Chapitre 10 : S'avouer son amour.
Me voilà de retour avec ce nouveau chapitre… Un peu attendu, si j'ai bien compris ? Rodgers et Beckett vont-ils se remettre en ensemble ? Vont-ils se revoir ? Sont-ils toujours adolescents ? Ais-je fais un saut dans le temps ? Je vous laisse découvrir ça de suite. Encore un grand merci à tous !
Flo974 : Et oui, je suis cruelle mais j'avais prévenu xD Par contre, je ne pense pas que Kate finisse dans les bras de Josh. Je ne suis pas si horrible. Par contre, je te remercie pour le commentaire.
Mam : Si je te fais rêver avec mon texte, j'en suis très fière… Après, je trouve que tu as parfaitement raison : il reste de nombreux mystères entre Rick et Kate, alors… Je te laisse à la lecture de ce nouveau chapitre.
Elynaa : Je te rassure malgré mon côté « sadique », je cache en moi un grand cœur… Un peu comme Rick, il est seulement protégé. Alors je te dis bonne lecture, merci et à bientôt.
Rien n'est aisé quand il s'agit de l'imperfection humaine. Un millier de vices, d'imperfections se cache au plus profond de nos racines attendant seulement le bon moment pour ressurgir. Nous sommes ainsi faits… Attentistes, oui, mais trop attentistes. Renfermés. Nombrilistes. Désunis. Démunis. Autant d'acquis à préserver que de mauvaises choses à détruire. Et… Et si chacun de ces défauts n'était pas venu accompagner de qualités, il est dur de croire que nous serions encore de ce monde à partager la vie de nos semblables.
Rejeter tout ce que l'on avait construit n'était pas une solution saine mais c'était l'une des plus simples, celle réservée au plus faible… Et faible, Richard se pensait l'être. Mais quand on connaissait son histoire, son parcours on savait qu'il n'avait rien d'un être faible. S'il en était là où il en était aujourd'hui, c'est qu'il avait surmonté les difficultés que la vie lui avait mises sur son chemin. Encore une fois, il avait remonté ses manches, il avait placardé sur son visage un sourire faux et était revenu au point de départ, sa chambre d'étudiant. Pour faire plaisir à sa mère, il avait accepté de remettre les pieds dans cette foutue université. Jamais dans une salle de cours ou un amphi, une ligne à ne pas franchir, une souffrance trop forte à surmonter. De toute manière, elle ne l'apprendrait que lorsque les bulletins de notes fleuriraient dans les boites aux lettres. Et d'ici là, de l'eau aurait coulé sous les ponts.
Ainsi, cloitré dans sa piaule, il observait ses anciens camarades rigoler et jouer en bas des dortoirs. Personne ne devait se soucier de son absence, de sa torpeur, de son mal-être… Ou presque. Il la vit. Elle, son amour, son cœur, sa nouvelle muse, l'air triste, défaite. Elle n'était plus que l'ombre d'elle-même ou l'ombre de lui-même, son corps à côté de ses pompes, son sourire à côté d'elle quand… Elle l'aperçut derrière sa fenêtre. Ses yeux s'étaient accrochés à lui, sa présence s'était imposée à elle. Il se dépêcha de tirer le rideau mais c'était trop tard, il le savait. Cinq minutes plus tard des coups retentirent à sa porte. Il savait que c'était elle.
-Rick, ouvre- moi !
Le front posé contre la porte, il pouvait entendre son souffle, ses reniflements, imaginer ses larmes écho des siennes s'écrasant au sol. Elle semblait mal, triste mais il ne pouvait pas, c'était au-delà de ses forces.
-Je t'en supplie Rick, ouvre-moi. Ne me laisse pas comme ça !
Il écoutait sa détresse, il sentait son poing s'écraser, se fendre contre sa porte. Etait-il prêt ? Déposant une main fébrile sur le morceau de bois les séparant, il captait sa peine, son âme déchirée. S'il craignait sa réaction, il ne pouvait pas non plus la laisser ainsi. Il ouvra finalement la porte et la vision qu'il eut de sa petite-amie, ex petite-amie, le fit fondre.
Elle avait jeté ses bras autour de lui. Trop serrée mais rassurée de le sentir près d'elle, des larmes baignaient son visage et ses yeux étaient rougis pas le chagrin. Elle releva enfin la tête de son torse et découvrit un triste tableau. Son homme blessé arborait un visage bleui d'ecchymoses. Instinctivement, elle renforça son étreinte autour de son corps quand un rictus traversa ses yeux.
-Désolée…
-Ce n'est rien mais…
Elle déposa ses doigts sur ses lèvres.
-Rick… Je t'aime. Je t'aime Rick.
Son cœur s'emplit d'une merveilleuse émotion, ses mots s'imprimant en lui comme une gravure éternelle.
-Je t'aime Kate.
Une fois dissipée la crainte de ne voir continuer cette merveilleuse histoire d'amour, ils s'étaient enfin avoués leurs sentiments réciproques.
-J'ai eu si peur mon cœur. J'ai cru que… Pour…Pourquoi ?
Elle voulait comprendre, elle voulait des réponses, elle voulait savoir pourquoi…
-Je... J'étais perdu et… Je vais t'expliquer.
Il lui devait au moins cela, la moindre des choses face à la douleur qu'il lui avait infligé. Il la prit par la main, et tous les deux réunis, ils se couchèrent sur son petit lit. Les positions s'étaient naturellement proposés à eux : Rick, un bras sous sa tête et l'autre dans le dos de Katherine profitait du corps svelte de cette dernière contre son flanc. Le silence les enveloppait de son accueillante aura mais elle avait confiance en lui. Il parlerait quand il se sentirait prêt. Caressant son menton et sa barbe naissante, elle le sentit se crisper.
-Je rentrais de notre journée à deux quand Josh et sa bande m'ont pris par surprise. Tu vois… J'étais heureux, le plus heureux des garçons surement… J'avais encore la sensation de tes lèvres sur les miennes, la douceur de ta bouche dans mon cou, l'odeur de ton parfum sur moi…
Elle l'écoutait entre ses mots, entre ses souffles, entre ses angoisses, entre ses aveux…
-Et ils m'ont frappé… Encore et encore, et je ne pouvais rien faire. J'étais impuissant et... ET…
Il s'était mis à pleurer. Il avait littéralement éclatés en sanglots comme un enfant tombé de son vélo. C'était trop dur. Il avait envie, il le jurait, car ce n'était pas une vie mais putain, c'était trop dur de parler.
-Shut… Shut Rick.
Elle l'avait attiré contre sa poitrine, lui murmurait des mots réconfortants en le berçant, elle le consolait. Aucun mot ne sortait de sa bouche seulement des plaintes lascives témoin de son affliction mais égoïste qu'elle était, elle voulait savoir la suite.
-Tu voulais dire ?
-Rien.
-Rick, on doit se faire confiance. On doit pouvoir tout se dire.
Il cogitait. Peut-être commençait-il à prendre conscience des horreurs que Josh lui avait dites car l'enjeu de ses dires lui tenait à cœur et qu'il réfléchissait à la meilleure manière de les formuler. Il pesait ses mots, cherchait le mot le plus juste, le mot qui allait ...
-Il m'a traité de… De puceau, chose vraie mais…
-Babe, on s'en fou. Tu es mon homme, celui qui me fait envie alors oublie.
-Il n'y avait pas que ça.
-Quoi d'autre ?
-Il m'a dit… Qu'il voulait t'entendre gémir à son oreille pendant qu'il te…
-J'ai compris mon cœur.
-S'il te faisait du mal ?
-Jamais ! Le coupa-t-elle.
Kate se moqua de ses blessures et déposa sa main sur sa joue emmenant son visage près du sien. Elle écrasa ses lèvres sur les siennes, raflant sa langue avec la sienne. Elle l'embrassait lui démontrant qu'elle n'appartenait qu'à un seul homme. Sa langue capturait la sienne, elle ne l'effleurait pas, elle communiait avec lui, elle le démontrait sien.
-Tu vas être en retard en cours mon cœur… Souffleta-t-il difficilement.
-Je m'en fou, tu as besoin de moi.
-Je ne veux pas que tu loupes les cours pour moi.
-Ce n'est pas une après-midi en moins qui me fera louper mon année.
A vrai dire, il ne se souciait guère de ses études. Ses connaissances et sa culture suffiraient à nourrir une horde de jeunes assoiffés de science.
-Tu as faim ?
-Sans plus.
-Regarde sous mon lit, il doit rester un paquet de gâteaux.
Elle le regarda amusée par cette déclaration.
-Tu comprends mieux pourquoi je n'ai pas un corps d'Apollon.
-Et bien ce corps, déclara-t-elle en sortant les biscuits, suffit à mes fantasmes.
Ses mots le firent rougir, conscient du désir qu'il attisait chez sa partenaire.
-Pas mauvais ces cookies, fit Kate pour le sortir de ses pensées.
- Qui n'aime pas les cookies ?
-Maddie, grimaça la jeune femme dépitée.
-Cette fille est vraiment étrange.
-Je te le fais pas dire.
Ils grignotèrent quelques biscuits supplémentaires et se retrouvèrent une fois plus dans le calme des corps pelotonnés.
-Pourquoi cette lettre ?
-J'étais perdu… Je ne savais pas où j'en étais et comme d'habitude, j'ai fui…
-La prochaine fois, ne me laisse pas ainsi. Laisse-moi entrer dans cette incertitude et faire qu'elle se transforme en certitude.
-Je t'aime.
-Moi aussi.
Ils profitaient de l'envol de ces mots, de ces déclarations qui maintenant non retenus, non sous-entendus étaient devenus l'expression même de l'ampleur de la relation qu'ils partageaient.
-Quand je vois ton visage si beau dans cet état…
Ses doigts courraient sur sa joue, son menton les deux seules parcelles de son visage non abimées.
-Ce n'est rien, la rassura-t-il.
-Tu as d'autres blessures ?
-Mouais.
Rester évasif, voilà sa devise. Il ne voulait pas s'étendre car il percevait à travers le timbre de sa voix, son inquiétude.
-Où ?
Rester évasif.
-Rick…
-Des hématomes aux côtes et au genou droit, finit-il par avouer.
-Ce n'est pas possible.
Elle picorait sa mâchoire de petits bisous tendres jusqu'à ne plus tenir et capturer ses lèvres entre les siennes. Elle le goutait, le dégustait, le savourait et chérissait sa nuque de ses ongles. Elle l'aimait et lui prouvait. Rick n'était pas maître de la situation, simplement réponse à ses douces attaques mais la manière dont elle emprisonnait sa bouche de la sienne, la délicatesse avec laquelle elle caressait sa nuque et l'attention qu'elle mettait dans ses gestes pour ne pas le blesser… C'était trop d'un coup. Le regard plongé dans celui vert de sa petite-amie finit de faire couler ses larmes. Une nouvelle fois, il pleurait sans retenue, sans pudeur.
Katherine crut que son cœur allait flancher mais elle se tourna et il se cala contre elle. Sa joue contre sa poitrine, il rejoignait les bras de Morphée. Elle emmêlait ses cheveux autour de ses doigts quand elle découvrit qu'il s'était endormi. Sa respiration était calme, posée… Insouciante.
Au bout d'un temps, ses mains se crispèrent de fourmillements et ses paupières papillonnèrent sous les mouvements discrets du corps à côté d'elle. Elle n'avait pas eu conscience de rejoindre le monde des songes mais apparemment, ses yeux s'étaient fermés. A vrai dire, ce n'était pas surprenant le week-end n'avait pas été des plus reposants. Se soucier de sa relation, s'inquiéter pour Rick et espérer n'avaient pas facilité son sommeil.
-Hey, fit Rick d'une voix groggy.
-Hey…
L'écrivain remonta à hauteur des lèvres de Beckett, ne lui offrant qu'un baiser esquimau. Il se jouait d'elle, effleurant son nez du sien mais les mains de sa douce posée sur ses hanches le tentèrent à plus d'audace. Ses lèvres parcoururent sa bouche d'où s'échappa un sublime gémissement, occasion pour sa langue de s'immiscer dans son intimité. Elle le découvrait plus entreprenant, plus intrépide et elle aimait ainsi se laisser dominer.
-Il se fait tard, je devrais y aller, chuchota Kate contre son cou espérant que Rick la retienne.
-Tu… Tu ne voudrais pas dormir avec moi ?
Elle releva la tête tout sourire.
-Euh… Si tu ne veux pas je comprendr…
Elle le fit taire en déposant son index sur ses lèvres.
-J'ai envie de m'endormir dans tes bras.
C'était la première fois qu'il allait dormait avec une fille. Elle ? Ce n'était pas la première fois mais ainsi, avec son amoureux, oui. Ils ne se changèrent pas. Pas besoin, pas le temps, pas l'envie, un peu des trois combinés. Richard avait reposé sa tête contre sa poitrine, loin de lui l'idée d'en profiter. Il était simplement calé là, où sa femme le laissait deviner sa féminité. Elle s'amusait distraitement avec le col de sa chemisette, déposait de temps en temps un baiser sur ses cheveux. Elle aimait sentir cette odeur mentholée rafraichissante, rassurante... Une pointe masculine. Elle le regardait s'endormir alors qu'elle faisait glisser ses doigts le long de son bras jusqu'à ce qu'elle aussi se perde dans les méandres de Morphée.
Ils évoluaient sans s'en rendre compte, ils se complétaient à la perfection, ils bougeaient sans en être conscients, ils n'étaient que les instruments de cette nuit calme et inédite. Calme pour l'insouciance du moment et inédite, pour la primauté des gestes et des mouvements, contrastes saisissants avec les bourrasques qui sévissaient à l'extérieur de la chambre. La pluie tapait contre les fenêtres, les volets non fermés la veille claquetaient contre la façade et les nuages ne se désunissaient les uns des autres. Pas de ciel bleu, pas de soleil, seulement une interminable averse incessante et rébarbative. Le bruit des gouttes, une nuit parfaite, un sommeil complet, une jeune femme contre lui ? Rick n'aurait sur expliquer comment il s'était réveillé mais ses yeux s'étaient bels et bien ouverts. Il ne se rappelait pas s'être endormi ni même la position qu'il avait adopté au couché mais maintenant, il pouvait sentir la respiration de Kate dans son cou. Durant la nuit, ils avaient dû changer de place, leurs corps avaient dû écouter leur amour. Katherine avait enfoui sa tête dans l'épaule de son copain et lui, n'avait plus qu'à découvrir la sensation de ses formes contre lui. Il caressait sa figure, ses doigts pianotant le long de sa mâchoire, sa main redessinant les traits parfaits de son visage. D'art en art, il en faisait sa muse.
-Bonjour mon cœur, murmura-t-elle la voix ensommeillée.
Il passa sa main dans ses cheveux pour voir son visage endormi, souriant… Quelque peu rêveur.
-Bonjour toi.
-Hum…J'adore être réveillé par tes caresses.
Stimulé par les paroles envoutantes de sa petite-amie, il poursuivit donc de passer ses mains sous son tee-shirt, découvrant ce que mère nature pouvait faire de mieux sur le corps d'une femme. Des courbes sensuelles, un grain de peau indéfinissable et une chaleur irradiante. La perfection pour l'homme aimant qu'il était devenu.
Frissonnant à ce contact, Katherine récupéra ses mains mais Rick ne le vit pas du même œil, se trompant encore une fois sur les codes des corps en éveil.
-Excuse-moi, j'avais envie.
-Et moi aussi, s'amusa-t-elle. J'avais juste envie d'embrasser ses mains merveilleuses mains qui me font frissonner d'envie.
L'opération remerciement terminée, elle souffla de soulagement quand les deux curieuses de son homme reprirent leurs explorations. Personne ne l'avait jamais aussi bien cerné, aussi bien détaillé. Il semblait l'accord parfait à sa partition, la comparaison impeccable à son être.
-Tu as une peau si soyeuse… Si chaude.
Il perdait ses mots, il perdait la tête. Aliéné, fou, perdu, autant de qualificatifs qu'elle imprimait en lui sans même rentrait dans la danse charnelle qu'il avait initié. Mais l'émotion, la sensation, la déperdition… Elle l'embrassa. Tendrement, amoureusement, éprise, elle le rejoignait pour qu'ils ne soient plus que deux jeunes fous amoureux, emprisonnés. Grisée, la jeune femme entremêla leurs jambes sauf qu'elle avait omis un léger détail.
-Aïe !
-Oh désolée.
-Ce n'est rien.
Ils sourirent devant la stupidité et l'impuissance du moment où même dans l'une des plus intimes des situations qu'ils partageaient, la spontanéité prenait tout son sens, sans se soucier une seconde de l'instant qu'elle pourrait briser ou troubler. L'instinct… Voilà peut-être ce qui les avait rapprochés.
-Je dirais à ma mère d'intervenir pour ton agression, chuchota-t-elle.
-Non.
-Elle fera juste un cours.
-Non.
-Rick, pour moi, le supplia Kate.
-Ok…
Il avait calé, il avait cédé, il avait concédé à Kate ce qu'il savait empreint d'une volonté de bien faire. Toutefois, lui, il ne savait pas. Ce cours ne serait-il pas une déclaration de guerre ouverte entre lui et Josh ? Ne serait-il pas une marque d'impuissance ? Un symbole de défaite ? Le blason de la faiblesse ? Il allait croiser les doigts, ça c'était sûr.
(…)
Une femme d'une quarantaine d'années bien tassée, attendait patiemment sur cette estrade que cet homme, un brin plus vieux qu'elle, ne veuille bien lui laisser la parole. Elle n'avait pas besoin de se faire présenter ou chaperonner. Sa force de caractère, renforcée par sa déformation professionnelle d'avocate prouvaient à n'importe qui sa détermination, son aplomb ainsi que la puissance de ses mots. Ce n'était pas par hasard ou du fait de sa plastique, si Johanna était devenue au fil de sa carrière l'un des meilleurs avocats du barreau de New-York. Sa pugnacité, son flegme et sa droiture l'avait propulsé comme l'avocate des causes perdues. Toujours en chasse, en proie à la vérité, si mensonge ou si faux il y avait, elle le découvrait.
Mais comme d'habitude, son statut de femme la desservait quelque peu et devait jouer sur la présentation de plus en plus longue du doyen de l'université. Après tout, comment en vouloir à cet homme ? La mère de Katherine était une belle femme. Grande, élancée, brune aux cheveux courts et les yeux d'un marron troublant, elle semblait se bonifier avec le temps. Comparaison plutôt flatteuse avec un grand cru du bordelais ou plutôt douteuse avec un vin de table, le temps paressait impuissant face à elle.
-…C'est pourquoi, nous avons l'honneur et le privilège de recevoir aujourd'hui au sein de notre amphithéâtre, Maître Beckett, avocate à la cour de New-York.
La concernée avança, sure d'elle. Se montrer ainsi devant plusieurs dizaines de personnes ne lui faisait plus peur, depuis bien longtemps. Parler, déclamer était devenue une habitude. Elle attendit que les applaudissements se tarissent pour débuter son cours.
-Si je suis ici à vous faire ce cours, ce n'est pas le fruit d'une coïncidence. La plus part d'entre vous se destine aux métiers du droit, de la gestion, de l'économie ou de la politique. Et bien sachez, que le droit pénal vous suivra sans cesse et partout. Ne croyez pas que tranquillement dans votre robe de Maître ou derrière votre bureau de PDG, vous serez hors de portée. La moindre incartade, la moindre sottise même dans votre jeunesse sera une pensée lointaine, un souvenir il y a longtemps enfoui. Si vous pensez ainsi, sortez immédiatement de cette pièce. Vous n'avez rien à faire ici.
Kate observait sa mère, fière d'elle. Vêtue de son tailleur noir, de sa veste assortie et de ses petites chaussures vernies, elle paressait indestructible. Tout le monde buvait ses paroles, soucieux de prendre en note la moindre de ses expressions, la moindre de ses pensées. Seulement, si l'amphi était heureux de s'abreuver de telles connaissances, Josh blêmissait à vue d'œil. Il comprenait qu'à travers ses conneries, ses faux-pas, ce n'était pas seulement ses années universitaires qu'il allait mettre en péril mais sa carrière, sa vie entière.
Rick l'observait et voyait à mesure du discours de la mère de sa petite-amie qu'il déglutissait, qu'il se décomposait. Allait-il comprendre ? Rick y croyait de plus en plus. Finalement, l'aide des autres, le soutien des personnes que l'on aime pouvait être bénéfique. Le jeune homme se retourna vers sa douce et prit sa main entre la sienne.
-…Vous comprenez donc que la violence ne résout rien seulement à faire de vous, des personnages sombres et fragiles. Car, vos adversaires… L'avocat de la partie adverse, votre concurrent, le sénateur du parti opposé, lui saura mettre à mal votre carrière par ses déboires d'antan, oubliés de vos esprits…
Elle les avait remercié et s'était rapidement retrouvée à observer sa petit fille qui parmi la foule des étudiants rayonnée au côté de son petit-copain. Elle n'avait échangé que quelques mots avec lui avant de rentrer sur scène mais il lui semblait déjà fou épris de sa fille. La manière dont il rougissait face aux gestes tendres que sa fille initiait entre eux, la sensibilité avec laquelle il parlait de Kate et cette manière dont il la couvait du regard… Elle voyait Jim des années auparavant.
-C'était formidable maman, s'enthousiasma Katherine en la serrant contre elle.
-Je ne t'ai pas fait honte, alors ?
-Tu ne me feras jamais honte.
-On en reparlera dans quelques années, sourit la matriarche.
-Et toi, Richard ?
-J'ai trouvé votre intervention fantastique. Pas simplement les idées abordées mais aussi la manière dont vous vous appropriez les mots. C'était une expérience hors du commun.
-Tu voudrais bien passer le week-end chez moi ?
Elle lui avait demandé, sans préambule, comme le fruit d'un problème longtemps médité en silence sans même avoir réfléchi à quand et comment sa phrase sortirait. Rick la regarda surprise puis regarda sa mère, toute aussi stupéfaite par le manque de tact de sa fille.
-Enfin… Si tu es d'accord, maman.
-Nous serions ravi de t'accueillir Rick, fit cette dernière en se retournant vers le principal concerné.
-Merci Madame Beckett.
-Apelle-moi Johanna, j'ai l'impression d'avoir 60 ans.
-D'accord Madam… Johanna, se reprit l'écrivain en herbe.
-Sur ces bonnes paroles, je vais vous laisser. J'ai une audience cette après-midi.
-A samedi mam'.
-Bon courage Johanna.
-Merci et faites attention à vous.
Johanna s'éclipsa, non sans déposer un baiser sur le front de son enfant, laissant les deux jeunes étudiants seuls dans cet amphithéâtre.
-Ma mère a l'air de t'apprécier, chuchota la jeune femme en enroulant ses bras autour de son cou.
-Je ne sais pas.
-Crois-moi…
-Pourquoi ? Elle mène la vie dure aux garçons s'approchant de trop près à sa fille ?
-Oh ce n'est rien à côté de mon père !
-Je dois craindre quelque chose ? S'inquiéta Rick.
-Je ne pense pas, le taquina-t-elle.
-Tu me viendras en aide, rassure-moi ?
-Bien sûr que oui ! Je t'aime trop pour qu'il vienne t'embêter.
-Ah… Comme ces mots résonnent bien, murmura-t-il en effleurant ses lèvres.
Alors heureux ? Ou pas ? A vous de me dire par ces quelques mots tapés en bas de cette page.
NB : Je sais ce chapitre était un peu court, sorry.
