Waouuuu j'ai écrit ce chapitre en quelques heures, et j'en suis ravie ! J'espère que vous aimerez ! Dans le prochain chapitre, nous suivrons nos deux héros ! Trêve de blabla, je n'ai plus les yeux en face des trous vu l'heure, alors juste merci mille fois pour vos reviews, Rimen79, lorde (you again, you are incredible !), Roussette, MahanaRead, elostl, et Sissi1789

Bonne lecture et à très vite !

XXX

C'était un vol tout ce qu'il y avait d'ordinaire, comme tous les soirs, ils finissaient la journée par un long vol autour de l'île avant d'atterrir dans leur crique pour un moment à deux. Depuis leur mariage, quelques mois auparavant, les instants où ils pouvaient se retrouver en tête à tête étaient rares. Harold était occupé de l'aube au crépuscule par ses devoirs de chef, même aidé par sa mère et Gueulfor, et Astrid gérait tant bien que mal l'Académie, secondée par Varek. Les journées passaient vite et dès qu'ils se retrouvaient, une fois la nuit tombée, ils avaient l'impression d'avoir retenu leur souffle toute la journée avant de respirer enfin dans les bras l'un de l'autre.

Mais ce soir, Harold était inquiet. Il avait remarqué qu'Astrid était plus pâle que d'habitude, le matin même, elle avait eu du mal à se lever, alors que d'habitude, c'était elle qui le forçait à se lever. Puis elle avait à peine touché à son déjeuner, Harold avait passé ses bras autour de sa taille par derrière.

_Quelque chose ne va pas gente dame ?

Astrid avait levé la tête pour s'appuyer contre lui, les yeux fermés.

_Juste un peu barbouillée, j'ai dû manger quelque chose qu'il ne fallait pas…

Harold l'avait tournée afin de la regarder. Elle avait des cernes, l'air épuisé, il fronça les sourcils, inquiet.

_Tu n'as pas bonne mine…

_Merci !

_Astrid, tu sais ce que je veux dire, tu devrais te reposer, Varek gérera pendant ton absence…

_Non Harold, nous faisons passer les examens, je vais bien, je t'assure !

Il secoua la tête.

_Ecoute, je serais vraiment rassuré si tu…

Astrid se dégagea soudain de son étreinte, Harold la dévisagea, surpris.

_Harold tu es mon mari, pas mon père, alors laisses moi un peu tranquille !

Sur ces paroles, elle était sortie en trombe de la maison, laissant Harold pantois. Pourquoi cette réaction ? Il voulait juste s'assurer qu'elle aille bien, et maintenant, son inquiétude ne faisait qu'augmenter. Il soupira et caressa la tête de Krokmou, qui ronronna en regardant son cavalier avec un air interrogateur.

Il ne l'avait pas vue de la journée ensuite, il s'était rendu à leur point de rendez-vous, incertain, presque sûr de ne pas la voir. Pourtant elle était là, l'air encore plus malade que le matin, elle l'avait à peine regardé mais sans un mot, ils avaient décollé ensemble.

Et au bout de quelques minutes à peine, un cri inquiet de Tempête les alerta. Il vit alors qu'Astrid était presque affalée sur son dragon, son teint avait viré au verdâtre, ses yeux étaient fermés et elle s'agrippait faiblement à Tempête.

_Astrid ! s'écria Harold alors que Krokmou s'approchait d'elles.

Astrid ne répondit pas, les lèvres pincées. Harold tenta d'ignorer la vague de panique qu'il ressentit, il s'adressa à Tempête.

_Ca va aller ma grande, on va devoir atterrir, là, sur cette plage ! dit-il en pointant du doigt une plage de galets qui se situait à l'ouest de l'île.

Tempête obéit, suivie de près par Krokmou et Harold, qui se tenait près au cas où Astrid tombe.

Lorsqu'ils furent près du sol, Harold sauta à terre et se précipita vers Astrid. Il l'aida à descendre, Astrid tituba, fit quelques pas, puis s'effondra pour vomir. Harold, les yeux écarquillés, écarta les cheveux de son visage et attendit qu'elle ait fini. Lorsqu'elle se redressa, les paupières mi-closes, aussi blanche qu'un linge, il sentit sa gorge se nouer. Astrid n'était jamais malade, un rhume tout au plus, mais il ne l'avait jamais vue dans cet état, et il était terrifié.

_Harold… souffla la jeune femme en se mettant debout avec son aide.

_Hey, ça va aller, nous allons voir Gothi, et tout ira bien, dit doucement Harold en passant un bras autour de sa taille pour la soutenir.

Elle posa la tête contre son épaule.

_Pour ce matin, je…je suis désolée…

_Chhh, ce n'est rien, tout va bien, tu es malade et… Astrid ? Astrid !

Le corps de la jeune femme se fit lourd et il la rattrapa de justesse.

_Astrid ! Astrid !

Il tenait son corps inerte contre lui et pour la première fois, il sentit la peur prendre le contrôle et il ne sut pas quoi faire. Il était terrorisé, il ne pouvait pas la perdre, et si elle était mourrante, et si elle était déjà… Non, elle respirait ! Il devait réfléchir, il devait penser, mais sa tête était pleine de l'image d'Astrid inconsciente dans ses bras. Ce fut les plaintes inquiètes de Tempête et de Krokmou qui le sortirent de sa panique.

_Krokmou, vite, chez Gothi !

Il bondit et s'installa sur le dos de son dragon, Astrid dans ses bras. Gothi ne l'avait pas laissé rester auprès d'elle, il avait attendu pendant de longues minutes avant qu'elle ne sorte enfin, l'air grave. Il était devenu livide et son cœur sembla s'être arrêter.

_Ce… C'est grave ? Par tous les dieux, c'est grave, je…je ne peux pas la perdre, est-ce qu'il y a un antidote ?

Elle avait secoué la tête et Harold, les larmes aux yeux, l'avait dépassée pour se précipiter auprès d'Astrid. Celle-ci était consciente et lui sourit faiblement. Il lui prit une main et lui rendit son sourire avec peine. Elle pouvait mourir, et cette pensée le rendait malade, il ne pourrait pas vivre sans elle…

_Astrid… Je… Je trouverais un moyen, je te sauverai, tu ne peux pas mourir… Je… J'ai besoin de toi, d'accord ? Je ne suis rien sans toi, je… Pourquoi est-ce que tu souris ?

Astrid le dévisageait avec un air confus et amusé.

_Harold, je ne vais pas mourir, enfin si tout va bien, je ne devrais pas mourir, quelle idée…

_Que…Quoi ? Mais Gothi a dit qu'il n'y avait pas d'antidote !

Astrid haussa les sourcils, ses joues rougirent soudain, elle semblait presque timide et nerveuse.

_Alors elle ne t'a rien dit ?

Harold commençait à sentir ses nerfs le lâcher. Il passa une main dans ses cheveux sans la quitter des yeux.

_Me dire quoi ? Astrid, que se passe-t-il ? Je suis en train de devenir fou d'inquiétude là ! Dis-moi que tu vas bien, je t'en supplie !

_Oh Harold… dit-elle avec tendresse en lui prenant les mains. Harold, je vais bien… Je vais même très bien… Je suis enceinte…

Le soulagement, la joie, le choc, aucun mot n'était assez fort pour décrire ce qu'Harold ressentit à ce moment-là. Les yeux d'Astrid brillaient d'une joie nouvelle, Harold tomba à genoux et posa des mains tremblantes sur l'abdomen de la jeune femme, la regardant avec une supplique sur son visage, comme s'il n'arrivait pas à y croire. Elle hocha la tête, un large sourire lui barrant le visage. Il l'avait alors serrée contre lui, laissant des larmes de joies couler librement sur ses joues puis dans le cou de son épouse. Elle retenait avec peine ses propres larmes en lui rendant son étreinte. Il posa ses mains sur ses joues et l'embrassa passionnément. Puis il posa son front contre le sien.

_Nous allons avoir un bébé… souffla-t-il

Astrid, la gorge nouée par l'émotion, hocha faiblement la tête. Harold ferma un instant les yeux, puis les rouvrit. Il sembla sonder son regard, avec un tel amour qu'elle fut heureuse d'être déjà allongée.

_J'ai eu si peur… Je t'aime, je t'aime tellement…

_Je t'aime aussi Harold, plus que tout…

_Astrid, je ne suis rien sans toi, promets-moi que tu ne me laisseras jamais…

_Même pour aller pêcher ou m'entraîner ? dit-elle, amusée.

_Promets-moi de toujours me revenir alors…

Il semblait si sérieux qu'elle sentit son cœur se serrer.

_Je te le promet…

Harold ouvrit les yeux. Ce souvenir était à la fois douloureux et rempli de joie. Sa vie avaient connu tellement de changements en si peu de temps, il était passé par toutes les émotions, la peur viscérale de perdre Astrid le jour de la naissance, la joie d'être père, le désarroi de ne pas savoir s'il reverrait Astrid un jour…

Il soupira et baissa les yeux sur ses mains. Il avait toujours aimé ses mains, elles dessinaient, forgeaient, fabriquaient, inventaient, dressaient les dragons, elles étaient comme le prolongement de son imagination et de son âme. Et aujourd'hui, elles avaient failli devenir celles d'un meurtrier. Rustik lui avait pourtant dit de sortir pendant qu'il interrogeait le mercenaire avec l'aide de Kranedur, mais Harold avait refusé, il voulait des réponses, il voulait savoir où était Astrid. Et puis cet homme, ce Boromir, avait continué à déblatérer sur le mal qu'il avait fait à Astrid, Krokmou grognait comme jamais, et Harold avait fini par bondir sur lui pour le frapper à plusieurs reprises, jusqu'à ce que Rustik et Kranedur ne réussissent à la sortir de la pièce. Ils étaient pourtant plus forts que lui, mais dans cet état, à deux, ils avaient eu du mal à le maîtriser. Il regarda le dos de ses mains. Ses phalanges étaient violacées, il ne s'était même pas rendu compte qu'il avait mal, comme anesthésié par la colère. Mais il ne voulait pas se soigner, la douleur était là pour lui rappeler qui il était et qui il refusait de devenir. Lui qui s'était toujours targué d'être un homme de paix, un homme qui refusait la violence, un homme qui privilégiait le dialogue, il s'était vu bondir sur cet homme aux mains liées pour le frapper au visage, il avait complétement perdu le contrôle de lui-même et il se sentait comme sali par sa propre lâcheté.

Il passa une main dans ses cheveux. Drago avait raison, il allait devenir fou. Ne pas savoir où elle était, si elle allait bien, si Boromir l'avait réellement touchée… Il sentit sa gorge se nouer. Il voulait la voir, lui parler, il avait tellement besoin d'elle. Pourrait-il continuer sans elle ? Il en avait le devoir, pour leur fille, pour Berk, Berk qu'il avait abandonné alors que Drago les menaçait. Quel piètre chef il faisait…

_Reviens moi, Astrid, s'il te plait, reviens moi… murmura-t-il.

Krokmou ronronna tristement en glissant son museau sous son bras.

_Elle me manque mon vieux, tu ne peux pas imaginer à quel point…

Krokmou ronronna avec compréhension, puis releva la tête en se tournant. Rustik venait vers eux, le cœur d'Harold manqua un battement.

_Je pense qu'il est enfin prêt à parler, annonça-t-il avec un sourire mauvais.

Harold décida de ne pas poser de questions. Il précéda Rustik et pénétra dans la pièce. L'homme était assis, appuyé contre un baril, essoufflé, le visage ensanglanté. Harold lança un regard réprobateur à ses amis, qui souriaient fièrement, mais il ne fit pas de remarque. Après tout, certaines de ces blessures étaient de sa faute… Le mercenaire releva la tête. Il était méconnaissable, mais Harold ne ressentit aucune compassion. Il savait que ce n'était pas digne de l'homme qu'il voulait être, mais il savait aussi que dès lors que ses proches étaient menacés, plus rien d'autre ne comptait. Lorsqu'Alvin avait menacé la vie d'Astrid à plusieurs reprises pendant leur adolescence, il avait été prêt à tout pour la sortir de là indemne.

_Alors on n'a pas voulu faire le sale boulot ? ricana Boromir, avant de cracher du sang.

Rustik s'approcha et l'homme ne put réprimer un sursaut qui fit rire Kranedur.

_Dis-nous ce que tu sais, demanda Harold en caressant Krokmou, qui grognait de nouveau.

_Elle… Elle a été vendue… A ce marchand d'esclaves, pour être présentée à un homme, un certain Néron…

_Pourquoi ? Pourquoi cet homme ?

Boromir eut un sourire qui s'évanouit dès que Krokmou se remit à grogner avec un air menaçant.

_Cet homme est fou, on… On ne parle que de lui à Rome, de ce qu'il fait aux esclaves…

_Les Romains sont tous des fous, même pour moi, marmonna Kranedur.

_Quels sont les plans de Drago pour Berk ?

Boromir ne répondit pas tout de suite, Rustik s'accroupit afin de mettre son visage au même niveau.

_Peut-être que tu veux que je te rafraichisse la mémoire ?

_Il veut attaquer Berk, il veut vous détruire, je n'ai rien à voir avec… avec ça… Il veut l'aide de Néron… Je n'en sais pas plus, je le jure !

Harold échangea un regard paniqué avec ses amis. Si les Romains venaient à s'en mêler, leurs chances de l'emporter diminuaient dangereusement, sans compter que les dragons étaient un secret bien gardé par les peuples du Nord, si les Romains apprenaient que leur existence était avérée…

Harold tourna les talons.

_Je dois descendre, je dois retrouver ce Néron…

_Et moi ? gémit le mercenaire.

Harold lui lança un regard chargé de haine.

_Je vous en prie, ne me faites pas de mal, je… j'ai d'autres informations ! Je… je sais qu'aujourd'hui, l'intendant de Néron vient à Rome pour régler certaines affaires, je…je crois qu'ils ont besoin d'un forgeron, il… Il m'a demandé si j'en avais un dans ma cargaison…

Harold fronça les sourcils, puis son visage s'éclaira. Rustik eut un sourire machiavélique, tandis que les yeux de Kranedur allaient de l'un à l'autre sans comprendre.

_Attachez le solidement, je descends à terre, je crois qu'ils ont trouvé leur forgeron…

_Qui ça ? demanda Kranedur.

_Tu es vraiment un idiot, soupira Rustik en levant les yeux au ciel.

_Attendez ! Je vous ai aidé ! Vous devez me libérer !

Harold sourit. Le mercenaire avait perdu de sa superbe et de son arrogance, Krokmou avait souvent cet effet là sur les gens… Il tourna la tête pour regarder brièvement Boromir.

_Tu as dit une chose très juste, j'irais jusqu'en enfer pour retrouver Astrid, et j'anéantirai tous ceux qui lui feront du mal…

Le quartier des forgerons était à l'image qu'il se faisait de cet endroit. Bruyant, sale, odorant, brumeux. Il y faisait une chaleur quasi insupportable, mais Harold en avait l'habitude, même si à Berk, le froid extérieur aidait à relativiser, tandis qu'ici, le soleil de plomb transformait les rues en fournaise. Il flânait, tendant l'oreille, essayant de grappiller des bribes de conversation.

Il commençait à désespérer lorsqu'un hurlement attira son attention. Un accident venait d'avoir lieu, un homme s'était grièvement brûlé au bras avec du métal en fusion et il gisait à terre, inconscient, tandis que les autres forgerons se précipitaient à son secours. Harold se précipita à l'intérieur et analysa rapidement la situation. Le poste du blessé avait été abandonné, le métal en fusion risquait d'être inutilisable s'il n'était pas travaillé immédiatement, le blessé semblait bien entouré, c'était l'occasion de montrer son savoir-faire. Il ôta sa tunique trempée de sueur, saisit l'enclume et se mit rapidement au travail pour achever l'épée qui était en cours de fabrication. Il eut l'impression d'être revenu dans le passé, d'être dans son atelier, bercé par les bavardages de Gueulfor, par le bruit des marteaux frappant le métal pour le sculpter, concentré sur son travail et rien d'autre, jusqu'à ce qu'Astrid ne se glisse derrière lui. Il eut alors l'impression que toute sa rage, toute sa tristesse, se déversait dans chaque coup qu'il assénait au métal. Comme toutes ces années de solitude, lorsque la forge était un de ses refuges, comme toutes ces années à taire ses sentiments, à taire ce qu'il était, qui il était, pour essayer d'être quelqu'un d'autre, avant que les dragons ne changent sa vie pour le meilleur. Alors il frappa, sculpta, modela, avec hargne et détermination, il retrouverait Astrid, coûte que coûte, il la retrouverait et il ne laisserait plus jamais rien ni personne lui faire du mal. Il voulait pleurer, il pleurait sans doute, ses larmes se mêlant aux gouttes de sueur. Il haïssait Drago de toute son âme, de toutes les fibres de son corps, il ferait tout pour protéger sa famille, son île. Chaque coup qui résonnait dans l'atelier semblait être l'écho des battements de son cœur. Il n'était même pas protégé par un tablier, il voyait les étincelles voler autour de lui, mais peu lui importait. S'il ne trouvait pas de moyen de rejoindre discrètement l'île de ce Néron, il irait, de nuit, sur le dos de Krokmou, tant pis pour les risques, il ne pourrait plus attendre.

Le dernier coup sembla se propager dans tout son bras, tout son corps. Il contempla l'épée entre ses mains, jamais il n'avait forgé une épée aussi parfaite, droite, lisse, brillante aiguisée. Jamais sa colère n'avait été aussi efficace.

_Eh bien, mon garçon, tu n'en as pas l'air comme ça, mais tu as une force incroyable !

Le blessé avait été emmené, et les autres forgerons s'étaient remis au travail, tandis que le chef d'atelier était resté pour observer Harold. On n'interrompait pas un homme avec un marteau et du métal en fusion, c'était la règle numéro un dans toute forge. Une règle qu'Astrid s'était toujours évertuée à ignorer.

_Merci de ton aide !

Harold haussa les épaules.

_ce n'est rien, je passais par là, j'ai vu ce qui s'est passé…

_Les dieux t'envoient à nous ! Sans toi, tout le travail de cette épée tombait à l'eau !Le client va être content… Ah tiens, le voilà justement !

L'homme qui s'approchait était accompagné d'un chien et ils avaient l'air aussi mauvais l'un que l'autre.

_Ah, maître Titus ! Votre épée est prête !

L'homme marmonna quelque chose d'incompréhensible et prit l'épée des mains du forgeron pour l'observer. Son chien se mit à renifler la prothèse d'Harold.

_Eh bien, tu t'es surpassé ! finit par s'exclamer Titus.

_Je n'y suis pour rien, ce jeune garçon a tout fait ! L'homme qui travaillait sur votre épée a été blessé et ce garçon est tombé du ciel, envoyé par les dieux ! répliqua le forgeron en mettant une grande tape dans le dos d'Harold, qui faillit tomber à la renverse.

Titus le regarda des pieds à la tête avec ses petits yeux porcins, s'attardant sur sa prothèse.

_Est-ce que tu cherches du travail ?

Harold, pris de court, ne sut que répondre, jusqu'à ce que l'homme n'ajoute.

_Tu auras plusieurs esclaves à tes ordres, Néron cherche le meilleur forgeron de Rome, et mon épée me dit que tu l'es, même si tu es un métèque !

Le cœur d'Harold fit un bond dans sa poitrine. Néron ? Le Néron ? Allait-il enfin revoir Astrid ? Il tenta de garder son calme, tant bien que mal.

_Et… Hm… Où habite ce Néron ?

_Tu viens d'arriver ? Il habite dans une île au large où il possède sa propre forge !

Harold avait l'impression d'exploser. Il devait garder une façade impassive alors que son cœur battait bien trop vite et qu'il avait envie d'accélérer le temps.

_J'accepte votre proposition…