Chapitre 10
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Le ciel était d'un bleu limpide, le soleil baignant la terre de lumière la chauffait déjà de ses rayons à onze heures à peine sans oublier le petit vent tiède qui passait entre les mèches brunes de Ran bref ! Un temps idéal pour aller au marché de Shibuya.
La jeune Môri souhaitait trouver de beaux morceaux de porc pour préparer du Tonkatsu (côtelette de porc panée est frite, découpée en tranches et accompagnée de chou chinois râpé et d'un peu de moutarde) aux deux hommes de sa vie mais trouver de la belle viande à un prix abordable était assez délicat, il fallait arriver tôt sur place sinon les meilleurs morceaux étaient pris. Toute fois, elle sentait qu'aujourd'hui elle aurait de la chance et son horoscope était très prometteur pour la journée.
- Ohayo gozaimasu Ran-chan. (bonjour = matin)
- Ohayo gozaimasu.
- Qu'est ce que je vous sers aujourd'hui ?
- Je vais faire du Tonkatsu, alors si vous avez un choux chinois pas trop gros…
- Hai, hai (oui) je vous amène ça tout de suite. Ca sera tout ?
- Oui merci.
L'épicier fourra un petit chou dans un sachet plastique avant de le rendre à sa cliente.
- Arigatou. Bonne journée à vous.
Contrairement à l'épicier il y avait un monde fou à la boucherie mais alors qu'elle payait après s'être frayé un chemin parmi d'autres clients, la jeune fille entendit que quelqu'un prononçait son nom.
- Ara ! Nakamori-san ! Môri-san !
Ran se retourna, en même qu'une autre jeune fille qui lui sembla familière même si elle ne l'avait jamais vu mais…la demoiselle lui ressemblait beaucoup ! Puis son regard se fixa sur la personne qui les avait interpellé toutes les deux….
- Ara ! Azumi-san janaî !
La dénommée Azumi leur sourit, son panier de commission sur le bras, le monde était vraiment petit pour qu'elle rencontre le même jour et en même temps Aoko et la jeune demoiselle Môri qu'elle avait connue lors d'une affaire à Fukui.
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Les trois filles s'installèrent à la terrasse d'un salon de thé après avoir achevé leurs courses ensemble. Aoko et Ran ne se connaissaient pas mais leur aînée savait délier les langues et bien vite les deux lycéennes commencèrent à papoter avec entrain, il fallait aussi dire qu'elles n'étaient pas timides et que leurs personnalités étaient enjouées et ouvertes.
- Alors tu es au lycée Teitan ? Tu dois connaître le détective lycéen Kudo Shinichi alors.
- Oui et comment que j'le connais…nous sommes amis depuis l'enfance.
Hontô ? (vraiment) Qu'elle chance ! Nous aussi nous avons un détective dans notre classe, il s'appelle Hakuba tu as dû aussi entendre parler de lui.
- Oui, nous nous sommes déjà rencontré lors d'affaire de mon père.
Aoko se souvint alors du nom de son interlocutrice.
- Môri…
- Mmh ? Ran releva les yeux de sa tasse croyant que sa voisine de table s'adressait à elle.
- Non ! Tu es la fille de Môri l'endormi ? S'exclama Aoko
- Euh oui…
- Eh ben ! Tu es entourée de célébrité !
- Oh pas tant que ça. Ran était un peu gênée mais sa nouvelle amie semblait vraiment enthousiaste. Et si je ne me trompe pas ton père à toi est inspecteur non ?
- Oui mais je le vois rarement à la maison il est tellement occupé à pourchasser le Kid…
Ran et Azumi s'aperçurent vite que le regard d'Aoko s'était assombrit un bref instant et que parler de l'absence de son père ne l'enchantait pas vraiment…alors pour changer de sujet Azumi demanda.
- Nee Ran-san, Edogawa-kun n'est pas avec vous ?
- Non, il avait une partie de foot avec ses amis.
- So…
Azumi n'ajouta rien et plongea ses lèvres dans sa tasse de thé mais son dernier mot faisait ressentir sa déception devant l'absence du petit détective mais après tout elle avait gagné une matinée en compagnie de deux jeunes filles qui se ressemblaient beaucoup et pas seulement physiquement et le fait qu'elles se connaissent allaient peut être changer la donne.
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Malheureusement le beau temps ne dura pas, en fin d'après midi le ciel se couvrit rapidement et il finit par tomber des cordes. Conan était ressorti chez le professeur Agasa, le petit détective avait prévenu qu'il ne rentrerait que tard et Kogoro est bien….il se plaisait à revoir en boucle tous ses enregistrements de Yoko Okino meilleur façon pour lui de passer le temps les jours de pluie. Ran dû donc dîner seule mais elle en avait prit l'habitude car de toute façon depuis un certain temps elle se sentait toujours « vide », il lui manquait quelque chose…enfin…plutôt quelqu'un… La jeune fille sursauta lorsqu'elle sentit son portable vibrer dans la poche de son jean mais elle finit par sourire lorsqu'elle vit le numéro affiché sur l'écran.
- Oui…bonsoir Shinichi…
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Il était vingt et une heure passé lorsqu'Azumi eu fini de repasser le costume de fantôme de son jeune maître. Celui-ci c'était enfermé dans sa pièce secrète et avait expressément demandé à ce qu'on ne le dérange pas, la jeune femme avait donc pu faire son petit ménage tranquillement tout en repensant à la conversation qu'ils avaient eu l'autre soir…les similitudes entre la disparition de ses parents et celle de Kuroba-san étaient troublantes que pouvait donc cacher toute cette affaire ? Et y avait-il un lien ?
Elle allait monter à l'étage lorsqu'on frappa à la grande porte d'entrée.
- Ara ! Qui cla peut-il être à cette heure ci ?
Azumi n'eut qu'a faire quelques pas pour aller ouvrir la grande porte et, dehors trempée par la pluie…
- Môri-san !
Ran baissa la tête devant l'air stupéfait de son hôtesse.
- Gomen nasai…je sais qu'il est tard mais….
Sa voix se brisa, et un flot de larmes recommença à ruisseler sur ses joues se mêlant à la pluie. Azumi ressentit un violent frisson, une si grande tristesse s'échappait de la lycéenne en face d'elle qu'elle se sentait soudain nauséeuse. Sans un mot, elle s'écarta de l'entrée pour laisser entrer sa visiteuse surprise.
oOoOo
Lorsqu'il mit enfin le nez hors de son repaire secret, le maître des lieux ne pu que remarquer une suite de petite flaques d'eau qui traversait son hall en diagonal…ça n'était pas qu'il était un maniaque de la propreté mais tout de même…Et puis où était passé sa charmante assistante ?
Kaito entra dans le salon où conduisait les empruntes d'eau en ouvrant la porte à toute volée.
- Ohé Azumi qui a…
Mais il ne pu finir sa phrase…son bras droit était assise dans le plus large fauteuil et par terre, le visage reposant sur ses bras et couché sur les genoux d'Azumi, Ran s'était endormie ses yeux encore emprunts de son chagrin.
Voyant son jeune maître entrer avec fracas elle avait placé son index sur ses lèvres pour lui indiquer de faire silence.
Le jeune propriétaire des lieux entra pour mieux contempler la scène…c'était bien la fille du détective Mouri…Il ne pouvait oublier ce visage…celui de cette fille qui « lui » ressemblait. La ressemblance en était stupéfiante et la voir ainsi, les yeux rougies, gonflés et les traces de larmes encore bien présentes sur ses joues…Bon sang qu'est ce que ce gros nul de détective avait encore fait pour la faire pleurer ? Ah ça pour les enquêtes et jouer les empêcheurs de voler en rond il était fortiche ! Mais question délicatesse c'était zéro !
Voyant le regard interrogatif voir énervé de son maître Azumi le devançant dans ses questions.
- Elle ne savait pas où se réfugier…Nous nous sommes croisés en ville ce matin et je lui ai dit de passer un de ces jours….
Kaito eu soudain le regard grave, si cette demoiselle était là alors son fidèle protecteur pouvait peut être, être au courant mais une fois encore Azumi l'arrêta dans ses réflexions.
- Elle ne sait pas que je vis ici avec vous et puisqu'elle dort elle ne vous verra pas. Bocchama pardonnez moi cette initiative mais…La jeune femme baissa les yeux sur l'endormie à ses pieds. Je ne pouvais vraiment pas la laisser dehors…
Le jeune homme n'avait pas dit un mot depuis son entrée dans le salon
- Non, tu as bien fais mais elle va prendre froid si elle reste comme ça.
Sur ce, il se pencha et avec le plus de précautions possible, prit sa jolie visiteuse dans ses bras.
- Je vais la coucher dans la chambre d'ami mais il faudra que tu la veilles, je ne peux rester dans le coin tant qu'elle sera là.
Il partit avec son précieux fardeau sans lui laisser le tant de répondre.
Azumi observa le gentleman qui lui servait de maître jusqu'à ce qu'il disparaisse dans l'entrebâillement de la porte et finit par sourire.
- Arigatou…Kaito-kun.
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Ran se sentait bien, si bien. Pendant son sommeil, elle avait fait un rêve, un rêve merveilleux qui semblait si réel son prince, celui dont elle attendait si impatiemment le retour l'avait soulevée de terre pour l'emporter dans ses bras et cette douceur, cette chaleur qui se dégageait de ce corps masculin contre lequel elle pouvait se blottir lui avait fait oublier tous ses chagrins. Elle se souvenait de tous dans les moindres détails ses gestes calmes et attentifs, sa présence et ce parfum discret mais enivrant. Ce rêve resterait gravé dans sa mémoire pour toujours et elle sourirait en y repensant.
