Chapitre 3
La fatigue pesait sur les épaules des deux adolescents. La pression, le stress et les quatre heures de marche qu'ils venaient d'enchaîner les avaient terrassé et les deux profitaient de quelques heures d'un sommeil volé au temps.
Mais voler avait un prix. Et c'était Nosaka qui le payait.
Il roulait par terre. Le sol n'était déjà pas agréable mais l'agitation de son sommeil le rendait pire.
Instinctivement, il avait cherché refuge contre sa peur contre le torse du plus grand.
Blottit contre lui, il luttait contre lui même. En plein cauchemar.
Il se revoyait se saisir la tête entre les mains, soumis au silence.
Il n'avait plus longtemps avant de pouvoir faire éclater la vérité au grand jour après tout, la finale du Football Frontier approchait à grands pas.
Puis la lettre qui lui annonçait que lui et son équipe ne participerait pas, accompagnée d'une convocation d'urgence dans le centre médical du complexe.
On lui dit qu'il doit quitter le Japon pour les Etats-Unis, pour le soigner de sa tumeur au cerveau.
Et qu'il n'a pas le choix.
"Marche ou crève" Il eu un rictus à cette réflexion faite pour lui même.
Il avait toujours vécu comme ça après tout.
Il voit les jours passer à vitesse grand V.
"Nosaka! Réveille toi!"
La voix du même médecin. Comme tous les jours.
Nosaka se leva dans la même chemise verte que les autres jours.
Pour avoir un entretien durant lequel son avis n'importe peu, c'est la même tout les jours.
Puis l'anesthésie, et tout recommence.
Puis il est renvoyé au Japon.
Il ne sait rien, mais rien n'a changé. Il a toujours les mêmes douleurs et les mêmes médicaments qu'avant.
"Nosaka! Réveille toi!"
La voix de Seiya tira le plus petit du sommeil.
"Pourquoi tu m'as réveillé Nishikage ?
-Il fait déjà jour, et tu m'as dit de le faire si je me levais avant toi."
Le génie attendit que son aîné tourne le dos pour prendre un médicament.
"Bon. On mange et on y va ?
-Aller où Nosaka. Okinawa est à plusieurs heures d'avion. Et inaccessible à pied. C'est un île!"
Yuuma eut un sourire
"On va jusqu'à Kyoto, et ensuite on prend l'avion.
Et si tu te demandes avec quel argent, j'ai ce qu'il faut, ne t'inquiète pas. J'ai les contacts qu'il faut."
Nishikage admira le génie de l'homme qui l'accompagnait tout en prenant sérieusement peur. Dans quoi s'était-il engagé?
