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Petit message à dylantyfee : regarde le titre dans l'image ou reporte-toi au chapitre 1 et tu auras la réponse à ta question
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Chapitre 9 : Espoir ou… désespoir
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La porte franchie, Tony souffle un bon coup et démarre à petites foulées son jogging. Comme il l'a dit à Gibbs, non, il devait dire, ou plutôt il pouvait dire, Jethro désormais, il avait besoin de se vider l'esprit. Trop de choses sont venues s'accumuler en un mois. Il n'avait pas voulu craquer devant son boss, il n'aurait pas réussi à le maintenir à distance sans rien lui révéler et ça, c'était impossible dans l'immédiat.
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En effet, il ne veut pas compliquer la tâche de son chef en ajoutant ses propres soucis, ou plutôt ennuis, à ceux apportés par ces enquêtes insolubles. Merde, mais qui veut-il donc leurrer ainsi ? Lui ? Sûrement pas, il sait de quoi il retourne. Gibbs ? Il soupçonne quelque chose sans savoir avec précision ce qu'il en est et c'était bien suffisant. Le reste de l'équipe ? Pas sûr qu'ils aient compris.
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Ducky, fine mouche et fin psychologue à ses heures, avait deviné qu'il était perturbé sans savoir par quoi. Les regards discrets qu'il lui jette sont suffisamment explicites pour lui. Kate et McGee, ils mettent certainement ça sur le compte d'une histoire d'amour difficile ou tout autre chose du genre. Ca l'arrange plutôt qu'ils pensent ça. Abby, elle aussi devine qu'il est perturbé mais par quoi, mystère.
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Bon sang, que tout ça devient compliqué. Il ne sait fichtrement pas quoi faire ? Parler, dévoiler ses tourments au risque de voir s'accomplir ce qu'il veut à tout prix éviter. Non, impossible, il ne pourrait plus alors vivre en sachant que sa lâcheté était la cause de tant de souffrance. Se taire, cacher ses craintes serait le garant de l'absence de représailles. C'est tout ce qui lui importait.
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Il court pour tenter d'oublier, d'effacer, d'oblitérer, de nier tout ce qui le fait souffrir comme la pluie lave la saleté. Son cerveau est en ébullition, les pensées s'entrechoquent dans sa tête, les sentiments contradictoires s'entrecroisent. Tout tourne, tourbillonne, vire, bascule, pivote, à tel point qu'il se croit parfois sur un manège devenu fou.
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Il voulait surtout que l'on voit au-delà du reflet du miroir, ce reflet imparfait qu'il projetait. Il voulait que l'image floue devienne nette. Il voulait tellement de choses et si peu en même temps. Simplement que l'avenir lui apporte enfin l'apaisement dans les bras de celui qui lui donnait tant déjà.
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Finalement, arrivé à cette simple conclusion, il respire un grand coup. Voilà la solution pour stopper ses tourments. Accepter que, désormais, quelqu'un veuille faire son bonheur, caresser sa joue, l'embrasser, le cajoler, l'encourager, le supporter, l'aimer. Oui, l'aimer pour ce qu'il est et non ce qu'il pourrait être. Et un seul homme à ce jour l'accepte tel qu'il est vraiment, avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses, ses peurs, ses contradictions.
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Alors, il fait demi tour et reprend le chemin du seul endroit où son cœur et sa raison souhaitent se retrouver, les bras de Gibbs. Ses enjambées se font plus rapides au fur et à mesure que la distance diminue. Arrivé devant la porte de son appartement, il pose la main sur la poignée en même temps que celle-ci s'ouvre. Gibbs se tient dans l'embrasure, un sourire aux lèvres. Il tend la main et accueille celle de Tony, les doigts s'entrelacent…
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Gibbs écoute le pas de Tony décroître, la porte se refermer. Il s'allonge à nouveau et soupire. Il se pose des questions qui ne trouvent pas de réponses parce que le seul qui peut les apporter reste muet. Il sait que quelque chose le tourmente depuis plusieurs semaines mais à aucun moment, il n'a cherché de l'aide auprès de lui.
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Est-ce parce qu'il n'a pas confiance en lui ? Ou est-ce parce que la peur de quelque chose le retient ? Il penche plutôt pour la seconde solution, la première lui a amplement été prouvée cette nuit lorsque Tony lui a offert son corps sans retenue. Donc, logiquement, la peur est la seule hypothèse plausible qui motive le silence de son agent.
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Enervé de ne trouver aucune théorie à échafauder, il se lève, nu, et traverse l'appartement silencieux en direction de la cuisine. Sur le plan de travail trône le percolateur de Tony qu'il ne sait pas utiliser. Pas moyen de savoir le mettre en route, trop compliqué pour lui. Il fait le tour de la cuisine. Il sourit alors en apercevant une cafetière prête à être utilisée, un modèle que Gibbs n'a pas besoin de martyriser pour le faire fonctionner. Puis, soudain stupéfait, il réalise ce que cela signifie, Tony avait prévu sa visite. Il a anticipé, comme il lui a appris à le faire dans le travail, en achetant ce modèle d'appareil. Il secoue la tête, ému par le geste de son amoureux.
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Deux minutes plus tard, le café coule joyeusement en faisant entendre son gargouillis et en embaumant la pièce. Debout et appuyé sur le comptoir, Jethro se passe la main sur le visage, puis sur la nuque. L'italien le surprendra toujours. De petits riens en petits riens, à sa manière, Tony lui fait comprendre que Jethro tient une place dans sa vie. L'avait-il seulement réalisé ? L'ancien marine en doute, Tony avait le don de faire des choses insignifiantes pour lui mais qui comptaient pour leurs destinataires.
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Café en main, il prend place sur le canapé, une longue attente va commencer pour lui avant que Tony ne revienne de son jogging. Il décide de prendre son mal en patience, il attrape le plaid plié sur le dossier et s'enveloppe dedans. Il boit ensuite lentement le breuvage chaud et amer. Si son corps se réchauffe, son cœur lui est prisonnier d'un étau de glace. Il pressent un désastre. Il s'allonge alors, les bras derrière la tête et s'assoupit quelques minutes plus tard.
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Une heure et demie s'écoule puis Gibbs se réveille brusquement, l'horloge marque 6 heures 30. Aucun bruit ne vient troubler le silence, donc Tony n'est pas encore rentré. Un peu inquiet, Gibbs se lève, s'enroule dans le plaid et s'avance vers l'entrée. Il ne sait pas pourquoi mais il doit ouvrir cette fichue porte. Il pose la main sur la poignée en même temps que celle-ci s'ouvre. Tony se tient de l'autre côté, un sourire aux lèvres. Il tend la main et accueille celle de Tony, les doigts s'entrelacent…
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Le jeune homme pénètre dans la pièce, ferme la porte du pied, s'approche de son ami. Les deux hommes s'enlacent, les bras autour du corps de l'autre. Les traits détendus de Tony ont fait comprendre à Jethro que son dilemme a trouvé une solution. Il resserre son étreinte, dégage légèrement sa tête, juste à peine, juste pour pouvoir déposer un baiser sur la tempe où une mèche brune le chatouille. Puis les lèvres dérivent et glissent le long de la joue pour finir leur course dans le cou. Jethro mordille légèrement la peau dorée, Tony pousse un petit gémissement.
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Un frisson parcourt le corps de Tony. Une bouche gourmande vient s'emparer de celle de l'italien tandis que deux bras frottent énergiquement le dos pour le réchauffer. Le souffle court, ils se séparent enfin, un sourire aux lèvres.
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« Ca va mieux, on dirait » constate Jethro. « Tu sembles plus serein que tout à l'heure. Le jogging t'a fait du bien finalement. »
« Pas seulement la course mais aussi une sévère introspection dirais-je. »
« Et où t'a-t-elle amenée ? »
« A une évidence. »
« Laquelle ? » ose demander Jethro légèrement inquiet de la réponse.
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Tony, blotti dans ses bras, lui avoue dans un souffle ce qu'il espère, ce que son cœur aspire à entendre.
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« Où mon cœur bat, où mon corps repose, c'est là où je veux être. Je sais enfin où je dois être. Avec toi. Dans tes bras. »
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Estomaqué par l'aveu sincère et si inattendu mais tant espéré, Jethro ne peut répondre qu'en resserrant son étreinte autour de l'italien. Une minute passe puis il tente d'assurer sa voix.
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« Mon Dieu, Tony ! Tu viens de me faire le plus inestimable des cadeaux que j'ai reçu depuis bien longtemps » affirme t-il tandis qu'une larme unique glisse le long de sa joue et vient se perdre dans les cheveux bruns.
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Mû par un instinct subit, Tony relève la tête et découvre une trace humide sur le visage de son amour. Il laisse sa langue venir assécher le sillon salé et capture ensuite la bouche masculine pour un baiser qui devient vite fougueux.
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Puis, les deux hommes se dirigent vers la salle de bains, se douchent ensemble, s'habillent de concert dans la chambre, gagnent la cuisine pour un petit déjeuner frugal pour Gibbs (café et pain) et plus copieux pour Tony (jus d'orange, pain beurré, céréales), quittent l'appartement, montent en voiture et prennent la direction du NCIS. Durant tout ce temps, les échanges de regards ont été nombreux tout autant que les sourires tendres, les effleurements de mains, les baisers furtifs. Leur attitude redevient « normale » dès qu'ils franchissent les portes du bâtiment fédéral.
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Dans l'esprit de Gibbs, c'est définitivement un espoir qui brille et non plus un désespoir qui domine.
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A suivre…
