Cinquième nuit

Grèce, Sanctuaire d'Athéna, Temple du Scorpion, tôt le matin, été 1992 …

Il faisait chaud. Bien trop chaud. Et Hyôga détestait le chaud. Sa Sibérie lui manquait, son Isba, son village. Mais lorsqu'il s'imagina y retourner, seul au milieu de la nature – et surtout seul avec lui-même – le Chevalier du Cygne ouvrit les yeux. A ses côtés, la respiration lente et profonde de Milo.

Il n'était pas ici depuis une semaine que déjà l'idée de laisser le Scorpion derrière lui, à des milliers de kilomètres de distance, lui était insupportable. Non pas qu'il ressente quelques sentiments profonds pour lui, il n'en était pas encore là, mais déjà, il savait qu'il aurait du mal à se passer du corps du Chevalier d'Or. Sa façon de lui faire l'amour éveillait en lui des sensations nouvelles. Dans ses bras, Hyôga était secoué au plus profond de lui-même, il frissonnait, tremblait, gémissait, suait et s'abandonnait, parfois, il l'avouait, avec aisance.

La nuit dernière par exemple. Lorsque la petite fête chez Mû s'était terminé, Hyôga avait un peu bu – mais bien mois que durant les nuits précédentes – et Milo l'avait facilement conduit jusque son Temple. Le Cygne ne s'était pas fait prier pour rester.

Lentement, il bougea la tête et ses yeux se posèrent sur le visage de Milo tourné vers lui qui, les yeux clos, dormait à point fermé. Il avait l'air si serein, si calme. Tentant de faire le moins de bruit et de remous possible, Hyôga se retourna pour lui faire face, et le fixa. Pourquoi lui ? Milo n'était pas particulièrement tendre ni adorable, encore moins romantique et éperdu. Non, il était juste naturel avec lui, agissant avec lui sans fausseté. Avec légèreté. Et de ce fait, le Cygne faisait de même. Avec Milo, il était lui-même et n'avait pas la sensation, comme avec Shun, de devoir jouer un personnage pour cacher les apparences. Cacher celui qu'il était vraiment.

Soudain, très lentement, les lèvres du Scorpion s'étirèrent en un léger sourire et ses yeux s'ouvrirent. Hyôga fronça les sourcils, agacé d'être surpris dans un petit moment de tendresse.

- Alors, lança Milo d'un air ravis, on me regarde dormir ?

Sans un mot, le Cygne se redressa et s'extirpa du lit, priant pour que ses joues ne rougissent pas sous la honte.

- Je te prends ta salle de bain, lança-t-il en sortant de la chambre.

Milo ne répondit rien et regarda son compagnon sortir, incapable de se départir de son sourire. Avec lui, c'était bien plus facile qu'avec Camus, mais cela s'expliquait peut-être par leurs différentes inclinations sexuelles. Il était évident pour lui que le Chevalier du Verseau était un actif, comparé à Hyôga qui semblait bien plus à l'aise dans le rôle du passif.

Ce qui lui arrivait aujourd'hui, Milo ne s'y attendait pas. Au début, seul un concours de circonstance l'avait conduit à coucher avec Hyôga – à l'origine, il avait tenté de s'approprier les faveurs de Shun durant cette première nuit – et puis de fil en aiguille, ils avaient recommencé, et recommencé encore et encore. Jusqu'à la nuit dernière.

En revenant du Temple du Bélier, Milo avait dans l'intention de profiter une nouvelle fois des charmes du Cygne, et puis finalement, une fois allongé dans son lit, il l'avait simplement prit dans ses bras et s'était endormis. C'était bien la première fois que cela lui arrivait : de s'endormir en tenant fermement contre lui le corps de son amant. Amant dont il ne croyait pas être si proche, finalement. Il le taquinait, c'était vrai ; il se donnait toujours en spectacle avec lui, osant sans complexe faire part de son attachement pour le jeune Divin. Mais c'était un jeu, rien d'autre. Du moins le croyait-il.

Mais rien que d'imaginer qu'il venait de passer une simple nuit de sommeil avec Hyôga dans les bras, l'emplissait d'une joie incroyable qu'il n'aurait jamais imaginée. Il était heureux, tout simplement.

Alors, tout sourire, il se leva, enfila une chemise par-dessus son bas de pyjama et accapara la cuisine, heureux de faire du pain perdu pour son ami qui prenait une douche. A la réflexion, c'était bien la première fois qu'il faisait un petit déjeuner pour quelqu'un.

Sous l'eau tiède, Hyôga dérida l'expression gêné de son visage. La surprise passée, il réalisa qu'il n'aurait pas dû tant s'offusquer de la taquinerie de Milo. Après tout, il avait l'habitude maintenant. Ce qui le gênait cependant, c'étaient ses propres sentiments. Que ressentait-il, réellement ? De l'attachement, c'était évident, mais alors d'où venait ce malaise qu'il ressentait chaque fois que le Scorpion le prenait dans ses bras ? Une angoisse. Une peur. Mais peur de quoi ? Que Milo se lasse, alors que lui s'attachait de plus en plus. Et il n'avait pas envie d'avoir mal. Il n'avait pas envie de ressentir de nouveau cette douleur immense qui avait écrasé sa vie à la mort d'Isaac, et avant qu'il ne rencontre ses quatre camarades de Bronze. Une solitude teintée de remords et de tristesse. Ça, il n'en voulait plus.

Lorsqu'il se fut suffisamment délassé sous la douche, Hyôga se revêtit de ses vêtements de la veille, bien décidé à sortir derechef pour retourner dans le Palais du Pope. Il était hors de question pour lui de lézarder plus avant dans le Temple du Scorpion, et hors de question également de se laisser aller à un quelconque attachement avec son propriétaire. Après tout, ils n'avaient pas le même âge ni la même façon de voir les choses du monde, et vivaient respectivement à des milliers de kilomètres l'un de l'autre. Relation impossible. Et puis, Hyôga ne se sentait pas prêt.

Malheureusement pour lui – ou pas – lorsqu'il pénétra dans la cuisine pour informer Milo qu'il partait, il le retrouva au milieu de la pièce enfumée, s'évertuant à décoller une masse noire informe du fond de la poêle. Les deux hommes se figèrent respectivement, puis le Scorpion lui fit un grand sourire et dit :

- J'ai voulu te faire du pain perdu, mais j'ai dû me tromper quelque part.

Bien malgré lui, Hyôga rigola face à l'air à la fois dépité, déçu et amusé de Milo. Sans vraiment s'en rendre compte, il retroussa ses manches, s'avança vers son compagnon et lui prit l'ustensile des mains en disant :

- Laisses, je vais le faire.

...

Dans la soirée, Temple des Gémeaux …

Un malentendu. C'était tout ce qu'elle avait trouvé à lui dire. Que c'était un simple malentendu. La rage qui emplit son cœur à cet instant précis était plus forte que tout ce qu'il avait connu ; plus forte même que l'époque où il avait désiré la mort de son frère aîné. Ce soir, Kanon des Gémeaux était en colère.

Son histoire était simple. Très simple. Trop simple …

L'histoire d'un amour déçu, d'un amour à sens unique, qu'il croyait pourtant partagé et sincère.

La première fois qu'il avait rencontré Marine, c'était à la fin de la guerre du Sanctuaire Sous-marin, qui les avait opposés, eux, les Marinas de Poséidon, aux Chevaliers d'Athéna. Ayant compris ses fautes, Kanon avait tenté de se faire pardonner auprès des Ors du Domaine Sacré de la Déesse de la Justice, et très peu avaient accepté ses repentirs. Le premier à l'avoir fait, étrangement, ce fut Milo. Et la seconde, Marine. Elle comprenait sa douleur et lui avait offert une amitié sincère, qui avait été pour lui la bienvenue. Ils avaient noué des liens très forts, et, une chose en entrainant une autre, Kanon était tombé amoureux. Jusqu'à il y a deux soirs, il était même persuadé que c'était réciproque. Mais en ouvrant son cœur, il avait été déçu.

Je suis désolée, lui avait-elle simplement dit, mais je suis amoureuse de ton frère … nous sommes fiancés. Désolé de quoi ? De lui avoir brisé le cœur et fait croire durant des mois qu'une histoire était possible entre eux ? Aveuglé par cet amour à sens unique, Kanon n'avait même pas remarqué que Marine et Saga s'étaient rapprochés au point de projeter de se marier. Et le fait que la jeune femme agisse désormais avec lui comme s'il ne lui avait rien dit, comme s'il ne s'était rien passé entre eux, le mettait en colère.

Et il avait besoin d'extérioriser cette colère, de faire mal autant qu'il avait mal, d'être maitre de la situation. Shun avait choisi ce moment pour profiter, avec ses camarades, de l'été grec, et Kanon avait trouvé en lui une victime parfaite pour lui servir d'exutoire. Il ignorait pourquoi le garçon aimait tant la douleur, jusqu'à le supplier parfois d'être brutal, mais c'était bien le cadet de ses soucis. Après tout, ils s'étaient trouvés.

- Ah la vache ! T'as vu ça le bleu que ça m'a fait ?

Dans la demi-obscurité de la pièce, Kanon tourna lentement la tête. Shun lui montrait son poignet, autour duquel une marque bleuâtre apparaissait déjà. L'empreinte de la ceinture en cuir dont le Chevalier d'Or s'était servie pour attacher le garçon allongé à côté de lui. Voyant cette peau pâle et délicate marquée de sa main, il sentit un frisson le parcourir. L'épiderme de Shun marquait très vite, les traces de coups et les rougeurs apparaissaient presque tout de suite sous ses doigts lorsqu'il le frappait ou le tenait fermement avec toute la force dont il était capable. Chaque fois, Kanon avait l'impression de peindre sur son corps, et sa violence s'en retrouvait décuplé. Comme maintenant.

Sans un mot, sans même un grognement ou un souffle, il attrapa le poignet déjà meurtri, arrachant un cri au garçon aux yeux d'émeraude, et de son autre main le força à s'allonger sur le ventre. Shun tenta d'abord de le repousser, comme il le faisait chaque fois qu'ils recommençaient, mais étouffa un cri de douleur lorsque son violent amant lui tordit le bras dans le dos et cessa de remuer. Kanon se contorsionna pour se débarrasser du drap fin qui séparait leurs deux corps puis le chevaucha, l'écrasant sous son poids. Encore une fois, le garçon rua, mais il lui saisit la nuque et le plaqua contre le matelas, le visage écrasé sur le coussin.

Il le pénétra ensuite brutalement, et le violenta jusqu'à faire jaillir de ses yeux clos des larmes brulantes.

...

Plus tard dans la nuit, Temple du Lion …

Il frappa à la porte de l'appartement, tout en se disant qu'il avait tort. Après tout, même inconsciemment, Aiolia lui avait fait comprendre durant la nuit de la veille qu'il n'était pas celui qui lui fallait. Qu'il voulait Shun. Mais Mû était quelqu'un de têtu et buté. Il patienta quelques secondes avant de frapper de nouveau, et cette fois la porte s'ouvrit.

Aiolia se présenta à lui en caleçon et marcel bleu nuit, les cheveux en bataille et une bouteille de bière à la main. A en juger par le silence qui régnait derrière lui, il semblait seul.

- Mû ? s'étonna-t-il un peu bêtement. Qu'est-ce qu'il y a ?

- Il y a que je t'attendais chez moi, répondit sèchement le Bélier.

- Bah oui … je t'ai dit que je venais vers dix heures, je mangeais avec Aioros et Seika ce soir.

- Me prends pas pour un con, il est plus de minuit !

- Ah merde …

Sans qu'il puisse le contrôler, Mû sentit la colère envahir son esprit et il pénétra dans l'appartement du Lion en le repoussant violemment. Aiolia tituba et s'accrocha à la porte pour ne pas tomber, faisant jaillir de sa bouteille quelques gouttes de bière.

- Arrêtes ! rugit le Bélier avec hargne. Arrêtes putain je sais qu'il est là !

- Hein ?! répliqua le Lion, étonné, une fois qu'il se fut stabilisé. Qui ça ?

- Shun ! Je sais qu'il est là !

Au bord de l'hystérie, Mû fit le tour de la pièce, ses yeux écarquillés cherchant tout autour de lui. Il sentait son cœur battre à cent à l'heure, ses membres trembler et sa respiration se faire erratique, désordonnée. Il avait conscience de perdre son sang-froid, mais plus rien n'avait d'importance.

De son côté, Aiolia poussa un soupir et referma doucement la porte avant de s'y adosser, et de fixer sa bouteille à moitié vide.

- Y'a que moi et elle, grogna-t-il avait de boire une gorgée.

- Arrêtes de me prendre pour un con je t'ai dit !

- C'est Kanon qui le baise, pas moi.

Silence. Les deux hommes se firent face. Mû, encore tremblant, survolté, et Aiolia, étonnamment calme. Le Bélier consentit à desserrer les dents pour lui demander :

- Mais t'aimerais bien hein ?

Le Lion eut un sourire triste et baissa de nouveau les yeux, faisant danser sa bière entre ses dix doigts. Il haussa les épaules, muet.

- Connard, reprit Mû, les larmes au bord des yeux. C'est lui que t'as baisé la nuit dernière, pas moi ! T'as dit son nom merde ! T'as dit son nom alors que tu …

Les mots se bloquèrent dans sa gorge. Alors que tu étais à l'intérieur de moi, alors que tu jouissais en moi, voilà ce qu'il aurait aimé dire. Mais le regard que son vis-à-vis venait de relever vers lui le coupa dans son élan. Un regard désolé, plein d'absolution.

- Pardon, dit Aiolia dans un murmure, je ne m'en suis pas rendu compte.

- Et tu crois que ça va suffire ?

- Mais regardes-moi ! hurla brusquement le Lion. Regardes-moi putain, j'ai vingt-trois ans et je suis tombé amoureux d'un môme en quelques jours, tu crois que je ne me sens pas assez minable comme ça ?!

Nouveau silence. Les yeux bleus pervenches d'Aiolia brillaient de larmes contenus, et Mû ne put que retenir son souffle. Il n'avait jamais vu son compagnon pleurer, pas même lorsqu'il avait retrouvé son frère aîné devant le Mur des Lamentations. Mais là, torturé par un sentiment amoureux fulgurent, Aiolia du Lion retenait ses larmes. Le cœur de Mû avait envie de lui dire que l'amour n'avait rien de minable, au contraire, que ce genre de coup de foudre avait quelque chose de beau même s'il ne durait pas, et qu'avec le temps, Shun sortirait de son esprit. Mais sa raison prit le dessus, et ce qu'elle avait à lui dire était tout autre :

- J'espère bien que tu te sens minable ! Parce que ce que tu m'as fait, ça fait mal !

- Désolé, répliqua Aiolia, calmé. Ça n'arrivera plus.

La joie que ressenti Mû ne fut que de courte durée.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-il d'une voix blanche.

Aiolia soupira tristement et posa sa bouteille sur la commode près de la porte.

- Si je te fais du mal, ça ne sert à rien de continuer, dit-il en fixant son vis-à-vis droit dans les yeux.

La colère qui envahit de nouveau le cœur et l'esprit de Mû l'aveugla tant qu'il se retrouva hors du Temple du Lion sans se souvenir d'avoir pris la porte. Il marcha dans la chaleur de cette nuit d'été ivre de rage et de jalousie. Aiolia venait clairement de lui signifier que c'était terminé. Shun avait brisé le seul couple un tant soit peu stable de sa vie et il se retrouvait seul, car Kanon avait également choisi le garçon alors que Milo semblait s'être définitivement tourné vers Hyôga. Il était seul. Seul.

Il était temps qu'il fasse comprendre à ces enfants qu'ils n'avaient pas leur place ici, que la Grèce et le Sanctuaire étaient sous la protection des Chevaliers d'Ors, et qu'ils devaient retournés au Japon. Shun allait devoir partir. Il fallait le faire fuir. Mais comment ?

Il approchait de son propre Temple lorsqu'il sentit une fraicheur bienvenue caresser doucement sa peau. Il mit tout d'abord ça sur le compte de la nuit noir qui l'entourait, mais plus il approchait et plus la fraicheur se transformait en froid. Il frissonna et s'arrêta sur le seuil de sa propre maison, alors que les yeux bleus-nuit de Camus le fixaient intensément.

- Qu'est-ce que tu fous là ? lui demanda brusquement le Bélier.

- Rien, répondit calmement le Verseau, j'étais à la plage, je remontais.

- Tu sais bien qu'il y a un autre passage, tu n'es pas obligé de traverser les Temples.

Camus fronça imperceptiblement les sourcils.

- Tu ne veux pas que je traverse ta maison ? demanda-t-il doucement.

- Quoi ? Mais non, bien sûr que tu peux la traverser.

- C'est pas ce que j'ai cru.

- Bah t'as mal cru !

Mû fit volte-face, ignorant le Chevalier du froid, et se dirigea vers ses appartements. Il n'était pas d'humeur à écouter la soi-disant sagesse du Verseau.

- Ne mets pas tout en l'air à cause de ta jalousie, entendit-il dire derrière lui.

Il se retourna, fixant Camus dans les yeux, les poings serrés.

- T'as dit quoi ? demanda-t-il brusquement.

- Pardon ? rétorqua le Verseau, faussement surpris.

- Si t'as quelque chose à dire tu me le dis en face !

- Calmes-toi. Je n'ai rien dit.

- J'en veux pas de tes leçons d'accord ?

- Mû, je n'ai rien dit.

- Toi aussi tu me prends pour un con ?!

Cette fois, le Verseau ne répondit rien, se contentant de fixer le Bélier dans les yeux. Mal à l'aise, celui-ci se détourna de nouveau et s'en fut chez lui, refermant brutalement la porte derrière lui.

Tout son corps tremblait. Cette phrase, il ne l'avait quand même pas rêvée, c'était bien Camus qui avait parlé ? Sa surprise passée, il en revint à la question qu'il s'était posé avant de croiser le Verseau : comment faire fuir Shun du Sanctuaire ? Comment réussir à faire revenir les choses à ce qu'elles étaient avant ? Si le garçon quittait le Domaine Sacré, Kanon et Aiolia reviendraient forcément vers lui.

Hors il n'avait rien contre Shun. Shun était un petit con parfait, gentil avec tout le monde et apprécié de tout le monde – particulièrement des hommes avec lesquels il avait couché. Alors comment ? Il devait forcément y avoir quelque chose contre lui, Shun ne pouvait pas qu'être un petit dépravé qui écartait les cuisses pour n'importe qui. Tout ça ne semblait gêner personne d'ailleurs, alors que le garçon avait seize ans.

Mais au moment où Mû se disait ça, une réminiscence de ce qu'avait dit Shiryu le lendemain de leur première nuit d'ivresse jailli de sa mémoire, et il l'entendit dire :

« Doucement les mecs, n'oubliez pas que Shun a un grand frère qui n'aime pas particulièrement que quelqu'un le touche comme vous l'avez fait. »

Ikki ne semblait pas être au courant de ce que faisait son petit frère. Et s'il le lui apprenait ?

...

Au même moment, dans le Temple du Lion …

Assis par terre, adossé au mur, Aiolia fixait le plafond. Sa lèvre inférieure, coupée, laissait s'échapper quelques perles de sang. Mû l'avait frappé. Non pas qu'il ne l'ait pas mérité, mais tout de même, ça surprenait.

Amusé, le Lion pouffa de rire, et baissa la tête pour fixer ses doigts. Il venait de rompre avec le Bélier, de le faire souffrir en mettant fin à la seule liaison dans laquelle il se sentait à l'aise, mais, étrangement, ça n'était pas à cause de ça qu'il était triste.

Kanon était en train, en ce moment-même, il en était certain, de coucher avec Shun. De lui faire du mal. Les blessures du garçon, sur ses bras et sur son cou, ne lui avaient pas échappé, et il était sûr et certain que le nouveau Chevalier des Gémeaux en était responsable. Hors il n'avait rien dit. Il se sentait trop idiot d'être jaloux. Idiot de ressentir un tel sentiment pour un enfant qu'il ne connaissait vraiment que depuis quelques jours, et avec lequel il n'avait couché que deux fois. Parce que ça ne lui ressemblait pas. Aiolia du Lion n'était pas le genre d'homme à se morfondre d'amour. Et pourtant …

Dans un nouveau soupir à fendre l'âme, Aiolia se dit que, bien différente des quatre précédentes, cette cinquième nuit avait vu la fin de son histoire avec son amant, et de ses certitudes.


Je suis déééésooooolééééé pour cette loooongue absence 0o Franchement, je ne pensais pas que ce déménagement me couperait autant du monde ! Nan mais sérieux, il leur faut vraiment autant de temps pour installer une ligne Internet ?!

Breeeef. Je suis heureuse d'être de retour et de pouvoir mettre un terme à cette fic, sincèrement, parce que je pense sérieusement à reprendre mon cross-over Saint Seiya/Love Pistols (j'ai déjà écrit les premiers chapitres en fait ^^) et je pensais aussi à un petit OS extra de ma fic "Un avenir passé", mais c'est moins sûr.

Alors, que pensez-vous de la tournure que prend cette histoire ? La raison des agissements de Shun ne sera pas tout de suite dévoilée bien entendu, mais ça ne devrait pas tarder, encore un peu de patience =)

Désolé encore pour cette coupure, et je suis contente d'être enfin de retour !

Bisous tout le monde, à dans quelques jours =)