Chapitre 9 :

Événements imprédictibles.


« Minato, je suis enceinte ! » s'exclama la rousse à la deuxième semaine.

Le légendaire éclair jaune de Konoha parut éberlué par cette affirmation grotesque.

« Quoi ?! » fut la seule réponse de l'homme blond pittoresque.

Le renard ferma les yeux et pensa que les humains étaient bien stupides de se réjouir d'un phénomène aussi naturel.

Celui-ci replongea apathique dans sa torpeur habituelle...


Quand Naruto se réveilla, elle sentit de délicieux arômes provenir du salon. Elle s'appâta vers la senteur, les yeux encore embrouillés et toujours dans son pyjamas, puis elle découvrit Kurama en train de préparer le petit déjeuné. Des toasts à l'odeur alléchante étaient déposés sur une poêle en train de cuire sur une plaque en fer. Il y avait déjà œufs brouillés, des tartines beurrées, et deux verres de jus d'orange disposés sur le comptoir et qui n'attendaient qu'à être dégustés, et ce n'était pas tout puisque Kurama était encore en train de cuisiner d'autres mets semblant tout aussi appétissants que les précédents.

Naruto s'assit à sa place habituelle où devant elle se présentait son futur repas. Elle bavait d'envie à la vue de tels mets semblant si savoureux, surtout dans la disposition dans laquelle les avait arrangés Kurama. Celui-ci souriait gaiement en la voyant si enthousiaste à l'idée de goûter ce qu'il avait préparé pour elle, elle qui l'attendait déjà avec ses couverts en main, quémandant ardemment son repas en le fixant avec des yeux de chiot ravi. Il lui servit alors son petit déjeuné sur un plateau d'argent, qui avait reposé l'instant d'avant sur un pupitre collé à la fenêtre où des oiseaux aux duveteuses plumes blanches avaient piaillé précédemment.

Cette vision de rêve, de sérénité et de sûreté... C'était la première fois pour Naruto qu'elle mangeait un repas préparé uniquement pour elle avec autant d'amour. Elle qui n'avait auparavant mangé que des ramens instantanés, elle découvrait de nouveaux horizons, de nouvelles émotions avec son frère tout aussi récemment acquis. C'était cette merveilleuse découverte, gustative et affective, que Naruto avait toujours eu besoin afin de retrouver toute s a candeur de jeune fille, fait seulement possible avec sa rencontre avec Kurama, que même l'action du Sandaime sur son esprit n'avait pu pleinement revigorer. Toute la hargne qu'elle avait possédée en elle, toute la peine d'avoir été élevée dans un lieu qui l'avait été méprisée, tous parurent s'envoler instantanément comme un château de sable, pour qu'à la place réside dans son coeur, une place pleine de bonté et de bonheur, dédiée exclusivement à sa seule et unique personne.

D'ailleurs, après que Naruto se fut rassasiée de son plat, celle-ci se concentra d'avantage sur son frère qui l'avait tout le long regardé en souriant, avec son menton posé sur sa main. Elle vit qu'il portait, au lieu de sa combinaison en cuir, un T-shirt moulant ses pectoraux qui témoignait ; "Le Grand Renard" et qu'il portait également un pantalon noir ainsi que des sandales oranges à ses pieds nus. Ce qui la troublait énormément cependant ; c'était la présence de nombreux traits noirs qui lui cernaient les yeux de façon inquiétante.

- As-tu bien dormi hier Oni-chan ? lui demanda-t-elle anxieuse que son frère puisse porter un quelconque mal.

Celui-ci, toujours tête posée sur la table, lui répondit en lui pinçant le nez.

- Bien sûr gamine, pourquoi me sentirai-je mal ?

Voyant ses yeux qui fuyaient les siens, Naruto savait qu'il mentait. Elle lui fit donc une moue boudeuse en croisant ses bras et en regardant ailleurs ce qui eût l'effet escompté :

- Et moi qui ne voulais pas t'inquiéter... souffla-t-il douloureusement en posant une main douce sur la joue de la jeune fille afin qu'elle révolutionna encore son regard vers lui et qu'il puisse rajouter ; « Je ne suis juste pas habitué à dormir dans un lit et demande un petit temps d'adaptation encore à ce village, » admit-il avec un sourire confortant.

Naruto arrêta sa mine boudeuse et s'écarta de son siège pour aller s'asseoir sur les genoux de son frère et poser sa tête en ronronnant délicieusement sur sa force et confortable poitrine. Kurama lui caressa alors inconsciemment le visage et ses cheveux en regardant à l'extérieur, par la fenêtre, et ce, avec des yeux sombres.

Kakashi... Jiraiya... Tous morts...

Il hocha alors la tête pour dissiper ces pensées noires et profita du moment présent qu'il pouvait enfin désormais avec celle dont il avait tant langui la présence, soit Naruto. Il déposa alors un petit bisou sur sa joue ce qui la fit rougir furieusement et la fit utiliser ses petits poings qui tambourinèrent son torse de l'avoir ainsi embarrassé. Ceci fit rire aux éclats Kurama qui se protégea nonchalamment les paumes ouvertes qui réceptionnaient les petites mains tendues vers lui. Alors qu'il allait lui décochait une petite pichenette narquoise, une sonnette retentit soudainement.

Kurama détourna la tête et repéra une présence familière au plancher. Il dressa un sourire amer d'être dérangé durant ses jeux avec la petite fille auquel il lui tapota la tête avant de la reposer au sol et de se lever à son tour.

- Je vais voir qui c'est, reste ici Naruto... lui ordonna-t-il doucement mais promptement alors qu'elle le regardait avec de grands yeux bleus remplis de curiosité.

L'invité improviste se révéla être Kakashi qui attendait à la porte dans son uniforme formel de jounin, et qui fit d'ailleurs légèrement surpris que ce fut Kurama qui lui ouvrit la porte en ayant une mine dépitée.

Toutefois, un détail fit immédiatement irruption dans l'esprit de l'homme masqué ;

- Ne devrez-vous pas cacher votre visage ?

Un petit sourire apparut sur les fines lèvres gercées de Kurama.

- Salut Kakashi, comment va ? lui rétorqua Kurama comme s'il l'avait réellement vu hier alors que Kakashi pensait avoir sur suffisamment camouflé son aura pour qu'il ne puisse se faire reconnaître au premier regard. L'homme aux cheveux blanc lui répondit apathique sans paraître être désarçonné par ce premier échange l'ayant pris au dépourvu.

- Bonjour oui... Je vais bien... Pouvez-vous maintenant répondre à ma question ?

Son agacement se perçait si clairement que Kakashi fut obligé de rajouter après réflexion ; « S'il-vous-plait ? »

- Au plaisir, répliqua Kurama toujours avec un affable sourire en posant la main sur le pan de la porte. « Pour répondre à ta question, c'est justement parce que j'ai présumé que les voisins de Naruto ne lui rendraient probablement pas visite malgré la présence d'un inconnu chez elle alors la seule personne qui aurait pu venir était soit toi comme le Sandaime est très occupé et le ANBU portant le masque de belette mais le concernant... » Kurama hocha la tête ce qui interroger Kakashi intérieurement se reprenant très vite lorsque Kurama continua ; « ce n'est tout simplement pas son style... Mêmes si les membres de la racines viendraient, que diraient-ils de toute façon? Au maximum, ils pourraient crier sur les toits : "L'enfant du démon a maintenant un démon de frère !", et je pense que le conseil ignorerait ce genre de rumeur mal placée. » Kurama croisa ses bras semblant certain de son explication. Lorsque Kakashi fut sur le point d'argumenter, ils entendirent une voix aiguë provenir du salon.

« Oni-chan ! Qui est ce qui est à la porte pour que tu prennes autant de temps ! »

Un sourcil inquisiteur s'arqua au-dessus du seul oeil révélé de Kakashi.

- Oni... Chan ?

Kurama lui lança un clin d'œil et cria derrière lui en posant la main à proximité de sa bouche afin de faire porter sa voix ; « C'est un ami Naruto ! Ne t'inquiète pas ! retourna vers Kakashi en lui daignant un sourire mi-figue, mi-raisin puis répondit à sa précédente interjection :

- Comme vous avez sans doute pu le voir hier, je préfère que Naruto me considère plus comme un frère qu'un oncle distant ne partageant pas même la moitié de son sang... Il soupira. « Cela m'a été ainsi plus facile de mieux la connaître, et d'être plus proche d'elle si vous voyez ce que je veux dire. » Kurama réalisa de légère vagues de sa main droite comme pour appuyer son propos et Kakashi demeura de marbre. Gêné, Kurama tenta de dissiper le mal-être en posant une main amicale sur son épaule.

- Sinon, pourquoi nous visites-tu, cher ami ?

Kakashi ne sut comment interpréter le ton qu'il prenait, mais il répliqua du pareil au même de façon guidé.

- Vous avez été appelé à la tour centrale ; le Sandaime désire vous transmettre votre nouveau visa et il a besoin pour ça de votre présence là-bas. Le conseil risque aussi de recueillir votre présence puisque Danzo les a déjà informé de votre arrivé à l'aube. Danzou sait par ailleurs que vous avez dormi dans l'appartement de Naruto et que vous avez été relâché librement de votre conférence avec le Sandaime même si vous étiez en état d'arrestation comme il sait définitivement la relation que vous partagez avec Naruto dont vous connaissez l'identité... Kakashi s'interrompit un moment en voyant Kurama acquiescer désormais sérieux en calquant un regard aussi sérieux que le sien.

Kakashi poursuivit ainsi : « La chose qui le perturbe le plus je pense est que vous êtes également un jinchuuriki, chose excessivement rare au sein d'une même famille, ce qui est d'autant plus une drôle de coïncidence pour deux parents ayant été pendant si longtemps éloignés. » Kakashi ne manqua de relever Kurama se mordiller la lèvre gauche avec ses dents pointues, de même que la légère teinte rougeâtre qui coloria ses orifices.

- Kakashi... sembla presque gronder l'homme blond, mais celui-ci perdit toute nervosité au contact d'une petite fille toute aussi blonde que lui qui le serra dans ses petits bras par son survêtement dans une tentative de le faire retourner dans le salon pour qu'ils puissent finir de déjeuner.

Kakashi fut fortement étonné de voir Naruto s'être si bien acclimatée à la présence de Kurama, sachant qu'elle avait connu bien des traumatismes à l'orphelinat - même si l'intervention de son grand-père adoptif en avait atténué les effets. Kakashi dut donner raison à la façon dont s'était approché Kurama d'elle. Il paraissait définitivement s'être fait accepté pleinement aux yeux de la jeune fille au vu du fait qu'ils se battaient juste devant lui par un jeu de nez pointus, avec Kurama agenouillé vers elle muni d'un grand sourire qu'elle partageait pareillement.

Kakashi eût un sourire attristé derrière son masque noir lui ceignant la face jusqu'au nez ; lui qui avait toujours espéré obtenir auparavant une dérogation pour obtenir la garde définitive de Naruto, il voyait désormais quelqu'un prendre la place qu'il avait tant désirée... Il était presque jaloux de Kurama à ce moment voyant qu'il partageait une telle intimité avec la fille de son maître. Kakashi soupira et posa une main sur l'épaule de Kurama qui se retourna à demi alors qu'il se faisait tirer les joues par Naruto et qu'il lui faisait de même.

- Je suis désolé de vous interrompre, musa l'homme au bandeau frontal lui défigurant le visage, mais nous devons partir au plus vite... Le rendez-vous est fixé à neuf heures et vous savez comment notre Hokage peut agir s'il est réellement mécontent de quelqu'un. Kakashi confia un regard si appuyé à Kurama pour appuyer sa thèse, qu'il ne se demandait lui-même si ce n'était l'effet de se propre jalousie qui le faisait montrer si insistant. Kurama acquiesça compréhensif à sa demande et tapota encore une fois la tête de Naruto avec un doux sourire auquel elle lui répondit :

- Vous allez-vous voir grand-Pa ? Je vous accompagne alors !

Au moment où elle allait se retourner chercher ses affaires et s'habiller convenablement, Kurama l'attrapa cependant par le vêtement recouvrant son échine et la retint en lui murmurant gentiment à l'oreille.

- Je suis désolé Naruto, mais ceci est une réunion entre grandes personnes, et tu devras attendre ici pendant mon absence qui ne devrait normalement être longue... Elle le regarda grandement déçue mais rigola rapidement comme il lui pinça le nez joueur. « Nous reprendrons notre petite "discussion" toute à l'heure. » lui confia-t-il avec un pouce levé et elle rétorqua en gloussant et entourant ses bras autour de la nuque de l'homme blond penché vers elle. Kurama se releva après l'avoir câliné une dernière fois puis dévisagea Kakashi du regard. Celui-ci put d'ailleurs y voir une étincelle attristée perlant entre ses pupilles bleutées.

- Néanmoins, j'ai également besoin de me préparer cinq minutes... Si vous pouvez désormais m'attendre cinq minutes, je vous en serai reconnaissant.

Kurama se courba révérencieusement vers l'homme aux cheveux blancs, et Naruto envoya un regard curieux vers lui à son tour. Kakashi se pinça les lèvres, il avait gâché toute la convivialité qui avait résidé précédemment entre lui et le beau-frère de son maître, l'un des seuls liens qui l'unissait encore à ce monde...

Kakashi sourit alors.

Cette fois, ce fut lui qui posa une main confortante sur l'épaule de Kurama, auquel l'homme blond écarquilla grandement les yeux face à un tel aveux d'amitié d'un homme qu'il savait toujours renfermé sur lui-même.

- Je peux même attendre dix minutes si tu le veux, je glisserai un mot au Sandaime que c'est moi qui ait tardé à vous prévenir.

Kurama lui convia un sourire étincelant puis acquiesça légèrement en retour.

- Merci Kakashi, je te revaudrai ça un jour... Puis il rajouta mentalement ; surtout pour tout ce que tu as fait pour Naruto... Jamais je ne pourrais te le remercier assez...

Alors, Kurama poussa un peu Naruto afin qu'il puisse refermer délicatement la porte derrière eux où Kakashi méditait intensément sur l'échange qu'il avait partagé avec cet homme.

A l'intérieur, Kurama réalisa un mudra et conjura rapidement deux clones de lui-même consistants qui émergèrent du vide dans une fumée éphémère. Il s'agenouilla encore une fois vers Naruto en posant ses mains sur ses épaules alors qu'elle le regardait avec admiration pour son vraisemblable tour de magie. Il paraissait désormais étrangement très sérieux comparé à toute à l'heure où il n'était qu'oisiveté.

« Naruto... Veux-tu devenir forte ? » Son regard parut s'embraser légèrement à cette mention étrange, une mention provenir du passé... Cette phrase résonna dans l'esprit de Naruto aussi distinctement qu'aurait sonnée une clochette à son oreille et elle se remémorera momentanément de quelques bribes de la courte rencontre qu'elle avait effectuée avec son être intérieur.

Naruto ferma les yeux longuement, puis avec une moue pensive, elle acquiesça sans savoir le pacte qu'elle réalisait envers son grand frère qui tremblait presque par ses mains la maintenant douloureusement.

- J'ai ton accord Naruto... J'espère que je ne te décevrai pas...

Il la prit soudainement dans ses bras, et la colla dans contre son torse dans une étouffante étreinte tant que Naruto poussa un cri de surprise angoissé. Elle sentit alors la main vibrante de son grand frère courir entre la manne de ses cheveux soyeux, de même qu'une de ses mèches dorées qu'il saisit entre ses doigts. Elle ne pouvait en revanche le regard ardant de détermination qu'il portait à son visage reposant sur son épaule.

Oui, je te rendrai plus forte, plus forte que ma Lumière, plus forte que tout le monde en ce monde, même plus fort que moi-même...

Il laissa échapper sa mèche blonde d'entre ses phalanges avec un frémissement et la positionna en face de lui en la fixant intensément de ses yeux rouges et fissurés.

Car tu le mérites... Car je ne souhaite que tu dépérisses comme lui, comme Naruto... Comme Lina... Et comme tout ceux dont je suis responsable de la mort... Et que tu puisses te débrouiller seule quand je serai parti... pensa-t-il avec regret alors qu'il lui caressa avec un mirobolant amour la joue. La flamme de ses yeux s'éteignit au bout de quelques instants avant qu'il dédicaça un clin d'oeil avec un ton beaucoup plus alléchant.

« Soit Naruto ! » s'écria-t-il en lui tapotant joyeusement son épaule. « Durant mon absence, tu vas faire une petite chose pour moi... » Elle le regarda avec de grands yeux expectative et prête à tout pour satisfaire son grand frère. « Je veux que tu suives mes consignes tout d'abord de n'ouvrir la porte à personne. » Il lui montra le double de la clé qu'il détenait. « Je peux entrer seul donc, tu n'auras pas besoin de n'ouvrir et puis... » Il lui convia un sourire charmeur. « Je souhaite que tu suives à la lettre ce que diront mes clones car ils t'enseigneront quelque chose qui sera la première étape pour devenir plus forte ! »

Elle cligna des yeux vers lui toujours attentive en étant sur la pointe des pieds.

Kurama ramena alors son sac posé contre la table à côté d'eux et il se tourna en arrière pour fouiller dedans. Il admonesta alors Naruto sur un ton semblant être extrêmement sérieux : « La première étape pour devenir plus forte... »

Laissant sa phrase en suspend, il se retourna vers elle, elle s'attendait à ce qui lui sorte une arme magique de son sac ou autre chose de fabuleux, mais elle fut énormément désappointée par sa surprise ; il n'avait dans ses mains qu'un vieux carnet non utilisé. « C'est de savoir lire et écrire ! » proclama-t-il comme s'il lui révélait la nouvelle du siècle.

Elle ne faisait que le regarder les yeux ronds avec une mine dépitée et il éclata de rire en réponse en se tapant les genoux. Elle tenta alors de l'atteindre à la tête de ses petits poings en réponse en croyant être victime d'une plaisanterie autant qu'il se plaignait sous ses coups en protestant pour une défense apparemment légitime : « Mais c'est vrai ! », « Aie ! » ,« Arrête ! ». Il lui saisit avec douceur sa poignée en lui dévoilant des yeux bleus reluisants une apparente mais au combien fausse innocence :

« Je t'assure que c'est la vérité ! » lui avoua-t-il enfin.

Elle lui lança un coup de poing dans le nez qui le fit tomber à terre, et elle s'enfuit vers sa chambre en colère et boudeuse.

Kurama regarda un moment pensivement le plafond toujours allongé au sol avec du sang coulant étrangement de son nez, comme si une telle petite frappe aurait pu le blesser réellement... Ce qui la fit d'une certaine manière... Il leva sa main en l'air auquel il lui fit faire d'étranges modulations comme la voix qui s'éleva de sa bouche dans un soupir.

« Tu as encore tellement de choses à apprendre Naruto... » Il ferma les yeux en s'asseyant sur son fessier et leva deux doigts à ses clones pour qu'il rentre dans la chambre de Naruto autant pour la surveiller que de lui enseigner les rudiments de base de la lecture... Il ne voulait pas de toute façon qu'elle sorte en douce de l'appartement car il connaissait l'esprit aventurier que possédait autrefois son hôte, et comme semblait aussi posséder la jeune fille tout au fond d'elle...

Il se leva enfin et s'habilla dans de la totale ; cape noire, sac, veste en cuir de jade, et sandales bleutés résistantes et malléables. Il sortit du logis où Kakashi l'attendait encore en lisant un livre portant des icônes inspirants bon nombre de scènes... Kurama le fixa confus et Kakashi referma instantanément le livre en le regardant innocemment en retour, ce qui fit pousser à Kurama un troisième soupir pour la même personne dans la même journée avant qu'il ne hoche la tête et qu'il ne murmure avec un mystérieux sourire.

« Allons-y... »

Les deux hommes firent simultanément un signe de leur main droite, puis disparurent dans un tourbillon de feuilles d'arbre, montantes vers le ciel bleu d'azur...


Le Sandaime attendait les poings serrés derrière son dos en se mordant les lèvres, pensant que Kurama et Kakashi mettaient décidément bien du temps pour venir, et il espérait réellement qu'ils ne s'étaient attirés d'ennui.

Il entendit alors derrière lui le vent souffler avec force, éparpillant sa paperasse partout sur le sol et sur les fenêtres. Le vieil homme se retourna devant eux en leur fixant d'un oeil sévère.

« Ça va, ça va! Je ne suis pas pointilleux sur le protocole au point que vous n'ayez besoin également de faire de telles cérémonies lorsque l'on est en tête à tête. » Ils se relevèrent et dénotèrent curieusement qu'aucun ANBU n'étaient étrangement là pour garder le Sandaime qui haussa les épaules comme s'il avait deviné leurs pensées.

- Comme si j'avais besoin qu'on me garde de toute façon... Je suis encore assez jeune pour me défendre !

La quinte de toux qui suivit sa tirade fière démentit toutefois ses paroles et les deux hommes lui envoyèrent le même regard compatissant. Le Sandaime poussa un hurlement de colère en remarquant les yeux d'apitoiement dirigées sur lui.

« C'est assez ! » Kurama et Kakashi s'échangèrent bizarrement un regard complice où tout deux sourirent, sourire qui devint contagieux également pour le Sandaime qui se demandait comment le fils du Croc Blanc de Konoha avait-il pu se familiariser si vite avec cet homme mystérieux... Hiruzen sentait qu'il n'avait pas eu tord concernant le charisme particulier qu'il dégageait...

Le Sandaime hocha la tête et retourna vers son siège à son bureau en présentant sur la table la nouvelle carte d'identité de Kurama qu'il lui confia.

- Voici votre visa ! J'espère que vous vous habituerez très vite à notre cité !

Kurama se courba respectueusement vers le vieil homme.

- Je vous remercie, Hokage-sama. Ceci est aussi mon vœux le plus cher, prononça-t-il avec ses cheveux d'ambre qui lui tombaient devant son masque.

Le Sandaime soupira alors.

- Je suis au regret de vous annoncer que j'ai de biens mauvaises nouvelles pour vous également, Kurama Namikaze...

L'homme blond se releva et pointa de curieux yeux vers le vieil homme qui continua.

- Danzo, l'individu qui a braillé hier dans mon office, a sollicité votre présence en face du conseil qui désire connaître votre vraie identité, l'informa-t-il en tapotant ses doigts sur la table. Les yeux de Kurama flashèrent rouges un court moment, puis il répondit peu après avec une question.

- Mon identité n'est-elle pas supposée être un secret de rang SS ?

Cette interrogation fit soupirer Hiruzen profondément.

- Si le conseil considère à l'unanimité que vous représentez un danger pour la sécurité de Konoha, ils ont le droit d'outrepasser mon précédent commandement.

Le ton qu'il employa alors fut sans appel. « Vous vous soumettrez aux sceaux de suppression de chakra durant la réunion. » Aux poings serrés et gantés de Kurama, Hiruzen savait que cela ne lui plaisait pas.

- Quand la session va-t-elle avoir lieue ? lui requit l'homme blond les yeux bridés.

- La réunion est à onze heures. Vous avez deux heures jusque là ! Vous êtes congédiés...

Kakashi et Kurama sortirent de la pièce sans demander leur reste.


- Ainsi... J'avais vu juste, commenta Kakashi avec désinvolture, qu'allez-vous faire dorénavant ? Kurama serra ses mâchoires sous une vrombissante colère qui semblait le faire chatoyer sous une fine aura cramoisie lorsqu'il répondit sèchement.

- Je ne sais pas ! Ce que je ne voulais absolument pas arriver vient tout juste de se réaliser! Je rencontrerai probablement le conseil, avoir une discussion virulente avec eux qui va sans doute dégénérer dans un conflit où j'enterrerai ce village cent pieds sous terre !

Ce discours est tellement inhabituel de ce qu'on a vu de Kurama, pensa Kakashi les yeux écarquillés devant un tel éclat.

Il posa une main sur l'épaule de Kurama.

- Ne vous inquiétez pas, ils ne vous sépareront pas de Naruto.

Kurama lui retourna un sourire amer

- Ouais, sûrement, témoigna-t-il avec une note grave en rajoutant intérieurement ; Surement qu'il ne me sépareront d'elle alors que je viens tout juste de la revoir... J'en ai fait le serment.

Kakashi laissa Kurama retourner seul à l'appartement de Naruto comme l'homme blond lui avait explicitement requis en lui détournant un dernier regard étrange à travers son masque.


Kurama entra rapidement dans l'appartement de Naruto, dissipa ses clones de l'ombres, et grimaça à la mémoire qui lui revenait d'eux. L'écriture de Naruto était vraiment mauvaise. Mais cela n'avait pas d'importance pensa-t-il avec un sourire, puisqu'il pourrait être avec elle pour l'aider à s'améliorer... Il se tint devant elle les bras croisés alors qu'elle sortait de la chambre joyeuse qu'il fusse enfin revenu.

- Rassemble tes affaires, on quitte Konoha, proféra-t-il abrupt arrêtant momentanément dans sa course la jeune fille qui le fixa alors déboussolée.

- Pourquoi ? Pour aller où ?

Toutefois, le visage dur de Kurama ne concédait nulle réplique :

- Ne pose pas de questions inutiles, je suis plus grand que toi, plus fort que toi et plus sage que toi, donc je sais ce qui est bon pour toi. Il s'agenouilla en face de Naruto. Il lui souffla plus gentiment alors ; « ne t'inquiète pas, Naruto, je veillerai sur toi... »

Il se leva et produit deux clones de l'ombre dont un se changea en Naruto et qui avec son homologue se retirèrent du logis.

Une fois que Naruto eût terminé de recueillir ses possessions, elle posa la question ; « que fait-on maintenant ? »

Kurama croisa ses bras mystérieusement.

« On attend. »


« Hokage-sama, l'homme que vous avez reçu une heure plus tôt a été signalé accompagné de Naruto aux portes du village, » signala un jounin au Sandaime qui, frustré, écrasa soudainement ses mains sur son bureau, causant ainsi tout les ANBU autour de lui sursauter.

« Que tout les ANBU disponibles les poursuivent ! Ramenez les moi ! Ne faites pas de mal à Naruto mais vous êtes autorisés à tout utiliser contre l'homme ! C'est une mission de rang S. Allez ! Tout de suite ! » commanda Hiruzen en vociférant à ses hommes qui déguerpirent alors en vitesse.

Hiruzen se leva en colère, avant de se diriger vers la fenêtre, et de regarder son paisible village. Pourquoi as-tu ait ça, Kurama? pensa-t-il en croisant et en décroisant les droits avec l'espoir que rien ne leur adviennent de grave - autant ses hommes, qu'à Naruto... et Kurama.


Danzo fut satisfait des nouvelles rapportées par ses hommes. « Tu t'es amolli, vieil ami. »

Ces événements allaient discréditer le Sandame et lui permettre de prendre plus d'influence plus tard.


Quand Kurama ressentit que la majorité des ninja avaient quitté Konoha, et que ses clones furent assez loin devant, il annula les sceaux de l'appartement. Il tint la main de la Naruto et se dirigea vers la sortie de Konoha en prenant avec lui son visa.


Kakashi qui était resté avec Kurama bien plus que n'importe qui exclue par Naruto savait plus ou moins comment fonctionnait désormais l'esprit de Kurama qui préférait toujours éviter les obstacles inutiles ; au lieu de courir vers les deux clones de l'ombre, il resta à Konoha. Ses ninken invoqués sentirent soudainement deux nouvelles présences apparaître dans le village.

Il se hâta alors de les rejoindre.


Cinquante ANBU de haut niveaux encerclèrent les clones de l'ombre, puis demandèrent aux fugitifs de retourner paisiblement au village sans se battre. Le clone qui s'était transformé en Naruto sourit diaboliquement et leur fit une vague avec sa main avec de se dissiper dans une large explosion de fumée où après que la fumée se soit évaporée, les ANBU s'aperçurent finalement du stratagème de l'homme dont ils avaient seulement poursuivi ses leurs.

« Nous avons été bernés ! », maudit le commandent des ANBU sur place.


Quand Naruto et Kurama étaient à la lisière de la forêt qui embrassait Konoha, Kakashi les intercepta.

- Vous n'irez pas plus loin ! rugit Kakashi avec ses ninken à ses cotés qui aboyaient vicieusement.

- Oni-chan, n'est-il pas notre ami ? demanda Naruto confusément.

- Il l'était, Naruto, mais mes dernières actions semblent le déplaire, répliqua tristement Kurama en hochant la tête. Kakashi releva quant à lui son serre-tête pour révéler son œil droit balafré avec trois tomoe tournant, et se positionna en posture de combat.

« N'est-ce pas un peu trop tard pour tenter d'évaluer mes capacités, sharigan no Kakashi ? » requit l'homme au masque de renard moqueur où toute trace de sa précédente camaraderie avait filée pour laisser place à un être sombre, taciturne ne révélant un sourire railleur que pour moquer ses adversaires osant le défier. Malgré ce, Kakashi siffla au travers l'ironie :

- N'ose surtout pas plaisanter sur ce point, je ramènerai Naruto là où elle appartient !

Naruto regardait entre les deux hommes ne sachant qui choisir avant que Kurama ne ricane silencieusement en se tenant la face puis répliqua presque en un mugissement provenant du fond de sa gorge :

- Où est-ce qu'elle appartient ?!

Son ton fut si hargneux qu'il donna des frayeurs à Naruto. « Je ne pense pas... Je pense qu'elle préfère plutôt être avec moi et m'appartenir. » Il saisit sèchement le bras de Naruto qui dans un cri d'angoisse et de surprise fut racolée sous le bras de Kurama, qui rajouta les dents serrés. « Le village de Konoha, de ce que j'en ai vu, n'a que rarement était clément envers Naruto. Même si elle ne me mérite pas... » murmura-t-il en la dévisageant tristement alors qu'elle levait la tête vers lui confuse, et ce, avant qu'il ne rebifurque des yeux étrécis vers Kakashi le fixant en retour. « Elle mérite encore moins d'être avec vous ! » termina-t-il les yeux flamboyants de rage.

Sur ces paroles, Kurama invoqua un clone de l'ombre de sa main libre, jetant Naruto avec son sac vers le clone qui en même temps lança son propre fardeau ailleurs, et réceptionna les deux récipients. Cet échange fut si rapide que Kakashi n'eut le temps de réagir.

« Oni-chan ! » cria Naruto déjà au loin emportée par le clone, loin de son cher frère auquel elle tendait la main. Kakashi s'accroupit bas au sol, ses yeux poursuivant Naruto qui semblait inlassablement s'éloigner d'eux avant qu'il ne se jeta lui-même à leur poursuite mais avant qu'il ne dépassa même n'était-ce qu'un mètre le vrai Kurama, son adversaire lui saisit l'épaule, enroula son corps autour et dans une culbute, le rejeta au sol avec force où Kakashi réalisa dans une roulade vive, et persifla hargneux Kurama qui portait un rictus, et qui tournoyait un kunai autour de son index.

« Ne devrais-tu pas me passer sur le corps avant de secourir la demoiselle en détresse, n'est-ce pas ? Kakashi ? » satirisa l'homme blond en le provoquant définitivement alors que Kakashi avait encore un pied à terre.

C'était mauvais, très mauvais, il était en face d'au moins un home du niveau de jounin si ce n'était plus et qui plus est détenait des talents inconnus, étant en outre un junchuuriki... Il savait qu'il n'avait que très peu de chance de gagner face à lui. Kakashi décida qu'il devait en finir rapidement alors il réalisa quelques signes de mains caractéristiques et vociféra :

« Raiton: Raikiri ! »

Avec sa main qui projetait des éclairs bleutés, il courut à tout allure vers Kurama dans un flou de vert et de bleu. Kurama ennuyé de sa prestation fit un pas sur le côté à la dernière minute causant Kakashi derrière lui emmené par son élan valdinguer sans le toucher. Kurama lança le kunai derrière son dos avec lequel il était en train de jouer, ce qui égratigna la joue de Kakashi en une plaie ouverte. Le jounin des forces spéciales dérapa dans un virage battant une cadence infernale, et il retourna dans l'autre sens en creusant une crevasse de sa main qui fulminait avec l'intensité du tonnerre. Celui-ci arrivé à portée de Kurama, il tendit sa main infusé de son éclair pourfendeur tout droit vers son coeur.

Au dernier moment, encore une fois, Kurama sauta alors en l'air, causant ainsi Kakashi le traverser une fois de plus sans le toucher. L'homme blond atterrit immédiatement juste derrière Kakashi qui était alors sur le point de le recharger dans l'autre sens. Kurama lui saisit son poignée en utilisant son affinité avec le vent pour défléchir les éclairs bleutés. Grâce à sa force herculéenne, il projeta Kakashi au loin, au travers de la clairière, le faisant ainsi s'écraser sur différents troncs qui s'écroulèrent sur le passage de l'homme aux cheveux d'argent. Celui-ci s'arrêta finalement, replié sur lui-même, sur le mur même de Konoha où il s'y était aplati comme une crêpe, recouvert de feuillages, de broussailles et de plaies.

Kakashi hocha la tête vigoureusement pour se remettre d'aplomb. En se remettant debout, laissant une crevasse dans la muraille de son passage, il grimaça amèrement car tout son corps transpirait abondamment. Celui-ci lui criait déjà douleur d'arrêter de se battre. Kakashi récita le mantra intérieur des ANBU pour se mettre en état de transe, bloquant ainsi l'afflux des messages nerveux intenses. Il estima en se massant les épaules qu'il serait sans doute courbaturé un mois après ce combat, mais cela n'avait pas d'importance car tout ce qui important actuellement était Naruto. Il fixa Kurama de loin qui l'attendait toujours les bras croisés, le sourcil arqué, ayant une attitude sciemment désinvolte malgré le combat difficile qui se profilait avec l'un des meilleurs élément du plus éminent des villages cachés...

Oui, cela sera dur, très dur, je dois en finir rapidement avant d'épuiser mes réserves en chakra ! jugea sarcastiquement Kakashi en foudroyant du regard l'homme blond indolent. D'un claquement de doigts, il ordonna à ses ninken de bondir au combat pour tenter de lui saisir ses bras et les jambes afin de causer autant de dommage qu'ils le pouvaient et de lui offrir une opportunité d'attaquer. Tout ce qu'ils réussirent à faire malheureusement fut de déchirer des bouts éparses de la cape de Kurama. L'homme blond paraissait dans leurs ébats être le vent lui-même tant il esquivait avec aise la totalité de leurs assauts. Il bondissait, sautait, voltigeait, et dansait littéralement au centre des chiens qu'il fouettait de ses mains magnifiquement agencées, comme si sur leur fourrure, il battait la mesure d'un orchestre irrégulier.

Kakashi savait que le temps était compté ; plus il attendait, et plus Naruto s'éloignait indéfiniment de Konoha, et voyant que ses invocations ne donnèrent pas plus de résultats, il se joignit à son tour dans la mêlée les poings levés. Toutefois, son entrée au combat fut aussi infructueuse que toutes les tentatives de ses chiens de saisir l'homme blond, car Kurama était réellementle zéphyr incarné dans toute sa grâce, sautant, évitant tout leurs attaques ; se jouant d'eux inlassablement.

Désirant d'en finir une bonne fois pour toute, Kakashi dégagea des poches de sa veste verte plusieurs rouleaux, d'où émergèrent, dans une fumée d'invocation, une multitude de shuriken, de kunai qu'il les lança vers Kurama. Sa cible bondit alors en l'air, pour atterrir l'instant suivant après un double salto arrière sur la haute branche d'un arbre presque déraciné.

D'en haut, Kurama toisa le Chien de Konoha avec mépris et l'appela : « Est-ce tout ce que tu es capable de faire Kakashi ?! Quelle déception ! Moi qui attendais bien plus de toi ! De fait, tu es malchanceux car la plupart de mes jutsu sont impossibles à copier. D'autant plus que si j'utilise mon youki, tu n'auras aucune chance de suivre le flux de mon chakra rendant ton sharigan d'autant plus complètement inutile ! »

Kakashi jura en retour en maugréant une insulte, puis sachant que son adversaire ne mentait pas aux prestations qu'il avait accomplis, il prit le conseil et abaissa son serre-tête, puis chargea vers Kurama qui se positionna en posture de combat. Toutefois, dans la seconde que prit leurs mutuelles actions, Bull, l'un des ninken noirs de Kakashi, spécialisé dans la Techniques des Crocs Furtifs, réussit à monter sur l'arbre de Kurama par derrière, et à se camoufler en embuscade. Celui-ci, lorsque Kurama recula d'un pas pour prendre appui, saisit de ses crocs l'une des jambes de l'homme blond, qui écarquilla alors les yeux surpris puisqu'il n'avait remarqué sa présence malgré ses sens aiguisés.

Kakashi profita de l'ouverture, maintenant que Kurama était immobilisé, pour rebondir emmené par son élan entre plusieurs arbres, où il y appliqua ses projections successives, ceux-ci s'effondrant à chaque atterrissages. Il valsa littéralement autour de Kurama grâce à ses multiples sauts aux trajectoires aléatoires, rendant ainsi ses mouvements insaisissables, même aux yeux du blond pourtant dûment taillé au combat. Au final, Kakashi se jeta sur lui sans que son adversaire n'ayant pu suivre les mouvements ne puisse répliquer :

Il lui rendit enfin la monnaie de sa pièce en lui décochant alors une série de coups foudroyants qui frappèrent de plein fouet le masque de renard qui se fissura en de multiples interstices émiettées. Kurama étourdi de cet assaut mortel, et qui avait mis les mains devant sa tête au premier abord par réflexe, décida de répliquer à Kakashi directement par un crochet du droit vers son visage, mais sa main ne rencontra qu'un pâté de boue qui neutralisa sa frappe. Ce Kakashi avait été un clone de terre qui lui avait encoché son bras dans une tenaille inlassable. De son autre main libre, Kurama tenta avec peine de l'enlever mais avant qu'il ne put réussir à s'en extraire, Kakashi apparut de la branche du dessus, le faisant recevoir son coup de pied dans la tempe, qui eut pour conséquence de le faire dégringoler de l'arbre.

Kurama se ramassa alors la tête la première au sol dans un énorme fracas. Cette fois, ce fut Kakashi en haut qui le toisa les bras croisés, fier de l'enchaînement qu'il venait d'accomplir. Seulement, il savait que ce n'était pas terminé, puisque ce n'était que le début de leur affrontement acharné lorsqu'il vit Kurama se relever, ne paraissant ni fatigué, ni blessé, contrairement à lui qui suait abondamment. Alors qu'il nettoya la sueur perlant de son front, il vit Kurama lever alors une main à son masque qui tombait en morceau, puis l'enlever sèchement de son emplacement actuel, ce qui révéla à la place un regard langoureux et sérieux dirigé vers lui. Kurama le regarda étrangement durant un long moment pour au final lui tendre une dernière main amie :

- Laisse moi partir Kakashi. Je ne veux pas t'affronter, et tu sais bien que tu ne fais pas le poids face à moi. Regarde comment tu es déjà sur le point de t'écrouler sur place. Crois-tu pouvoir grappiller un quelconque espoir de ces vains actes ?

- Jamais je ne vous laisserai emmener Naruto ! J'ai juré sur la tombe de mon maître et celle de sa femme que jamais je n'abandonnerai plus Naruto à son sort !

Kurama hocha tristement la tête et souffla douloureusement :

- Tu ne l'abandonnes pas à son sort Kakashi... Tu te trompes lourdement... Tu confies juste sa garde à quelqu'un qui en est plus digne que toi...

- Et en quoi êtes-vous plus digne que quiconque autre de la protéger ?! rogna Kakashi en hurlant le poing levé.

Kurama sembla porter ses yeux vers le soleil se profilant à l'horizon avant de libérer un râle :

« Car personne d'autre que moi ne la comprend aussi bien que je la comprends moi...»

Oui, il le faisait pour Naruto ; sa Lumière... Et personne ne pouvait se mettre en travers de sa route.

Il serra son poing.

« Car personne d'autre que moi ne connait toutes les difficultés qu'elle va rencontrer... »

Oui... Il n'était pas encore trop tard pour la sauver...

Il leva son poing près de son visage.

« Car personne d'autre que moi n'est assez fort pour l'affronter... »

Oui... Pour tout les sacrifices qu'il avait accomplis jusqu'à maintenant, toutes les souffrances qu'il avait endurées, il ne pouvait la laisser à personne d'autre qu'à lui-même...

De son poing, perla un fluide rougeâtre, filtré sous la force de son étreinte en un petit filet cramoisi.

« Nul ne pourra entraver la route que je lui ai destinée ; soit celle de l'élever au delà de toutes les multitudes ! »

Lorsqu'il ouvrit la main, Kurama laissa couler le liquide rouge vers le sol qui se coagula finalement en une lame éthérée. Kurama la prit d'abord à revers avant de la saisir à pleine main. Kakashi écarquilla les yeux devant ce spectacle, car jusqu'à maintenant, jamais il n'avait vu personne manipuler un pareil élément.

Soit celui du sang.

« Kakashi ! » gronda fortement Kurama en brandissant la nouvelle arme façonnée vers son adversaire, « il n'est pas encore trop tard pour me conférer la tâche qui était tienne ! Laisse moi partir, et je jure que je ne montrerai aucun ressentiment envers Konoha pour tout ce qu'elle a fait à mon Jinchuuriki. »

Son Jinchuuriki ?! De quoi voulait-il parler ?! Qu'est-ce que cela voulait dire ?! Que-

- Je refuse d'écouter de pareille inepties d'un homme qui ne l'a connu seulement que depuis quelques jours ! Tu ne peux comprendre l'incommensurabilité de sa douleur ! lui hurla Kakashi au visage.

Kurama eût alors un rictus.

- Oh ?! Et qui a dit que cela fait seulement que depuis quelques jours que je connais son existence ? Je l'ai connu bien avant tout le monde... Bien avant sa mère même...

Oui, je l'ai senti même durant sa conception...

- Tais-toi ! N'ose surtout pas médiser sur Kushina ! s'écria Kakashi en fonçant vers Kurama en libérant son tanto de son dos.

Leurs armes se crissèrent lorsqu'elles se rencontrèrent avec délectation, la lame blanche renvoya en son sein le rayonnement cramoisie. Toutes les lumières du jour semblèrent s'éteindre autour d'eux lors de cet affrontement terrible. Leurs yeux, leurs mains ; tout leur corps ne se tendait que pour une seule et même entreprise : celle de vaincre leur ennemi.

- Tu te trompes encore lourdement, Kakashi... Je n'ai nul besoin de mentir dans ma position actuelle de puissance !

Des étincelles d'énergie pure ressortirent du contact entre les deux côtés tranchants. Ils s'écartèrent un moment, faisant voltiger leur cape réciproque, puis se lancèrent leurs meilleurs bottes, leurs meilleurs enchaînements au cours d'innombrables tourbillons d'acier et de sang cristallisé. Le bruit qui ressortait de leurs assauts était tel le battement d'une chanson frénétique ; l'Ode au carnage et à la bataille.

- Pourquoi fais-tu ça Kurama ?! Pourquoi ne t'es-tu plié à l'injonction du conseil ?! questionna ardemment Kakashi écarté un moment de Kurama qui avait la garde baissée.

- Ce conseil n'a pas à dicter ma vie, ni celle de Naruto Kakashi, tu le sais comme moi que tout ce qu'ils désirent est d'avoir une arme à portée de main !

- Les représentants des clans ne considèrent pas Naruto comme une arme Kurama, mais comme un être humain comme toi et moi et-

- Cessons de parler, ceci ne mènera à rien de toute façon... rétorqua Kurama en reprenant son souffle, et rechargeant vers Kakashi l'arme levée.

Sauter, attaquer, s'accroupir, bondir, mugir, découper...

Inlassablement, ils puisèrent dans tout leur talent d'escrimeur. Les yeux langoureux de Kurama ne décrochaient pas de l'unique œil révélé de Kakashi qui le fixait tout aussi intensément durant le combat...

Trancher, enjamber, se retourner, faucher, tournoyer, recopier, feinter...

Kakashi décocha de multiples coup de pieds retournés où Kurama prenait son arme à revers pour contrer ses savates, et lui lacérer ses genoux à chaque aller et retour. La poussière qui se dégageait autour d'eux rendait leur souffle court, tant ils cherchaient le maximum d'oxygène pour réguler la tension exercée par leur corps.

Engager, poinçonner, leurrer, se fléchir puis se tendre, s'abaisser...

Kakashi infusa alors son tanto en chakra qu'il convertit en éclair jaillissant telle une myriade de grenaille de fer de sa lame argenté, brandie vers un des bras de l'homme blond qui saigna alors profusément. Kurama regardait intensivement son sang couler de sa nouvelle blessure et toisa les yeux étrécis Kakashi. Il abaissa le doigt, faisant perler le liquide chaud au sol, mais celui se coagula également en une seconde lame de sang. Armé de ses deux ninjatos façonnés, Kurama moulina ses deux épées en une profusion de coups paraissant si fluides, qu'ils paraissaient constituer une toile mortelle se dirigeant inexorablement vers Kakashi. Cette impression fut d'autant plus accentuée que Kurama déploya autour de ses armes une aura enflammée rougeoyant une chaleur meurtrière.

Le soldat professionnel ferma alors son œil gauche pour distinguer d'où allait provenir le prochain coup. Il savait au fond que les flammes ne lui ferraient grand mal, et ainsi, il surprit Kurama en se jetant à corps perdu vers lui. Dans son plongeon, il s'entoura d'une fine membrane de terre pour parer les langues de feu l'encerclant. Kakashi dans sa roulade, réussit à faire voltiger l'un des sabres de Kurama au loin, en appliquant son point ganté, protégé au dos par une plaque métallique, tandis que sa lame rencontra celle restante de Kurama dans un claquement retentissant.

Des éclairs de sang et de feu tournoyèrent alors autour d'eux, cinglant l'énergie commune qu'ils puisaient dans chacun de leurs actes. Kuramai fut d'abord subordonné sous l'élan promulgué par la course vive de Kakashi, mais il tint le coup longuement en flanchant ses deux pieds profondément dans le sol, se remettant ainsi d'aplomb et une fois debout, il domina alors pleinement Kakashi par sa taille, si bien que les chiens de l'argenté durent passer à la rescousse de leur maître dans ce combat bestial.

Ils convergèrent vers eux telle une nuée de sauterelles dévastatrices. Une mer d'incisives envahit le champs de vision de Kurama qui réalisa un tour sur lui-même, expulsant ainsi Kakashi loin de lui, avant de se propulser dans une culbute en arrière où tout les canidés le suivirent avec allégresse. Lorsque ses pieds atterrirent au sol, Kurama en levant la tête vit Kakashi lui brandir un énorme coup d'entaille verticale, comme pour le fendre en deux. Kurama s'enveloppa entièrement alors de sa cape noire avec un tour sur lui-même et quand Kakashi crut l'avoir transpercé de sa lame, celle-ci n'atteignit seulement l'obscur tissu laissé là.

Et Kurama avait complètement disparu.

Où est-il ?

Haut, bas, gauche, droite ? Dans le ciel, sous la terre ?

« Partout ! », mugit soudainement une voix sombre.

Des particules de matière s'unirent derrière Kakashi dans un tourbillon de poussière, où de là, apparut momentanément Kurama tapissé seulement de sa veste verte avec l'arme à la main. Celui-ci, d'un coup d'estoc, érafla le flanc de Kakashi, qui fit un pas de côté, puis se retourna en flanquant un coup de coude horizontal. Kurama baissa la tête du côté de son épaule droite et se contorsionna avant de réaliser une tournoiement sur lui-même pour éloigner avec une spirale de fer singularisé par sa lame ensanglantée toutes les bêtes se jetant sur lui. Il dissipa la moitié des chiens lors de cette tornade littérale, sur laquelle Kakashi s'enfourcha à sa grande surprise. La lame de Kurama transperça ce qui sembla être la poitrine de Kakashi mais celui-ci se révéla encore n'être qu'un clone de boue qui enferma encore une fois l'arme de Kurama dans un socle. Cette fois cependant, la boue s'électrifia et la main connecté au manche, Kurama fut atteint par un torrent d'éclair qui lui incendia les intérieurs de mille aiguilles immatérielles.

Jurant avec un oeil fermé, Kurama fit un signe de sa main, avant que Kakashi qui était réapparu d'au dessus ne l'abatte. Kurama se matérialisa cette fois également en un clone de terre, recopiant la précédente technique utilisée pour disparaître sous la forme d'une dense fumée.

Kakashi tourna la tête partout où se posait son regard, en recherchant la localisation du véritable Kurama. De milliers de projectiles vrillèrent l'air dans un cri perçant pour se converger tous vers Kakashi qui bondit en l'air. Toutefois, au moment où ses pieds décollèrent du sol, il vit à la dernière seconde Kurama se projeter vers lui d'un arbre en train de s'effondrer à la périphérie de l'arène improvisée. Kurama appliqua un grand coup vertical de sa jambe vers l'épaule de Kakashi qu'il déchiqueta en deux tronçons de boue :

Le véritable Kakashi avait patienté sous terre, attendant son heure où Kurama baisserait sa garde. Sa cible en l'air, il ordonna à ses chiens dans son langage secret de lui saisir chacun de ses membres pour l'aplatir au sol. L'homme blond devint alors complètement immobilisé sous les multiples cadavres des clones de boue ainsi que parles ninkens s'agglomérant sur lui en une dîme sanglante. Ils mordillèrent, déchirèrent, arrachèrent chacune des parcelles de sa chair, raflant tous ses membres dans un ruissellement de sang. La gigantesque pille de chiens s'abreuvait goulûment du sang versé, grognant, et déchiquetant continuellement tout ce qui arrivait à portée de dents.

Kurama définitivement enragé vrombit soudainement d'une énergie rouge. Dans un courroux titanesque, il libéra deux mains de l'emprise de ses tortionnaires pour les unir dans un mudra et hurler :

« KATON : GOUKAKYU NO JUTSU ! »

Les yeux de Kakashi s'écarquillèrent lorsqu'il sentit de la chaleur pulser à la surface. Kurama avait conjuré sur la terre ferme de sa bouche une immense boule de feu, qui s'enroula autour de lui en une sphère enflammée, dont les motifs meurtriers s'incrustèrent dans ses jambes, puis ses bras pour finir par sa poitrine. Des langues de flammes s'élargissent partout, rappant la terre, et s'infiltrant dans le sol pour former un cratère absurde, dissipant par la même dans une énorme explosion tout les chiens autour d'eux dans une fumée épaisse provenant de la terre brûlée mêlée à l'encens des invocations.

Kakashi s'échappa rapidement de cet espace embrasé en s'éjectant cinq mètre plus loin de la fournaise. Il bondit alors sur un arbre proche, ses mains légèrement brûlés du jutsu de Kurama dont il ne s'était échappé que de justesse. Il regarda de loin le carnage ainsi que l'incendie s'éteindre progressivement au fil d'interminables minutes face à lui. Il attendit quelque part agité d'avoir si facilement gagné... Il toisa perplexe le feu mourir lentement dans un champs de poussière, sachant que Kurama n'avait pas démontré toutes les ressources qu'il possédait réellement, car Kakashi sentait qu'il s'était en réalité montré tolérant envers lui, ne l'attaquant jamais sérieusement et ne faisant qu'esquiver ses coups. Kurama ne pouvait être mort... C'est pourquoi Kakashi attendait toujours que Kurama émerge de la précédente supernova pour poursuivre le combat.

Kakashi sentit tout d'un coup une frayeur lui parcourir l'estomac ; du dense brouillard de guerre, la silhouette embrumée de Kurama se matérialisa enfin. Sa cape, de même que sa veste étaient en lambeaux, totalement rapiécées, et où seule la poussière cendrée chutait de son corps de son corps révélé, parsemé de cloques et de brûlures au troisième degrés provenant des flammes de son propre jutsu. Sa face même, était méconnaissable et seul son pantalon noir d'encre et ses souliers bleus semblaient relativement intactes, si ce n'étaient singulièrement amochés. Son épée de sang avait fondu et il ne restait sur lui qu'un amoncellement de chair grillée, tyrannisée.

Juste quand Kakashi allait recueillir à Kurama de se rendre, et de lui rendre Naruto en ramenant son clone vers eux, le corps de Kurama s'illumina d'une brillante aura cramoisie qui l'engloba complètement, le guérissant alors totalement de ses blessures en seulement une vingtaine de secondes, laissant sa peau lisse et sans nulle trace d'une quelconque brûlure. Ce ne fut d'avoir visualisé ce spectacle qui avait ébahi réellement Kakashi, mais plutôt qu'il pouvait désormais déceler sur son corps d'étranges sceaux le parcourant de long et large, s'enveloppant telles des ronces dans chaque membrane de sa chair.

Le pire, c'est que sur le ventre de Kurama, Kakashi reconnaissait le même sceau que Naruto détenait...

Le sceau du Shiki Fujin !

Kakashi savait exactement qu'ils étaient identiques dans chacune de leurs courbes, de leurs traits, de leurs lignes, et de leurs motifs divinement entrelacés. Ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il vit une dense aura d'un rouge sang s'élargir autour de lui en neuf queues de chakra qui se déplièrent lascivement comme une fleur en train d'éclore. Kakashi crut entendre une symphonie infernale résonnait à ses oreilles - comme si elle signait l'heure de sa mort.

Il entendit alors la voix de Kurama s'élever :

« Kakashi, je ne voulais pas te blesser, mais puisque tu ne me laisseras pas partir, je suis donc obligé de te vaincre plus sévèrement car le devoir comme tu le sais si bien nous pousse parfois à agir contre notre grès... », prédiqua l'homme démon dans un râle atrocement sinistre. Kakashi se transit de froid à sa voix mortellement diabolique. Il contemplait enfin le véritable homme se cachant derrière le joueur, le charismatique Kurama... Un homme qui ne laissait nulle place à la pitié, un homme dont chaque émanation faisait trembler la terre de sa force obscure, roucoulant une amère complainte ; celle des damnés.

« Sache, Kakashi ! Que tu seras le premier à survivre... », vagît-il dans un souffle ardant alors qu'il étrécissait les yeux vers l'homme aux cheveux d'argent qui se transit d'effroi sur son arbre et qui d'ailleurs lui requit en tentant de ne pas laisser percevoir des tremblements dans sa voix :

« Survivre à quoi ?! »

Les dents de Kurama, ainsi que ses ongles s'élongèrent soudain en des crocs et griffes finement limées. Ses marques devinrent viciées, torturées ainsi que ses cheveux virant d'un jaune éclatant à un rouge sombre, teintés de noir, aux reflets vibrant de rage, et dont tout le visage face compulsait une rancœur incommensurable.

Kakashi entendit alors grogner Kurama d'une voix terriblement gutturale :

« La Pleine Puissance... »

Il vit l'homme blond désormais roux se replier sur lui-même avant qu'il ne brandisse son torse vers le ciel dans un cri de rage et d'affliction, dont les réverbérations envahirent le ciel de nuages noirs. Celui-ci déversa en réponse des éclairs noirs à côté de Kurama dont le corps fut éclairé par d'innombrables flashs ténébreux, parmi lesquelles seulement deux lumières en ressortirent :

Deux yeux totalement rouges, démoniaques, où seuls se perçaient une raie d'un noir idolâtre au centre de pupilles dilatées.

Kakashi se prépara du mieux possible par ce qui allait lui arriver. Il déballa tout son arsenal autour de lui, mais il savait qu'il était trop tard, car il entendit étrangement le faible murmure de Kurama malgré qu'il était positionné à vingt mètres de lui :

« ... De Mon Pouvoir ! »

Kakashi écarquilla les yeux , Kurama apparut juste devant lui dans un éclair rouge vif où il l'attrapa à la gorge, et où les queues de Kurama transformées en ailes de Youki le maintenaient en l'air, le faisant flotter cinq mètre au dessus du sol. Kakashi tenta de sortir de la poigne jusqu'à ce qu'il fut projeté avec force au sol comme un fruit mûr qui s'écrase. Il fit une roulade n'ayant que peu de force et contempla Kurama avec crainte éclater d'un rire terrifiant.

« HAHAHAHAHA ! EST-CE TOUT CE QUE TU AS À ME MONTRER KAKASHI ! EST-CE TOUTE LÀ L'AMPLEUR DE TA DÉTERMINATION ?! »

Kurama fonça telle la lumière vers Kakashi qui essuyait ses attaques, lui fracturant chaque os de son corps à chaque passage alors qu'il tentait de s'enfuir. Kakashi s'enfuit alors sous terre et il entendit Kurama éclater d'un rire glauque, encore dans le ciel, alors que Kakashi était déjà à vingt pieds sous terre.

« Le chien devenant un termite, quelle ironie... » mugit Kurama en levant sa main vers le firmament. Des dizaines de boules de feu émergèrent alors de sa paume, celles-ci bondirent vers l'azur pourpre du ciel pour battre le sol d'un bombardement intensif, où des explosions illuminèrent la place partout aux alentours, faisant vibrer par delà l'intensité du Pouvoir de Kurama.

Kakashi dut remonter vers le sol pour n'être cuit par la roche fondante. Il ressortit faiblement encore et fut accueillit à la surface par le pied de Kurama, qui le fit voltiger en l'air avant qu'il n'atterrisse au sol dans un grand fracas et qu'il ne se relève pour une dernière fois sur ses jambes vacillantes. Sa vue était si troublée que Kakashi ne pouvait percevoir que dans son champs de vision Kurama ayant les bras élargis, les mains frémissantes d'extase dans un horizon de chaos et de flammes dont il était le roi ; littéralement le Seigneur de la Destruction.

Un crack assourdissant résonna alors du sol d'où une faille se dissocia, donnant l'accès à l'abysse des ténèbres obscurs provenant du centre de la Terre. De la fissure, un flash rubis en ressortit pour s'incruster dans la main de Kurama, homme, dont les pas résonnaient de plus en plus proche vers sa future victime en mugissant et faisant tourner le javelot vermeil autour de ses doigts.

« Kakashi, ploie devant moi, et je me montrerai clément envers un homme qui a éprouvé une telle fidélité envers le trésor absolu du Yondaime ! »

Kakashi qui malgré sa posture démuni et son corps en faillite réussit à rétorquer vivement :

« Jamais je ne ploierai devant vous ! Comme les feuilles de arbres de Konoha ne ploient devant les grandes montagnes de Kumo ! » Il perçut Kurama étrécir les yeux vers lui dans un mélange de peine et de colère difficilement contenues - Étaient-ce des larmes qui perlaient de ses yeux ?

« Je vois... Tant pis... Quel regret... », sembla murmurer le démon en face de Kakashi d'une voix coupable... Mais qui se reprit avec d'autant plus d'ardeur que la lame du bourreau tombant telle une guillotine sur la nuque du malheureux condamné.

« Dans ce cas ! Meurs dans d'atroces souffrances ! » vociféra en Kurama saisissant à pleine main sa lance démoniaque dont le bras qui le tenait s'écarta loin derrière son épaule. « Jutsu démoniaque : Le lien de l'enfer ! »

Kurama lança alors la chose vers Kakashi qui vit le javelot pourpre voler vers lui à toute vitesse, mais qui ne pouvait même pas penser dans son esprit à des tactiques pour s'enfuir ou pour même se défendre, car tout ce qu'il pouvait faire était de subir ce qui allait arriver sur lui très bientôt. Kakashi leva ses bras devant lui dans une vaine tentative de se défendre à la limite de l'inconscience, mais ceci fut vain, puisque le pilum s'enfonça avec aise dans sa poitrine, le laissant échapper un râle d'agonie où de son masque se filtrait abondement un filet sang s'écoulant lentement vers la terre.

Son cri de souffrance redoubla d'intensité aux éclairs de feu s'enroulant autour de son corps... Celui-ci résonna dans tout Konoha atteignant même Naruto qui était pourtant à dix kilomètres de là et qui reconnut la voix de l'homme meurtri par son frère...

Et tout ça dans le but de la protéger...

Le clone de Kurama la regarda avec un sourire peiné et camoufla ses oreilles de ses bras pour qu'elle n'en entende d'avantage alors que celui-ci la berçait dans ses bras pour qu'elle s'apaise, elle dont les larmes fines et douces, compatissantes s'écoulaient de ses paupières. Les ANBU qui avaient vu le combat de loin se dépêchèrent pour venir secourir leur camarade tomber au combat.

Après un silence, après que la flèche du chaos eût totalement consommé l'essence de l'existence de Kakashi, celle-ci se retira de sa poitrine d'elle-même et disparut dans une balle corrosive de poison dont les relents s'enfouir dans le sol, où le fluide tua tout formes de vie qu'elle toucha.

Kakashi était désormais couché à terre, inconscient, les jambes et les bras écartés, avec des marques étranges et noires s'épandant sur sa peau telles les roses d'un buisson de ronces. Son corps entier ainsi que sa peau étaient teintés d'un rouge vif et n'était qu'un enfer de douleurs et tourments horribles.

Les ANBU arrivèrent à ce moment, et contemplèrent Kurama dont la forme de démon s'était dissipée pour laisser totalement place à l'homme blond, doux, et compatissant pour son nouvel ami qu'il croyait avoir achever. Des larmes perlaient de son visage, des larmes de sympathie, et de culpabilité pour un autre crime qu'il avait encore commis. Les ninjas de Konoha demeurèrent éberlués par le spectacle s'offrant à eux ; un tableau de désolation et d'apocalypse où tout n'était que débris, où les troncs des arbres étaient défoncés, sombrant dans l'incendie ravageant la sylve avec un pouvoir démoniaque teintant l'air de sa présence viciée. Au centre, un homme de bataille en pleurait un autre qui avait succombé. Kurama, lorsqu'il les remarqua, jura enfin avant de disparaître dans un flash rouge remplaçant le clone qui avait été avec Naruto durant tout ce temps, et tirant dans les dernières réserves de son corps avant que les ANBU qui avaient accouru le plus vite possible dans sa direction ne purent le saisir.

Le commandant qui regardait le corps de Kakashi au sol rumina ; « Tss, ils sont déjà trop loin. Le Sandaime ne va pas être content de la tournure des événements. » Il leva deux doigts pour ordonner à un de ses hommes d'emmener ce fidèle soldat à l'hôpital, succombé au champs d'honneur.

Ils retournèrent vers le village dépaysés après qu'ils nettoyèrent un tant soit peu le saccage qui avait résulté de ce gâchis.


Dire que le conseil était dans une rage folle était un euphémisme. Ils pensèrent que c'était la faute de la décision du Sandame que le jinchuuriki du Kyuubi avait quitté le village. De plus, un jounin a été rendu invalide. Ils avaient perdu un grand avantage militaire.

« Silence ! » hurla Danzo lorsqu'il entra dans l'assemblée. Avec ses membres de la RACINE, il calma le conseil.

- Merci, Danzo... mumura Hiruzen mais Danzou fit volte face vers lui, puis le siffla hargneusement.

- Vieux fou ! siffla Danzo de colère vers son vieil ami. « Que t'ai-je dit ! Il était dangereux, tu n'as pas écouté mon conseil, et voilà le résultat. »

Hiruzen n'essaya même pas de rendre le coup, dépité par ce qui était arrivé, mais stipula quand même sarcastiquement en tentant de préserver les vestiges de son honneur devant le conseil.

-Oui, mais si tu n'avais pas informer le conseil, Kurama n'aurait pas eu à prendre cette décision.

Le vieil aigle de guerre répliqua sur le même ton.

- Et alors quoi, aurait-il détruit le village à la place? Ton cher Kurama est un jinchuuriki, un personnage hasardeux que tu viens de rencontrer hier et que pourtant, tu lui confères pourtant ta confiance ?

Tout le conseil siffla aux nouvelles. Pourquoi un village risquerait leur jinchuuriki pour réquisitionner le leur.

- Si tu connaissais son identité, tu saurais la relation qu'il entretient avec Naruto.

Danzo hocha la tête avec une légère agitation.

- Es-tu vraiment gâteux, Hiruzen ? Pourquoi crois-tu qu'il ne t'a point menti !? répliqua sèchement Danzo.

- Un Uchiwa avec un sharigan pleinement formé a confirmé ses caractéristiques physiques !

Danzo changea soudainement de sujet, voyant que l'autre ne le mènerait nulle part.

- Même s'il était étroitement lié avec l'Uzumaki, tu n'aurait pu savoir comment il aurait pensé, et tu n'aurais pas pu prévoir ainsi ses actions ! Si j'avais été à sa place, j'aurais été mécontent comment sa 'sœur' a été traitée dans ce village... conclut Danzo d'une voix dure. Un silence ceignit le conseil qui se rappela que c'était partiellement leur faute à ce sujet.

Hiruzen serra les dents. Voulant clore l'assemblée ; il déclara alors bruyamment avec une note de finalité dans sa voix, « J'enverrai un escadron d'élites les pourchasser. Des objections ? »

Aucunes mains ne se levèrent.

« Je considère cette session close ! », cracha Hiruzen de mépris, quittant l'amphithéâtre.


La nuit, Hiruzen vint à l'hôpital. Il s'était assis dans la chambre, sur une chaise près de Kakashi allongé sur lit et qui avait des difficultés à respirer malgré le tube recouvrant sa bouche. A la fenêtre, il notifia que les villageois se réjouissaient du départ de "l'enfant du démon", dansant dans la rue et beuglant tels des ânes au départ de la 'créature'. Il soupira. Une personne avec de longs cheveux blancs se profila derrière le dos de Hiruzen. Il avait les bras croisés et observait avec attention son vieux sensei. Surtout fatigué et drainé émotionnelle ment des évènements de la journée, présuma-t-il.

- Tu es venu plus tôt que je ne l'avais prédit, Jiraya...

- Quand j'ai reçu le message envoyé par ton oiseau, je me suis immédiatement dirigé vers Konoha. Cela m'a pris un jour entier pour venir... L'ermite des crapauds hocha alors la tête. « La présence d'un nouveau parent de Minato était assez pour que je vienne, mais le fait qu'il ait kidnappé Naruto m'apparaît encore incroyable tant qu'improbable. J'ai lu le rapport fait par les ANBU... »

- Il semblait te connaitre, Jiraiya... murmura sinistrement Hiruzen dans le blanc qu'avait laissé son élève. Il orienta ses yeux vers lui, des yeux qui brillèrent dangereusement une étincelle propre à celle d'une colère silencieuse et muette, mais d'autant plus oppressante...

- Je ne l'ai jamais rencontré, sensei... rétorqua Jiraiya dans un souffle tranquille.

Après un moment, Hiruzen décida que son disciple ne lui mentait pas. Mais était-il encore assez perceptif pour discerner la vérité ?

Il se retourna vers Kakashi et eût un pauvre rictus.

- Je voulais tant que Naruto obtienne enfin une famille, je la considère comme ma chère petite fille. Elle n'a jamais connu ses parents... Il ria ironiquement. « Je présume que j'ai arrondi mes angles avec mon grand âge comme leur dirait Danzo, » témoigna tristement Hiruzen dont la voix s'éteignait progressivement dans un faible murmure.

- Ne pense pas ainsi, sensei, cela ne te ressemble pas. Ne laisse pas ses paroles te déconcerter. La situation est déjà assez compliquée sans que l'on ait besoin sur place d'un Hokage dépressif, n'est-ce pas ? concéda Jiraya avec un sourire mutin. Hiruzen porta une main à son visage rider avant d'avoir un rire désabusé.

- Je crois que tu as raison, Jiraya... Hiruzen prit alors un moment pour recouvrir sa stature usuelle. « As-tu vu ces marques sur le corps de Kakashi ? » Quêta-t-il à son élève.

- Oui, il semble que cela soit la conséquence de youki mixé avec du fuinjustu. Je vais éveiller Kakashi, pour me remémorer le combat.

Il posa deux doigts sur le front de Kakashi et fit un signe de main avec son autre membre. Le souffle de Kakashi s'accéléra, et il ouvrit lentement son œil gauche. Il devint conscient des deux présences dans la pièce.

« Jiraiya-sensei... » réussit-il à dire.

« Ne parle pas Kakashi, juste pense au moment de ta lutte, » l'interrompit gentiment Jiraiya. Malgré que Kakashi combattit par réflexe l'invasion dans son esprit, il se laissa aller, et Jiraiya à travers ses doigts étant encore sur le front de Kakashi des deux doigts posés sur le sien se remémora la bataille à travers la mémoire de Kakashi où il visualisa le combat, la force de Kurama et ses techniques meurtrières. Ces yeux...Ces sceaux... pensa Jiraiya les yeux étrécis avant de murmurer ; « tu peux te rendormir maintenant, Kakashi... » lui signala-t-il doucement et relâcha son étreinte sur lui le laissant ainsi tomber dans une douce inconscience de l'esprit.

- Alors ? s'enquit Sarutobi après un silence. Jiraiya détourna un regard grave vers lui et lui reporta comment le combat s'était déroulé.

« Ces sceaux sur son corps sont étranges, » notifia Jiraiya notifia intéressé, « ils semblent proches des sceaux de suppressions de chakra et sont apparemment là pour restreindre le youki de Kurama. Cela expliquerai pourquoi il puisse le contrôler si facilement. Le fait le plus étrange, c'est que j'ai réussi à identifier à quel bijuu ce youki appartient. Celui-là, je le reconnaîtrai toujours. C'est le youki du Kyuubi... » Conclut-il sinistrement.

- Impossible ! Tu dois l'avoir confondu avec un autre bijuu ! s'exclama Hiruzen mais Jiraya hocha la tête.

- Non, je l'ai clairement distingué. Cela expliquerai pourquoi il est si intéressé par sa "nièce". Pourquoi il le possède n'est qu'un autre mystère à résoudre...

- Jiraiya, ordonna avec autorité le Sandaime ; je veux que tu t'investisses de cette affaire. Je te ferais suivre par deux jounin en qui je crois le plus.

Jiraiya se courba devant son maître.

- Je jure de ramener la fille de Minato et de Kushina. Bonne nuit, sensei... le salua-t-il finalement.

- Bonne nuit, Jiraiya...

Alors Jiraya se dissipa dans un tourbillon de feuilles au loin.

Hiruzen se leva, alla vers la fenêtre et admira les étoiles. Elle brillaient d'une bien langoureuse manière ce soir.


Naruto et Kurama avaient établi un camp près d'un ruisseau, leur feu de camp au milieu. Naruto était nue sur l'eau et Kurama la nettoyait avec une éponge rugueuse. Son torse était encore à découvert du fait que son vêtement avait été réduit en cendre durant son combat. Il penserait plus tard à en prendre d'autres jusqu'à qu'il entendit tiquer Naruto.

- Aie ! Ça fait mal, Oni-chan ! pleurnicha-t-elle lamentablement.

- Arrête de bouger ! siffla Kurama gêné par ses mouvements brusques ; tu ne peux pas marcher correctement sans amasser toute la crasse de la route !

Son nez était plus sensible que le commun des mortels et la poussière lui avait fait éternuer toute la journée.

Après qu'elle se vêtit son pyjama usuel et qu'il prit des habits de nuit, ils mangèrent le poisson qu'il avait attrapé et cuit en haut du feu avec une pique. Naruto avait quant à elle défait l'une de ses couettes. Elle semblait misérable. Le confort de son appartement que son protecteur lui avait offert lui manquait... Ichiraku stand lui manquait... Konoha lui manquait...

- Oni-chan, où allons-nous aller ? s'enquit-elle curieuse après avoir englouti sa broche de poisson grillé.

- Je projette que l'on aille au pays de la Brume... il y a moins de ninjas là-bas, et il y a un rouleau que je dois acquérir pour mon étude, expliqua-t-il évasif, avec toutefois un mystérieux sourire.

Alors, ils allèrent dormir dans la même tente et qu'ils pénétrèrent le même sac de couchage, Naruto s'infiltra plus profondément entre les bras de Kuram tandis qu'il jouait avec ses cheveux de sa langue râpeuse comme une renarde le ferait avec son renardeau.

De l'extérieur, la lumière émise par le feu se réverbéra dans la tente et donna un reflet rosé aux motifs; des renards rouges jouaient dans un terrier, une renarde allaitait ses petits. Sur une colline, d'autres renards courraient pour savoir qui allait atteindre en premier le sommet. C'était l'œuvre de Kurama. Ses propres souvenirs. Naruto apprécia avec grande estime ces peintures. Elle se demandait pourquoi Kurama aimait tant les renards.

Naruto releva qu'après un bain, la senteur naturelle de son Oni-chan - celle des Forêts du Nord, des aiguilles de pins et des bois fourrés - s'élevait lentement de son corps, comme si sa nature originelle reprenait le dessus sur son humanité. Naruto courra sa main sur ses joues et rit...

Elle et son Oni-chan avaient tant en commun...