Note de l'auteur : J'ai mis beaucoup de temps à l'écrire... Du mal pour le POV Ruki, gomen XD Here you are !
Linda Linda ! Chapitre 10 : Un peu de repos...
Kai
J'acquiesce, un peu surpris. Qu'a-t-il fait ? Dans tous les cas, il nous en manque un.
"Et Reita ?
- Il devrait pas tarder à arriver."
Ton ton est sec, mais enjoué. Je comprends enfin... Tu lui as dit. Tu as dit ton amour à Reita. Tu m'as donné le coup de grâce. Je me mords la lèvre pour m'empêcher de pleurer. Tu ne le voies même pas, mais ça fait mal. J'espère que ça va mieux pour toi que pour moi, que Reita ne te rejettera pas. Pourtant, Reita est...
"Il paraît qu'on y va ?"
...Là.
"Ouais, j'vous ramène si vous m'aidez à emmener les deux autres."
Aoi et Reita acquiescent, l'un porte Ruki jusqu'à la voiture, l'autre aidant Uruha à la rejoindre.
Et il y a des clefs sur la table. Des clefs de chambre d'hotel. Très précisément celles d'Aoi. Je le sais, sa chambre est deux numéros plus loin que la mienne. Je ne peux que t'aider, maintenant; je vais les garder, tu iras dormir chez Reita. J'espère que tu seras capable d'aller plus loin, maintenant.
"Bonne chance, Aoi."
Ce n'est qu'un murmure à ton oreille, mais il te pétrifie.
Oui, bonne chance...
Aoi
Le simple encouragement de Kai l'avait paralysé. Que voulait-il dire ? Visiblement, il parlait de Reia. Est-ce qu'il savait, lui aussi ? Aoi s'était déjà assez énervé contre Ruki quand il avait su que le chanteur était au courant de ses sentiments; il espérait, ou plutôt aurait aimé, que Kai ne soir pas non-plus au courant. Il s'installa à côté du chauffeur, tandis que Reita occupait la dernière place libre de la banquette arrière, à côté de l'endormi, lui même installé à côté du poivrot. Le guitariste brun était en colère. Kai les conduisit à l'hôtel dans le plus grand silence, la fatigue ayant eu raison du reste du groupe. Aoi fut le dernier à s'endormir, et le premier à se réveiller. Par chance, ou - en accord avec les pensées du guitariste - par respect, le batteur n'avait pas utilisé la même technique que celle d'un peu plus tôt dans la journée.
Il avait peur. Le bassiste n'avait plus rien dit depuis leur départ. Et puis Aoi réalisa son erreur : il avait presque oublié que Reita aimait Uruha. Le guitariste s'en voulut atrocement. Comment avait-il pu l'embrasser ? Ses yeux se baissèrent sous la honte. Il sortit de la voiture, réveilla ses amis et partit conduire ses petites chéries à sa chambre. Le problème, c'était qu'il avait beau chercher, il ne trouvait pas la clef de sa chambre. Lui et ses petites chéries se retrouvaient à la porte alors que Reita et Kai entraient dans leurs propres chambres. Le batteur s'approcha d'Aoi.
"Qu'est-ce que t'as ?"
Aoi titillait nerveusement son piercing.
"Je crois que j'ai oublié ma clef à la salle..."
Kai l'interrompit.
"On peut pas y retourner, là, c'est fermé. On y retournera demain, okay ?
Le guitariste s'affolait.
"Mais je dors où ? Et mes chéries ?
- Je m'occupe de tes chéries," le rassura le leader, en prenant les guitares d'Aoi. "Il me semble qu'il y a deux lits dans la chambre de Reita, tu devrais lui demander si tu peux dormir avec lui."
Aoi acquiesca et se dirigea vers la chambre du bassiste.
Reita
Quelqu'un frappait à sa porte. Les yeux perdus dans le vide, encore troublé par le baiser d'Aoi, il répondit.
"Ouais ?
- Reita, je peux dormir ici ? J'ai perdu la clef de ma chambre..."
La voix à travers la porte, dont le ton sonnait très vrai et inquiêt, n'était autre que... Celle de l'homme qui le tourmentait.
"Entre," soupira le blond.
Le guitariste brun entra timidement.
"T'as vraiment paumé tes clefs ?" demanda Reita, suspicieux.
Aoi hoch la tête en guise de réponse. Le bassiste comprit qu'il disait la vérité. Il fit s'assoir son collègue sur le lit. Reita regardait toujours le vide, passant et repassant ses doigts sur ses lèvres.
"Désolé pour ça," murmura Aoi. "J'voulais pas te blesser... Perdon."
Reita sourit.
"Pas la peine de me sortit des phrases bâteaux, va," répondit-il.
Il passa son bras autour de l'épaule du guitariste, cherchant à le rassurer. Au fond, le plus blessé, c'était Aoi, et celui qui devait se faire pardonner de ne pas avoir répondu, c'était lui.
"Tu sais Aoi, t'as de la chance, t'as pas besoin d'être pardonné."
L'autre le regarda avec incompréhension. Reita lui expliqua tout, admirant ces grands yeux noirs, ce visage innocent, adorable, ce visage d'Ange, presque, et ces longs cheveux bruns. Il était face à Aoi l'Ange, alors que durant le concert, il s'agissait d'Aoi le démon, celui qui jouait de la guitare à fond, les cheveux ondulés par un quelconque gel, les paupières noircis, et qui se déhanchait juste au bord de la scène pour faire baver les fans qui ne pouvaient jamais l'atteindre. Ça n'était même pas Aoi le pître au visage d'Ange, qui aimait jouer, non, c'était juste Aoi l'Ange. Il avait à ses côtés l'être le plus pur qui ait jamais existé.
Et le bassiste compris pourquoi le brun s'excusait.
"Tu sais, Uruha, au fond, c'est juste mon meilleur pote."
Comme il s'y attendait, le guitariste releva la tête, surpris, mais le regard plein d'espoir. Reita eut un sourire.
'Mais je ne veux pas te donner trop d'espoirs, je ne sais plus moi-même ce que je ressens. Je me suis perdu,' expliquait-il mentalement.
"Tu veux dormir, non ? Y'a un deuxième lit, là," dit-il en désignant un lit situé à un mètre du sien.
"Merci, Reita..."
Uruha
Il voyait trouble. Son lit était-il à gauche ou à droite ? Lequel était le sien, lequel avait été mis là pendant son absence ? Impossible de savoir. Il s'installa sur le plus proche et se rammassa une belle gamelle, face contre le sol.
'C'était l'autre...'
Le guitariste blond se jeta alors sur le deuxième lit. A peine arrivé, il s'endormit, même pas sous les couvertures, même pas déshabillé, même pas démaquillé.
Lorsque le jour se leva, il ne se rappelait plus de rien. Ni du trajet, ni de l'arrivée, ni des deux lits, ni même de sa chute. Résultat, il se demanda pourquoi il avait un jolie bosse sur le front...
Par chance, l'eau est l'amie de tout le monde, y compris des alcooliques dans son genre, et la douche qu'il prit lui ramena ses plus récents souvenirs. Après le concert, il s'était encore bourré, il s'était endormi, et réveillé dans la voiture de Kai, en bas de l'hotel. On l'avait ensuite ramené jusque dans sa chambre, où il était persuadé d'avoir vu deux lits, et était tombé en voulant se jeter sur le plus proche. Mais où avait bien pu passer ce foutu second lit ? Sans doute retiré pendant qu'il dormait. Et qui pouvait bien être ce foutu 'on' ? Sûrement la même personne que celle qui frappait à sa porte, ne faisant qu'empirer la migraine du guitariste.
"Uruha, dépêches, tu vas rater le petit déjeuner ! On attend que toi pour descendre et on a faim !"
S'il en suivait son propre raisonnement, et si 'on' était bien la personne qui avait frappé à la porte, alors 'on', c'était Ruki. Mais le lit ? Sortant de la douche, une serviette sur le cheveux, il observa sa chambre, et notemment l'emplacement où il avait vu le second meuble.
'Mais... Y'a pas de place pour mettre un autre lit !' se dit-il.
Evidemment. L'alcool, ça fait des ravages, surtout chez lui. En gros, il avait encore vu double. Il s'habilla d'un simple jean et d'un t-shirt, comme la veille. Les fringues les plus simples du monde, mais tellement plus confortables que ses tenues de scène Ô combien étranges et difficiles à enfiler. En passant, avant de sortir, il caressa d'un geste tendre sa guitare sèche, puis sortit, et rejoignit les autres membres du groupe qui l'attendaient dans le hall de l'étage.
"Bordel, t'en as mis, du temps, Ruwa-chan !" fit Ruki.
Ces quelques mots provoquèrent 'leffet d'une tempête dans la tête du blond, qui mit cinq bonnes minutes à comprendre ce que disait le chanteur.
"Désolé," marmona-t-il simplement, "Gueule de bois."
Maintenant qu'il y pensait, c'était la première fois que la boule de nerfs l'appelait 'Ruwa-chan'.
Ruki
"Ça," répondit Ruki, très énervé, "on avait VAGUEMENT REMARQUE."
Il le faisait exprès, il voulait faire comprendre la leçon à Uruha. Il comptait lui faire passer une journée... Mémorable.
"Au fait," demanda le guitariste blond d'une voix encore endormie, "Pourquoi on se lève aussi tôt ? C'est journée repos, aujourd'hui, non ?"
Kai, radieux, expliqua la situation, tandis que Ruki affichait un sourire plus ou moins sadique.
"Justement, on s'est dit qu'on pourrait se détendre un peu... On va au parc d'attraction qui est pas loin d'ici !"
Le chanteur, fier de son idée, regarda Uruha, qui semblait pris d'une nausée.
'Et c'est mon idée,' terminait-il interieurement.
"On y va ?" demanda un Ruki énergique, décidé à mener la vie dure à Uruha pour 24 heures.
Le groupe descendit les marches, Aoi étant en froid avec les ascenceurs à cause de l'un d'entre eux qui s'était bloqué dans un hôtel une ou deux semaines auparavant. Le petit-déjeuner se passa... Le plus communément du monde, à peu près comme tout ceux qui avaient eu lieu jusque là, si ce n'était le sadisme qui avait envahi le chanteur. Lorsque le groupe partit enfin, Ruki trépignait d'impatience. Il avait prévu d'emmener ses amis dans les pires attractions possibles. Quelque part, même s'il avait beau le cacher, il tentait d'oublier. Il était énervé contre Kai, après avoir appris que celui-ci avait avoué ses sentiments au pauvre Aoi qui tournait toujours en rond dans l'espoir d'attirer l'attention de Reita.
Il s'en voulait, il leur en voulait, et il en voulait surtout, SURTOUT à Uruha pour s'être autant bourré encore une fois, alors qu'il avait ENFIN arrêté. Il détestait que son ami se comporte comme ça. Une fois arrivés, Ruki se précipita vers l'attraction la plus proche, mais pas la moins vertigineuse. Si le guitariste n'apprenait pas la leçon avec ça, il voyait difficilement ce qu'il pourrait faire de plus...
"Uruha, viens, on monte dans le premier wagon !" lança le chanteur.
'Mieux vaut laisser Aoi et Reita seuls... J'espère que tu es d'accord avec moi, Kai...' pensait-il en réalité... 'Tu vas le payer, Uruha.'
