Titre : Que sommes-nous devenus ?

Rating : T

Contexte : Newt et Thomas se sont séparés trois mois plus tôt alors que leur relation devenait quelque peu houleuse. Ne parvenant pas à oublier cette relation agréable et salvatrice, le blondinet noie son chagrin dans l'alcool. Au risque de faire de mauvaises rencontres ...

Note : J'espère que ce petit O.S Dylmas vous plaira, j'écris rarement sur eux parce que je ne trouve pas de scénario adéquat qui irait avec leur personnalité. Du coup, je me permets des AU un peu déplacé sur leur compte. J'ai l'impression de m'immiscer dans leur vie privée, c'est bizarre et assez malsain d'ailleurs. N'oubliez pas de me dire ce que vous en penser et de me donner des idées pour d'éventuels OS. Merci

Disclaimer : Je ne détiens aucun pouvoir sur notre petit Thomas Brodie Sangster et Dylan O'brien ^.^


L'odeur forte de l'alcool emplissait ses narines, embrumant ses pensées et couvrant son esprit d'un brouillard épais qui l'empêchait de penser rapidement, facilement et raisonnablement à toutes ses futurs actions. Le vacarme autour de lui amplifiait le mal de crâne qui s'insinuait à l'intérieur de sa tête, sifflant et bourdonnant près de ses tympans pour lui rappeler à quel point il était idiot. À quel point ce qu'il faisait n'avait aucun sens et ne le conduirait à rien. Qu'il finirait très vite sur le trottoir en face de l'établissement, avec pour seule compagnie une bouteille en verre à moitié pleine et ce sentiment de solitude amer. Les jacassements des clients du bar où il se trouvait, n'avaient aucune importance pour le commun des mortels, ne se rapportant qu'à des conquêtes infructueuses ou des licenciements douloureux. Cependant, il se plaisait à les écouter pour se convaincre que ce qu'il avait vécu n'était pas monstrueux, et qu'il pouvait y survivre.

Quand il décollait ses paupières pour essayer de prendre connaissance de ce qui l'entourait, la lumière vive au-dessus de lui l'aveuglait et l'obligeait à reprendre sa position précédente, grognant sous l'assaut violent des picotements de son crâne. Il avait un peu chaud sous sa veste en cuir mais ne la levait pas, trop d'efforts et pas assez de volonté pour faire ces gestes qui lui paraissaient si dérisoires à présent. Personne ne se préoccupait de lui dans cet endroit. Une pinte fut posée violemment à sa gauche, puis remplie, avant d'être vidée une nouvelle fois par un ivrogne habitué des lieux. Un rot suivit sa descente alors qu'il donnait une vigoureuse tape sur le dos du jeune homme avachi sur le rebord en bois, comme s'ils se connaissaient.

Ce qui n'était pas le cas. Personne ne savait qui il était et il n'avait guère envie d'apprendre le passé de tous les pochards qui fréquentaient ce bistro. Trop de temps perdus. Trop de problèmes à écouter. Pas assez de réponses pour régler les siens. Une perte de temps.

Son voisin de droite tira une taffe sur son cigare et expira tout ce que contenait ses poumons dans sa direction. Il n'émit aucune protestation puisqu'il fumait également. Uniquement des cigarettes cependant. Il demanda un autre verre de whisky au barman pour à nouveau noyer ses idées négatives, se redressant à peine sur son assise pour admirer la couleur caramélisée du breuvage servit avec une si grande rapidité. Ses doigts se posèrent sur le bord du verre pour détailler les mouvements du glaçon à l'intérieur du récipient, ce-dernier s'évanouissant dans la profondeur du liquide tel un lapin que le magicien aurait fait disparaître.

Pourquoi buvait-il déjà ? Y avait-il une raison à tout cela ? Bien sûr qu'il y en avait une. Il n'irait pas se mettre dans cet état s'il n'y avait pas une cause valable. Pour n'importe quel homme de son âge, la raison pourrait bien être le travail, la famille ou même, une fille. Toutefois, il s'agissait plutôt d'un homme en ce qui le concernait.

Un beau brun aux yeux d'ambres, à la peau laiteuse, à la voix sensuelle, au regard perçant, aux grains de beauté adorables, au charme irrésistible, au toucher si doux, aux mouvements si fluides, au corps si parfait.

Il s'enquit de boire une gorgée de sa boisson pour le ramener à la réalité. Cette personne ne lui appartenait plus depuis bien longtemps et il souffrait suffisamment de ne plus le voir, pour se souvenir à quel point il avait eu de la chance de le rencontrer.

Leur histoire était banale. Tout à fait ordinaire. Un couple formé après plusieurs années d'amitié pure et intacte alors qu'ils allaient terminés leur dernière année de lycée. Une relation basée sur des sentiments d'abord très instables et indécis, pour ensuite se poser sur des bases solides. Il avait été l'évocateur de cette idée et lui l'avait suivi après avoir découvert que les ressentis étaient réciproques. Ils avaient écrasé les critiques, essuyé de nombreuses difficultés, subis divers coups durs mais avaient toujours réussi à se relever malgré l'adversité. La présence de leurs amis avaient été d'une grande aide et ils avaient pu surmonter bien des obstacles. Et puis, comme dans tous les couples, les années heureuses s'écoulent avant que les dangereux moments de mésententes ne se présentent. D'abord, ce fut au sujet de leurs parents. Trop de pression mis par l'un et l'autre. Ensuite, ce fut au tour du travail. Payer le loyer à tour de rôle ou partager la somme. Et enfin, il y eut les problèmes d'alcool et de jalousie. Sortir avec une inconnue ou rentrer tard le soir sans aucune raison. Ce fut à ce moment-là que son partenaire décida de prendre ses distances, pour que leur couple respire, qu'il voit le monde chacun de leur côté et qu'ils apprennent à maîtriser leurs défauts. Mais cela faisait déjà trois mois et il ne supportait pas de savoir cette personne si loin de lui, sans avoir aucune nouvelle.

Le jeune homme saoul fut tiré de sa rêverie cauchemardesque par la nouvelle présence à ses côtés, remplaçant le parfum infect de son précédent voisin. Il tourna sa petite tête blonde pour essayer d'accrocher quelques bribes de son visage et ne fut pas étonné de voir un homme d'une trentaine d'années, le regarder avec insistance et envie. Il ne pouvait nié le fait que son visage attirait souvent les convoitises et son état d'ivresse le rendait faible face à un prédateur aussi coriace.

-Alors mon petit, tu es seul ? S'enquit de demander l'homme aux yeux carnassiers, ses cheveux cheveux noirs coupés presque à ras.

-Et je ne cherche … pas de compagnie, peina-t-il à répondre en terminant son énième verre.

-J'apprécie les garçons froids dans ton genre. Tu n'aimerais pas passer un moment avec moi ?

Le concerné afficha une expression répugnée en se redressant sur son tabouret, étirant ses bras devant lui pour évacuer sa fatigue et se préparer à partir. De toute manière, le bar allait bientôt fermer et toutes les bêtes en furie seraient lâchées à l'extérieur.

Thomas paya enfin ses consommations et ajusta sa veste avec un hoquet, penchant légèrement sur le côté alors que sa vision n'était pas très claire. Quand il s'aperçut que son traqueur l'avait suivi à l'extérieur du bâtiment, la fraîcheur de la nuit le frappant de plein fouet et lui redonnant doucement plein contrôle sur lui-même, il se mit à grogner pour dissuader son poursuivant de faire un pas de plus.

-Je n'ai pas b-besoin de compagnie … Va voir ailleurs …

-Je sais que tu as envie d'oublier quelque chose. Sinon, pourquoi un adorable garçon comme toi viendrait perdre son temps dans un endroit pareil ? Dit-il sur un ton aguicheur.

La colère grimpait en lui alors qu'il sentait un vague parfum d'eau de Cologne titiller ses narines, son corps se tétanisant en se rappelant à quel point il aimait que son petit ami en mette par le passé, et il eut la malchance de se coller contre un mur pour ne pas trébucher sur une pierre, donnant l'occasion à son futur agresseur de prendre l'avantage. Ce-dernier plaqua ses mains de part et d'autre de sa tête, sa langue humidifiant ses lèvres gercées par le froid, son regard plein de luxure dévorant chaque parcelle du visage de son jouet avec une avidité débordante, et il se pencha petit à petit pour n'être qu'à quelques centimètres de son but.

-Tu vas voir, laisse-toi faire. Demain, tu auras tout oublié …

En soufflant ces derniers mots sur la peau délicate de Thomas, il embrassa bestialement sa bouche et lui arracha un cri de mécontentement, ainsi que des représailles véhémentes. La rue n'était pas vraiment bondée car l'endroit était plutôt hostile et mal fréquenté, alors le jeune homme ne devait pas s'attendre à une aide extérieure. De toute façon, en avait-il réellement besoin ? Il s'était toujours occupé de lui-même depuis sa plus tendre enfance et se débarrasser des gros bras, n'avait jamais été un très grand problème pour lui. Ainsi, alors que les mains de cette personne mal intentionnée passaient sous son t-shirt pour palper ses abdominaux, son genou rentra en connexion avec son entre-jambe. L'autre homme se permit un crissement de dents avant de lâcher sa prise sur sa victime, celle-ci prenant la fuite dès que l'occasion se présenta.

-Reviens ici espèce d'enfoiré, cracha l'homme plus âgé avec une grimace.

Thomas accéléra le pas mais l'alcool l'empêchait d'y voir très clair et il fut vite rattraper par son assaillant. Celui-ci l'attrapa par le poignet et le rapprocha de son torse avec une fière envie de lui retirer cette assurance.

-Tu as du cran, j'aime ça. Celui pour qui tu noyais ton chagrin, devait vraiment être un idiot pour t'avoir laissé tomber.

-Lâchez-moi …

Le garçon tenta de le repousser à nouveau, le giflant deux fois de suite pour lui faire perdre l'équilibre mais contrairement à sa propre condition, il était capable de penser clairement et de se mouvoir convenablement. Il enroula son bras autour de sa taille pour s'attaquer à son cou, mordant le point de liaison de sa clavicule et de sa nuque, lui arrachant un gémissement de dégoût. Ces bruits attisèrent encore plus les envies de son agresseur et il se mordit la lèvre pour éviter de laisser une autre plainte s'échapper.

-Je vous ai dit de me lâcher !

Le petit blond le frappa au genou pour qu'il ploie et cela marcha. Sauf qu'il reçut une frappe à la mâchoire, sa lèvre se mettant à saigner sous la douleur et la vivacité du coup. Thomas tint son visage un instant pour se rendre compte de ce qui était en train de se passer, avant de reprendre la fuite vers un coin un peu plus occupé de cette ville. Il entendit les derniers éclats de voix de son voisin de bar, avant qu'ils ne se perdent dans les méandres de la nuit.

Sous la surveillance de la lune, pleine et pâle en cette fameuse soirée d'hiver, Dylan continuait son chemin vers son appartement, une cigarette à la bouche et une mine terriblement fatiguée peinte sur le visage. C'était devenu quotidien pour lui de sortir très tard le soir pour se changer les idées, aller aux salles d'arcades du coin pour passer un moment au calme, chercher à oublier tout ce qui l'attristait dans sa vie. Et la première chose qu'il cherchait à effacer, c'était ce sentiment de solitude qui l'envahissait. Dans son foyer, il parvenait à percevoir la froideur, le vide et un manque dans ce lit deux places qu'il avait autrefois partagé. Alors pour passer à autre chose, il allait passer une soirée chez des amis ou dehors, à jouer et parier de l'argent afin de mettre de côté ses problèmes. L'alcool ne résolvait rien, il le savait et il n'avait jamais aimé ça de toute manière.

Quand il entendit de petits sanglotements venir de sa droite, près d'une poubelle publique, il ne put s'empêcher de se stopper dans ses pas monotones. Les clochards étaient courant ici cependant, il ne s'attendait pas à une telle créature dans ce coin là du quartier. Sa surprise continua de grandir alors qu'il remarquait sa lèvre coupée et le sang qui s'en échappait, ainsi que la marque rouge sur sa peau si pâle et délectable. Il ne savait pas s'il devait s'arrêter pour l'aider, ou juste l'ignorer et continuer son chemin. Après tout, c'était lui qui avait décidé de mettre de la distance entre eux. Toutefois, il n'avait jamais été capable de venir à bout de sa gentillesse et cette expression si désespérée ne l'aidait pas à la vaincre.

-T-Tommy ? Est-ce que c'est toi ?

L'interpellé tourna la tête pour créer un contact visuel et ce fut à ce moment précis, que tous leurs souvenirs communs refirent surface ainsi que leurs blessures personnelles. Le blond ne perdit pas de temps pour briser ce lien, pinçant ses lèvres pour ne laisser aucun indice sur sa tristesse et son envie de revoir ce garçon près de lui.

-C'est vraiment toi ? Oh mon dieu … J'ai cru que je te reverrai jamais …

La joie pouvait se sentir dans le fond de sa voix, mais elle ne semblait pas partagée par tout le monde. En tout cas, en apparence, Thomas ne voulait pas donner raison à ce garçon qui lui avait fait tant de mal … mais pour les bonnes raisons. Il réajusta juste sa prise sur les manches de sa veste en cuir et renifla un petit peu, avant de refouler les larmes qui pointaient le bout de leurs gouttes au bord de ses yeux sombres.

-Est-ce que tu vas bien ? E-enfin … tu ne vis pas dans la rue quand même ? Je veux dire … ce n'est pas honteux mais j'imaginais que tu …

-Non Dylan. Je ne vis pas dehors. Je viens juste de prendre une cuite, je me repose, dit-il avec amertume.

-Alors pourquoi tu pleures ? Avec la bouche en sang et la joue gonflée par dessus le marché ?

-Cela ne te concerne plus. Tu ne fais plus parti de ma vie.

L'affirmation leur fit mal autant à l'un qu'à l'autre et le brun se referma sur lui-même, croisant ses bras contre sa poitrine et baissant la tête avec honte, comme s'il savait pertinemment que tout ceci ne reflétait que la réalité. Cependant, il était du style très borné et il n'abandonna pas si facilement. Il s'avança un tout petit peu pour être à seulement quelques centimètres de son ex-partenaire et le toisa de ses un mètre quatre-vingt pour lui faire comprendre qu'il ne lâcherait pas l'affaire. Sa santé le préoccupait toujours et ça, il ne le changerait pas.

-Cela me concerne toujours Tommy.

-Arrête de m'appeler comme ça !

-Tu as toujours aimé ce surnom.

-Plus maintenant. Tu veux jouer au plus malin avec moi ? Si c'est le cas arrête tout de suite.

-Et toi arrête de jouer à l'enfant et dis-moi ce qu'il s'est passé !

-Je me suis fait aguicher par un mec dans un bar, ça te va comme réponse ? Il m'a embrassé et m'a giflé pour ne pas avoir répondu. C'est bon t'es content ?

Thomas avait haussé le ton et ne s'était même pas rendu compte qu'il s'était levé. Un peu trop vite cependant, puisque sa tête se mit à tourner et il manqua de tomber sur le côté. Il vint à la rencontre du torse chaud et protecteur de son ex-petit ami, qui enroula ses bras autour de lui pour le protéger de tout autre agression. Le blond se souvenait encore de la sensation qu'il ressentait à chaque fois qu'il se retrouvait dans cette étreinte, mais étrangement, elle lui parut nouvelle et bien plus forte cette fois-ci. Dylan avait toujours été une personne aimante et attentionnée, il n'aurait jamais pu trouver mieux et c'était certainement pour cette raison qu'il ne s'était pas décidé à aller de l'avant. De se trouver une autre personne pour remplacer cet amour brisé. Soudain, son cœur se compressa dans sa poitrine et il ne put empêcher sa tristesse de se déverser sur le sweat rouge traditionnel des METS de son compagnon d'infortune. Il étouffa ses gémissements à l'intérieur de son épaule, serrant le dos de son vêtement avec force, le suppliant intérieurement de ne pas le lâcher car il craignait de se retrouver seul à nouveau.

Il avait été de mauvaise foi quelques minutes auparavant. Il avait réellement envie de partager sa vie avec cet homme et d'effacer les traces du passé. Ses épaules furent secouées par de nombreux sanglots et Dylan se permit de caresser délicatement son dos, traçant des lignes le long de sa colonne vertébrale pour tenter de le rassurer.

-Ne te retiens pas Tommy. Je sais que je t'ai causé beaucoup de tort par le passé et je regrette alors, pleure autant que tu le souhaites.

-A-arrête s'il te plaît. T-tu n'es pas l-le seul en t-tort.

Un sourire perça sur le visage de son cadet qui baisa son cuir chevelu, lui soufflant que le monde avait juste été très injuste avec eux. Ils restèrent ainsi, dans cette position, l'un réconfortant celui qui n'avait jamais eu d'épaule sur laquelle s'appuyer, et l'autre s'excusant d'avoir été une parfaite ordure pendant les quatre années où ils avaient été ensemble. Beaucoup de gens les regardèrent avec des yeux curieux, se demandant s'il n'y avait pas quelque chose à faire pour soulager l'être en pleurs, et d'autres se mettaient juste à faire la grimace en voyant deux hommes se tenir l'un contre l'autre.

-Ne t'occupe pas d'eux. Ils sont juste jaloux …

Thomas remua la tête de haut en bas pour acquiescer, resserrant son étreinte autour du corps de Dylan alors que les rues se vidaient peu à peu, afin de leur laisser un peu d'intimité bien méritée. Quand ses yeux s'asséchèrent, que ses sanglots moururent au fond de sa gorge et que son esprit était vidé de toutes ses pensées négatives, il décolla sa tête pour plonger son regard dans celui de cet être qu'il avait tant aimé par le passé, et pour qui il continuait de nourrir des sentiments puissants. Le brun lui sourit encore, l'un de ceux dont lui seul avait la recette et qui pouvait faire craquer n'importe qui, avant de lui dire d'une voix douce et rassurante :

-Viens … allons à mon appartement, ce n'est pas loin et tu es trop bourré pour prendre la voiture.

-Pourquoi es-tu si gentil avec moi ? Après tout ce que je t'ai fait ? Murmura-t-il à moitié assommé par ses trop fortes consommations.

-Parce que tu n'as jamais cessé de hanter mes pensées Tommy. Malgré toutes tes erreurs, je n'ai pas réussi à t'oublier et je ne pense pas en être capable. Et puis, tu n'es pas le seul à avoir été odieux … j'ai ma part de péchés à effacer.

L'autre ne trouva rien à répondre, son esprit encore un peu trop embrumé par l'alcool et il se laissa guider par Dylan, une main autour de ses épaules pour le soutenir et lui permettre de marcher sans trébucher. Il m'aime toujours … était la seule pensée qu'il pouvait avoir à cet instant.

Quand ils arrivèrent à l'appartement, Thomas ne fit guère attention à ce qui l'entourait, connaissant trop bien les lieux pour se perdre dans une description longue et ennuyeuse, s'étalant dans le sofa qui dégageait cette odeur si appréciable et si enivrante. Il n'aurait probablement pas pu tenir plus longtemps sans sentir ce parfum une nouvelle fois. Qu'étaient-ils devenus ? Deux pauvres âmes errantes dans ce monde, cherchant la place qui leur était destinée pendant que les autres continuaient de tourner en rond autour d'eux, souriant et s'extasiant devant la joie qu'ils possédaient. Eux, n'étaient plus que des cœurs brisés qui avaient fini par se rejoindre. Mais pour combien de temps ?

Le brun vint s'installer à côté du jeune homme et passa une main autour de son cou, le rapprochant de lui alors que le silence s'installait entre eux. Il n'avait jamais voulu se séparer de son bien-aimé. Il avait juste souhaité mettre de la distance entre eux pour lui donner un moment de réflexion. Seulement, quand il voulut reprendre contact, tout avait disparu. Son numéro de téléphone perdu à jamais dans son portable écrasé par une voiture, son adresse envolée de sa mémoire et aucun ami proche pour prendre des nouvelles. À cet instant précis, Dylan crut que tout était réellement fini entre eux. Il ne perdit pourtant pas espoir et se mit en tête de reconquérir ce cœur à nouveau.

-Que sommes-nous devenus Dylan ? Déclara soudainement le blond dont la tête ballottait dans le creux de son cou.

-Je ne sais pas Tommy … On a juste pris les mauvais chemins. Mais je suis sûr que tout va s'arranger à présent.

-Tu t'es blessé à cause de moi ?

Le concerné suivit le regard de son compagnon pour constater que la manche de son poignet libre était légèrement relevée, laissant apparaître les quelques coupures qu'il s'était infligé durant les premières semaines de leur séparation. Il retourna son bras pour les masquer mais Thomas s'empressa de prendre ce membre blessé pour embrasser chaque plaie, absorbant les remords et mauvais sentiments qui émanaient de celles pas encore cicatrisées. Dylan suivit le mouvement du blond et caressa sa joue droite, lui tirant un sourire merveilleux.

-Je voulais simplement oublier à quel point j'ai été idiot de t'avoir fait partir … J'avais besoin de toi et j'étais la cause de ton départ.

-C'est de ma faute si nous nous sommes séparés Dylan. J'avais tendance à être trop jaloux … et je n'arrivais pas à venir à bout de mon caractère possessif.

À nouveau, le silence revint les accompagner dans leurs retrouvailles, sans être suivi par ce sentiment de mal aise cette fois-ci. Au contraire, peu à peu, les choses revenaient à leur place et refaisait doucement surface.

-Tu crois … qu'on peut recommencer ? L'interrogea Dylan avec une certaine espérance.

-Je ne sais pas. J'ai toujours ces problèmes d'alcoolémie et je ne veux pas que tu en souffres avec moi.

-S'il te plaît Tommy, je veux qu'on réessaye. Voir si ça marche. Je sais que tu en as autant envie que moi …

-Je t'aime Dylan mais je ne veux pas que tu souffres par ma faute.

-Je te promets que ce ne sera pas le cas ! Fais-moi confiance. Je te soutiendrais quoi qu'il arrive.

Il y eut un dernier un silence avant que tout deux ne se regardent et ne s'embrassent langoureusement, comme s'ils voulaient oublier le passé et les erreurs qu'ils avaient commise chacun de leur côté. Thomas souhaitait revoir un sourire sur ce beau visage et Dylan voulait lui donner une seconde chance, car il la méritait amplement pour tout ce qu'il avait fait pour leur donner une vie décente. Alors peut-être que cette-fois ci serait la bonne.