Je suis de retour ! Le Royaume de la flemme n'a pas réussit à m'emporter ! Merci à vos nombreuses reviews qui m'ont aidé à tenir ! Et merci à mon imagination qui ne m'a pas laissée tomber ! Que vous dire de plus…
Que le compteur de mot était déréglé ? Je crois que j'ai un peu dépasser mon cotât de 5 000 mots… Tant pis, posez une journée de congé pour pouvoir tout lire ! Ou tombez malade ! Quoique, vous dormiriez plus qu'autre chose…
Bo, sang ! Je n'ai rien à vous raconter pour vous saouler ! Mais comment allez vous survivre ?! Si vous voulez, pour m'excuser, je peux vous faire u copié-coller d'un dictionnaire, pour me rattraper !
Non ? Tant mieux, j'avais la flemme… Je crois que c'est le moment de nous séparer, vous allez me manquer ouhinnnnn ! On se retrouve en bas ! Non, ne pleure pas ! Ce ne sera pas long ! On va survivre ! À tout de suite !
Ps : vous avez remarqué à quel point j'était rapide ?! Je voudrais des félicitation s'il vous plaît !
Bonne lecture !
Chapitre 10
"Où sont les misérables nouvelles recrues ?" S'intéressa soudainement Laskey, remarquant leur absence à table.
Et, comme on dit, 'les absents ont toujours tord'. Il était sûr que ces six morveux, par n'importe quel prodige, étaient responsables de sa nuit ! Il allait leur lâcher les chiens pour se venger, à ces ingrats ! Ils les avaient logés, nourris, blanchis et instruis, et voilà comment ils les remerciaient ?! Ils payeront le prix fort !
Les vieilles recrues s'entreregardèrent, à la recherche du responsable des clés. Avec tout le remue-ménage du réveil, ils les avaient complètement oubliés.
Nero, le responsable du jour avec ses moustaches de chat, se leva libérer les nouveaux.
Quitte à choisir, autant que ce soit eux qui calment les nerfs de leur entraîneur.
Quand le futur agent ouvrit la porte sous scellés, il tomba sur le pire carnage qu'il ait imaginé.
Les jumeaux dormaient dans une position de double meurtre, l'un pendant au bras de l'autre qui avait son coude enfoncé dans le coeur du premier.
À côté, les deux collaborateurs étaient entassés, le caïd assoupit sur le corps du ressort qui tenait encore le poing de son collègue dans une main.
Venait ensuite Law, gentiment endormi sur le dernier bloc de paille, servant d'oreiller au Chapeau de paille.
Le tout dans une salle presque détruite.
Malgré tout habitué grâce à ses supérieurs, Nero s'approcha des formes et leur ordonna de se réveiller.
Rien.
"Oy, je vous ai demandé de vous réveiller."
Toujours rien. Sauf un nerf pour l'agent du gouvernement.
"Debout."
Royalement ignoré. Deuxième nerf.
"DEBOUT BANDE DE LARBIN PATHÉTIQUE !"
Ace se leva d'un coup, libérant Sabo au passage qui en fit autant. Ils se mirent côte à côte face à leur réveil.
"QUI EST UN LARBIN PATHÉTIQUE ?!" Hurlèrent-ils en lui envoyant leurs crochets dans la figure.
Le lèche-bottes fut projeté contre le mur, encastrant sa tête dans la pierre.
Il ne pipa plus un mot.
Il était un peu dans le coma en même temps.
Puis l'ancien noble se gratta les yeux avant de s'étirer.
"Déjà le matin ? J'aurai bien dormi encore un peu..."
"Moi aussi." Avoua le brun. "Si seulement Luffy n'avait pas interrompu notre sommeil..."
"Et vous le mien !" Grogna Bellamy en dégageant son acolyte. "Vous ne pouviez pas l'assassiner en silence ?! Il y en a qui aurait apprécié de prolonger leur nuit !" Il s'épousseta. "Quant à toi Bartolomeo, je peux savoir pourquoi tu m'écrasais ? Tu trouves que tu ne me poses pas assez de problèmes pendant le jour ?!"
La touffe verte immergea lentement, fixant son camarade avec les yeux éteints. Ce qui énerva le ressort humain. Pour se calmer de bon matin, il piétina le fardeau qui l'avait écrasé toute la nuit. Une fois fait, il s'autorisa un sourire avant de partir à la recherche de son petit déjeuner.
Pendant ce temps là, Ace était allé murmurer le mot magique à son petit frère qui le réveilla en sursaut.
"VIANDE !"
L'élastique ne mit pas plus de temps à trouver la sortie et à rattraper la Hyène.
Sabo s'était chargé, étrangement gentiment, de Law. Il lui avait doucement caressé les cheveux, rajoutant petit à petit de la force jusqu'au réveil de ce dernier. L'apprenti chirurgien bâilla et rejoignit la compagnie en quête de nourriture, laissant son doux réveil se faire harceler par son frère.
"Et pourquoi, moi, me réveilles-tu avec des coups ?! Je devrais aussi avoir droit aux caresses ! Quelle est cette injustice flagrante ?!"
"Si j'essayais de te réveiller avec des caresses, tu ne serais jamais levé ! Seuls les chocs te ramènent sur terre, je n'y suis pour rien ! Et puis, tu peux parler, tu me fais pareil ! Tu ne t'es jamais dit que j'apprécierais un réveil en douceur ?!"
Les deux belligérants entrèrent dans la forêt, suivant aveuglément leurs amis.
"Tu ne me l'as jamais demandé ! Et je me venge pour toutes les fois où tu t'es réjoui de te lever en premier !"
"Tu n'as pas de meilleures excuses que moi ! Pire, les tiennes ne sont même pas recevables ! Je me suis plaint chaque matin ! Ose dire que tu n'étais pas au courant !"
"Hum, excusez-moi." Interrompit Trafalgar, un morceau de persil dans son oreille droite et l'autre dans sa main gauche afin d'écouter, pour une fois, les répliques de ses compagnons non-amis qui lui servaient de couverture. "Depuis quand devons-nous passer par la forêt pour aller dans la salle à manger ?"
Les frères se turent, examinant leurs alentours.
Oups.
Comment étaient-ils arrivés là ? Sabo, plus responsable, aperçu le reste du groupe disparaître derrière un rocher.
"ATTENDEZ !"
Il agrippa les manches des deux autres mineurs et poursuivit le tee-shirt rouge de son jeune frère.
Depuis quand leur trajet pour aller prendre leur petit déjeuner était-il devenu une aventure ?
Ace brûla de toute flamme, s'amusant à courir de cette manière, c'était bien plus rapide qu'avec des jambes et bien moins fatiguant ! Il était vraiment tombé sur un fruit génial !
Law le voyant disparaître et ayant la flemme de courir, fit apparaître sa table d'opération pour échanger sa place avec l'allumette.
"DE QUEL DROIT TU PROFITES DE MON ÉNERGIE ?!" S'énerva le prince. Il rattrapa l'apprenti médecin et lui envoya une boule de feu. Sa cible l'esquiva et se déplaça à l'extrémité la plus éloignée possible grâce à sa table d'opération.
"TU FUIS ?!"
La torche ne le lâcha pas, entamant une course. Le flambeau tentait de rôtir le chirurgien qui fuyait le plus rapidement possible.
Lorsqu'ils eurent enfin rattrapé la première partie de leur groupe, Law trébucha sur une racine, interrompant son déplacement. Son pouvoir fut dévié de son but premier et rejaillit sur les deux collaborateurs du royaume de Mouchabière.
Sa chute fut si soudaine que Ace, qui s'était jeté sur lui, ne put changer sa trajectoire. L'incendie humain bouscula son petit frère qui faillit tomber en arrière mais se retint à un morceau de tissu.
Le fameux tissu n'était autre que le tee-shirt du prince des pirates qui paya le sauvetage par sa propre dégringolade. Il tomba de la falaise, apprenant par la même occasion son existence.
Le choc de l'atterrissage aurait été important si le brun ne s'était pas changé en flammes, grillant au passage un morceau du sol. Une fois stable, il se leva et admira son trajet.
"Avec quelques centimètres de plus, j'aurais peut-être pu battre le record de Luffy." Remarqua-t-il. "Bon, comment remonter ?"
Pendant ce temps là, en haut, quatre garçons regardèrent l'endroit où avait chuté leur ami.
"Vingt Berrys qu'il a quand même survécu." Paria Bartholomeo.
"Trente." Surenchérit le médecin. "Il est fait de flammes, il ne risque rien."
"Sauf s'il y a de l'eau, on ne voit pas grand-chose d'ici." Raisonna la crête verte.
"Ace-sempai ! N'ayez crainte ! J'arrive pour vous sauver !" S'offrit Bellamy, prêt à sauter si une main n'avait pas attrapé son col.
"Tu ne vas rien faire du tout, oui ! Une personne à remonter, ça suffit amplement ! Pas besoin d'un autre idiot aux idées suicidaires !" Sermonna le caïd.
Trafalgar fut le premier à fixer la scène. Quelque chose n'allait pas.
Le fervent supporter des D fut le second à se figer.
La Hyène, elle, se contenta d'incliner sa tête où apparaissait un gigantesque point d'interrogation.
Luffy, avec son traditionnel sourire jusqu'aux oreilles, lâcha la bombe.
"C'est marrant ! On dirait que vous avez inversé vos corps !"
Il se mit ensuite à rire, laissant les acolytes se cristalliser.
Bell-Bart-... Bartholomeo, dans le corps de Bellamy, se jeta sur ce dernier.
"RENDS-MOI MON CORPS, VOLEUR !"
Le second ne se laissa pas faire.
"TU DEVRAIS PLUTÔT COMMENCER PAR ME RENDRE LE MIEN !"
Leur dispute monta d'un grade, chacun essayant de faire souffrir l'opposant sans abîmer leur enveloppe charnelle.
À côté, Law sortit un scalpel, prêt à disséquer les deux combattants.
L'esprit du caïd le remarqua et tenta vainement de se cacher derrière son propre corps tout en tentant de le défendre, il avait l'attention d'en reprendre possession très rapidement.
"N'ayez crainte." Rassura le chirurgien fou. "Je ne vous endommagerais pas~. Allez, approchez." Il fit un pas en avant et les deux associés, immédiatement réconciliés et compressés par la peur, en firent un en arrière.
Le médecin et un nouveau sourire psychopathe qui semblait inné avança d'un autre pas. Le duo recula encore. Ils s'apprêtaient à prendre la fuite quand Sabo émergea de la forêt.
"Ras le bol ! Vous me saoulez tous avec vos fruits ! Je vous montrerai la force d'un humain normal !" Il leva la tête vers l'attroupement. "Hum ? Que ce passe-t-il ?" Il tourna sa tête en tout sens. "Où est Ace ?"
Les quatre garçons le fixèrent en silence avant que Luffy ne prenne la parole.
"Aucune idée. Je ne me souviens pas l'avoir vu."
L'écho d'un grognement salua sa déclaration. Apparemment, Ace pouvait les entendre.
"Ah oui !" Se rappela l'élastique. "Il est tombé dans le trou." Lança-t-il en pointant la crevasse derrière lui.
L'ancien noble lança un vague regard à la brèche avant de se tourner vers le trio.
"Et vous faites quoi ?"
"On a inversé nos corps." Expliqua la touffe verte.
"Et j'aimerais les disséquer." Finit Law, son couteau levé, prêt à l'action.
Le fugueur ne prit même pas la peine de paraître choqué.
"Ne vous dérangez pas pour moi, je prends Luffy et je m'en vais."
Il allait s'affairer quand un rugissement retentit.
"SABO ! SALETÉ ! NON SEULEMENT TU M'ABANDONNES DANS LE TROU, MAIS EN PLUS TU VEUX M'ENLEVER MON PETIT FRÈRE ?! FRÈRE INGRAT ! JE TE POURCHASSERAI JUSQU'EN ENFER POUR ME VENGER !"
"Cool." Commenta le blond en attrapant la main son petit frère. "On se revoit là-bas !"
Il partit avec son cadet, sous les yeux de l'autre trio qui admirait le spectacle avant de reprendre le leur.
"C'EST QU'IL EST VRAIMENT PARTI EN PLUS ?!" Devina la torche humaine. "REVIENS ICI ! SORTEZ-MOI DE LÀ QUE JE LUI MONTRE QUI EST LE PLUS FORT !"
L'esprit de Bartolomeo allait à nouveau se jeter dans la faille pour servir de tréteau (très inutile) à son idole quand son corps l'attrapa.
"Olà ! Qu'avais-je dit ? Bon, pour commencer, j'aimerai bien reprendre possession de mon corps. Après, si tu veux te jeter, je ne t'en empêcherai pas." Renonça son collègue.
La groupie en herbe acquiesça avec énergie. Il ferma ses yeux et réfléchit avec force.
Soudainement, il les rouvrit.
"Ça a marché ?" S'enquit-il.
Son camarade le fixa avec un regard sérieux.
"Tu n'espérais quand même pas nous rendre nos places par la force de l'esprit, j'espère ?"
Sa proie hocha sa tête avec énergie.
"Bien sûr que oui !"
Un corbeau passa entre leurs deux têtes pendant que le vrai Bellamy sombrait petit à petit dans la folie.
"Oui, le pouvoir de l'esprit..."
La frange verte cachait ses yeux alors qu'un sourire carnassier prit place sur son visage.
"Vois-tu, il m'est venu une autre idée... Je vais t'extirper de mon corps, quitte à te tuer, et reprendre ma place, qu'en penses-tu ?"
Cette fois, ce fut l'esprit du caïd qui se mit à convulser de peur.
"T-Tu ne le ferait pas n-n'est-ce pas ?"
Bellamy pencha la tête sur le côté.
"Qui sait~?"
À côté, Law était jaloux. Le partisan de Doflamingo lui avait volé sa place de psychopathe. Il bouda un peu dans son coin avant de se joindre à la partie.
"Et moi~ ? Je peux en avoir un bout ?" Quémanda-t-il les yeux pétillants.
Bellamy le jaugea.
"Oui, après."
Les hurlements de la fosse reprirent alors, la torche humaine ayant retrouvé de l'énergie quand elle avait remarqué que ses frères étaient partis pour de bon.
"JE VAIS ME VENGER ! SABO !"
Il démontra ensuite une grande connaissance pour des insultes en tout genre et des jurons.
Les deux principaux adolescents l'ignorèrent, davantage préoccupés par leur propre victime qui s'agitait en tout sens.
"Ace-sempai ! J'arrive ! Je vais vous sauv—" La prise sur son cou se resserrera.
"Tu ne vas rien faire. Hormis quitter mon corps évidemment."
La température extérieure augmenta, Ace chauffait plus qu'un barbecue. Il voulait se projeter grâce à ses flammes, comme lorsqu'il avait grimpé trois étages la veille. Il chauffait la pierre à ses pieds qui, à son tour, chauffait le conduit souterrain qu'elle bouchait.
La température dans la chambre souterraine s'éleva de plus en plus, augmentant la pression tant et tant que ce qui devait arriver arriva...
Telle une bouteille de champagne, le rocher qui obstruait la sortie fut expulsé avec des tonnes de cendre, reste de la dernière explosion du volcan.
Ace ouvrit des yeux grands comme des soucoupes quand il se rendit compte que le sol venait d'exploser et qu'il était projeté en l'air sans autre forme de procès.
Il se permit quand même un cri version Tarzan, essayant d'apprendre à voler avant qu'il ne soit trop tard. Avec un peu de chance, il réussirait son atterrissage.
À côté de l'explosion, les trois timbrés avaient repris leurs esprits et avaient commencé à courir. L'un pour rattraper son sempai des rêves et les deux autres pour leurs peaux. Ils n'avaient pas très envie d'être désintégrés par la lave qui s'échappait du volcan réveillé. Ils s'enfoncèrent dans la forêt, filèrent vers le château, espérant y trouver refuge, au moins pour la pluie de cendre qui s'abattait au-dessus de leurs têtes.
"Je savais que ce gosse finirait par détruire le monde !" Hurlait Bellamy, essoufflé par sa course. "Bartolomeo, tu attends quoi pour créer un bouclier pour nous protéger ?!"
Le susnommé essayait de se dépêtrer avec les ressorts qui apparaissaient aléatoirement sur son corps d'emprunt.
"Je fais ce que je peux !"
Law les transporta plus loin.
"La crête verte ! C'est toi qui as son corps, c'est à toi de nous faire un bouclier !" Le médecin évita une branche qui s'effondra près de sa tête. Il fut à nouveau interrompu pendant sa manipulation, rendant aux deux compères leurs corps d'origines. Cette fois-ci, il en fut conscient.
"Oups."
Bellamy cria sur son camarade avant de remarquer le changement.
Il tâta son corps pour remarquer qu'il était de retour.
"J-je suis à nouveau moi-même !"
Bartolomeo fit la même découverte. Il allait danser de joie lorsque la Hyène croisa le regard coupable du médecin.
"C'était ta faute." Établit platement l'adolescent-ressort.
Le chirurgien ne répondit pas, avouant silencieusement.
Un lourd silence s'installa, brisé uniquement par les nuées ardentes peuplant le ciel et s'écrasant près d'eux.
"Et tu voulais nous disséquer. Alors que tout était de ta faute."
"..."
"Vois-tu, si les roches n'essayaient pas de nous tuer en permanence, si la lave du volcan ne nous poursuivait pas et si ma vie n'était en jeu à chaque seconde que je perds à te parler, j'aurais peut-être tenté de te faire comprendre physiquement le fond de ma pensée. Heureusement pour toi, prendre la clé des champs me semble plus judicieux immédiatement. Mais je ne te pardonnerai pas pour autant."
Sa tirade terminée, le groupe se remit à courir pour leurs peaux.
Dignement.
Du moins autant que possible.
Quelques minutes plus tôt, dans le château :
"Manger ! Manger !" Chantonnait joyeusement Luffy, main dans la main avec son frère. "Viande !"
L'ancien noble sourit, appréciant la bonne humeur de son cadet.
Pas une seule seconde, il ne cessa de es féliciter pour sa décision d'abandonner leur aîné. Et puis, ce n'est pas comme s'il était tout seul, il était avec le trio d'adolescents. Deux semblaient intelligents, l'un plus réaliste que l'autre et le troisième plus fidèle. Ils finiraient bien par trouver un moyen de le sortir ! Puis, si, vraiment, ils prenaient trop de temps, Sabo avait quand même prévu de retourner les voir avec une corde, après le petit déjeuner, évidemment.
En chemin, ils tombèrent sur le groupe des chefs du CP9 à contre sens. Ils sortaient de table.
Le fugueur attrapa son jeune frère et ils se cachèrent dans une armoire.
Mieux valait faire profil bas après les évènements de la nuit.
"Ce soir, je veux que tout le château soit fouillé de fond en comble." Ordonna Spandine. "Tous les intrus devront être envoyés à la salle de torture. Et vous enfermerez les gosses à clef. Vous enchaînerez les derniers arrivés aussi. Je mettrais ma main au feu qu'ils sont responsables des incidents de cette nuit." Sabo tira la langue face à l'idée de chef. De toute façon, ils pourraient forcer la serrure. "Du kairoseki pour les six." Voilà qui allait compliquer leurs plans. "Ensuite..."
Le chef s'arrêta. Il tourna lentement sa tête sur le côté pour distinguer une de statuettes décoratrices. Il ne rêvait pas, la statue avait le corps d'une sirène et sa tête en pierre.
Sa tête.
La tête sculptée du chef du CP9 sur le corps d'une sirène à la poitrine généreuse.
Le contraste était violent.
Le sang de Spandine monta vers sa figure.
"QUI ?! QUI A OSÉ FAIRE ÇA ?! QU'ON M'AMÈNE LE COUPABLE IMMÉDIATEMENT ! "
Sabo et Luffy ne purent s'empêcher de s'esclaffer de rire dans leur placard, révélant leurs présences.
Les agents du gouvernement se retournèrent dans leur direction. Laskey ouvrit les portes et fusilla du regard les frères.
"C'est vous les responsables." Accusa-t-il.
Luffy allait avouer, fier de leur surprise, mais son frère l'en empêcha. Il fit un grand sourire.
"Non~ du tout !"
Son mensonge était pire que ceux de son cadet.
"Arrêtez-moi ses morveux, qu'on les enferme à Impel Down !" Cria, enragé, le chef.
Laskey allait s'exécuter quand un poids traversa la toiture et s'écrasa sur son dos.
Ace se releva doucement, une main sur la tête.
"Aï... Ah ben non." Réalisa la torche humaine, confortablement installée sur son coussin humain. Il releva la tête pour voir ses frères. "SAB' ! SALOPARD ! TU M'AS LÂCHEMENT ABANDONNÉ !"
Le blondinet cligna des yeux face à l'apparition originale de son aîné.
"Pas vraiment, je t'ai fait confiance et tu viens de me prouver que j'avais raison." Se justifia innocemment l'engeance noble. "On était en chemin vers la salle à manger, tu viens ?"
"ME LAISSER NE COMPTE PAS COMME— Manger ? TU ME PRENDS POUR LUFFY POUR M'ACHETER AVEC DE LA NOURRITURE ?!"
"Vraiment ? Tant pis pour toi. Tu as entendu Luffy ? Lâche ce stylo, tu pourras dessiner sur Lacet plus tard, on va manger."
"Manger !" Reprit joyeusement la puce. Les deux cadets s'en allèrent, ignorant les adultes qui voulurent s'approcher et se firent brûler par le prince des pirates.
"ATTENDEZ ! Je viens aussi !" S'exclama désespérément le brun. Pourquoi Sabo gagnait-il toujours les disputes orales ?!
Spandine se tint sa main droite, grillée par l'allumette, en les assassinant du regard. Il n'avait pas la force de les arrêter.
De retour dans la forêt :
Le trio d'adolescents parvint entier dans une salle du manoir. Essoufflés, ils se permirent enfin une pose.
Bellamy, le moins épuisé grâce à son pouvoir, partit en éclaireur. Il revint rapidement chercher ses compagnons.
"Les couloirs sont déserts." Rapporta-t-il.
Trafalgar hocha la tête.
"Ils sont probablement au courant de l'éveil du volcan et ont fui."
"Que c'est intelligent Law-sempai !" Acclama Bartolomeo.
"Plus importants, nous devons trouver un endroit à l'abri de la lave." Posa le médecin. "J'ignore si le toit tiendra, mais je ne pense pas que les murs suffiront à retenir le magma. J'ai vu un tronc entier disparaître dans ce fluide."
Ses deux compagnons acquiescèrent. Ils allaient encore devoir marcher.
La demi-bande se remit en chemin, réfléchissant à la salle la plus appropriée. Pour Bellamy et Law.
Bartolomeo s'inquiétait plutôt pour Ace-sempai. Avait-il bien atterri ? Et s'il était passé à l'eau ?! Et Sabo et Luffy-sempai ? Et s'ils n'étaient pas au courant pour le volcan ?! Pire, et s'ils étaient en danger ?!
Le caïd s'inquiéta tellement que le chirurgien, énervé, lui abattit un tableau sur la tête.
"Tu m'empêches de réfléchir." Déclara-t-il.
L'adolescent aux crocs se confondit en excuse, agenouillé devant l'une de ses idoles.
Bellamy l'attrapa par le col pour le relever et reprendre sa marche quand un trognon de pomme heurta sa tête.
Il eut la banalité de paraître étonné, contrairement à ses camarades.
Law leva ses épaules pour indiquer que peu lui importait et la touffe verte y vit un indice sur la position de ses Dieux. Il remonta le trajet des restes de pommes et atterrit en cuisine.
"Sab', passe-moi des cerises !"
"NON !" Défendit Luffy, accroché au pot. "Elles sont pour moi !"
"Égoïste ! Partage !"
"Non ! Tu as fini toutes les fraises ! J'en voulais aussi !"
"Si tu n'étais pas occupé à te goinfrer de tomates, tu aurais entendu quand je t'en ai proposé !"
"Non ! Ce n'est pas vrai !"
"Si ! Sabo est témoin !"
Les deux garçons se tournèrent vers le blond alors que l'autre trio s'agglutinait dans l'entrouverte de la porte.
Le chapeau bleu faillit s'étrangler avec la dernière cerise quand il entendit son nom.
Les bruns firent le rapprochement avec le bocal vide.
"MES CERISES !"
Une dispute s'enchaîna, détruisant les derniers couverts.
Bartolomeo sauta de joie en constatant que ses vedettes étaient en pleine forme.
Bellamy n'était pas tout à fait du même avis. Un nerf apparu sur son visage.
"Ça ne vous dérange pas de vous goinfrer tranquillement pendant que l'île se désintègre ?"
Sa remarque ne piqua que le blond.
"Désintègre ?" Releva-t-il.
"Oui. Ton frère a réveillé un volcan endormi qui est, en ce moment, en train de détruire l'île."
Sabo se retourna. "C'est vrai Ace ?"
Les bruns s'arrêtèrent dans leur dispute pour un morceau de viande, les pieds du plus grand dans le visage du plus petit qui mordait le morceau convoité.
L''orphelin cligna des yeux.
"Hein ?" Sortit-il, fort noblement.
"As-tu réveillé un volcan qui serait en train de détruire l'île ?" Répéta l'ancien noble.
Le plus vieux prit soin de réfléchir —fou à quel point Grand Line l'a changé— avant de se décider.
"Non. Son réveil n'a rien à voir avec moi. Je suis sûr de n'avoir réveillé personne qui s'appelle Volcan. Dadan, oui. Garp, oui. Les bandits, oui. Les pirates, oui. Luffy, oui. Sabo, oui. L'autre Idiot père et Idiot fils, oui. Mais pas de Volcan, désolé." Énuméra le maudit avant de reprendre sa bataille.
"Ah, il semble que ce ne soit pas lui." Rajouta son jumeau. "Lu', tu peux me passer le sel ?"
"MAIS VOUS N'AVEZ RIEN COMPRIS ?! IL FAUT FUIR ! L'ÎLE VA ÊTRE DÉTRUITE !" Se répéta la Hyène. Il fut encore critiqué par son collaborateur.
"On finit de manger d'abord." Renseigna l'élastique, la bouche pleine.
Law se joignit plus dignement au repas, étalant de la confiture sur un croissant qui traînait.
"Tu ne vas pas t'y mettre aussi." Pleurnicha le ressort.
Au final, la Hyène s'attabla, ayant compris qu'ils ne bougeraient pas tant qu'une seule miette resterait.
Ce fut ainsi deux heures plus tard que le groupe s'activa enfin. Bellamy avait déjà rendu ses dernières prières, sûr que le précieux temps qu'ils avaient gaspillé leur serait fatal. Au moins, il ne mourrait pas seul. Il en profita pour maudire son altruisme qui l'empêchait d'abandonner les autres et son faux espoir qui lui laissait croire qu'ils pourraient s'en sortirent.
"Récapitulons." Décida Ace. "Nous cherchons une route pour nous échapper des agents du gouvernement, puisqu'ils ont décidé de nous envoyer en prison, sans croiser la lave, la mer, ni un endroit à ciel ouvert car ce dernier nous attaquerait."
"Ce n'est pas vraiment le ciel qui nous attaque." Voulut rectifier Bellamy vainement.
"Il nous faudrait un super passage secret !" Pétilla Luffy, enjoué par la situation.
"J'imagine qu'invoquer un gigantesque oiseau de flammes venu des tréfonds des Enfers est hors de question ?"
"Exactement. Où as-tu trouvé ce livre, Ace ?" S'intéressa son jumeau.
"La cabine du gars à tresse."
"J'irai y faire un tour."
La horde continua à avancer.
"Où pourrions-nous trouver un passage secret protégé, inconnu par les agents du CP9 ?" Se concentrait l'ancien noble.
"Là.'" Pointa le Chapeau de paille.
"Un tel passage n'existe pas !" Lança, lucide, la Hyène.
"Oh, alors ce n'est pas un super passage secret protégé ?" S'attrista le fils de Dragon. "Pourquoi ont-ils mis cette pancarte alors ?"
Le groupe s'arrêta pour écouter le plus jeune.
"Quel panneau ?" S'intéressa le fils de Roger.
"Ben, celui-ci." Désigna le benjamin, comme une évidence.
La horde leva la tête pour lire une pancarte où était écrit "Passage secret protégé, inconnu des agents du CP9".
Un plus grand piège ne devait pas exister.
Ah si. Rajoutez une traînée de bonbons au sol.
Sabo attrapa ses frères afin qu'ils n'accourent pas dans le possible traquenard.
"Bizarrement, contrairement aux inscriptions, je ne trouve pas ce chemin sûr." Commenta le plus intelligent frère.
Son jumeau acquiesça en salivant. "Oui, pas sûr du tout." Il leva la tête. "Mais nous sommes des pirates ! Il est de mon devoir de passer par là !"
Il reçut un coup de poing du chapeau bleu.
À côté, Luffy allait exploser de joie. Il répétait, tel un disque rayé, les mêmes mots en boucle.
"Bouffe. Mystère. Bouffe. Mystère. Sabo, Ace." Appela-t-il avec un air sérieux. "Nous devons passer par là."
L'appel de l'estomac se voyait encore mieux que son nez au milieu de sa figure.
"Vous pourriez essayer d'être objectif ?"
Un mot trop compliqué.
De toute façon, il était trop tard, les bruns avaient pris leur décision.
"Je trouve que cet endroit cri un peu trop 'sûreté' pour ne pas être un piège." Déclara Law.
Sa voix de la raison fut ignorée.
"On passe par là !" Décidèrent avec autorité les bruns.
Leur frère soupira, sachant qu'il était impossible de leur faire changer d'avis. "En avant !" Proclama-t-il en s'élançant pour attraper les bonbons avant ses frères.
Ils se mirent à courir pour ramasser les friandises.
Le caïd les suivit en leur promettant de leur en trouver dès qu'ils quitteraient l'île.
Bellamy se damna pour les suivre dans leur folie.
Aller dans un tunnel qui criait 'piège', était-il véritablement tombé si bas ?
Apparemment, oui.
Il grogna sans plus de contestation et talonna son collègue. Derrière lui, Law semblait dans la même impasse. Suivre des cinglés dans un guêpier ou se retrouver seul.
Visiblement, il prit la même option que la Hyène.
Le chemin était humide, froid et sombre. Rien de bien rassurant.
"Lu', fais gaffe aux cadavres." Prévint le fils de Roger en contournant un pendu.
"Et moi, je n'ai pas le droit aux avertissements ?!" Se plaignit son jumeau.
"Non, c'est seulement pour les gentils frères !"
Les deux frères partirent dans une autre dispute orale quand le cerveau de Bellamy percuta.
'Cadavres ?'
Il s'arrêta à sa place, réalisant la situation.
Ils étaient dans un tunnel parsemé de cadavres, la moitié pendue au plafond.
Il devint immédiatement vert. Son sang se glaça dans ses veines alors que le groupe s'enfonçait davantage.
Ce n'était absolument pas ce qu'il croyait, n'est-ce pas ?
"Ça me rappelle un peu ma ville natale." Commenta distraitement Law.
"Ah bon ?" S'étonna le chapeau bleu. "Par chez nous, on avait plutôt tendance à les brûler."
"Non, l'épidémie était trop forte. Personne n'avait la force, ni l'envie, de le faire."
"Ça devait empester." Grimaça la torche humaine.
Était-ce réellement le principal problème ?! Mais pourquoi personne n'était normal ?! Ils pourraient au moins faire semblant de paraître gênés ! Pas de montrer si explicitement qu'ils s'en fichaient !
"L'autre !" Apostropha Luffy, sautant de joie.
Oh, voilà qui était clair comme interpellation.
Bellamy se retourna, des fois que ce soit son nouveau surnom. Vu que le petit le fixait, il devina que ce devait être pour lui. L'élastique tenta néanmoins d'être plus clair.
"Le lion !"
"LA HYÈNE !" Hurla hors de lui le propriétaire du Bane Bane no mi.
"Oui, oui, c'est pareil." Éclipsa l'élastique d'un geste de main. "J'ai trouvé ton père !"
"NON CE N'EST ABSOL— Mon père ?! Mais tu ne sais pas qui c'est !"
Le benjamin leva triomphalement un crâne.
"Il te ressemble comme deux gouttes d'eau." Assura-t-il, les yeux illuminés.
"Je suis d'accord avec lui." Supporta son aîné brun. "Tel père tel fils."
L'adolescent au ressort allait exploser, ce crâne ne lui ressemblait pas ! Et il était hors de question de considérer une affiliation avec les vieux ossements.
Sauf que ses trois autres camarades se rajoutèrent au duo pour comparer.
"Belle trouvaille que tu as là, petit frère." Félicita Sabo. "On devrait le garder en souvenir. À moins que Hyène désire reprendre son ancêtre ?"
"Tu devrais le garder." Conseilla Trafalgar. "Ce n'est pas tous les jours qu'on peut se promener avec son patriarche."
"Moi, je le trouve bien conservé." Rajouta Bartholomeo. "Tu en as de la chance Bell' !"
"Ce crâne n'est pas MON ANCÊTRE !" Contesta le ressort.
"Tant pis pour toi !" Lança l'engeance pirate. "On le prend ! J'ai toujours rêvé de boire dans un crâne !" S'enchanta le prince en attrapant l'ossement.
"N'oublie pas de le nettoyer avant." Rappela son jumeau.
Le brun lui tira la langue.
"Tu me prends pour un idiot ?"
Son frère haussa les épaules.
Le groupe repartit, juste après que Luffy ait fait un emprunt à un cadavre.
"Je te le rendrais plus tard." Avait-il affirmé.
Ils continuèrent leur chemin.
Ace fut le premier à remarquer la brillance exagérée à terre. Il s'agenouilla et ramassa le soulier de verre qui traînait.
"Tiens. Cendrillon est passée par là !" Ria-t-il.
Luffy le rejoignit, ébloui par un tel esprit de déduction. Il lui tendit un pied en verre et demanda :
"Et ça, ça signifie quoi ?"
Son frère fixa l'objet, le tourna en tout sens avant de se décider.
"Ça, ça veut dire que quelqu'un se moque de nous. Sabo, cesse de rire."
"C-C'est juste que v-vous voir si concentré sur autre chose que la nourriture est hilarant !" Lâcha l'ancien noble entre deux éclats de rire.
Law décida de couper court à l'épisode du soulier, il y avait quand même un volcan en train de détruire l'île.
La horde se remit en route. Ils prirent un pont, au milieu du couloir, ramassèrent des fleurs, ignorèrent un lapin qui, contrairement aux espérances du plus petit, ne se révéla pas être un "super monstre des profondeurs de la terre" et trouvèrent une gigantesque pierre avec des symboles étranges gravés dessus.
"Sabo, traduit !" Ordonna son jumeau, les yeux pétillants.
"Ai-je l'air de connaître toutes les langues du monde ? Comment diable veux-tu que je traduise ces signes ?! Je n'ai pas emmagasiné toute la science de l'Univers ! Et non, retire ce visage surpris ! En plus, si ça se trouve c'est un ancien langage perdu."
"Pas drôle." Bouda le brun.
"Dites, on peut aller visiter cette ville ?!" S'excita le benjamin de la fratrie.
"Quelle ville ?" S'étonna le haut de forme.
"Celle dont parle le rocher, j'imagine." Supposa le médecin.
"Lu', elle ne peut pas exister, tu as bien entendu sa description ? On dirait celle d'un livre pour enfant. Elle est sûrement née de l'esprit loufoque d'un écrivain. Tu sais, ces gens ne sont pas sains d'esprit." Décida l'autre brun, attirant l'irritation de son jumeau qui voulait rédiger le récit de ses aventures.
"Quelque chose à reprocher aux écrivains, Ace ?"
"Non, rien. Juste un constat."
"Juste un constat ? Je vais te faire avaler ton constat !" Se jeta l'ancien noble, à la recherche du cou de son frère.
À côté, Bartolomeo s'émerveillait devant ses idoles.
"Vous êtes capable de lire ces ruines Luffy-sempai, Ace-sempai, Law-sempai ?! Vous êtes si merveilleux !"
"Tiens, la plante verte à raison." S'interrompit le blond à la dent manquante. "Si tu es capable de les lire, POURQUOI M'AS-TU DEMANDÉ DE TE LES TRADUIRE ?!"
Son frère prit sa traditionnelle attitude désinvolte, un doigt dans le nez.
"Parce que c'est plus marrant quand tu te casses la tête à déchiffrer les textes."
Le blond envoya sa tête percuter le sol, ce qui n'eut aucun effet puisque la victime était en feu. Hormis lui calmer les nerfs. Et l'amuser. Et remplir ses pulsions sadiques. Bon, c'était psychologique.
Le fugueur relâcha sa proie, se releva et posa la question fatidique.
"Comment pouvez-vous la décrypter ?"
Les regards se firent volatiles, évitant soigneusement l'interrogateur.
"J'entends une voix dans ma tête !" Expliqua finalement Luffy.
Bellamy s'approcha de lui et posa une main réconfortante sur son épaule.
"Ne t'inquiète pas, petit. Dans l'Asile où tu iras, ça arrive à tout le monde."
Le jeune pencha sa tête sur le côté.
"Asile ? Il y a des gens chouettes là-bas ? Et des trésors ?"
"Oui. Des personnes qui se prennent pour des animaux et des perles de folie."
"Youpi ! Je veux y aller ! Quand est-ce qu'on part ?!"
"Pas tout de suite, Luffy. J'essaye de résoudre un mystère." Soupira Sabo. "Bien. Que ceux qui peuvent entendre la voix lèvent la main."
Les trois bruns se firent connaître.
"Hum... Un code que seuls les bruns peuvent comprendre ? Intelligent !" Sabo acquiesça à la façon d'un scientifique. Ses yeux s'éclairèrent. "En fait..." Il leva la tête de façon magistrale. "On s'en fou ! En avant !" Guida-t-il, à nouveau en route.
Bellamy porta sa main à sa tête, affligé par ce spectacle. Les mers avaient décidément plein de surprises.
La route continua tranquillement.
Luffy allait traverser sur un passage piéton quand son frère blond l'attrapa et le tira prestement en arrière. Juste au moment ou un camion passa.
"Voyons Luffy. Tu sais très bien qu'il faut attendre que le feu soit vert pour traverser." Gronda gentiment l'ancien noble.
Le petit élastique fit la moue, mais attendit que la lumière rouge s'éteigne pour laisser son homologue verte briller.
"Maintenant, on peut traverser." Explicita l'édenté.
La troupe s'engagea, sans oublier de regarder des deux côtés, à l'affût du moindre ivrogne venu qui pourrait griller le feu.
La voie était libre.
Bellamy fit la sourde oreille à la voix de la raison dans sa tête qui criait au viol du réalisme. Il finissait par avoir l'habitude.
Le prochain arrêt fut pour un croisement.
Huit possibilités s'offraient au groupe, sans qu'aucune ne se démarque du lot. Les chemins étaient tous voilés par les ténèbres, passés les premiers mètres.
Le choix allait s'avérer difficile, pensa la Hyène, jusqu'à ce qu'il remarque l'énigme qui surplombait les sorties.
"La bonne route est celle qui, avec trois pas sur la gauche et deux en avant, permet d'éviter la peau de banane." Lut-il à voix haute.
Il laissa son esprit vagabonder sur les mots.
"Ils se fichent de nous ?!"
"Banane... Ce doit être un code..." Réfléchit Law. "Voyons, peut-être un rapport avec les endroits où on en trouve ? Plutôt là où il fait chaud... Donc au Sud ! Il faut se placer devant la sortie qui mène au Sud ! Puis on effectue les pas et on prend la sortie la plus proche ! Ce sera la bonne."
"Non. Trop aléatoire." Coupa la torche humaine. "On va procéder scientifiquement."
Ce mot n'allait définitivement pas bien dans sa bouche. Enfin, Bellamy et Trafalgar avaient quand même hâte de voir sa technique.
Le plus grand brun de la fratrie s'approcha de son petit frère, lui saisit les épaules et le fit tourner comme une toupie.
Au bout d'un moment, le chapeau de paille lança sa sandale et s'écroula au sol, tournant toujours mentalement.
"Alors ?"
"Alors on prend la troisième sortie en partant de la gauche." Répondit le fils de Roger en ramassant la chaussure de son frère devant l'entrée citée.
"MAIS CE N'EST ABSOLUMENT PAS SCIENTIFIQUE !" Fit aimablement remarquer le ressort à renfort de cris.
"Fais confiance..." Commencèrent les bruns.
"... à la chance !" Finit Ace.
"... à la divinité de la sandale !" Contredit l'élastique.
Ils se turent quand ils entendirent la réponse de l'autre et faillirent rentrer dans une sempiternelle dispute fraternelle quand Law les coupa.
"Vous cherchez toujours la bonne route comme ça ?"
"La bonne route ?" S'étonnèrent les deux frères. "Non. On est des pirates..."
"—en devenir—" Rajouta le blond de la fratrie, s'attirant des regards noirs.
"...alors on cherche toujours la mauvaise sortie." Explicita le plus grand.
Les deux adolescents réalistes avaient encore moins envie de les suivre.
"Bon, vous venez ?" Les pressa l'ancien noble, déjà à l'intérieur du tunnel.
D'ailleurs, pourquoi c'était les plus jeunes —et loin des plus intelligents— qui menaient le groupe ?!
Ah, peut-être parce que la fratrie avait une force de pression sur le trio. Cela ne les dérangeait pas d'être séparés des adolescents. Contrairement à Bartolomeo qui entraînait un effet domino.
Fichue plante verte.
Perdu dans ses pensées, le ressort ne suivit pas les réactions idiotes des autres enfants, qui s'amusaient à faire le crabe, et glissa sur une peau de banane.
"MAIS QUI A MIS CETTE CHOSE ICI ?!"
"Idiot. Ils t'avaient prévenu en plus. Tu n'as pas lu l'avertissement au-dessus de l'entrée ?" Répondit le prince comme s'il s'agissait d'une évidence.
Le ciel se fichait réellement de lui.
Soudainement, Ace donna l'ordre de s'arrêter.
"Attendez, je vois des ombres, il doit y avoir d'autres personnes. Peut-être des agents du CB9."
"CP9." Corrigea son jumeau. "Tu vois à quoi ils ressemblent ?"
"Ils sont six. Ils n'ont pas tous la même taille. Le plus petit semble porter un chapeau rond."
"Comme Luffy."
"Deux autres, à peine plus grands, semblent marmonner. L'un d'eux porte un haut chapeau."
"Comme moi."
"Derrière, les trois autres sont encore plus grands. L'un a les cheveux en pétard et porte une étrange veste."
"Comme la coupe de pelouse."
"Un autre porte un petit bonnet."
"Comme le chirurgien fou."
"Et le dernier n'a aucun signe distinctif."
"Hum... je vois la situation..."
"Penses-tu que nous sommes en danger ?"
"D'après tout ce que tu m'as énuméré, je ne vois qu'une seule éventualité."
"Est-ce grave ?"
Le blond posa sa main de façon dramatique sur son frère. "Ace…" Ce dernier ravala sa salive. "Tu... es vraiment très bête."
Un instant de flottement s'écoula.
"Hein ?"
"TU NE VOIS PAS QUE CE SONT NOS OMBRES, IMBÉCILE ?!"
Et une autre dispute.
Après une dizaine de minutes pour calmer les belligérants, la troupe reprit la route.
Mais qui dit ombre, dit lumière. Au loin, une ouverture laissait percevoir le soleil brillant.
La horde accéléra l'allure, pressée de retrouver le ciel après leur sombre trajet.
"Ce n'est pas trop tôt." Critiqua le plus vieux blond.
"On devrait se diriger vers le sommet de cette montagne, histoire de repérer où nous nous trouvons." Proposa le chirurgien.
Le groupe approuva et se remit en route.
En chemin, par inadvertance, Luffy marcha sur une tête.
"EH ! ÇA NE VOUS DÉRANGE PAS D'ÉCRASER LES GENS ?!" Hurla son marche-pied.
L'élastique se retira instantanément et s'excusa abondamment.
"Je ne vous avais pas vu."
"Pas vu ?! Et la pancarte, vous ne l'aviez pas vu non plus ?!"
L'équipe se retourna, avisant une planche accrochée, sur un bout de bois sur lequel se lisait "attention, soldats embusqués.".
Une goutte coula sur le front de l'assemblée.
"Il y a toujours quelqu'un pour nous marcher dessus ! Et les excuses, n'en parlons pas ! Toujours la même !"
"C'est vrai ! Un peu d'originalité, que diable !" Soutint un buisson.
"Achetez des lunettes !" Continua un arbre.
"On a accroché un panneau donc vous n'avez plus d'excuse !" Reprit le premier. "Maintenant, filez ou vous allez faire rater notre mission ! On cherche six gosses qui tenteraient, d'après nos informations, de s'enfuir. Alors, veillez dégager la voie !"
L'arbre, le buisson et un grand lapin agréèrent.
"Prenez la route à droite, puis la deuxième à gauche, vous ne rencontrerez personne." Indiqua le lièvre.
Le groupe obtempéra et suivit les directives.
Ils finirent au haut d'une montagne, avec une vue imprenable sur le volcan en effusion.
Luffy le fit remarquer, surprenant ses frères qui n'étaient —sois-disant— pas au courant.
"MAIS JE VOUS L'AVAIS DIT !"
"Non, je m'en serais souvenu." Affirma l'allumette.
Heureusement, sa groupie le protégeait, il ne risquait rien.
"Comment descendre ?" Réfléchis Sabo. "Je n'ai pas envi de marcher."
"On pourrait prendre un tonneau et rouler jusqu'à l'arrivée !" S'excita le chapeau de paille.
"Bonne idée frérot !" Félicita le blond en lui caressant les cheveux. "Mais où trouver un tonneau ?"
"Je pense que j'ai une meilleure idée..." Brilla le prince des pirates.
"...Oui, je comprends. On va tout de suite envoyer cet ordre à l'imprimerie."
L'Amiral en chef Sengoku raccrocha son denden mushi.
Installé dans son fauteuil de fonction, il réfléchissait à la situation.
Pourquoi était-il devenu Amiral ? Pour protéger le monde. Les millions, si ce n'est plus, d'innocents chaque jour brutalisés. Pour faire régner la justice. Ce but était si clair quand il était entré dans la Marine. Quand il se battait aux côtés de Garp, contre les pirates qui ravageaient des villes.
Mais, au fur et à mesure qu'il gravissait les échelons, il avait senti son but s'éloigner. On lui avait toujours dit que c'était pour le bien de l'humanité. Alors il avait continué. Il avait obéi.
Mais, aujourd'hui, tout comme il y a dix ans de cela, il ne voyait vraiment pas le bien de son action et doutait terriblement de la justice absolue.
Cependant, comme dix ans auparavant, il ignora son opinion et tapa le numéro fatidique, qui allait sceller le destin d'innocents.
"Allo ? Je voudrais ajouter des avis de recherches..."
C'était la deuxième fois en dix ans qu'il se haïssait autant pour respecter aveuglement ses ordres.
"UNE MEILLEURE IDÉE ?! TU TE FOUS DE NOUS ?!" Hulait Bellamy, fermement accroché à Bartolomeo.
Tout le groupe se trouvait sur une barrière, glissant sur la montagne, volant par moment lorsqu'ils rencontraient des bosses (c'est à dire, les trois quarts du temps).
"Tu n'as jamais rêvé de faire de la luge ?" S'étonna Ace.
"De la luge, sur de la neige, je veux bien. MAIS DE LA LUGE SUR DE LA TERRE ET DE LA LAVE, NON, JAMAIS !"
"Rabat-joie."
Leur course effrénée tout terrain se prolongea jusqu'à une falaise.
"On peut voler ?" S'intéressa le plus petit alors qu'ils quittaient le sol, n'ayant pas de frein avec eux.
"D'après le principe de la gravité, non." Répondit Sabo, au moment même où leur luge improvisée piquait du nez.
Les enfants eurent la décence de crier, afin d'exprimer leur effroi, bien que la moitié ne craignait rien.
Sabo priait pour atterrir dans l'eau. Mais juste lui ! Il n'avait pas envie de recommencer le jeu de 'repêche vite où ils meurent'.
Le groupe s'étala sur du sable, dans diverses positions plus ou moins appréciables.
Les maudits se relevèrent les uns après les autres pendant que l'ancien noble maudissait sa malchance.
Ils eurent l'agréable surprise de trouver l'équipage de Baggy le Clown, occupé à fouiller une grotte alentour.
"Yo." Salua le fils de Rouge, une main levée.
Les pirates se statufièrent face à l'arrivée inhabituelle des enfants.
"Bizarre, pourquoi ne bougent-ils pas ?" S'intéressa l'élastique.
"Tant que ce n'est pas contagieux, je m'en fiche." Se leva Ace.
Ils allaient embarquer sur le navire du pirate, ne voyant là qu'une étape supplémentaire à leur petit raccourci qui prenait de drôle de formes, quand un Clown les intercepta.
"Holà les morveux. Je peux savoir ce que vous faites en présence du grand Baggy ?"
"Non." Jeta le moins social de la fratrie en le contournant pour accéder au navire.
"Tu vois Luffy." Chuchotait l'ancien noble à l'oreille de son frère. "Lui, c'est un clown. Ça se remarque à son gros nez rouge."
"QUI A UN GROS NEZ ROUGE ?!" S'énerva le capitaine pirate, mais il fut ignoré.
"Normalement, il a aussi des grands pieds. La coiffure idiote n'est cependant pas obligatoire."
"QUI A UNE COIFFURE IDIOTE ?!" Releva encore l'amusement pour enfant, prêt à donner une bonne correction aux mioches.
"Et en plus, ils sont sourds ?" Soupçonna le chapeau de paille.
"Non, c'est juste une particularité de celui-ci." Renseigna son frère en agitant sa main, pour indiquer que cela avait peu d'importance.
Le clown avançait droit sur eux, pour leur faire passer l'envie de le critiquer, quand le blond attrapa son frère par la main et passa sous ses jambes.
"Vous venez ?!" Rouspéta leur aîné, sur le pont du bateau avec les trois autres adolescents. "On va mettre les voiles sans vous sinon."
Le duo gravit quatre à quatre les marches qui menaient au tillac (merci Bartolomeo), permettant à leurs aînés de remonter l'ancre.
Le bateau était prêt à partir quand son capitaine hurla.
"LES FUNAMBULES BROTHERS ! DÉBARRASSEZ MON NAVIRE DE CES MORVEUX !"
Au même instant, sous l'attente du groupe d'enfants, trois hommes surgirent, armés jusqu'aux dents.
Ce qui ne leur servit à rien.
Law en découpa un et joua au bowling avec sa tête sur les deux autres.
"Tu vises mal !" Critiqua le prince.
"J'aimerai t'y voir !"
Ace attrapa la tête, cadeau de son ami, visa puis tira. Il toucha les jambes du frère au bonnet.
"Peu mieux faire." Commenta le chirurgien.
Les trois funambules prirent rapidement leurs jambes à leurs cous et tentèrent de fuir leurs attaquants, ayant rapidement compris leurs suprématies. Ce qui n'était pas difficile avec la nouvelle présence du cavalier sans tête (ni cheval) à leurs côtés.
Les invités indésirés avaient ainsi commencé un jeu de chat-bowling, qui consistait à traquer quiconque se trouvait sur le navire et le renverser avec la tête volante.
Le jeu occupa tellement les enfants, qu'ils en oublièrent de prendre le large.
Le propriétaire du bateau et son équipage en profitèrent pour grimper à son bord afin de se débarrasser de "la vermine" qui y siégeait.
Cela ne dura pas longtemps.
Finalement, ils se rajoutèrent au jeu, fuyant également les six monstres.
Le navire était en proie au déchaînement, toutes les personnes à son bord courant en tout sens pour de multiples raisons.
La plus répandue étant celle de vouloir garder sa tête sur ses épaules.
Sauf Baggy.
Qui s'était fait attraper.
Et était jeté en tout sens.
Il avait beau s'époumoner à lancer des ordres, personne ne l'écoutait. Au moins, ses hommes savaient où il se trouvait et il servait de détecteur à "abominable monstre de Grand Line". Une fois cette affaire finie, ils partiraient vers les eaux tranquilles d'East Blue. Des vacances bien méritées.
Pendant que l'équipage s'amusait à un jeu du loup géant, deux adultes, l'un au vêtement de chèvre et l'autre avec un côté de son cuir chevelu rasé et l'autre long et bien entretenu, émergèrent de la forêt sur le dos d'un chien.
"Capitaine !" Hurlèrent les deux prédécrits.
Ils sautèrent sur le navire, et, sans attendre d'autorisation, décrétèrent le largage des amarres.
"On part !" Criait celui aux cheveux noirs. "Un volcan s'est réveillé ! Il faut fuir pendant qu'il en est encore temps !"
Ses braillements alertèrent toutes les personnes présentes, qui firent un tour à cent quatre-vingts degrés pour s'éloigner au plus vite.
La fratrie escalada les mâts, aidant à défaire les voiles. Dans le même temps, le trio d'adolescents se mit aux rames, suivant sagement le rythme imposé par une espèce d'agneau humain. Les boules de bowling retrouvèrent leurs corps et s'activèrent à l'image de leur capitaine qui avait cessé de pleurer son trésor au moment où il avait vu la lave désintégrer un morceau de la forêt.
L'instinct de survie avant tout.
Comme si la furie du volcan était transmissible, une tempête se leva, ballottant le navire en tout sens, sans aucun égard pour ses habitants.
Ceux les plus proches du titre de navigateur envoyaient des ordres à tout bout de champ, essayant de minimiser les dégâts.
Ce qui n'eut pas beaucoup d'effet.
Le navire craquait de toute part, rejetant ses résidants dans l'océan pendant que ces derniers se battaient pour échapper aux tourbillons qui parsemaient l'horizon. Les rames étaient presque inutiles, la plupart cassée ou hors de l'eau. Le soleil les avait abandonnés, ne laissant traverser les nuages que le strict minimum pour que les Hommes voient le chaos régnant.
La tempête s'étala sur deux heures, au plus grand désespoir de Luffy qui, ligoté au mât, essayait de jouer aux cartes avec ses frères. Ces dernières avaient une affreuse tendance à s'envoler.
"Mon ace de trèfle !" S'écria le garçon du même nom.
"Ça m'étonnerait, je l'ai perdue tout à l'heure." Remarqua le blond en rangeant son paquet.
"Ace de pique ?"
"Elle s'est déchirée alors on s'est mis d'accord pour la retirer du jeu."
"Ace de coeur ?"
"Tu l'as trouvée moche et tu l'as jetée."
"Ace de carreau ?"
"C'est moi qui l'ai !" S'écria le chapeau de paille en agitant la fameuse carte.
Mauvaise idée.
Elle s'envola et partit rejoindre les autres.
Sabo la regarda voltiger avant de remettre son nez dans son paquet.
"Les cartes les plus fortes sont maintenant les Rois." Explicita le blond, de peur que ses frères ne suivissent pas.
"Mon Roi de pique !" S'écria le prince en lâchant une carte dans le vide.
"Ace. Cesse de jeter les cartes ou on ne pourra plus jouer. Et je sais pertinemment que ce n'est pas le Roi de pique puisque c'est moi qui l'ai."
"Mon Roi..."
Son jumeau secoua la tête afin qu'il arrête de prétendre posséder toutes les bonnes cartes. À la place, le brun se pencha pour regarder les cartes de leur petit frère, qui peinait à les ranger.
Loin de ces joueurs incompétents, les adolescents faisaient une sieste sur les planches.
"Ne devrait-on pas aider les pirates ?" S'enquit coupablement Bellamy.
Ils étaient en train de somnoler sur les planches, à l'abri des barrières de son collaborateur, alors que les brigands s'accrochaient aux planches comme si leurs vies en dépendaient.
Ce qui était le cas.
"Non." S'opposa Law avec le retour de ses lunettes de soleil. "On a fait tout ce qu'on pouvait. Ce n'est pas notre faute si les rames sont cassées et que le gouvernail nous a quittés. Par contre, tu peux demander à ton ami d'arrêter de faire des grimaces aux pirates. Ils apprécieraient sûrement que ceux qui sont à l'abri le partagent, pas que nous nous raillions d'eux. Et prends exemple sur les gosses. Ils sont en plein coeur de la tempête, sans protection, et ne sont pas aussi surexcités que toi."
Le ressort lâcha le spectacle désolant de son associé qui se trémoussait devant la vitre transparente pour lever les yeux sur le mât.
En haut, les frères jouaient aux cartes avec une déconcertante tranquillité. Savaient-ils au moins que leur vie était menacée ?!
Un As de pique, sur lequel était dessiné la grande faucheuse, vint se poser près des pieds du ressort, uniquement tenu à l'écart par la barrière.
Non. Ce n'était absolument pas un mauvais un présage.
Bellamy tenta de s'en convaincre en se mettant en position d'oeuf près du chirurgien paisiblement endormi.
Le lendemain matin, à bord de la Moby Dick :
Fossa alluma un cigare, le premier de la journée. Il avala la première bouffée comme trésor, en manque de toxine à cause de la nuit entière qu'il avait passée sans. (Il dormait.)
Enfin prêt pour la journée à venir, il se leva pour aller prendre son petit déjeuner.
Au mauvais moment.
Haruta l'attrapa, courant comme une dératée.
"Fossa ! Vieux frère ! Sauve-moi ! J'ai —presque accidentellement— remplacé le papier peint bleu de notre second bien aimé par des multitudes d'oisillons, espérant qu'il se sentirait d'avantage chez lui ainsi ! Mais, étrangement, depuis, il veut ma tête ! Je ne comprends pas ! Thatch m'a virée des cales, sous prétexte que je prenais trop de place ! Alors j'espère que tu ne m'en voudras pas d'envahir ta chambre ? Non ? Super ! Et prend ma place au bureau, je devais veiller sur les escargophones, mais les conditions sont contre moi ! Je compte sur toi ! Bye !"
Et la commandante disparue comme elle était apparue.
Le fumeur se gratta la tête, réfléchissant s'il devait déjeuner avant de prendre le poste de sa soeur ou non. Après quelques bouffées de fumée, il se décida.
Son père n'apprécierait sûrement pas qu'un tel poste reste vacant. Adieu café matinal bien mérité.
Il eut à peine le temps de mettre un pied dans la salle des communications que la sonnerie d'un escargotphone troubla le silence environnant.
Tranquillement, le commandant décrocha le combiné.
"Allo ? Ici Fossa, de l'équipage des Shirohiges."
"Fossa ! Vieille fripouille ! Comment vas-tu ?"
"Comme un responsable qu'on a privé de café matinal. Et toi, Karma, que me vaut l'honneur à cette heure ?"
"Pas très causant de bon matin, à ce que je vois !"
"..."
"Pas grave. En fait, moi non plus. Mais on a été réveillé par une attaque de la Marine. Qui aurait cru qu'ils soient du matin ? Bref, la partie la plus importante vient après. Comme on s'était débarrassés des malvenus, on a en profité pour piller leur navire. Leurs supérieurs sont toujours aussi radins ! Pas de quoi changer de métier, bien que je ne le ferais pour rien au monde..."
"Karma, abrège s'il te plaît."
"Donc je me suis servi dans le bureau du chef. J'ai parcouru les avis de recherches, la plupart connu, quelques nouveaux qui devraient être dans le journal d'aujourd'hui, mais je voulais être le premier à vous l'annoncer !"
"Quoi donc ?"
"Tu me promets d'amener l'escargotphone à Père quand je te l'aurais dit ? Je voudrais entendre sa réaction."
"Oui. Je t'écoute."
"Eh bien, il y a quelques jours, Haruta a appelé pour nous demander de chercher vos rejetons."
"Six jours. Ils ne sont pas notre descendance, juste des enfants qu'on a pris sous notre aile."
"Vous comptez ? Peu importe. J'ai des renseignements sur eux."
"Tu les as trouvés ?!"
"Non, presque."
"Un indice ?"
"On peut dire ça. J'ai leurs avis de recherche sous la main et je voulais vous féliciter sur leurs sommes."
"Dix millions."
"Non, l'autre."
"L'autre ?"
"La nouvelle, celle du gouvernement, de cent millions, vifs."
Le commandant faillit s'étrangler en l'apprenant. Mais son interlocuteur n'en tint aucun compte.
"C'est un bon prix ! J'ignore ce que vous leur avez appris, mais pour que la Marine mette un tel prix sur de si jeunes enfants, vous avez fait fort !"
Le chapeau en pieuvre continua à débiter des félicitations, jusqu'à ce que le manque de réaction de son ami ne commence à l'inquiéter.
"Fossa ? Fossa ! Oh ! Vieille branche ! Tu vas bien ? Fossa !"
Le susnommé tira une chaise proche et s'étala dessus.
"Oui. Je suis là."
"Tu m'as fait peur ! Tout va bien ?"
"..."
"Tu es toujours comme ça le matin ? C'est la dernière fois que j'appelle à cette heure !"
Le commandant acquiesça, bien que son interlocuteur ne puisse pas le voir. Il se leva lourdement.
"Je vais le rapporter à Père."
Il s'apprêtait à raccrocher quand un cri paniqué détruisit ses oreilles.
"NON ! ATTENDS ! TU M'AS PROMIS D'EMMENER L'ESCARGOTPHONE AVEC TOI !"
Fossa fixa l'appareil, pesant le pour et le contre.
L'attitude trop énergique du capitaine allié était une plaie pour lui. Mais il n'en restait pas moins un ami. Et puis, il avait promis.
Le pirate se saisit de la coquille du mollusque dans une main, et le combiné dans l'autre.
Il se traîna dans les couloirs, ignorant la tirade de son ami qui lui racontait tous les détails de sa semaine, et se présenta devant son père.
"Oyaji."
L'Empereur lâcha des yeux ses fils de la deuxième division, occupés à se plumer aux cartes.
"Oui, Fossa ? Qu'est-ce qui t'amène ?"
Le commandant se contenta d'élever l'escargotphone, comme s'il s'agissait d'une explication internationale. À l'autre bout, on entendait encore le capitaine allié monologuer.
"Et là, sans que je sache comment, un homme s'est approché et a vidé ma manche, révélant toutes mes réserves d'encre— OYAJI ?! On est enfin arrivé ?! Tu ne pouvais pas me le dire ?! Mes respects Père."
"Bonjour Karma."
L'Homme le plus fort du monde ne se fatigua même pas à lui demander la raison de son appel, sachant pertinemment qu'il ne saurait tenir sa langue plus longtemps.
Il eut à peine le temps de faire un geste à ses commandants, occupés à s'entre-égorger sur le pont, que le pirate allié s'expliqua.
Il repartit du début de sa journée, fier d'amener un peu de suspense sur le navire de son père, quand Izou s'énerva, ayant d'autres affaires sur le feu que la cinquantaine de coups d'estoc du capitaine pirate.
"Du calme Izou. Assis-toi." Proposa le phénix. Son frère obéit à contrecoeur.
"Merci Marco. Vous voulez que je saute les détails ?"
"Oui." Répondirent en synchronie les pirates de Barbe Blanche.
"Vous ne voulez même pas que je vous raconte comment j'ai fait —"
"Non."
Le pirate à l'autre bout du combiné parut vexé par la répartie de ses auditeurs. Il changea d'oreille avec un air dépité et reprit.
"Tout ça pour vous féliciter pour la nouvelle prime de cent millions de Berry de vos mômes. J'ignore comment ils ont pu effrayer la Marine à ce point..."
Karma se tut pour écouter les réactions et fut déçu par le silence qui suivit.
Sur le pont, certains pirates s'étaient figés, tandis que d'autres repassaient la phrase en boucle afin de mettre un sens dessus.
Finalement, Thatch fut le premier à sortir de sa torpeur.
"QUOI ?!"
Ses frères et soeurs suivirent rapidement, laissant le monde entier entendre leur surprise.
"Je n'avais pas besoin de l'escargotphone." Réalisa l'homme à la pieuvre pour chapeau.
Il se satisfit encore un peu du tumulte chez ses amis avant que Marco ne calme les troupes.
"Ça suffit." Calma avec fermeté le Zoan.
Il se tourna ensuite vers son Père qui ouvrait une nouvelle bouteille de saké.
Sa réserve était-elle donc éternelle ?
Comme le géant ne semblait pas enclin à ajouter le moindre commentaire, Haruta profita du champ libre pour envoyer des pics à ses camarades.
"Dommage Izou, il semble que les morveux soient vivants ! Tu vas devoir jeter ton autel funéraire qui te remonte le moral tous les matins !"
Le travesti lui envoya un regard glacé.
"On n'est pas sûr. Bénéfice du doute, je préfère le garder."
L'équipage reprit peu à peu vit, tantôt rassurés et fier pour les frères, tantôt désespéré et effrayé de les voir revenir.
Quand Barbe Blanche eut enfin fini sa coupe, il tapa des pieds au sol.
"Mes enfants. Préparez le navire, nous ferons la fête ce soir."
Son ordre fut accueilli par des acclamations alors que les pirates se levaient et s'exécutaient, oubliant un escargotphone par terre.
Sur un navire semblable, mais plus petit, un jeune homme assis sur le pont n'arrivait pas à se débarrasser de son sourire.
Il avait reçu le journal et, comme le vaisseau mère plus tôt, avait appris avec joie que ses protégés se portaient bien. Son équipage, assez épargné par les blagues douteuses des trois monstres, célébrait la nouvelle à renfort d'alcool. Kingdew arbitrait un concours de boisson, pestant contre chaque goutte gaspillée.
Ce n'était pas pour rien qu'il n'était nommé arbitre quand dernier recours.
Un des pirates s'éloigna des festivités, rejoignant son chef resté à l'écart.
"Commandant Jiru, vous ne vous joignez pas à nous ?"
L'interpellé rabaissa son journal, occupé à en lire chaque rubrique pour ne louper aucune information, et répondit à son frère.
"Non. J'étais en train de réfléchir aux évènements."
"Les évènements ?" Interrogea le moins gradé. Comme la plupart, il ne lisait pratiquement jamais le quotidien, laissant cette corvée à ses supérieurs. Qui, eux, étaient obligé de le lire.
"Oui. Le château du Roi de Mouchabière a brûlé en début de semaine. L'île de la famille noble des Adonis a été ravagée par Shanks le Roux. Un volcan s'est réveillé sur une île de la Marine, rayant toutes vies de sa surface. Garp a été muté dans le Nouveau Monde. Akainu a été promu Amiral. Un pirate, Doflamingo, a été nommé aux titres de Shishibukai et Roi de Dressrosa, après que l'ancien ait massacré son peuple, alors qu'il avait toujours été juste et bon, ayant réussi l'exploit, avec ses ancêtres, de 800 ans de paix. Rajoute maintenant "Rêverie", la réunion des Rois qui approche et l'armée révolutionnaire qui prend de plus en plus pouvoir. Et, au beau milieu de tout cela, sans oublier les dangers habituels de Grand Line, nos trois petits fripons qui se promènent librement avec leurs têtes misent à prix. Comment ne pas s'inquiéter ?"
Au vu de la tête décomposée de son frère, Speed devina sans peine qu'il ignorait au moins la moitié de ce qu'il avait énuméré. Si ce n'est pas les trois quarts. En fait, mis à part les avis de recherches du trio, il ne savait peut-être rien.
Le commandant agita une main devant son ami, pour le ramener sur terre.
"TOUT ÇA ?!" Se réactiva le pirate.
Le quatorzième chef de flotte acquiesça, amusé par le niveau d'ignorance de ses troupes.
Ce n'était pas des informations secrètes, le monde entier pouvait en être au courant, pour peu qu'ils prennent la peine de lire le journal.
Quoique, du coup, ça devenait des renseignements top secret pour la plupart des fils de Barbe Blanche.
"Mais comment vont s'en sortir les trois diablotins ?! Je suis sûr qu'ils seront incapables d'être discrets, même devant un amiral ! Cela ne m'étonnerait d'ailleurs pas qu'au moins une des catastrophes soit de leur faute." Désespéra le pirate.
Son supérieur eut un déclic en l'écoutant.
Si la majorité des évènements avaient une explication rationnelle, il y avait bien un évènement sans responsable.
Le feu du château des Mouchabières.
Speed Jiru appela son camarade de rang.
"Kingdew ! Nous étions prêt de du royaume de Mouchabière, il a six jours, si je ne me trompe pas ?"
L'arbitre, calmant une contestation sur les tailles des verres qui ne seraient, d'après les dires des joueurs, pas équitables, tourna un oeil étonné vers son ami.
"Oui ?"
La chapeauté offrit un sourire éclatant pendant que le pirate qui s'était écarté pour lui parler le rattrapait.
"Je crois que j'ai retrouvé les frères !"
Ailleurs, sur une île d'East Blue, dans un bar, une jeune femme aux cheveux verts commerçait avec un voyageur.
"Nous disons donc : six tonneaux de Rhum, cinquante kilos de vivres et un paquet de cigarettes. Je n'ai rien oublié ?"
L'étranger porta sa main à sa barbe, réfléchissant si rien ne lui avait échappé. Soudainement, il s'arrêta, posa son coude sur la table et offrit un sourire bénin.
"Rajoutez une de vos délicieuses tartes que vous m'avez servie ce midi."
La barmaid lui retourna un sourire en inscrivant sur la liste la nouvelle requête.
"Cette fois-ci, est-ce bien tout ?"
Le client recommença â caresser sa barbe. S'il oubliait quoi que ce soit d'important, il aurait de gros soucis.
Son train de pensées fut interrompu par un tourbillon qui fracassa la porte d'entrée et ne prit forme qu'une fois accoudé au comptoir.
"Makino ! Regarde ce que j'ai trouvé dans le journal !"
Une grosse dame, qui était entrée sans y être conviée, plaqua un avis de recherche sur la table.
"Ils ont remis ça !"
La jeune travailleuse tourna l'affiche pour la voir à l'endroit. Elle laissa une vague de surprise passer sur ses traits avant de sourire.
"Ils sont en vies." Conclut-elle.
"En vie ?! Pas pour longtemps ma belle ! J'espère que ce satané Garp va se dépêcher de les attraper—"
"Je les reconnais !" Coupa l'étranger, reconnaissant l'image.
Les deux femmes se tournèrent vers lui, les yeux remplis d'espoir pour l'une et de venin pour l'autre.
"Où les avez-vous vus ?!" Le pressa la plus jeune.
L'étranger fut désarmé par l'éclat d'espérance dans ses yeux.
"Désolé, je me suis mal exprimé." L'éclat s'éteignit et l'autre femme claqua sa langue en acceptant le verre d'eau de la jeune. "J'ai juste reconnu leurs visages. Il y a quelques jours, pendant une escale sur une île environnante, je me suis fait aborder par des soldats de la Marine. Ils m'ont demandé si j'avais déjà vu ces enfants. Comme ce n'était pas le cas, ils ont paru déçus. Ils m'ont ensuite demandé de les contacter si je les voyais ou si je me rappelais les avoir vus. Puis ils sont partis interroger d'autres passants. J'ignore les informations exactes qu'ils recherchaient, mais ils n'avaient pas l'air de savoir grand-chose. Vous devriez peut-être les joindre, ils seraient heureux que vous les renseigniez." Fini le voyageur.
La grosse dame faillit s'étrangler dans son verre d'eau pendant que la jeune se crispait. Elle n'eut pas le temps de changer de sujet que la plus vieille prit la parole.
"Nous ne connaissons pas ses gosses." Annonça-t-elle durement. "Ils me font juste penser aux miens quand ils étaient plus jeunes, voilà tout. Je ne pensais pas trouver un jour plus horrible que mes quatre enfants. Et puis, dans un village comme le nôtre où il ne se passe rien, chaque information un peu originale est la bienvenue !"
Pendant qu'elle parlait, des habitants étaient entrés dans le bar, ayant appris la nouvelle. Ils discutèrent sur le sujet sans laisser paraître leur lien avec Luffy, la grosse dame surveillant chaque parole.
Le bar se remplit au fur et à mesure, jusqu'à être plein à craquer. L'étranger décida de se retirer, permettant aux langues du village de se délier.
Peu de temps après, le maire fit son entrée et sermonna toute l'assistance.
La grosse dame les prévint que la Marine cherchait des informations sur les trois frères et tous promirent de ne pas en laisser échapper une seule.
La cacophonie s'étendit sur l'après-midi, retardant le départ de Makino au lendemain, elle qui s'était proposée pour aller discuter du problème avec les bandits.
Quelques heures plus tôt, dans une cabane au sein d'une forêt, une rousse forte comme un boeuf râlait sur ses hommes à genoux devant elle, la tête baissée.
"COMMENT ÇA PAS DE VIANDE ?! CELA FAIT PRESQUE UN MOIS QUE VOUS N'AVEZ RIEN RAMENÉ ! NI POISSON, NI OURS, NI CROCODILE ! ET VOUS OSEZ VOUS APPELER BANDITS ?! JE N'AI MÊME PAS VU L'OMBRE D'UNE PIÈCE DE MONNAIE ! QU'ATTENDEZ-VOUS POUR VOUS BOUGER ?! REGARDEZ-MOI VOS BEDAINES ! ON CROIRAIT DES FEMMES ENCEINTES !"
Les hors-la-loi subissaient silencieusement la colère de leur chef. Ils savaient qu'elle s'inquiétait pour les trois frères et serraient les dents. Ils ne pouvaient pas lui faire remarquer que le manque de nourriture coïncidait avec la disparition des garçons. Et encore moins que cela ne faisait pas un mois, mais bientôt trois. Il fallait avouer qu'ils s'étaient habitués à voir la viande arriver toute seule en fin de journée, comme par miracle. Mais depuis qu'il n'y avait plus de 'miracle', ils avaient dû retourner chasser eux-mêmes.
Dire qu'ils avaient perdu la main était un doux euphémisme. Huit d'entre eux étaient coincés au lit à cause de leurs blessures de chasse.
Mais comment trois enfants de dix et sept ans pouvaient-ils ramener de tels animaux ?! Les bandits avaient rapidement ravalé leurs fiertés en voyant les crocodiles. Tout comme pour les ours. Quant aux poissons, impossible de mettre la main dessus ! Ils passaient entre tous les filets ! Les réserves de nourriture diminuaient et ne tarderaient pas à disparaître.
Il était grand temps que les enfants rentrent au bercail pour nourrir la famille.
Dadan continua à vider son sac, sans aucune pitié pour ses hommes, lorsque Dogra surgit, épuisé.
Tous les hommes le fusillèrent du regard, comment avait-il osé se défiler du sermon matinal ?!
Le petit bandit n'en tint pas compte et fila devant sa patronne.
"Chef ! Je les ai retrouvés !"
Il n'avait pas besoin de préciser qui, tout le monde le savait. À la place, la rousse l'attrapa par les épaules et le secoua comme un prunier.
"OÙ SONT-ILS ?! OÙ SONT SES MORVEUX ?!"
Le pauvre subalterne ignora son état et leva leur avis de recherche.
"Là !"
La mère d'adoption cessa ses secousses pour regarder le papier.
Une fois encore, elle ne put s'empêcher de faire une crise cardiaque.
La maison accourut à ses côtés, découvrant avec choc la nouvelle. Magra lui fit tout de même remarquer qu'un peu plus de délicatesse envers leur boss serait la bienvenue, cette dernière étant assez fragile.
Ils ne voulaient même plus savoir quelles nouvelles folies leurs enfants adoptifs avaient encore faites.
Un soldat de la Marine malchanceux, ayant perdu à la courte paille, s'approcha de la porte de son supérieur. Il toqua une première fois, attendant le grommellement caractéristique du résident pour entrer.
Quand ce fut fait, il s'approcha du Vice-Amiral en laissant une certaine distance de sécurité. Aussi appelé parmi eux, distance de survit.
"Vice-Amiral Garp, je vous apporte le journal."
"Bien. Laisse-le par terre, je le lirais après." Grogna le héros en agitant sa main, trop occupé par sa paperasse.
Le soldat se tortilla, peu désireux d'aller à l'encontre des ordres.
"Avec tout votre respect Vice-Amiral, je dois rester pour vérifier que vous aller bien le lire, commandement de l'Amiral en chef."
Le mastodonte pesta contre son vieil ami. Ce dernier le connaissait trop bien.
"Assis-toi et fais-toi tout petit alors."
Le bas gradé obéit en tremblant. Il n'était par sur l'échafaud bon sang !
Une minute s'écoula, puis deux. L'horloge tournait et le soldat voyait défiler toutes les corvées qu'il avait manqué. Avec un peu de chance, son supérieur donnerait raison aux circonstances et lui pardonnerait.
Au bout d'un temps qui lui parut infini, le Vice-Amiral reconnut enfin son existence.
"Tu écris comment 'innocemment' ?"
Le pauvre bas gradé lui offrit sa meilleure tête perdue, si bien que le Vice-Amiral se décida à s'expliquer.
"J'écris mon rapport à Sengoku. À l'intérieur, je lui explique comment une ville s'est jetée contre un de mes boulets de canon paisiblement installé sur notre navire qui mouillait au large."
Le soldat réfléchit et se souvint de l''accident'. Garp visait un pirate et avait mal jaugé la distance, écrasant une ville à la place.
Pas étonnant que l'Amiral en chef avalait trois cachets d'aspirine avant de lire ses rapports.
Le subalterne épela le mot sur lequel butait son supérieur avant de se cloîtrer dans un silence gênant à nouveau.
Il fallut encore deux bonnes heures au héros de la Marine pour finir son travail. Quand il parvint enfin au bout de cette tâche, il se leva pour aller chercher des gâteaux. Le bas gradé s'affola, ignorant s'il devait —et s'il pouvait— retenir son supérieur.
Heureusement, Bogart arriva à ce moment, prenant sa relève.
Quand le Marine partit, ce dernier n'attendit pas pour montrer l'avis de recherche à Garp, obtenant l'arrêt de ce dernier. Il en lâcha son biscuit.
Et rendit sourd tout le navire.
"VOUS ME LE PAYEREZ !" Résonnait dans les océans.
Dans un village au nom secret, dans une région secrète, un QG secret s'élevait en secret.
À l'intérieur, des hommes se cachaient secrètement. L'un d'eux reçut un fax et accourut, en secret, auprès de son supérieur.
"Chef, nous avons reçu un message de Shanks Le Roux."
Dragon se tourna vers lui et prit le message. Il survola les lignes avant d'écraser le papier entre ses mains et de le jeter au feu. Il sortit en faisant un signe de tête à l'un de ses plus vieux camarades, un travesti aux cheveux violets.
Une fois dehors, il lui expliqua la situation en chuchotant pour éviter les oreilles indiscrètes.
"Les Adonis ont été prévenus de l'attaque. Le Roux ignore d'où provient la fuite, mais il va regarder dans ses rangs et nous conseille d'en faire autant. Je te laisse faire le ménage."
La coupe afro fit une grimace. Voilà qui ne lui plaisait pas. Des espions. Il retourna dans la salle commune, espérant trouver rapidement l'origine de la fuite, et ne pas soupçonner chacun de ses amis, quand il tomba sur l'avis de recherche des frères. Dès qu'il la vit, il l'attrapa et retourna sur le balcon où se trouvait encore son chef.
"Dragon ! Les enfants de la dernière fois, ceux qui ont faussé compagnie à leurs 'maîtres', ils ont une prime !"
Le travesti se calma, laissant son ami regarder l'affiche.
Quand il lui sembla que ce dernier avait fini, il s'empressa de demander :
"Alors, quels sont les ordres ?"
L'homme au tatouage réfléchit. Un coup d'oeil au visage de son camarade le décida néanmoins, sans plus de raison.
"Lance des recherches pour les retrouver."
Bien plus fier de cette mission que de la précédente, l'afro se mit en route sans attendre.
"Par contre," l'arrêta le chef des révolutionnaires, "s'ils se trouvent être dans un endroit qui assure leur sécurité, où ils ne courent aucun danger, cet ordre devra être levé."
La Reine des Okama tenta une tête de chiens qui ne changea rien. On ne discute pas avec Dragon. Surtout pour des futilités telles que l'affection maternelle envers des enfants qu'il ne connaissait pas.
Dès qu'il fut sûr d'être seul, Dragon se tourna vers le Nouveau Monde, là où les lambeaux de son instinct paternel le lui indiquaient.
"Prends soin de toi, mon fils."
Qui c'est qui a fini le chapitre ? C'est toi ! Bravo ! Quel exploit ! Un chocolat ? Oups, je l'ai fait tombé par terre… Pas grave, je te l'offre quand même ! Et de bon coeur en plus !
Des remarques ? Vous vous êtes sentis insulté ? Copié ? Mordu ? Rongé ? Rabaissé ? Détruit ? N'hésitez pas à m'en faire part, que je puisse m'en réjouir ! Comme on dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres ! J'aime bien être 'les autres', je vous laisse 'les uns' !
Laissez des commentaires ! Pour un pauvre écrivain non rémunéré (je me suis fait avoir en signant ce contrat, j'aurais dû me douter que le brun à la peau rouge, aux cornes, à la queue et au trident était louche. Qui porte un pantalon avec des bretelles de nos jours ?!) Je suis donc entièrement dépend de vous ! Utilisez donc ce fameux clavier blanc comme un sous neuf, je suis sûr que vous allez vous amuser !
Ciao !
