Merci à tous de continuer à suivre ! Ce n'est pas le meilleur chapitre de l'histoire aujourd'hui, j'ai eu beaucoup de mal à l'écrire, mais il résout pas mal de choses. Petit clin d'œil à l'AIPM en fin de chap' pour ceux qui connaissent. ^_^
Chapitre 10 – Rivkin
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Timothy n'avait sans doute jamais conduit aussi vite de toute sa vie. Tellement vite qu'il arriva sur place avant Gibbs et Paula. Sa voiture se rangea près de l'hôpital dans un crissement de pneus et il jaillit de l'habitacle.
Il combla les derniers mètres le séparant de l'entrée au pas de course. Arrivé dans le hall, il s'immobilisa un instant. Son regard passa sur les visages des uns et des autres. Celui de l'officier du Mossad n'était nulle part. Il s'élança vers la chambre de Tony.
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Senior profita du léger brouhaha de l'étage qu'ils venaient d'atteindre pour glisser à Jimmy la nature du problème. Le jeune légiste ne fut pas surpris, il avait fait ses déductions tout seul après avoir vu le visage antipathique de l'étranger dans le hall. Tony était en danger.
Il joua le jeu du New-yorkais avec un naturel qui l'étonna lui-même. Fréquenter Tony et les autres agents du NCIS l'avait changé plus qu'il ne le pensait. Sans se faire repérer, il attrapa son téléphone.
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McGee avait opté pour les escaliers. Tony se trouvait au deuxième étage, il était plus prudent d'éviter l'ascenseur. Son téléphone sonna quand il atteint le premier. Il ne prit pas le temps de s'arrêter ou de vérifier son correspondant. Il décrocha aussitôt.
- McGee, c'est Paula. Où es-tu ?
- En chemin vers la chambre de Tony
- Palmer vient d'envoyer un message, ils ont été repérés par Rivkin. Ils le mènent à l'opposé du bâtiment.
- Ils ?
- Le père de Tony est avec lui. Écoute, son texto était bref, mais l'essentiel est là. Ils le guident dans la mauvaise direction. Tony est hors de danger pour le moment, mais ça n'est pas leur cas. Je viens de… Hé ! Doucement Gibbs ! Ne nous tue pas avant qu'on arrive !
- Paula ?
- Oui, c'est bon. Juste Gibbs et sa conduite habituelle. À se demander comme il a eu le permis ! Et c'est pas la peine de me regarder comme ça, Gibbs !
- Paula…
- Je disais que Palmer et le père de Tony sont suivis par Rivkin, McGee. Ils sont en danger !
- Je m'en occupe.
- Sois prudent !
Il promit qu'il le serait tout en quittant l'escalier, alors que Paula priait tous les dieux de la Terre d'arriver en entier à l'hôpital et de pouvoir se marier avec l'homme de sa vie dès son retour en Espagne. Analysant rapidement l'endroit où il se trouvait et la direction du légiste, l'agent obliqua à droite. Ses doigts s'agitèrent sur le téléphone qu'il porta à son oreille.
- Allô ?
- Palmer, c'est McGee. Fais comme si tout était normal.
- Bien sûr.
- J'ai eu l'info de Paula, je me dirige dans votre direction. Tu peux me dire où tu es ?
- Oui, oui, je t'écoute. C'est juste qu'avec tout ce bruit… les enfants, tu sais…
- Vous passez la pédiatrie ?
- C'est ça.
- Où est Michael Rivkin ?
- Qui ?
- L'officier du Mossad qui a tiré sur Tony.
- Oh, c'est son nom ! Je ne suis pas sûr.
- Derrière toi ?
- Je pense. Si ça n'a pas changé.
- Je suis en chemin, je vois les panneaux indiquant la pédiatrie. Gibbs et Paula sont en route. Est-ce que vous pouvez vous arrêter quelque part ?
- Là, je suis avec le père d'un ami. On allait prendre un café mais il a oublié son portefeuille et…
- OK, je vois. Insiste pour payer afin de vous arrêter près d'un distributeur, il devrait comprendre. Je vous rejoins. Au moindre problème, tu m'appelles.
- Entendu. Au fait...
- Oui ?
- Tu lui ressembles beaucoup en étant comme ça, tu sais.
- À Tony ?
- Oui.
Timothy se sentit soudain fier. Il ne pensait pas qu'être comparé à Tony pourrait lui faire plaisir un jour. Pourtant, si on faisait abstraction du caractère parfois infernal de l'Italien, il fallait reconnaître que c'était un excellent homme de terrain. C'était sans doute ça l'explication de cette bouffé de fierté. Même s'il refusait de l'admettre, quelque part il admirait Tony. Et Palmer l'admirait aussi.
- À tout de suite, Jimmy, lâcha-t-il dans un souffle avant de raccrocher.
Sans cesser de courir, il pénétra dans le service pédiatrie.
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Michael Rivkin prenait son mal en patience. Les deux énergumènes qu'il filait avaient finalement réussi à se mettre d'accord pour prendre un café. Il ne pouvait qu'attendre qu'ils daignent repartir faute de pouvoir trouver des informations sur la chambre de DiNozzo.
L'hôpital avait reçu des consignes et la sécurité de l'agent était assurée. Personne ne lui dirait ce qu'il voulait savoir parmi le corps médical et il ne maîtrisait pas le piratage informatique. Il aurait bien pu menacer une infirmière ou un interne, mais il ne voulait pas faire de vague. La discrétion était de mise.
C'est ainsi que le trouva Timothy. Planqué à l'angle d'un mur, le regard apparemment vissé sur une brochure de soins dentaires récupérée un peu plus tôt.
L'informaticien savait n'avoir aucune chance face à lui. Il n'était déjà pas de taille face à Tony et Gibbs, c'était utopique de penser qu'il réussirait à mettre à terre l'officier du Mossad. Il connaissait leur réputation et celle de Rivkin en particulier. Abby leur avait fait parvenir son CV, l'officiel du moins, et Tim ne voulait même pas savoir ce que contenait l'officieux, la seule lecture de l'autre lui avait suffi.
Il oscilla entre les deux options qui s'offraient à lui : rejoindre Jimmy et Sénior ou rester en surveillance et intervenir en cas de besoin. C'est à ce moment là que le téléphone de l'Israélien sonna.
L'échange houleux qui suivit se déroula en hébreux. Sur le qui-vive, McGee guetta la moindre réaction de l'officier qui, par il ne savait quel miracle, n'avait pas encore repéré sa présence dix mètres plus loin. Ce fut seulement à l'issue de l'appel que Rivkin fit volte-face, l'air remonté. L'informaticien eut juste le temps se de dissimuler avant d'être vu. Il s'empara de son téléphone pour contacter Paula, attendit encore, puis se lança à la suite de l'Israélien.
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Paula et Gibbs arrivaient à l'hôpital quand la jeune femme reçut l'appel. Ils se mirent rapidement d'accord sur la façon d'opérer. Avec la désagréable sensation de s'être fait piégé, Michael Rivkin les vit donc apparaître peu après dans un couloir alors qu'il tentait de gagner une sortie discrète.
Il eut le temps de sortir son arme et analysa la situation. Le couloir était désert, lui se trouvait au centre, Gibbs d'un côté, ses deux agents de l'autre, et aucune porte n'était accessible. En tout cas pas sans se faire tirer dessus par les agents du NCIS dont les armes étaient pointées dans sa direction.
- Officier Rivkin, scanda Cassidy quand son regard passa sur elle, rendez-vous !
Il eut une moue qui signifiait qu'il n'en était pas question. S'il se faisait prendre, le Mossad nierait toute implication de sa part. Avec les écarts qu'il avait déjà fait jusque là, sa mère patrie justifierait son acte en solitaire. Eli David protégerait également de cette manière sa fille chérie et saurait ensuite tourner les choses à son avantage pour nouer des relations correctes, faute d'être amicales, avec les américains. Il n'était pas question pour Rivkin de lui faire ce plaisir.
Les deux camps étaient près à tirer quand, soudain, l'Israélien s'effondra. Sans qu'aucun d'eux comprenne ce qu'il venait de se passer, l'officier s'affala sur le carrelage. Armes tendues, Gibbs et son équipe pointèrent toutes les directions, à l'affût du moindre bruit, du moindre mouvement. Il n'y eut rien si ce n'est le silence rompu par leurs respirations.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? s'étonna Paula alors que Gibbs s'approchait de leur homme.
À son habitude, le chef d'équipe de répondit pas. À la place, il vérifia le pouls de l'agent inconscient et tira de son cou une fine flèche hypodermique.
- Ça, commenta-t-elle, ce n'est pas courant. Généralement, on les descend avant qu'ils parlent, on ne les endort pas.
Toute la question résidait dans l'identité du « On ».
- On peut lui lire ses droits s'il dort ? questionna McGee alors que Gibbs sortait ses menottes.
- On le fait, même s'il ne nous entend pas, décréta le chef d'équipe. On recommencera s'il le faut.
Timothy acquiesça et se résolut enfin à joindre Palmer pour lui annoncer que le problème était réglé.
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- C'est fait ? demanda Tony dans un souffle quand Ziva revint dans la chambre.
Elle opina avant d'ajouter :
- Je ne l'ai pas tué, comme tu me l'as demandé.
- Mais tu étais prête à le faire.
- Oui.
- C'est ton collègue.
- C'était. Il a perdu ce titre quand il t'a tiré dessus.
- C'était les ordres, rappela-t-il.
- Ça m'est égal.
Avec un sourire, Tony dégagea une mèche de cheveux de son visage. Doucement, Ziva se détendit.
Elle ne regrettait pas d'avoir tout dit à l'Italien, pas plus que d'avoir accepté sa requête, même si trouver le fusil et la flèche pour endormir Rivkin avait été difficile. Elle pouvait remercier le responsable du service psychiatrie de l'hôpital, bien qu'elle aurait aimé savoir comment ce docteur Queen en avait été rendu à tirer à vue sur ses patients récalcitrants.
- Tu pars ? comprit Tony quand son regard changea.
- Ils vont savoir ce que j'ai fait et tes amis vont arriver ici.
- Reste ! On peut affronter ça ensemble. Il suffit que…
Elle le fit taire d'un baiser.
- Je dois régler ça seule.
- Ziva…
- Je vais revenir, assura-t-elle.
- Quand ?
Elle ne répondit pas et l'embrassa encore. À regret, maudissant son état, Tony dut se contenter de la regarder partir. Il espéra que le souvenir de son visage avant qu'elle ne ferme la porte ne soit pas le dernier qu'il devrait conserver d'elle. Et puis le sommeil l'emporta.
