Hello tout le monde. Bon le problème de notification ne semble pas réglé, alors en fin de chapitre je vous dirais quel jour je compte poster la suite. En attendant je réponds à vos reviews et je vous laisse avec ce chapitre.

Brigitte26 : Hahah les aurors n'ont pas le choix, ou ils risquent de subir les foudres d'un Malfoy. J'espère que la suite te plaira. Bises.

Pouika : Merci à toi pour ta lecture et ta review. Erf pour une fois que c'est Harry qui a besoin d'aide, enfin XD. Koeur sur toi.

Cthia : Ah merci, c'est vrai que je l'ai rendue un peu pitoyable XD et larmoyant. Mais le voir amoureux ça me fait du bien au cœur. Merci de l'apprécier comme je l'ai fait.

Angie45310 : Haha désolée, je ferais au plus vite. Oui ! Draco c'est très bien lire le langage du corps apparemment XD. J'espère que la suite te plaira. Koeur sur toi.

Serpenta : C'est vrai que cette histoire est vraiment beaucoup centrée sur les sentiments de Draco, donc ça donne vraiment l'impression qu'il est investi à cent pour cent. Et oui ce Harry là est plus froid, plus déterminé. Mais peut-être parce qu'il est sur la dernière ligne droite et qu'il sait que les choses se gâtent pour lui. Merci d'avoir noté le fait que Draco est super attentif au choix d'Harry. Merci pour ta lecture et ta review qui me touche beaucoup et ton enthousiasme. J'espère que la suite te plaira. Koeur sur toi.

JBE : Donc Draco va défoncer la porte et venir chercher Harry comme une princesse XD, voyons-voir ça. Je ne sais pas ce qu'il se passe avec les mails de notification mais je suis d'accord avec toi, c'est relou.

Eileen Ana : Merci beaucoup ! Voici la suite.

Et voilà, merci encore à Titou Douh pour sa correction. Bonne lecture les agneaux !

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PRESSION

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Octobre 1997

Quelqu'un frappa contre la porte de sa chambre et dans un profond soupir, Draco rangea la petite glace sous son oreiller. Il s'extirpa de son lit et ouvrit la porte pour tomber nez à nez avec Pansy Parkinson.

- Tu n'as pas senti le gallion ?

Draco tourna la tête pour regarder sa chambre. Il ne savait même plus où il l'avait rangé. Il passait plus de temps à regarder ce foutu miroir qu'à faire attention aux réunions de l'A.D. Même s'il soutenait cette initiative de tout son cœur et que les choses avaient pris un tournant bénéfique, savoir que la quasi-totalité des Serpentard s'était rallié aux Gryffondor n'était rien en comparaison de son inquiétude pour Harry.

- J'avoue. Je ne l'ai pas senti.

- C'est Hermione qui a lancé l'appel. Tu viens ?

- J'arrive.

Il récupéra le miroir et suivit Pansy tout en savourant l'étrangeté de l'entendre dire Hermione alors que durant des années, ça avait été « sang-de-bourbe », « miss-je-sais-tout », « la folle à la crinière » et autres quolibets moins glorieux. A présent, les deux jeunes filles s'appelaient par leurs prénoms, marchaient ensemble dans les couloirs, ou révisaient ensemble... Tout ça parce que Draco avait trahi la cause de Voldemort.

Draco n'avait pas trop compris comment les choses s'étaient passées. Juste après le départ d'Harry de chez Andromeda, lui et sa mère avaient été emmenés au douze Square Grimmaurd, quartier général de l'Ordre du Phénix, lieu incartable et intraçable même pour Bellatrix qui aurait pu perdre ses cheveux à essayer d'y entrer ou de localiser le lieu. Durant presque toute la fin du mois de juin, il n'y avait eu que lui et sa mère dans cette maison diabolique. Ils avaient cependant eu la chance : selon les dires de Remus Lupin, Walburga Black était contente de les avoirs chez eux.

Ils avaient eu droit uniquement à la visite de Tonks, de Remus, de Maugrey Fol œil, qui s'était assuré de rajouter des protections, et de Molly Weasley. Draco avait cru que sa mère aurait bondi d'horreur en voyant la mère des roux mais comme la magie semblait faire effet partout, ce ne fut pas le cas. Molly venait déposer de la nourriture, une énorme quantité de nourriture, ensuite elle passait une bonne partie de l'après-midi à discuter avec sa mère. La seule fois où il fut autorisé à sortir fut pour assister à l'enterrement de Dumbledore.

Ce dernier avait eu lieu dans le parc de Poudlard et la seule véritable raison pour laquelle Draco s'y était rendu, camouflé par un glamour, c'était dans l'unique but de voir si Harry y serait. Mais Harry ne s'était pas montré et son absence avait fait des vagues. Certaines rumeurs disaient que, Dumbledore mort, Harry avait préféré fuir parce que plus personne ne le protégerait de Voldemort. D'autres encore disaient que c'était Harry, dans un accès de rage, qui avait tué le directeur. Rumeur immédiatement mise à mal par la colère de Rubeus Hagrid qui avait rugi que jamais Harry ne ferait de mal à Dumbledore. Draco, lui, s'était contenté d'observer Severus Rogue, qui avait l'air plus mal en point que n'importe qui d'autre.

Il avait eu cependant le plaisir de retourner à Square Grimmaurd avec Granger et Weasley. L'endroit s'était rempli de presque tous les Weasley et d'autres membres de l'Ordre du Phénix.

Alors Draco avait tenté de tirer les vers du nez des deux meilleurs amis. Il les avait suppliés de lui dire où se trouvait Harry, jusqu'à devoir avouer à demi-mot ce qu'il ressentait. Hermione l'avait observé, la mine grave, tandis que Ron l'avait dévisagé, estomaqué. La jeune fille avait fini par lui dire qu'Harry était retourné chez son oncle et sa tante et Draco était devenu livide. Vivre chez des moldus lui avait paru comme étant l'idée la plus stupide. Mais Hermione lui avait patiemment expliqué la magie qui protégeait Harry par le sang. Tout ce qu'ils pouvaient faire était attendre l'anniversaire d'Harry.

L'Ordre s'était mis d'accord sur une mission de récupération et Draco avait insisté pour y participer. Sa mère n'avait émis aucune objection et Draco en avait été soulagé. Il semblait que de toute manière, il était d'office inclus dans les nouveaux projets de l'Ordre au vu de sa grande contribution à la capture d'un nombre conséquent de mangemorts.

L'Ordre avait fait autre chose pour lui et sa mère. Il les avait mis en contact avec Lucius. Draco avait appréhendé cette discussion avec horreur, s'attendant à lire la déception et le dégoût dans le regard de son père. Mais la réalité fut tout autre et sûrement plus horrible encore : Lucius Malfoy pleura et s'excusa longuement auprès de sa femme et de son fils. Il assura à Draco qu'il était fier de ses choix et qu'il était heureux que tout se passe de cette façon. Que toute cette histoire n'avait que trop duré. Draco était en partie soulagé et mortifié.

Il aurait aimé avoir Harry prés de lui à ce moment là. Il aurait aimé avoir un peu de force mais il dut se contenter de la main rassurante d'Hermione contre son dos et des quelques mots encourageants de Ron.

Après ça, le mois de juillet avait été une véritable torture. Il ne pouvait pas sortir et devait se contenter des réunions de l'Ordre pour savoir ce qu'il en était. De leur côté, Ron et Hermione lui parlaient de ce qu'il s'était passé après la bataille à Poudlard. La gazette du sorcier avait écrit que la famille Malfoy était portée disparue et qu'ils avaient fui et Hermione lui avait ensuite fait lire le chicaneur. Le journal de Luna Lovegood clamait haut et fort que les Malfoy avaient joué un rôle d'espionnage important qui avait mis à mal les défenses de Voldemort. Draco en avait rigolé parce que ça faisait d'eux la cible numéro une. Après ça, la maison de Xénophilus Lovegood avait été attaquée mais ça n'empêcha pas l'homme de continuer à citer les exploits des Malfoy. Hermione lui avait alors appris que la nouvelle avait touché beaucoup de Serpentard mais les vacances n'avaient pas permis de savoir ce qu'il en était vraiment.

Ce qu'il crut être sa bouffée d'air, le sauvetage d'Harry, se révéla être un vrai fiasco. Tonks s'était rendue sur place en éclaireur pour que le soir venu, ils puissent diriger Harry ailleurs mais les choses ne s'était pas passées comme prévu. Une fois au quatre Privet Drive, Tonks avait eu l'effroi de constater que la maison était vide. Elle avait demandé aux voisins où étaient passés les Dursley et l'un d'eux lui expliqua qu'ils étaient partis avec leurs valises vers le milieu du mois.

Cette nouvelle provoqua une tôlée dans le quartier jusqu'à ce qu'un elfe de maison apparaisse vers la mi-aout, au milieu d'une réunion qui établissait un plan pour savoir où se trouvait Harry Potter.

L'elfe, qui se prénommait Kreattur et que Draco n'avait jamais vu, portait à son cou le collier de Salazar Serpentard. Le blond s'était alors jeté sur lui pour lui demander où il avait trouvé ce collier. L'elfe s'était mis à couiner que c'était son maître, Harry Potter, qui le lui avait donné, et qu'il était là pour porter un message.

Kreattur confia à l'Ordre les mots exacts d'Harry : ce dernier était en sécurité, il ne fallait pas s'inquiéter pour lui. Il avait une mission à mener à bien et ne reviendrait que quand celle-ci se terminerait. La seule chose dont l'Ordre devait s'occuper était la protection et la chasse intensive d'autres mangemorts et empêcher Voldemort de lever une armée.

L'elfe disparut mais laissa à Draco un cadeau : un simple miroir, en lui assurant que si Harry voulait lui parler, il lui parlerait.

Ce fut Hermione qui l'usa en première. Usa et en abusa. Chaque jour était bon pour faire appel au miroir et espérer qu'Harry réponde. Il avait fini par le faire pour montrer qu'il était vivant et copieusement envoyer Ron et Hermione sur les roses. La jeune femme en avait pleuré et même Draco avait trouvé son comportement monstrueux, jusqu'à ce que Ron émette l'hypothèse qu'Harry avait été odieux uniquement pour qu'ils se concentrent sur eux même et cessent de se faire un sang d'encre.

Draco avait fini par accepter cette version des faits parce qu'Harry le contacta le jour de la rentrée à Poudlard et lui demanda comme il allait et comment Ron et Hermione allaient. Leur échange avait été bref et pour Draco, Harry avait paru fatigué et à bout de forces.

Draco avait fini par suivre ce qu'Harry avait semble-t-il déjà décidé pour lui. Il serait beaucoup plus en sécurité à Poudlard et la directrice McGonagall y veillerait personnellement ainsi que Severus Rogue. Draco ne savait pas exactement si Rogue était toujours dans les bonnes grâces de Voldemort. La réponse devrait être évidente une fois à Poudlard mais Draco n'avait rien subi.

Au contraire, il avait été accueilli comme une sorte de héros chez les Serpentard. Draco n'en était pas revenu. Zabini, Nott et Parkinson l'avaient pris à partie et lui avaient confié que beaucoup de parents qui faisaient partie des mangemorts ne savaient plus quoi faire. Que le fait que Lucius ait retourné sa veste avait été un coup dur et que même si Dumbledore était mort, beaucoup n'avaient plus la foi de soutenir le Seigneur Noir. Principalement ceux qui avaient des enfants, en vérité. Beaucoup d'entre eux craignaient que Voldemort, déçu, se venge sur leurs progénitures de la même façon qu'il avait tenté de se venger de Draco. Alors la plupart des Serpentard concernés avait commencé à faire appel à Draco Malfoy pour qu'il sauve leurs parents.

Draco avait fini par en parler à Hermione qui avait sauté sur l'occasion et, plutôt que de se cacher, avait décidé de faire ça en grand. Elle avait demandé la parole durant un repas dans la grande salle, elle et Draco ayant écrit un discours. Un appel à la réunification, un mot qui exhortait chaque élève à se soutenir dans ces moments difficiles et à ne pas laisser des sorciers mal intentionnés les diviser et gâcher leurs vies alors qu'ils n'étaient que des enfants.

C'était ce qu'il fallait de juste pour convaincre les Serpentard. Une recrudescence d'organisation anti-Voldemort naquit dans l'enceinte du château. La mort de Dumbledore, qui était encore entourée de mystère, s'entourait maintenant d'une rumeur plus forte que les autres. Celle que Voldemort avait réussi d'une manière ou d'une autre à le tuer, mais loin d'apeurer les élèves, c'était une véritable haine qu'ils nourrissaient à l'encontre du sorcier. La dernière rumeur en date concernait Harry Potter et celle-ci était plus préoccupante parce qu'elle se rapprochait trop de la vérité, sûrement. Selon les élèves, Harry était parti pour suivre un entraînement et devenir plus puissant que Voldemort pour revenir et le détruire il se démenait pour lever une armée et la conduire vers Londres pour se battre contre celle de Voldemort.

Draco espérait aussi que c'était ça la raison de son silence.

OoooooooOooooooO

La salle sur demande, qui servait à cacher des objets, était devenue la salle des réunions de l'A.D. Elle était toujours aussi immense et offrait tout ce qu'il fallait pour y dormir, pour s'y entraîner et les elfes arrivaient à y faire parvenir de quoi manger. A chaque fois qu'il participait à ce genre de réunion, il savourait d'entendre Hermione Granger soupirer de bonheur.

Il souriait à chaque fois qu'il l'entendait murmurer que c'était parfait... Parfait de voir les élèves des quatre maisons réunis comme une seule maison, une seule école échangeant, plaisantant, se soutenant.

Elle posait un regard attendri sur Ginny et Blaise qui discutaient Quidditch, sur Théodore et Neville qui parlaient plantes. Sur Crabe et Goyle qui déblatéraient des âneries avec Dean et Seamus. Il ne manquait qu'une seule personne pour compléter ce tableau parfait. Et maintenant, le mois d'octobre touchait à sa fin et il n'avait toujours aucune nouvelle. Cinq mois sans lui et Draco se demandait toujours comment il faisait pour ne pas sombrer.

Pourtant, quand il rejoignit Hermione sur l'estrade qui lui servait de promontoire pour parler au mieux à tous les élèves, il sentit que quelque chose avait changé. Dès que Draco monta vers elle, les élèves de septième année qui étaient en âge de se battre et d'autres qui étaient là pour se tenir au courant s'assirent sur les nombreuses chaises mises à disposition.

Hermione prit sa baguette et la posa contre sa gorge.

- Poudlard va être attaqué.

Un énorme murmure s'éleva mais ne dura pas longtemps quand Blaise Zabini se leva pour demander le silence.

- L'Ordre a reçu plusieurs messages dans ce sens, venant de plusieurs parents. Ceux de Goyle, de Parkinson et de Bulstrode. Il semblerait que même sans se concerter, leurs idées étaient les même. Voldemort -un autre murmure se propagea dans la pièce, mais Hermione continua- est en train de perdre tous ses soutiens. Seulement, il est en marche pour Poudlard et son armée ne se compose pas uniquement de riches familles de sangs-purs, elle est composée de loup-garous, de raffleurs, de trolls et de géants. La directrice a déjà préparé les sorts de protection du château ce qui signifie que Poudlard deviendra une forteresse, personne ne pourra entrer ou sortir. Il n'y aura que l'Ordre, les armures et les statues du château, les professeurs, les fantômes et nous.

Hermione baissa sa baguette et Draco, avec qui elle avait longuement discuté de cette possibilité, prit la parole à son tour.

- Beaucoup d'entre vous se sont préparés à cette éventualité. Beaucoup sont prêts à se battre mais le but n'est pas de risquer votre vie. La salle sur demande est une salle protégée. Il me parait évident que Voldemort s'attaque à l'école pour sûrement user de nous, les enfants, comme monnaie pour asservir le monde sorcier. Notre seule mission sera votre sécurité. Notre sécurité. Comme il était prévu dans ce genre de cas, les élèves de septième et sixième années vont diriger les plus jeunes jusqu'à cette salle. N'oubliez que nous avons la protection du château et des professeurs.

Un lourd silence s'abattit sur la salle et Draco le trouva plus inquiétant que le brouhaha auquel il s'était attendu. Puis un élève se leva, un Poufsouffle de cinquième année si ses souvenirs étaient bons.

- Oui ?

- Est-ce que tu vas te battre ?

Il vit qu'Hermione s'apprêtait à répondre mais leva la main pour le faire.

- Oui, je le ferai. S'il le faut, je me battrais.

Hermione fronça les sourcils.

- Nous n'en sommes pas encore là.

- Voyons Granger, c'est évident que nous en sommes là ! cria un élève.

- Il attaque le château et Dumbledore n'est plus là !

- Il a raison, ce n'est pas de simples élèves qui vont faire le poids.

-On devrait peut-être se rendre...

Le débat que Draco semblait attendre commençait enfin à faire rage. Lui-même savait ce qui poussait les élèves à parler avec autant d'incohérence. C'était la peur et le fait qu'il n'avait plus personne de solide sur qui réellement s'appuyer. Soudain, la porte s'ouvrit. Tout le monde vit Ron Weasley entrer et marcher droit vers eux.

- La directrice McGonagall et le professeur Flitwick ont mis en place la protection du château. J'espère que tout le monde est prêt pour confiner les élèves et les protéger. L'Ordre du Phénix est déjà présent, Ainsi que de nombreux aurors ! Neville, Blaise, Gregory et Parvati, vous vous occuperez d'aller chercher les élèves de Serpentard.

Draco fit un mince sourire. S'il y en avait un qui ne perdait pas le nord, c'était bien Ron. Harry absent, quelque chose s'était ouvert en lui et il s'avérait que Ron Weasley était un très bon tacticien. Le garçon pleurnichard qui fuyait les araignées montrait à tous qu'il était un véritable Gryffondor. Blaise et Gregory rejoignirent Neville et Parvati, suivie de deux sixième année.

- Theodore, Pansy, Seamus et Justin, vous irez chercher les Poufsouffle. Hannah, Luna, Dean et Vincent, vous irez chercher les Serdaigle. Nous n'avons pas de temps à perdre. Pour ceux qui veulent se battre, qui sont prêts à se battre, nous nous réunirons dans la grande salle. Les armures du château sont déjà en marche et les aurors qui ont pu être prévenus sont déjà en place. Pour les autres, restez ici. Ne sortez sous aucun prétexte, cachez-vous.

Les chaises commencèrent à bouger, les élèves murmurant à tout va. Draco se dirigea vers Ron.

- Quelle voix, Weasley, je suis épaté !

Le rouquin se mit à rougir furieusement.

- C'est juste que… Si on réfléchit trop, on risque d'y passer dix ans.

- Je suis d'accord, fit Blaise, allons-y et retrouvons-nous dans la grande salle.

Ron lui prit le bras.

- Vous n'êtes pas obligés de faire ça.

Blaise leva les yeux au ciel.

- Epargne-moi le fameux discours du héros qui veut tout résoudre tout seul. Bon sang, si les mangemorts voient que les Serpentard se battent contre eux, ils seront moins certains de leurs choix ! S'attaquer à Poudlard est sûrement son idée la plus stupide !

Ron lâcha le bras de Blaise, soufflé par sa petite tirade.

- De plus, poursuivit-il, à quoi cela sert d'avoir des cours de défense contre les forces du mal si ce n'est pas pour se défendre contre les forces du mal ?

Draco émit un petit rire moqueur. Il s'apprêtait à rejoindre les rangs quand il entendit son prénom. Il se tourna vivement mais ne vit personne. Puis une nouvelle fois et cela venait de lui. Il se rappela soudain qu'il avait pris le miroir avec lui.

- Draco, tu viens ? lui fit Hermione.

Mais elle se figea quand elle le vit sortir le miroir. Draco était devenu blanc comme un linge et un seul nom s'échappa de ses lèvres.

- Harry…

Tous ceux qui étaient autour de Draco se figèrent. Draco voyait le visage du garçon et le brun lui fit un mince sourire.

- Je suis à Pré-au-Lard, dit-il, il semblerait que j'ai un peu de retard. Tous les passages secrets sont clos. J'aurais du m'en douter, je n'ai pas réfléchi.

Hermione et Ron s'étaient rapprochés de lui en silence.

- Harry… C'est vraiment toi ?!

Il entendit le petit rire à travers la glace.

- Trouve-moi une entrée, Draco… Il faut que je rentre.

Draco leva brusquement la tête vers Hermione. La jeune femme s'empara immédiatement du miroir.

- Harry !

Elle cria presque et toute la foule d'élèves qui avait commencé à se disperser se mit à faire comme le petit groupe puis des voix s'élevèrent dans la pièce, toutes soufflant le nom de Potter.

- Harry, il faut que tu ailles à la Tête de Sanglier ! Là-bas, Abelforth peut te faire entrer.

- Je vais essayer, le village est plein de raffleurs. A tout à l'heure.

Le miroir redevint une simple glace et la jeune femme se tourna vers Draco, les lèvres tremblantes.

- Il revient… Il est vivant…

Neville se dirigea d'un bond vers eux.

- Il faut qu'on sorte tous de la salle ! Nous sommes dans celle qui n'a aucun passage. Il ne pourra pas entrer si nous y sommes.

- Vous avez entendu ! aboya Ron. Tout le monde dehors !

Tous les élèves s'exécutèrent rapidement. Une fois hors de la salle, la foule ne se dispersa pas pour autant. Ils laissèrent à Neville le soin de faire apparaître la bonne salle et une fois que la porte apparut, aucun d'eux ne sembla vouloir ouvrir la porte.

- Oh, bon sang, c'est stupide ! pesta Pansy.

Elle ouvrit la porte d'un coup et s'y engouffra. La salle était immense et des hamacs, des chaises et des bureaux avaient été installés. Elle était assez grande pour contenir tous les élèves. Hermione marcha à sa suite et finalement, tout le monde s'y engouffra.

Draco avait les yeux rivés sur le tableau qui était censé mener à la Tête de Sanglier. Il retenait sa respiration avec force et ses poumons se contractèrent encore plus quand il aperçut l'énorme silhouette du propriétaire du pub, suivie d'un elfe de maison… Et d'Harry.

- On dirait que tu as un sacré comité d'accueil, mon garçon ! fit l'homme.

Harry s'avança et observa tous les élèves qui le regardaient religieusement, Draco le premier. Il avait l'impression que cela faisait des années qu'il ne l'avait pas vu. Harry n'était déjà pas bien épais mais il avait l'air d'avoir encore perdu du poids. Il tenait son sac derrière son dos et le miroir dans l'autre main. Il portait un pull usé et un pantalon trop grand pour lui qui descendait dangereusement sur ses hanches. Ses cheveux noirs étaient un véritable nid d'oiseau, ses mèches brunes partaient dans tous les sens. Et sous ses beaux yeux verts et brillants se creusaient des cernes horribles. Il haussa légèrement les épaules et tenta un faible sourire.

- J'ai entendu dire… Que vous avez fait du bon travail, par ici.

Tout le monde aurait pu croire que la première personne à se jeter sur lui aurait été Hermione ou Ron. Ou même Ginny. Mais la personne qui fut plus rapide que les autres, la première personne qui se jeta sur lui, fut Draco Malfoy.

Le blond s'avança si rapidement qu'il ne laissa pas à Harry le temps de faire le moindre geste. Il attrapa le col de son pull et l'attira avec force contre lui. Leurs dents s'entrechoquèrent douloureusement mais Draco ne s'écarta pas et écrasa ses lèvres contre celles du brun. Harry sentait l'herbe et le bois, comme s'il avait passé des mois dehors. Draco s'éloigna de lui.

- Cinq mois, Harry, souffla t-il. Qu'est ce que tu as fait… ?

Harry ferma les yeux et soupira.

- Je vais le dire. Mais il faut mettre tout le monde à l'abri.

Harry se dégagea de la poigne de Draco et Hermione se jeta dans ses bras avec force. Harry l'enlaça et bientôt, ils furent rejoints par Ron, par Neville, Luna, Ginny, Dean, Seamus. Puis il salua poliment les Serpentard tout en les questionnant du regard. Il fut tiré dans tous les sens par les élèves qui hurlèrent qu'il était revenu pour les sauver. Jusqu'à ce que Ron demande à tout le monde de faire ce qu'ils avaient à faire. Tous les élèves chargés de récupérer les enfants et adolescents de l'école firent leur chemin. Hermione tira Harry, suivie de Ron et de Draco pour avoir des explications.

- Harry, Nagini est toujours avec lui !

-Je sais, fit Harry, je le sais, je le suis depuis longtemps.

- Tu suivais Voldemort !? s'égosilla Ron.

- Pas exactement.

Draco leva la main.

- Depuis le début Harry. Commence depuis le début.

- D'accord.

Harry commença alors son récit. Il expliqua qu'il était retourné chez sa tante et avait réussi à les convaincre de quitter Privet Drive pour un autre endroit, ce que sa famille d'adoption avait fini par faire. Harry, qui avait encore la trace, ne pouvait que rester avec eux jusqu'à ses dix-sept ans. Alors il s'était caché avec eux jusqu'à cette date. Ensuite, il avait appelé Kreattur. Harry raconta qu'il avait trouvé refuge dans un squat pour mendiants du côté moldu, là où les hommes étaient trop saouls pour faire attention à un elfe. Il avait demandé à l'elfe de confirmer les initiales de Regulus Black et Kreattur l'avait fait. Il lui avait raconté ce que Voldemort lui avait forcé à faire, leur raconta l'épisode de la grotte avec Dumbledore et que Kreattur avait vécu une chose similaire et avait été laissé pour mort par Voldemort. L'elfe avait avoué qu'il était retourné chez Regulus parce que c'est ce qu'il avait promis mais avait failli en mourir.

Alors, Regulus avait demandé à retourner dans cette grotte et avait tenté de voler le médaillon mais il en était mort. Après ça, Harry avait demandé où se trouvait le bijou mais Kreattur avait affirmé qu'il avait été volé par Mondingus Fletcher. Harry avait alors envoyé Kreattur le chercher et entre temps, il avait changé de camp. Il avait passé presque cinq mois à bouger à travers toute l'Angleterre pour ne pas être trouvé ou se faire prendre. L'elfe était revenu avec l'escroc vers la fin du mois d'aout pour avouer ensuite qu'une femme du Ministère lui avait pris le médaillon.

- Alors tu l'as trouvé, souffla Hermione.

- Je l'ai trouvé, oui, mais je n'ai pu le détruire que début octobre.

- Il était où ? demanda Ron.

Harry émit un rire fatigué et Draco le trouva à bout de force.

- Au ministère, autour du coup de la pire des personnes. Dolores Ombrage.

Hermione mit ses mains sur sa bouche.

- Cette sale sorcière, pesta Ron.

Harry acquiesça et Draco remarqua parfaitement qu'Harry avait pris soin d'éviter son regard. Le Gryffondor poursuivit son histoire en expliquant ses tentatives pour entrer au Ministère et les résultats tous moins glorieux les uns que les autres. Puis il finit par avouer qu'il avait passé quasiment tout son mois de septembre à filer Dolores Ombrage, la suivant partout où elle allait jusqu'à trouver une ouverture pour s'emparer du médaillon, parce qu'elle en était bien le propriétaire.

- Et tu l'as eu ?

- Oui. Je connaissais son emploi du temps par cœur mais l'approcher comme ça n'était pas aisé alors… J'ai lancé un imperium sur un membre du Ministère pour faire en sorte qu'il invite Ombrage, pour la faire sortir de sa routine bien rodée.

- Et ça s'est passé comment ?!

- Pas de la façon dont j'aurais aimé que ça se passe.

Harry souleva son pull et les trois amis découvrirent avec horreur une énorme balafre le long de son ventre.

- Elle a flairé le piège et comme je n'ai jamais été dans ses bonnes grâces, sa première réaction a été d'exiger que je la suive au Ministère où je répondrais de mes fautes.

- Quelle harpie dégénérée !

- Tu t'es battu contre elle, murmura Draco.

- Je me suis battu contre elle, oui.

Il fouilla dans son sac et en sortit un médaillon semblable à celui que portait Kreattur, sauf que celui-ci était ouvert et l'œil à l'intérieur était détruit.

- Qu'est ce qu'elle est devenue ?

Harry observait toujours le bijou qu'il faisait tourner sous ses yeux.

- Qui donc ? dit-il d'un air absent.

- Ombrage, Harry, qu'est-elle devenue ?

- Oh… Elle est peut-être tombée du haut d'une falaise... Je n'en sais rien, je lui ai lancé un obliviate plutôt puissant et je l'ai abandonnée dans une forêt. Elle n'aurait jamais du en sortir.

Ron, Hermione et Draco regardèrent Harry avec effarement.

- Après ça, il ne me restait plus qu'à trouver Nagini, donc Voldemort. Ce n'était pas une chose facile... En fait, c'était quasiment impossible. Le manoir Malfoy, ton manoir, Draco, est devenu une véritable forteresse que personne n'ose aller voir, pas même le Ministère. C'est là que j'ai compris que je n'avais pas grand-chose à attendre d'eux. Mon idée première était d'envoyer l'Ordre là-bas pour un combat final. Puis j'ai appris grâce à Dobby que beaucoup d'enfants de mangemorts s'étaient détournés de la cause grâce à toi. Alors j'ai approché le père de Theodore Nott, après qu'Azkaban ait été détruit pour que Voldemort réunisse de nouveau ses hommes.

- Tu veux dire que c'est un coup monté ? fit Hermione avec horreur.

Draco écarquilla les yeux devant la réponse silencieuse d'Harry.

- Tu as fait en sorte qu'il croit que tu étais à Poudlard, dit Ron, et tu l'as amené ici. Harry, c'est de la folie !

- Poudlard est l'endroit le plus sûr que je connaissais. J'ai fait en sorte que les mangemorts croient que j'étais venu m'y réfugier, plus faible que n'importe qui, mourant s'il le faut. Et ça a marché : il est ici. Il est ici parce qu'il veut un public. Il veut montrer à tout le monde qu'il écrasera les dernières forces de Dumbledore. Nagini ne le quitte plus, il est devenu méfiant. Mais il le deviendra moins quand il pensera avoir gagné.

Harry marqua une pause.

- Ecoutez-moi bien : peu importe ce qui arrive, l'important est le serpent. C'est ça et uniquement ça qui permettra de le vaincre. Nagini mort, il sera totalement mortel.

Harry se redressa pour faire signe qu'ils avaient fini d'en discuter.

- Rejoignons les autres. Il donnera l'assaut d'un moment à un autre.

Ron et Hermione le regardèrent longuement et Harry leur fit un mince sourire.

- Je suis tellement heureuse que tu sois là ! Mais tu ne t'en tireras pas comme ça, Harry James Potter, partir seul était de la folie…

- Oui, je m'en rends bien compte, maintenant. Mais je suis là, je ne vais nulle part, maintenant.

- J'espère bien, mon pote, fit Ron, j'espère bien.

Les deux Gryffondor s'éloignèrent puis Harry se tourna vers Draco. Le brun passa une main contre sa nuque.

- Tu m'as embrassé… Devant tout le monde.

- Est-ce que c'est ça qui est important, Harry ?!

Harry prit un air de garçon coupable et la colère de Draco monta d'un cran.

- Tu m'as laissé !

- Draco... Même si je l'avais voulu, je n'aurais pas pu t'emmener. Je prenais moins de risques seul et tu le sais.

- Mais pas de cette façon !?

Harry fronça les sourcils.

- Et tu voulais quoi ?! Tu voulais que je te réveille avec un petit déjeuner en te disant que je reviendrais entier dès le soir !? Tu aurais voulu des mensonges aussi grotesques !?

- La vérité aurait été suffisante.

- Bien sûr, et si tu avais été capturé, s'il t'était arrivé quelque chose ?!

Draco croisa les bras et fit un sourire narquois.

- Oh oui, ça aurait été bien dommage que je dévoile à l'ennemi où tu te trouves…

- Ce qui aurait été dommage, c'est que j'aurais du faire passer ta vie en priorité ! s'écria Harry.

Les yeux de Draco lancèrent des éclairs. Il allait riposter quand il prit vraiment conscience des mots d'Harry.

- Mais tu m'as laissé…

- Non. Te protéger a toujours été la priorité ! Tu peux désapprouver mes choix, tu peux te mettre en colère mais ne viens pas me dire que je t'ai abandonné, Draco ! Pour le moment, tu ne sais rien de l'abandon !

Le Serpentard prit ces mots comme une gifle.

- Tu penses que c'était une partie de plaisir ? continua Harry. J'ai failli ne pas te donner ce miroir parce qu'entre d'autres mains, ça aurait été n'importe quoi. Mais je l'ai fait, je te l'ai donné à toi, Draco !

- Pourquoi tu ne le dis pas, Harry !? C'est si difficile de mettre des mots dessus, dit Draco piteusement. C'était un enfer, sans toi… Un enfer.

Les pupilles d'Harry tremblèrent.

- Dans quelques heures, ça ne sera plus qu'un cauchemar.

Harry fit un pas rapide vers lui et plaqua ses lèvres contre les siennes. Draco s'abandonna immédiatement au baiser. Tant pis si Harry n'avait pas les mots... Draco serait patient. Ils mettraient fin à cette guerre, ils détruiraient Voldemort et ensuite, il ferait tout pour avoir Harry. Il lui prouverait que sans lui, il n'est rien. Il lui montrerait à quel point il l'avait sauvé. Il ferait en sorte qu'Harry accepte d'être sauvé aussi. Alors tant pis si Harry s'en moquait, pour le moment. Tant pis si ce n'était que pour aspirer de la force, pour se réconforter ou pour oublier... Draco aussi avait besoin de cette force.

Draco aussi avait besoin de cet amour.

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Avril 2003

Ça avait pris trois jours. Trois jours entiers d'angoisse pour retracer le flux magique du miroir. Trois jours où Draco avait senti la peur parcourir chaque centimètre cube de son sang, où il l'avait sentie courir sur sa peau et le long de ses os. Le sommeil était un ennemi que Draco combattait de toutes ses forces. Un ennemi qui l'aurait détourné de sa priorité première : sauver Harry Potter.

Draco ne pensait qu'à lui, nuit et jour, comme il n'avait fait que penser à lui durant ces six dernières années, comme il continuerait à penser à lui jusqu'à la fin de sa vie. Trois jours pour le trouver et une journée de plus pour partir à sa recherche.

Les vampires ne les avaient pas amenés bien loin. Ils étaient revenus en Écosse. Qu'ils se fassent pendre, brûler, éviscérer avait peu importé pour Draco, jusqu'à ce qu'il trouve le brun dans un cachot d'un vieux château. Lui et une vingtaine de sorciers, attachés comme des bêtes, pendus par les poignets, à moitié nus, anémiés et pâles comme la mort.

Presque morts, en vérité.

Sans ce miroir, c'est ce qu'il ce serait sûrement passé. Ce miroir brisé dont Harry n'avait gardé qu'un morceau, suffisant pour communiquer encore un peu.

Draco ne s'était pas permis de pleurer, il n'avait pas lâché le corps d'Harry jusqu'à ce qu'on l'emmène à Sainte-Mangouste. Il ne l'avait pas lâché le temps de l'analyse. Il n'avait pas quitté l'hôpital jusqu'à ce qu'on lui dise que l'état d'Harry Potter était aussi alarmant que ceux de tous les sorciers amenés. Probablement aux portes de la mort à cause du poison contenu dans les canines des vampires. Draco ne le quitta pas en offrant son sang.

Draco ne quitta pas l'hôpital même si Harry était dans le coma. Parce que là où Harry n'était pas, il ne pouvait pas y aller.

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A suivre

Voilà pour aujourd'hui, donc je pense que je posterai la suite dimanche (jour de libre XD). J'espère que ça vous a plu, n'hésitez pas à laisser un petit message. Koeur sur vous.