Hello hello, amis lecteurs !
Désolée pour le retard dans la publication, je suis partie à Paris pour mon anniversaire, et là ce week-end on avait un spectacle avec ma troupe - je pensais avoir le temps de poster ce chapitre dimanche, mais finalement je n'ai même pas pu aller sur mon ordi de toute la journée !
Bref, j'aimerais remercier tous ceux qui ont mis cette histoire dans leurs Follows/Favs et surtout tous ceux qui ont laissé des reviews ! Agathe et Pauline et Rineca, bien sûr (les plus fidèles :-p ) mais aussi SScarlet (ah, pour le moment Sanji ne fume encore que la pipe... les clopes viendront plus tard !), Arya Cahill (wouah ! très honorée que ma fic t'emballe autant ! même si c'est un UA ;-) ), Alzyr (merci pour tes compliments, j'espère que la suite continuera à te plaire), Saemoon (ah oui, la question de la foi va être problématique... quant à Moria, tu verras bien ! j'aime bien faire durer le suspense ^^) et Elowlie (ahah, comme je l'ai dit précédemment, le concept de cette histoire m'est venu un peu par hasard et je me suis dit que ça valait franchement le coup de le développer ! contente de voir que cette opinion est partagée =D ).
Et sans plus tarder, voici la suite ! Bonne lecture ! ^^
Sanji était toujours inconscient quand Chopper arriva. Entretemps, Luffy et Zoro l'avaient allongé sur son lit, à l'appartement, et le blond évanoui s'était instinctivement recroquevillé sur lui-même, les bras repliés au-dessus de son estomac. Le sabreur n'avait pas osé le changer de position, se disant qu'il valait mieux que le malade soit sur le côté, au cas où il vomirait encore. Sa respiration était toujours laborieuse, et son front moite était plissé de douleur. De temps en temps, il marmonnait quelque chose d'incompréhensible, et s'agitait dans un délire fiévreux. Ce n'était tout de même pas l'évocation des princes-évêques de Liège qui l'avait mis dans un tel état ? D'accord, en tant que protestant ayant été traqué toute sa vie, Sanji avait des raisons de paniquer à l'idée de mettre les pieds dans le plus haut lieu de pouvoir d'un fief catholique. Mais de là à s'évanouir de frayeur, et à en être littéralement malade ! Non, il y avait certainement autre chose – Sanji n'était pas une petite nature, après tout.
Zoro s'en voulut de ne pas avoir pensé à l'évidence lorsque Chopper se mit à tempêter et à maudire les inconscients qui avaient fait manger au cuistot des spaghettis bolognaise quand il en était à peine au stade de la réintroduction de solides dans son alimentation.
- Arrythmie, troubles respiratoires, nausée, douleurs abdominales, confusion et troubles du comportement ! Tout cela sont des symptômes liés à une renutrition inappropriée ! leur révéla le médecin en herbe, à cran. Maintenant, à cause de vous, il pourrait tomber dans le coma et mourir ! Bravo !
- Mais... Je ne comprends pas... Il allait très bien après avoir mangé, se défendit Zoro, les sourcils froncés.
- D'après ce que vous m'avez raconté, il est très probable que la crise de panique qu'il a faite ait mis son corps en état de choc et ait provoqué cette réaction, répliqua Chopper d'un ton froid.
- Et… qu'est-ce qu'on peut faire ? demanda Luffy d'une toute petite voix.
- Rien ! Sortez de cette chambre ! Je vous appellerai si j'ai besoin de vous ! S'il fait des convulsions, il me faudra quelqu'un pour le maintenir !
Luffy et Zoro se retrouvèrent côte à côte sur le canapé, silencieux et unis par une même angoisse. Luffy devait certainement se sentir coupable d'avoir poussé Sanji à manger de la viande – mais pour Zoro, cette situation rappelait beaucoup trop une autre attente similaire, trois ans plus tôt, lorsqu'il s'était retrouvé seul dans un couloir d'hôpital, encore couvert du sang de Tashigi, et qu'un jeune interne d'à peine 17 ans, aux yeux de biche et à la tignasse indomptable, lui avait annoncé que sa femme s'en sortirait, mais que malheureusement elle avait perdu l'enfant, et ne pourrait plus jamais en avoir. Cela avait été un coup dur pour le kendoka, évidemment – mais l'essentiel était que Tashigi s'en remettrait. Ils surmonteraient cette épreuve à deux, tant qu'ils étaient ensemble. De toute façon, ils étaient encore jeunes, et puis il y avait toujours l'adoption. Cela, c'était ce que Zoro s'était dit pour se consoler – hélas, pour Tashigi, ça n'avait pas suffi. Elle s'était enlisée peu à peu dans les marécages de la dépression, et malgré tous les efforts du sabreur pour lui redonner goût à la vie, il avait suffi de quelques mois pour qu'elle mette fin à ses jours, le jour-même où elle aurait dû accoucher de leur fille.
Pour Zoro, ç'avait été la confirmation que tous ceux qu'il aimait finissaient tôt ou tard par le quitter, et qu'il ne servait à rien de s'attacher. Sa sœur était morte par sa faute, en allant chercher sa pierre à aiguiser suite à la promesse qu'ils s'étaient faite. Son père avait continué à diriger le dojo, et à former son fils pour qu'il puisse lui succéder un jour, mais il n'était plus qu'une enveloppe vide, sans âme. Toute joie avait quitté ses yeux, et il n'y avait que lorsque Zoro remportait un tournoi qu'il voyait à nouveau brûler cette lueur, cette étincelle de fierté dans ses pupilles, et que l'ombre d'un sourire passait sur ses traits comme un reflet du passé. Puis, quand le futur champion avait eu 19 ans, Koshiro s'était éteint – paisiblement, dans son sommeil, comme une bougie qu'on souffle, sans larmes ni fracas. Ses dix dernières années n'avaient été qu'un sursis, de toute façon – en vérité, il était bel et bien mort en même temps que Kuina. Et Zoro avait repris le dojo avec l'aide de ses amis Johnny et Kosaku.
Peut-être était-ce parce qu'il savait que la vie était courte, qu'il avait demandé Tashigi si rapidement en mariage, après un an seulement. Tashigi, qui lui rappelait chaque jour ce à quoi sa sœur Kuina aurait dû ressembler si elle avait vécu. Au début, lorsqu'elle avait rejoint les élèves du dojo, Zoro avait refusé de la combattre, trop troublé par le souvenir de sa sœur. Mais elle avait persisté, et il avait appris à la connaître peu à peu. Et à l'apprécier pour qui elle était, au-delà de toute ressemblance avec Kuina – même si la culpabilité n'avait cessé de le tarauder lorsqu'il s'était rendu compte qu'il était amoureux d'elle. Était-ce bien normal ? N'était-ce pas malsain ? Assailli par le doute, l'épéiste n'avait pas osé agir sur ses émotions, et c'était Tashigi qui avait dû l'embrasser en premier. Et là, c'était comme si la pièce du puzzle qui manquait à sa vie venait de s'emboîter parfaitement, comme s'il se sentait complet pour la première fois. Et il avait compris qu'il avait perdu suffisamment de temps avec des questions stériles.
Durant ces trois années passées avec Tashigi, Zoro s'était de nouveau cru autorisé à être heureux. Il avait oublié, pour un temps, la culpabilité qui l'étreignait toujours à la pensée de Kuina, et de son père. Il avait même mis de côté la promesse faite à sa sœur, se disant qu'une vie passée aux côtés de la jeune inspectrice de police, à enseigner son savoir aux élèves du dojo, lui suffirait. Mais la vie l'avait détrompé, et de la manière la plus cruelle – c'est pourquoi, après la mort de sa femme, Zoro s'était fait le serment de ne plus jamais se laisser détourner de son objectif avant de l'avoir atteint. Les sentiments ne servaient à rien, de toute façon, sinon à souffrir. Avec l'aide financière de Nami, il était donc parti au Japon pour revenir aux sources et suivre l'enseignement de Ryuma, sabreur légendaire. Il avait pu ainsi revenir en force dans le monde de la compétition, et devenir en peu de temps le champion national de kendo, détrônant Daz Bones qui avait porté ce titre jusque-là.
Mais cela n'était pas encore assez : il lui fallait encore vaincre Mihawk, le champion du monde, pour tenir la promesse faite à Kuina – et jusque-là, il ne connaîtrait pas le repos, et serait consumé par ce seul but. Il l'avait juré, et il s'y tiendrait. L'attirance qu'il avait pu ressentir pour Sanji n'était que passagère, et n'irait de toute façon pas plus loin. Zoro devait simplement être frustré sexuellement, et il se sentirait bien mieux après une nuit de plaisir sans attaches – à la première occasion, il irait draguer dans un bar, et se sortirait ça du système. Quant à Sanji, s'il s'en tirait, il le confierait à Robin et se laverait les mains de la suite – après tout, c'était sa découverte à elle. Oui, voilà ce qu'il ferait.
- … Je ne savais pas qu'on pouvait mourir en mangeant de la viande, dit soudain Luffy, les épaules voûtées et la tête baissée. Tu crois que Sanji va s'en sortir ?
- Ce n'est pas ta faute, Luffy, répondit Zoro en soupirant. Le Love-Cook était plus que partant pour enfreindre les conseils du médecin ! C'était son choix, et sa responsabilité.
- Tu parles comme s'il était déjà mort, fit remarquer le brun, levant vers son ami des yeux tristes.
- Il aurait dû mourir il y a trois cent ans, de toute façon, repoussa l'épéiste en haussant les épaules. Et tu viens à peine de le rencontrer ce matin, qu'est-ce que ça peut bien te faire ?
- C'est vrai que je ne le connais pas depuis longtemps, mais ça m'a suffi pour réaliser que c'est un mec super sympa, et que je veux en faire mon nakama ! Tu te rends compte, un gars qui a trois siècles? C'est trop COOL ! En plus, je ne peux pas croire qu'il se soit réveillé après si longtemps, juste pour mourir en mangeant des pâtes. Je pense qu'il est là pour une raison, et que cette raison c'est toi, Zoro.
- Hein ?! Qu'est-ce que tu racontes ? Moi ?
- Bah oui. Depuis la mort de Tashigi, c'est la première fois que je te vois t'intéresser à quelqu'un en dehors de notre petit groupe d'amis. Tu te soucies vraiment de lui, et ça fait plaisir à voir ! Et lui aussi, il a l'air de déjà s'être attaché à toi. Il m'a posé de questions sur toi, et sur ton passé, quand on était chez le coiffeur. Ça saute aux yeux que vous avez une véritable connexion, tous les deux, et ce serait trop bête que ça se termine ici, tu ne crois pas ?
Zoro se renfrogna et carra ses épaules contre le dossier du canapé, croisant les bras sur la poitrine.
- Tu dis n'importe quoi. Il n'y a rien entre le cuistot et moi, et je ne m'en suis occupé que parce que Robin et Nami m'y ont obligé. D'ailleurs, dès que Robin sera revenue des Fagnes, je compte bien m'en débarrasser ! Qu'elle se cherche une autre nounou, non mais !
Luffy semblait sur le point de dire autre chose, mais Chopper sortit de la chambre à ce moment-là, l'air épuisé.
- Bon. Il est stabilisé, pour le moment. Zoro, il faudrait que tu restes près de lui, cette nuit, au cas où. Et s'il se réveille et qu'il a faim, donne-lui du lait – je ne pense pas que son organisme supportera autre chose. Pas plus d'un verre à la fois, et maximum toutes les deux heures. Je t'ai aussi laissé des vitamines, à lui donner avec un peu d'eau ce soir et demain matin. Je reviendrai avant mon stage, pour voir comment il va.
- Compris, fit le sabreur, qui s'était remis debout à l'entrée du futur médecin. Foutu Soucils-en-vrille. Il a encore trouvé le moyen de me faire passer une nuit blanche…
- Oh, arrête de te plaindre, un peu ! Je t'ai dit qu'il ne pouvait manger que de la soupe, et tu l'as laissé avaler une assiette entière de spaghettis ! lui reprocha Chopper d'un ton accusateur. Sur ce coup-là, je te tiens pour responsable, Zoro !
Cela eut le mérite de clouer le bec au sabreur. Responsable… Toujours responsable. Comme de la mort de sa sœur, ou de la fausse-couche de Tashigi. Zoro finissait immanquablement par détruire tous ceux qui l'approchaient d'un peu trop près. Et si ce n'était pas pour lui-même qu'il devait éloigner Sanji, pour éviter à nouveau de souffrir, c'était au moins pour protéger le blondinet. Si Luffy avait dit vrai, et que le cuistot commençait vraiment à s'attacher à lui… il était plus que temps de couper les ponts, pour sa propre sécurité. Mieux valait que Sanji le déteste, mais qu'il reste vivant.
Zoro réfléchissait à tout cela, les dents serrées, et les yeux fixés sur les traits tendus du malade. Il était à présent couché sur le dos, et ne se tenait plus l'estomac à deux mains, mais sa respiration restait sifflante et son visage crispé. Visiblement, il continuait à ressentir de l'inconfort. De plus, Chopper lui avait mis une sonde urinaire, et le kendoka se demandait vraiment comment il réagirait à cela lorsqu'il reviendrait à lui. Luffy et Chopper avaient fini par partir (et Luffy lui avait laissé son chapeau de paille, en signe de réconfort) et Nami était passée dans la soirée, apportant du lait, des flocons d'avoine, des fruits et des légumes (elle avait prétendu qu'elle augmenterait sa dette en échange, mais Zoro savait qu'elle n'en ferait rien – elle se préoccupait vraiment pour le blondinet, et peut-être aussi pour lui). A leur présence autour de lui, l'épéiste n'avait répondu que par grognements et par monosyllabes, l'esprit ailleurs et le visage rivé sur celui de Sanji. A l'affût du moindre geste, du moindre frémissement de ses paupières qui lui indiquerait qu'il allait se réveiller. Parce que, celui-là, il avait décidé qu'il le garderait en vie – peu importe ce que ça lui coûterait.
Finalement, ce fut assez tard dans la nuit que Sanji reprit conscience – et Zoro attendait déjà, un verre d'eau à la main et les vitamines de Chopper dans l'autre.
- O-où suis-je ? demanda le blond d'une voix rauque, posant ses yeux sur le sabreur sans le reconnaître.
- A l'appartement. C'est moi, Zoro. Tiens, bois une gorgée, fit l'infirmier de fortune en lui tendant le verre d'eau.
Sanji but goulûment, et Zoro dut lui arracher le verre avant qu'il ne le termine en entier.
- Doucement, tu dois encore prendre ça, aussi, expliqua-t-il en lui montrant les vitamines.
En voyant les gélules, les sourcils de Sanji se froncèrent avec méfiance, et il parcourut la pièce d'un regard soudain affolé.
- L'inquisiteur est-il parti ?
- L'inquisiteur ? répéta Zoro sans comprendre.
- Avec ses sandales de moine… Il croyait s'être déguisé habilement, mais je sais bien qu'il venait pour me prendre. Ah, d'ailleurs voici son chapeau de paille !
- Oh, tu veux dire Luffy ? réalisa le sabreur avant d'éclater d'un rire franc. Luffy n'a rien d'un inquisiteur, je peux te l'assurer ! Il voulait juste te faire visiter un peu la ville… Il était désolé de voir à quel point ses paroles t'ont paniqué. A ce propos, tu n'as rien à craindre : il n'y a plus de princes-évêques à Liège depuis bien longtemps. Ni d'Inquisition. Chacun peut pratiquer sa religion comme il l'entend.
Sanji se mâchouilla la lèvre inférieure, l'air de considérer ces paroles. Puis il baissa la tête vers les gélules que lui tendait toujours Zoro, et fit un geste dans leur direction.
- Et ceci ? Qu'est-ce donc ?
- Chopper t'avait prévenu : ton corps n'était pas encore prêt pour supporter de la nourriture solide, expliqua Zoro avec un soupir. Tu es tombé malade, et ces gélules sont des médicaments, pour te permettre d'aller mieux.
Sanji hésita un court instant, puis se décida à les prendre, et les avala avec le reste de l'eau. Peu habitué à cet exercice, il faillit s'étouffer, et Zoro dut lui tapoter le dos. Puis le blond, hors d'haleine et épuisé par le simple effort de s'être redressé, se recoucha dans le lit et ferma les yeux.
- Tu veux dormir ? Je peux éteindre la lumière, proposa Zoro en faisant mine de se lever.
- Non ! le retint Sanji, l'agrippant par le poignet.
Aussitôt, il le lâcha, tandis que le rouge lui montait aux joues.
- Mes souvenirs sont encore assez vagues, mais je crois me rappeler, à présent… Oh, je suis vraiment confus ! Il va falloir que je présente mes plus plates excuses à Luffy… Le pauvre.
- T'inquiète, je suis sûr que Luffy ne t'en veut pas, grommela Zoro en se rasseyant. Il sait que tu es malade, et que tu délirais.
Il y eut à nouveau une pause, tandis que Sanji se parcourait le torse d'une main, affichant un air songeur. Le sabreur fit de son mieux pour ne pas suivre le parcours qu'elle dessinait – mieux valait s'éviter la tentation.
- J'avais si mal, dans la poitrine… J'ai cru que mon cœur s'arrestait, et que mon heure estoit venue, murmura le blond, dont les yeux brillants trahissaient encore la légère fièvre. Mais c'estoit sans nul doute une punition du Seigneur, parce que je suis un mauvais chrétien…
- Un mauvais chrétien ? s'étonna Zoro. Eh ben dis donc ! Qu'est-ce qu'il lui faut de plus ?
- Non, non, je ne suis qu'un misérable pécheur, je le sais bien, s'obstina Sanji. En premier lieu, je fume, et depuis fort longtemps. Des hôtes de l'auberge m'ont proposé de partager une pipe, quand j'avais douze ans, et je n'ai jamais pu m'en passer depuis. Là encore, dès que j'ai reconnu l'odeur du tabac, je n'ai pas pu y résister. Et puis, j'ai eu des pensées impures, récemment…
Zoro se figea, et repensa à ce que lui avait dit Luffy. Des pensées impures ? Était-il possible que Sanji soit vraiment intéressé par lui, et cela plus que par simple reconnaissance ? Mais non, c'était ridicule. Il parlait certainement de Robin ou Nami. Il préféra ne pas relever, et laisser le blond continuer – de toute façon, celui-ci articulait de moins en moins au fil du temps, et semblait de plus en plus vaseux. Il devait également lutter pour garder les yeux ouverts, et s'endormirait sans doute bientôt.
- Tu sais, quand on m'a tiré dessus, et que je suis trépassé, la première fois… J'ai eu si peur de mourir ! J'ai prié, prié pour qu'Il me laisse une seconde chance, de ne pas me laisser mourir sans avoir pu fonder une famille, avant d'avoir pu rembourser ma dette envers le vieux croûton… Je Lui ai dit qu'on avait encore besoin de moi, ici-bas. Et j'ai cru qu'Il m'avait répondu, juste avant de rendre l'âme. Mais cette fois-ci, j'ai juste regretté de mourir sans avoir vu la mer…
- Sans blague ? Tu n'as jamais vu la mer ? s'exclama Zoro.
- Le vieux estoit pirate, avant d'estre cuisiner… marmonna Sanji sans lui répondre. Il a perdu la jambe, après un naufrage qui a emporté tout son équipage. Et c'est un pasteur qui l'a recueilli et soigné. C'est grâce à lui qu'il s'est repenti de sa vie de crimes et de violence, et qu'il a promis de faire le bien désormais. Et je sais que je ne devrais pas envier sa vie passée, mais lorsqu'il me parlait de ce qu'il avait vu au-delà des océans, et des aventures qu'il avait vécues, j'ai toujours voulu prendre la mer, moi aussi, et parcourir le monde. C'est surtout pour cela, que je suis un mauvais chrétien… Chacun devrait se contenter de ce que le Seigneur lui a donné, mais je n'ai jamais… réussi à m'y résigner…
Sur ce, il sombra enfin dans le sommeil, et Zoro continua à l'observer encore longtemps après qu'il se soit tu. Et réalisa qu'il devrait se débarrasser du malade au plus vite, car la tendresse qu'il ressentait en le regardant dépassait désormais la simple attirance physique.
