Voici le chapitre 10, je m'excuse du temps que j'ai pris pour le publier. Il est écrit depuis longtemps mais je ne le trouvais pas à mon goût. Il manque quelque chose que je n'arrive pas à faire passer ou à intégrer. Ce n'est pas très grave, ce sera dans la suite. Je poste donc ce soir et remercie chaleureusement mes lecteurs, mes reviewers et mes followers pour leur patience et leur soutien dans ce long travail d'écriture.
Lulucia : Voici la suite, on laisse un peu de côté l'Alpha pour ce chapitre qui apporte d'autres réponses ^^, j'espère que ça te plaira.
Shinily : Merci pour ton commentaire, j'essaye d'être un peu original. J'aime bien Lydia et j'essaye de lui rendre un peu plus justice que dans la série. Scott m'agace au plus haut pourtant, je vais avoir besoin de lui pour la suite (autant le torturer un peu au passage).
Loki Megurine : Voici donc la suite, ne frappe pas Scott tout de suite, laisse ce privilège à Derek.
Jonathan F R : Ne meurs pas je t'en prie, la suite arrive. J'espère que ça te plaira.
Bonne lecture à tous !
Chapitre 10 : Dérapages
"Je suis attirée par ce qui dérape. Dans la vie tout est dérapage. On tente juste de se canaliser pour ne pas tomber dans la folie. Je pense que l'âme humaine est faite de dérapages contenus"
Kate quitta sa chambre en prenant soin de refermer discrètement la porte. Sa petite sortie nocturne devait s'effectuer dans la plus grande discrétion. Personne ne devait savoir où elle se rendait. Certainement pas son indiscipliné de frère. Victoria avait également remarqué que Chris devenait méfiant ses derniers temps. Elle le soupçonnait d'avoir volontairement éloigné Allison ce week-end. Kate avait dû lui soutenir que son frère n'était pas stupide au point de laisser sa fille unique trainer avec un loup-garou et pire, de l'encourager à le fréquenter.
D'ailleurs, elle s'était réjouie de lui raconter leur petite virée de cette après-midi. Allison lui avait parut réceptive et alors là, peu importe que Chris tolère la présence de Scott. Le problème se résoudrait de lui-même. Ça ferait un loup-garou de moins.
En manœuvrant avec habileté, elle aurait accès à Derek et l'éliminerait. Quand lui et l'autre catatonique seront décédés, elle tiendrait sa vengeance. Sa bien aimée serait vengée et peut être enfin libérée de cette malédiction.
Pour l'heure, elle allait la rejoindre pour la purger une nouvelle fois du mal qui coulait dans ses veines. La sonnerie d'un téléphone l'arrêta dans sa descente silencieuse. Elle entendit son frère décrocher et discuter à voix basse. La conversation était incompréhensible. Sans importance du moment que cela occupait son frère le temps qu'elle quitte la maison. Elle capta tout de même un mot au passage et esquissa un sourire narquois. Le corps avait été découvert près du terrain de sport.
Elle se tiendrait au courant prochainement de ce que cela avait entraîné. Visiblement, il n'y avait pas eu de prise, sinon son équipe l'aurait averti. En montant dans sa voiture, elle se demanda tout de même qui avait pu avertir son frère. Peut-être était-il à nouveau en contact avec Stilinski ? Impossible, pas après l'explosion de leur amitié, il y a quelques années. Elle avait mis un point d'honneur à séparer son frère de ses mauvaises fréquentations. L'orgueil des uns et des autres avaient fait le reste. Ces mecs étaient ridicules. Bon, elle avait dû en tuer un au passage. Jack n'avait pas été facile à berner, mais il ne pouvait que faire confiance à la si gentille petite sœur de Chris.
Que de bons souvenirs ! Ce magnifique incendie. La maison d'une meute de loup brûle presque mieux que celle des autres. Enfin, c'était assez subjectif.
Elle arriva enfin à destination et son cœur se serra un peu à l'idée de pénétrer dans cette maison. Elle avait fait construire cette dernière dans le but de s'installer avec sa bien aimée. Dans un sens, elle vivait ensemble ici. Même si sa fiancée ne pouvait vivre pleinement tant que sa maladie l'affecterait. Kate descendit au sous sol, ouvrant différentes portes et se dirigeant sans peine dans ce labyrinthe souterrain. Elle avait tout prévu pour vivre avec elle au cas où elle ne pourrait la sauver. Elle ne permettrait pas qu'on la touche. Sa captivité était son seul moyen de survivre, il n'y aurait pas d'alternative. Son mal pouvait être soigné.
-Je suis rentrée ! s'exclama-t-elle joyeusement en déverrouillant une dernière porte.
Une jeune fille brune à l'air amorphe était assise dans un canapé neuf. Elle leva à peine la tête vers Kate quand celle-ci vint près d'elle.
-C'est l'heure de ton traitement ma chérie, continua-t-elle en allant chercher une aiguille ainsi que des poches de sang vide. Aujourd'hui, j'ai pu me libérer en personne. J'espère que ça te fait plaisir.
La jeune fille ne réagit toujours pas. Elle lui tendit mollement le bras lorsque Kate l'exigea et la laissa lui prélever autant de liquide vitale que cette dernière jugeait nécessaire. Kate la séquestrait ici depuis un long moment maintenant. Elle ne cessait de lui dire qu'elle avait trouvé le moyen de la sauver. La sauver de sa lycanthropie. Seulement, elle était née comme cela, ce n'était pas une maladie ni une malédiction. Elle avait tenté de lui dire, lui expliquer mais Kate était devenue folle. Elle ne l'écoutait plus depuis bien longtemps déjà.
Cela était, en quelque sorte, inévitable dans cette situation avec le poids de sa filiation qui contrait les élans de son cœur. Son esprit malléable d'adolescente franchissant la ligne de la folie pour ne pas sombrer en enfer.
Alors, après l'incendie qui ravagea sa maison, Laura partit sans lui donner de nouvelles. Sa famille venait de mourir, il ne restait que son frère qu'elle ne pouvait même pas recueillir. Son oncle était le seul survivant, Peter. Malheureusement, il finirait ses jours seul dans un hôpital, sans souvenir, sans pouvoir bouger. Jamais plus, elle ne le verrait courir une dernière fois et hurler à la lune. C'est comme s'il était mort ce jour là avec les autres. Elle ne passait que trop rarement le voir, la vision étant juste insupportable.
L'incendie. Une véritable obsession. Sa famille avait dû être droguée. Jamais un simple incendie n'aurait pu les retenir, pas les loups. Les loups n'auraient pas permis que les humains de la meute ne périssent. Mais qui avait pu les approcher d'assez proche pour les droguer sans éveiller les soupçons de la meute.
Le shérif, son parrain, s'était battu pour qu'elle puisse obtenir une réparation financière mais l'assurance bloquait toujours et l'héritage ne viendrait qu'avec des dettes si l'assurance n'allait pas dans leur sens. Son parrain lui avait fait parvenir de l'argent mais avec la perte de sa femme, il n'avait pas pu s'impliquer plus que cela. Son fils devait être sa priorité. Bien qu'il ait proposé à plusieurs reprises de prendre soin d'elle, elle ne pouvait les mettre en danger. Elle ne voulait pas s'imposer et préférait rester près de son frère.
Ce dernier semblait plus renfermé. Lui qui ne s'était jamais mêlé à quiconque ne faisant pas partie de sa famille, subissait un véritable calvaire dans sa famille d'accueil. Elle s'était arrangée pour obtenir un droit de garde une fois par mois. Au moment des pleines lunes, mais c'était intenable pour Derek. Il devenait de plus en froid, et renfermé.
En cherchant obstinément, elle réussit à obtenir un semblant de piste. Une piste qui l'avait ramenée près de Kate. Si près. Son collier l'avait trahi. Sa folie l'avait emportée trop loin. Ce n'était pas de l'amour. Elle avait tué sa famille et s'était perdue.
Laura avait attendu que son frère sache se prendre en charge lui-même avant de se confronter à la chasseuse. Ça ne s'était pas passée comme prévue. Elle avait toujours des sentiments pour elle, malgré ce qu'elle avait fait. Malgré ce qu'elle lui faisait. Kate comptait pour elle, même si elle demeurait une psychopathe meurtrière, elle croyait en son amour. Même si la fin était proche.
-Kate, je vais mourir, murmura Laura dans un soupir.
-Non, c'est la bête en toi qui meurt, assura Kate pleine d'espoir en la serrant dans ses bras. Bientôt, tu renaîtras et nous pourront vivre ensemble. Je t'aime tellement.
Laura aurait voulu lui dire qu'elle aussi, seulement, elle n'en avait plus la force. La main de Kate serra la sienne plus fort, elle lui souriait avec douceur.
Progressivement, le regard de Laura se fit vague et elle perdit connaissance. Le fil qui rattachait sa raison à son corps s'étiolait un peu plus chaque fois. Kate avait tort, ce n'était certainement pas la louve en elle qui s'éteindrait la première.
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Chris sauta dans sa voiture une fois qu'il fut assuré que personne ne se préoccuperait de ce qu'il allait faire. Le véhicule de sa sœur était manquant. Etrange, il ne l'avait pas entendu partir.
Cette sournoise se faufilait tel un serpent hors de sa vue pour mieux l'attaquer par derrière. Il était certain qu'elle manigançait encore quelque chose. Si elle était véritablement responsable de ces meurtres, elle allait forcément commettre une erreur et il la coincerait. Pas moyen qu'elle ne s'en sorte. Cette fois plus de faux semblant, il ne se laisserait pas berner.
Cette femme n'était plus sa sœur. L'avait-elle d'ailleurs été ? Chris ne ressentait que du dégoût pour sa famille. Il aurait dû briser tous liens avec eux plutôt que d'en arriver à ce genre de sentiments. Trop tard. Tout aurait pu être différent.
Il gara sa voiture un peu en retrait avant de rejoindre à pied l'endroit que Stilinski lui avait indiqué.
La forêt était glauque à cette heure de la nuit, quelques spots perçaient la noirceur rendant l'atmosphère plus lugubre entre les rubans de la police.
-Charmant comme lieu de rendez-vous, dit-il en guise de salut alors qu'il arrivait à hauteur du shérif les mains dans les poches de son manteau.
-Les bois, des lampes torches, un cadavre, tu connais mon sens du romantisme, répliqua son ami.
-Laisse moi faire la prochaine fois. Je suis plus chandelles et plats italiens, sourit Chris content de retrouver une certaine proximité avec son ami. Dis moi, ce corps est entier contrairement aux autres non ?
-Oui, et c'est bien le sang de Laura, confirma le shérif en se souvenant de la réaction de Derek.
-Tu as vu la quantité qu'il y a ! s'alarma légèrement le chasseur.
Stilinski s'écarta et laissa le chasseur examiner le corps. Il aurait été plus utile qu'il vienne avant que toute la police du comté ne ravage les indices. Seulement, cela était impossible. Maintenant, il ne restait plus que la victime et celle-ci serait bientôt emportée à la morgue pour l'autopsie. Enfin, peut-être verrait-il tout de même quelque chose qui pourrait relier la victime à son meurtrier ou à l'Alpha.
Étudiant avec attention le corps en lui-même, le chasseur eut un petit sourire victorieux, il était facile de trouver quand on savait où chercher. Chris préleva de la poudre à proximité du cadavre et la glissa dans un tube. Il essaya de l'identifier à la lumière d'un spot. Cette poudre était présente en petite quantité à un endroit bien précis, près du cou. Un endroit que seul un loup reniflerait pour s'assurer de l'identité de sa victime. Il ne reconnaissait pas la substance, elle ne faisait pas partie de l'attirail habituel, mais il connaissait ce genre de méthode.
-C'est malin. Elle a mis une sorte d'aconit dans le cou de cette fille. Je ne sais pas quelles en sont les effets mais je sais qui pourrait nous renseigner, glissa Chris fier de sa trouvaille.
-Elle ? Tu penses à Kate ? répondit le shérif sachant déjà qui les renseignerait.
-Qui d'autre utilise ce genre de méthode sournoise ? Mon père et il n'est pas là. Alors à part Kate ou Vic, je ne vois pas. Vic a les compétences de parfaite petite chimiste, elle aime faire des recherches sur les vertus de l'aconit et ses diverses utilisations. Kate, elle, est tout à fait du genre à mettre en application ce type de recherches. Alors oui, elle, finit Chris soufflé par ses propres conclusions audacieuses. Elle qui comme par hasard est revenue en même temps que la disparition de Laura et juste avant que ne commence cette vague de meurtre. Je ne crois pas réellement aux coïncidences.
Si seulement, il y avait la moindre chance qu'il ait tort mais non. Il savait qu'elle était cette fille dérangée. Il devait dorénavant concentrer ses efforts à faire chuter la marionnette dégénérée de son père. Dorénavant, il reniait son statut de chasseur, ce qu'il aurait dû faire à l'instant où Stilinski le lui avait demandé. Il avait été si proche de le faire à ce moment là, parce que c'était lui. Pour eux, leur amitié.
Mais, Vic lui avait annoncé qu'elle était enceinte et il s'était laissé emporté par son père. Victoria avait perdu ce premier enfant. Avait-il seulement existé ? Il doutait de tout désormais. Et puis Allison était arrivée … Il avait continué une double vie un peu bancale, retrouvant ses potes quand il le pouvait jusqu'à la tragédie. Là, il n'avait plus rien eu à retrouver, il avait fui pour oublier ce gâchis.
-Tu crois qu'il va nous recevoir ?
-Tu es le Shérif non ? assura Chris dans un sourire.
Stilinski acquiesça en souriant également et indiqua dans son talkie à son équipe qu'il pouvait emmener le corps. Pauvre fille, elle s'était retrouvé au mauvais endroit au mauvais moment et avait croisé la route d'une se demandait tout de même ce qui motivait Kate dans cette histoire. Capturer un Alpha ? La méthode était tout de même un peu extrême.
Qu'avait-il fait subir à Laura ?
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Quelques instants plus tard, Chris Argent poussait une porte vitrée faisant tinter une clochette. Quel drôle d'endroit, et surtout quelle couverture ! Ce gars était un excentrique dans son genre. Il fallait voir ses fenêtres en frêne, non mais quelle personne faisait cela ? Même les chasseurs n'utilisaient pas le frêne à tout bout de champ pour construire leur maison. Même son paranoïaque et fanatique de père. Il fallait vraiment qu'ils aient besoin de son aide pour venir le voir. Jack leur avait toujours dit qu'ils pouvaient lui faire confiance.
Chris savait pourtant que Stilinski se méfiait. Sans raison objective, à part son instinct, lui avait-il confié à l'époque avec un clin d'œil. Son instinct ne l'avait jamais trompé répétait-il inlassablement. Une de ses certitudes inébranlables comme sa loyauté.
-Nous sommes fermés, lui indiqua une voix.
-C'est pour une urgence, répliqua Chris amusé par la situation.
L'homme en blouse blanche se retourna en entendant sa voix. En voyant l'étincelle traverser ses yeux, Chris sut qu'il l'avait immédiatement reconnu. En même temps, cet homme plein de secrets savait dans quel camp il jouait, enfin croyait le savoir. Il se devait de connaître tous les pions de l'échiquier.
-Je n'ai rien à vous dire, expliqua l'homme en serrant les dents. Je ne peux rien pour vous.
-Au contraire, assura le shérif en apparaissant derrière Chris qui lui tenait la porte ouverte. Nous avons besoin que vous nous analysiez ceci, docteur Deaton.
Le shérif employait un ton qui ne laissait pas de place à la discussion. Il avait l'habitude d'être obéi et il n'appréciait guère le praticien. Deaton jeta un regard surpris au duo qui se trouvait devant lui. Il ne s'attendait certainement pas à les revoir côte à côte. Levant prestement la main, il attrapa au vol le flacon que lui lançait Argent. Une sorte d'aconit sans aucun doute. Il leur promit d'analyser au plus vite l'échantillon. Pour une fois que quelque chose lui échappait, il était curieux d'en apprendre plus.
Qu'est ce qui avait bien pu les réunir finalement ?
De plus, l'aconit était une spécialité des chasseurs, pourquoi l'un d'eux aurait besoin de ses compétences ?
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-Vous savez ce qu'on dit ? Une pizza sans pepperoni, c'est déprimant comme une pizza sans ami, déclara Stiles avec emphase.
-Peu importe du moment qu'il y a beaucoup de fromages, insista lourdement Lydia en se couchant à moitié sur Stiles pour récupérer le dépliant.
-Non, l'important ce sont les olives, répliqua Scott en rattrapant au vol le papier avant que Lydia n'ait pu poser le regard dessus.
-Il faut qu'elle soit à pâte fine ! répondirent à l'unisson Allison et Jackson ce qui leur attira un regard noir de Scott.
-Surtout pas d'anchois ! cria Danny qui lisait quelques documents que Stiles avait amené.
Dans un coin de la cuisine, téléphone en main Derek prenait l'air le plus exaspéré qu'il connaissait. Cette bande d'adolescents lui tapait sur le système. Il allait commander une quatre fromage à pâte fine avec pepperoni et supplément d'olives, taille extra et surtout base crème fraiche. C'était pas difficile de nourrir une meute, surtout quand elle était composée d'ado. Il attendit encore quelques instants, histoire d'être sûr qu'il n'y ait pas d'autres exigences. Peut-être devrait-il les bouffer, ça lui éviterait de devoir téléphoner et il aurait la paix.
Surtout celui au bout du canapé à côté de la rousse, il en ferait bien son dessert. Rien ne pressait se sermonna-t-il. Pourtant, rien n'interdisait de regarder.
Le téléphone de Scott sonna et le louveteau sembla réaliser quelque chose d'important. Il décrocha à toute vitesse bredouillant des excuses.
-Oui maman, j'arrive tout de suite. Je ne t'ai pas du tout oublié ! Ah le père de Stiles t'a dit ? et pour l'entraînement aussi. Mais oui, je t'aurais raconté tout ça en venant te chercher. Ok, j'arrive, termina-t-il en soupirant. Désolé les gars …
-Putain, on est pas prêt de manger ! râla Stiles. Mec, comment peux-tu oublier ta mère ? Ta mère sans déconner ! Elle t'a donné la vie, elle te prête sa voiture. Une mère, c'est pas le genre de truc qu'on oublie dans un coin, genre j'ai oublié ma montre sur le lavabo ou j'ai oublié de faire mon devoir d'histoire.
-On aura qu'à prendre la pizza sur la route, argua Lydia en se rechaussant pour être prête à monter en voiture, puis voyant que personne ne bougeait. Ben quoi, il va se déplacer tout seul ?
-ça va vite devenir lourd de se balader à 3 voitures dès que l'un de nous doit aller quelque part, fit remarquer Jackson en embrassant sa copine. Si ça vous dérange pas, je vais pisser, et seul, avant de partir.
-Sauf si tu as besoin d'aide, répliqua Danny narquois. Pour la tenir peut-être ?
Jackson lui envoya une de ses baskets que le nouveau louveteau évita facilement en rigolant.
-Pour viser alors non ? dit Danny en se saisissant de la chaussure pour la ramener à son propriétaire.
Scott fit une moue d'excuse aux autres. Il avait promis à sa mère de passer la prendre à la fin de son service en échange de quoi, elle lui prêtait la voiture. Evidemment, le facteur loup-garou n'avait pas été pris en compte. Il devrait faire plus attention aux promesses qu'il faisait. Sa mère allait finir par s'inquiéter et se mêler d'un peu trop prêt du côté surnaturel de sa vie. Non, Scott comptait éviter cela à tous prix. Sa mère avait assez de soucis comme cela et elle se mettrait en danger si jamais elle connaissait la vérité sur ses activités.
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Arrivé à l'hôpital, Scott se présenta avec Allison à l'accueil. Sa mère discutait un peu plus loin dans le couloir avec un homme passablement énervé. Le loup se servit de son ouïe surhumaine pour capter le dialogue. Ce n'était pas très poli mais bon. Il s'agissait du père d'Isaac et Scott était plutôt curieux d'entendre ses explications.
-Monsieur Lahey ! Mon fils pratique également ce sport et je peux vous assurer que je vois pas de telles marques sur son corps ! sifflait Melissa en colère.
-Madame McCall, votre fils ne s'entraîne peut-être pas aussi fort que le mien. Dans tous les cas, je ne vous permets pas d'insinuer que je maltraite mon fils ! Il ne me reste plus que lui. Il travaille dur et en plus de ses études et de ses entraînements, il travaille avec moi. Nous n'avons plus que l'un pour l'autre et même si c'est difficile, nous nous en sortons très bien. Je ne fais pas de mal à mon fils, s'énerva monsieur Lahey. Je lui donne l'éducation dont il a besoin.
-Peut-être, mais ce genre de marques ne vient pas du lacrosse, tout est dans le dossier. Parler avec lui, des camarades lui ont sans doute fait quelque chose, termina Melissa tout en sachant que le coupable se trouvait très certainement devant lui.
Scott ne put s'empêcher de vouloir frapper le père d'Isaac, juste pour lui montrer ce que ça faisait. Une rage sourde lui battait les tempes. Devant se calmer avant de commettre l'irréparable, il gronda entre ses dents à Allison de l'attendre là et se faufila à travers les couloirs. La jeune fille se doutait que ses sens de loup garou l'entraînait loin d'elle et elle comprenait. Elle comprenait que toute une partie de la vie de Scott échappait à son compréhension.
Allison l'observa s'éloigner à pas furtifs. Il tendit le nez pour capter l'odeur de l'adolescent.
Au début, le désinfectant lui piqua violemment les narines, puis petit à petit, il réussit à le dissocier du reste et suivit son odeur jusque dans sa chambre. Celle-ci était plongée dans le noir mais ce n'était pas un problème pour le jeune lycanthrope. Le torse d'Isaac était entièrement bandé. Sur le carnet au pied du lit, il était indiqué qu'il avait deux côtes fracturées, de petites entailles et de multiples contusions. Chaque marques sur la peau visible étaient une preuve de son calvaire.
Scott s'approcha doucement du blessé. Dans la pénombre, il observa sa poitrine se soulever doucement et régulièrement. Hésitant, il tendit la main pour effleurer celle de l'endormi. Le contact était chaud, presque brûlant. Il recula vivement comme pris en faute et se précipita au dehors. Que venait-il de se passer exactement ? Il se souvenait de la rage, d'avoir suivi un parfum délicieusement entêtant puis de s'être brûlé. Ses sentiments volaient en lui comme des oiseaux affolés dans une cage. Il ne comprenait plus.
En revenant à l'accueil, il percuta Allison et celle-ci arqua les sourcils intrigués. Son petit semblait chamboulé.
-Tu as vu le diable ou quoi ? demanda-t-elle en se remettant sur pied.
-Oui, enfin non ! se rattrapa-t-il. Où est ma mère ?
-Je ne sais pas mais regarde par là, désigna Allison pour détourner ses pensées du problème qui semblait l'occuper.
Seulement, Scott n'eut pas la même vision que sa copine qui elle voyait sa meute rassemblée en attente de deux de leurs membres.
Il aperçut d'abord un blouson de cuir noir contenant le loup qu'il détestait le plus au monde, accoudé à un distributeur que Stiles tentait de maltraiter en l'invectivant pour un paquet de chips. Stiles n'avait jamais de bol avec les machines. Avec rien en fait, se reprit-il en jetant un regard hargneux à Derek, profitant du fait que celui-ci ne regarde que Stiles. Attitude totalement ridicule selon lui. Comme si fixer Stiles pouvait justifier d'un quelconque attachement.
Il entendit son ami geindre auprès de Jackson.
-Pitié, donne moi encore un dollar ! Je vais mourir de faim, pleurnicha Stiles. Je suis un adolescent en pleine croissance.
-J'ai plus rien, s'excusa Jackson. Tu n'as qu'à secouer ce truc ou demander à Derek de le faire pour toi.
Le sportif lui avait confié la dernière pièce qui se trouvait dans le fond de sa poche et la machine ne prenait pas les billets. De plus, il considérait qu'ils étaient dans leur bon droit de secouer l'appareil, après tout, le paquet de chips était payé. Ce n'était pas de leur faute si elle était défectueuse. Ça ne devrait pas poser de problème à l'un des supers loups garou de la meute de récupérer le bien de Stiles. Derek était appuyé sur la machine, il pouvait lui donner un discret coup d'épaule. Au moins, Stiles cesserait de s'agiter un instant et ils auraient droit à un peu de silence.
Derek allait s'exécuter quand un autre loup intervint pour calmer Stiles qui délirait à propos de conspirations.
-Stiles, tu as fini de te faire remarquer, le coupa Scott dans son délire. C'est un hôpital ici.
-Scott mon pote, file moi du blé ! Maintenant, exigea soudain l'adolescent survolté, en voyant là, le dernier à qui il n'avait pas encore demandé.
Sans plus discuter, Scott s'exécuta dans la minute et sortit la monnaie de sa poche pour la fourrer dans la main tendue de Stiles. Il était bien content d'accéder à ses désirs, évitant ainsi que Derek ne se mette encore en avant. En relevant la tête, il croisa justement le regard de Hale.
Ses iris veinés de rouge brûlaient, irréels sous les néons du couloirs. Le temps qu'il en prenne conscience, ils avaient repris leur teinte normale et Stiles sautait tout excité vers le distributeur. Scott se dit qu'il avait dû rêver. Un effet de l'antipathie que lui inspirait naturellement le brun, certainement. Juste une illusion, il devait être bien fatigué et perturbé pour que ses sens lui jouent des tours.
-Scott, mon chéri, l'adjoint du shérif est là pour te poser quelques questions, l'appela sa mère près d'Allison rester à l'autre bout du couloir. Tu n'étais pas obligé de te faire accompagner par autant de monde, désigna-t-elle la troupe du menton. N'est ce pas Stiles qui englouti un paquet de chips ? Le même qui me fait un cours de nutrition en m'assurant que les dites chips sont cancérigènes et dangereuses pour la santé ?
-Maman, on peut faire vite, on avait prévu de se faire une soirée ciné chez Jackson et on n'a pas encore les pizzas. De toute façon, je ne connaissais pas la victime, conclut-il.
Sa mère l'observa en faisant une petite grimace inquiète. Son fils n'était visiblement pas dans son assiette. Quelque chose semblait fortement le préoccuper. En même temps, entre le meurtre d'un condisciple et l'attaque de la bête sauvage lors de l'entrainement, il y avait de quoi perturber des adolescents. Elle comprenait le besoin qu'ils avaient de passer du temps ensemble pour en parler et se rassurer. Elle-même ne souhaitait que rentrer se reposer et la perspective de passer une soirée sans adolescent la tentait bien.
-Melissa ! interpella une infirmière. Super ! Est-ce que tu pourrais rester encore un peu ? Cindy n'est toujours pas arrivée et elle est injoignable.
-Bien sûr mais …
-J'espère qu'elle a une excuse valable, parce qu'avec le manque de personnel ces derniers temps, c'est un peu la galère, marmonna l'infirmière avant de tendre dans un sourire la feuille de service à la mère de Scott. Encore merci, je ne me voyais pas faire tourner le service sans une personne supplémentaire.
Ce travail était vraiment une vocation. Melissa soupira en disant adieu à sa soirée tranquille et se concentra un minimum sur les questions, somme toutes banales qui étaient posés à son fils. Il n'avait pas menti en disant qu'il ne connaissait pas la victime. Sa disparition en elle-même ne semblait pas l'affecter. Pourtant, elle voyait bien que quelque chose le préoccupait. Ce n'était pas ce soir qu'ils auraient le temps d'en discuter mais elle se promit de prendre le temps pour une petite conversation. Cela faisait un moment qu'ils n'avaient pas pris le temps de s'intéresser à la vie de l'autre. Depuis que son fils fréquentait une fille en fait. L'officier les remercia enfin et elle réclama les clefs de la voiture sachant que Scott se ferait véhiculer par un de ses nombreux camarades, alors qu'elle ne savait pas à quelle heure, elle sortirait.
Pourquoi diable étaient-ils tous venus ? se redemanda-t-elle une dernière fois en observant le grand brun qui semblait plus âgé que le reste de la bande tirer en arrière un Stiles agité par le col de son pull.
-Scott qui est le garçon avec Stiles là bas ? demanda-t-elle dans le vide puisque son fils décida de les ignorer, elle et sa question.
-C'est Derek Hale, le petit copain du fils du shérif, répondit l'officier de police lui tendant un papier à signer en regardant le couple du coin de l'œil.
-Stiles a un petit copain ? s'étonna Melissa en jetant un autre regard à Scott qui continua de faire celui qui n'entendait rien quand il parlait à sa copine.
Après avoir fini les démarches administratives concernant l'enquête sur la mort de Milt et avant de prendre son service, elle se dirigea vers le groupe d'amis. Vers Stiles plus précisément. Scott ne lui avait pas parlé de cela et elle était curieuse d'être présentée à la personne qui sortait avec son presque deuxième fils. Scott suivit la manœuvre du coin de l'œil, ne pouvant hélas pas intervenir.
-Bonsoir vous tous. Stiles, tu pourrais me présenter ton ami ? demanda Melissa consciente d'être un peu indiscrète enfin pas plus qu'elle ne l'avait été quand elle avait rencontré Allison.
La jeune fille était en pleine discussion avec Scott un peu plus loin. Son fils n'avait d'ailleurs pas daigné lui répondre. A croire qu'Allison l'hypnotisait, Scott avait bien changé depuis quelques temps. Mais, ce n'était pas ce qu'il l'intéressait sur le moment. Stiles regardait Melissa McCall avec des yeux ronds.
Lui présenter son ami ? Lequel se demandait-il en cherchant autour de lui ? Focalisant son attention sur Lydia qui lui faisait des signes indiquant quelqu'un à côté de lui, il suivit son doigt et y trouva Derek agacé à l'autre bout. Cet ami là ? Mais pourquoi ? Ils étaient pas amis non ? Si ? Se protéger, c'était de l'amitié déjà. Il revint au visage de la mère de son meilleur ami pour avoir une indication. Une certaine excitation s'affichait ainsi qu'une pointe de joie inexplicable. Elle semblait contente pour lui et en même temps curieuse.
-Ben, voilà Derek. Derek, c'est la mère de Scott, commença-t-il pas très sûr de lui.
-Enchantée ! Alors comme ça vous sortez avec Stiles, je le voyais moins à la maison depuis quelques temps, je pensais que c'était parce que Scott fréquentait une jeune fille. Mais en fait, ce petit cachottier voyait également quelqu'un. Qui aurait cru ? Et dire que Scott râlait à longueur de temps à propos de tes bavardages sur cette autre fille ….
-Maman ! intervint Scott qui écoutait la conversation d'une oreille depuis que sa mère s'était rapprochée.
Derek ne daigna pas serrer la main tendue de Melissa et se contenta d'esquisser un léger mouvement de tête. La mère de Scott ne s'en formalisa pas et fit un petit signe avant de ramener son bras le long de son corps. Scott, de son côté, redoutait une nouvelle démonstration de Derek impliquant Stiles et un échange de salive, plus encore que ce que les propos de sa mère pourrait signifier aux yeux des autres. Braquant son regard effrayant vers Scott, le loup le plus âgé essaya de déterminer le pourquoi de son agitation, avant d'esquisser un sourire narquois.
-Ami ! sembla réaliser brutalement Stiles à voix haute. Derek, mon petit-ami. C'est curieux parce qu'il est pas petit du tout. Il est plus grand, à tous les sens du terme, en âge et en taille et en muscles et …par conséquent, on pourrait plutôt dire que c'est mon grand ami. Mon grand ami Derek.
Lydia leva les yeux au ciel en entendant son ami se perdre dans des explications absurdes. Jackson se demanda un instant comment un gars qui embrassait devant tout le monde un autre garçon comme Derek, pouvait se mettre à … à faire ça : gesticuler et délirer. Danny soupira devant ce spectacle, pensant que Stiles avait un peu de mal à faire son coming-out. Pauvre garçon, il l'aiderait volontiers mais, il préférait laisser son petit-ami gérer tout ça. Question de survie.
Adepte du silence et des démonstrations pratiques plutôt que théoriques, Derek s'approcha de son adorable petit bavard comptant mettre en œuvre une méthode éprouvée ces derniers jours. Bien entendu, Scott ne l'entendit pas de cette oreille et attrapa Stiles par le poignet pour le tirer hors de la trajectoire du loup pervers et profiteur.
Lançant un regard meurtrier, Derek souffla bruyamment en voyant la grimace de douleur de Stiles qui avait vivement retiré son poignet et le massait désormais cachant son regard paniqué en fixant ses chaussures.
-Tu es blessé Stiles ? s'inquiéta madame McCall en voyant la réaction excessive de Derek. Laisse moi voir.
-Non, c'est bon, assura-t-il d'une voix tremblante. Je me suis fait mal à l'entrainement.
Melissa releva le visage vers Derek pour s'assurer qu'il n'avait pas maltraité l'adolescent. L'étincelle d'inquiétude qui traversa un instant ses prunelles en fixant Stiles attentivement, ne laissait pas de place au doute : il n'était pas coupable de cela. Ce n'était pas parce qu'il avait une attitude un peu froide et hostile qu'il martyrisait son copain. Au contraire, la façon dont il l'attira contre lui pour le rassurer, l'incitait à croire qu'il était du genre protecteur. Voilà pourquoi Scott ne semblait pas l'apprécier.
Croyait-il que ce gars allait écarter Stiles du chemin de leur amitié ? Elle secoua la tête en regardant son fils. Les adolescents se torturaient avec un rien. En revanche, l'attitude de Stiles n'était pas clair. Elle ne l'avait jamais vu comme cela, seulement, elle ne pouvait pas s'imposer. Stiles ne s'ouvrait pas facilement contrairement à ce que son exubérance pouvait laisser croire.
-Si ça ne passe pas ou que tu as besoin de parler. Tu sais où me trouver Stiles, lui dit-elle avant de filer prendre son service.
Derek savait au fond de lui que Scott méritait d'apprendre, au plus tôt, qu'on ne touchait pas à son petit-ami. C'était une nécessité pour que la cohésion de la meute ne soit pas mise en péril. Toute leur dynamique reposait sur le respect de chacun. Stiles était désormais comme une extension de lui-même et soyons franc, il ne viendrait pas à l'idée de Scott de le toucher.
Pour le moment, la priorité était de faire reprendre un rythme cardiaque normal à Stiles. Un rien le faisait grimper au plafond et le rendait nerveux. Inutilement nerveux. Un tel niveau de stress nuisait à son rétablissement. Stiles se blottissait contre lui, il sentait son souffle chaud pénétrant son t-shirt pour atteindre sa peau. Il aimait mélanger ainsi leurs odeurs. C'était imperceptible pour Stiles mais cela le rassurait lui.
Magiquement, ce qui le rassurait lui, semblait apaiser l'adolescent passant par un lien invisible entre eux. Il aurait pu le garder contre lui durant une éternité même si ce n'était ni le lieu ni le moment.
Le distributeur choisit ce moment précis pour débloquer le paquet qui lui avait été demandé plus d'une demi heure plus tôt. Il tomba mollement dans le silence de plomb tombé sur le groupe. Stiles se détacha de l'étreinte protectrice de Derek et alla s'en emparer.
Ainsi libéré, Derek se jeta sur Scott et l'attrapa à la gorge, le réduisant au silence. Avant que Stiles ne se retourne, il le traîna dans une chambre sans qu'aucun des autres membres n'ose protester.
-Lâche moi, gronda Scott ne supportant d'être à la merci de ce psychopathe.
Le loup furieux le toisa méchamment. La colère vibrait en lui et il savait que s'il ouvrait la bouche, il perdrait le contrôle. Le peu de contrôle qu'il lui restait lorsque Scott faisait quelque chose de stupide. Il se contenta donc de gronder plus fort sur ce louveteau ignorant. Scott réussit à se défaire de la poigne et se réfugia près de la fenêtre. Un peu désorienté, son regard erra dans la pièce, s'arrêtant un instant sur l'occupant relié à des machines. Puis, il revint à Derek qui ne semblait pas décolérer. Pour un peu, on pourrait le croire réellement concerné.
-Je ne voulais pas lui faire mal, s'excusa-t-il sachant que cela ne suffirait pas.
Le regard de son vis-à-vis se fit plus dur en croisant les bras contre sa poitrine. Scott prit son mal en patience, il refusait de céder du terrain. Peu importe ce que Derek voulait de lui ou de Stiles ou même encore de la meute au complet. Scott savait que son ami avait besoin de lui pas de ce manipulateur. Les marques sur ses bras, son attitude, tout criait qu'il était ébranlé par son agression. Impossible qu'une armoire à glace insensible puisse l'aider. A part profiter de lui, qu'attendait-il de cette mascarade ?
Derek refusait de le laisser s'en sortir aussi facilement. L'hostilité dont Scott avait toujours fait preuve à son égard, était incompréhensible. Il fallait qu'il crache ce qu'il avait sur le cœur pour pouvoir progresser.
-Pourquoi refuses-tu systématiquement ce que j'apporte ? demanda finalement Derek entre ses dents. Je t'ai aidé quand tu en as eu besoin et tu me rejettes depuis notre première rencontre. Pourquoi ?
Brisant le silence, cette question resta suspendue entre eux. Objectivement, Scott ne pouvait pas avouer qu'il l'avait détesté dès la première seconde où Stiles l'avait trouvé trop classe dans son blouson. Ajoutant presque immédiatement qu'il était flippant, mais Scott savait que Stiles aimait ce genre, un peu dangereux. Il n'y avait qu'à voir comme il encensait Lydia Martin. Une grimace de dégoût s'imprima clairement sur son visage et il ne put empêcher un rictus méprisant d'apparaître voyant la mine du loup dans l'attente d'une réponse.
-Puéril adolescent nombriliste comme d'habitude, claqua Derek pour obtenir une réaction.
Les yeux de Scott luisirent de colère dans l'ombre. Il s'agaça d'autant plus de voir Derek maître de lui-même prêt à riposter à une attaque physique, ce léger sourire arrogant au bord des lèvres. Tout comme son père. A toiser les autres de haut, à exiger des réponses, donner des conseils et démontrer qu'il est le meilleur.
Scott se tourna vers la fenêtre, lui tournant clairement le dos en signe de mépris. En lui bouillonnait toute la haine que lui inspirait son géniteur. Colère qu'il retournait aisément contre Derek. Dehors, la nuit semblait calme. Il souhaitait s'y fondre un instant pour oublier. Oublier son cœur blessé, oublier son aversion pour son père. Courir entre les arbres et se laisser bercer par la lune. Ce genre d'envie le prenait de plus en plus souvent.
Néanmoins, le tirant de sa rêverie mélancolique, un bruit attira son attention sans en prendre conscience, il avait laissé une oreille trainer vers Isaac. Juste par inquiétude. Une chose anormale faisait affoler les machines de sa chambre.
Cette chose le poussait à s'y rendre rapidement. Impérieux besoin de s'assurer que rien de grave ne se passait. Rien n'existait plus que l'attraction exercée sur son corps et sa volonté. D'un mouvement, il ouvrit la fenêtre et sauta par-dessus. Le chemin le plus court passait ailleurs que par une lutte stérile avec Derek. Il n'avait plus le temps de se soucier de ce gars et de ses discussions inutiles.
Surpris par son attitude, Derek le regarda faire en pensant que ce gamin avait de sérieux problèmes. Cette conversation n'était pas finie et le ton serait nettement moins aimable quand elle reprendrait.
En attendant, il avait d'autres points à régler. Stiles semblait atteindre ses limites pour aujourd'hui. Le reste de la meute également, elle restait encore fragile et il devait leur permettre de reprendre des forces. Derek savait que les jours à venir seraient certainement aussi remplis et éprouvant que celui-ci.
Pour être au maximum, ils devaient tous prendre du repos et le plus tôt serait le mieux. Ensuite, ils pourraient commencer l'entraînement, puis ils passeraient à l'attaque.
En sortant, il fit tomber Allison et Jackson qui avaient l'oreille collée à la porte pour écouter ce qui se passait entre lui et Scott. Un haussement de sourcil amusé avant de les enjamber puis il se rendit auprès de Stiles qui était en grande conversation avec Lydia et Danny sur les effets que le sang d'un Alpha avait sur les autres loups. Tout à fait le genre de conversation à avoir en public, grogna-t-il en s'approchant.
-Vous étiez où ? Mais enfin où est Scott ? L'infirmière là-bas nous a déjà demandé deux fois de partir. Ici, c'est un hôpital et les heures de visites sont finies depuis longtemps. En plus, on a personne à « visiter » … Enfin, elle a pas l'air commode. Rassure toi, tu es toujours au top des gens à l'air pas commode. Qui pourrait rivaliser d'ailleurs ? débita Stiles en se relevant. Un peu comme cette race de chien au visage écrasé, t'es né avec cet air peu engageant. C'est naturel, personne ne peut lutter, finit-il avec un brin d'insolence.
Derek appliqua donc sa meilleure réaction en la circonstance à savoir : plaquer violement Stiles contre un mur et se coller contre lui. L'effet escompté eut bien lieu. Stiles se tut, le souffle soudain court.
Pour le loup, son insolence n'avait certainement pas eu d'autres buts que de se retrouver dans cette situation et Derek était plus qu'heureux de rentrer dans ce genre de jeu. Derek ne sortit pas les crocs, il se contenta de le fixer laissant leur souffle se mélanger. Les hormones adolescentes firent le reste et Stiles vira finalement au rouge. Bredouillant, n'osant pas trop gigoter, il posa tout de même ses mains sur le torse musclé pour tenter de le repousser sans vraiment le vouloir. Peut-être voulait-il l'attirer en fait ? Se fondre en lui ou fondre tout court.
Les autres autour d'eux étaient intrigués par ce spectacle si particulier. Or, autour d'eux n'existe plus pendant un instant. Une éternité. Le regard de Stiles finit par se voiler légèrement. Il aime être dans les bras de Derek. Il se sent protégé et hors d'atteinte. Dans cet espace réduit, il est à l'abri, c'est le deal. Même s'il en veut plus et qu'il déborde parfois de leur étrange accord.
Tant que Derek l'accorderait, il prendrait ce qu'il lui fallait. Etait-ce égoïste ? Pouvait-il l'être juste un peu, juste avec lui, juste un instant ?
Tant que leur marché tenait, il pourrait bénéficier de l'attention du loup. C'était très certainement éphémère mais la vie en elle-même l'était, surtout pour un humain, alors autant en profiter. Au moins un peu.
Pouvait-il se l'accorder ?
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Après être à nouveau entré dans l'hôpital, Scott bifurqua pour éviter sa mère dans un couloir. Pour lui, il n'y avait pas de temps à perdre. Une certaine urgence lui nouait les entrailles. Après s'être assuré que la voie était enfin libre, il put rejoindre la chambre. En pénétrant à l'intérieur, les bips s'étaient étrangement tus. Les machines avaient juste été débranché et le coupable expirait bruyamment, le corps à moitié hors du lit. Isaac serrait convulsivement les draps entre ses doigts pâles, tentant de reprendre son souffle. De maîtriser les spasmes qui le secouaient.
Silencieux, Scott semblait fasciné par le corps meurtri, se débattant avec lui-même, légèrement suffocant comme un poisson hors de l'eau sous la clarté lunaire. La beauté mélangée à la violence de cette scène excitait les sens du loup, lui donnant envie de sexe et de sang. Une envie brutale et quasiment irrépressible. Scott se mordit la lèvre jusqu'au sang avec ses crocs et enfonça ses ongles dans les paumes de ses mains, avant d'intervenir et de soulever Isaac. D'expérience, il le savait léger. Il se débattit mais Scott plaqua violemment ce corps blanc contre le matelas. Le lit grinça sous le poids des deux corps.
Un gémissement étouffé, plaintif et Scott se détacha légèrement. Isaac avait déjà deux côtes brisées. Les regards se heurtèrent durement, la tempête faisait rage chez le blessé. Indomptable.
Brillant d'or, les yeux de Scott voulurent dominer, s'imposer. Furtivement, Isaac ressembla à Stiles sous lui, comme dans un rêve. Un cauchemar. Le goût métallique se tarit dans sa bouche, ramenant un semblant de raison dans son esprit.
Sous le choc, il recula. Sa peau sentant encore la chaleur de l'autre qui le fixait interdit. Blessé.
-Tu ne dois pas te lever, souffla Scott. Tu dois te reposer pour guérir.
Isaac étouffa une quinte de toux et détourna le regard. Contractant sa mâchoire, il voudrait ignorer l'intrus. Le même qui aurait dû l'abandonner là bas. Encore là. Il avait été invisible pour lui depuis toujours et depuis tout à l'heure, il lui était impossible de faire un pas sans tomber et se retrouver dans ses bras. Et ce regard. Prédateur, exigeant.
-Reste. Au moins ce soir, ajouta le loup en reculant, leur souhaitant du répit.
Son dos heurta la porte. Il voulait fuir encore. Que faisait-il exactement dans cette chambre pour la deuxième fois en moins d'une heure ? Isaac pouvait bien faire ce qu'il voulait non ? Pourquoi ses sens lui avaient soufflés qu'il était en danger ? Isaac commença à trembler violemment et son pouls s'affola. En trois pas, Scott fut de nouveau près de lui. Finalement, Isaac se calma et perdit connaissance au moment où les doigts du loup se posèrent sur son épaule.
Qu'avait-il voulu lui faire quelques instants plus tôt ?
Espérant ne pas avoir aggravé son état, Scott appuya sur le bouton d'appel de l'infirmière et disparut sans un bruit avec la tête pleine de questions. Aujourd'hui, ses pas ne semblaient le mener que vers Isaac et ses pensées également.
Il se traîna vers sa meute, souhaitant presque qu'ils l'aient abandonné. Ici. Au moins, il aurait une excuse pour courir un peu, vider son esprit. Expier sa folie.
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Lydia vit arriver Scott avant les autres. Il semblait perdu dans ses pensées. Son intuition lui soufflait que ce n'était pas dû à son altercation avec Derek. Où avait-il disparu ? Il se laissa tomber à côté d'Allison sans regarder les autres et entrelaça leurs doigts. Ses doigts tièdes et rassurant.
-On peut y aller, lui demanda-t-elle. Je crains que ça ne dérape.
Scott lui lança un regard signifiant qu'il était certainement trop tard, que tout avait déjà dérapé depuis cet entrainement raté. Ses yeux de chiots perdus dans lesquels transparaissaient une douleur connu de lui seul, furent vite remplacé par son regard doux habituel, dédié à sa copine.
Lydia plissa attentivement les yeux, Scott se sentait coupable de quelque chose envers Allison. Etait-ce encore en rapport à Stiles ? Ce que ça semblait compliqué quand l'autre ne répondait pas à ses attentes. Elle le pensait pourtant heureux et amoureux d'Allison et que sa petite crise lui passerait dans quelques temps. Enfin, elle espérait que ça passerait avant que Derek ne soit obligé de le tuer ou de l'humilier publiquement. Quoi que ça pourrait être drôle … parce qu'elle ne l'aimait pas vraiment et qu'elle le trouvait bête. Mais bon, il faisait partie de la meute et elle serait quand même embêtée pour lui. C'était d'ailleurs assez étrange comme sentiment. Ce lien qui n'était pas là hier quand elle s'était levée et qui depuis la traversait pour la connecter aux autres. Un mélange de présences, de sentiments et de protection. Paradoxalement, elle se retrouvait donc à s'inquiéter pour un gars qu'elle n'appréciait pas. Avec ce lien, son intolérance envers les idiots était bridé. Encore fallait-il que l'idiot en question fasse partie de la meute et heureusement ! Il serait tout simplement insupportable de devoir tolérer ou s'inquiéter pour l'armée de crétins qui peuplait le monde.
Jakson lui serra la main et l'attira à lui pour la mettre debout. Il était content qu'une sorte de cohésion règne au sin de leur groupe. Au niveau sportif, cela avait amélioré leur cohésion sur le terrain. Danny semblait s'en tirer relativement alors qu'il avait failli le perdre hier. Son premier véritable ami, qui l'avait supporté alors qu'il ne se supportait pas lui-même.
Et puis, sa Lydia semblait rayonnante d'avoir quelque chose de nouveau pour lui occuper les neurones. Il savait qu'il n'était pas à la hauteur pour discuter avec elle. Le plus impressionnant étant qu'elle ne lui en tienne pas rigueur. Elle qui était si intolérante. Il n'avait qu'une crainte, la perdre. Qu'elle le quitte en le traitant de stupide et arrogant sportif.
Elle qui était si belle et intelligente, semblait le comprendre et le supporter. Il déployait des efforts considérables pour la satisfaire et la garder. L'impressionner.
Heureusement que Derek semblait être très intéressé par Stiles, sinon il savait qu'il n'aurait pas fait le poids face à l'adolescent surdoué. Quoi que Lydia ne lui avait jamais donné de raison de croire qu'elle pourrait le quitter pour qui que ce soit. Même alors que Stiles semblait transpirer d'amour pour elle chaque jour.
Dans son sourire, il voyait tout le bonheur du monde. La meute ne ferait pas que les protéger, elle leur apporterait beaucoup plus que cela. Et eux, ils avaient envie d'y apporter beaucoup également. C'était plus qu'une famille. C'était bien. Juste bien. Ils s'investiraient, pensa-t-il, serrant Lydia contre lui en regardant les autres.
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Sur le trottoir devant la clinique vétérinaire, Chris et le shérif savouraient en silence leur retrouvaille dans le monde surnaturel. Chris était bêtement content de se retrouver là, en compagnie de John, même si la situation était dramatique et que sa vie s'avérait être un échec. C'était un peu comme de réparer quelque chose de casser en lui.
Stilinski se tourna pour faire face à Chris. Quelque chose comme un sourire flottait sur les lèvres du chasseur. John n'avait pas vu cela depuis longtemps et il trouva que c'était merveilleux. Pendant un instant, les problèmes disparurent devant ce spectacle.
-Tu veux prendre une bière ? lui proposa-t-il.
-Avec plaisir, répondit Chris.
Alors ? Vous en pensez quoi ?
