Relecture Brynamon.
Merci pour vos alertes et favoris.
Merci àTheBlondeWithCurlyHair, Lyylla, Lea1985, Supergirl971, GunWiHarPoTwi, Caro19, l'Anonyme, Jacoblover2 et Ezhra-June pour leur review.
En réponse à la tienne Yinbuffy : Tu as raison de te poser des questions. Un rapprochement entre Bella/Jake ? Tu le sauras dans ce chapitre.
En réponse à la tienne Charlène : Oui deux petits chapitres et c'est fini à moins que mon chapitre final soit en deux parties. Jacob/Leah ? Tu verras bien.
Leah est mise en avant dans ce chapitre mais c'est important pour la suite.
Bonne lecture.
Chapitre 10 : Le bout du tunnel ?
POV LEAH CLEARWATER ULEY
Quand Jake reprit contenance, je l'obligeai à s'asseoir et pris place à ses côtés. J'observai son profil, cherchant à comprendre pourquoi j'étais tant affectée.
-Je suis si fatigué, dit-il enfin. J'ai tellement de mal à dormir.
-Trop de choses te blindent la tête, c'est normal, je connais ça.
Il resta silencieux.
-Ici tu ne crains rien Jake, le rassurai-je, tu peux te reposer. Détends-toi.
-Facile à dire…
-Mais non, c'est simple, dis-je en tapotant sur mes cuisses. Pose ta tête.
Il me regarda de traviole. Je lui offris un sourire engageant. Il obtempéra, hésitant puis fixa le plafond.
-C'est bizarre, dit-il.
Si ça l'était pour lui, ça ne l'était pas pour moi.
-Ferme les yeux, pense à rien.
Il se laissa guider par le son de ma voix, ferma les yeux et se détendit progressivement. Je m'en félicitai, posai ma main sur ses cheveux courts et entamai un doux va-et-vient. Il rouvrit les yeux, je suspendis mon geste sous son air mal à l'aise. Il croisa mon regard, se redressa d'un coup.
-Je vais rentrer.
-Tu viens à peine d'arriver, me plaignis-je, anxieuse de son départ imminent.
-Je n'aurais pas dû venir, déclara-t-il laconique sans même un regard.
Il passa le seuil de la porte me laissant de nouveau mal en point.
OoooO
Le lendemain je pris un taxi pour me rendre chez mon médecin. En quittant son cabinet, je passai à la pharmacie. Je continuai à souffrir de maux de tête épouvantable et ma tension était encore basse, il me conseilla de refaire un scanner afin de vérifier que rien n'était passé inaperçu avec une simple radio. J'étais encore bonne pour une semaine d'arrêt. J'allai encore déprimer mais j'eus une belle surprise en découvrant Seth à la maison. Je lui sautai au cou régénérée à la vitesse de la lumière. Il était mon petit frère, mon ami, le garçon le plus gentil qui soit.
-Tu vas mieux ? Me demanda-t-il anxieux.
-Oui. Je suis un peu fatiguée c'est tout, c'est le contrecoup.
Je ne voulais pas l'inquiéter pour rien. Nous avions déjà eu une vie si difficile, élevés par notre tante à la mort de nos parents, nous avions connu des moments douloureux dans une famille qui ne voulait pas de nous. Nous nous serrions les coudes depuis. Il avait été dur pour lui de me voir sombrer à la mort de Sam. Et il m'en avait voulu de ma stupide tentative de quitter cette Terre. Nous avions mis des mois à nous réconcilier. Et depuis, je vivais avec l'angoisse que lui aussi ne revienne pas.
-Pourquoi tu ne m'as pas prévenue de ton retour ?
-Je voulais te faire une surprise, me sourit-il. Je vois que c'est réussi.
-Oui, je déprimais toute seule, mes amis ont déserté. Tu restes un peu à la maison ?
-Oui, je n'ai pas envie de rester tout seul chez moi.
Quand Sam avait été déclaré mort, il était venu s'installer chez moi. Depuis que j'avais déménagé il y a plus d'un an, il avait repris un appartement mais au final s'y rendait que rarement. Il était célibataire, cela lui pesait.
-Il faut que je te trouve une copine.
-Je suis assez grand pour ça, je te remercie.
Il s'était changé, arborait un jean et une chemise cintré foncé. Ses cheveux toujours aussi ras, brillaient, ils étaient aussi noirs que les miens.
-Je pensais te voir que ce soir, tu bosses pas ?
-Je suis encore en arrêt, par précaution, mentis-je, le voyant s'alarmer.
Peu convaincu, il me conduisit en cuisine.
-Viens j'ai fait le déjeuner, tu vas me raconter tout ce qui s'est passé en mon absence.
OoooO
Il se passa deux semaines. Deux semaines comblées par la présence de Seth qui prit soin de moi et me fit sortir un peu pour prendre l'air. Il m'emmena récupérer ma voiture. Je n'avais pas eu à débourser grand-chose. L'autre abruti qui était responsable de l'accident avait par contre dû douiller.
Seth avait fini par remarquer que quelque chose n'allait pas. Il était formé pour obtenir des réponses, me tira les vers du nez sans problème. Il me rassura concernant mon affection envers Jake. Il n'y voyait rien de mal, cependant il me conseilla d'être vigilante, que je ne mélange pas tout et que je me préserve.
-Je crois qu'il s'en est aperçu, je l'ai fait fuir, me désolai-je.
-Appelle-le.
-Tu crois ?
-Tu lui expliques, après tu verras bien.
Je suivis son conseil. Je n'eus pas de réponse. Après plusieurs messages déposés sur son répondeur, je renonçai, stressée. Il traversait une période difficile, il ne devait pas rester seul.
-Demain après le boulot, j'irai voir Bella. Elle a peut-être des nouvelles.
OoooO
Le lendemain
Je repris le boulot ce matin, ce fut fatiguant, je travaillais aux ressources humaines d'une grande société d'import-export. Mes rares collègues sédentaires me fichèrent la paix, ils me connaissaient suffisamment pour m'éviter quand j'étais de mauvais poil.
Il était déjà dix-huit heures passées quand je sonnai chez Bella. Je n'osai plus y rentrer comme dans un moulin. Elle m'ouvrit rapidement, se renfrogna à ma vision.
-Merci pour ton accueil chaleureux, me vexai-je.
-Entre.
Je la suivis dans son salon, la dévisageai alors qu'elle se positionnait près de la fenêtre. Elle avait coupé ses cheveux comme avant, comme un garçon. Pourquoi ?
-Ça va ? M'enquis-je.
-A ton avis ?
-T'as pas de nouvelles alors ? Me consternai-je.
-Non.
-Ça ne t'inquiète pas ?
-Bien sûr que si ! Pas un message, il ne répond pas à mes appels. Billy me dit que ça va, qu'il tente de suivre une thérapie mais …
-Mais quoi ?
-Il n'a pas l'air convaincu que ça l'aide.
-C'est normal, c'est trop récent et ce qu'il a vécu est difficile.
-Nous aussi on a galéré, et c'est de nouveau le cas.
-Ne compare pas ce qui n'est pas comparable.
-Je sais, se désola-t-elle en s'asseyant près de moi. Mais il me manque tellement. Et Matthew, il est mal dans sa peau.
-Il est où ?
-Dans sa chambre, il finit ses devoirs.
-Je peux aller le voir ?
-Si tu veux. Je retourne en cuisine, ça m'occupera.
Je filai dans sa chambre, il fixait son cahier, son stylo en suspend, l'air ailleurs. Je l'aimais beaucoup, un vrai rayon de soleil.
-Hey bonhomme, m'annonçai-je.
Il revint à la réalité, me fit un maigre sourire.
-T'as pas le moral ?
-Je vais bien.
-A d'autres.
Je m'assis sur son lit. II resta silencieux. J'attendis qu'il se manifeste sans résultat. Je le voyais malheureux, tentant de le cacher.
-Je l'ai vu, me dit-il subitement.
-Qui ?
-Papa.
-Quand ça ?
-Il vient souvent devant l'école. Je le vois pendant la récré.
Je me disais bien. Rester loin de son fils n'était pas si simple.
-Tu lui as parlé ?
-La première fois, oui. Maman je lui ai pas dit, je voulais pas la fâcher.
-La fâcher ?
-Elle est en colère, beaucoup. C'est pas très drôle ici.
-Il ne faut pas perdre espoir, tentai-je de le rassurer. Tout finira par s'arranger.
-Si tu le dis.
Je lui fis un bisou et m'en allai rejoindre Bella en cuisine. Elle était toujours de mauvaise humeur. Je comprenais ce que voulais dire Matt.
-Tu veux que j'aille parler à Jake, Bella ?
-Non. Affirma-t-elle sans se retourner, face à son plan de travail.
-Ton fils…commençai-je.
-Quoi mon fils ? S'écria-t-elle sèchement en faisant volte-face.
Je ne lui connaissais pas cette facette.
-Parle-lui…
-Je n'y arrive pas.
-Essaie.
-Pour lui dire quoi ? Que son père à jeté l'éponge ? Qu'il a fait une croix sur nous ?
-C'est faux tu le sais.
-Je sais rien du tout ! Je suis à deux doigts de perdre patience !
-Ça ne fait que trois semaines Bella.
-Que trois semaines ! Cria-t-elle en me fusillant du regard.
-Je te l'accorde ça peut paraitre long.
Elle se remit à ce qu'elle faisait.
-Crois-tu vraiment qu'il t'écoutera Leah alors qu'il ne m'a pas écouté, moi sa propre femme.
-Tu es à l'origine de son mal.
-Il y a d'autres raisons, ne me mets pas tout sur le dos !
-Je le sais.
-Comment ça tu le sais ?
-Il me l'a dit.
-Quand ?
Elle s'était de nouveau retournée vers moi, me sondant avec méfiance.
-Il y a deux semaines.
Ses lèvres s'amincirent, ses yeux flamboyèrent. Elle me redonna son dos, s'acharnant sur ses légumes. Je me postai à côté d'elle, saisis le couteau dans ses mains excitées.
-Pas besoin d'aller à l'hôpital te recoudre un doigt.
Elle s'affaissa. Je mis le couteau dans l'évier, lui entourai ensuite les épaules.
-Laisse-moi essayer. Laisse ton orgueil de côté. Je suis ton amie, je vais t'aider.
-Pourquoi le ferais-tu ? Je n'ai même pas été une très bonne amie ces temps-ci, s'excusa-t-elle.
-Là n'est pas la question.
-Je veux qu'il revienne Leah, m'avoua-t-elle complètement démunie.
-Donne-moi son adresse, j'y vais de ce pas.
OoooO
Je me servi du Gps de Seth, il n'était pas chaud pour que j'y aille mais je ne lui laissai pas le choix. Ce fut long, ce fichu trajet. Je reconnus sa voiture dans l'allée. Il était là, j'allais enfin le voir. J'étais fébrile. Je frappai, attendis. Je frappai encore et encore. Il n'était nullement question que je reste comme une imbécile devant cet ultime rempart. Je tambourinai cette fois.
-Je sais que tu es là Jake ! Ouvre ou je casse cette fichue porte et je te fous la raclée de ta vie ! Hurlai-je comme une folle me fichant bien d'attirer l'attention sur moi.
Il y eut le cliquetis d'une porte que l'on déverrouille. Il me fit face, je manquais de reculer sous la noirceur dangereuse de ses yeux. Il me fixait sans mot dire. Ma bouche se dessécha radicalement. Je l'affrontai néanmoins.
-Tu me laisses sur le pas de la porte ?
-Tu diras à Bella…
-Je ne suis pas un messager, le coupai-je.
-Pourquoi tu es là alors ?
-Pour toi, je m'inquiétais. Tu ne réponds pas à mes appels.
Il soupira.
-Je ne veux pas te causer plus de tord que je ne t'en ai fait.
-En quoi pourrais-tu me causer du tord ?
-Tu le sais bien.
Mon cœur eut des tas de ratés. Je gardais contenance.
-Je suis un peu à côté de mes pompes, mais je t'assure, il n'y a rien de plus que mon amitié.
Il me dévisagea avec attention.
-Laisse-moi entrer, insistai-je, sinon je campe là.
J'en étais capable, il le savait, il s'écarta, je me faufilai dans le passage. Il referma la porte, se traina jusque dans le salon plongé dans le noir. Je tâtonnai, à la recherche de l'interrupteur et découvris Jake assis dans un coin du séjour. Je le rejoignis sans poser de questions. Adossée au mur, je fixai le néant dans l'attente qu'il me parle. Être à ses côtés me suffisait pour l'instant. Il tournait quelque chose dans sa main, j'y jetai un œil.
-C'est quoi ?
-Une médaille d'honneur, remis par le Président pour acte de courage.
J'étais épatée, il grimaça.
-C'est bien non ? Tentai-je.
-En quoi, dis-moi ?
-Ton courage est reconnu. Tout ce que tu as vécu n'aura pas été vain.
-J'ai voulu la balancer mais ce serait les trahir encore plus.
-Les trahir ?
Il resta silencieux puis me tendit la médaille.
-Garde-la.
-Mais non, dis pas de bêtises !
-S'il te plait, pour Sam et pour tous les autres.
Il énumérait leur prénom, je refoulai une boule de tristesse dans ma gorge et pris la médaille qui pendait le long d'un ruban bleu. Elle était en forme d'étoile, assez lourde, en acier ? En argent sûrement. Je décryptai le graphisme. Une heure passa ainsi. Mon ventre finit par gargouiller, je n'avais rien mangé depuis un moment. Il se leva, quitta la pièce. Je le suivis comme son ombre dans la cuisine, non sans avoir rangé la médaille dans mon sac à main.
-Où est ton père ?
-Parti avec son pote Quil.
Quil c'était un drôle de prénom…
-Il ne devrait pas tarder, il m'a dit qu'il rentrerait tôt comme si j'étais incapable de rester seul, s'agaça-t-il.
Il posa une assiette sur la table.
-Mange.
J'hésitai.
-Tu m'accompagnes ?
-J'ai déjà mangé, il est vingt-deux heures Leah.
-Hum…
Il voulut quitter la pièce, je lui demandai de rester.
-Je ne suis pas de bonne compagnie.
-Ça m'est égal. Reste.
Il s'assit dans un coin de la table, se reperdit dans ses pensées.
-Matt te manque, constatai-je.
Silence. J'évitai de parler de Bella.
-Tu as vu ton psy ?
-Oui.
-Et ?
-Elle pense que je m'isole, que je devrais être auprès de ma famille.
-C'est pas un charlatan c'est déjà ça.
Il ne releva pas.
-Pourquoi tu ne suis pas son conseil ?
-Je les ai laissés en croyant bien faire.
-Ce n'est pas le cas, je t'assure.
-J'ai bien compris.
-Tu infliges à ta famille une souffrance bien inutile. Bella t'attend, elle t'en veut, elle s'isole aussi. Elle est de mauvais poil, ton fils subit tout ça. Il t'en veut aussi.
-Je sais.
Il se leva, me contourna sans un regard.
-Je vais dormir, tu sais où est la sortie.
J'entendis une porte claquer. Je repoussai mon assiette, dégoûtée d'avoir échoué. Je me préparai à partir quand Billy entra. Il me salua, surpris de me trouver ici.
-J'allais partir.
-Où es Jake ?
-Il est parti dormir.
Il s'attrista.
-Il est si seul. Je ne peux rien faire.
Je ne répondis pas, j'étais comme lui : impuissante. Je lui tapotai l'épaule et m'apprêtai à partir quand il me proposa de dormir ici.
-Il est tard, ce n'est pas prudent de prendre la route.
J'étais fatiguée, c'est vrai.
-D'accord. Je vais juste prévenir mon frère, qu'il ne m'attende pas.
Il me fila de quoi dormir sur le canapé. La chambre de ses filles n'était plus une chambre, il était restreint en place.
-C'est nickel pour moi, le rassurai-je, merci.
Je m'installai, me déshabillai, restant en caraco et sous-vêtement et m'endormis aussi sec d'un sommeil qui se révéla sans rêves.
Je fus gênée par un bruit qui me réveilla. Je ne vis pas l'heure mais il faisait encore nuit. Je me redressai d'un bond, réalisant où j'étais en entendant la voix de Jake. Je partis à sa rencontre, il s'agitait, marmonnait le nom de Sam et d'autres noms. Je m'assis au bord de son lit, tentai de le calmer, essuyant son front moite, murmurant des paroles rassurantes. Il ouvrit les yeux, perdu.
-Bella ?
-C'est moi Leah, l'éclairai-je avec un pincement au cœur.
Il était effrayé, encore agité, la respiration saccadée. Il me choppa le bras, débitant des paroles incohérentes.
-Calme-toi.
-Je ne voulais pas, je ne voulais pas…
Je ne comprenais rien. J'allumai la lampe, l'obligeai à me regarder, m'approchant de son visage. Il sembla émerger. Il resserra sa prise.
-Reste avec moi, me supplia-t-il.
Je ne pus dire non, au contraire, cette idée me rendit heureuse…
POV EDWARD CULLEN
Il y a une semaine
Je n'avais jamais eu le courage d'aller voir Bella. Mon amour-propre m'en empêchait et je cherchais aussi à me protéger. Elle m'avait laissé un message hier soir, me proposant de voir Matthew. Elle semblait triste. Je l'avais alors rappelée.
-Bella, c'est moi.
-Je sais. Tu veux parler à Matt ?
-Oui, mais d'abord, est-ce que… ?
-Est-ce que quoi ?
-Tu es seule ?
Silence. Je prenais ça pour un oui. J'en fus soulagé, m'en voulus de ressentir cela.
-Je peux passer quand ?
-Il aimerait aller avec toi à la piscine.
-Quand ?
-Comme avant, le dimanche matin.
-Demain donc ?
-Sauf si tu es occupé ?
-Non, non. Je viendrai le chercher à dix heures.
-Ok. Merci.
Elle appela Matthew et me le passa. Il fut enthousiaste à l'idée de me voir. Je n'en dormis pas de la nuit et me présentai une heure à l'avance devant leur porte. Matthew m'ouvrit, son visage s'illumina en me voyant.
-Entre, maman est sous la douche, je déjeunai, je suis pas encore prêt.
-Ce n'est pas grave, je vais attendre.
Je me rendis au salon, patientai, subitement mal à l'aise. Je cherchai dans la maison des traces de sa présence mais il n'y en avait pas. Se pourrait-il que ce soit la fin de ce cauchemar ? Bella allait-elle cesser de se voiler la face ? Je me redressai, agité comme une pile. Je pris la direction de la terrasse, à l'extérieur, je respirai un bon coup. J'allais rentrer quand j'aperçus Bella qui entrait dans le salon. J'eus comme à chaque fois, le cœur en vrac. J'hésitai, la voyant à peine couverte par son peignoir de bain entrouvert, les cheveux humide et courts ! Pourquoi les avait-elle coupés !
Déstabilisé, je restai en retrait. Elle avait son portable en main. Elle me tournait le dos.
-C'est encore moi. Pourquoi tu ne réponds pas à mes appels ? Ça fait deux semaines ! Deux semaines sans nouvelles. Deux semaines sans toi…
Sa voix se cassa un peu. Elle s'interrompit et finit par raccrocher, fixant le téléphone avec tristesse. J'eus un coup au cœur, repensant à la période où je l'avais rencontré lorsqu'elle vivait l'enfer.
-Bella, dis-je en me dirigeant vers elle.
Elle fit un réel bond, me dévisagea, la main sur le cœur.
-Je ne voulais pas te faire peur.
J'étais près d'elle, j'hésitai à la prendre dans mes bras.
-Tu es déjà là ?
-Oui ça fait un moment.
Elle se réajusta, gênée tandis que j'examinai son visage fatiguée.
-Je vais m'habiller.
-Attends Bella.
-Non.
Elle faisait déjà demi-tour, je l'attrapai par la main. Elle se dégagea.
-Ne fais pas ça Edward. Respecte mon choix.
-Je le respecte, mais tu t'entêtes dans la mauvaise voie et te voir souffrir me rend malade. Si ça allait tu ne m'aurais pas appelé.
-Je l'ai fait pour mon fils. Pour qu'il comprenne que tout le monde ne l'a pas abandonné.
-C'est ce qu'il pense de son père ?
-Et de moi aussi.
Je la regardais sans comprendre.
-Je me morfonds, je le délaisse, je suis une mauvaise mère.
-Mais non, tu traverses justes une période difficile.
-Arrête de faire ça !
-Faire quoi ? La questionnai-je, perplexe.
-Toujours trouver des excuses à tout ce que je fais. Reconnais que ce que je t'ai fait est impardonnable. Reconnais-le Edward !
-Je ne peux pas.
-Crois-tu que ça nous rend service de te voiler la face me concernant ? Et comment pourrais-tu vivre avec moi si tu es dans la peur que je te quitte à nouveau ?
Silence. Je n'y avais pas pensé.
-Tu auras forcément des doutes, tu le sais.
-Non.
-Tu ne vas pas le supporter, Edward, ne le nie pas !
Elle s'exaspérait, elle était visiblement sur les nerfs. Elle ne me laissa pas le temps de contester. Elle se détourna et quitta la pièce me laissant en proie au doute.
OoooO
La matinée avec Matt passa trop vite. Il avait retrouvé cette insouciance propre aux enfants. Nous allâmes ensuite manger un morceau au MacDo, je prévins Bella par sms. Il n'était pas loin de quinze heures quand je le redéposai. Devant la maison, il s'assombrit. Je lui pris l'épaule.
-Tu veux qu'on remette ça dimanche prochain ?
-Oui, s'exclama-t-il.
-J'en parlerai à ta mère. Je te tiens au courant.
-Tu crois que je pourrais passer un week-end chez toi ?
-Bien sûr, je vois ça aussi avec elle.
Je le fis descendre et il se dirigea seul chez lui, les épaules voûtées. Je comprenais sa peine. Je maudis son père. Il avait de la chance et il se planquait je ne sais où au lieu de s'occuper de son fils. Cette situation que je prenais à mon avantage était finalement une source de malheur pour eux deux. Je vis Bella à travers le rideau. Elle se détourna pour aller l'accueillir.
OoooO
Cette nouvelle semaine fut éprouvante. Un peu comme une nouvelle rupture. Les mots de Bella me travaillaient. Le temps passé avec Matthew avait amplifié les blessures. Sa peine aussi. Si j'avais su où trouver son père, je serai allé lui dire deux mots. J'aurais pu m'éloigner si je les savais heureux mais ce n'était pas le cas, par sa faute.
Jessica passa le mercredi soir. Son humeur aussi n'était pas au beau fixe. Elle se proposa de nous préparer à diner. Je l'y aidai.
-Pourquoi tu rumines ?
-C'est bientôt l'anniversaire d'Alex. Je me sens déjà triste de le voir à peine quelques heures. J'aimerais passer du temps avec lui.
-Négocie avec son père, obtiens des vacances.
-Il refusera comme à chaque fois.
-Je viendrai avec toi cette fois, lui promis-je.
Elle cessa de remuer les pâtes et me dévisagea avec stupeur.
-Pourquoi tu ferais ça ?
-Si tu souhaites réellement être avec ton fils, je t'y aiderais. On ne devrait pas priver un enfant de ses parents et les parents devraient se battre pour leurs enfants, répondis-je avec amertume.
Elle se tut, je l'en remerciai mentalement, ne voulant pas expliquer ce qui me minait.
-Je vais y réfléchir, conclut-elle.
Le reste de la soirée se passa tranquillement, je me détendis complètement et profitai de sa présence amicale.
OoooO
Le lendemain soir, je passai chez Alice et Jasper. Elle était seule, il travaillait tard. Elle était déprimée à l'évidence. J'en profitai pour lui parler de Bella. Elle se braqua comme d'habitude.
-Ecoute Alice, cette histoire entre elle et moi s'est aplanie. On a discuté, mis les choses au clair.
Elle fut surprise, prêta attention à mes paroles.
-Elle veut rester avec son… mari, j'ai accepté son choix. Tu dois le faire aussi.
-Tu as accepté son choix ? Répéta-t-elle, sceptique.
-Oui, ça n'a pas été facile, ça ne l'est toujours pas, ne te méprends pas mais j'ai à cœur leur bonheur. Je ne pense pas que ce soit avec lui mais ce n'est pas à moi d'en décider. Matthew à la possibilité d'être avec son père et je ne le priverai pas de ça.
-Tant mieux pour lui si ça se passe bien avec Jacob.
-Pas vraiment, il est malheureux, son père est parti dès qu'il a compris ce qui nous liait Bella et moi.
-Il est parti... ?
J'opinai. Elle était triste.
-Tu crois que je devrais aller la voir ?
-Oui. Je serais content si te réconcilie avec elle. Je sais combien tu l'aimes.
Elle m'enlaça.
-Merci, murmura-t-elle.
En rentrant, je contactai Bella pour savoir si Matthew pouvait venir à la maison ce week-end. Elle semblait contre, j'insistai, lui expliquant que la demande venait de Matt. Elle finit par céder.
Le lendemain, vendredi, je partis chercher Matt à l'école le cœur léger, sous l'œil pas rassuré de son Maître qui devait peut-être redouter un autre clash.
-Sa mère ne vous a pas prévenu ? M'enquis-je.
-Si, si…
-Allez viens Edward, s'impatienta Matt, allons chez toi.
-Chez nous, rectifiai-je, malgré moi.
POV JACOB BLACK
Deux jours plus tard
Je quittai Leah dans la cuisine, désireux d'en finir avec cette conversation qui ne menait nulle part. J'étais fatigué, je partis m'allonger non sans avoir pris mon traitement qui ne semblait ne faire aucun effet. J'étais stressé en permanence. Ma visite chez la psy n'avait fait que renforcer cet état car je ne pouvais lui confier mes pires angoisses et elle s'en était rendu compte. Je ne voyais pas le bout du tunnel. Tout n'était que noirceur excepté la lueur que représentait mon fils. J'étais allé le voir plusieurs fois devant son école mais je n'avais pas été discret, il m'avait aperçu à ma deuxième visite et était venu me demander de rentrer à la maison. Je n'avais pas su lui expliquer les raisons de mon absence. Comment pourrais-je lui avouer que j'avais peur de le décevoir ?
Le sommeil m'emporta sans prévenir. Je plongeai progressivement dans un cauchemar bien réel, mélange de souvenirs et de mes pires frayeurs. Je tentai de m'échapper, espérant qu'un miracle se produise de nouveau et que je sois libéré mais je revenais systématiquement à mon point de départ trainé par Sam qui ne me laissait aucune chance de m'enfuir loin de cet enfer. J'entendais les voix de mes frères, martelant dans ma tête des paroles vengeresses. Je suffoquai sous la brûlure de mes poumons car on m'avait soudainement immergé dans de l'eau glacée. Je cherchai à remonter, me retrouvai assis, attaché, le visage dans un sac, plongé dans le noir, je me débattais, cherchant au fond de moi encore le courage de subir l'horreur à nouveau et de garder le silence, ignorant toutes les questions sans relâche…Je craignais cette fois de ne pas y arriver, le désespoir pointait…
Je mis du temps à comprendre où j'étais et avec qui. Au début, j'avais cru entendre la voix de Bella parce que c'était cette voix que je voulais entendre. Un halo se forma autour d'un visage, celui de Leah qui m'apparut tel un ange, là pour me délivrer. Je m'accrochai à elle contre toute logique, tétanisé à l'idée de me retrouver seul. Elle s'allongea près de moi et m'attira contre elle, contre son cœur. Je me sentis mieux dans la chaleur de ses bras accueillant. Elle ne cherchait pas à me faire du mal, mon angoisse s'apaisa sous ses paroles rassurantes.
Je ne pensais pas m'être rendormi mais c'était le cas. Il faisait jour, la lampe était toujours allumée et Leah était là. Je m'extirpai de ses bras, gêné au possible remarquant son manque de vêtements. Cette situation était anormale, bizarre, étrange.
Je fis un saut en cuisine, mon père s'y trouvait. Il me salua et me proposa du café que j'acceptai avec joie, histoire de me réveiller complètement. Son regard pesant finit par me faire quitter la pièce. Je m'installai dans le canapé, juste à côté des habits de Leah pliés sur le côté. Son portable sonna. C'était l'alarme, je la désactivai et me levai pour aller la réveiller mais elle était là, debout, avançant déjà vers moi. Elle me lança un regard trop affectueux. Je ne savais définir ce qu'il se passait dans sa tête mais ça n'allait pas dans le bon sens et j'en étais responsable. Je faisais tout de travers ma parole ! Et elle n'avait même pas pris la peine de se couvrir.
-Leah, rhabille-toi, enfin !
-Je vais bien aussi merci.
Je soupirai, récupérai ses affaires sur le canapé, les lui lançai.
-Tu vas être en retard à ton boulot.
Elle les rattrapa sans mal, peu concernée.
-Tant pis. Je veux être sûre que ça aille pour toi.
-Ça va mieux, me radoucis-je… merci, ajoutai-je avec une hésitation.
Elle me sourit avec encore plus d'affection. Déstabilisé, je me secouai. Je devais mettre les choses au clair tout de suite.
-Leah…
Elle se rembrunit.
-Je sais ce que tu va me dire.
-Vraiment ?
-Oui. Pas la peine de tout déballer.
Elle se détourna pour aller dans ma chambre, elle en ressortit cinq minutes plus tard, rhabillée et renfermée. Elle passa devant moi sans un mot, récupéra son portable. Je ne voulais pas qu'elle parte fâchée, je l'attrapai au vol.
-Lâche-moi !
Ce que je fis.
-Je veux que tu comprennes que je ne veux pas te faire du mal.
-Je veux juste être près de toi, en quoi ça pourrait me faire du mal ?
-Parce que tes raisons diffèrent des miennes.
-On s'en fiche des raisons ! S'agaça-t-elle. Tant que ça fonctionne.
-Non, je ne m'en fiche pas.
-Tu te fiches de tout ! Tu ne penses qu'à toi de toute façon ! Cria-t-elle hors d'elle.
-C'est faux.
-Ah oui, m'agressa-t-elle, vrillant sur moi des yeux étincelants.
Je retrouvai la Leah d'autrefois, volcanique et dangereuse.
-Si tu avais pensé à Bella, à Matthew ou à moi, tu serais resté près de nous au lieu de t'enfuir comme une mauviette à des kilomètres !
Elle était déjà devant la porte d'entrée qu'elle ouvrit et s'élança hors de la maison me laissant ébranlé. Mon père sortit de la cuisine, il n'en avait pas loupé une miette et me lança un regard des plus réprobateurs.
OoooO
Après avoir ruminé toute la matinée, j'étais allé à mon rendez-vous avec la psy où je déballai toute ma rancune. Au final, il m'apparut clairement que Leah avait encore raison. Je soupirai d'agacement face à son sourire bienveillant qui signifiait « je vous l'avais bien dit » et attendis ses remarques. Elle tenta de nouveau d'obtenir ce que je cachai en profondeur. Je restais toujours vigilant à ce sujet. Je ne pouvais le partager avec personne. Et je compris enfin d'où venais ma peur. Je craignais de craquer, de ne pas être celui que ma famille attendait. Je craignais de voir leur déception en réalisant que je n'étais plus l'homme fort qu'ils connaissaient. J'étais que l'ombre de moi-même. Un substitut.
Il m'apparut alors clairement que je devais en parler avec eux si je voulais avoir une chance de vivre, de vivre réellement et de me sentir accepté et en confiance. Je ne voulais plus de colère, de méfiance, de non-dits.
Je ne demandais pas à être heureux, je voulais juste être en capacité de m'occuper de ma famille. Et pour ce faire je devais me mettre à nu. Je devais révéler à Bella tout ce qui me rongeait.
Je fis ensuite une visite médicale, le rapport de cette visite fut accablant. J'étais dans l'incapacité de reprendre du service. Je devais réorienter ma carrière. Cette idée me fit peur. Je fis un détour pour voir le Commandant en chef mais il était en déplacement. J'aurais aimé avoir son avis, ses conseils.
En rentrant chez mon père, je m'assis un moment, prêt à écouter les messages de Bella. Je finis par m'alarmer en découvrant le dernier message. Je préparai mes quelques affaires en deux secondes chrono et laissai un mot à mon père, lui expliquant que je rentrais chez moi.
POV BELLA SWAN BLACK
La veille
Le week-end sans Matt fut difficile, je n'avais toujours pas de nouvelle de Jacob et la solitude me pesait. Quand Edward me le ramena le dimanche soir, je l'accueillis avec soulagement. Il ne s'éternisa pas. J'appréciai ses réels efforts. Il avait été difficile de ne pas chercher du réconfort auprès de lui. Vraiment difficile…
Cela se ressentit ce matin au travail. Je n'étais pas à prendre avec des pincettes. Je ne me savais pas capable de tant d'irritabilité. Ma douceur légendaire était passée à la trappe, je n'étais conciliante avec personne. Le midi, je mangeai seule pour la énième fois, appelai encore chez Billy mais sans résultat. Jacob ne répondais pas non plus à son portable. J'avais encaissé ce qu'il m'avait imposé parce que je m'y étais attendue. Mais je n'avais pu empêcher la colère de me dévorer comme un pare-feu à un nouveau chagrin. Je l'avais laissé se débrouiller pour l'annoncer à notre fils. Celui-ci l'avait mal pris, s'était renfermé. J'étais rentrée seul avec lui dans un état de colère sans borne. Et puis la colère avait laissé place au chagrin, à la peur et rebelote à la colère. J'étais de nouveau dans cette phase. Cherchant ce qui le retenait loin de nous. Il m'avait laissé entendre qu'il y avait autre chose, mais quoi ? Qu'est-ce qui pouvait bien le tourmenter au point de l'éloigner de nous ? Pourquoi ne me disait-il rien ? N'avait-il plus confiance en moi ? C'était sûrement le cas avec ce qui s'était passé dernièrement. Sans confiance, allions-nous pouvoir refaire surface ?
Le soir, j'eus la visite de Leah. Elle fut une véritable amie, laissant de côté ses propres problèmes pour m'aider. J'espérai qu'elle réussirait là où j'avais échoué.
Nous dinions, Matt et moi, dans un silence lugubre. Je savais que je devais être plus douce, plus attentive, plus à l'écoute. Alors pourquoi je ne le faisais pas ?
-Je peux sortir de table ?
-Oui.
Il se leva. Je me ravisai.
-Attend. J'ai à te parler.
Il se rassit, les yeux fixant son assiette.
-L'école, ça va ?
-Oui.
-Je sais que tu ne dors pas bien en ce moment. Tu es fatigué ?
-Non.
-Regarde-moi.
Il se rebella, j'insistai, il quitta la table et la cuisine sans un mot. J'étais mal…
Quand il fut au lit, je tentai une ultime approche en m'asseyant près de lui.
-Tu nous en veux, c'est normal. Ton père et moi traversons une période difficile. Je ne sais pas si cela s'arrangera, lui confessai-je.
Il me prêta enfin attention.
-Il doit régler certaines choses, aller mieux mais je ne sais pas s'il y parviendra.
-Il ne revient pas à cause d'Edward, décréta-t-il.
-Ce n'est pas la seule raison.
-On aurait dû rester avec lui, se désola-t-il.
-Nous ne pouvions pas. Ton père et moi sommes mariés, avec toi nous formons une famille. Ce n'est pas de sa faute s'il a été séparé de nous si longtemps et dans des conditions difficiles. Il a été très malheureux loin de nous. Ils nous aiment tellement. Et nous aussi on l'aime.
-Je n'en suis pas sûr.
-Tu dis ça parce que tu es en colère.
-Je suis pas fâché, murmura-t-il d'une drôle de voix.
Ses yeux se remplirent de larmes. Je m'affolai.
-Il est venu plein de fois devant l'école…, me révéla-t-il.
J'étais sous le choc
-…je lui ai demandé de rentrer mais il ne l'a pas fait, il n'en a rien à faire de moi.
Il se tourna, me donnant son dos.
-Pourquoi tu ne m'as rien dit ?
Il resta muet. Je lui caressai les cheveux pour l'apaiser, retenant mes larmes. Il semblait grand mais il était encore si jeune. Je m'allongeai dans son dos, l'enveloppai d'un bras.
-Je suis désolé mon bébé.
Il se tourna vers moi pour pleurer dans mon cou.
-Maman…
Quand il fut enfin endormi, je plongeai sur mon portable et laissai un message des plus acides à Jacob.
-…je t'avais dit qu'il ne te le pardonnerait pas. Il croit que tu ne l'aimes pas, terminai-je, furieuse.
J'étais si en rogne que je ne pus rien ajouter. Je raccrochai et manquait de fracasser mon téléphone.
OoooO
Ce matin, je déposai à l'école un Matthew plus fermé que jamais. Les choses se dégradaient. Je devais confronter Jacob à ses responsabilités comme je m'étais confrontée aux miennes. Nous devions penser d'abord à notre enfant.
En arrivant à l'agence, j'eus la surprise de trouver Alice comme avant dans le bureau adjacent au mien. Echaudée tant de fois, je restai en retrait. Pourquoi était-elle revenue ? Nous ne nous étions pas revues depuis notre dispute. Je ne voulais pas de clash. J'étais trop éprouvée pour supporter un autre rejet.
Il y avait pas mal de boulot, je m'y plongeai avec soulagement, tout était bon à prendre pour oublier ce qui me traumatisait. Un bip annonçant un mail attira mon attention. Elle m'avait envoyé un e-mail. Sceptique, je cliquai sur le message.
« Dans une heure, salle de pause. »
Je craignais le pire.
« Ok. » Répondis-je.
OoooO
Il n'y eut rien de plus simple et de discret que notre réconciliation. Je ne versai pas de larmes, ne criai pas de joie, ne sautai pas partout, ne déversai pas un flot de paroles inutiles. J'avais juste mieux respiré, un poids en moins sur la poitrine. Un rayon annonçant peut-être le bout du tunnel…
Ce fut de meilleure humeur que je travaillai. J'envoyai un message à Edward pour le remercier, je savais qu'il y était pour quelque chose. Cela me redonna confiance en l'humanité.
Je déjeunai avec elle le midi dans notre restau favori et je lui expliquai mes craintes au sujet de Matt. Elle ne s'avança nullement à me conseiller et m'enjoignit de suivre mon instinct. Mais je n'étais plus très sûre de mon instinct.
Elle passa après le travail, pour voir Matt. Il sembla apprécier sa visite. Je les laissai seuls dans sa chambre et m'isolai pour une dernière tentative. Il était temps de décider et sans nouvelles de sa part…
Je sursautai quand il répondit, tellement habituée à sa messagerie.
-Tu réponds enfin.
-J'ai eu ton dernier message.
-Ca ne peut pas continuer comme ça.
-Je le sais bien.
J'eus une violente angoisse, suspendue aux prochains mots qu'il allait prononcer et qui déciderait probablement de notre sort commun.
-C'est pour ça que je suis là.
J'entendis du bruit dans l'entrée, assimilai ce qu'il venait de me dire et m'élançai dans le couloir le cœur en transe : oui, il était là, il était revenu.
-Je suis rentré, dit-il simplement.
Je posterai dès que possible le dernier chapitre qui sera peut-être en deux parties, je verrai.
Je travaille sur une autre fic et un probable OS donc patience.
Quelqu'un sait-il ce qu'on doit faire quand une de nos fics est choisie pour être dans une communauté ?
Passez un bon jour de l'an, moi je me prépare mentalement pour une soirée déguisée ( ), sans grande conviction. Ma moitié pense que la tenue d'infirmière serait adaptée, je l'ai envoyé bouler…
