Pourquoi, mais pourquoi ai-je une imagination aussi débordante ? En voilà le résultat : un chapitre totalement imprévu venant fêter la dizaine de chapitres que prend ma fic… Disons que c'est un chapitre bonus ! ^^

Je vous promets de faire la rencontre Hiruma/Mamori dans le chapitre 11.

En attendant, bonne lecture à tous, en espérant que cet imprévu vous plaise.

Hiruma revenait d'une journée de cours vraiment chiante. Y'avait pas d'autre mot… Chiante, voilà. Ça avait commencé avec les fuckin' minus qui se demandaient où pouvait être passée la fuckin' manager. Ils allaient chez elle tous les jours mais ne trouvaient personne. En même temps ça faisait un mois qu'elle squattait chez lui sans s'être réveillée. Quant à sa mère, elle avait eu le droit de retourner travailler si elle passait chaque nuit à l'hôpital.

Arisa savait que sa fille était chez son capitaine et avait demandé à le voir dès qu'elle en avait eu les moyens. Lui qui s'attendait à une tempête de réprimandes, comme quoi une jeune femme ne devait pas partager l'appartement d'un jeune homme, encore moins celui qui était considéré comme le pire des démons, il avait été surpris. Elle l'avait dévisagé avec un regard fatigué mais tout de même perçant et avait planté ses yeux dans les siens pendant de longues minutes. Hiruma sentait qu'elle cherchait à lire dans ses pensées sans savoir ce qu'elle y cherchait. Un silence pesant avait plané jusqu'au moment où elle avait lâché :

« Tu as beau être considéré comme le pire des démons, Mamori m'a beaucoup parlé de toi. Je sais qu'elle a confiance en toi, et je dois dire que malgré son côté protecteur, elle ne place pas sa confiance en n'importe qui. C'est pourquoi j'accepte qu'elle reste chez toi le temps qu'elle se rétablisse. »

Il avait gardé un visage impassible. Malgré tout, ces paroles l'avaient scotché. La fuckin' manager avait confiance en lui à tel point que même sa fuckin' mère était au courant. Lui-même s'en doutait, sinon, pourquoi serait-elle restée autant de temps près de lui, le démon le plus craint de Tokyo ? Pas à cause du fuckin' minus qui était devenu assez fort pour lui révéler sa véritable identité. Il savait qu'elle avait appris à aimer ce sport, mais cela n'expliquait pas tout. Et là, sa fuckin' mère venait de lui annoncer que sa fille avait réellement confiance en lui. Cela ne venait que de lui rajouter un poids de plus sur la conscience : il n'avait pas été foutu de protéger sa fuckin' manager qui avait confiance en lui. D'ailleurs, c'était lui qu'elle avait appelée ce soir-là, et personne d'autre. Mais il n'était pas arrivé à temps, ce que lui-même ressentirait comme une trahison s'il avait été à sa place. Mais il n'était pas à sa place et ne pouvait savoir ce qu'elle avait ressenti ce soir-là, où ce crime monstrueux avait été commis. Et il s'en voulait énormément.

La façon dont Arisa avait prononcé ces mots lui laissait croire qu'elle n'allait rien ajouter. C'était mieux ainsi, il ne se sentait pas d'humeur à engager une conversation avec cette femme ayant autant souffert pour ce qu'on avait fait subir à sa propre fille. De plus, il était tellement remué par ce qu'il venait d'apprendre qu'il avait peur que son masque se fissure devant elle. Il s'était donc levé et dirigé vers la porte. Pourtant, alors qu'il allait ouvrir la celle-ci, Arisa éleva de nouveau la voix sous forme de murmure :

« Pardonne-moi… »

Il avait ouvert la porte et était parti.

Aujourd'hui encore, Hiruma n'était pas sûr de ne pas avoir rêvé. Peut-être avait-il imaginé ces paroles ? Mais surtout, si elles étaient réelles, quel était leur sens ? Etait-ce à cause de l'engueulade qu'il s'était prise à l'hôpital alors que cette pauvre femme était terrassée par l'émotion ? Elle n'avait pas eu tort, il aurait dû raccompagner la fuckin' manager ce soir-là. Il aurait dû prévoir qu'un jour, elle allait être agressée. Si c'était pour ça, elle n'avait pas besoin de s'excuser. Savoir sa propre enfant tabassée et violée était une raison bien suffisante pour péter un câble.

La deuxième signification qu'il avait à l'esprit le rendait bien plus perplexe. Aurait-elle vu que le fait qu'elle lui fasse confiance à cause de sa fille l'avait bouleversé ? Cela voudrait dire qu'elle arrivait à voir à travers son masque, c'est-à-dire qui il était vraiment ? Tout comme la fuckin' manager avait fait sans s'en rendre vraiment compte. D'ailleurs, il ne s'était rendu compte du chemin parcouru par celle-ci dans sa vie personnelle que lorsqu'elle avait atterri chez lui pour recevoir de nombreux soins quotidiens. Avant, il n'aurait jamais permis une personne, encore moins une femme de pénétrer dans son appartement. Mais elle était là, et chaque jour, il attendait patiemment qu'elle se réveille. Ce qu'elle n'avait toujours pas fait.

Une autre hypothèse lui était venue à l'esprit. Elle se serait excuser car c'était à lui de s'occuper de sa fuckin' manager. D'un côté, il ne faisait rien, il surveillait de temps en temps l'état de sa coéquipière et supportait les allées et venues de l'infirmière. Bien sûr, ses gémissements le réveillaient parfois au beau milieu de la nuit, mais c'était un maigre supplice comparé à ce qu'elle avait dû endurer. Alors, pourquoi sa fuckin' mère s'était excusée ? Parce qu'elle savait comment sa fuckin' fille allait réagir au réveil alors que cette réaction serait pour lui des plus imprévisibles ? Il fronçait à chaque fois des sourcils à cette pensée et essayait toujours de la faire disparaître de son esprit. En vain…

Mais il n'allait pas sortir les vraies raisons à sa fuckin' équipe qui s'inquiétait de plus en plus. Elle qui était horrifiée à la pensée d'un accident, il n'osait imaginer leur réaction s'ils apprenaient ce qu'on avait fait subir à leur chère maman poule. A cette pensée, ses poings s'étaient serrés d'eux-mêmes, ce qui n'avait pas échappé au fuckin' vieux… qui était venu l'emmerder le soir même après une journée de cours inutiles et un entrainement de fin de journée endiablé.

Le fuckin' vieux n'était pas con. Etant son meilleur ami, il savait que quelque chose clochait et le torturait mentalement. Quelque chose en lui lui disait que ça avait un rapport avec Mamori. Il n'était pas dupe, Hiruma était forcément au courant de ce qui s'était passé, tout d'abord parce qu'il était le capitaine des Devils Bats et qu'il devait être informé de l'état de son équipe, mais surtout parce qu'il pouvait récolter la moindre information sans la moindre difficulté. Alors, ce soir-là, il avait exigé la vérité, et rien que la vérité. Bizarrement, Hiruma était sur la défensive, répétant sans cesse qu'il ne savait rien et qu'il devrait mieux y aller avant que les fuckin' employés de la fuckin' entreprise de son fuckin' père fassent des fuckin' conneries sur un fuckin' chantier. Il n'avait pourtant pas démordu, voulant repartir avec l'information qu'il cherchait. Il était passé par tous les stades possibles, passant de l'inquiétude qu'il éprouvait pour la manager à la colère que son meilleur ami lui cache un secret. Ce fut à ce moment-là, après une bonne heure de tortures intérieures pour le démon, que celui-ci craqua.

Musashi n'avait jamais vu Hiruma dans un tel état. Il était entré dans une colère noire où flottaient à la fois un désir de vengeance profond, une tristesse à n'en plus finir ainsi qu'une culpabilité à en perdre pied. Pour la première fois de sa vie, il vit Hiruma dans une rage incontrôlable, qui n'était rien comparée à celle qu'il avait observée lorsque lui-même avait dû quitter l'équipe pour rejoindre son père à l'hôpital. Il crut qu'il allait le frapper, il ne le fit pourtant pas.

Le démon expulsa tout ce qu'il avait sur le cœur depuis tout ce temps. Musashi avait voulu le faire craquer : il avait réussi. Depuis toutes ces semaines où il avait dû tout contenir en lui pour ne pas faire fuir sa fuckin' équipe, il déversa toute sa rage dans ce pauvre local qui n'avait rien demandé. Il renversa tout ce qui était à portée de sa main, en commençant par la table de stratégie qui lui était pourtant précieuse. Chaque objet se retrouva au sol, la plupart du temps cassé ou tordu sous la rage du démon. Il ne s'arrêta que lorsque tout ce qui composait ce fuckin' local fut à terre. Il se tourna ensuite vers un Musashi stoïque dont le regard trahissait pourtant une immense peur, non parce qu'il avait peur de son meilleur ami, mais parce qu'il redoutait ce qui avait pu mettre celui-ci dans un tel état.

Hiruma s'était avancé vers lui, des éclairs dans les yeux. Il garda pourtant la tête haute, prêt à affronter le démon furieux. Il s'était arrêté à quelques centimètres de son corps à tel point que Musashi pouvait sentir le souffle coupé par l'effort de son ami. Ils étaient restés planter là pendant de longues secondes, à se dévisager, à essayer d'interpréter jusqu'où l'autre serait capable d'aller pour obtenir ce qu'il voulait ou garder pour lui ce qu'il savait.

Musashi devait l'avouer : il avait sous-estimé l'ampleur de la situation. Lui qui croyait que Mamori avait eu un banal accident sans gravité, il devait aujourd'hui faire face à une toute autre réalité. Sinon, pourquoi ne serait-elle pas déjà revenue ? Pire, pourquoi son ami se mettrait-il dans un tel état ? N'en pouvant plus, il finit par poser la question qui lui brûlait les lèvres.

« Ce n'était pas un simple accident, n'est-ce pas ? »

A ces mots, il vit une pointe de douleur traverser les yeux du blond, ses poings et ses dents se serrant immédiatement. Son capitaine se détourna subitement, comme prêt à frapper n'importe quel objet se trouvant à terre, mais il ne le fit pas. A la place, sa voix grave s'éleva sur d'un ton las, montrant sa défaite.

« Non… »

Ce simple mot vint frapper de plein fouet le lycéen brun. Il avait eu beau comprendre que quelque chose de grave était arrivé, le ton employé par son ami l'avait terrassé. Où était passé cet homme fort et déterminé qu'il considérait comme son meilleur ami ? Devant lui se tenait un homme las et abattu qui lui tournait le dos, dernier signe de fierté pour qu'il ne voie pas toute la faiblesse dont il faisait preuve à l'instant. Pourtant il devait savoir, ce simple « non » ne pouvait lui suffire car il représentait beaucoup trop de possibilités d'événements indésirables passant de l'accident prémédité sans conséquence grave à la mort de leur coéquipière.

Il s'approcha donc discrètement de son camarade, posant doucement une main sur l'épaule de celui-ci, le réconfortant tout en l'incitant à parler.

« Fuckin' vieux, tu veux vraiment savoir ce qu'il s'est passé ? »

Non, il n'avait pas envie de le savoir. La voix éraillée de fatigue d'Hiruma lui prouvait qu'il allait être lui-même ébranlé par la nouvelle. Mais malgré le fait qu'il n'en avait pas envie, il devait savoir. Ce devoir qu'il s'imposait, il le faisait en l'honneur de la ravissante lycéenne qui leur tenait lieu de manager et qui était toujours présente pour eux. Les rôles étaient maintenant inversés. Ce serait à lui d'être présent pour elle, mais aussi présent pour son meilleur ami. Cela lui rajouterait encore de lourdes responsabilités qu'il n'avait pas forcément envie de prendre, mais qu'il devait faire quand même en tant que véritable ami. C'est pourquoi il répondit d'une voix sûre.

« Oui, je veux connaître la vérité. »

Après un long soupir de lassitude, Hiruma s'était retourné et l'avait regardé une nouvelle fois droit dans les yeux. Puis, il avait commencé son récit par cette fameuse soirée où il avait relégué tout son travail à la fuckin' manager. Il lui décrivit comment elle était partie sous une colère noire, la façon dont il était rentré chez lui, le fait qu'elle l'ait appelé et enfin le moment fatidique de sa découverte…

A ce moment du récit il s'arrêta brusquement, réveillant de nombreuses émotions qu'il avait ressenties. Il ne voulait pas donner plus de détails, de toute façon, il n'y arriverait pas. Comment dire à son meilleur ami que la lycéenne avait un corps parfait qui avait été massacré ? Il préférait se taire et regarder le brun dans les yeux pour essayer de lui transmettre tout ce qui ne parvenait pas à franchir l'entrave de ses lèvres.

Le brun quant à lui était sous le choc de toutes ces révélations. Il ne s'attendait absolument pas à une telle violence. L'accident était pour lui la thèse la plus plausible, il pensait juste qu'il était bien plus grave que ce qu'il avait pensé. Mais on avait ici une méchanceté et une violence humaines à en couper le souffle. Bien sûr qu'il savait que de nombreuses jeunes femmes se faisaient agressées dans le monde. Mais le fait de penser qu'on avait osé toucher à leur propre coéquipière et qu'en plus aucun d'eux n'ait été au courant… C'était impensable. Comment le blond avait-il pu garder ce lourd secret pendant tant de temps ? D'autant plus qu'il avait toujours soupçonné un certain penchant des deux côtés des deux adolescents. Hiruma avait découvert le corps nu et violenté de la femme qu'il aimait, ou tout du moins, de la seule femme qu'il respectait assez pour lui faire confiance. Et il n'avait pas craqué, n'avait rien laissé paraître jusqu'à aujourd'hui. Il avait une force mentale vraiment impressionnante.

Musashi ne savait quoi répondre. Il connaissait assez son capitaine pour savoir qu'il ne fallait surtout pas qu'il dise que ce n'était pas sa faute, qu'il ne pouvait pas prévoir qu'une telle chose allait arriver. De plus, si son ami n'avait pas donné de détails, c'est qu'ils étaient forcément particulièrement horribles pour que le blond lui-même ne s'attarde pas dessus. C'est pourquoi il n'osa pas demandé dans quel état était actuellement la manager. Il posa donc la seule question qui lui vint à l'esprit, rompant le silence qui s'était installé entre eux.

« Où se trouve-elle actuellement ? »

Le blond releva le regard qu'il avait baissé pendant ce long silence, laissant le temps au kicker de digérer à sa guise les informations qu'il venait de lui donner. Il ne voulait pas voir le choc à l'intérieur de ces iris bruns, ni le changement d'expressions de son visage trop mature. Plantant une nouvelle fois son regard dans celui de son ami, il répondit d'une manière totalement neutre.

« Chez moi. »

Les yeux du brun s'élargirent sous la surprise. Hiruma Yoichi, l'homme qui voulait absolument gardé son lieu de résidence secret, avait laissé une jeune femme entrer chez lui. Plus, il s'occupait forcément d'elle, aidé par des infirmières. D'autres personnes que lui-même et leur manager pouvait circuler chez le démon. Si on lui avait dit ça un jour, il ne l'aurait jamais cru. Cela ne fit que renforcer ses convictions sur les sentiments du blond vis-à-vis de leur manager. Mais sincèrement, vu l'état de celle-ci, ce n'était pas les ragots qu'il pouvait tirer de cette révélation qui le préoccupait. Ce qui le préoccupait réellement, c'était de comprendre pourquoi Mamori était chez son capitaine. Il posa donc naturellement la question au blond qui lui révéla l'état de santé préoccupant d'Arisa. Musashi comprit ainsi comment le blond s'était retrouvé dans une telle situation et pourquoi leur équipe ne trouvait jamais personne chez la rousse. Tout était tellement clair maintenant qu'il se demandait pourquoi il n'y avait pas pensé avant.

Sortant enfin de sa réflexion, Musashi vit à quel point HIruma paraissait faible devant lui. Il alla chercher deux chaises qui n'avaient pas trop souffert de la rage du démon et fit asseoir celui-ci qui s'avachit totalement dessus. Bizarrement, Hiruma ne ressentait aucune honte. Lui dont la fierté interdisait de tout révéler à ses compagnons, il ne sentait qu'un grand vide que l'on pourrait apparenter à un certain bien-être. Ce grand vide qu'il ressentait, c'était le poids qu'il venait de décharger sur son meilleur ami, cette immense culpabilité qui le rongeait depuis des semaines, le détournant peu à peu du football américain pour se concentrer sur l'agresseur de sa fuckin' manager. Ses cauchemars lui rappelaient sans cesse qu'un génie comme lui aurait dû prévoir cette agression, qu'il aurait pu arriver plus vite s'il n'avait pas été autant en colère contre elle ce soir-là, qu'il aurait même pu l'empêcher de partir comme une furie du local. Tous ces événements formaient une boucle interminable dans son esprit qui ne demandait qu'une seule chose : du repos. Et là, maintenant, toutes ces tortures mentales avaient disparu, simplement parce qu'il venait de se confesser en partie à son ami. Grâce au kicker, il pourrait en partie tourner la page, mais surtout, celui-ci serait là en cas de coup dur, ce qui ne serait pas de refus. Il ne ferait appel à lui qu'en cas d'extrême urgence, mais le seul fait de savoir qu'il pourrait recevoir du soutien de la part du brun lui faisait un bien fou. Il se sentait mieux et c'était tout ce qui comptait pour le moment.

Il releva la tête et s'aperçut que son ami le fixait d'un air observateur, comme s'il enregistrait chacun de ses mouvements pour comprendre tout ce qu'il éprouvait. Et il détestait ça. Il s'était déjà confié, ce n'était donc pas suffisant ? Il lâcha un « fuckin' vieux » d'un ton rude pour que celui-ci arrête d'essayer de lire dans ses pensées. Le brun sursauta sous le ton rauque et menaçant de son ami et ne put rien faire d'autre que s'excuser rapidement. Il ne voulait pas entraîner un autre accès de colère de la part de son compagnon. Il savait que celui-ci détestait que l'on s'apitoie sur son sort, de plus, ce n'était pas sur son sort qu'il fallait s'apitoyer, mais plutôt sur celui de leur chère manager.

Ses yeux s'assombrirent à cette pensée, mais il se reprit bien vite. Hiruma, pour qui la manager comptait beaucoup même s'il ne l'avouerait sûrement jamais, avait tenu bon pendant cette longue période. Il avait fait en sorte de la protéger en ne révélant absolument rien à personne, pas même à sa propre équipe. Lui-même devrait en faire autant, alors aucun geste ni expression du visage ne devait le trahir. Il devrait apprendre à porter un masque, tout comme son capitaine se tenant actuellement debout devant lui. Il avait repris contenance et avait sûrement décidé de partir sans rien dire de plus. De toute façon, qu'aurait-il pu dire ? Lui-même ne tenait pas à le raccompagner chez lui pour ne pas être obligé à affronter la réalité en face. C'était égoïste non ? Mais il ne s'en sentait pas la force, cette nouvelle l'avait abattu, il ne supporterait pas une autre épreuve de plus aujourd'hui. Un autre jour peut-être ? Mais pas maintenant, il ne le pouvait tout simplement pas.

Il se leva néanmoins et suivi le démon du regard. Alors que celui-ci fermait son sac, une dernière question sortit pourtant de la bouche de Musashi, sans qu'il ne puisse se contrôler.

« Est-ce que tu sais qui a osé lui faire une chose pareille ?... »

Cette question murmurée leur donna pourtant l'impression de se répercuter sur tous les murs du club, formant un immense écho. Ce n'était sûrement qu'une illusion mais celle-ci fit que son cœur battait en rythme avec la question qui tapait dans sa fichue tête. Il avait peur de la réponse… Et si c'était une personne qu'ils connaissaient ? Mamori attiraient de nombreuses personnes du sexe masculin et parmi eux se trouvaient certainement des voyous. Peut-être avait-elle tout simplement repoussé la mauvaise personne ? Comment savoir ? Si quelqu'un avait la réponse, c'était bien celui qui le regardait intensément dans les yeux.

Hiruma ressentit une nouvelle vague de rage monter en lui. A dire vrai, il n'avait pas penser à parler de l'agresseur car celui-ci lui était toujours totalement inconnu malgré ses nombreuses recherches. Il se sentait tout simplement impuissant devant l'intelligence de ce salaud qui n'avait laissé aucun indice, à part les marques sur le corps de leur manager dont les vêtements s'étaient volatilisés. Mais vu que les infirmiers l'avaient transportée et déplacée sur un brancard pour l'amener dans l'ambulance, leurs empreintes digitales s'étaient mélangées à celles de ce putain d'agresseur. Et aucune empreinte valide n'avait pu être récupérée par les enquêteurs.

Ce regard intense qu'Hiruma lui lançait lui montra qu'il avait touché une partie sensible. Il se prépara à une nouvelle déferlante mais il vit le démon se retourner brusquement et balancer un « non » d'un ton glacial avant de partir en claquant la porte. Ce moment avait eu beau durer quelques secondes, ce regard qui l'avait transpercé lui avait semblé durer des heures. Mais il ne s'attarda pas longtemps dessus. Le blond lui-même ne savait pas qui avait pu faire preuve d'une telle monstruosité. Et cela lui fit peur.

Oui, il avait peur. Il avait peur que cet agresseur s'en prenne à d'autres jeunes femmes, voire même une nouvelle fois à leur manager. Il avait aussi peur de la réaction de Mamori lorsqu'elle serait éveillée et qu'elle saurait que celui qui lui avait fait subir autant de choses était encore en liberté, mais surtout, qu'on n'avait pas le moindre indice sur lui. Il redoutait aussi le simple moment où elle se réveillerait et qu'on devrait lui apprendre ce qu'elle avait subi, en supposant qu'elle ne s'en souvienne pas. Qu'est-ce qui serait le pire ? Lui apprendre la nouvelle en limitant au maximum les détails ou qu'elle se souvienne de tout, leur enlevant le poids de lui révéler, mais en la condamnant à d'éternels cauchemars lui faisant revivre la scène ? Mais ce qui le terrifiait vraiment, c'est que c'était à son meilleur ami de faire ces choix-là, sachant que ce serait probablement lui qui serait au chevet de la manager au moment où elle se réveillerait.

Musashi rentra pensivement chez lui, repassant dans sa tête chaque élément appris durant cette soirée, ne se doutant pas qu'au même moment, le blond franchissait le seuil de son appartement de mauvaise humeur, appartement dans lequel l'attendait une énorme surprise.

Ok ce n'était pas la rencontre que vous espériez… Mais j'ai eu une envie subite d'intégrer Musashi à ma fic. Au fond, je pense qu'il va m'être utile, sachant que je ne sais pas du tout comment va tourner l'histoire. Il est une jolie roue de secours, dans tous les sens du terme…

J'aimerai savoir si vous pensez que les réactions sont plausibles. J'ai pensé que n'importe quel être humain aurait eu besoin de craquer à un moment ou à un autre dans une telle situation, d'où ce chapitre.

Enfin, on m'avait posé une question il y a pas mal de temps à laquelle je n'avais pas répondu. Je m'excuse d'avance, mais je ne couperai pas mes chapitres en deux pour les publier plus vite. Je m'explique. L'inspiration me vient d'un coup, et j'écris tout ce qui me passe par la tête. Ensuite, je peaufine tout en redémarrant du début, essayant de rajouter quelques détails par-ci par-là. Le plus souvent, je finis par les détails du début de chapitre. C'est pourquoi il m'est impossible de couper mes chapitres.

Je vous remercie encore pour vos commentaires que je lis, soyez-en sûrs. Mais avec le boulot qui me crève et mes activités persos, la fac qui m'attend, je préfère avancer ma fic pendant le temps dont je dispose. D'ailleurs, après vos réactions, je n'enlèverais sûrement pas la larme d'Hiruma, à part si elle compromet la suite de la fic.

Encore merci à vous, qui me donnez la force d'écrire.

Cristal noir