Chapitre 10

En voyant Doyle s'effondrer sur le palier, Rick s'était levé d'un bond et précipité dans l'entrée, oubliant son mal de crâne.

- Castle, il faut appeler les secours ! lui lança aussitôt Beckett, s'agenouillant auprès de Simon Doyle, qui gisait de tout son long, sur le ventre, inconscient.

- Quoi ? Non ! s'indigna Rick, scrutant le corps inerte avec étonnement et excitation.

Il n'en croyait pas ses yeux : Doyle était là, chez lui. Il était venu le trouver. Ce devait être vraiment important. L'idée le réjouissait, bien qu'il fût forcé de constater que son voyageur temporel était dans un piteux état. Que lui était-il arrivé ?

- Comment ça « non » ? Regarde l'état dans lequel il est ! s'exclama Kate, agacée, en posant deux doigts sur sa jugulaire pour prendre son pouls.

- Alors ? s'inquiéta Castle, s'agenouillant à son tour près de lui, et observant son visage blessé, plaqué contre le sol.

- Il respire … Aide-moi …, lui fit-elle, en manipulant son corps pour le placer en position latérale de sécurité.

- J'espère qu'il ne va pas mourir …., ce serait trop nul …, constata Rick, glissant le bras de Doyle sous son visage.

- Son rythme cardiaque a l'air normal … Il est juste dans les vapes je pense … Occupe-toi des secours, je vais appeler le poste, ordonna Beckett en se levant pour aller chercher son téléphone.

- Non, il va encore nous échapper. Il est là, il y reste. Il est venu jusqu'à nous, il doit bien y avoir une raison, expliqua Castle, se levant à son tour.

- Une raison ? Il est tordu, voilà la raison …, soupira Kate, observant, dépitée, l'énergumène qui gisait dans leur entrée.

Son visage donnait l'impression qu'il avait servi de punchingball. Ses vêtements avaient été lacérés, déchirés, laissant entrevoir des plaies sur ses bras, son torse, ses jambes. Sans nul doute, Doyle s'était encore attiré des ennuis. Mais ce n'était pas son problème. Elle allait le remettre au 12ème District et des équipes se chargeraient de son cas.

- Même fou il a le droit d'être entendu … Avec le mal qu'il se donne pour me trouver …, au point de s'effondrer sur notre palier ! Je lui dois bien d'attendre qu'il reprenne ses esprits pour l'écouter.

- Rick, sérieusement … Regarde l'état de ses vêtements, de son visage … il file un mauvais coton. Il doit avoir des problèmes ou être trempé jusqu'au cou dans une affaire. Je ne peux pas ne pas prévenir le poste !

- Je sais, mais … Ecoute, on n'arrivait pas à le trouver, et il est là …

- Oui, et il sera encore mieux en cellule, une fois remis sur pieds !

- Et s'il s'évapore dans la nature durant le trajet ? Ou à l'hôpital ? Ce ne serait pas la première fois que ça arrive ! lui rappela Castle, bien décidé à ne pas laisser Doyle disparaître à nouveau.

Kate soupira, en réfléchissant, scrutant le malheureux, inconscient. Rick n'avait pas tort. Simon Doyle était du genre incontrôlable et ingérable. Elle avait hâte de l'entendre s'expliquer sur les péripéties de la matinée, et de lui remettre les idées en place afin qu'il ne fiche pas en l'air l'affaire Jana Myers. Castle la dévisageait de son petit air insistant quand la voix de Doyle interrompit leur échange silencieux.

- Je vais bien, je vais bien …., assura-t-il, tentant de se redresser. Pas d'hôpital, merci.

- Doyle ? Ne bougez pas, vous êtes mal en point ! lui lança aussitôt Castle, en le regardant, allongé à ses pieds.

- Hum … Hey ! Richard Castle …, balbutia-t-il, difficilement.

- Lui-même, sourit Rick, tandis que Kate revenait auprès de Doyle, d'un air déterminé. Ravi de vous revoir …

- Moi-aussi … si vous saviez, marmonna-t-il en s'asseyant, et se frottant la tête.

- Qu'est-ce que vous faisiez au poste tout à l'heure ? râla Beckett avec autorité, en le dévisageant froidement, le toisant de toute sa hauteur. Que voulez-vous ?

- Au poste ?

- Ne jouez pas les innocents … Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? Qu'est-ce que vous fichiez ? grogna-t-elle, déterminée à le faire parler rapidement.

- Doucement, Beckett …, lui fit gentiment Castle. Il se réveille tout juste … Laisse-lui le temps de se remettre …

- Hum … je crois d'ailleurs que je vais me rendormir un peu …, répondit Doyle, se laissant tomber sur le dos, les yeux clos.

Castle et Beckett échangèrent un regard sidéré, puis observèrent Doyle, endormi sur le sol.

- Il ronfle …, constata Rick, stupéfait. Il dort vraiment !

- Bon sang … Qu'est-ce que c'est que ce type ? râla à nouveau Kate.

- Il est trop fort … Il doit être programmé pour s'endormir sur demande, afin d'économiser un maximum son énergie quand il voyage à travers les décennies ….

- Stop, Castle …, l'interrompit-elle aussitôt. Tu avais promis.

- Désolé … mais reconnais que …

- Tais-toi, s'il te plaît … Et aide-moi …, soupira-t-elle, en allant se positionner aux pieds de Doyle.

- A quoi faire ? demanda Rick, incrédule.

- A le tirer à l'intérieur ! Tu veux le laisser dormir là, sur le palier, à la vue de tous nos voisins ?

- Euh … non, tu as raison …

- Place-toi derrière ses épaules et tire …, ordonna Kate.

Castle s'exécuta, et pestant contre le poids de Doyle, tira son corps inerte sur le sol du salon, tandis que Kate refermait la porte.

- Et maintenant ? lui fit Rick, la dévisageant en haletant, les poings sur les hanches, pour reprendre son souffle. Bon sang … il m'a tué le bougre …

- Tu ne fais pas assez d'exercice …

- Hey … on voit bien que ce n'est pas toi qui a tiré ce poids mort … et je fais bien assez d'exercice …, en chambre, certes, mais quand même ! se défendit-il.

- Hum … Bon, j'appelle le poste …, lui fit-elle, en se dirigeant vers le canapé pour récupérer son téléphone.

- Kate … s'il te plaît … non …

- Castle …, c'est bon …, soupira-t-elle.

- Regarde-le ! Il dort comme un bébé … Il est inoffensif !

- Il est fou, Rick … Les enfants vont se réveiller tout à l'heure, et il est hors de question qu'ils tombent nez à nez avec cet énergumène.

- On appellera le poste avant le réveil des enfants. Promis … Dès qu'il ouvre les yeux, on l'interroge … On ne peut pas laisser passer cette opportunité. Imagine si vraiment il …

- Castle ! râla-t-elle, sentant qu'à nouveau il allait parler de voyage dans le temps.

- Ok, ok … je n'ai rien dit … Mais s'il te plaît, Kate ….

- Je te préviens que s'il ne se réveille pas rapidement, je vais m'occuper de son cas, répondit-elle, d'un ton menaçant.

- Tu es géniale, sourit Castle, comprenant qu'il était parvenu à la convaincre et avait gagné ainsi quelques précieuses minutes.

- Mais on ne peut pas le laisser là. Si Eliott se lève plus tôt que prévu … On va l'emmener dans le bureau. Allez, en position, Castle !

- Hum … j'aime quand tu me donnes des ordres coquins …, la taquina-t-il.

- Dépêche-toi donc, répondit-elle dans un sourire.

Tant bien que mal, haletant et suant, ils réussirent à traîner Doyle jusque dans le bureau.

- Rappelle-moi … si un jour, on doit éliminer un cadavre, de le découper dans un premier temps …. Ou le broyer …., constata Castle, épuisé par l'effort.

- Sérieusement ?

- Quoi ? On ne sait jamais ce que la vie nous réserve … ça pèse trois tonnes un mort !

- Comment peut-il dormir comme ça ? s'étonna Kate, dévisageant Doyle, qui ronflait légèrement, étendu de tout son long sur le tapis.

- Il est peut-être encore dans les vapes … non ?

- Non … il ronfle … il dort …

- Ça doit être un truc du futur qui le fait dormir. C'est certain.

- Ou un cas de narcolepsie tout simplement … à moins qu'il se fiche de nous et simule …

- Tu crois ? s'étonna Rick, se penchant au-dessus de Doyle. On va voir ça …

Castle fit mine de mettre un coup de poing dans le nez de Doyle, s'arrêtant à quelques centimètres à peine de son visage. Sans réaction aucune, imperturbable, Simon Doyle ne frémit même pas.

- Non, il dort bien …, assura-t-il, en se redressant.

- Je vais demander à Lanie de passer l'examiner.

- Mais non …, pas besoin. Il dort juste.

- Tu es médecin, Castle ? C'est peut-être une conséquence d'un traumatisme crânien. S'il meurt dans ton bureau parce qu'on n'a pas appelé les secours tu imagines les conséquences ? lui fit-elle remarquer.

- On n'aura pas de mal à faire disparaître son corps …. On le découpe, comme je te le disais, puis on broie et …

Devant l'air ahuri de sa muse, il sourit largement, fier de ses bêtises.

- Je rigole …, s'amusa-t-il. Tu as raison. Il vaut mieux appeler Lanie. Et moi je vais l'attacher au bureau, histoire qu'il ne file pas en douce ou ne se téléporte pas je ne sais où …

- Ok …, soupira-t-elle, attrapant son téléphone dans sa poche.

Dix minutes plus tard …

Assis dans le petit canapé du bureau, Castle et Beckett scrutaient le moindre signe d'éveil chez Doyle, toujours endormi. Régulièrement, Kate vérifiait son pouls, pour s'assurer que tout allait bien. Mais elle commençait à s'impatienter.

- Tu n'as pas trouvé mieux pour l'attacher que ces menottes ? demanda-t-elle, observant les menottes de fourrure rouge qui leur servait, parfois, d'accessoires coquins.

- Ben non … ça donne un certain charme à cette scène …, sourit Castle en se levant. D'ailleurs, je vais l'immortaliser, ça pourrait me servir pour un roman …

Soupirant simplement, Kate le regarda prendre Doyle en photo avec son téléphone.

- Dire qu'on devait se reposer ce week-end …, et on se retrouve avec un fou attaché à ton bureau …

- C'est trop cool ! Reconnais que c'est palpitant ! s'exclama Rick, tout content.

- Hum …, si on veut … Tu n'as plus mal à la tête toi, on dirait ?

- Ça va …, répondit-il, un peu évasivement, tout focalisé qu'il était sur Doyle.

- Si dans quinze minutes, il n'est pas sur pied, je me charge de le réveiller … à ma façon …, l'avertit-elle à nouveau, alors que Rick, revenait s'asseoir près d'elle.

- Oh … quelle façon ? Ne sois pas trop brutale avec lui quand même …

- Ne t'en fais pas …

- Dis …, je sais que tu as les pieds sur terre, et que tu es ultra-rationnelle … mais tu n'as jamais eu de doute à l'époque ? demanda-t-il, la regardant dans les yeux pour mieux lire ses pensées.

- Quelle époque ?

- Quand Doyle est venu du futur, la première fois …

- Non … comment veux-tu que j'imagine qu'il vienne vraiment du futur ? sourit-elle, toujours sidérée que Castle puisse croire à de telles inepties.

- Son histoire tenait la route. Et il savait des choses … qui se sont révélées vraies.

- En partie vraies seulement … et ça ne veut rien dire. N'importe qui peut faire des pronostics sur le futur sans venir pour autant du futur, lui fit-elle remarquer.

- Il a disparu de sa cellule, Kate …, et il s'est évaporé en oubliant sa télécommande sans que je puisse le rattraper.

- Tyson aussi a disparu de sa cellule ... Et il ne venait pas du futur …

- Pas faux …, admit-il, avec une petite moue.

Songeuse et perplexe, Kate réfléchissait néanmoins à un élément, qui, il y a cinq ans, l'avait interpellée. La lettre sur laquelle elle avait renversé son café. Elle ne parvenait toujours pas à expliquer les choses rationnellement, mais elle s'était bien gardée d'en parler à Castle, pour ne pas alimenter ses théories. Il y avait forcément quelque part une explication.

- A quoi penses-tu ? lui fit-il, intrigué.

- Rien …

- Je reconnais cet air …, tu me caches quelque chose ! s'exclama-t-il.

- Non …, sourit-elle, amusée par sa réaction.

- Menteuse …, répondit-il, avec un sourire complice.

- Bon ok, admit-elle, se disant que finalement, vu les circonstances, autant partager cet élément avec son cher mari, même si cela allait l'enthousiasmer plus que de raison.

- Quoi ? Dis-moi ! s'impatienta-t-il.

- Tu te souviens de la photo de la lettre écrite par Paul Deschile pour Malcolm … ? Elle nous avait aidés à résoudre l'affaire.

- Oui, Ward avait cette photo.

- Quand la femme de Malcolm nous a remis la lettre originale, elle était différente de celle de la photo …

- Ah bon ?

- Oui. Je n'avais pas fait plus attention que ça au début, mais la lettre sur la photo était entièrement tâchée par une substance brunâtre, alors que la lettre originale était intacte.

- Bizarre …, constata Castle, essayant de comprendre où voulait en venir sa femme.

- Plutôt …, d'autant plus que ce jour-là, après qu'on ait bouclé l'enquête, j'ai renversé mon café sur l'original de la lettre. Et elle s'est retrouvée tâchée exactement comme celle de la photo.

Castle ouvrit de grands yeux ébahis, avant qu'un large sourire n'illumine son visage. Kate sourit, contente malgré la situation de faire le bonheur de son mari. Elle était agacée, certes, mais Rick n'était pas responsable. Si Doyle lui voulait quelque chose au point d'atterrir au loft, il n'y pouvait rien. Elle aimait l'enthousiasme enfantin de son mari, son côté passionné, curieux et tenace. Et de toute évidence, son week-end était bel et bien fichu, alors autant essayer de voir le bon côté des choses en attendant d'interroger Doyle, qui, à coup sûr, allait sûrement leur raconter tout un tas de bêtises.

- Tu te moques de moi … ? demanda Rick, alors qu'il réalisait ce que tout cela voulait dire.

- Non, c'est vrai …, je t'assure.

- Mon Dieu ! Alors cela confirme que la photo venait du bien du futur ! Et Ward et Doyle aussi !

- Ça ne confirme rien, Castle. Il y a une explication logique. Forcément !

- Mais tu as douté ! lui fit remarquer Rick, tout heureux de voir que le rationalisme de sa muse avait des failles.

- Disons que j'ai trouvé cela mystérieux …

- Tu ne le reconnaîtras jamais …, têtue ! s'exclama-t-il, joyeusement.

Elle sourit, amusée.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ? C'est trop cool !

- Parce que tu perdais déjà assez la tête avec cette affaire …

- Comment expliques-tu cela alors ?

- Eh bien, il y avait peut-être plusieurs exemplaires de la lettre de Deschile … l'une, celle qui apparaît sur la photo, était tâchée, c'est tout.

- Tâchée exactement comme celle où tu as renversé ton café ? Sacrée coïncidence, non ?

- En effet … mais ce genre de coïncidences inexpliquées existent …

- Tu es bornée …, sourit-il, amusé par son obstination à nier les évidences.

- Je sais …, rit-elle.

- J'adore … , murmura-t-il, tendrement, en se penchant pour déposer un petit baiser sur ses lèvres, content que la situation s'apaise avec Kate, et qu'elle semble moins fâchée.

Le bruit discret de la porte d'entrée les interrompit alors.

- Ce doit être ma mère …, constata Rick. Qu'est-ce qu'on fait du corps ?

- Ce n'est pas un cadavre, Castle …. On ne fait rien !

- Les enfants ? appela la voix de Martha.

- On devrait planquer Doyle, elle va prendre peur …, constata Rick, se levant dans la précipitation comme pour chercher un recoin où dissimuler l'endormi.

- Il n'y a personne ? appela un peu plus fort Martha, dont les pas se rapprochaient.

- Trop tard …, elle arrive, constata Kate en se levant.

Deux secondes plus tard, Martha apparaissait dans l'encadrement de la porte du bureau.

- Oh, bonjour mes chéris, sourit-elle chaleureusement, tandis que dans le même temps son regard se portait sur l'homme gisant au sol, menotté au bureau de Castle.

- Bonjour, Mère … tout va bien ? demanda Rick, un sourire innocent sur le visage.

- Que passe-t-il ici ? Une séance coquine à trois qui a mal tourné ? demanda-t-elle, taquine.

- Euh … non …, balbutia Kate, rougissant légèrement.

- Mère, non ! s'offusqua Castle, d'un air outré.

- Oh, allons, les enfants … j'en ai vu d'autres … Je comprends que passé un certain stade, un couple ait besoin de pimenter sa vie sexuelle et …

- Tout va bien, Mère, je t'assure … Notre vie sexuelle est extrêmement épicée. Il ne s'est rien passé avec cet homme …

- Il est plutôt mignon pourtant … et bien bâti … Mais pourquoi est-il dans cet état ?

- On l'ignore …, répondit Rick.

- Vous ignorez pourquoi un homme blessé dort sur votre tapis menotté tel un amant repu et épuisé qu'une maîtresse aurait trop malmené ?

- Tout à fait … enfin … c'est une longue histoire.

- Venez, Martha, je vais vous expliquer, ajouta gentiment Kate, prenant sa belle-mère par les épaules. Castle, toi, trouve un moyen de le réveiller une bonne fois pour toutes qu'on en finisse !

- Euh … oui … bien-sûr !

Quinze minutes plus tard …

Lanie, accroupie auprès de la tête de Doyle, tâtonnait de ses mains gantées son cuir chevelu, en quête d'une blessure qui pourrait expliquer sa perte de conscience et son endormissement. Elle était arrivée rapidement, suite à l'appel de Beckett, soucieuse de ce qui se tramait au loft. Rick et Kate avaient un don pour s'empêtrer dans ses situations compliquées. Castle scrutait à présent le moindre geste de la légiste, très intrigué et perplexe suite aux derniers rebondissements de la journée. Quant à Kate, elle commençait à perdre patience. Elle avait fourni à Martha quelques explications, avant de lui recommander de rester au salon, et de s'occuper des garçons s'ils venaient à se réveiller.

- Je ne pense pas qu'il ait été frappé à la tête, constata Lanie, en se relevant. Pas de plaie, pas de contusion … Les coups au visage peuvent expliquer son évanouissement et sa perte de conscience quand il est arrivé chez vous. Mais vous m'avez dit que ça n'a duré que quelques secondes, non ?

- Oui …, confirma Kate.

- Il dort vraiment ? s'étonna à nouveau Castle, circonspect, et impatient.

- Oui …, on dirait bien … Mais il faudrait l'emmener à l'hôpital. Ce n'est pas anodin … Il pourrait souffrir d'une commotion cérébrale, les prévînt Lanie, dévisageant Doyle d'un air inquiet.

- Il avait l'air tout à fait conscient quand il a ouvert les yeux tout à l'heure …

- Qu'est-ce que vous voulez faire de lui de toute façon ?

- L'interroger pour comprendre …, expliqua Castle, avant qu'il ne disparaisse à nouveau. Et apprendre des trucs intéressants peut-être sur l'avenir !

- Je vois … ça ne s'arrange pas, Castle …, sourit Lanie, taquine. Chérie, ne me dis pas que toi-aussi tu crois qu'il vient du futur ?

- Non. Bien-sûr que non ! s'indigna Kate. Mais il a tendance à nous faire faux-bond de façon bizarre, alors on préférerait l'avoir à l'œil.

- Je vois, ça c'est une idée de Castle, je parie ? s'amusa-t-elle.

- Euh … oui …. Mais euh …, balbutia-t-il.

- En tout cas, mon avis c'est que votre homme n'a peut-être rien de bien grave, mais qu'il peut aussi s'agir d'une commotion cérébrale auquel cas il devrait être placé en observation quelque temps.

- Ok …, soupira Beckett.

- Et j'ajoute que je ne veux pas être complice de quoi que ce soit …, les menaça-t-elle tous deux, en les regardant de son air sévère.

- Ne t'inquiète pas Lanie …, la rassura Kate. On va appeler les secours et le poste … Tu as raison.

- C'est trop nul …, soupira Castle.

- Il a raison, c'est vraiment trop nul, confirma la voix de Doyle, qui ouvrait les yeux au même moment.

- Il est réveillé ! s'exclama Rick, tout content, alors que Lanie et Kate scrutaient l'individu, intriguées.

- Dr Parish, bien le bonjour, grogna Doyle, en se redressant pour s'asseoir.

- On se connaît ?

- Evidemment … médecin légiste en chef à Washington. Vous avez supervisé l'autopsie du président il y a quelques mois. Tout le monde vous a vue à la télévision … Sexy le tailleur soit dit en passant …

- Il doit parler du futur ! Trop cool ! s'exclama joyeusement Castle. Sacrée promotion, Lanie ! Félicitations.

- Euh … Il est urgent de le conduire à l'hôpital, constata Lanie, circonspecte. Il a vraiment pris un sale coup sur la tête finalement …

- Même sans coup sur la tête, il est complètement dérangé de toute façon …, grogna Kate. Doyle, il va falloir s'expliquer, et rapidement !

- A vous de m'expliquer pourquoi je porte ces menottes fourrées ? répondit-il. Coquin … mais bizarre …

- Une idée de Beckett …, laissez-moi vous libérer, répondit gentiment Castle, se penchant pour ouvrir les menottes. Je crois qu'on a beaucoup de choses à se dire …

- Non, Castle, ne le libère pas tout de suite, le retint Kate. Il va s'expliquer, et ensuite, j'appelle le poste.

- Bon, alors si vous n'avez plus besoin de moi, je vais m'éclipser …, sourit Lanie. Vos histoires me dépassent.

- Ok. Merci d'être venue si vite, Lanie.

- Ne tardez pas à le conduire à l'hôpital, il délire complètement …