Chapitre 10

Depuis un long moment Arya dérivait entre plusieurs états de conscience.

Parfois elle était secouée, comme frappée par la foudre, et constatait qu'elle ne pouvait plus bouger ; ses yeux étant trop lourds pour s'ouvrir. Le lait de pavot émoussait la douleur, mais cela l'avait aussi gardée hors d'elle-même quand elle c'était battu pour de réveiller. Elle pouvait sentir l'inquiétude de Nyméria pour elle quand cela arrivait, laissant échapper un faible gémissement et plaçant une patte sur sa poitrine, donc finalement elle desserra les poings de son esprit et céda, se reposant dans de douces mers blanches.

Parfois elle entendait des voix ; des bribes de conversations se raccordant ensembles comme une couverture.

"… elle est une change peau. J'ai déjà vu son frère Jon le faire une fois également, au Mur…"

"… la respiration est plus stable…"

"Volontairement… aurait dû le faire à plusieurs reprises…"

"Tant de cicatrices…"

Tout aussi souvent elle sentait une main sur la sienne, chaleureuse. Plus chaude que la fièvre qui brûlait à travers son corps.

"Il est tard, Votre Grâce…"

Et puis elle rêva.

Dans ses rêves elle voyait le Dieu Multiface se tourner vers elle, une capuche noire avec des yeux de flamme et des crocs de loup. "Elle m'a été promise. Et maintenant tu m'es promise." Puis elle tomba à travers l'obscurité et essaya d'attraper son épée mais n'y arriva pas. Elle tournait dans les airs, apercevant les robes d'acolytes de ses frères, du sang dégoulinant des leurs manches et ourlets, qui essayaient de l'atteindre. Elle rampa à eux et leur donna des coups de pieds et de poings, brisant en éclats leurs os. Elle fini par tomber dans la Fontaine de Mort, retenant son souffle alors qu'elle coulait comme une pierre, attendant de toucher le fond. Elle pouvait voir des coupes remplies d'eau plus haut ainsi que des corps sans vies renversé sur le rebord. Ses poumons brûlaient et elle était si loin sous la surface, qui n'était pas plus gros qu'une tête d'épingle maintenant, qu'elle ne pourrait jamais atteindre. Son pied toucha finalement le fond et il craqua sous ses pieds et l'eau cascada, la renversant dans le vide sous elle.

Elle frappa le sol avec un bruit sourd, toujours à bout de souffle. Les étoiles dans le ciel nocturne brillaient au-dessus d'elle et des flocons de neiges tombaient sur ses joues, fondant contre celle-ci. Elle était allongée dans une congère et la toundra qui l'entourait était péniblement familière. Non, pas ici. Pas ça. Elle tourna sa tête et elle a vit le Barral pleureur à quelques mètres derrière elle. Son cœur de serra douloureusement alors qu'elle réalisa qu'elle était posée sur la tombe de Jon Snow.

"J'ai essayée Jon," chuchota-t-elle vers le ciel du rêve. "j'ai manquée de mourir en essayant de le faire, pour toi."

Il y eu un craquement à côté de sa tête et un personnage vêtu de noir se mit à genoux à côté d'elle. "Je sais," a-t-il dit, d'une voix chaude et riche. "Je t'ai vu."

Se relevant, Arya se tourna et vit un pâle reflet de son frère dans l'habit noir de la Garde de Nuit. "Jon... ?" chuchota-t-elle, ses yeux s'élargirent incrédule.

Il inclina la tête. "Ça fait longtemps Arya." Il interrompit son triste sourire.

"Je les aient tués Jon," a-t-elle chuchotée grossièrement, sentant une boule se former dans sa gorge. "Tous ceux qui ont trahis notre famille, tous sont morts maintenant." Contre sa volonté, elle senti sa voix qui commençait à dérailler. "Mais je n'ai pas pu te sauver à temps. Je t'ai vu sur le champ de bataille – j'ai couru Jon, couru aussi vite que j'ai pu et que je ne pensais pas pouvoir courir, mais j'étais toujours trop loin. Je t'ai vu tomber," sa respiration de saccadait, "et ensuite je t'ai vu te relever avec ces horribles yeux bleus. Je n'avais pas le choix Jon… Je n'avais pas…" Elle sera sa mâchoire et fit grincer ses dents, essayant de se calmer.

"Ce n'était pas ta faute," dit-il en plaçant une main, qu'elle ne pouvait pas sentir, sur son épaule. "Tu dois le savoir. Je suis fier de toi, Arya," ses yeux brillaient.

Arya secoua sa tête. "Jon, tu ne sais pas ce que je suis devenu… les choses que j'ai faites… "

"Mais si," l'interrompit-il. "Je peux tout voir ici."

Elle fronça les sourcils. "Que veux-tu dire ?"

Une autre paire de bottes marqua la neige et une belle femme, aux cheveux roux flamboyant, s'agenouilla à côté de Jon. "N'écoute pas ce qu'il dit," dit-elle, les yeux brillant d'espièglerie. "Il ne sait rien."

Soudainement Arya sentit son corps s'alléger et elle put sentir qu'elle s'envolait vers les portes de la conscience. Non ! Non pas encore ! "Jon !" elle l'appela, en vain.

"Vas-y," entendit-elle la part de Jon, alors qu'elle disparaissait. "Elle a besoin de toi. Et bientôt, tu viendras à avoir tout autant besoin d'elle."


Elle se réveilla, le cœur battant, et regarda le plafond du donjon. Nyméria léchait son visage et remuait sa queue si énergiquement qu'elle secouait le lit entier. "Nym," murmura-t-elle en tendant ses bras jusqu'à envelopper le grand loup. "Je vais bien ma fille," elle sera son étreinte, la rassurant.

Arya s'assit et regarda la pièce autour d'elle, s'orientant. Elle pouvait à peine se rappeler comment elle était arrivée dans cette pièce – était-ce vraiment Daenerys sur mon bras ? – mais elle sentait la nécessité de retrouver des repères. Combien de temps avait-elle dormi ? Cela n'avait pas pu être si long. Elle vit un verre d'eau sur la table de chevet, avec quelques linges frais et des petites bouteilles de fortifiants colorées. Il y avait un plat en argents dans un coin de la pièce avec quelques os qui y dépassaient et elle soupira de soulagement – Nyméria avait été bien nourrir, au moins.

Elle prit une profonde inspiration, la vrai première depuis qu'elle c'était effondrée, et grimaça. La sueur des jours de fièvre avait prélevé son tribut. "Sept enfers, Nym," murmura-t-elle bruyamment, "j'ai besoin d'un bain. Je pue, putain." Toujours serviable dans leur entende, Nyméria tendit sa patte vers la table de nuit et frappa le verre d'eau posé au-dessus d'Arya, la trempant elle et les draps. L'assassin soupira et laissa retomber sa tête sur l'oreiller.

"Enfin !" s'exclama Tyrion, de la porte. "Vous nous avez inquiétés, Bon Tueur."

"Nain," un sourire tira un coin de la bouche d'Arya. "Juste à temps. Depuis combien de temps suis-je ici ? Nym m'a aimablement confirmée que je devais prendre un bain. Aussi, il me faut retourner aux écuries récupérer le reste de me vêtements. Et où sont mes armes ? J'ai dit à la Reine que j'avais besoin de les récupérer."

Tyrion leva une main, la calmant. "Première chose pour commencer. Je dois prévenir Missandei que vous êtes réveillée ; cela fait deux jours. Ensuite, nous devons laisser Mestre Tarly vous ausculter. J'ai déjà récupérer vos effets personnels des écuries et ils vous attendent dans votre nouvelle chambre. J'ai envoyé la lettre à la mère de l'enfant, comme vous me l'aviez demandé. Quant à vos armes, elle se trouvent à l'Armurerie, à laquelle vous aurez maintenant un accès complet."

"Accès complet à l'armurerie ?"

"Oui, par ordre de la Reine. Une fois que vous serez nettoyée, je vous y emmènerais. Vous serez équipée de se dont vous exigez, comme un membre de son service royal."

"Comme l'un de ses mercenaires ?"

"Non," Tyrion secoua la tête. "Pas comme un mercenaire." Il se retourna et se dirigea vers l'entrée. "Mestre Tarly sera bientôt là, je vais trouver Missandei, puis nous discuterons davantage de tout ça."

"Très bien," Arya hocha la tête, et se tira jusqu'à s'asseoir au bord du lit. "Et Tyrion ?"

"Oui, Bon Tueur ?"

"Encore merci."

Il lui donna un rapide salut. "Je suis sûr que vous me rembourserez un jour, soit en me gardant en vie ou en me faisant gagner un peu plus d'excellents grands crus."


En vérité elle était encore patraque et elle avait de léger tremblement de mains, mais elle l'avait bien cachée au Mestre. Il avait des questions – trop de questions, et elle choisit de répondre sélectivement à seulement quelques-unes pour l'apaiser. Il lui avait dit qu'il était l'ami de Jon au Mur et Nyméria semblait calme avec lui, donc elle lui accorda beaucoup plus de patience qu'elle en avait. Elle lui promit qu'elle reviendrait le voir et répondrait à ses questions dans les prochains jours, une fois qu'elle sera en plein forme.

Tyrion revint peu de temps après son départ et l'informa qu'ils devaient dîner avec la Reine le soir même. Il la conduisit à un bain chaud et un serviteur lui apporta une paire de culottes noires et une tunique gris anthracite pour se changer quand elle aura fini. Une fois qu'elle fut nettoyée (avec Nyméria qui lui donna un sniff d'approbation), une jeune femme à la peau des Îles vint avec un ensemble de peignes en onyx et une paire de ciseau d'argent pour lui couper les cheveux. Arya se sentit gênée tout du long ; elle était tout à fait capable de se faire couler son propre bain et aller chercher ses propres affaires. Mais elle était encore faible et l'énergie qu'elle avait était mieux dépensée en élaboration de stratégies permettant de garder Daenerys en vie. Elle se laissa aller, cette fois ci.

"Eh bien," dit Tyrion en hochant la tête d'un signe d'approbation, une fois qu'elle fut nettoyée et habillée. "Il semblerait que le garçon d'écurie que j'ai rencontré pour la première fois dans une cellule sombre ai disparu."

Arya lui donna un léger rire. "Alors que ces petites mains ensanglantées vivent."

"Et maintenant récupérons vos armes, de sorte que ces mains vicieuses restent ensanglantées plus longtemps."

Tyrion l'amena aux étages inférieurs du donjon, en face des cachots, à la forge des Targaryens. Le fort tintement du marteau sur le fer faisait échos à travers la pièce. L'air était chaud, étouffant son sang d'hiver, et elle se sentit léthargique après seulement quelques instants passée dans la chaleur moite. "Ours !" appela Tyrion dans le dos un large homme courbé.

Le forgeron se retourna, sa massive main étouffant une flamme qui avait éclatée sur sa manche roulée. "Demi homme," sourit-il, une rangée de dents blanches brillait sous sa barbe noire grisonnante. "Que puis-je faire pour toi ? Ta hache est de nouveau terne ?"

"Non, pas depuis la dernière fois," le nain agita sa main, voulant clairement éviter de discuter de "la dernière fois" plus longtemps. "Nous avons besoin des lames de Braavos qui ont été confisquées il y a environ une semaine. Et," il poussa Arya en avant, "nous avons besoin d'une armure régimentaire pour celui-ci."

Ours évalua Arya du regard. "Tu es un peu petit garçon, pas vrai ? Je ne pense pas avoir de plate qui te conviendra d'emblée, je vais avoir besoin de la travailler un peu."

Arya secoua la tête. "Non pas d'armure de plate. Elle ne fera que me ralentir."

Ours acquiesça. "Du cuir durci, alors. La plupart des combattant d'arène le préfère pour exactement les mêmes raisons." Il regarda Tyrion. "Catégorie mercenaire ?"

Tyrion secoua la tête. "Non. Le mieux que tu as, par ordre de la Reine."

Ours leva un sourcil et regarde de nouveau Arya. "Il semble que tu ais des amis haut placés, mon garçon." Il pencha la tête vers Tyrion. "Le meilleur que nous avons est le cuir de dragon que portaient les gardes d'Aegon. Deux fois plus épais que le cuir standard, mais tout aussi léger. Clouté d'acier Valyrian."

"Ce fera parfaitement l'affaire." Il se retourna vers Arya avec un sourire espiègle. "Eh bien, mon garçon. Tu as obtenu ce qu'il y a de mieux."


Le cuir noir était dur, et Ours cisailla les bords jusqu'à ce qu'il s'adapte à Arya, comme une seconde peau. Une cape rouge doublée de noir était drapée sur ses épaules, tenue à son épaule gauche par un fermoir en argent et de la forme du dragon Targaryen. Père, auriez-vous eu honte de moi portant l'emblème d'une maison qui n'est pas la nôtre, peu importe sa taille ? Elle reçut, également, un ensemble de gants de ranger, doublé et légèrement cannelé aux articulations afin de facilement maintenir l'encoche d'une flèche. Son épée courte et sa lame de Braavos pendaient à sa hanche et ses couteaux étaient à nouveau solidement attachés contre sa peau, un réconfort qui lui avait manqué. Valar Morghulis, murmura-t-elle dans une prière pour elle-même. Venez à nouveau pour elle, si vous osez. Je suis prête.

Elle marchait à pas mesurée devant la terrasse de la Reine, méfiante. Cela faisait deux jours qu'elle avait tué le Sans-Visage avec Nyméria et en fin de compte il n'y avait pas eu de nouvelle menace pendant qu'elle était dans l'incapacité. Était il possible qu'ils n'en aient envoyés que les deux qu'elle avait déjà abattu, achetant tant pour Daenerys que pour elle un délai, le temps que la nouvelle atteigne Braavos. Les Sans-Visages avaient des yeux et des oreilles partout avec tous les commençants Braavosi présents à Westeros et il était probable qu'un corbeau ai déjà été envoyé – mais quand même, pouvait-il, seulement, voler aussi vite que ça.

La Reine, accompagnée par Missandei, entra dans les quartiers royaux avant qu'elle ne puisse terminer de calculer combien de temps il faudrait à un autre navire pour atteindre Port Réal. "Votre Grâce," Tyrion posa sa coupe de vin et la salua, "notre bon tueur nous a rejoint ce soir, comme vous avez demandée."

Arya se tourna vers la Reine, en s'inclinant. "Votre Grâce," dit-elle.

Daenerys s'avança vers elle et seul les plus attentifs auraient remarqués sa légère inspiration et l'hésitation dans ses pas. Elle accueilli l'assassin, ses yeux s'adoucirent d'une façon qu'Arya n'avait jamais vue auparavant. "Tu as l'air d'aller bien," dit-elle doucement. "Et ce nouvel uniforme te va bien."

"Cette coupe lui donne une fière allume, Votre Grâce," accorda Missandei, un sourire entendu en direction de Tyrion.

Arya baissa les yeux, manquant l'échange dans son intégrité. "Pardonnez-moi si je vous ai inquiété, Votre Grâce," dit-elle. "Ce n'était pas ce que je voulais."

Daenerys resta un moment calme et ensuite elle tendit sa main pour la poser sur la joue d'Arya. "Je te remercie, Arya Stark. Pour avoir sauvé ma vie, et pour tous les risques que tu as pris en le faisant."

Arya sentit son cou et ses oreilles rougir. "Je…" les yeux gris acier rencontrèrent ceux violets, s'y fixèrent. "Ce n'était rien, Votre Grâce."

"Daenerys. Quand nous sommes ici, loin de la cour, s'il te plaît, appelle moi Daenerys."

Arya hocha lentement la tête, se sentant soudainement fondre dans la petite main de la Reine. "Daenerys."

Derrière elles, Tyrion et Missandait échangèrent un bref regard.

Le bruit de pas à l'entrée rompit l'intime charme de la pièce alors que les serviteurs commencèrent à apporter l'ensemble du dîner. La main de Daenerys tomba de la joue d'Arya et l'assassin se mit instinctivement entre eux et la Reine, ses sens en alertes alors qu'elle regardait attentivement chaque serviteur, à la cherche d'un signe de danger. Même après qu'ils soient sortis, elle parcourue la pièce jusqu'à ce qu'elle soit convaincue que rien ne clochait. "Pardonnez ma prudence, Votre – Daenerys," dit-elle finalement un sourire lui tirant un coin de sa bouche.

"Je te pardonne," lui répondit la Reine, "à une condition."

"Oh ? Et qu'elle est-elle ?"

"Que tu consens à de devenir mon Garde Royal."