Auteure : Tch0upi.
Titre : Jusqu'au bout de l'azur
Disclamer : Tous les petits personnages présents dans cette fanfiction appartiennent à Masashi Kishimoto.
Rating : T (Pour le "lemon")
Couples : Naru/Sasu. Saso/Dei.
Piégé
- On n'est pas censé être là, répéta pour la troisième fois Sasori en regardant tout autour.
Sasuke posa sa main sur son épaule tout en regardant Deidara qui était tout aussi nerveux.
- Ça va, fit le brun. Vous êtes habillés chic, personne ne le remarquera. Prétendez.
Sasuke esquissa un sourire fier et amusé, pétillant de malice tout en regardant de l'autre côté de la table, en direction de Naruto, assis confortablement dans son siège.
Les quatre amis étaient assis autour d'une grande table, dans la salle à manger, prêts pour le dîner. Sasuke les avait invité pour les présenter à son grand frère, histoire de détourner l'attention de sur Naruto et toute cette situation qu'Itachi n'aimait pas entre eux. Pour ce faire, Sasuke avait prêté un costume à Deidara et Naruto en avait fait de même pour Sasori, les deux garçons s'étaient coiffés à peu près correctement, Sasori tentant de dompter sa chevelure aussi hirsute que Naruto et Deidara attachant sa longue crinière à la manière d'Itachi.
- Vous êtes très beaux alors arrêtez de vous en faire avec ça.
- Je n'ai aucune manière, Sasuke, lâcha Deidara, anxieux.
- Fais comme moi.
Deidara eut à peine le temps d'acquiescer que le regard de Naruto fut attiré vers derrière lui, et il déclara presque aussitôt :
- Les voilà.
Voyant Naruto et Sasuke se lever pour accueillir les gentlemen qui s'avançaient avec des jeunes demoiselles à leurs bras, Deidara et Sasori bondirent debout avec maladresse, sous le sourire bienveillant et attendri de Sasuke. Après une escapade en troisième classe où il avait été nerveux, maladroit et loin de ses repères, là, c'était à son tour d'être sûr de ses moyens et de montrer à ses amis la marche à suivre.
Il fronça cependant les sourcils lorsqu'il vit Itachi escorter une jeune dame habillée comme une princesse jusqu'à la table. Son frère lui adressa un regard lourd de sous-entendu après avoir remarqué la présence de Naruto, certes pas à côté de Sasuke mais autour de la même table. Sasuke fit semblant de rien et salua son frère puis baisa la main de son accompagnatrice.
- Itachi, puis-je te présenter Deidara et Sasori.
Son aîné serra la main des deux jeunes hommes en les regardant de haut, remarquant par la même occasion que leurs vêtements, du moins pour le jeune blond, appartenaient à Sasuke. Il détourna vite son regard d'eux, toisant Sasuke avec mépris.
- Ce sont donc eux, les amis que tu t'es fait en troisième classe ?
- Oui. En fait, je les ai rencontrés à Southampton, quand je suis parti me balader, tu te rappelles ?
- Hn.
- Bien, asseyons-nous chers amis, lança Kiba pour qui le silence et l'atmosphère se faisait très tendu et glacial.
Il serra à son tour les mains des deux invités et se dirigea ensuite du côté de Naruto à qui il tapota l'épaule en guise de salut avant de s'assoir. À nouveau les regards de Naruto et de Sasuke s'accrochèrent, le plus jeune cherchant un soutien moral en Naruto quant à l'attitude de son frère. Tout ça ne serait pas facile.
Malgré tout, ils s'installèrent tous et, sous les airs de la pièce Valse Septembre, de Felix Godin, ils mangèrent tout en discutant. Sasuke ne porta pas très attention à la discussion, soutirant quelques conseils à son ami Deidara quant à la manière d'utiliser l'argenterie. Sasori l'imita de loin, assis quant à lui de l'autre côté entre Monsieur Inuzuka et un monsieur âgé qui était accompagné de sa femme.
- Déjà quatre jours que nous sommes partis, dit ce dernier tout en coupant sa viande.
Sasuke releva la tête à ces paroles.
- Comment trouvez-vous ce bateau, Monsieur Uchiha ? Vous ne parlez pas beaucoup ce soir, dites-moi.
Itachi ingurgita sa gorgée de vin à son tour avant de répondre d'un fin sourire espiègle.
- C'est un navire extraordinaire, je ne pouvais espérer mieux pour mon premier voyage en Amérique. Certes il y a quelques petites embûches, des choses qui n'étaient pas prévues mais...
Sur ce, il toisa Sasuke qui baissa la tête, sachant exactement ce que son frère voulait dire par « quelques petites embûches, des choses qui n'étaient pas prévues ». Il regarda Naruto qui sembla lui dire, d'un air sérieux : « Ne te laisse pas abattre » et se donna un peu de courage sachant le blond présent. Itachi retourna son attention sur son vis-à-vis lorsque ce dernier s'étonna sur ses mots :
- Vous n'êtes jamais allé en Amérique, mon cher monsieur ?
- Non, avoua Itachi en souriant. Mon petit frère ici présent et moi sommes orphelins, depuis quelques années. Peut-être que les affaires iront mieux aux États-Unis. Vous savez, l'économie roule assez bien là-bas. C'est ce qu'on dit, bien sûr.
- Oh, tout à fait, mon brave ! Je pars aussi pour affaires...
Et il continua sa conversation tandis que Sasuke, abattu malgré le soutien de Naruto, mangeait sans vraiment d'appétit.
Non seulement, son frère n'était plus à ses côtés, il l'avait abandonné d'une certaine façon, mais il venait de comprendre également qu'une fois à New-York, Itachi l'emmènerait loin et l'empêcherait de voir Naruto. C'était ce qui allait se passer une fois que le bateau arriverait au quai. Il n'y avait pas d'autres scénarios. Comment avait-il pu simplement croire qu'il aurait une chance de s'enfuir avec Naruto ? Comment avait-il pu penser un seul instant que tout se déroulerait comme dans les livres ? Qu'ils vivraient heureux, qu'ils se retrouveraient après ces deux ans, qu'ils ne se sépareraient plus jamais ? Ce n'étaient que des pensées puériles et terriblement naïves. Ces derniers jours, avec Naruto, à se retrouver, à s'embrasser, à se caresser, à rattraper le temps perdu, ce n'étaient que des moments utopiques à ancrer profondément dans sa mémoire car le voyage se terminerait un jour. Le Titanic allait arriver au port. Ils ne pourraient pas y rester pour l'éternité...
Pourquoi cela faisait-il si mal ?
Il déposa sa serviette de table sur son couvert et s'adressa à son frère, interrompant de la façon la plus impolie l'homme qui lui parlait, d'une voix froide et colérique :
- Tu pourrais au moins me laisser profiter des derniers jours qui me restent sur ce paquebot de rêve. Toi, tu peux bien bavarder avec qui tu l'entends, mais moi je dois rester emprisonné dans ces étaux que tu me mets autour des chevilles hein ? C'est comme ça que tu veux la jouer ? Parfait, je m'en vais avant qu'il ne soit trop tard. J'ai le droit de vivre aussi !
Sur ce, il se leva, suivi des regards surpris et choqués des gens attablés. Le cœur battant, n'ayant que la date du jour en tête, il s'enfuit en direction du grand escalier.
Le 14 avril. Quatre jours qu'ils étaient à bord, quatre jours qu'ils voguaient vers l'Amérique. Il ne restait environ que trois jours... trois jours et ils arriveraient à New-York, il verrait Naruto disparaître dans la foule et Itachi l'emmener trop loin pour qu'ils ne puissent se revoir... Jamais...
- Sasuke ! cria Itachi en se levant. Steward ! Ramenez-le.
Le steward le plus près à qui étaient adressés ces ordres se retourna et aperçut le jeune homme qui courait désormais, au bout de la pièce. Il se prépara à partir à sa suite, mais Naruto se leva, déposa sagement sa serviette sur la table et vint rattraper le steward.
- Ce n'est pas la peine, j'y vais.
Il n'adressa aucun regard à Itachi et il partit. Itachi, fulminant, reprit ses esprits et regarda vers la table, vers les hommes et les femmes assis qui le regardaient avec de grands yeux, scandalisés par la petite scène. Il comprit qu'il ne pourrait pas en rajouter, sinon ils se demanderaient tous ce qui n'allait pas chez lui. Après tout, ils ne pouvaient pas se douter que son petit frère entretenait une relation plus qu'amicale et totalement malsaine avec cet homme qui venait de partir à sa suite.
Piégé, il se rassit en contenant sa colère.
- Je vous prie de m'excuser, chers amis. Mon petit frère est un enfant très troublé... Vous savez, ce voyage, ce changement, c'est trop pour ses jeunes épaules.
- Oui, tout à fait, s'exclama le vieil homme aux côtés de Sasori.
- Mon pauvre garçon, fit sa femme en mettant une main devant sa bouche.
Sasori regarda Deidara, inquiets tous les deux, puis Kiba Inuzuka, sachant que quelque chose n'allait pas pour son ami, décida d'alléger l'atmosphère en relançant la conversation. Naruto n'avait pas besoin, en plus de tous ces soucis, que l'attention soit tournée vers lui, surtout si cela concernait un quelconque scandale.
- Sasuke, attends-moi ! cria Naruto en bousculant quelqu'un près de la sortie.
Sasuke continua sa route jusqu'au pont, où il courut en direction de la proue. Là où il n'y avait personne. Personne à part lui et l'océan. Il voudrait bien pouvoir y rester. Mais comment ? Comment déjouer son frère ? Il n'y avait aucune issue. Aucune.
Il s'arrêta à la proue, près de la barrière. Il jeta un bref regard peiné à l'océan aussi noir que le ciel. C'était une nuit sans lune, une nuit froide, une nuit tout de même tellement belle qu'il s'adoucit rapidement. Essoufflé, il se pencha sur la rambarde avant de se laisser tomber, s'appuyant le dos contre le bastingage.
C'est à ce moment-là que Naruto arriva, essoufflé également. Son regard était sérieux, inquiet et un peu énervé. Sasuke releva la tête vers lui, surpris de l'éclat de ses yeux. Renfrogné, il releva les genoux contre son torse et détourna le regard, allant observer les maigres scintillements de l'eau que l'on voyait grâce et uniquement à la lumière du Titanic.
- Tu vas me sermonner à ton tour ? s'écria-t-il. Pas la peine, j'ai compris que j'ai fait un fou de moi. Ce n'est pas la première fois et de toute façon, je m'en fiche !
- De quoi tu parles ? Je n'allais pas te sermonner.
- Regardes-toi, soupira Sasuke. T'as l'air fâché.
- Je ne le suis pas contre toi. J'ai horreur de ces gens qui vivent étroitement. J'ai horreur de ceux qui prétendent connaître le bonheur alors qu'ils n'ont jamais seulement effleuré le malheur.
Sasuke releva ses yeux vaincus vers Naruto, qui s'était accroupi devant lui. Le vent glacial balaya ses cheveux et le fit frissonner, mais bien ancré au fond des yeux bleus et clairs du blond, il ne ressentit pas le froid. Seulement les battements effrayés et rapides de son cœur qui s'emballait pour lui, pour Itachi et pour sa profonde peur d'être de nouveau séparé de celui qu'il aimait.
Fronçant doucement les sourcils, il émit une objection :
- Tu n'as jamais connu le malheur, murmura-t-il, piteux.
- Tu crois que j'étais le plus heureux du monde quand tes parents sont morts, Sasuke ? Tu crois que je ne ressentais pas ta souffrance, que j'étais indifférent face à ton désespoir ? J'ai tout ressenti comme s'il s'agissait de ma propre famille, et puis c'est tout comme. Ça m'a fait un sacré coup de les voir disparaître. Une partie de toi est partie avec eux, d'une certaine manière, et j'ai eu du mal à m'en remettre. Crois-moi, j'en ai terriblement souffert, d'avoir si longuement regardé dans tes yeux vides.
Sasuke baissa de nouveau la tête. Il soupira d'exaspération.
- Je ne sais plus quoi faire. Nous sommes le 14 avril, Naruto. Le voyage est censé durer une semaine et il y a déjà plus de la moitié de fait. J'ai peur, j'ai tellement peur. Je ne veux pas qu'ils nous séparent. On a le droit, non ? D'être ensembles ? Qui nous en empêchera ? Quelle différence entre une amitié et ça ? Ils n'y verront que du feu... Il n'y a que mon frère qui...
- Écoute-moi, on ne se laissera pas faire. Je resterai à tes côtés jusqu'à l'arrivée du bateau. Ton frère n'ébruitera pas toute cette histoire, il a déjà dû faire face à tous ces gens que tu viens de mettre en état de choc...
Le jeune brun pouffa discrètement, se rappelant de la petite scène qu'il venait de faire, qui n'avait sûrement pas amusé son frère. Naruto, avec un sourire également, poursuivit, prenant ses mains dans les siennes pour les réchauffer.
- Alors on a le champ libre jusqu'à mardi. On n'a qu'à tenter de lui expliquer.
- Il ne voudra rien entendre.
- Essayons, l'encouragea doucement et patiemment Naruto. Ton frère n'est pas stupide. Il a des affaires importantes et s'il ne veut pas te perdre, s'il ne veut pas que le scandale éclate, peut-être qu'il acceptera que l'on soit ensembles... dans le secret.
- Tu crois que ça pourrait fonctionner ?
- On n'a rien à perdre d'essayer. Il est humain après tout. Et c'est ton frère.
Sasuke considéra longuement cette option, que le blond venait d'ouvrir à lui. Il avait peut-être raison. Si Itachi ne voulait pas le perdre, il pourrait peut-être les autoriser à se voir en secret, et prétendre en dehors des murs de leur chambre, qu'ils n'étaient que de très bons amis. Des amis très proches, mais des amis tout de même. Les doutes ne s'élèveraient pas plus haut que ça. Itachi pouvait bien comprendre ça. S'il les avait vus, deux ans auparavant, alors il devait savoir qu'ils ne jouaient pas la comédie, que Naruto et lui s'aimaient vraiment, sincèrement, et qu'ils ne voulaient qu'une chose et c'était de ne plus se séparer.
Respirant plus doucement, son souffle retrouvé, Sasuke finit par accepter tout bas.
- On est obligé d'y aller tout de suite ? demanda-t-il.
- Non. On peut laisser la poussière retomber et lui parler demain matin.
Ne trouvant aucune autre solution pour l'instant, Sasuke se vit obligé d'accepter la main bronzée qui l'aida à se relever.
- J'aimerais aller dormir, je suis épuisé...
- Oui, je te ramène à ta suite, souffla doucement Naruto de sa voix grave, glissant un bras autour de Sasuke.
Ils prirent ensemble le chemin du pont supérieur.
À SUIVRE...
