Chapitre 10

Lorsqu'Harry rejoignit ses amis à la bibliothèque après avoir accompagné ses parents jusqu'à la grille, il les trouva bien silencieux.

- Eh bien, quel calme, nota Harry avec amusement en reprenant le siège qu'il avait quitté un peu plus tôt.

- Je croix que c'est ton père qui a jeté un froid, répondit Luna avec un léger sourire.

Cette remarqua fit rire doucement le jeune sorcier.

- Oui, c'est toujours l'impression qu'il donne de prime abord. Mais il n'est pas aussi mauvais qu'on le pense.

- Et tu dis qu'il est capitaine ? Il est dans la marine ? demanda Hermione, la première à avoir recouvré ses esprits.

- Pas exactement, Mon père est le capitaine de l'Arcadia et l'Arcadia est un vaisseau pirate.

- Ton père est un pirate, fit Théo.

-Il suffit de le regarder pour voir qu'il n'est qu'un bon a rien ivrogne qui ne peut gagner sa vie qu'en volant les autres, ricana une voix derrière Harry.

Voix qui émit un glapissement lorsque son propriétaire fut soulevé par une force invisible qui l'étranglait lentement.

- Même en un millier de vie, Weasley, tu n'arriverais jamais à la cheville du Capitaine. C'est peut être un pirate, mais c'est un homme d'honneur qui tient ses engagements et qui ne trahit pas ses alliés. C'est un homme droit et mon capitaine. Et c'est pourquoi je ne permettrais à personne de l'insulter, fit Harry d'une voix glaciale.

Il se leva alors et même ses amis furent parcouru d'un frisson de peur en croisant son regard. Lorsqu'il plongea son regard dans celui de Ronald, ce dernier pâlit, malgré la rougeur de son visage due au manque d'oxygène. Harry l'observa un instant puis il lâcha la pression et le rouquin s'affala à terre, hoquetant et toussant pour reprendre son souffle.

- Disparait de ma vue, ordonna Harry dans un murmure effrayant, et ne te permet plus d'insulter ma famille. Sinon la prochaine fois, je ne serais pas aussi généreux.

Weasley ne demanda pas son reste et déguerpit aussitôt. Harry reprit alors place sur son siège et aussitôt son attitude se fit moins froide.

- Harry ? demanda prudemment Draco.

- Hum ?

- Est-ce que tu as déjà tué quelqu'un ?

Harry plongea son regard dans celui du blond et ce dernier eux vraiment l'impression d'avoir son âme mise à nue. Puis, Harry passa son regard sur ses autres amis.

- Oui, répondit finalement le jeune homme, mais uniquement dans les cas de légitime défense ou pour protéger ma famille. Je ne m'attaque pas aux innocents ni aux hommes désarmés. Uniquement aux soldats qui cherchent à faire du mal à l'Arcadia, son capitaine ou son équipage.

Harry eut alors un léger rire en voyant l'air ahuri de ses amis.

- Je sais que c'est difficile pour vous, mais je n'ai pas changé, vous venez juste de découvrir une autre facette de l'être que je suis.

- Ca fait quand même beaucoup d'un coup, nota Blaise.

- Oui, j'imagine, soupira le jeune homme.

Puis, il se leva.

- Où tu vas ? demanda alors Neville.

- Je sors faire un tour, vous avez besoin de temps pour digérer tout ça et accepter ce que je suis.

- Et si on ne l'accepte pas ? demanda Draco sans oser le regarder.

- Alors c'est que j'aurais commis une erreur en t'acceptant parmi mes amis.

Suite à cette affirmation, Draco leva les yeux, osant enfin braver le regard de son camarade et il ne vit rien d'autre que de la tristesse et de la résolution.

- Tu vas partir, murmura alors Draco.

- C'est vrai, mais ça ne veux pas dire pour autant que vous n'aurez pas compté pour moi. Tu es mon ami Draco et tu le resteras, quoi qu'il arrive. Enfin sauf si je deviens amnésique ou si tu t'attaques à ma famille, rajouta après coup le jeune homme.

Draco acquiesça alors doucement et baissa de nouveau la tête, incertain. Harry adressa un dernier sourire à ses amis avant de quitter la bibliothèque.

Il vagabonda dans les couloirs du château un long moment, laissant son esprit dériver. Est-ce que ses amis allaient accepter cette part de lui ? Pas qu'il en avait honte, bien au contraire. Il était fier d'être un pirate aux ordres du capitaine Harlock, fier de faire tout ce qui était possible pour protéger sa famille, même si pour cela il devait tuer. Pas qu'il soit fier de prendre des vies, mais si c'était là le seul moyen de protéger les siens alors il le ferait sans remord.

Et si ses amis ne l'acceptaient pas ? Il aurait bien aimé rentrer auprès de l'Arcadia, mais avec ce foutu tournoi, il était obligé de participer aux épreuves. Il n'était pas sur que sa mère approuve son départ de l'école et il ne voulait pas risquer l'une des colères de sa mère.

Ce fut son instinct qui lui ordonna de s'arrêter et il fit bien car à quelques mètres de lui se tenait leur nouveau professeur de Défense contre les forces du mal. L'homme l'observait avec son œil magique et il semblait l'évaluer. Harry ne se démonta pas et reprit sa route.

- Evans, appela le professeur Maugrey lorsqu'Harry fut à sa hauteur, pourrais-je te dire un mot ?

- De quoi voulez-vous parler professeur ? demanda le jeune Serpentard d'une voix froide.

- Pas ici, allons dans mon bureau, nous y serons plus tranquille, bougonna le vieil homme en faisant demi-tour.

Mais la réaction d'Harry fut différente de celle à laquelle il s'attendait, le jeune homme eut un rire froid.

- Je ne suis pas stupide, professeur. Je suis un Serpentard et vous un ancien auror légèrement paranoïaque. Je ne m'enfermerais pas dans une pièce, seul avec vous.

Maugrey l'observa un instant, puis comprenant qu'il ne pourrait pas faire changer le jeune homme d'avis, il s'appuya contre le chambranle de la porte et l'observa avec son œil magique.

- Tu es doué, Evans. Rare sont ceux qui peuvent résister à l'impérium aussi facilement lorsqu'ils y sont confronté pour la première fois.

Harry se souvenait parfaitement de ce cours, il avait eu lieux la semaine dernière. Lorsque Fol œil avait voulu lui jeter l'impérium, Harry s'en était débarrassé d'une seule pensée et il avait baillé longuement.

- Je ne laisse personne se dresser en travers de ma volonté, répondit Harry avec un léger sourire confiant. Maintenant si vous voulez bien m'excuser professeur, mais je dois y aller.

Puis, il reprit son chemin sous le regard encore plus soupçonneux de Fol œil. Il faut dire qu'Harry avait fait forte impression en réalisant les sortilèges les plus complexes avec une facilité déconcertante. Sa dernière déclaration était un message pour le mangemort dissimulé. Il n'était pas un adversaire à prendre à la légère.

Finalement, lorsque l'heure du diner arriva, Harry prit la direction de la salle commune. Il n'avait pas un grand appétit et malgré la visite de son père, il sentait une boule lui peser sur l'estomac à cause de la dernière discussion avec ses amis.

Il se souvenait encore de la première année qu'il avait passé dans ce monde, persuadé de trouver rapidement un moyen de rentrer, il avait refusé de se lier avec quiconque, même avec Lily. Mais la jeune femme avait été plus têtue que lui et plus le temps passait plus il prenait conscience qu'il allait rester surement plusieurs années. Il avait donc fini par accepter l'affection de sa mère et par lui offrir la sienne. Puis il était entré à Poudlard et de nouveau les gens s'étaient approchés de lui avec une seul idée en tête devenir l'ami du Survivant. Alors une fois encore, Harry avait pensé se lier avec personne et une fois de plus, il avait trouvé parmi les élèves des personnes bornées, qui étaient devenues ses amis. Des amis qu'il savait qu'il allait devoir quitter un jour.

Harry savait que ses amis voudraient qu'il reste, mais il ne pourrait plus jamais vivre dans le monde des sorciers, pas après ce qu'il avait vécu dans son propre monde. Pas après le cristal noir et les mille ans enfermé dans la peur, la douleur, la haine et les ténèbres.

Le jeune homme s'installa dans le fauteuil près de la cheminée et plongea son regard dans les flammes, trouvant en elles un apaisement bienvenu.

- Harry !

Ce fut un cri qui le sortit de ses pensées, Pansy s'avançait vers lui avec une mine inquiète et portant des sandwichs dans ses bras.

- On ne t'a pas vu au repas, on commençait à s'inquiéter, lâcha la jeune femme en posant d'autorité les sandwichs sur le genou de son camarades.

- C'est gentil, Pansy mais je n'ai pas très faim.

- Il faut que tu manges, tu ne manges déjà pas beaucoup, bougonna la jeune fille.

Harry lui offrit alors un léger sourire avant d'observer ses amis s'asseoir autour de lui.

- Laisse-le, Pansy, ordonna Draco, s'il n'a pas faim, on ne va pas le forcer.

Harry eut un sourire lorsqu'il croisa le regard de Draco, ses amis avaient prit leur décision.

- Je ne voudrais pas casser l'ambiance, fit doucement Théo, mais quand comptes-tu partir ?

- Pas maintenant, rassura Harry, j'ai … des affaires à régler dans ce monde et je dois m'assurer que Voldemort ne sera plus une menace pour vous. Je ne partirais probablement pas avant la fin de l'année.

- Et après, tu pourras revenir ? demanda Pansy.

Harry baissa son regard sur les sandwiches toujours sur ses genoux, puis d'un mouvement de la main, il leur jeta un sort de conservation avant de les envoyer sur la table la plus proche d'un fin mouvement du poignet.

- Non, répondit-il finalement. J'ai pu venir ici à cause d'un rituel ancien et très compliqué et l'Arcadia et mon père ont pu me rejoindre parce que j'étais dans ce monde. Mais y revenir une fois que nous serons partis… ça ne sera pas possible.

Un long silence s'installa parmi le groupe de Serpentard et finalement Harry s'affala dans son fauteuil, comme il avait vu son père le faire tant de fois sur le pont de l'Arcadia.

- Profitons de l'instant présent, murmura Harry, car on ignore de quoi sera fait demain.

Les Serpentards échangèrent un regard et ils se mirent d'accord, si Harry devait partir alors il partirait avec les meilleurs souvenirs qu'il pouvait avoir d'eux.

Et finalement, Théo interrogea le jeune pirate sur sa vie à bord de l'Arcadia et Harry se fit une joie de répondre à leurs questions et d'ailleurs la première question de Pansy concerna ses habitudes alimentaires à bord du vaisseau.