Plus court cette fois, je vous offre Chaud et froid avec une certaine fierté. Ma correctrice m'a assuré qu'il lui plaisait, alors j'ai hâte de savoir ce que vous en pensez! Pour une fois que notre petit Kiru mûrit un peu... Vous verrez bien! ;)

Bonne lecture!


Chapitre X : Chaud et froid

Cela faisait une bonne demi-heure que le travail d'équipe en Histoire de la magie était commencé; avec Marco, on ne s'ennuyait jamais! Il va sans dire que nous nous amusions plus que nous travaillions (pour ma part, je n'avais même pas encore ouvert mon livre à la page 44). Certes, les yeux du Poufsouffle étaient toujours bouffis, mais sa voix avait reprise de l'assurance. Il ne me semblait plus aussi sensible qu'au début du cours. Ainsi, je prévoyais aborder le sujet délicat qu'était sa dispute avec Jean; c'était mon devoir de l'informer de ce qui s'était passé avec Eren! Ce pourquoi, à la fin du cours, je l'amenai à l'écart avec Gon, tentant de clarifier le tout.

- Marco, commençai-je, je préfère que tu l'apprennes de moi que d'un parfait inconnu, mais es-tu au courant à propos de Jean?

En entendant ce prénom, je sentis que sa gorge s'était nouée et je vis ses yeux s'emplirent d'inquiétude. Cela n'allait pas être du gâteau que de lui raconter l'histoire. Sur le point de laisser tomber la chose, je repris :

- En fait, tu n'as probablement aucune envie de savoir quoi que ce soit sur lui en ce moment, je te conterais plus tard, si tu veux...

- Je m'en fiche, dis-moi tout, Kirua, insista-t-il, anxieux.

Je soupirai, me préparant mentalement à la crise future.

- Lorsque tu as quitté le cours de Saber, Jean s'est immédiatement rendu compte de l'ampleur de son énorme bêtise. Ensuite, disons qu'Eren a rajouté de l'huile sur le feu et...

Je sentis Marco faiblir. Le Poufsouffle, déjà au bout du rouleau, allait flancher d'une seconde à l'autre. Toutefois, en bon copain, je préférais qu'il le fasse maintenant plutôt qu'il ne pleure toutes les larmes de son corps au beau milieu de son prochain cours.

- Disons que ça d'abord créé quelques flammèches au début, puis rapidement ça a dégénéré en sacrée guerre en classe...

Je me sentais terriblement coupable à cet instant. Marco avait le teint livide et la prestance d'un condamné à mort. Dire que j'avais eu l'occasion de stopper le combat avant et je ne l'avais pas fait me faisait regretter mon comportement d'anarchiste!

- J'aurais pu les arrêter avant que ça n'empire, mais je n'ai pas agi... Je suis affreusement désolé. Mais pour être à cent pour cent honnête avec toi, ça s'est terminé très mal des deux côtés.

Gon, tentant d'alléger l'atmosphère, fit exactement l'effet inverse:

- ''Très mal''… Tu dois exagérer un peu, Kirua! Ils ne sont quand même pas en train de se faire soigner... Pas vrai?

Je lui lançai un regard qui en disait long. Il se mit la main sur la bouche et regretta immédiatement de l'avoir ouverte. Marco, quant à lui, avait les épaules et les mains tremblotantes. Ses lèvres se mirent à s'agiter elles aussi malgré lui.

- Marco, fit doucement Gon, ne te retiens en aucun cas de pleurer. Ça ne te fera qu'un bien immense... Ça fait toujours du bien de sortir le méchant!

Soudain, l'interpellé brailla de nouveau et tomba à genoux. Essayant de le réconforter, Gon lui fit une chaude et réconfortante étreinte. Encore une fois, je fus surpris de son comportement; à moi, j'avais la conviction qu'il ne m'aurait donné qu'une bonne claque dans le dos! En quoi Freckled Jesus était-il si différent de son bon vieux copain pour qu'il change ses habitudes?

Je me surpris moi-même en prenant encore une fois la parole, coupant ainsi leur moment d'intimité:

- Je propose que nous allions le voir les trois ensemble, histoire que tu ôtes ce poids de tes épaules. Je crois que vous avez besoin de parler...

- Bien dit, Kirua!, approuva joyeusement le Gryffondor du lot. Ce sera l'occasion idéale pour démêler toute cette affaire...

- A-Après avoir soupé, balbutia le petit oiseau aux ailes brisées. Je ne veux pas qu'il me voit dans cet état...

Après avoir reconduit Marco à sa classe, nous nous séparâmes finalement. La cloche avait sonné depuis quelques minutes et je ne comptais pas me faire taper sur les doigts durant la première semaine d'école, surtout au cours de Potions qui me paraissait particulièrement intéressant. Avant de pénétrer dans mon cours, le dernier de la journée, je priai pour que Marco soit suffisamment fort pour affronter ses démons à l'infirmerie.

Toujours précédé du cours de madame Ral, le cours de Potions avait une ambiance bien singulière. En franchissant le seuil de la porte, j'avais été frappé non seulement par le fait que le lieu donnait l'impression d'être une prison, mais aussi par l'atmosphère lourde qui régnait dans cet espace sombre; bref, tout le contraire du cours d'Histoire de la magie! De plus, son cours resplendissait de propreté malgré qu'il s'agisse d'un endroit où divers mélanges explosifs étaient préparés.

Je me souviens aussi que chaque élève était parfaitement silencieux et avait déjà ouvert leurs manuels à la page demandée, et ce, sans rechigner. Intrigué, j'avais glissé un regard au professeur et reconnu l'amant de Petra Ral : Levi Ackerman, selon mon horaire de classe. Curieux de savoir s'il était du genre autoritaire, je lançai à Momoi, ma partenaire de table toute désignée :

- Pourquoi ce silence total? On est en punition?

- Chut!, rouspéta-t-elle. On ne doit pas blablater avec monsieur Ackerman.

- Et pourquoi cela?

Dès lors, l'enseignant en question déposa un regard monotone dans notre direction. Craintive, Momoi baissa la tête et fit mine de gribouiller dans son cahier de notes. C'est alors que le petit homme en smoking, qui n'en paraissait pas moins très joli malgré sa petite taille, vint à notre rencontre :

- Kirua Zoldik. Où te trouvais-tu lors du tout premier cours en Potions de l'année? Il me semble bien que cette place était vide la dernière fois.

Je devais sans doute l'avoir manqué d'une quelconque manière durant les jours d'avant; disons que je n'avais pas été aussi assidu à l'école que la majorité de mes confrères, notamment après avoir raté volontairement plusieurs notions depuis la rentrée. Remarquant que les autres autour attendaient aussi une explication de ma part, j'inventai une péripétie qui tenait plus ou moins la route :

- Il y avait des problèmes à régler au sujet de mon inscription à Poudlard, étant donné qu'il s'agit de ma première année ici. Afin de peaufiner quelques détails dans mon dossier d'étudiant, je devais me rendre auprès du directeur Mustang. Je l'ai cherché longuement à travers l'établissement, lui et madame Hawkeye, la sous-directrice, mais les trouver a été plus difficile que prévu. Soyez assuré que ça ne se produira plus… Pardonnez-moi de mon irresponsabilité, monsieur Ackerman.

Flatté par la politesse que je portais à son égard, et peut-être un brin étonné par ma réponse détaillée, il tomba dans le panneau :

- En effet, tout est toujours compliqué avec Roy Mustang. Ne t'en fais pas pour cet incident, mais ne recommence pas pour autant.

La classe se permit ensuite de respirer. En voyant quelques-uns s'éponger le front, j'eus l'impression d'avoir évité la catastrophe. Comment aurait-il réagi s'il avait su que je mentais? Ce petit bonhomme ne me donnait pas froid dans le dos, en tout cas, pas pour l'instant. Comme on dit, les apparences sont parfois trompeuses…

Tandis que je croyais que l'orage était passé, la voix de monsieur Ackerman retentit encore dans le silence :

- Takao Kazunari, tu as omis de nettoyer ton chaudron avant de partir avant-hier, je me trompe?

La terreur se lut immédiatement sur le visage de l'interpellé. Je déglutis en me demandant ce qu'allait être sa conséquence. Le pauvre n'eut même pas le temps de dire ''oh''.

Sans crier gare, et à une vitesse qui dépassait l'entendement, Levi empoigna le bras de Takao et le propulsa dans l'allée séparant les rangées de bureaux. Le petit s'écrasa face contre terre avant de hoqueter de douleur. Tout aussi méchamment, monsieur Ackerman lança son chaudron à quelques centimètres de son visage. À voir son expression, le Serdaigle était à deux doigts de mouiller son pantalon. Quant à moi, j'étais sur le point de contester cette violente figure d'autorité.

- Va gratter les résidus de saleté là-dedans, vermine. Que je le vois reluire à la fin de ta besogne!

- O-O-Oui, sensei!, balbutia le malmené en attrapant son bien et en partant la queue entre les jambes.

- Tu auras aussi l'obligeance de te présenter en retenue et de laver tous ceux de tes camarades, ajouta l'enseignant sévère.

Dans mon dos, j'entendis d'autres Serdaigles discuter à voix basse :

- Pauvre de lui!

- Takao est un idiot, objecta un autre élève. Je suis content de ne pas avoir été mêlé à ses bêtises, pour une fois…

Du coin de l'œil, je vis un grand à la silhouette svelte et aux cheveux verts forêt. Ce devait être celui qui avait pris la parole. Momoi approuva ses dires :

- Je ne suis pas d'accord avec toi, Midorima-kun. J'ai pitié pour Takao; il est naïf et amusant, pas besoin de lui faire subir ça…

Midorima ne répondit pas, puis remonta ses verres à l'aide d'une de ses mains couvertes de pansements.

- Midorima-kun, je te présente Kiru-chan. Tu dois déjà le connaitre, toi qui es à l'affut de tout ce qui t'entoure.

- Non, je ne le connais pas.

Il m'ignora, faisant son homme trop indépendant pour le peuple. Sourire aux lèvres, je rétorquai :

- Je parie que t'as déjà entendu parler de moi, en plus.

Je l'énervai volontairement, et le grand au teint pâle prit dans le filet comme un gros poisson. On se mit à se quereller sans méchanceté tout le long du cours. Je disais mon opinion sur un thème quelconque, et il revenait à la charge en m'énumérant tous les points prouvant que j'avais tort. Il va sans dire que je faisais de même, mais le Serdaigle ne démordait pas de son avis. Il semblait très orgueilleux. Je m'amusais bien avec lui derrière notre table, malgré qu'il n'ait pas l'air de trouver nos échanges drôles en raison de son ton sérieux et de son visage impassible.

La théorie finalement terminée, nous pouvions enfin sortir et retrouver nos camarades de dortoir. Bras dessus-dessous, Momoi et moi quittions cet espace restreint en direction de la Grande Salle. Dans ma tête, de petits chérubins ayant le visage de Gon se dandinaient pour m'annoncer la fin d'une journée d'études. Enfin libres!


Le souper avait passé étonnamment vite. Nous avions échangé gaiement entre verts et argents tout au long de ce dernier, puis je m'étais demandé où pouvait bien être Aomine. Momoi m'avait répondu qu'il avait pris l'habitude de déguster ses repas sur le toit de l'école. J'espérais secrètement qu'il n'avait pas découvert la Tour d'astronomie; il s'agissait de mon endroit. Ensuite, j'avais quitté la Grande Salle pour rejoindre Gon devant la porte de l'infirmerie. Remarquant enfin ma blessure à la main, inquiet, il m'obligea moi aussi à recevoir des soins. C'est alors qu'il m'avait demandé comment je me l'étais infligé. Sachant pertinemment que ce serait la pire idée du siècle que de lui avouer avoir revu Neferupitou, je lui mentis et prétextai m'être blessé en m'interposant entre Eren et Jean. Mon meilleur ami parut suspicieux, mais ne dit rien.

Peu de temps après, un Marco tremblotant nous avait retrouvés. Il semblait s'armer de courage lorsqu'il franchit d'abord l'entrée. ''C'est parti'', avais-je pensé.

L'infirmière vint tout de suite nous accueillir, et j'espérai secrètement que Saber n'était pas dans les parages pour ne pas assister à une scène pleine de romance– encore. Madame Von Einzbern nous conduisit docilement vers le lit de Jean, situé tout au fond de la pièce à aire ouverte. Ce dernier avait le regard rivé vers l'extérieur et semblait atterré. De larges cernes s'étaient creusés sous ses yeux et un verre toujours rempli à ras bord et un fruit étaient posés sur le petit tabouret à sa droite. Il paraissait, tout comme moi, jeûner lorsqu'il vivait de fortes émotions d'un seul coup.

- Jean, tu as des visiteurs, murmura presque Irisviel, tellement elle avait dit cela doucement.

L'interpellé ouvrit la bouche, puis la referma. Il réussit finalement à articuler d'une voix rauque :

- Tu peux leur dire de partir.

Ses paroles étaient teintées de tristesse et de nostalgie. En les entendant, je ressentis un léger pincement au cœur. Marco, lui, se prit en étau pour ne pas s'effondrer par terre.

- J-J-Jean, bégaya le Poufsouffle. Je… Je suis simplement venu prendre de tes nouvelles.

Ses derniers mots avaient été à peine audibles. N'y croyant qu'à moitié, Jean tourna lentement son visage vers nous. Ses yeux se plantèrent directement dans ceux de son ''ami'', puis ils restèrent ainsi quelques minutes, dans un silence à la fois tendu et apaisant. Gon me fit signe de m'éloigner un peu, leur procurant ainsi une certaine intimité.

Marco n'avait pas anticipé les blessures physiques de Horse Face, et en voyant les écorchures sur ses mains et les plaies sur sa figure, il faillit quitter la pièce en courant. Faisant preuve de courage et de contrôle de soi, celui-ci se tira toutefois une buche et choisit de s'approcher davantage du Serpentard. Ensuite, gêné et préoccupé, Marco détourna les yeux et se retint de trembler. Le pauvre n'était pas d'humeur à entretenir une discussion avec lui, mais il le devait.

- Qu'est-ce que tu fais ici?, souffla Jean, les yeux tout grands.

Malgré que cette phrase n'ait rien de méchant en soi, Marco le prit comme une insulte et se raidit. Le pauvre ne savait plus comment interpréter les paroles du garçon en face de lui. Désormais, le Poufsouffle pensait qu'elles pouvaient être plus souvent porteuses de mensonge que de sincérité et de gentillesse.

- Sache d'abord que j'ai compris ton… ton message précédent. Je viens seulement en tant qu'ami.

En tant qu'ami. Ces simples mots se répercutèrent inlassablement dans mon crâne. Elles me hantaient, et cela me perturbait. Je glissai un regard vers Gon, qui lui gardait toute son attention vers la scène. Il avait l'air si innocent et naïf lorsqu'il fronçait les sourcils de cette manière, cherchant une solution pour venir en aide coute que coute à ses amis.

- Comme je t'ai dit, je voulais simplement savoir si tu vas bien.

Contre toute attente, les yeux de Jean se remplirent d'eau tandis que j'écarquillai les miens par surprise. Je savais bien qu'il était déchiré, mais je ne savais pas qu'il tenait autant à notre nouveau compagnon! Sa réaction réchauffa ma poitrine de l'intérieur.

Puisqu'il interprétait dorénavant les faits et gestes de Jean de travers, Marco se leva pressement et promit de ne plus venir l'embêter avec ses apparitions soudaines. Le Poufsouffle avait la conviction que c'était de sa faute si Jean s'était mis à pleurnicher. Horse Face s'empressa d'ajouter, frôlant la crise de larmes :

- Au… Au contraire! Idiot… Tu n'as jamais su cerner correctement les gens. Tu es tellement naïf!

Il se mit à pleurer silencieusement et se couvrit le visage de ses mains. Freckled Jesus n'était pas dans un meilleur état; perdu dans un brouillard d'incompréhension et de souffrance, il tentait de se justifier :

- Jean, j'ai… saisi. Je ne compte pas rester si ça te fait souffrir autant. J'ai compris qu'il s'agissait d'une erreur… cette… relation. Tu me l'as fait comprendre.

Sa voix cassa. Ma gorge se noua. À son tour, Marco pleurait.

- J'aurais dû l'arrêter avant, j'ai compris! Ça ne menait à rien… Ça faisait que je m'attachais plus à toi. Tu… Tu ne peux pas m'en vouloir de t'avoir aimé, de t'aimer encore, Jean Kirchstein. J'en ai bien le droit, après tout.

Face à cette déclaration, Jean rougit et explosa :

- Mais je t'aime aussi, espèce d'imbécile!

Silence total. Marco s'essuya les paupières, troublé à souhait. Moi, j'avais bien compris la situation : le Serpentard avait commis une erreur immense et ne pensait pas pouvoir recoller les morceaux, alors que c'était son souhait le plus cher. Voyant que j'étais à cran, Gon me lança un regard interrogateur. Je sentais que je faisais littéralement partie de cette intrigue!

- Et c'est justement ça, le problème, poursuivit Jean. Je t'aime, et j'ai tout gâché! Je casse toujours tout autour de moi, je mérite de te perdre! Je ne suis pas digne de toi, de tes sentiments…

De brillantes perles morcelèrent leurs visages. Je n'arrivais pas à croire que leur peine commune ne leur sonnait pas encore des cloches; selon moi, ce n'était qu'un obstacle à franchir dans leur relation… Je le souhaitais tellement. Je souhaitais tellement leur bonheur.

- C'était ma punition, je l'ai cherché. Maintenant, va-t'en, oublie le gros con que j'ai été et passe à autre chose. Tu mérites cent fois mieux qu'un Serpentard égoïste.

Maladroitement, Jean prit les devants et attrapa la main de Marco, et ce dernier sursauta. Il s'agissait de leur premier contact depuis leur dispute. Il reprit, tout en la serrant du plus fort qu'il le pouvait :

- Une dernière chose. Je veux que tu sois débarrassé de toute haine, je veux que tu sois libéré de toute douleur. Pardonne-moi, Marco, et après ça, tu seras libre. Tu pourras faire ce que tu veux. Et m'oublier définitivement. Je t'en prie… Je m'excuse, et je ne te le dirai jamais assez. Tu sais que je t'aime.

Doucement, comme s'il s'agissait de la chose la plus précieuse à ses yeux, il porta ses lèvres à la main de Marco et y déposa le plus délicat baiser qu'il m'ait été donné de voir. Je rougis à cette constatation et me fis tout petit. Comme Jean était particulièrement incertain de son geste, j'en conclus qu'il n'était pas habitué à dévoiler ses émotions ouvertement, et encore moins à y ajouter une touche de romantisme. Il avait donné le tout pour le tout. Tout pour l'obtention du pardon.

Après quelques secondes à digérer ce qui venait de se passer, Marco sortit de sa transe et cria, l'émotion transperçant sa voix :

- Si ça signifie te perdre pour de bon, jamais je ne te pardonnerai!

Comme des aimants, leurs bouches ne firent ensuite qu'une et elles ne se lâchèrent plus. Leur connexion fut si intense qu'après quelques secondes, Marco se trouvait déjà en califourchon sur son partenaire. Je vis une langue taquine rejoindre sa jumelle et cela eut le don de m'enflammer le bas-ventre. Je ne compris pas ce réflexe de mon corps, mais quand je distinguai la main de Jean qui passa sous le chandail de Marco pour qu'ils se rapprochent davantage, je ne pus même plus détacher mes yeux de la scène. Je passai instinctivement ma langue sur mes lèvres. C'était fort intéressant tout ça. Peut-être que je me visualisais aussi à sa place…

- a… rua… Kirua?!

- E-Euh quoi?!, fis-je en sortant finalement de ma torpeur.

- Tout va bien?!, s'inquiéta Gon en fixant mon cou. Tu as des rougeurs partout sur le corps!

- O-Oui, je t'assure.

- Bon… Alors suis-moi, on devrait leur donner du temps seul à seul pour leurs retrouvailles.

Il avait raison, et moi, je me sentis immédiatement comme le pire des voyeurs. Que m'était-il donc arrivé?! J'avais eu l'air d'un vrai pervers! Je suivis Gon, honteux, en direction de la sortie de l'infirmerie. D'ailleurs, c'est en regardant au sol que je me rendis aussi compte d'un léger détail… Voilà la raison pour laquelle je m'étais senti coincé dans mes vêtements! C'était la première fois que cet incident m'arrivait en public, que je n'arrivais pas à la contrôler, si vous voyez ce que je veux dire… Ce n'était pas du tout joli à voir.

J'avais, en fait, une horrible élévation dans mon pantalon. Et le pire dans toute cette histoire, c'est que je n'en comprenais pas la cause. À cet instant, j'avais l'impression d'être un animal. J'appréhendais l'idée que quelqu'un s'en rende compte, je craignais même que Gon l'ait remarqué auparavant, d'où son comportement ahuri en me disant de sortir. J'aurais tant voulu disparaitre en fumée tellement ma gêne était grande! Depuis quand ce genre de choses m'arrivait à moi?!

En chemin, on passa devant les lits vides où Connie, Ymir et Armin étaient allongés quelques heures plus tôt (ils devaient être rentrés à leurs dortoirs), puis je m'arrêtai devant un lit dont les rideaux avaient été tirés. Curieux de savoir qui était toujours au repos, je lançai un coup d'œil rapide à l'intérieur.

La surprise, la colère et l'énervement se propagèrent en moi à une vitesse folle lorsque je reconnus le visage du blessé. Mon petit problème disparut bien vite en voyant cette espèce de merde.

Eren Jaeger. Celui qui avait commandé les représailles dans son propre groupe d'amis.

Sur le coup de la frustration, je déplaçai d'un coup les rideaux et me retrouvai nez à nez avec lui. J'attrapai son collet alors qu'il couina de surprise. Je plongeai mon regard assassin dans le sien. Il était à deux doigts de mouiller son pantalon, je le sentais. Je percevais ma propre aura qui se faisait menaçante, noire, imposante. J'appréciais lire la frayeur sur son visage.

Mon meilleur ami, se tournant pour voir ce que je fabriquais, me cria immédiatement d'arrêter, puis me rejoignit aussitôt. L'ignorant royalement, je pestai d'une voix qui n'était plus la mienne en direction du brun blessé :

- Écoute-moi bien, Eren Jaeger, je ne me répéterai pas : tu lâches Jean, tu m'as bien compris?

Figé, celui-ci ne réagit point alors que je tentais de le sortir de son ahurissement en le secouant un peu. Gon m'empoigna le bras solidement et me força à le fixer :

- Kirua, qu'est-ce qui te prend?!

- T'en mêle pas, il le mérite pleinement. Attends que j'aie terminé ma petite discussion.

- Lâche-le enfin… Je ne te reconnais plus aujourd'hui!

De plus en plus fâché, je laissai ce sentiment destructeur m'envahir et mis la faute sur l'handicapé devant moi. Je soufflai finalement à Eren :

- Recommence ton petit manège, et je te tue.

Je le haïssais depuis qu'il avait parlé en mal de Jean et de sa relation avec Marco. Gon recula d'un pas en voyant cette puissance mauvaise émaner de moi. Je crois qu'il n'avait pas l'habitude de me voir dans cet état.

Sur ce, je sortis de l'infirmerie d'un pas rageur tout en claquant la porte. Je me sentis beaucoup mieux à partir de ce moment-là et pus enfin respirer une grande bouffée d'air frais après avoir déversé mon aigreur sur cet idiot de Gryffondor. Je cultivais une boule de haine envers lui depuis un moment déjà et cela m'avait fait un bien fou que de m'en débarrasser! Plus jamais il n'intimiderait quelqu'un en raison de ses préférences.

Par la suite, Gon réapparut, un brin sur la défensive alors qu'il m'inspectait à une distance raisonnable. Remarquant qu'il prenait des précautions avec moi, je me mis à rire et lui dit qu'il n'avait pas à agir de la sorte, que jamais je n'allais lui faire du mal. Il répliqua :

- Qui sait! Cela faisait très longtemps que je ne t'avais pas vu de cette humeur…

- Il l'a cherché, ne t'inquiète pas. Je n'aurais pas eu une crise de nerfs sans raison…

- J'ai demandé à Eren et il m'a dit que c'est toi qui les as séparés durant leur duel. C'est vrai?

- Tout à fait. Je ne lui permettrai pas de causer encore des ennuis à Jean ou à Marco! Il va le regretter amèrement s'il ose encore les traiter de noms…

Gon pencha sa tête sur le côté.

- Mais… Tu n'es pas concerné, pas vrai? Je veux dire… D'habitude, tu gères parfaitement bien tes sentiments, alors je me disais que…

- Que quoi?

Il prit une pause, fit un drôle de sourire, et continua :

- On dirait simplement que tu t'es beaucoup attaché à ces deux-là!

Suite à cette remarque, Gon m'ordonna de le suivre et d'oublier l'infirmerie, qu'il valait mieux pour moi que je me repose. Dans mon cas, je me glaçai et me questionnai : était-ce une phrase à double sens? Tentait-il d'insinuer quelque chose par-là? Je déglutis difficilement. Certes, je n'avais rien à cacher, oui je m'étais senti concerné, mais… à ce que mon meilleur ami insinue une telle chose me rendait grognon. À ce stade, il ne pouvait pas faire le lien avec mon léger souci inexplicable situé dans mon pantalon, puisque ce dernier s'était volatilisé.

Ou peut-être que c'était moi qui décortiquait mal ses paroles. Toutefois, je doutais de l'innocence des siennes. Se trompait-il sur mon compte? Pensait-il que je le remplaçais par d'autres personne? J'espérais que non, ou encore pire, qu'il ne se sente pas obligé de faire pareil en me voyant m'éloigner.

Toujours aussi incertain à cause de la tournure qu'avait prise notre conversation, je lui emboîtai le pas.


Une nouvelle intrigue commence...

Certes, j'ai mis un peu plus de temps pour ce chapitre en raison de mon double publié le mois dernier, mais je vous assure que j'ai une autre surprise en suspens... Allez jeter un coup d'oeil à ma nouvelle fic, un OS de Levi x Petra, que je publierai très bientôt! Puisqu'il découle de cette fic-ci, c'est aussi un UA. :) Gâtez-vous!

À dans un mois! xox

- Zuzu-kun.