Āto dorobō

Note de l'auteur :

Link : Tu voulais savoir si Āto dorobō avait déjà fait "officiellement" son entrée dans l'histoire ... Il est un peu difficile de répondre étant donné que cela pourrait vite te mettre sur la voie si je réponds. Techniquement parlant, je ne peux ni te dire si c'est le cas ou non. Pour autant je peux dire que la suite te permettra de juger par toi-même si la balance va plus vers le oui ou vers le non. Merci pour ton suivi quotidien. C'est un bon encouragement pour être régulière dans ma publication.

Hookedonreading : Yamada a simplement donné la véritable identité de Shizuru. A savoir Fujino. La suite tu pourras le découvrir dans ce chapitre. Quant à d'autres indices, j'espère satisfaire ta curiosité dans la suite de mon écrit et te fournir les informations attendues. Merci de me laisser ton avis me signalant que mes écrits se lisent en dehors des frontières françaises.

Merci également aux autres lecteurs réguliers ainsi que les MP de certains écrivains. Sur ce, le chapitre 10.

Chapitre 10

POV Nao Yuuki

Viola allait me tuer je le savais. Pire encore, j'allais sûrement me faire tuer passé ce portail. Mais je devais savoir pourquoi Yamada m'avait donné son nom. Il ne s'agissait pas uniquement d'une vengeance sur Viola. Je me retrouvais encadrée par deux gardes du corps devant peser mon poids en muscles. C'est alors que je le vis. Viola était le portrait craché d'Anata Fujino. Son père. Celui-ci congédia ses gorilles puis me fit signe de m'asseoir en face de lui.

- Cela faisait longtemps qu'un agent de police n'avait pas osé venir dans cette résidence.

- Le dernier n'a jamais été retrouvé.

Un léger rire sortit de la bouche de Fujino. Bien que je ne portais pas Viola dans mon coeur, je comprenais pourquoi elle avait quitté cet Enfer.

- Que voulez-vous Yuuki Nao?

Je n'étais même pas surprise qu'il connaissait mon identité. Je décidais alors de jouer franc jeu avec lui.

- Āto dorobō.

Il fronça les sourcils. A ce moment, j'eus l'impression de voir Viola en face de moi. Les mêmes gestes, les mêmes manières de masquer leur gêne ... Leur agacement. Il se leva tout en se servant un verre de vin.

- Je m'attendais à autre chose. Et je ne peux malheureusement pas vous aider.

Je me relevais tout en soufflant légèrement. Il bu une gorgée et me fixa de ses yeux rouges roi.

- Shizuru ... Tient-elle réellement à cette ... Natsuki Kruger?

Je restais surprise face au changement de la conversation. Je décelais une chose plus profonde dans son regard. La solitude. Il était un monstre au vu de ce qu'il faisait. Prostitution, Trafic d'armes, de drogues et pire ... Assassinats en tout genre ... Ses mains étaient de la même couleur que ses yeux. Pour autant, à ce moment précis, il était comme un père soucieux pour sa progéniture. Avait-il un jour laisser Viola voir cette facette de lui? Je suis convaincue que non. Mais peut-être devrais-je essayer de l'apaiser pour ne pas finir dans le lac de Fuuka.

- Votre fille semble l'aimer. Mais vous devriez peut-être lui demander.

Il sourit légèrement tout en redéposant son verre. Il saisit une arme à sa ceinture et la pointa vers moi. Ma pensée alla alors vers ma fille et Miyu. Pardonnez-moi si cela est ma dernière pensée. Je vous aime. Il m'arrêta dans ma dernière volonté en retirant le cran de sécurité.

- Voilà le genre de réflexe que j'ai eu la dernière fois que j'ai voulu lui expliquer ce qu'il s'était passé. La raison pour laquelle j'ai voulu la protéger de la folie de sa mère.

- Vous avez tué sa mère.

Je n'aurais peut-être pas dû parler de cela. Une légère détonation s'en suivit. La balle était passée à quelques millimètre de ma tête. Je pensais même m'être urinée dessus. La température de mon corps chuta d'un coup. La voix de mon bourreau tonna dans la pièce.

- Et voilà sa réaction lorsque je lui ai dis que je préférais voir sa mère morte chez moi plutôt que de faire face à un divorce. Je ne voulais pas perdre ma fille ... Jamais.

- Mais vous l'avez perdu ...

L'arme était toujours pointée sur moi. Ma dernière parole semblait l'avoir dérouté. Pendant un moment j'ai cru qu'il tremblait mais était-ce de colère ou d'impuissance. Je décidais d'amorcer une retraite en faisant un pas en arrière. Il abaissa son arme après quelques minutes à me fixer.

- Concernant Āto dorobō ... Dites à Shizuru qu'elle aurait eu sa réponse si elle n'aurait pas tourné le dos au sien. Elle est toujours chez elle. Qu'elle le veuille ou non, elle reste ma fille. Elle reste Shizuru Fujino, l'héritière du Parrain de Kyoto.


POV Anata Fujino

Comment cette femme pouvait-elle débarquer chez moi et me parler de Shizuru? Shizuru ... Tu as tellement changé depuis notre dernière confrontation. Je ne suis pas un homme bien. Je le sais. Mais la souffrance est la seule chose que nous partageons mon enfant. Cette femme semble t'apportait un peu de réconfort. Que tu le veuilles ou non, je veillerais toujours sur toi. Je protégerais mon sang jusqu'à la fin même si c'est de ta propre folie que je dois te protéger.

- Fujino-sama ... Votre invitée est arrivée.

- Faîtes-là entrer.

Je ne peux pas risquer de perdre ma fille. Voilà pourquoi j'interviens.

- Cela faisait longtemps Ahn ... Tu sais pourquoi je t'ai fait venir.

Ahn semblait légèrement troublée mais finit par me dire une chose que j'ignorais.

- Ecoutez ... Je ne pensais pas que cela avait une grande importance que je vous signale ma rencontre avec votre fille. Je n'ai fait que défendre mes intérêts.

- Vos intérêts pourraient être décapités en Russie si vous touchez à ma fille. Suis-je assez claire?

Toujours aussi faible ... Un trait de famille apparemment.

- Fujino-sama je ...

- C'est tout ce que j'avais à te dire Ahn. Je t'ai offert ce que tu voulais il y a plus de dix ans ... Mais je peux très bien m'arranger pour te le reprendre. Alors la manière dont tu sauvegardes ma fille m'importe peu. Oh encore une chose ...

Elle me fixa un instant, rassemblant un peu de son courage.

- Ma fille ne sera jamais un objet et encore moins un objet à utiliser pour Āto dorobō ... Je suis sûr que le message passera facilement à la concernée.


POV Ahn Luu

- Où est elle?

- Ojou-sama est dans son bain et ... Attendez ...

Je ne pouvais pas attendre ! Mes intérêts ... En aucun cas Fujino-sama ne doit s'en mêler. La situation est de plus en plus difficile à gérer. Je l'avais déjà vu nue de toute manière. J'avais peur ... Qui sait ce qu'il fera si Shizuru devient un élément à éliminer. Je ne peux pas prendre le risque.

- Ahn? Mais ...

- Fujino-sama est au courant et ... Ne touches surtout pas à Shizuru sinon il ...

Pourquoi riait-elle de cette manière?

- Alors tu es vraiment amoureuse? Je n'ai jamais compris pourquoi tu couchais avec moi ou même les autres si tout que ce que tu voulais était ...

- Je n'hésiterais pas à parler de tes exploitations illégales si tu la touches.

- Alors tu oses me menacer?

J'étais intouchable au vue de mon rang, elle n'oserais pas me tuer. Je devais continuer.

- Je ne devrais pas le faire si tu ne m'avais pas obliger à le faire.

Je rougis légèrement lorsqu'elle s'avança nue devant moi. Encore plus lorsque je la sentis caresser mon visage.

- M'as-tu aimé?

- Je ...

- Je t'ai aimé ... Même quand tu m'as laissé ... Même quand je t'ai vu avec d'autres que moi ... Y compris Natsuki Kruger. Mais en plus de t'aimer ... Je t'ai donné une chose que je n'ai donné qu'à une seule autre personne.

Je la sentis coller son corps contre moi et tendre la main derrière moi pour attraper ... Une serviette?

- Ma confiance. Ta cousine a confiance en moi alors que je pensais que tu avais aussi confiance en moi.

- Tu t'écartes de ma demande.

- Très bien ... Quelque chose me dit que je ne vais pas tarder à la rencontrer de toute manière. Dis à Fujino-sama que la prochaine fois qu'il a un message à me faire passer, ma porte est ouverte. Sa précieuse fille sortira physiquement indemne de cette histoire.

Voyant son regard, je savais que Shizuru ne s'en sortirais pas psychologiquement.


POV Shizuru Viola

Je n'aurais pas dû faire ce genre de promesse. Deux semaines que je ne fermais pas l'oeil de la nuit. Encore une nuit blanche derrière mon ordinateur à regarder la liste des multiples délinquantes en tout genre. Rien. Je fermais mon fichier de travail et murmura le nom de mon amante. Natsuki. Inconsciemment, je tapais son prénom sur le clavier de mon ordinateur. Une liste de plusieurs sites fit son apparition sur le moteur de recherche. Je ne sais pas pourquoi, j'ai poursuivi en tapant le terme Kruger. Comme je m'y attendais aucune recherche n'était associée à mon amour. Pour autant le nom Kruger apparu dans plusieurs références. Je m'attardais sur l'un d'entre elles lorsque je vis un prénom familier. Hikari Kruger. Je cliquais sur le lien et vis une vidéo où la jeune fille jouait du piano. Un léger sourire apparu sur mon visage. En m'intéressant de plus près aux commentaires laissés, je me raidis légèrement lorsque un pseudonyme m'explosa au visage. En plus du commentaire.


- Ne vous avais-je pas dit de laisser tomber cette affaire?

L'aura sombre de Midori-san engloba l'ensemble de la pièce. Elle lança un regard noir au deux autres personnes nous accompagnant Nao-san et moi.

- Et vous là! Qu'avez-vous à y gagner à passer au-dessus de mes directives? Chie?

- Je ...

Midori-san secoua la tête et fixa la deuxième personne.

- Je n'aurais jamais cru que Chie pourrait autant déteindre sur vous Aoi.

Aoi-san posa une feuille sur le bureau de Midori-san et parla d'une voix posée.

- Elles ont trouvé quelque chose que nous n'aurions jamais recherché. Je n'ai fait que retracer une adresse mail pour retrouver une signature électronique et donc un ordinateur. Le reste ... Chie a juste bouclé son possesseur. Nous n'avons fait que notre travail comme vous nous demandez de le faire. En suivant notre instinct.

J'étais admirative de la jeune femme. Aoi-san n'avait rejoint la police que depuis peu mais s'avéra être un élément fort intéressant. Si je suis encore Inspectrice à la fin de cette affaire, je la prendrais sous mon aile. Midori-san resta muette face au discours de la jeune femme. Elle se contenta de se lever et de quitter la salle avec la feuille. Je savais qu'elle allait auditionner l'homme en garde à vue. Et je voulais être là. La rattrapant rapidement, je n'eus pas le temps de demander qu'elle grommela d'un ton bourru.

- Un seul écart et je vous fous par la peau du cul dehors c'est clair?

Je me contentais de la suivre sans broncher. Je savais me taire lorsqu'il le fallait.


L'homme nous faisant face devait avoir une quarantaine d'année. A voir sa position, il n'était pas moins qu'apeuré par la situation. Midori-san m'envoya un regard qui en disait long sur ce qu'elle pensait de lui. Il n'était pas notre homme. Pour autant, elle plaça la feuille devant lui.

- Vous êtes bien Monsieur Kuro Akirō ?

Celui-ci hocha la tête.

- Savez-vous pourquoi vous êtes ici?

- Ecoutez je vais payer d'accord. C'est juste que c'est plus fort que moi.

Je pris le devant sur ma supérieure.

- De quoi parlez-vous?

- Des téléchargements illégaux. Je suis ici pour ça non?

Midori-san tapota le papier.

- Vous avez écrit cela sur un site culturel à l'égard d'Hikari Kruger.

L'homme relut machinalement ce qui était écrit.

- "Le vol est une affaire de famille ..." oui c'est exact.

- Et qu'entendez-vous par là?

Kuro déglutit difficilement face au regard sombre que je lui envoyais. Ma supérieure m'écrasa le pied sur quoi je gémis légèrement. Kuro me fixa un instant puis fronça les sourcils.

- Parce que son grand-père est un voleur.

- Son grand-père?

- Il m'a volé sous le nez un tableau appartenant à ma famille depuis des générations. Parce qu'il avait le certificat d'authenticité qui traînait dans son grenier. Il s'est servit de l'amitié que lui portait mon père pour le lui voler.

- Comment savez-vous tout ça?

- Parce j'y étais.

- Je parlais du lien le liant à Hikari Kruger.

- J'ai surpris une fois une conversation entre mon père et lui. Comme quoi qu'il avait une petite-fille dont il était fier.

- En quoi est-ce un vol de jouer du piano ?

- Ne me dites pas qu'une gamine de dix ans peut-être aussi douée sans mentor. C'est encore une fois un mensonge.

- Quel est le nom de son grand-père?

- Smith ... John Smith.


- Vous étiez au courant?

Je secouais la tête sans comprendre le fondement même de tout cela.

- Non et je ne pense pas que Nao-san soit au courant.

- Faites des recherches sur ce Smith et ... Relâches cet abruti. Nous ne faisons pas dans la cybercriminalité.


- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu étais la fille d'un homme d'affaire?

Natsuki me fixa avec des yeux ronds et souffla.

- Mais ... Je ne veux même pas savoir ...

Je m'installais sur la couchette à côté de Natsuki et fixa le mur nu devant moi.

- Son nom est apparu dans l'enquête. Tu veux savoir ...

- Non.

- Je vais lui parler.

- Il est ici?

- Il a une résidence secondaire à Kyoto.

Voyant l'air perdu sur le visage de mon amour je lui caressais doucement le visage.

- Qu'as-tu en tête Natsuki?

- Rien. Juste ma fille. Tu lui en as parlé?

- Non. C'est un élément de l'enquête.

- Merci.

- Et s'il était le donateur?

Natsuki s'attarda un instant sur la question puis secoua la tête en signe de malaise. Elle me cachait quelque chose mais je n'arrivais pas à savoir quoi. J'avais de plus en plus ce sentiment qu'elle connaissait plus de choses qu'elle ne laissait paraître et peut-être même qu'elle savait qui était Āto dorobō. Je commençais réellement à douter ... Qu'avez bien pu faire Natsuki pour être aussi léthargique face à ce qui se passait en dehors de sa cellule? Mon esprit embraya alors sur une autre pensée. Je savais que j'avais tors mais je ne pouvais m'empêcher de me dire qu'elle était Āto dorobō. Alors pourquoi continuais-je à l'aimer? La désirer? Et pire vouloir la faire sortir d'ici? Voilà ce dont parler mon père lorsqu'il me signifia que l'amour peut faire devenir fou un homme. Lui faire faire des choses immorales. Je secouais la tête en chassant ce monstre de ma tête. Je ne suis pas mon père. Parce que je ne mettrais jamais une balle en pleine tête de la femme que j'aime et ce ... Devant mon enfant.


Au moment même où je fis face à Smith-sama, je savais que les dires de Kuro-san étaient vrais. Il était bel et bien le père de Natsuki. Il possédait les mêmes yeux et le même nez. Ce qui était le plus troublant était sa ressemblance avec sa petite-fille. Je suis sûre que si l'on coupait les cheveux de celle-ci, on ferait face à Smith-sama lorsqu'il était adolescent. Je déposais doucement une photo sur la table basse et la poussa entre nos deux tasses de thé. Il ne semblait ni surpris ni même émettre la moindre émotion. Il se contenta de la fixer un instant puis de reporter son regard sur moi.

- Que voulez-vous savoir Viola-san?

J'aurais aimé m'attarder un peu sur le personnel pour apporter des réponses à mon amour. Mais je n'étais pas là pour cela. Je ne fis que relater les faits.

- Votre nom est apparu lorsque nous avons mis en examen Kuro-san.

- Qu'a-t-il encore fait d'irréfléchi?

Je m'attendais à une autre réponse de la part de Smith-sama.

- Il nous a parlé de votre supposé vol de bien lors de la mort de son père.

- C'est un détail parmi d'autres.

Je me fis une note mentale qu'il ne laissait passer aucune émotion.

- Votre fille est actuellement en détention. Cela vous intéresse peut-être plus ou est-ce également un détail parmi d'autres?

Aurais-je touché une corde sensible? Il ferma légèrement ses poings tout en fermant les yeux.

- Je vous le redemande. Que voulez-vous exactement?

Le ton était plus dur. Plus froid. Je savais qu'il finirait par perdre patience et me mettre à la porte. N'ayant pas de mandat, je n'avais aucune raison d'être ici. La discussion pouvait s'arrêter d'une minute à l'autre. Je n'avais pas de temps à perdre. Je devais jouer ma dernière carte.

- Vous semblez être fier de votre petite-fille. Assez fier pour en faire part à Kuro-sama ou la parrainer dans ses études.

- Je ne vois vraiment pas de quoi vous parlez.

Je fronçais légèrement les sourcils mais il me coupa de nouveau.

- Elle est plus futée que sa mère. Et oui je suis fier de ma petite-fille. Mais ça s'arrête là. Concernant le reste ... Saeko Kruger a été ma maîtresse pendant plusieurs années et m'a ensuite congédié. Non sans me menacer de révéler à ma femme de l'époque mon aventure. Natsuki n'a jamais cherché à me connaître et c'est mieux pour nous deux. Mais je garde un oeil sur eux depuis le début. Je pensais qu'elle trouverait un équilibre avec Ahn Luu mais ...

- Vous connaissez Luu-sama?

Il rigola légèrement tout en me fixant droit dans les yeux.

- J'ai rencontré Natsuki une fois lors d'une visite chez Ahn. J'ai été curieux de savoir qui était cette jeune femme ne prenant même pas le temps de saluer un invité.

- Ahn Luu est au courant de votre lien?

Smith-sama secoua la tête.

- Personne ne sait que Natsuki est ma fille. Ahn est incapable d'avoir un enfant de son sang. Et je voulais que ma petite-fille soit à l'abri. Je ne lui ai fait qu'ouvrir les yeux lorsque j'ai su qu'elle avait séduit Natsuki. Mais il semblerait que Natsuki n'est guère accepté les agissements d'Ahn ... J'espère au moins que vous avez de quoi vous occuper d'Hikari.

Je gelais sur place face à cette remarque qui sonnait comme un avertissement. Je toussotais légèrement tout en revenant sur le sujet.

- Vous avez donc fait cela pour mettre à l'abri votre héritière?

Smith-sama me fixa un instant puis héla son majordome. Il lui murmura quelque chose à l'oreille. Celui-ci se retira mais revint après quelques minutes en déposant une autre tasse sur la table. J'avais un très mauvais pressentiment.

Un jeune homme fit son entrée ce qui me laissa sans mot. Il fut suivi par une jeune femme qui me salua en inclinant légèrement la tête.

- Je vous présente mon héritier, mon fils Takeda et voici ma fille Nina.

Je ne savais pas où la conversation allait mener mais Smith-sama m'arrêta dans ma réflexion interne.

- Viola-san est ici concernant Akirō.

Takeda-san se plaça à côté de son père tout en émettant son mécontentement.

- Nous ne lui avons rien volé. Son père était endetté. Mon père n'a fait que lui rendre service en rachetant certaines de ses oeuvres. Jusqu'où devons-nous nous taire ? Pourquoi ne pas lui dire la vérité.

- Akirō a une profonde estime pour son père. Qu'il croit que je l'ai volé m'importe.

Je fixais la jeune femme en retrait dans la discussion. Elle semblait mal à l'aise mais je ne savais pas pourquoi.

- C'est tout en votre honneur Smith-sama. Concernant ...

- Nous en avons fini Viola-san sur l'ensemble de votre demande. Nina va vous raccompagner.

Tout en saluant les deux hommes, je restais un instant dans mes interrogations internes. Peut-être qu'aucuns de ses enfants légitimes n'étaient au courant. Un tel comportement abjecte. Arrivée devant mon véhicule, je remerciais la jeune femme qui fixa un instant la bâtisse. Celle-ci murmura dans un souffle.

- Kuro-sama n'est pas uniquement la raison de votre venue n'est-ce-pas?

Je secouais la tête.

- Y'a-t-il un rapport avec Natsuki?

Je restais surprise par ses propos mais hocha la tête. Sa posture s'était légèrement crispée mais elle tourna les talons.

- Retrouvez-moi à 20h à la gare Quai 7.


POV Nina Smith

Je devais m'en débarrasser. Bien qu'Ahn n'irait sûrement pas jusqu'au bout de sa menace, je ne devais pas la prendre à la légère. Je devais faire une chose dont j'avais peur. Ahn m'avait signalé son accord lors de notre échange téléphonique. Signe que mon plan pour conserver ses intérêts lui plaisait. Mais qu'en était-il de mes propres intérêts. Pourquoi fallait-il que cette femme soit l'héritière d'un mafieux fou furieux? Et pire encore pourquoi Ahn ne l'avait tout simplement pas envoyé sur les roses. Āto dorobō ... Pourquoi devrais-je la couvrir après tout? Je n'ai qu'à simplement dire son nom. Non, je ne peux pas. Quelque chose me dit que la situation m'échapperait et que je risquerais de perdre plus que mes intérêts. Ahn semble vouloir tenir sa langue à ce sujet. Mais il serait tellement plus simple de faire ce que nous faisons le mieux. Taire les nuisances. Définitivement. Mais avec Fujino-sama sur mes talons ... Impossible. Malgré que j'ai du mal à le reconnaître, j'ai belle et bien fait une erreur. Maudit sois-tu Fujino ... ou plutôt Viola Shizuru.


POV Shizuru Viola

Je ne sais pas pourquoi j'attendais sur ce Quai. Que pouvait-elle bien me vouloir? Je la vis après plus d'une demi-heure d'attente s'engouffrer dans un train. Train dont j'ignorais la destination et pour lequel je n'avais aucun billet. Après une réflexion éclaire, je m'avançais vers le contrôleur tout en montrant mon insigne.

- J'ai besoin d'entrer dans ce train.

Il hocha simplement la tête tout en s'écartant. Je fus surprise de ne trouver qu'une seule personne dans celui-ci. Alors que je m'avançais dans les allées, je sentis le train en mouvement. Je soufflais légèrement tout en me positionnant en face de l'unique passagère.

- Ne vous inquiétez pas ... Ce train s'arrêtera à Fuuka.

Je la fixais pendant plusieurs minutes avant qu'elle ne se décide à reprendre la parole.

- Je sais qui est Natsuki Kruger. Et je veux vous aider à la libérer c'est pourquoi ...

Je fronçais légèrement les sourcils sur quoi elle me présenta ses mains.

- Arrêtez-moi.

Fin du chapitre 10