Encore un ! Salut à tous, j'espère que le chapitre précédent vous a plu ! Le Bal de Nouvel An, comme la journée d'Halloween, est un évènement important à BeauX. Mais, contrairement à cette première, le rayonnement du Bal s'étend au-delà des frontières montagneuses du domaine. C'est en effet à l'Académie qu'a lieu le traditionnel Bal de la Prévôté, d'où la présence du chef de l'État, mais aussi de nombreux dignitaires. Et pour l'instant, les Augures sont trop jeunes, mais la présence des recruteurs n'est pas anodine non plus… Bon, allez !
Réponses aux reviews !
Sali-salut, Ywëna ! Oui, j'ai fait une référence à Harry, parce qu'on a tendance à oublier que Celui-qui-a-survécu est juste là, de l'autre côté de la mer. Et oui, Théo ! Comme je te l'ai dit, je ne m'en cache pas, je rêverais d'en faire le maître d'apprentissage des jumeaux ! Après, j'ai bien le temps d'aviser, tu auras fini Renouveau avant que je finisse Entre les Mondes…
Ah ah, les costumes de Bal ! Alors, petite précision, ce ne sont pas des robes. Contrairement aux Anglais, les Français sont (légèrement) plus au courant des modes moldues. Enfin surtout la nouvelle génération, qui s'ouvre plus facilement au Monde Moldu. Mais on n'est pas à l'abri de la mode patte-d'eph / grosses fleurs dans un tome ou deux… (me tente pas !)
La xylomancie… je cherchais un truc de voyance vraiment original, et je suis tombé là-dessus. C'est sûr, ça permet pas de voir à long terme, donc ça ne plaît pas forcément. Mais un petit coup avant de rentrer dans le bureau du DRH, et tu sauras exactement si tu vas réussir ton entretien d'embauche, et même comment le réussir si t'es assez doué. Ou pour choisir ton dessert à la cantine, ça marche aussi :-p
Mes profs faisait souvent ça, les contrôles de rentrée. Pour nous "remettre rapidement dans le bain". Va savoir, pour moi ça sonnait comme un bain d'acide…
T'inquiète pas pour la longueur, comme tu le vois je la compense largement avec mon pavé-réponse.
Bien le bonjour, fall-in-love-kyoko, ma chère nouvelle bêta. Oui, je n'hésite pas à te lâcher en pâture aux fans, hin hin hin ! D'ailleurs, ça te dérange si je fais référence à toi en disant Filk ? Ça sonne bien, pour un accronyme. Ou tu préfères Kyoko ? Oui, je suis fainéant, et ton pseudo est trop long !
Nil, comme Alva ? Hum, peut-être… Perso, je la vois plus comme une version Serpentard de Naima Jones. Mais ce n'est pas un avis définitif.
d'ailleurs, en parlant de Serpentard, Mathis y aurait carrément sa place. Il aurait carrément sa place à Lonicera, en fait. Mais bon, il est trop impulsif.
Et merci pour cette avalanche de compliments ! Je ne fais que mon devoir de chroniqueur de BeauX !
Rebonjour, Sengetsu ! Ma parole, tu vas détrôner Ywëna pour la place de meilleur commentateur !
Pour les questions, n'hésite pas une seconde ! De toute façon si j'ai pas envie d'y répondre, je ne me gênerai pas, et tu seras fixée :-D
Pour Rammstein, c'est surtout emblématique de l'Allemagne. Ce gosse est juste né dans le mauvais pays, en fait…
Pour les étoiles, bah j'ai envie de te dire que c'était fait exprès, quoi ! Et pis le miroir est rapidement cité, tout de même. Et pis ça fait pas de mal de patauger un peu, ça fait travailler le sens de la déduction. Tu verras, dans un tome ou deux tu seras la nouvelle Sherlock ! Bon là je suis sympa, je te préviens : ≈Bla bla bla≈, c'est parce qu'ils chantent.
Voldemort ? Le gars qui a fait sept horcruxes, qui a rescussité, qui avait des centaines de fidèles ? Et qui n'a jamais pu conquérir l'Angleterre ? Ni même tuer un gosse malgré deux Avada ? Je sais pas, chez nous on a Grindelwald qui a régné sur les trois quarts de l'Europe, à la fois sur le Monde Sorcier et le Monde Moldu, pendant des dizaines d'Années, et en une seule vie. Quant à Harry, un simple enfant aimé par sa mère et un peu chanceux, pas de quoi marquer les esprits de gosses ayant une demi-géante comme directrice.
Ensuite, je le souligne vu que tu n'es pas forte en déduction. Lorsqu'ils vont voir les écuries le lendemain, c'est bien verrouillé. On est en droit de s'imaginer que la porte ouverte était un oubli, une inattention due au bal. Bien sûr que ce n'est pas ouvert en tout temps !
Voilà, j'espère avoir clarifié les choses ! Enfin, pour le tour d'horizon, c'est une manière comme une autre de présenter un fait dont tout le monde se fout. Enfin, c'est vachement secondaire, quoi ! Ta région ? hum…
Alors, dans ce chapitre… un anniversaire inoubliable. Bah oui ! Je me suis pas fait chier pour le titre. Et sinon, le fameux Cognepoing ! Voilà voilà ! Alors, pourquoi je publie aujourd'hui et non demain ? Parce que demain, c'est l'enterrement de mon grand-père. Merci d'avance pour les condoléances, mais pas de souci, on n'a jamais été assez proches pour que je sois trop affecté par son décès. Surtout que ça faisait des semaines qu'il était à l'agonie, il a été libéré. J'étais limite plus triste pour Fred Weasley ou Lupin et Tonks, et clairement plus pour Anaïs Hefez…
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10) Un Anniversaire Inoubliable
Ce samedi fut, dans l'ensemble, une bonne journée. Le club qui leur fut présenté était le Groupe de Débat, animé par la jeune prof de potions. Ce groupe consistait en un forum de parole libre sur la politique et la noblesse, sur les puissants et les faibles, les sang-purs et les moldus, accompagné d'explications du monde adulte pour préparer la jeunesse. L'idée de base était en fait de mettre l'éducation des jeunes sorciers de familles modestes ou moldues au même niveau que celle des enfants nobles, différence dont Célestia avait souffert dans sa jeunesse. Le mot d'ordre était le débat libre, mais elle réfrénait tout de même discrètement toute conversation dérivant vers l'apologie d'un parti politique ou de la pureté du sang. Le but était d'informer, pas de faire de la propagande. Cependant, peu parmi les jeunes 1ère Année furent convaincus.
Le lendemain, Mathis eut, comme chaque dimanche, son cours particulier avec Malwen Carter. Celui-ci ne passa pas par quatre chemins, et lui annonça qu'il souhaitait que Mathis rencontrât le dernier septère de France, un chercheur retraité du nom de Scipion Sirtesente. Il avait abandonné la théorie que Mathis en soit un lui-même, mais le vieil homme était un grand chercheur en sorcellerie, et pourrait peut-être comprendre le phénomène.
– D'accord.
– Tu sais, tu as le temps de réfléchir. Tu n'es pas obligé de répondre tout de suite.
– Réfléchir ? Pourquoi faire ? Je vais juste parler à un vieux, et lui montrer ce que je fais, comme je fais avec vous tous les dimanches, c'est ça ?
– Euh… Oui, en gros.
– Bah voilà, pas besoin de réfléchir. Par contre… Son nom me rappelle quelque chose…
– Le Journal.
– C'est ça ! Matin Magique. Gabriel Sirtesente !
– C'est son neveu. Et il a été innocenté depuis. Ne t'inquiète pas, s'il y avait le moindre risque, je ne l'amènerais pas au château, encore moins pour le présenter à un élève.
– C'est vous qui le dites.
Si le professeur fut vexé, il n'en montra rien. Il tint cependant à clarifier les choses.
– Comme je t'ai déjà dit plusieurs fois, tu n'es tenu à rien. Tu n'es même pas obligé de venir toutes les semaines, si tu ne veux pas. Maintenant que nous savons que ta magie n'a rien d'offensif, il n'y a plus de danger immédiat à écarter. Et de toute manière la directrice est au courant, et surveille attentivement ce qu'on fait.
– Comment ?
– Oh, elle a ses espions. Rien de ce qui se passe dans le château n'échappe à la directrice, d'une manière ou d'une autre.
– Ah, okay.
– Bon, aujourd'hui, nous allons reprendre doucement. Je te propose de t'entraîner avec la branche de verveine, comme avant les vacances. Je voudrais que tu me fasses des séquences de couleurs dans un ordre différent, pour voir les transitions. La semaine prochaine, ou celle d'après selon tes progrès, on tentera une forme animale.
Et ce fut ainsi que se déroula la matinée de Mathis, guidé par les instructions de l'Américain. Ce que le professeur faisait avec Mathis n'était peut-être pas parfaitement éthique, mais Mathis s'en foutait. Mathis s'éclatait, et y mettait tout son cœur. Quoi de mieux pour un né-moldu qu'apprendre qu'en plus d'être sorcier, il possède un étrange pouvoir, et d'apprendre à maîtriser ce pouvoir aux côtés d'un professeur jeune et cool ?
Le reste de la journée fut plus tranquille, et le début de semaine également. Le seul moment remarquable fut le cours d'Arts mardi après-midi. La prof-vélane-mégère Lunist'El avait décidé que nouvelle année rimait avec nouvel art, et commença à leur enseigner, au plus grand dam de Karol, le chant. Non pas le chant magique. Juste du chant, sans la moindre once de magie (si ce n'étaient les instruments qui jouaient tous seuls). Et Nilüfer et Mathis rejoignirent Karol dans ses lamentations en apprenant que les chants choisis étaient des grands classiques sorciers. Si nouvelle année rimait avec nouvel art, classique rimait avec chiant. Et si Nil connaissait quelques groupes modernes, Mathis ne connaissait pas la moindre chanson sorcière.
– ≈ Partie, la lumière de la lune sur son doux visage ≈
– Non ! Vous le faites exprès !? UT MAJEUR ! Ut, pas Mi bémol !
– C'est quoi déjà, Ut ? demanda discrètement Mathis.
– C'est l'ancien nom pour Do, répondit Erwin.
– SILENCE DANS LES RANGS ! VOUS, oui vous, là, au premier rang, votre nom ?
– N… Nora, madame. Nora Degontreau.
– Eh bien, Nora, je veux que vous me rechantiez cette strophe complète, en Ut majeur. Je vous donne le ton. ≈ Mon aimée restera à jamais loin de moi ≈
– ≈ Mon aimée restera à jamais loin de moi ≈
≈ Alors que je la retrouve dans les paysages ≈
≈ Mais son éternelle âme l'a quittée en ces bois ≈
≈ Partie, la lumière de la lune sur son doux visage ≈
… Pas mal. Or pour la tonalité. Bronze pour la hauteur. C'est une chanson d'amour, pas un appeau à moustiques, évitez les ultrasons la prochaine fois. Rentrez dans le rang, maintenant. Voilà ce que je veux, de chacun d'entre vous. Mathis Devaux, la prochaine fois que je vous entends prononcer autre chose que les paroles de la chanson au moment voulu, je vous coupe la langue, et vous irez faire des couinements languissants en duo avec le violon enchanté. Suis-je suffisamment claire ?
– Ou… oui ! Désolé, madame !
– Reprenons, et cette fois-ci tous en chœur.
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J'ai connu la douceur en un instant furtif
J'ai connu la douleur une existence entière
L'amour a frappé à ma porte, admiratif
La mort, sa compagne, arrivait juste derrière
C'était une dryade, une fée des forêts
Moi presque mortel, démon à demi-humain
Imprudent, malgré cela, je m'y attendais
Je tombai amoureux de cette fleur du matin
Promise à sa forêt, la demoiselle pleura
Notre belle idylle était condamné à l'exil
À l'idée j'abandonnai les hommes derrière moi
Vivant au domaine qui pour ma belle conviendra
Mais les ténèbres se cachent dans le cœur de chacun
Et le sien, si pur soit-il, ne dérogea pas
Le sombre et vil art l'attira sur son chemin
Et de sa pureté d'âme, il fit son repas
Le Royaume était en danger, l'on m'apprit
La sorcière détruit la vie sacrée, par colère
Par cupidité, ou bien pire ignominie
Il est temps d'arrêter cette violence amère
Je la retrouve, dans les ruines fumantes d'un bourg
Les mains ensanglantées, la mort en son sillage
Aux appels terrifiés, je suis devenu sourd
Tout ce qui m'importe sont les larmes sur son visage
L'âme meurtrie de la nymphe, les regrets emplissent
Elle se jeta à mes pieds, réclamant la mort
La lueur du levant que ses yeux réfléchissent
Disparut en même temps que ma lame en son corps
Mon aimée restera à jamais loin de moi
Alors que je la retrouve dans les paysages
Mais son éternelle âme l'a quittée en ces bois
Partie, la lumière de la lune sur son doux visage
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– C'est glauque, lâcha Nilüfer.
– C'est romantique, répliqua Émeraude.
– Romantique, " Je la retrouve, dans les ruines fumantes d'un bourg, Les mains ensanglantées " ?
– C'est une histoire d'amour triste, c'est tout. C'est une histoire super connue.
– Ah, ça raconte quoi ? s'intéressa Mathis.
– C'est l'histoire de l'amour entre Merlin et Morgane, expliqua Émi.
– Morgane ? intervint Erwin. Je croyais que c'était de Viviane qu'il était amoureux, et que Morgane était son élève qui l'avait trahi ?
– C'est la même personne en fait. Morgana Viviana Pendragon. Mais pour les gens, ça ne pouvait pas passer que Merlin, en plus d'avoir appris la magie à une folle dangereuse, était amoureux d'elle au point de fermer les yeux sur ce qu'elle faisait. Du coup les auteurs, surtout les auteurs moldus comme Chrétien de Troyes, en ont fait deux personnages. Mais la vérité s'est transmise de génération en génération, surtout parmi les druides.
– Ah, je savais pas.
– Par contre, Nil, si tu veux du glauque, mon deuxième prénom c'est Morgana. Mon père voulait un nom chargé de pouvoir. Quand mon grand-père m'a raconté d'où venait ce prénom, j'en ai fait des cauchemars.
– Cool ! répondit celle-ci. Enfin, pour en revenir à nos chaudrons, la Vélane du Chaos abuse de nous faire apprendre un truc aussi dur en 1ère Année !
– La quoi !?
– La Vélane du Chaos. Je trouve que ça lui va bien. Il lui manque que les yeux rouges.
– J'approuve ! s'exclama Mathis.
La semaine se termina en douceur. Heureusement pour les Aloysia, qui passèrent presque tout leur temps libre à travailler la chanson. Plus grand encore fut leur agacement lorsqu'ils apprirent de Jorge que les Urtica n'avaient pas de chant avant le dernier trimestre.
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Enfin ce fut samedi, jour du club. Oh, pas n'importe quel samedi, non. C'était le jour où Mathis avait enfin 11 ans. Et c'était le jour où les petits Aloysia découvrirent le Cognepoing.
Ce samedi matin commença "calmement". Erwin réveilla Mathis en le secouant, et lorsqu'ils furent dans la salle commune, Nil se mit à chanter Joyeux Anniversaire à tue-tête, rejointe par les dizaines d'Aloysia présents. Puis ce fut à table, sous l'impulsion de Mila, et la moitié du Grand Réf s'était mis à chanter, même si la plupart ignorait de qui c'était l'anniversaire. C'était juste pour le plaisir de gueuler sous le nez des profs, en tout bonne foi. Ils passèrent la matinée à l'Étage Blanc, assistant en tant que spectateurs à la présentation du club de duel pour les Lonicera. C'était la première fois, mis à part les cours communs à toute la promo, que les Augures se retrouvaient avec les 1ère Lonicera. Après le petit tournoi rituel, ils eurent quartier libre dans la salle, et Mathis en profita pour se mesurer à Aventino. Le jeune Lonicera n'était pas très rapide, et il lui manquait la rage de vaincre, mais ses gestes et sa prononciation frôlaient la perfection. Il n'avéra très rapidement qu'il connaissait peu de sorts, mais il les maîtrisaient complètement, et mit Mathis en difficulté, bien que ce dernier l'emporta.
C'était amusant de comparer la technique des différents Ordres. Alors que les Aloysia accumulaient les sorts, tentant de choisir le plus adapté à la situation, les Lonicera préféraient au contraire maîtriser au mieux un panel réduit de formules afin d'en adapter l'usage. Et puis il y avait les Urtica, la véritable force de frappe. Amplification des sorts, coups bas, … Chez eux, la technique ne primait pas tant que l'efficacité du résultat. Ils pouvaient autant mener un duel avec un seul sort qu'avec une multitude, misant sur la quantité et la puissance presque au détriment de la qualité. De manière générale, bien sûr : on ne pouvait douter de la qualité des sorts de Jorge.
D'ailleurs, les Augures mangèrent avec lui à la table de Lucian, ce midi. Mila était en ce moment très absorbée par de lourdes révisions et autres projets de second semestre, et ne mangeait parfois même pas au Grand Réf, comme ce midi, se faisant "livrer" des sandwichs qui apparaissaient dans la salle commune bleue de la même manière que les plats dans le Réfectoire. Ils ne l'avaient que très peu vu depuis la rentrée, et c'était Lucian qui leur avait raconté leur Nouvel An en Norvège.
Et enfin, ce fut l'heure d'aller au Gymnase. Mystique Pluiedeglace les y accueillit calmement, et les fit entrer par la grande porte en silence. Ils gravirent un grand escalier en colimaçon, montant de presque deux étages, et débouchèrent sur des gradins en hauteur, dominant un terrain surmonté d'une énorme cage dont les barreaux semblaient de verre. Enfin, elle se tourna, et annonça d'une voix solennelle, chargée d'un soupçon de fierté :
– Bienvenue au Colisée de Cognepoing, fondé par mon illustre grand-mère Hécate Pluiedeglace ! Sous ce magnifique dôme d'acier désillusionné se trouve une zone de faible gravité, permettant aux joueurs de bondir à des hauteurs incroyables, et de grimper à la cage. De chaque côté, sur les murs, les cibles utilisées comme but (celle-ci étaient carrées et entourées de cadres de métal peint de rayures rouges et blancs, comme les buts de handball moldu).Je vous détaillerai les règles tout à l'heure. Mais d'abord, rien ne vaut une démonstration commentée. Ah, voici les deux équipes Junior d'aujourd'hui qui prennent place.
Dix élèves firent leur entrée. Cinq d'entre eux étaient vêtus d'une tenue de cuir verte et noire, ornée dans le dos d'un cobra entouré de flammes. Les cinq autres portaient une tenue similaire, mais jaune et rouge, ornée d'une tête de bélier de pierre. Mathis constata avec surprise que celle qui, d'après son écusson doré devait être la capitaine de la première équipe, n'était autre que Léonie Millefleurs. Lorsque les deux équipes eurent pris place, de larges bannières animées, à leurs couleurs, se déployèrent, le cobra s'embrasant et le bélier de pierre mugissant. Puis, sortant d'une trappe au centre du terrain, un petit pilier surmonté d'une griffe qui maintenait un cognard surgit, et libéra celui-ci, qui resta étrangement immobile lorsque le pilier rentra à nouveau dans le sol. Enfin, la prof siffla, et le cognard partit en spirale rapide. Mystique se mit alors à commenter le match.
– Les Bélials prennent l'avantage. Jolie réception de Millefleurs. Passe à Robin. Robin tente une envolée (ladite demoiselle Robin s'envola, cramponnée à deux mains au cognard). Aaah… Et non, Dumont l'intercepte d'un bond. Le cognard est aux Cobras Ardents. Passe à Appelbaum. Oooh, jolie glissade, Romain ! Passe à Dumont, qui tente un lobe. Et… Jolie réception de la capitaine Jorgensen. Elle plonge, et Centre ! 10 points pour les Cobras Ardents.
Le cobra sur la bannière s'embrasa de plus belle, et, se tortillant et ondulant, forma un 10 avec son corps. Furieux, le bélier de pierre dont on ne voyait que la tête recula, se retourna, et donna un coup de sabot vers le cobra, marquant la bannière jaune et rouge d'un coup de sabot en forme de 0.
– Cognard aux Bélials. On reprend (et la prof siffla). Passe en arrière à Clerc. Passe frappée à Robin, qui le manque. Le cognard vire de bord, et fonce sur la ligne adverse. Mais Millefleurs bondit, et réceptionne. Jorgensen fonce sur Caldeira. Que font-ils ? Millefleurs tente une frappe lobée à la ligne des 12 mètres. La balle file très haut… Incroyable ! Caldeira vient de propulser sa capitaine dans les airs, et celle-ci intercepte le cognard à plus de trois mètres de haut ! Tir cadré sur Dumont qui fonce à la cible.
L'attaquant vert fonçait le cognard en main lorsque le défenseur rouge et jaune frôla à peine le cognard qui échappa cependant à l'attaquant.
– Yürü le dévie d'une main avant de frapper de l'autre en tir croisé. Et… C'est Bellini qui intercepte. Elle empoigne le cognard à deux mains… Se propulse… Et se suspend au sommet de la cage d'une main ! Robin fonce vers la cible, pendant que leur capitaine cadre la zone. Les défenseurs se gênent mutuellement, et… Oh, Jorgensen escalade le dôme manuellement. Elle se déplace comme une araignée ! Robin a le champ libre, Bellini tente une passe au vol, en se laissant tomber. Jorgensen tente une interception en plongeant dans le vide ! ah, un geste trop rapide, elle dévie le cognard qui l'esquive. Robin parvient à placer une frappe, mais… Premier secteur ! à la limite du second, mais il est valide ! 5 points pour les Bélials !
Le bélier de pierre, qui était retourné à sa position initiale, sortit une langue de rubis et effaça une partie de la trace indiquant le 0. Puis, de la pointe de sa corne, il "déchira" la bannière, traçant un 5 grossier. En réponse, le cobra plié en forme de 10 sortit les crocs en déployant ses poches à venin. L'action reprit ensuite, cognard aux Cobras Ardents, mais la professeure siffla rapidement la mi-temps.
– Bien, merci à tous ! Je vois à vos mines enthousiastes que cela vous a plu ! Je vais donc profiter de la mi-temps pour vous expliquer les règles. Chaque équipe est composée, comme vous avez pu le voir, de cinq joueurs. Un capitaine, deux attaquants, et deux défenseurs. L'attaquant et le défenseur droit ne peuvent pas évoluer sur la partie gauche du terrain, et vice-versa. Seul le capitaine peut aller où bon lui semble. Alors qui peut me dire quelle est la particularité de la balle ?
– C'est un cognard, madame, répondit une voix.
– Oui, tout à fait ! Ce cognard a cependant une particularité qui le différencie de celui utilisé en Quidditch. Son enchantement est modifié, de manière à plus ou moins suivre une trajectoire déterminée, tout en évitant de percuter les parois de la cage et le sol. Il réagit également aux gants que tous les joueurs portent, différemment selon le type de geste effectué.
S'il est jeté d'une main, il se comporte presque comme une balle normale. À deux mains, il est capable de vous propulser en l'air comme un balai volant. Tant que vous gardez les deux mains sur le cognard, vous ne pouvez tomber. Enfin, si vous frappez des mains ou agitez les doigts à proximité de celui-ci, sa course peut dévier en plein vol. Enfin, si un défenseur pousse la balle des mains d'un attaquant, même du bout des doigts, celui-ci lui échappera forcément de la main. S'il le tenait à deux mains à ce moment-là, eh bien, … Gare à la chute !
Alors, quant au terrain : comme je vous l'ai dit, la faible gravité permet de sauter plus haut et plus loin, comme vous avez pu le voir. Mais elle permet aussi…
– De grimper à la cage ! tenta Nil.
– Tout à fait. Et également de propulser dans les airs un partenaire en lui faisant la courte échelle. Le terrain étant entièrement fermé, il n'y a pas de "sortie". Le jeu continue dans tous les cas ! Bien sûr, si un élève est blessé, on interrompt le jeu, mais c'est extrêmement rare. Alors voilà pour ce qui est de l'aspect technique.
Le jeu se déroule de cette manière. Deux phases de 20 minutes séparées par une mi-temps de 5 minutes. L'équipe gagnante est celle qui marque le plus de point.
Comme vous pouvez le voir, le but consiste en une cible divisée en trois. Si le cognard est lancé par un attaquant ou par le capitaine et touche la zone bleue, appelée second secteur, cela rapporte 2 points. S'il touche la zone jaune, le premier secteur, il rapporte 5 points. Enfin, s'il touche le centre, rouge, il rapporte 10 points. S'il est lancé par un défenseur ou posé par n'importe quel joueur directement contre la cible, il rapporte respectivement 1, 3 et 5 points. Des questions sur le score ?
– Madame, pourquoi les buts des défenseurs rapportent moins ? demanda une des Degontreau.
– Parce que Nora, comme je l'ai dit, ils ont un avantage incontestable. Ils peuvent forcer les adversaires à lâcher le cognard d'une simple poussée. S'ils pouvaient en plus marquer autant de points que les attaquants, ces derniers seraient inutiles. S'il y a égalité à la fin des vingt minutes, c'est la mort subite. Capitaine contre Capitaine, jusqu'à ce qu'un but soit marqué. Et pour accélérer, et pimenter, les choses, ce n'est pas la cible touchée qui compte, mais le capitaine marquant le but, ce qui veut dire que chacun peut marquer des deux côtés ! Mais pour garder un peu de piment, le cognard s'échappe des mains de celui qui le tient au bout de trois secondes, et se déplace totalement aléatoirement, à hauteur de main mais sur l'ensemble du terrain.
Voilà, dernier petit point, les interdits, et les pénalités : Les contacts volontaires sont interdits. En cas de faute légère de l'équipe possédant le cognard, je siffle la faute, et le cognard passe à l'équipe adverse. Si la faute est commise par un membre de l'autre équipe, l'équipe de celui qui a commis la faute doit reculer le plus loin possible de l'action. Si la faute est grave, à moins qu'il n'y ait un blessé grave, l'autre équipe gagne un penalty. Un penalty se joue ainsi : L'équipe adverse et les défenseurs s'écartent du jeu. Le capitaine de l'équipe fautive joue seul contre trois, jusqu'àu prochain point. Enfin, dans tous les cas, le fait de bloquer de manière permanente l'accès à la cible, par exemple en se suspendant à son cadre, est strictement interdit, et sera puni d'une exclusion de jeu.
– Mais madame, intervint Octavio, comment on peut jouer s'il manque un joueur ?
– Ah, bonne question ! Si un joueur est absent, blessé ou exclus, le jeu s'adapte. Si c'est un défenseur, le seul défenseur restant gagne le droit de circuler sur tout le terrain. Si c'est un attaquant, le capitaine remplace l'attaquant manquant. Si c'est le capitaine, et bien, le résultat est le même : plus personne ne peut circuler librement. Si un joueur ne peut assister au match, l'équipe peut soit choisir d'être disqualifiée, soit de participer à armes inégales. Si un joueur est exclu, le même choix est proposé. Enfin, si un joueur est blessé, cela dépend. S'il s'est blessé tout seul, même chose que précédemment. Si un adversaire l'a blessé, celui-ci étant exclus, le jeu se déroulera à 4 contre 4. S'il manque plus de deux joueurs dans une équipe, celle-ci est disqualifiée. Enfin, si un attaquant ou défenseur franchit la ligne centrale, les mêmes pénalités qu'en cas de faute légère s'appliquent. Dans ce cas, on parle de hors-jeu. Voilà, j'espère que vous avez tout compris ! Le match va reprendre, vous pourrez revoir tout ça en direct. S'il vous reste des questions après cela, les joueurs des équipes présentes aujourd'hui seront ravis de vous répondre après le match. Une dernière question ? Oui, Octavio, je t'écoute.
– Pourquoi utiliser un cognard ? Ça n'aurait pas été plus simple avec un souaffle enchanté ?
– Plus simple, peut-être… Mais trop prévisible. Le cognard reste un cognard, et bien que s'il décide de faire demi-tour en pleine course, les enchantements supplémentaires le freineront, il risque tout de même de fortement dévier, et il faut faire avec. Et puis si personne ne le rattrape et qu'il vient à s'approcher trop prêt de la cage, il redevient un cognard libre et agressif jusqu'à ce qu'un joueur courageux parvienne à s'en saisir. Ça peut être très drôle de voir dix joueurs poursuivre une balle qu'il n'en fait qu'à sa tête, croyez-moi.
L'idée en fit rire plus d'un. Les cinq minutes devaient être écoulées, car les joueurs revenaient spontanément sur le terrain. Le cognard, qui attendait bien sagement figé au centre de la cage frémit et tournoya sur lui-même. Enfin, Miss Pluiedeglace siffla deux coups brefs, et reprit le commentaire du match.
– Deuxième mi-temps qui démarre à 10 – 5 pour les Cobras Ardents. C'est d'ailleurs eux qui prennent l'avantage. Passe appuyée de Jorgensen à Dumont, qui croise le tir sur Appelbaum. Échange croisé, une technique très déstabilisante pour l'adversaire. Mais Les Bélials ont compris le manège. Millefleurs et Bellini bloquent sur Dumont, et Robin colle Appelbaum. Appelbaum rabat le cognard sur sa capitaine en retrait. Mais non ! Yürü s'est avancé et intercepte la passe maladroite ! Tir en cloche sur Clerc, qui part en solo sur la bordure gauche. Bien joué, avantage aux Bélials ! Les Cobras sortent les crocs, et tentent de prendre Clerc en tenaille. Mais il passe à Yürü, qui lui repasse. Mais que font-ils, un contre-échange croisé ? Non, Clerc tire en cloche vers le but. Trop courte pour atteindre la cible ! Mais que vois-je ? Les attaquantes des Bélials utilisent la technique du Bélier Volant ! Elles propulsent toutes les deux leur capitaine en avant, tel un bélier de siège contre une porte, et celle-ci réceptionne le cognard dans une roulade, sous le regard surpris des cobras. Elle fonce, tire, et… Centre ! 15 – 10 Pour les Bélials !
Le bélier de pierre de mit à agiter la tête de gauche à droite, comme une petite gigue, avant de frapper de sa corne gauche, traçant un sillon formant le 1 à côté du 5. En réponse, le cobra agita le bout de sa queue avec agacement, et dégonfla ses poches à venin.
– Et le match reprend, cognard aux Verts. Appelbaum passe en arrière à Caldeira, qui fonce sur la ligne centrale. Luceneige fait de même en symétrie. Ils s'attrapent par la main et foncent tête en avant, courant le long de la ligne centrale. Attention, le moindre faux pas et c'est le hors-jeu ! Les défenseurs Jaune et Rouge s'interposent, Mais Caldeira repasse à Appelbaum, qui tire en cloche sur Dumont. Dumont fonce le long de la cage, et rabat les Bélials sur lui. L'action de ressert, le temps semble suspendu, et… Et Dumont s'arrête net, se faisant percuter au passage par Robin. Il lève le bras, les Bélials se préparent à bondir… Et tire derrière lui, en plein sur la cage. Le cognard s'affole et part en spirale dans la direction opposée. Appelbaum l'intercepte d'un bond, le passe au duo Caldeira-Luceneige qui s'est dangereusement rapproché de la cible. Mais où est Jorgensen ? Oh oh ! Celle-ci, auparavant baissée devant ses défenseurs bondit vers le cadre, et s'y suspend. Les défenseurs se séparent, Caldeira passe le cognard à Luceneige. Celle-ci tire au jugé sur sa capitaine, qui intercepte le cognard et frappe le centre de la cible avec ! 5 points pour le contact, soit 15 partout ! C'est ce qu'on appelle le Baiser du Cobra, technique spéciale de cette équipe !
Ledit cobra, qui ornait la bannière de l'équipe, déroula son corps, et s'embrasa de plus belle. Puis, disparaissant temporairement, il reparut tout contre la face de la bannière, traçant de son corps ardent un sillon embrasé formant le 15 du score. Puis reprenant sa position d'origine, il se permit un regard insolent, dardant sa langue fourchue en direction du bélier, qui serait probablement rouge de colère s'il n'était pas en pierre. Cependant la fumée jaillissant de ses naseaux ne trompaient pas.
– Plus que cinq minutes de jeu ! Va-t-on assister à une mort subite ? Bellini et Robin ne semblent pas être de cet avis, à en juger par l'agressivité de leur jeu. Elles tentent à deux de briser la ligne adverse pendant que Millefleurs part en éclaireuse et que les deux défenseurs escaladent la cage de chaque côté et poursuivent vers le but adverse à 5 mètres du sol, à la force de leurs bras. Robin parvient à placer un tir sur Clerc, qui réceptionne le cognard et s'en sert pour se propulser vers le but. Caldeira profite de sa grande taille pour s'interposer rapidement, et éjecte le cognard, et Clerc avec lui, en arrière. Mais Clerc parvient à passer à Millefleurs, qui tente un tir mal cadré qui percute le cadre et… Rentre en second secteur ! 2 points pour les Bélials ! Et rude réception sur le dos pour Clerc…
Le Bélier de pierre, fier de lui, referma la déchirure formant le 5 du plat de la corne, Puis, se reculant d'un petit trot dansant, il souffla un nuage de fumée jaune de ses naseaux qui prit la forme d'un 7, s'opacifiant en atteignant la "paroi" de la bannière.
– Et le match touche à sa fin ! Félicitations à l'équipe vainqueur, Les Bélials ! 17 – 15, un score très serré ! Voilà les enfants, c'est fini. Les joueurs vont maintenant monter ici, et vous pourrez discuter avec eux.
Quand les joueurs arrivèrent, les joueurs se présentèrent d'abord un par un, devant l'assemblé attentive des petits Aloysia, en commençant par l'équipe vainqueur.
– Bonjour, je m'appelle Léonie Millefleurs, et je suis la capitaine de l'équipe des Bélials. Je suis en 4ème année, et je passerai donc en équipe Senior l'année prochaine.
– Bonjour, je suis Triora Bellini, attaquante gauche, 4ème année. Mais j'arrête l'année prochaine, à cause de mes études.
– Salut, moi c'est Éliza Robin, attaquante droite de 3ème année, et je serai la capitaine des Bélials l'année prochaine. C'est à moi que vous aurez affaire si vous souhaitez tenter votre chance dans l'équipe.
– Ben… Bonjour, moi c'est Maxime Clerc, 3ème année, défenseur gauche. Mais je ne vais pas rester, parce que je change d'école l'an prochain.
– Salut, moi c'est Doğan Yürü, défenseur droit. 4ème année aussi, et je passe en équipe Senior.
Puis ce fut le tour de l'équipe adverse.
– Ponchour à tous, che m'appelle Eefie Jorgensen, 4ème année, et che suis la capitaine des Copras Artents. L'année prochaine che compte pien tevenir la capitaine te l'équipe Senior, Ha ha ha !
– 'lut, je suis Romain Appelbaum, attaquant gauche, 4ème année, et j'arrête à la fin de l'année. Trop la flemme.
– Moi c'est Thomas Dumont, 3ème Année, attaquant droit, et je vais tenter de rejoindre les Albatr'Os l'an prochain.
– Traître ! s'exclama Eefie.
– Je plaisante ! De toute façon c'est interdit par l'Ordre Suprême des Druides Joueurs de Cognepoing. Je reste, à fond dans cette équipe !
– Bonjour, moi c'est Ricardo Caldeira, 4ème année, défenseur gauche et porteur attitré d'Eefie.
– Et moi, c'est Audrey Luceneige, 2ème Année. J'ai rejoint l'équipe cette année, et j'en suis fière.
– Merci à tous, conclut la prof. Un dernier mot, avant de les laisser vous poser des questions ?
– Bélials, Bélials, force animale !
– Cobras Ardents, chauds comme des volcans !
– Ah ah ! Merci à vous. Alors, je veux juste préciser un point. Il y a quatre équipes différentes au sein de l'école, divisées en un groupe Junior et un groupe Senior. En plus des Cobras Ardents verts et noirs, et des Bélials rouges et jaunes, il y a les Ratons-Chasseurs, bleus et gris, et les Albatr'Os, blancs et violets. Les équipes sont inter-ordres, et constituent juste un moyen de permettre à un plus grand nombre de joueurs de participer. Des matchs d'affrontement libres ont lieu entre chaque équipe, comme aujourd'hui, puis le tournoi démarre en Avril, à raison d'un match par semaine. D'abord 6 matchs, où chacune des équipes rencontrent les autres, puis les demi-finales où l'équipe première au classement affronte la troisième, et la seconde affrontent la quatrième. Ensuite, la petite finale où les deux équipes perdantes s'affrontent pour la médaille de bronze, et enfin, la grande finale ! Pour l'anecdote, les Albatr'Os ont été 7 fois de suite vainqueurs du Tournoi Junior, avant d'être vaincus l'an dernier par les Cobras Ardents, lorsque Eefie Jorgensen est devenue capitaine.
– C'est normal, che suis la meilleure, glissa celle-ci.
– Je n'ai rien dit de tel, ne prend pas la grosse tête, lâcha la prof, qui ne put cependant s'empêcher de sourire. Allez, les jeunes, c'est l'heure des questions.
Et les petits Aloysia ne se firent pas prier. Les Augures ne furent pas en reste, et bombardèrent de questions Triora et Léonie. Mathis, surtout, semblait fortement s'intéresser au sport, et se renseigna en détail sur les sélections. À la surprise de ses amis, et à la joie de Maxime, la très énergique Nil s'intéressa surtout au poste de défenseur.
– Tiens, fit Émi, tu veux être défenseuse ? Je te voyais plus attaquante, moi.
– Oh bah non, c'est cool de pouvoir éjecter les adversaires, et de faire n'importe quoi pendant que les attaquants s'occupent de marquer les buts ! C'est un peu comme être batteur au Quidditch ! Tiens au fait, Maxime, on a le droit de balancer le cognard sur un adversaire ?
– Euh… Oui on peut, mais il risque de le rattraper…
– Pas s'il est de dos !
– Je sais pas, demande à la prof. Mais je pense qu'on peut, même si je ne vois pas trop l'utilité.
– C'est parce que t'es trop gentil ça.
– Tu ferais un bon Cobra, je pense, ricana Triora.
– Ouais, tente ta chance avec nous, intervint Audrey qui discutait à côté avec une des jumelles Degontreau.
Probablement Nora, se dit Mathis. Lise parlait très peu, et ne semblait de toute manière pas très emballée par le Cognepoing, à l'inverse de sa sœur qui était aussi enthousiaste que Mathis et Nil.
– Eh, Émi ?
– Oui Mathis ?
– Ça t'intéresserait pas de faire les sélections avec moi ?
– Oh, non, moi je vais faire du Quidditch. J'ai déjà ma place quasiment assurée avec mon Éclair de Feu Suprême.
– C'est ça que je n'aime pas dans le Quidditch, intervint Léonie. Selon le balai que les joueurs ont, certains sont désavantagés. Ici, chacun ne peut compter que sur lui-même, sur ses propres capacités et non sur l'argent de ses parents.
– Oui enfin c'est surtout parce que je sais voler dessus, pas parce qu'il coûte cher, se vexa Émi.
– Désolée, je ne parlais pas pour toi.
– Ça va, je ne me sens pas concernée, je vous bas tous en Vol, même sur un Brossdur 17 ou même un Comète 330 ! L'Éclair de Feu Suprême, c'est pour la frime, c'est en bonus. Et puis j'assume d'avoir un balai hors de prix, Na ! Tiens, Triora, tu parlais français en arrivant à Beauxbâtons ?
– Pas un mot. D'ailleurs j'ai eu de la chance, ils n'avaient qu'un seul parchemin luisant Italien-Français. Mon frère, lui, a eu des cours de français dès que mes parents m'ont mis ici, et en plus il a "hérité" du fameux parchemin.
– Eh bien ce fameux parchemin, c'est mon grand-père qui l'a vendu à l'Académie. C'est même très probable que ce soit lui qui l'ait fait, d'ailleurs. Et avec ça, et d'autres, il m'a payé un balai pour Noël.
– Ah, je ne savais pas. C'est super !
– Oh pis de toute façon je suis faite pour le Quidditch, je le sens. Ça vous laisse plus de chances pour être pris.
– Certes, lâcha Mathis.
L'après-midi se termina dans une ambiance bonne enfant, les deux équipes adverses se mélangeant pour animer des petits ateliers autour du Cognepoing, comme des démonstrations de tirs et de passes différents, d'escalade sur la cage, … Les jeunes Aloysia purent s'amuser à bondir sur le terrain à faible gravité. Les noms de Neil Armstrong et Buzz Aldrin furent prononcés plusieurs fois, et même, à tort, celui de Youri Gagarine. Triora et Éliza firent une démonstration de main-à-main, suspendue au sommet du dôme d'acier transparent. La particularité de ce dôme était due à sa conceptrice, Hécate Pluiedeglace, qui ne maîtrisait pas les enchantements de solidité, mais qui se débrouillait bien en désillusion. Il lui avait semblé plus simple de rendre transparent un dôme déjà solide plutôt que de rendre solide un dôme déjà transparent. Aujourd'hui, c'était surtout un sujet de plaisanterie parmi les joueurs de Cognepoing. La journée de découverte se termina par une mort subite improvisée entre Léonie et Eefie, et ce fut cette dernière qui l'emporta assez rapidement, sa petite taille constituant un avantage incontestable.
Lorsque les Augures rentrèrent au Pavillon Rouge, Mathis se précipita dans sa chambre, et prit le vieux miroir dans sa valise pour voir sa famille. Son frère, et sa mère qui avait appris l'existence du miroir, lui chantèrent Joyeux Anniversaire et lui assurèrent que son cadeau devrait arriver par le courrier d'ici peu. En effet, le lendemain, le concierge lui apporta plusieurs colis. Une figurine animé de dragon de la part de Miss Citrus, qui fit bien rire les Augures, et qui terrorisa Noirebraise. Une gourmette en argent, avec son nom entouré de baguettes magiques et d'étoiles, de la part de sa mère. Et… son lecteur mp3, enfin renvoyé par le père de Jorge.
Mathis l'essaya tout de suite, et il fallut que Nil le frappe avec un coussin pour qu'il daigne retirer ses écouteurs. Il leur fit ensuite écouter plusieurs musiques. Rapidement, les Augures ne purent s'empêcher de chanter certains tubes moldus que même Émi connaissait. Enfin, ce petit blind-test tourna au karaoké improvisé lorsqu'un 6ème Année du nom d'Antonin Laheurte proposa de jeter un Sonorus sur les écouteurs. Et ce fut la vingtaine d'Aloysia de tous âges qui se mirent à chanter à tue-tête J'veux du Soleil dans la salle commune. Mais de tous, c'était Émeraude et Nilüfer qui chantaient, ou plutôt gueulaient, le plus fort. Mathis décida d'arrêter le massacre lorsqu'elles s'étaient mises à chanter du Shaka Ponk dans un anglais très approximatif.
– Les amis, c'est le meilleur anniversaire de toute ma vie !
– Normal, je suis là, fit Nil.
– Bah tu sais quoi ? Je vais même pas te contredire. T'es aussi indispensable que le goût crotte de nez dans une boite de Dragées Surprises.
– Ah ah il t'a bien eue là ! se moqua Erwin. Tapes m'en cinq, Mathis !
– Wow, tu te dévergondes, Erwin !
– Bah quoi ?
– C'est la première fois que je t'entends parler comme ça. On dirait qu'on a une bonne influence sur toi.
– Pas sûr que mes parents soient d'accord avec toi.
– On s'en fout ! On est des fous !
– Merci Nil pour ce moment de poésie, ironisa Mathis. Eh ça vous dit, un petit tournoi de duel demain ?
– Avec qui ?
– Tout le monde ! Jorge, Lucian et la Légion, Mila, Romain, ... Et pis les filles de 4ème Loni, et Aventino, le frère de Triora. Et pis tout ceux qu'ils veulent emmener.
– Sauf Arnaud Portesort.
– Évidemment ! Faudrait pas exagérer, non plus.
Sur ces bonnes paroles, Émi contacta Jorge pour le mettre au courant, et celui-ci accepta avec enthousiasme. À table, ils en parlèrent à Mila qui transmit à son frère et sa sœur. Aventino vint même défier en personne Émi, tenante officieuse du titre de meilleure duelliste de 1ère Année. Et le repas termina en beauté, avec pour dessert une part de tarte aux pommes. Sur la part de Mathis, la cannelle formait "Joyeux Anniversaire". Il se promit de remercier le Sondeur en personne.
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Le lendemain matin, après le cours particulier de Mister Carter, Mathis alla remercier le Sondeur pour le petit message. Celui-ci se montra étrangement peu loquace, mais accepta cependant de faire livrer des sandwichs à l'étage blanc pour le tournoi improvisé par les Augures. L'ambiance était à la camaraderie, et la plupart se connaissant déjà, on plaisantait librement on se taquinait. Il y eu des duels en 1vs1, 2vs2, voire diverses combinaisons improbables. Des duels inter-années, inter-ordres, … Émeraude humilia Aventino trois fois de suite. Mila parvint à vaincre Mathis, Erwin et Émi, en même temps. Et Jorge parvint à gagner in-extremis contre Triora, en la désarmant grâce à un Repoustout involontairement jeté à sa main. Mathis fit la connaissance de Timothée Robin, le petit frère d'Éliza, qui était dans leur classe mais à qui il n'avait jamais parlé. Il s'avéra assez sympathique, bien que très laconique. Il était évident que sa sœur l'avait plus ou moins traîné de force.
Dans l'après-midi, ils furent rejoints par quelques autres élèves, qui venaient soit par curiosité, soit parce que leurs amis sur place était allé les chercher. On put enfin assister à un duel de magie opposant Mila à Eefie. La petite Néerlandaise ouvrit les hostilités sans attendre.
– Impedimenta !
– Protego Corpore ! Expulso !
– Levicorpus ! se jeta Eefie à elle-même, évitant ainsi le sort explosif.
– Eh, tricheuse, redescend ! Flipendo !
– Liberacorpus ! Tarentallegra !
– Silencio !
– …, …! …!
– Expelliarmus !
– Et la vainqueur est Mila Appelbaum ! déclara son petit frère, qui s'était imposé comme arbitre du tournoi. T'es presque la meilleure, Mila !
– Comment ça, presque !?
– Bah le meilleur, c'est moi, évidemment.
– Ah, oui, j'avais oublié, lâcha-t-elle ironiquement. Silencio !
– T'as réussi à faire taire ton frère, ricana Triora. T'es vraiment la meilleure !
Puis, charitable, Mila libéra Eefie, qui préféra en rire, et Lucian, qui commença à insulter sa sœur avant de se taire dans un couinement, sous la menace quasi collective de le faire taire pour de bon. C'était peut-être la veille, mais Mathis considérait cette journée comme faisant partie de son anniversaire. Et quel anniversaire ! L'an dernier, il avait quitté l'école un peu plus tôt pour aller voir ses grands-parents, et était allé manger au McDo avec sa mère sur la route. Il avait passé le week-end chez eux, mais, bien qu'il les aimait beaucoup, il s'était ennuyé, surtout que Thomas n'était pas venu. Mais là, il était entouré de gens dont il ne connaissait que la moitié, mais s'y sentait bien mieux que chez lui. Ici, il était à sa place. On s'amusait dans le dos des profs, on faisait n'importe quoi toute la journée, on criait, on chantait. Et surtout, chacun d'entre eux était un sorcier. Il n'était plus le petit frère de Thomas, étrange et seul, qui, sans la moindre raison, inspirait la méfiance. Ici, il était Mathis Devaux, Sorcier, 1ère Année, Aloysia. Il était Mathis Devaux, chef naturel des Augures, qui malgré leur jeune âge s'étaient déjà fait un nom à l'Académie. Il était Mathis Devaux, et n'aurait échangé sa place pour rien au monde.
