Ginny je n'y arriverais jamais.

Hermione fixait intensément le balai au sol qu'elle refusait toujours d'enfourcher. Il ne devait pas être loin de six heures du matin, et le sol était encore recouvert de neige. C'était la veille que Ginny lui avait parlé de cette idée folle de s'inscrire toute les deux dans l'équipe de Quidditch de Gryffondor. Hermione, au début tout à fait contre, avait fini par accepter à contrecœur tellement Ginny avait insisté. Voilà comment elle s'était retrouvé ici, vêtu de son plus gros pull et enrouler jusqu'au nez dans son écharpe rouge et or, sur le stade de Quidditch.

Ginny fit claquer sa langue, impatiente.

Herm', Ron m'a tout raconté. Tu sais jouer au paseball…

Baseball, rectifia machinalement Hermione.

… ça se joue avec des battes il parait. Tu vas donc postuler pour le poste de batteuse tandis que moi pour celui d'attrapeur. Et je ne te lâcherais pas jusqu'à ce que tu te décides à monter sur ce balai !

Hermione remonta une nouvelle fois son écharpe sur son nez qu'elle ne sentait déjà plus, avant d'avouer :

Ginny, j'ai peur du vide. Si je monte sur ce balai je cours au suicide !

Tu as peur du vide ? s'étonna la rousse. Ce n'est pas bien grave ça va passer. Bon sang Herm', Ron m'a dit que tu habitais sur un bateau, si l'océan ne te fait pas peur tu n'as vraiment rien à craindre du vide !

Oui mais…

En plus tu passes tes journées assise en cours ou dans la bibliothèque, je suis sûr que ton corps réclame un peu de sport et de danger !

Hermione médita un instant ces paroles. Ginny n'avait pas tort, son corps fourmillait de puissance et pas seulement magique. Elle avait toujours été très active sur le bateau qui requérait beaucoup d'effort physique. Et depuis son entrée à Poudlard il était vrai qu'elle s'était laissé un peu aller.

Bon très bien, céda Hermione dans un soupir, j'accepter de monter sur cet engin de la mort. Mais d'abord restons au sol tu veux bien ?

Ginny mima un geste de victoire et alla ouvrir la malle contenant les balles qu'elle avait « empruntées ». Elle tendit à Hermione une batte. La jeune fille l'examina d'un œil critique : elle était plus courte qu'une batte de baseball mais semblait en revanche beaucoup plus solide.

Tu connais les règles du Quidditch ? l'interrogea Ginny.

Oui bien sûr, j'ai lu plusieurs livres là-dessus avant de venir.

Ginny hocha la tête dans un sourire. Qu'Hermione est déjà là plusieurs livre sur le sujet entre hier et aujourd'hui ne l'étonnait guère… d'un regard elle s'assure que son amie est prête puis elle lâche un des Cognards. La balle noire se dirige à une vitesse folle vers Hermione, la batte à la main et le regard aiguisé. Alors qu'il allait presque la percuter, la jeune fille le frappa d'un coup de batte bien placée et l'expédiât à l'autre bout du terrain. Ginny suivit le Cognard des yeux la bouche ouverte, avant de dévisager Hermione.

C'est en portant tous des bouquins que tu as autant de force ? s'exclama-t-elle les yeux ronds.

Hermione lui fit un clin d'œil malicieux avant de déclarer en riant :

Quand tu passes cinq ans à border les voiles avec trente-cinq nœuds de vent ça laisse forcément des traces !

Pendant une demi-heure Ginny lâchait les Cognards sur Hermione en lui donnant différent conseils. Au fil des essais il s'avérait que non seulement Hermione avait de la force, mais en plus elle était d'une grande précision ! Ginny n'arrivait vraiment pas croire que sous son allure de parfaite étudiante, Hermione cachait une plutôt bonne sportive. Néanmoins l'heure fatidique finie par arriver. Hermione n'avait plus très froid et suait à grosses gouttes. Ginny lui tendit le balai un sourire éclatant aux lèvres :

Maintenant on va voir ce que tu vaux sur un balais Granger ! C'est celui de Ron, je lui aie piqué mais à cette heure-ci il dort, donc aucun risque qu'il s'en aperçoive.

Hermione saisit le balai d'une main un peu tremblante et l'enfourcha. Ginny se place devant elle et dit d'une voix solennel :

Aujourd'hui est un grand jour, Hermione ! Bon maintenant tu vas frapper le sol d'un coup sec et t'envoler à peu près à un mètre de sol. C'est simple : pour tourner à droite tu te penches vers la droite et l'inverse pour la gauche. Le truc c'est d'essayer de faire corps avec le balai, tu vois ?

Plus ou moins, répondit Hermione d'une voix tendue.

Elle prit une grande inspiration et frappa le sol gelé de son pied. Le balai s'éleva lentement au-dessus du sol. Hermione était cramponnée si fort au manche que ses articulations blanchirent. Le balai tanguait affreusement à cause du vent froid qui parcourait le stade, et ça suffisait amplement pour lui donner la nausée. Pendant quelques minutes elle suivit à la lettre les différentes instructions de Ginny et apprit à tourner à droite et gauche au prix de lourds efforts sur son self-control. Finalement la rousse enfourcha son propre balai et s'éleva au-dessus d'Hermione avec une vitesse et une fluidité déconcertante :

Aller ! cria-t-elle par-dessus les rafales de vent. Il est temps de prendre un peu d'altitude !

Qu… Quoi ? balbutia Hermione.

Allons Herm' ! tu ne croyais quand même pas que le Quidditch se jouait à un mètre du sol ?

Hermione grogna dans son écharpe et rejoignis Ginny en prenant garde à ne pas regarder le sol.

Décontracte toi, on dirait que tu es au bord d'une falaise, la taquina Ginny.

C'est exactement l'impression que j'ai…

Ginny pouffa et accéléra, dépassant Hermione comme un coup de vent. Hermione, paralysée sur son balais regardait avec envie son amie tournoyer dans les airs, exécuter des figures complexes avec aisance et légèreté. « Aller ma vieille, ça doit pas être si compliqué… Un peu de courage tu es à Gryffondor bon sang ! », Pensa Hermione pour se motiver. Elle jeta un coup d'œil furtif en bas et le regratta aussitôt. Elle était tellement haute ! Une chute lui serais fatale… Elle se rassura un peu en pensant à sa baguette dans la poche de sa veste et le sortilège de coussinage dans sa tête. « Très bien, on se concentre, on respire lentement et on avance ! » se répétait Hermione dans son esprit. Elle ferma les yeux, se pencha en avant sur le balais et prit de la vitesse, beaucoup de vitesse. Le vent sifflait dans ses oreilles, s'engouffrait dans ses vêtements, percutait ses joues glacées par le froid. Elle aimait le vent. Le vent elle le connaissait, la vitesse aussi, il faisait avancer le voilier qui glissait sur l'eau et percutait les vagues. Dans un instant de folie elle se crut de retour sur le bateau, en rappel, les deux pieds parallèles sur la coque, ses doigts frôlant l'eau, le visage trempé et salé. La sensation de danger était enivrante et faisait trembler tout son corps. Hermione ouvrit brusquement les yeux. Elle avait réussi à contrôler sa peur! Elle passait à toute allure devant Ginny qui la regardait un sourire éclatant sur le visage. Son sourire se transforma en grimace et Hermione comprit trop tard pourquoi. Elle était sortie du terrain de Quidditch et un sapin arrivait bien trop rapidement devant elle. Hermione le percuta de plein fouet et dégringola dans les branchages pour finir sa course à plat ventre dans la neige. Ginny la rejoignit à toute vitesse et descendit de son balai pour s'agenouiller prés de son amie :

Tu es blessée ? s'enquit-elle.

Oui, grogna Hermione le visage toujours dans la neige, mon égo et ma dignité sont en miette !

Ginny éclata de rire et aida Hermione à se relever.

Plus jamais je ne monterais sur un balai, fit Hermione en s'essuyant le visage encore plein de neige, je m'en contenterais uniquement pour balayer, c'est bien moins dangereux !

Oh non Herm', rigola Ginny, maintenant que j'ai vu de quoi tu étais capable ça sera entraînement tous les matins !

Hermione poussa un soupir désespéré et récupéra son balai à coup d' « accio » pas très convaincants.

Quand Ron et Harry débarquèrent dans la grande salle pour le petit déjeuné, ils eurent la surprise de voir Hermione déjà assise, renfrognée et passablement échevelée.

Tu t'es battu avec un filet du diable ? demanda Ron en retirant une brindille coincé dans ses cheveux.

Presque, siffla Hermione entre ses dents, rappelle moi d'assassiner ta sœur prochainement !

Harry haussa les épaules devant le regard interrogateur de Ron.

Plus les jours passaient plus Hermione faisait des progrès, sans être exceptionnelle bien sûr. Sur le balai elle apprivoisa petit à petit sa peur du vide et à la fin de la première semaine de décembre, parvenait à voler à peu près convenablement. Le plus gros problème pour elle était de garder l'équilibre avec une seule main sur le manche, l'autre étant occupée à tenir la batte. Ginny s'avérait être un très bon coach et multipliait les conseils pour aider Hermione à s'améliorer. Celle-ci cachait même derrière son manuel de métamorphose un exemplaire du « Quidditch à travers les âges » pour réviser la théorie pendant qu'Harry et Ron s'arrachaient les cheveux sur leur devoir de potion qu'elle avait déjà fini depuis longtemps. Elle était bien décidée à en mettre plein la vue à Ron qui n'avait cessé de se moquer de son inculture sur le Quidditch. Hermione eu aussi son premier cours de soins aux créatures magiques avec Hagrid le demi-géant qui semblait, en plus, assez proche de Ron et Harry. Mais à chaque fois qu'Hermione posait des questions sur Hagrid et son absence, les deux garçons changeaient de sujet ce qui exaspérait grandement Hermione. Néanmoins leur complicité revenait toujours lors de leur virée nocturne à la salle sur demande. D'ailleurs la salle changea petit à petit de forme et s'emplissait aussi des souvenirs de Ron et d'Harry. Bientôt de grands posters à l'effigie de Canon Chudley envahirent les murs de pierre ainsi que tous un tas de boîtes de bonbons vides.

Je n'ose même pas imaginer l'état de ta chambre Ron… avait un jour soupiré Hermione alors qu'ils pratiquaient le sortilège de réduction.

Les souvenir d'Harry étaient moins nombreux et plus discrets. La jeune fille avait surtout retenu cette photo ou l'on voyait la famille Potter au complet qu'elle avait déniché dans un coin obscure de la salle.

Deux jours avant la fin du trimestre tous les trois étaient une fois de plus dans la salle sur demande à s'entrainer. Hermione avait été surprise par les capacités d'Harry sur les sortilèges de défenses qu'il réalisait la perfection. Elle et Ron était donc en train de s'exercer sur le charme du Patronus pendant Qu'Harry stupéfixait des coussins plus loin.

Ron, concentre-toi un peu ! s'exaspéra Hermione. N'agite pas ta baguette comme ça tu vas finir par crever un œil à quelqu'un… le plus important c'est le souvenir positif…

Je sais Hermione, grommela le rouquin, c'est juste que j'ai autre chose en tête.

Hermione leva les yeux au ciel.

Raconte, soupira-t-elle, sinon on ne va jamais y arriver.

C'est Harry, dit Ron à voix basse, il dort mal ces dernier temps. Je crois qu'il ne va pas très bien. Regarde, il y a cette fille, Cho Chang de Serdaigle. Elle n'arrête pas de lui faire de l'œil et lui il s'en fiche ! Tu te rends comptes ?

Qu'est-ce que tu penses qu'il a ? le questionna Hermione.

Peut-être son parrain…

Son parrain ?

Oui, on l'a su que très tard, c'était Sirius Black, la seule famille qui lui restait. Il est mort à la fin de notre troisième année du baiser du détraqueur.

Mais ce n'était pas un criminel ?

Non ! En fin de compte c'était un gentil. Mais on n'a pas pu le sauver. Parfois j'aurais voulu remonter le temps… si ça pouvait rendre le sourire à Harry…

Hermione fut touchée par les paroles de Ron. Elle jeta un coup d'œil à Harry. Il avait l'air en effet plus triste et plus fatigué que d'habitude.

Ron fixait Hermione qui, elle, regardait Harry. Tous les deux n'avaient jamais reparlé de ce qui s'était passé dans les vestiaires. Lui-même n'osait pas aborder le sujet. Surtout qu'à chaque fois qu'il y pensait ses oreilles viraient au rouge et son esprit vagabondait un peu trop loin de la réalité. Alors il ne s'imaginait vraiment pas en parler avec Hermione ! D'ailleurs même la regarder dans les yeux le mettais mal à l'aise. Ron baissa les yeux sur sa baguette, puis soudain il eut une idée. Il leva à nouveau le regard vers Hermione toujours de dos, pensa très fort au son de son rire, à la couleur chocolat de ses yeux, son odeur, sa présence à elle et à Harry.

Expecto patronum ! murmura-t-il.

A sa grande surprise le jet argenté qui sortit de sa baguette se transforma en chien qui se mit à trottiner autour de lui. Hermione se tourna brusquement vers lui et couru le féliciter. Harry fit de même.

Bravo Ron ! s'exclama Hermione.

Ouais bravo vieux ! renchérit Harry qui avait retrouvé son sourire.

Ils rentrèrent à la tour de Gryffondor moins tard que d'habitude car la salle commune était encore pleine.

Ron avait à peine eu le temps d'entamer un beau rêve qu'il fut réveillé en sursaut par un long hurlement. Dans le lit voisin Harry, blafard, trempé de sueur et les yeux toujours clos s'égosillait. Ron rejoignit le lit de son meilleur ami non sans se prendre les pieds dans les draps. Les autres garçons du dortoir s'étaient aussi éveillé et s'approchait, eux aussi, le regard effrayé. Ron tenta de réveiller Harry mais se fut vain : il continuait d'hurler à la mort et de de frapper un ennemi invisible. « Bordel, qu'est-ce que je peux faire ? » Jura Ron prit de panique. Une idée jaillit du fin fond de son cerveau encore à moitié amorphe. Il courut hors du dortoir et dévala les escaliers aussi vite qu'il le pu. Il grimpa ensuite quatre à quatre ceux des filles pour débarquer dans le dortoir des cinquièmes années. Il parcouru la chambre obscure et silencieuse du regard. Il devina tout de suite quel était le lit d'Hermione : celui le plus proche de la fenêtre et entouré de plusieurs piles de livres. Il s'en approcha d'un pas un peu maladroit et encore tremblant. Il avait raison, c'était bien Hermione qui était assoupie dans ce lit. Ses cheveux étaient étalés sur l'oreiller immaculé et il n'avait jamais vu son visage aussi détendu. Il stoppa net son observation, conscient que ce n'était pas le moment de divaguer. Il secoua doucement les épaules de la jeune fille. Celle-ci se réveilla violement, et d'un geste vif lui mit la baguette sous la gorge. Plus que surprit Ron leva les bras en l'air.

Hermione, ce n'est que moi.

Quand Hermione l'eut reconnu elle abaissa sa baguette, le souffle court.

Joli réflexes, commenta Ron d'une voix blanche.

Comment tu as fait pour monter les escaliers ? demanda Hermione. Normalement ils… Non, dit moi plus tôt ce que tu viens faire dans mon lit à cette heure-ci…

C'est Harry ! il… Je n'arrive pas à le réveiller… viens m'aider s'il te plait…

Hermione prit une seconde pour inspecter le visage de Ron malgré la pénombre elle voyait bien qu'il était blafard et totalement paniqué. Elle jeta ses couvertures et sortit en trombe du dortoir, Ron sur ses talons.

Hermione, fit Ron alors qu'ils grimpaient les escaliers, il faut que tu saches que ça à sans doute un rapport avec…

Voldemort et la cicatrice d'Harry ? acheva Hermione d'une voix sombre.

Tu… comment tu sais ça ?

Les rumeurs, répondit Hermione. Et j'y crois, Voldemort et de retour. L'autre jour je vous ait aussi entendu dans les vestiaires. Depuis j'ai fait des recherches sur la magie noire et les séquelles qu'elle pouvait laisser… Si je suis ma logique qui a souvent raison, j'en déduis que les cauchemars d'Harry ont forcément un lien avec tout ça…

Ron n'eut pas le temps de faire autre chose que d'ouvrir la bouche car ils venaient de débouler dans le dortoir. Hermione poussa sans ménagement les autres garçons qui s'étaient regroupé autour d'Harry. Celui-ci était à présent prit de soubresauts et ses yeux était totalement révulsés. Hermione s'approcha doucement d'Harry et jeta un sort à voix basse pour l'immobilisé. Puis elle prit le visage brûlant et suintant de sueur de son ami et murmura :

Harry, Harry réveille-toi !

Harry ouvrit brutalement les yeux, poussa Hermione contre les jambes de Ron juste derrière qui tomba sous le choc, et vomi abondamment derrière le lit.

Dean ! s'écria Hermione. Va chercher McGonagall !

Elle n'attendit pas sa réponse et se tourna à nouveau vers Harry qui tremblait de tous ses membres.

Harry, comment tu te sens ?

Harry leva d'abord ses yeux remplis de larme de douleur vers Hermione mais ils dérivèrent ensuite vers Ron juste à côté d'elle.

Ron, ton père, dit-il d'une voix haletante. Ton père…. s'est fait attaquer…

Hermione regarda Harry sans comprendre. En revanche Ron semblait s'affaisser.

Qu…quoi ? demanda-t-il d'une voix éteinte.

McGonagall entra bruyamment dans le dortoir vêtu d'une robe de chambre écossaise. Quand elle avisa Harry elle poussa un cri horrifié.

Potter, où avez-vous mal ?

Le père de Ron, répéta Harry d'une voix pâteuse, un serpent… il est blessé, c'est grave. Je l'ai vu.

Hermione sentit Ron se raidir encore plus.

Vous voulez dire que vous avez rêvé ?

Non ! protesta Harry avec colère. S'il vous plait il faut l'aider ! il y avait tellement de sang…

Le regard sérieux d'Harry fit frémir tout le monde dans la pièce. McGonagall demanda alors à Ron et à Hermione de l'aider à sortir du dortoir pour aller directement chez le directeur.

C'est ainsi qu'il se retrouvèrent tous les quatre au beau milieu de la nuit et en robe de chambre à parcourir les couloirs du château silencieux. Hermione était pieds nus sur les dalles glaciales mais cela l'importait peu. Ce qui comptait c'était Harry et Ron. Ron qui marchait à côté d'elle mais qui semblait sur le point de s'effondrer à tout instant. Elle sentit d'un coup la main du roux se glisser dans la sienne. Elle était moite et tremblante, et elle serra les doigts de son ami aussi fort qu'elle le pouvait dans l'espoir de le rassurer. Après que la gargouille ait pivoté, ils montèrent les marche qui montait jusqu'au bureau de Dumbledore qui les attendait comme s'il était déjà au courant de tout. Tout de suite le directeur prit Harry à part laissant Ron et Hermione au fond de la pièce. Hermione avait comme une lourde pierre au fond de l'estomac, elle sentait que quelque chose allait de travers. Elle essaya de penser à autre chose mais même les étrange objets posé autour d'elle ne bourdonnaient plus et rendaient l'atmosphère encore plus pesante qu'elle ne l'était déjà. Elle était tellement mal qu'elle n'arrivait pas à faire autre chose que de serrer la main de Ron qui ne l'avait pas lâché. Soudain Fred, George et Ginny entrèrent dans le bureau eux aussi très pâle. Quand Ginny vit Hermione elle se rua vers elle.

Hermione ! s'exclama Ginny. Qu'est-ce qui se passe ?

Je… Je… balbutiai Hermione.

A vrai dire elle-même n'avait aucune idée de ce qui se passait. Harry, le cauchemar, le père de Ron, du sang… tout s'embrouillait dans son cerveau ou d'habitude tout était limpide. Elle n'eut pas le temps de fournir une réponse claire. Dumbledore s'était approché et avait posé sur la table une vieille bouilloire.

Portus

« Un portoloin » pensa machinalement Hermione qui avait reconnu la lumière bleuté autour de l'objet.

Très bien, fit le directeur, vous allez prendre ce portoloin pour vous rendre au square Grimmaud. Votre mère va être mise au courant sous peu.

Qu'est-ce qui se passe? demanda George d'une voix tendu. Pourquoi ça nous concerne ?

Votre père est blessé, répondit Dumbledore d'une voix calme. Mais il faut se dépêcher. Vous avez déjà utilisé un porteloin (tout le monde hocha la tête) ? Très bien alors Harry et les Weasley, tenez-vous prêt.

Tous s'approchèrent de la bouilloire à l'exception de Ron.

Hermione viens avec nous, dit Ron d'une voix vibrante.

Dumbledore observa Ron de ses yeux bleu perçant.

Malheureusement ce n'est pas possible, le trimestre n'est officiellement pas terminé et je ne veux pas attirer d'ennuis à miss Granger.

Mais c'est notre meilleure amie !

Harry et Ron avait parlé en même temps. Hermione ne savait plus où se mettre, à l'évidence la situation lui échappait totalement !

Monsieur Weasley, reprit calmement Dumbledore, ne croyez pas que je n'ai pas confiance en miss Granger, vous êtes parfaitement en droit de lui parler de l'Ordre. Mais il est évident que le professeur Ombrage serait ravi d'un prétexte comme celui-ci pour retirer des point où la mettre en retenu…

Tous les regards étaient à présent diriger vers Ron. Il hésita mais fini par lâcher la main d'Hermione avant de la poser sur la bouilloire avec celles des autres. La dernière chose que la jeune fille avant qu'ils disparaissent tous dans un tourbillon coloré, fut les yeux d'Harry et de Ron, fixé sur elle, l'air profondément désolé.