L'Histoire ne s'est pas écrite sur une page blanche et sans ratures...
Bonjour mes chers lecteurs ;) Vous allez bien ? En fait j'ai bien réfléchie et je ne sais absolument pas combien de chapitre fera cette fic... 20 ? 25 ? Aucune idée. Sur ce je vous laisse profiter de ce dixième chapitre ;) Bonne lecture !
Chapitre Dixième : ...Et que les choses se corsent !
Je m'exécutai terrifiée. Mais, en voulant me jeter entre Gale et Cato je me déportai brutalement sur la droite heurtant de plein fouet Cato, l'écrasant dans la boue. Il s'apprêtait à faire un commentaire mais l'air sévère de Gale lui fit ravaler sa salive. S'il y a bien une chose qu'il avait compris c'est qu'il ne fallait pas plaisanter avec Gale quand il y avait un danger quelconque.
_Il faut partir et vite ! Murmura-t-il en s'emparant de plusieurs sacs. Nous allons longer la crevasse jusqu'à ce que le danger soit écarté, puis nous remonterons sur la plaine. Et nous pendrons le train jusqu'au Deux et après...
_Et après ? Questionnais-je.
_Et après nous improviserons bien.
_Magnifique ! S'exclama Cato ironique. Tu disais qu'il fallait tout prévoir à l'avance et voilà que tu nous dis que l'on va improviser...
_Je ne pouvais pas prévoir tout ses imprévus ! Se justifia Gale agacé. Allons y, continua-t-il, Katniss tu ouvres la route, Cato tu la suis et je vais fermer la marche.
Je me mis en route avançant d'un pas rapide mais trop lent pour sa majesté Cato. Gale m'avait confié qu'il pensait que le jeune homme souhaitait atteindre le Deux pour s'enfuir et ne jamais regagner les terres du Capitole. Je refusais de croire que Haymitch c'était laissé berner par un stratagème aussi futile. Pourtant, le talent d'acteur du jeune homme était évident. C'était troublant, à tel point que je ne savais plus sur quel pied danser avec lui. Gale stoppa mes pensées en nous donnant l'ordre de courir. Je filais comme une flèche laissant les garçons quelques longueurs derrière moi. Brusquement, je me stoppais net et me faisais percuter par Cato : la cavité prenait fin. Gale sauta alors à découvert m'attrapa par la main et nous repartîmes de plus belle tandis que Cato ruminait que si l'on voulait s'en sortir il fallait faire preuve de coopération. Venant de lui c'était presque risible.
Les hommes de Coin semblaient nous avoir perdus. Alors, Gale décida de rejoindre la gare le plus vite possible pour pouvoir souffler une fois là bas, en attendant le train. Les talents de cambrioleur de Cato nous permirent de rentrer dans la gare sans problèmes. Cependant à l'heure prévue pas l'ombre d'un train à l'horizon. Gale commençais clairement à perdre patience :
_Alors Cato... Où est ton fameux train ?
_Il ne devrait pas tarder, attendons encore cinq petites minutes...
_Nous n'avons pas le temps d'attendre cinq minutes ! Explosa Gale hors de lui. Monsieur nous a tendu un piège, il est de mèche avec Coin depuis le début !
_Ça c'est faux ! L'interrompis-je. Il s'est fait torturé lui aussi, comme moi, pendant notre « détention » dans l'étage moins huit ! Tu ne peux pas dire qu'il est de mèche avec Coin ! Il a été choisi pour la Sphère ! La Sphère Gale, bon sang, la Sphère.
À présent les larmes roulaient librement sur mes joues. Gale s'avança vers moi et tenta de me prendre dans ses bras. Après un instant d'hésitation, je courais m'y réfugier. Il me chuchotais tendrement une berceuse du Douze à l'oreille. Je pus apercevoir Cato poser ses sacs en retrait et chercher les horaires des trains. Après ça, j'oubliais totalement sa présence.
_Bon vous avez fini ? Demanda sa voix cassante. Non pas que toutes ces effusions d'affection m'atteigne au point de pleurer, mais nous avons encore du chemin à faire, le Huit ce n'est pas la porte d'à côté.
_On ne rejoint plus le Deux par le train ? Questionnais-je perdue.
_Non, le train ne passe plus. Je viens de vérifier. Dit-il en coupant net la question muette de Gale. Allons y ! Nous n'avons qu'à continuer de longer la voie de chemin de fer et nous arriverons au Huit assez rapidement, une semaine ou deux, peut-être...
Gale grinça des dents, s'empara de ses sacs et nous reprîmes la marche le long de la voie ferrée sans un mot, bien que l'air victorieux affiché par Cato me donnait envie de le remettre à sa place, une bonne fois pour toutes.
Une semaine passa et nous continuions toujours notre course poursuite avec les soldats des Rebelles, les animaux sauvages et les Rebelles des districts conquis. Nous n'avions presque plus de provisions et nous devions nous contenter de seulement une tranche de pain rassis et de trois gorgées d'eau par jour. Pour survivre. Cato et moi le supportions très bien : notre séjour dans les cellules de hautes sécurités nous avait entrainé. Gale s'y accommodait sans broncher, bien que ça ce voyait que c'était très dur pour lui : il avait dû perdre une vingtaine de kilos et l'on pouvait aisément compter ses côtes sous sa chemise grise. J'avais aussi maigri, moins que Gale mais tout de même, avant de partir mon poids stagnait à quarante-six kilogrammes et aujourd'hui si j'étais au dessus de la barre des quarante, ça relevait du miracle. Curieusement Cato ne semblait pas avoir perdu le moindre gramme, mais je le soupçonnais de voler régulièrement dans les réserves. Je n'en disais rien car l'entente entre les deux garçons, qui semblaient si proches au Treize, était désormais laborieuse : il ne s'écoulait une journée sans qu'ils ne se fâchent, le plus souvent pour des raisons stupides. Nous nous rapprochions du district Neuf, celui des céréales. Cato espérait pouvoir faire main basse sur du blé sur en confectionner une sorte de bouillie avec de l'eau. Quelque chose d'assez consistant, avait-il dit. Gale aurait préféré que l'on reste à l'écart des villes pour éviter d'être reconnus. J'étais parfaitement d'accord avec son point de vue, mais l'attrait de la bouillie proposée par Cato était plus fort et pas seulement pour moi. Alors nous nous étions rapprochés des champs et fait main basse sur une dizaine de sacs de blé et d'orge. Haymitch avait glissé dans nos sacs des pots de confitures vides, pour stocker de l'eau ou autre chose en cas de besoin, et aujourd'hui ces pots trouvaient leur utilité : les garçons faisaient une tambouille de céréales et d'eau douces tandis que je mettais la substance obtenue en pot. Au bout d'une heure notre quinzaine de pots étaient tous remplis et à ma grande surprise Cato lança :
_Nous devrions manger tout ce qu'il reste. Nous nous sommes privés pendant plus d'une semaine et nous nous devons d'être en mesure de fuir ou de nous battre.
Nous décidâmes aussi de camper dans les bois environnants pour ce soir, de manière à pouvoir repartir frais comme des gardons demain matin. Cato partit chercher du bois et Gale fit quelque chose qui m'intrigua : il constituait un kit de survie dans mon sac, qui à la base constituait juste le sac des textiles, le plus léger. Il y ajouta de la nourriture, une lampe, des couvertures, tout e qui me permettrait de survivre si je venais à me retrouver seule. Cato revint les bras chargé de bois sec et Gale sourit avant de lui dire :
_En fait Cato, nous n'allons pas faire de feu ce soir, mais charge donc le bois dans ton sac, il pourra nous servir plus tard.
Le blond jura dans sa barbe inexistante et s'exécuta. Gale ouvrit un pot de confiture et nous nous partageâmes son contenu en silence. Après quoi, nous nous couchâmes silencieusement sous le couvert des arbres. Un vent léger soufflait dans la forêt et Cato chuchota :
_ Hey Katniss, tu dors ?
_Non, lui murmurais-je. Pourquoi ?
_Je pensais, nous pourrions mettre le feu aux cultures, ce sont les principales sources des Rebelles, donc en les supprimant Coin aurait autre chose à faire que de nous courir après...
_Certes, mais as-tu pensé au nombre de personnes qui risquent de mourir ou de ne plus pouvoir nourrir leurs familles avec l'incendie ? Gale serait contre ça...
_Gale, Gale, Gale... et ton avis Katniss, quel est-il ? Tu est pour ou contre cette idée ?
_Pour bien sûr mais je...
_Parfait, je m'occuperais de ça demain matin. Deux voix contre une, la majorité l'emporte.
Je laissais échapper un profond soupire de résignation : quand Cato avait décidé quelque chose il s'y tenait jusqu'au bout. Il était ÉPUISANT. C'était impensable de vouloir s'opposer à lui, mais curieusement Peeta avait dit la même chose de moi. En avait-il parlé à Coin ? Si elle pensait aussi que Cato et moi réagissions pareil, nul ne savais quel plan elle pouvait être en train de concocter pour nous nuire ! Enfin, essayer de convaincre Gale de nuire au petit peuple s'était comme demander à Snow de sa marier avec Coin... Mission Impossible. Totalement impossible en réalité...
Le lendemain matin, lorsque nous quittâmes la forêt, Gale remarqua l'absence de Cato :
_Où est-il encore passé celui là ? Maugréa-t-il en passant sa main dans ses cheveux bruns.
_Il m'a dit qu'il partait chercher du bois, lui répondis-je en jetant un regard derrière moi. Tiens justement le voici, m'exclamais-je. Cato tu aurais pu faire vite non ?
_Où est le bois ? Questionna Gale l'œil mauvais.
_Il n'y en avait que du frais, pas de bois sec, alors je n'en ai pas pris...
_Bon allons y. Aujourd'hui il faut absolument atteindre le Neuf, sinon nous ne tiendrons pas une journée de plus dans ses bois d'autant plus que notre dernière gourde d'eau est presque vide...
Nous repartîmes sous le couvert des arbres et après une demi-heure de marche Gale se stoppa net
_Le feu ! Il y a le feu aux cultures ! Quel est l'ignoble connard qui a pu faire une chose pareil !
Ses yeux tombèrent sur Cato :
_Toi ! Ta fameuse excuse d'aller chercher du bois... c'est toi qui a mis le feu à leurs récoltes ! Tu as massacré l'année de travail entière d'un millier de paysans !
Comme pour ponctuer ses dires il asséna une gigantesque gifle à Cato qui sous la force de l'impact et le poids de ses sacs, s'écroula sur le sol. Il se releva, envoya voler ses sacs et fondit sur Gale bien décidé à lui exprimer le fond de ses pensées.
_Les garçons arrêter ! IL faut y aller maintenant ! Les suppliais-je désespérée. Il faut rejoindre le Neuf, mettons nous en route...
_Reste en dehors de ça Katniss ! Me lança sèchement Gale en arrêtant le coup de poing de Cato d'un mouvement d'épaule.
L'on aurait dit deux lions en cage condamnés à s'entre-déchiré pour un bout de viande.
_Mais enfin c'est stupide ! Conservons nos forces pour atteindre le Neuf, s'il vous plait..., murmurais-je au bord des larmes, impuissante.
Je détestais être dans une telle situation, ça me rappelais cruellement la période de famine que j'avais traversée avec Prim et ma mère, juste après la mort de mon père. Cette impuissance qui vous nargue, vous tourne autour, vous donne envie de tous abandonner, de vous laissez tomber sur le sol et de ne plus bouger... Cette impuissance qui précède la Faucheuse, celle qui annonce votre fin. J'aurais voulue avoir le cran de me jeter entre eux, de les gifler, de leur dire tout le mépris qu'ils m'inspiraient dans l'instant présent, mais j'étais si faible... La faim me tenaillait tellement que j'aurai été capable de manger de la chaire humaine. Il fallait que l'on s'en sorte ! Que les garçons réalisent dans l'état déplorable dans lequel nous nous trouvions : mal habillés, à cours de provisions, maigres comme des clous et fatigués comme des forcenés. Dans un dernier sursaut d'adrénaline je leur hurlai :
_Les garçons ! Regardez moi ! Regardez moi !
Brusquement, ils arrêtèrent de se battre pour poser les yeux sur moi : et là, la réalité les frappa de plein fouet ils virent mon état désastreux et réalisèrent que je ne tiendrais pas une journée de plus dans ses conditions. Alors Cato et Gale mirent leurs différents de côté et Cato fit une chose que je n'aurais jamais crûe possible de sa part : il s'empara d'un de mes sacs et Gale prit le second.
_Allez katnip, murmura Gale, visiblement radouci. Je te promet que ce soir tu mangeras à ta convenance.
Il me prit la main et incita Cato à prendre la seconde. Il s'exécuta avec une assurance déconcertante et nous repartîmes ainsi, main dans la main, près à affronter les dangers de notre périple.
Nous atteignîmes le centre du Neuf après quelques longues heures de marches. Cato réussi à brouiller les caméras de surveillance, pendant que Gale coupait un morceau de clôture. Nous marchâmes jusqu'à la grande place et nous découvrîmes avec stupeur que tous les magasins étaient fermés ! Cato s'approcha d'une devanture et balança son poing gauche dans la vitre qui se brisa sous le choc. Il posa alors ses sacs et rentra dans la boutique. Après quelques minutes il ressortit les bras chargés de victuailles et les rangea dans les sacs. Il repartit avec un cabas sous le coude quelques minutes plus tard. Lorsqu'il ressortit il nous lança discrètement, en ajoutant un clin d'œil taquin :
_Ça c'est juste pour ce soir.
Gale ria en lui donnant une tape affectueuse sur l'épaule. Je restais interdite devant cette scène improbable : Gale et Cato venait de se disputer quelques heures auparavant et là, ils s'entendaient comme larrons de foire !
Nous ressortîmes très rapidement du centre-ville du Neuf et même de la ville. Ce n'est que lorsque nous retrouvâmes la profondeur de la forêt que nous pûmes dévorer entièrement le contenu du sac, amassé par Cato. Pour la première fois depuis trois semaines, je ressortais la tête de l'eau. J'allais survivre ! Et le regard plein de reconnaissance que je lançais à Cato n'avait aucune valeur par rapport au sourire qu'il m'adressa en me pressant affectueusement le bras droit. Une fois de plus, Gale s'abstint de faire un commentaire, mais l'orage éclata lorsqu'il s'aperçut que la gourde d'eau était vide :
_Je peux savoir lequel d'entre vous a terminé la gourde ?
Le ton était menaçant, et je ne doutais pas que si Cato répondais la bagarre de toute à l'heure allait reprendre, mille fois plus forte, mille fois plus sanglante.
_Je ne sais même pas pourquoi je pose la question..., continua Gale en se levant. Cato... n'aurais-tu pas pu dire lorsque nous étions dans le centre-ville que tu avais fini la gourde ? Ça t'aurait tué ? Tu sais, j'ai tout de suite vu clair dans ton jeu... Le seul but que tu avais de partir avec nous était pour rejoindre ton district de sale gosse pourri gâté et de nous balancer sur un plateau à Coin ! Tu n'as jamais eu l'intention de rejoindre le Capitole, pas vrai ?
Cato ne répondit pas. Il semblait réfléchir... Tout à coup il ramassa ses sacs et me lança en regard désolé :
_Navré Katniss... Je n'ai jamais voulu que ça se termine comme ça...
Et sur ces mots, il s'éloigna en courant vers les profondeurs de la forêt. Cato nous lâchait. Gale et moi devions désormais nous débrouiller seuls... Un vide immense m'envahit. Cato nous lâchait... Cato partait, comme ça... La dispute de trop... Celle de la gourde d'eau. Cato nous laissait tomber. Et le pire c'est que Gale ne semblait même pas étonné. Comme ci... Comme s'il s'y était toujours attendu. Cato était parti. Nous n'étions plus que tout les deux... Comme avant la Rébellion...
Comme avant les Jeux...
Une petite review pour me donner votre avis ? À mardi pour la suite ;)
