Bouhhhhh, vous avez le droit de me huer, je suis terriblement en retard...
Et je n'ai aucune excuse.

Ca arrive, des périodes où on arrive pas à s'y mettre...grosse flemme, manque d'inspiration...et dire que je m'étais promise de toujours garder trois chapitres d'avance, histoire de parer à ce genre de problèmes, eh bien non, j'y vais au jour le jour xD

Bref (oui, c'est le maître-mot de ma vie), je viens enfin de terminer ce chapitre, en sachant que j'ai deux autres fic qui sont depuis un certain temps laissées elles aussi (envoyez vos dons d'imagination aux auteurs en panne d'inspi, ça pourra sauver des vies).
Donc, un petit rapprochement avec un certain professeur über sexy, et des surprises de fou fou fou (bon ok, peut-être pas).

Sinon, cette fic est plus longue que je ne l'avais prévu. L'histoire est sensée se dérouler sur des années (plus ou moins chronologiques, héhé), et j'avais peur de ne pouvoir tenir plus de cinq chapitres pour la moitié de l'histoire. Eh bien c'est complètement l'inverse ! L'histoire est bien loin de se terminer, et même si j'accélère les choses (et supprime les détails, surtout), je pense arriver largement au-delà de la vingtaine de chapitre, voire trentaine...peut-être quarantaine (si je suis inspirée xD). Bien, j'ai certainement du faire fuir un grand nombre de lecteurs je pense, mais je préférais être honnête ^^

Je vous laisse donc lire, et MERCI MERCI MERCI pour vos lectures, vos reviews et vos encouragements. Ca m'aide à surmonter les petits coups de mou, et puis ça me rassure un peu dans l'idée que les gens ne sont pas uniquement intéressés dans les histoires 100% romance, ce qui veut aucune intrigue à coté. Même si on voit Snape dans quasiment tous les chapitres (bon...carrément tous), je préfère ne pas faire que ça. Sinon j'écrirai un porno, hein !

Bref bref bref, bisous à vous, et passer une bonne journée :)


Chapitre X

Dommages collatéraux

J'ignore encore comment j'ai pu garder mon calme. Comment j'ai pu gagner l'infirmerie sans me rouler convulsivement par terre. Comment j'ai pu m'abstenir de crier, de gémir…de geindre comme un pauvre bébé.
Parce que, bordel de chiotte d'enfoiré de sa mère, ça fait mal.
Pardonnez le langage, mais ce genre d'épreuve ne fait pas partie de celle que l'on peut endurer sans proférer au moins une certaine quantité d'injures. En tout cas moi, je ne peux pas.

C'est littéralement indescriptible de sentir sa peau de déchirer en deux. On dirait que ça brûle par le froid. Imaginez sentir une pointe acérée, quelque part, entre les poumons, et cette impression que vous allez régurgiter un millier d'aiguilles.
Non, en y songeant bien, on dirait pas des aiguilles.
On dirait plutôt une décharge électrique, extrêmement puissante mais concentrée sur une infime partie du corps.
Et dire que je me plaignais lorsqu'avec une feuille de parchemin, je me coupais la zone entre le pouce et l'index…

Alors je suis arrivée à l'infirmerie, l'esprit complètement brouillé, et je me demande pourquoi mon cerveau n'a pas eu la bonne idée de partir en vacances. Parce que oui, je suis restée consciente.
Enfin, « consciente » est un bien grand mot, ma perception sensorielle et même mentale étant largement amoindrie. Pour preuve, je n'ai réalisé que c'était Snape qui me portait vers l'infirmerie que lorsque celui-ci me laissa m'échouer sur un lit, telle une limace gélatineuse.
Génial…J'étais absolument certaine que jouer au docteur avec Jabba le Hutt était le plus gros fantasme de mon professeur (beurk, je m'auto-dégoûte, des fois).

Cependant je n'ai eu le droit à aucune remarque acerbe. Il a même été…doux.
Je vous arrête tout de suite mes demoiselles, je n'utilise pas le mot « doux » pour signifier qu'il a été aussi affectif et calinou qu'un bisounours bourré à la guimauve. Voyons, vous vous étiez sérieusement fait quelque espoir ?
Non, je veux simplement faire passer l'idée qu'il était simple, sobre, stoïque. Dénué de tout mouvement de sourcils qui désarment le premier idiot venu, nu de cette expression qui transpire le « Tu n'es qu'une crétine ».
Oui, quand Snape reste impassible, on peut le qualifier de « doux », d'après sa propre échelle des valeurs, évidemment.

Moi aussi, je suis restée complètement stoïque, à la limite de l'inertie totale. J'étais choquée, embrumée, certes, mais surtout, je ne comptais absolument pas faire preuve de faiblesse.
En effet, j'admets, encore un état d'esprit complètement débile : à moitié mourante, la meilleure chose que je trouve à faire est de m'entêter dans une fierté débile, mêlée à un désir de…l'impressionner. Je ne voulais pas devenir à ces yeux la petite chose fragile et chouinante. Je voulais me montrer mentalement aussi forte que lui. Et puis… j'avais peur de le décevoir en me laissant aller.

Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela – pour mon attitude retenue - que j'obtins de sa part une prise en charge que l'on aurait attendue de n'importe quel professeur, sauf de lui. Je n'ai pu surprendre chez Snape aucune moue moqueuse ou sarcastique lorsqu'il me défit de ma robe et de ma chemise, ne me laissant plus que le soutien-gorge pour la partie supérieur de mon tronc. Moi, même déconnectée du monde réel, je ne pus pour ma part m'empêcher de maudire intérieurement la situation : je devais me laisser faire sans protester, laissant à la vue d'un prof terriblement sexy des rondeurs qui provoquaient chez moi pas mal de complexes, surtout au niveau du ventre.
Mais, comme je l'ai dit, je ne reçus aucun commentaire, tant oral que facial, même quand je poussai un gémissement plutôt bizarre lorsqu'il toucha le couteau.

- Je vais devoir vous enlever ce couteau. Vous ne devez en aucun cas gesticuler, insista-t-il.

Ahah, facile. Je crevais déjà d'envie d'aller faire des pirouettes par terre auparavant, alors dois-je expliquer à quel point il était difficile de me contenir entre tous les tremblements violents que me procurait la sensation de l'arme blanche glissant petit à petit en dehors de la chair ?
D'ailleurs, en y repensant, il n'aurait pas pu retirer le couteau d'un coup, non ?

Je ne pus en tout cas éviter un tressautement incontrôlable alors qu'il ne restait à la pointe que quelques millimètres pour sortir complètement de moi. Avisant ma perte de contrôle, le professeur eu au moins la présence d'esprit de retirer sans ménagement le couteau.
Ma gorge émit un son des plus glamour, comme un gazouillement mêlé à une descente salivaire.

Puis le silence, le temps s'étira, Snape le couteau dans les mains, me fixant intensément, et moi littéralement vide de pensée pendant cinq secondes. Et cinq secondes, c'est très long pour un vide mental.
Je crois que j'avais la bouche ouverte.
Plus abrutie, tu meurs.

Et puis, comme je reprenais lentement possession de mes esprits :

- Vous pouvez pleurer.

C'était la première fois que je l'entendais soupirer, et ce son aurait pu être carrément orgasmique si je n'avais pas été dans un état de mollusque. Au lieu de cela, je le fixai en tentant d'assimiler les mots qu'il venait de murmurer.
Mais j'étais à coté de la plaque. Comment pouvais-je pleurer ?
Et puis je ne voulais pas, pas devant lui.

Je ne pus que déglutir, mes yeux dans le vide qui tentaient de faire la focale sur le visage de mon professeur.

- Miss Crusoe…vous devez pleurer.

Non, non, je voulais rester calme, concentrée, inébranlable…eh merde.
Mes larmes coulaient toutes seules. L'échec total. Mon regard restait fixe, mon visage ne se tordait pas dans quelconque expression de douleur. Non, je restais un masque immobile, mais qui pleurait sans pouvoir s'en empêcher.
Pourquoi, par les couilles de Merlin, avait-il fallu qu'il me dise cela ? Pourquoi avait-il fallu qu'il provoque sa propre déception de ma personne ?

- J'apprécie que vous m'ayez épargné les plaintes, gémissements et gesticulements insupportablement inutiles dont n'importe quel fragile élève m'aurait gratifié. Vous avez été, dans la mesure du réalisable, le moins pitoyable et le moins pathétique possible.

Mes larmes me semblèrent s'évaporer subitement de mes joues, et les réflexions que je menais intérieurement sur ma faiblesse mentale en firent tout autant. Mon professeur avait retrouvé son habituel ton cassant, mais bien loin de m'en vexer comme auparavant, j'accueillais la pique avec gratitude.
Et puis, ne venait-il pas de m'adresser un compliment de manière détournée ?
Bon, certes, un moyen très détourné. « Le moins pitoyable et le moins pathétique possible ».
Je ris face à tant d'avarice de compliments, et en même temps par autodérision, parce que le professeur n'avait pas non plus tord…

- Et puisque je vois que vous avez assez de force pour rire de ce qui est loin d'être drôle, je pense que finalement, je ne vais pas annuler la dette que vous me devez.

Je hochais à la tête avec un grand sourire : comme s'il avait jamais songé à me gracier, l'hypocrite ! Et il savait que je le savais. Alors…c'était de l'humour ?
Eh bien oui, si l'idée qu'il fasse sciemment de l'humour me semblait peu convaincante à l'époque, aujourd'hui je suis certaine que sous couvert d'être un enfoiré, il avait dit ceci pour détendre l'atmosphère lourde qui s'était installée. Méthode très personnelle, certes, mais efficace.

Le reste de la journée se borna à avaler des potions par fûts entiers, et à convaincre les professeurs de ne pas renvoyer Urquhart.
Cette décision n'aurait pas pu me faire plus grand plaisir, seulement…saleté d'histoire à ne pas compromettre.
Comment, au fait, ai-je pu en arriver là ?
J'avais tout fait pour éviter un drame du genre, et c'est en souhaitant me faire la plus discrète possible que la tuile (ou plutôt le parpaing) m'est tombée sur la tête. Ce monde des sorciers marche vraiment à l'envers !

Je vous passerai donc en bref la discussion houleuse qui s'en est suivie avec les responsables de l'école. Qu'on me croit ou non, ils étaient davantage décidés que moi-même à le renvoyer de l'école, accroché au train par les narines. Idée de Monsieur-le-faux-Maugrey. Il en avait plein d'autres, d'idées comme ça, cependant, comme il commençait à me faire peur, j'ai préféré ne pas écouter la suite.
Snape, lui, ne dit rien de toute la conversation, se contentant de me fixer, mais j'aurais pu aisément deviner ses pensées. « Stupide Gtyffondor pleine de miséricorde, cessez de jouer les saints chevaliers, vous n'avez de toute façon pas les attributs pour. »
Ce n'est que lorsque je m'énervai (« Je ne porte pas plainte, alors on ne peut pas le renvoyer, nom d'un troll avarié ! ») que Dumbledore arriva pour trancher en ma faveur, soulignant la volonté de conserver un minimum d'entente inter-maison et blablabla…

Deux jours plus tard, Daphné vint d'ailleurs me rendre visite à l'infirmerie.
Elle regardait partout comme un petit animal apeuré, et semblait fébrile en venant à mon chevet. Pour lui éviter d'autres raisons de vivre dans la paranoïa (car peut-être avait-on depuis des soupçons à propos de notre « amitié » inter-maison), je lui annonçai avec fermeté que nous allions devoir cesser de nous voir.
Tripotant sa cape nerveusement, elle hocha la tête sans broncher. C'était ça qui était bien avec la Serpentarde, elle s'accrochait aussi peu que moi je le pouvais. L'amitié avait pris une toute autre dimension.
Comme un « au revoir », elle désigna de la tête un objet que je n'avais pas vu.
Ma chère violoncelle.

- Il n'a pas arrêté de grincer. On l'a retrouvé dans le couloir, on ne sait pas comment il a pu arriver jusque là. Mais Flitwick nous a dit que c'était à toi alors…je l'ai ramené.

L'instrument émit un son plaintif.

- Merci…

- Morgane, m'interrompit-elle brusquement.

Mon prénom, sorti de sa propre bouche, me coupa littéralement. Je la regardai, interloquée devant une telle forme de familiarité. Je ne comprenais plus.
Elle sembla chercher ses mots, et un laps de temps relativement long s'écoula avant qu'elle ne prononce :

- Je suis désolée.

Sur ce, elle se retourna de moi, et sortit de l'infirmerie.

Une nouvelle dimension de l'amitié, avais-je bien dit.

Sur cette réflexion, je me tournai vers mon violoncelle.
Trois jours entiers que je n'avais pas joué, et ça m'avait manqué. Trois jours que je n'avais pu rejoindre la tranquille intimité de ma chambre, trois jours que…je n'avais pas touché à ma potion à remonter le temps !
Il fallait impérativement que je retourne à ma mixture avant qu'elle ne soit inutilisable !
Coup d'œil à l'horloge.
Merde.
Dans la liste de mes enfreints au règlement, j'allais devoir rajouter une petite ballade dans les couloirs après le couvre-feu.

Je me levai péniblement, les jambes tremblantes. De quoi me remémorer la veille, où j'avais tenté de me rendre jusqu'aux toilettes, et où je m'étais pitoyablement étalée après avoir posé les deux pieds par terre. Snape, qui évidemment était là, a eu la gentillesse de prétendre n'avoir rien vu, et n'est pas venu à mon secours. Il faut toujours que je lui adresse mes remerciements à ce propos : même s'il ne m'a pas aidée, il m'a épargné une honte indescriptible, et ce genre d'attention mérite reconnaissance.
Bref !
Je déambule dans les couloirs de Hogwarts en petite tenue de nuit, la panique de laisser intouchée ma potion prenant le dessus sur ma peur de pouvoir être surprise ainsi dans les couloirs.
Le coté pratique de la décoction que je préparais, c'était qu'elle était constituée d'étapes indépendantes les unes des autres. Ainsi, je pouvais terminer la première phase, puis laisser la mixture ainsi pendant un temps indéterminé, pour la reprendre des jours, semaines, mois, années plus tard…Cependant, il ne fallait absolument pas s'arrêter en plein cours d'un pallier.
Et là, j'étais en plein milieu du premier…

J'arrivai sans encombre à ma chambre, rajoutai quelques racines, fleurs et yeux de poissons à la potion, puis entrepris de rejoindre l'infirmerie aussi vite que je l'avais quittée. Le retour fut moins paisible.
Arrivée à l'escalier, j'entrai violemment en collision avec une forme qui avait surgit d'une porte sur ma droite.

Je vous laisse deviner…

Eh bien non ! Pas de Snape !

A la place, je découvris une madame Pince revenant visiblement des cuisines, les bras débordant de cochonneries et surtout…de bouteilles d'alcool.
Elle eut un air gêné, tenta de cacher les victuailles, avant d'abandonner tellement il était impossible de jouer des bras avec le trop plein de nourritures qui y reposait.
Elle souffla du nez, visiblement éméchée. Nom d'un épouvantard romantique, était-ce les ravages que j'avais faits dans sa bibliothèque qui l'avaient mise dans cet état ?

Inspirant profondément, elle ouvrit la bouche et la sentence tomba :

- Je n'ai rien vu, vous non plus.

- Ca marche.

Et sans un mot de plus, nous courûmes chacune de notre coté afin de rejoindre nos dortoirs respectifs.

Sur cette petite anecdote, je me permets de zapper une certaine période, pour ne pas vous ennuyer, et surtout, surtout, parce que cette histoire devient beaucoup plus longue que prévu en termes de chapitres…

Donc, arrivée des écoles de Beauxbâtons et de Durmstrang le jour d'Halloween, foire intégral à l'élection truquée de monsieur Harry Potter (il me fit même pitié lorsque d'un air complètement à coté de ses pompes, il quitta la Grande Salle pour rejoindre les candidats choisis… ceux qui l'accusaient d'avoir tricher devaient vraiment avoir de la bouse de dragon dans les yeux pour ne pas voir cette lueur désespérée dans ses yeux), bref, vint le jour de la première épreuve, le 24 novembre.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un remake de l'épreuve, ça n'a aucune importance et puis, je n'en ai pas envie.
Ce jour-là, j'entrepris de profiter pleinement de mon pouvoir de « voyance », et misai tout ce que j'avais (deux gallions…le pécule que j'avais économisé étant encore parti dans des fournitures scolaires !) dans les paris. J'en ressortis avec douze gallions, la plus grosse cagnotte parmi les jeux de mise.
J'étais extrêmement ravie et prévoyais de miser à nouveau lorsque les côtes auraient été le plus favorables pour moi, lorsque Mc Go (tien, m'fait penser à NCIS…) vint me voir.

- Miss Crusoe ! J'aimerais m'entretenir avec vous…, me dit-elle en me stoppant devant la Grande Salle. Miss Crusoe, vous êtes au courant que le jour de Noël, se tient un bal à Hogwarts.

Allez, abrège !

- Oui, professeur.

- Eh bien, ce bal est l'occasion pour notre école d'afficher nos nouveaux talents. Le directeur aura beau parler de l'amitié sorcière internationale, nous tenons – je tiens- à soutenir coûte que coûte l'honneur et le prestige de Hogwarts.

Un ange passa.
Pardon, Snape passa. Et se tint rigidement à coté de nous, non pour prendre part à la conversation mais pour surveiller les élèves chahuteurs qui sortaient de la Grande Salle.

- Ce que je veux dire, Miss Crusoe, c'est que je vous octroie l'honneur d'animer musicalement le bal de Noël. Le chef d'orchestre vous communiquera le planning en temps voulu, à vous et à vos camarades musiciens.

Woh oh oh ! C'était pas prévu, ça !
Je ne me souvenais absolument pas avoir lu quelconque phrase à ce propos dans les livres originaux, mais il était évident que, si ce n'était pas écrit, cela n'empêchait pas certaines choses de se passer. Ainsi, c'était la guerre des talents entre les écoles…Je n'aurais pas du être surprise, ayant moi-même aperçu quelques une de ces conversations où des professeurs présentaient entre eux leurs petits protégés, une main affectueusement posée sur une de leurs épaules, souhaitant à tout prix prouver que le leur était le meilleur.
Mais je n'aurais jamais cru que McGonagall en vienne à s'intéresser à moi, ni même que mes subits progrès en musique lui soient parvenus. Parce qu'en effet, la coopération avec ma violoncelle avait été largement facilitée après mon séjour à l'infirmerie : elle m'avait manquée, et je crois que je lui avais aussi manquée. Et c'est certainement par inquiétude qu'elle avait réussi à se hisser jusque dans le couloir, cherchant à me retrouver.
Alors oui, depuis cette période-là, même si nous continuons parfois nos petites disputes (qui ont davantage pour but alors de nous amuser), nous avons atteint ensemble un niveau d'harmonie musicale relativement bon.
Peut-être meilleur que nous en doutions, puisque McGo nous trouvait digne de jouer au bal de Noël.
Seulement…

- Professeur McGonagall, croyez-moi que je meurs littéralement d'envie à l'idée de me retrouver cernée d'adolescents surhomonés qui vont certainement se lancer dans un concours d'imbécilités passionnants, mais je crains que pour ma santé –et je veux parler de ma santé mentale, le coup de couteau étant insignifiant en rapport à ce que vous me proposez- je crains, donc, ne pas pouvoir accepter votre offre afin de me terrer dans ma chambre pendant toute la durée des festivités.

Je dédicaçai mentalement ma tirade au professeur à coté de moi, et j'aurais juré qu'il avait vivement tourné la tête vers moi avant de toussoter gracieusement. J'avais presque réussi à lui arracher un rire !
McGonagall, par contre…elle rit franchement. Avant de reprendre son sérieux.

- Je ne vous laisse aucun choix, Crusoe.

- Je n'ai pas de robe.

- Vous en commanderez.

- Je n'ai pas d'argent.

- Vous venez de gagner douze gallions aux paris, n'est-ce pas suffisant ?

Comment elle savait ça, elle ?

- Je n'ai pas de cavalier.

- Il vous reste un mois pour en choisir un, et si vous ne faites pas l'effort d'en dégoter un seul, je peux vous assurer que je vous en trouverai !

- Et si j'attrape la dragoncelle ?

- Miss Crusoe, sachez que si vous tombez malade, volontairement ou non, je m'arrangerai pour que ce soit la dernière maladie dont vous souffriez, et je vous promets d'infernales souffrances.

Elle avait l'air d'y tenir…

- Vous irez à ce bal, et si vous trouvez quelconque moyen pour vous défaire de vos responsabilités, je ferai de votre scolarité un enfer. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée, conclut-elle avec un sourire machiavélique.

Elle me tourna le dos, salua Snape d'un hochement de tête, puis, comme si sa vision lui avait rappelé quelque chose, elle se retourna à nouveau vers moi.

- Miss Crusoe ! J'ai oublié de vous dire ! Sachez que votre prestation sera évidemment payée…Vingt gallions.

Elle le savait ! Pire que machiavélique…cette prof était diabolique.