Louise l'envoya rejoindre le premier dans sa cage. Elle passa sa main sur son front en sueur, posa un baiser sur celui de son aînée en lui disant
« Que ton sommeil soit réparateur maintenant. Franchement tu as vraiment la rancune tenace, va falloir s'en occuper aussi »
La respiration de la jeune femme redevint régulière. Rassurée Loulou, pensa :
«Ils ne sont pas les seuls, je dois aussi m'occuper de Shun et des autres mais les capturer un par un me prendra trop de temps. Il faut que je prépare le cercle rituel pour me protéger pendant que je m'en occuperais .Normalement je dois trouver tout ce dont j'ai besoin ici sauf.... »
Elle fit venir son athamé à elle.
Au milieu du cercle, Louise , commença sa chasse aux papillons nocturnes, son cosmos de déploya en spirales pour former un attrape rêve spirituel. Elle devait visiter les songes de chacun si elle voulait débusquer les créatures oniriques aériennes.
« Shun, Le cygne? Athéna. Seya ? Humm»
Elle commença à chantonner son incantation, pour faire venir les éphémères dans son piège.
Il jouait à chat dans la cour de l'orphelinat avec une petite fille brune, aux yeux roses. C'était son tour d'être le chat, la fillette ne se laissa pas attraper, elle courut, courut pour entrer dans un souterrain, il hésita. Il ne voulait pas que ni san le cherche, il n'avait pas peur du goulot sombre de la grotte, si une fille pouvait le faire, lui aussi. Il entra dans la pénombre, il frissonna, il faisait frais ici. Il appela
« Pandore, où est tu? Attends moi »
Il entendit un rire , il avança encore un peu plus, Pandore était là, elle l'attendait prés d'un trône.
« Viens, Shun, si on changeait de jeu, regarde on dirait un trône, si on jouait au roi ? »
« Je ne sais pas Pandore chan, Ni san va s'inquiéter, on ferait mieux de rentrer. »
« Oh, t'es pas drôle; viens »
Elle l'attrapa par le poignet, le fit asseoir sur le siège, s'agenouilla devant lui, déclara:
« Je suis votre humble servante, mon seigneur »
« Non » gémit Shun dans son sommeil, il se tourna puis se retourna dans son lit, il voulait se réveiller mais ne le pouvait pas, le songe continua.
« Ou était ni san? Où était qui? Il avait sa sœur Pandore à ses côtés. Ikki. Il est toujours venu, c'est lui son frère, un susurrement lui souffla :
« oui, il te reviens c'est certains, mais pourquoi ne reste-t-il pas avec toi? Il arrive et part comme cela lui chante, te laissant seul avec ta solitude. Sans s'inquiéter du soucis qu'il te cause »
« Non, non, Ni san n'est pas comme ça, tu te trompes »
« A ses yeux tu n'es qu'un enfant faible et capricieux, tu es son fardeau mais ta sœur et moi même sommes là pour prendre soin de toi, Shun kun»
« Ce n'est pas vrai, tu mens je n'ai pas de sœur, je sais qui tu es, tu es un résidu de ma possession , rien de plus »
« Oublies le , Shun, nous sommes là pour toi maintenant, nous t'avons retrouvé »
« Ni san sait que j'attends son retour » protesta Andromède.
« Tu n'as plus besoin de lui, nous sommes là , tu te sentais si seul que tu t'es inventé un frère aîné »
Des souvenirs flous apparaissaient de lui en compagnie des autres orphelins mais Ikki n'était pas là.
« Est-ce vrai?Non, cela ne se pouvait. Ikki. Qui? Ni san? Une invention de son esprit? »
« Tu n'est plus seul, soustrais toi à ce devoir sanglant qui t'accables, repose ton âme endolorie par ses morts que tu a causées sans les souhaiter. Abdique ton âme en faveur de la mienne »
Ils les voyaient arrivés par cohortes entières, à la suite les uns des autres, blafards, les yeux vides,geignants, des corps décomposés jetés en un vulgaires tas à ses pieds, exhalaient des odeurs putrides. Il vit ses mains couvertes de sang,un papillon noir posé sur sa celle de gauche. ils mouraient par sa faute, il ne le voulait pas, il se voyait agir comme un pantin , ce n'était pas lui. Il avait envie de vomir. Il enrageait de se sentir aussi impuissant. Quand il entendit chantonner, une chanson?Non, plutôt une litanie, il l'écouta attentivement. L'éphémère s'envola.
« Shun , pourquoi?Mama, pourquoi ne m'a t-il pas confié son secret? »
Il déposa les roses sur la glace, là où sa mère reposait dans les profondeurs abyssales de l'océan. Sa beauté et sa jeunesse préservées à jamais. Il voulut la voir une dernière fois, avant de partir au combat. il nageait,difficilement. Il atteignit le navire, il voulut crier devant le spectacle ,, aucun bruit ne sortit de sa bouche. La jeune femme blonde était assise sur son lit mortuaire couvert d'algues, sur lequel courraient des araignées noires, elle en tenait une dans la paume de sa main, sourit à son enfant.
« Viens , mon petit, poses ta tête sur mes genoux comme tu le faisais avant lorsque nous étions encore ensemble »
Une force irrésistible le poussa vers la femme bien qu'au fond de lui même il sache que ce n'était pas elle. Il s'agenouilla, posa sa tête sur ses genoux, elle caressa ses cheveux, murmurant
« Confies moi tes peines , mon enfant, c'est ce jeune homme ? » lui demanda-t-elle en désignant un coin de la pièce où se déployait une énorme toile d'araignée, laquelle retenait Andromède prisonnier.
Il dégluti, normalement, il aurait du secourir son ami endormi, le plus vite possible mais là....Il était comme hypnotisé par la vue du corps à la blancheur diaphane dénudé, sans défense. Un papillon posé sur son épaule. Que diable faisait Ikki?
« Il ne viendra pas....Regarde c'est ce que maman peut t'obtenir chéri » gloussa-t-elle.
« Non, mama tu es bonne et généreuse, tu n'es pas une personne malveillante. Shun »
« Si tu ne te dépêches pas il s'éloignera de toi à jamais, vois, on viens le chercher »
Deux ombres, sans visages, enlacèrent le corps de son ami,le caressant, l'embrassant...Il ne pouvait pas le permettre, il devait délivrer Shun de cette toile,l'arracher à ses mains qui souillaient son corps si parfait. Un mur invisible l'empêchait de le rejoindre, il s'acharna à le détruire avec ses poings mais le mur semblait indestructible, à son grand désespoir. C'est alors qu'il entendit un chant. Le papillon n'était plus là.
« Saori san! Saori san! Athéna! » il hurlait le noms de sa déesse sans qu'elle lui réponde. Il était perdu , ses frères d'armes, morts au combat , ne se relevaient pas, elle lui avait sourit, s'était détourné du dernier survivant des guerres qu'il était.
« Ne m'abandonnes pas Saori, je t'en supplies à genoux, ne m'abandonnes pas sinon à quoi aura servi tout ces combats? »
« A protéger la terre et son humanité Seya. Tu n'es pas seul Seya, tu as encore ta sœur, ton maître, deux femmes qui sont amoureuse de toi. Construis ta vie, je te rends ta liberté chevalier. Mon rôle s'achève en ce monde. Merci pour tout mon ami »
Non, non, elle ne pouvait pas le remercier de façon aussi froide, aussi informelle. Elle ne pouvait pas l'abandonner. Elle s'éloignait de lui, lui tournant le dos, il lui courait après, tendait la main,croyait la toucher mais échouait à chaque fois. Un papillon voletant de ci de là semblait le narguer.
« Saori san ! »
Il tomba à terre à genoux, pleurant de rage quand il entendit une étrange litanie. L'éphémère s'évapora. .
Elle observa la Terre du haut de l'Olympe,des larmes coulaient le long de ses joues, elle entendait les cris des humains, elle ressentait leurs douleurs. Elle aurait voulu les aider mais on le tribunal des dieux le lui avait interdit. Les Dieux avait décidé la destruction de l'humanité. Elle se désespérait car elle avait échoué. Elle avait vu ses chevaliers s'entredéchirer, mourir les uns après les autres, sourds à ses appels. Ils ne croyaient plus suffisamment en elle et cela l'affaiblissait. Sur le balcon, elle entendait la fête organisée par les Olympiens. Ils se délectaient des souffrances humaines,où était passé Hermès lui qui ne laissait pas une occasion de fêter le moindre événement ? Elle descendit les marches célestes menant de l'Olympe à la Terre. Elle accompagnerait les humains qu'elle aimait tant jusqu'à ce que le dernier d'entre eux expire. Avant cela, elle n'avait jamais pensé se rebeller mais père avait disparu.. A présent, elle marchait, seule, dans un monde dévasté. Elle avançait à travers un dessert, au milieu d'habitations détruites, Incendies, Inondations, Ouragans, Épidémies , Guerres provoqués par les Dieux avaient anéantis l'Humanité. Elle ne ressentait aucune présence, ni humaine, ni divine. Auparavant, elle avait était entourée mais solitaire, maintenant, elle l'était complétement. Aucun n'êtres vivants ne croisait son chemin sauf quelques noirs éphémères,elle tomba, éclatant en sanglot, elle ne pouvait se pardonner son échec.
« Père, Pardonnez moi, j'ai échoué alors que vous m'aviez confié la mission de protéger ce monde »
« Ikki,Hyoga, Shun, Shiryu, Seya,mes fidèles chevaliers pardonnez moi, vous êtes morts pour moi alors que j'ai été incapable de remplir mon devoir »
A travers son désespoir, elle entendit le vent lui emmener un chant. Tout n'était pas perdu après tout, elle devait trouver l'origine de ce chant. Les papillons s'envolèrent pour disparaitre à l'horizon.
Adossée à la chambranle de la porte Aglaë, dubitative, observait Louise. Pourquoi n'invoquait-elle pas sa Déesse, dans son incantation? A moins que, impossible, elle devait se faire des idées. Shun aussi réveillé, se tenait au côté de la jeune femme. Elle le retint, il ne fallait pas déranger l'enfant.
Ils virent des papillons arrivés, se prendre dans le filet cosmogonique tendu par la petite sorcière, elle les absorba dans son cosmos.
« Aglaë, on ne distingue plus le blanc de ses yeux, pourquoi? » s'inquiéta Andromède.
« Elle est concentrée et en colère, je me demande pourquoi elle ne les a pas détruis, je sais qu'elle est une adepte du recyclage mais ça c'est étrange. »
« Il en reste un » remarqua Shun.
Louise acheva son incantation, elle savait qui les avait envoyés, autant prévenir l'envoyeur qu'il avait été démasqué avec une petite prime en plus. La cage s'ouvrit, le premier papillon vint à elle. Elle ferma ses yeux, forma une coupelle de ses mains, le transforma , en lui ordonnant
« Soit mon messager pour Médéa »
Shun et Aglaë furent surpris quand elle ouvrit des yeux chargés d'une haine intense. Ils en restèrent cois tant c'était inhabituel pour l'adolescente.
«On dirait une déclaration de guerre » constata Andromède.
« C'en est une, Louise, qui est Médéa? »
« Une sale garce qi n'aurait jamais du prendre ce noms» répondit la petite sorcière, qui s'évanouit.
Visiter les psychés à la recherche des papillons oniriques l'avait épuisée.
Hyoga se redressa dans son lit, les joues rouges, il porta sa main à sa bouche, il avait rêver de Shun. Déesse, il n'oserait plus le regarder en face. C' était... gênant.
Dans la matinée, il apprit qu'il n'était pas le seul à avoir cauchemardé. Il rougit jusqu'à la racine des cheveux quand il apprit que la gamine avait visité tous les songes des papillons oniriques. Une lueur de curiosité s'alluma dans les yeux d'Aglaë à sa réaction, elle demanda à Louise :
« Je me demande ce que tu as pu voir pour qu'il réagisse de cette manière »
Loulou , les pommettes rosissantes, bredouilla,
« ...Sorte ...rêve...plus où moins....euh...vaguement....érotique... »
« Je ne pense pas que te laisser farfouiller dans les subconscients des adultes soit une bonne chose pour ton propre bien. Il est loin de sa fiancée alors ses hormones doivent le travailler. »
« Aglaë...euh.....Drôle d'hormones alors... »
« Mmmm? »
L'enfant se dressa sur ses pieds, murmura à l'oreille de son aînée, qui en laissa tomber sa tartine dans son café.
« On ne devrait pas autoriser cette gamine à se balader dans nos esprits. Vraiment » pensa-t-elle.
Athènes, centre ville.
Le jeune homme descendit de son roadster Morgan bordeaux, s'appuya contre sa porte, regarda sa montre. Le deehoord bondit hors du véhicule se précipitant vers Louise puis vers Aglaë L'animal, posa ses pattes sur ses épaules,
« Qu'est-que cette pauvre bête fait ici? Je suis pas sur que le climat grec lui soit favorable, elle meurt de soif aussi » demanda-t-elle. Derrière elle se tenait Saori, pressant son sac de ses deux mains. Normalement, elle aurait du être furieuse après lui pour le tour qu'il lui avait joué, elle s'avança, leva la mains....
« Où étais tu passé? Qu'est-ce qui t'es arrivé? Je n'avais jamais vu une telle expression de tristesse sur ton visage » l'interrogea-t-elle gentiment, en caressant sa joue.
Commentaire :
Je m'excuse pour cette mise à jour tardive mais écrire ce chapitre ma pris plus de tant que je ne pensais. Je remercie toute les personnes qui portent de l'intérêt à cette histoire. J'espère que les nombreux passages en italiques ne sont pas trop pénibles à lire.
