CHAPITRE X

Trois semaines plus tôt : endroit inconnu

Charlie pleurait, de froid, de peur, de douleur. L'homme l'avait enfin retiré du bain rougi par son sang. Il avait l'impression d'avoir été écorché vif. De longues éraflures marbraient son corps, quelques hématomes apparaissaient là où l'homme l'avait frappé avec la brosse, à plusieurs reprises. Puis il l'avait fait sortir de l'eau et lui avait tendu un drap de bain dans lequel il s'était enroulé, heureux enfin de pouvoir retrouver un peu de pudeur.

Maintenant il était assis sur une chaise et son tortionnaire était en train de lui couper les cheveux. Il voyait tomber ses boucles autour de lui et il ne pouvait s'empêcher de pleurer tout en se disant qu'il était stupide de pleurer pour quelques bouclettes qui repousseraient, de toute façon.

Il ne profitait même pas de sa toute relative liberté, puisqu'il n'était pas entravé, pour tenter de se rebeller ou de s'enfuir. Il était trop épuisé après les coups reçus, encore étourdi par l'eau avalée durant l'atroce baignade, les membres engourdis par l'extrême chaleur de l'eau. Il se sentait littéralement sans forces, n'ayant que l'énergie de retenir sur ses épaules le grand drap de bain dans lequel il s'enveloppait frileusement. Il n'avait même pas la force d'empêcher ses larmes de couler tandis qu'il voyait ses cheveux tomber au sol.

Mais il savait bien que ce n'était pas vraiment le saccage auquel était en train de se livrer l'homme qui le faisait pleurer. Non il pleurait d'impuissance, de rage contenue, de faiblesse aussi et de peur parce qu'il savait ce qu'il y avait après… Et ÇA… ÇA… ! il ne pourrait pas le supporter, il en était persuadé.

- Je t'en supplie Donnie, je t'en supplie, dépêche-toi, sors-moi de là…