Note de l'auteur : Et voilà le nouveau chapitre ! Je sais, j'ai été longue à poster, mais j'ai pas mal de boulot en ce moment. J'espère que je n'ai pas perdu trop de monde en cours de route, parce que j'avoue que vos reviews diminuent de chapitre en chapitre. Si vous aimez cette histoire, s'il vous plaît, dites-le moi ! N'oubliez pas que nous n'avons aucun salaire, et aucun moyen de savoir si les gens apprécient ou pas nos fictions, à part les reviews !

Bref, sinon, comme d'habitude, Harry et Draco appartiennent à J.K Rowling. Le reste est entièrement à moi.

Bonne lecture !


CHAPITRE X

Je ne m'attendais pas à parvenir à convaincre le conseil aussi rapidement, vraiment. Ni à faire accepter l'idée à la meute aussi facilement. Les messagers ont rapidement été choisis – des soldats surentraînés, de façon à montrer notre force, mais également très doués en diplomatie, et non pas des abrutis sans cervelles. C'est donc tout naturellement que Josh est parti en tant que messager. Cela me fait bizarre de ne plus le voir, d'autant plus que la meute semble étrangement vide, à présent. Six de nos meilleurs soldats partis – un pour chaque meute – et notre effectif se retrouve considérablement réduit.

Les différentes meutes sont en effet les descendantes des anciennes familles originelles, créées par Fenrir lui-même. Si ce que disait ma mère est vrai, j'aurais dû avoir l'une de ces meutes, et non pas être le remplaçant temporaire de l'un de leurs chefs en attendant que celui-ci revienne. Bien que, plus le temps passe, et plus j'ai de doute quant au fait qu'Audric reviendra un jour. Cela me fait du mal de l'admettre, car je le respecte énormément, mais je pense que le temps est venu pour lui de prendre sa retraite. Et je pense qu'il le sent également.

Ce qui crée le premier problème de taille auquel je vais me heurter : les nouvelles vont vite, dans ce monde, et je sais que toutes les meutes ont déjà entendu parler de moi... en tant que le second d'Audric. Comment vais-je pouvoir les convaincre de s'allier à moi, si je n'ai pas de rôle bien établi ? Je n'ai même pas pris le pouvoir de manière respectable. Normalement, pour être le chef légitime de cette meute, il aurait fallu que je tue Audric, et non pas que je prenne sa place dès qu'il est parti. Ma meute me considère comme son chef légitime, je le sais, mais il existe des meutes bien plus belliqueuses que la mienne. C'est bien là le problème.

Quand j'en ai parlé à Josh, celui-ci m'a assuré que les meutes verront en moi leur chef légitime le moment venu. Mais j'en doute franchement.

Toutefois, je refuse d'attendre que les soldats reviennent de leur mission de messager pour commencer à attaquer les chasseurs. C'est leur laisser une trop grande longueur d'avance. Et c'est risquer le fait qu'ils puissent éventuellement entendre parler de notre plan avant qu'on ait put le mettre à exécution. Je veux profiter de l'effet de surprise.

J'ignore pourquoi est-ce qu'ils n'ont pas encore commencé à attaquer – cela fait, après tout, trois jours depuis que j'ai reçu le collier devant ma porte –, mais je décide de voir le bon côté des choses et de prendre ça comme un signe que les Dieux sont de notre côté. Peut-être ont-ils peur de nous attaquer, finalement.

Après le conseil, j'ai passé la nuit à réfléchir à un plan d'attaque. Malgré la colère qu'ont éveillé en moi les paroles de la vieille femme du conseil, je dois bien avouer qu'elle a raison sur un point : nous sommes une toute petite meute, avec moins d'une centaine de membres, et dont une bonne moitié est composée de femmes et d'enfants. Je refuse de les envoyer au combat. Attaquer les chasseurs de front avant d'avoir la réponse des autres meutes et leur aide matérielle serait du pur suicide. Les chasseurs, bien qu'étant des êtres humains et donc, étant naturellement plus faibles que nous, n'en restent pas moins des êtres humains surentraînés, avec l'habitude de se battre contre des lycans, et connaissant donc nos points faibles. De plus, ils ont un gros avantage numérique, et je n'irai donc pas les provoquer de front. Un lycan seul ne pourra pas détruire un groupe de chasseurs. Parce que, ça aussi, ils ont compris que c'était efficace : ils se déplacent toujours en groupe lorsqu'ils chassent.

Lorsque j'ai fait part de mes considérations à Shannen, celle-ci m'a rétorqué que moi, je m'étais battu plus d'une fois contre des groupes de chasseurs et que j'avais réussi à m'en sortir. Soit. Mais j'ai passé la grosse majorité de ma vie à errer seul, il est donc normal que j'ai appris à me défendre seul, sans compter sur personne. La plupart des lycans de la meute ont toujours vécu en meute. Ils ont toujours put compter sur les autres pour les aider s'ils en avaient besoin, et seront donc parfaitement incapable de se battre seul contre un groupe de chasseurs.

Et c'est là où la solution m'est venue en tête. Puis que nous ne pouvons pas attaquer les chasseurs de front, mais que les lycans ne peuvent pas se battre seuls, il suffit de traquer les chasseurs à notre tour. Après tout, ne sommes-nous pas des prédateurs, à l'origine ?

J'ai réussi, je ne sais trop comment, à convaincre la meute de mon plan. Tous l'ont trouvé génial, bien qu'il sonne bancal à mes oreilles. Il y a trop de failles, trop de risque. Mais, comme l'a dit Shannen, c'est le seul que nous ayons, et nous n'avons pas le choix.

C'est ainsi que je me retrouve, seul, à Hexham, en train de boire un verre tranquillement dans un bar que je ne connaissais pas. Je sais que les chasseurs ont un repère ici. Il y en a énormément qui se baladent en ville, à la recherche de lycans potentiels. Après tout, plus une ville est grande, plus il y a d'habitants, et plus il y a d'habitants, plus il y a de chances que certains d'entre eux soient des lycans. J'ai décidé de venir seul, mais tous les autres lycans se baladent en bande, habillés comme des étudiants allant boire un verre après les cours, ou alors comme un groupe d'hommes rentrant du travail et s'arrêtant pour discuter sport. La règle est simple : fondez-vous dans la masse, faites-vous passer pour plus humains que des êtres humains, ayant l'air insouciants et innocents, mais soyez aux aguets. Repérez rapidement les groupes de chasseurs, qui s'amuseront à jouer eux aussi aux humains innocents, traquez-les, et tuez-les tous. Ne laissez pas de survivants. Et prenez bien soin de laisser une marque de morsure avec vos crocs, de façon à ce qu'elle soit bien visible. Que les chasseurs comprennent que ce sont eux qui sont les proies, à présent.

Je sirote tranquillement mon verre, faisant mine de regarder la télévision branchée sur la chaîne info au-dessus du bar, bien que tous mes sens soient aux aguets. Je sens une présence pesante dans les environs, et un vague sentiment d'urgence m'a envahi. Mon lycan semble nerveux, sans que je ne parvienne à deviner pourquoi, mais je fais bien plus confiance à mon instinct qu'à ma raison. Je bois une nouvelle gorgée de mon martini quand soudain je manque de m'étouffer avec ma boisson : un bruit sourd, comme le bruit d'un corps qui tombe, vient de retentir à l'arrière du bar, dans une ruelle adjacente. Personne n'a rien entendu, bien sûr, et si je n'étais pas autant sur mes gardes, sûrement l'aurais-je manqué moi aussi.

Je repose mon verre, laissant un billet sur le bar avant de me relever, me tournant pour sortir. Mon regard balaye la salle, mais je ne vois rien de suspect. Je ne suis cependant pas sûr à deux cent pour cent qu'il n'y a pas de chasseurs dans la salle, aussi dois-je tout faire pour ne pas attirer l'attention. J'échange quelques mots polis avec le barman en remettant ma veste, allant même jusqu'à demander une cigarette à mon voisin de comptoir avant de sortir tranquille, faisant mine de pianoter sur mon portable, la cigarette au coin des lèvres. Mais sous les cheveux longs qui dissimulent mon regard, mes yeux sont aux aguets, et balayent la salle d'allers-retours incessants. J'arrive finalement à la porte, et prends mon temps de remonter mon col sur mon cou, faisant mine de frissonner à la vue du temps pluvieux, avant d'ouvrir la porte et de sortir.

Une fois dans la rue, je garde ma couverte, mais j'entends très clairement des bruits de coups et des gémissements désespérés retentir dans une ruelle adjacente. La douleur contenue dans cette voix est telle qu'elle me fait frissonner d'effroi.

Une fois au coin de la ruelle, j'y entre très discrètement, m'accroupissant derrière les poubelles qui sont là. Au fond, dos à moi, se trouve un groupe de six hommes, habillés entièrement de noir, avec des cagoules et des lunettes infrarouges. Juste devant moi, un peu sur ma droite, au milieu de la ruelle, se tient un septième, qui semble faire le gué. Bien qu'il soit visiblement plus intéressé par ce qui se passe au fond de l'impasse – à savoir ses collègues en train de tabasser une personne que je ne peux pas voir – plutôt que par les rares passants qui se baladent dans l'artère principale.

Je profite de ma cachette de ma position accroupie pour retirer silencieusement mes chaussures et mes chaussettes, restant pieds-nus, avant de m'avancer silencieusement jusqu'à l'extrême limite de la poubelle. Lorsque l'homme jette un énième coup d'œil à l'arrière, je me précipite silencieusement sur lui, bien plus rapide qu'un être humain normal, avant de placer ma main devant sa bouche, agrippant fermement son menton, mon autre main allant se placer à l'arrière de sa nuque, et d'un mouvement sec, je lui brise le cou. Son corps s'affaisse aussitôt contre moi, et je le retiens, le faisant glisser silencieusement à terre. Je n'ai jusqu'à présent produit aucun son, et de toute façon, les autres chasseurs semblent tellement pris par leur victime et produisent tellement de bruit en la torturant qu'ils ne m'auraient pas entendu. Mais je préfère ne pas prendre de risque.

Je scrute ensuite les ténèbres de la ruelle mal éclairée, parvenant rapidement à déterminer la place de chaque chasseur restant. Comme je le pensais, il y en a six. Une première ligne de quatre chasseurs, les plus proches de la victime, et donc les plus loin de moi, qui s'amusent à la torturer. Celle-ci n'émet d'ailleurs plus que des faibles gémissements, semblant au bord de l'inconscience. Ou pire. Mon instinct me hurle de me dépêcher, mais je prends tout de même le temps nécessaire à établir un plan d'attaque. Foncer tête baissée sera totalement inutile, si ce n'est que je risque d'y laisser ma peau, et la victime également.

Il reste donc deux chasseurs qui sont un peu en retraits par rapport aux autres, mais vu leurs membres contractés et leurs pieds qui piétinent légèrement le sol, ils attendent impatiemment leur tour. Je dois donc faire vite.

Je m'approche rapidement et silencieusement d'eux, et m'empare de celui qui est le plus éloigné des autres pour lui faire subir le même traitement qu'à son précédent collègue. Toutefois, mes mouvements doivent attirer le regard du deuxième le plus éloigné des autres, car il se tourne vers moi alors que je dépose silencieusement au sol son collège. Je vois ses muscles se tendre, et sa main se diriger vers son arme. Je n'ai pas le temps de réfléchir, tant pis pour la discrétion. Je m'empare de l'arme du chasseur que je viens de tuer et lui tire une balle en pleine tête. Il s'effondre aussitôt, ce qui a le mérite d'attirer l'attention des autres chasseurs.

Je ne réfléchis pas, alors, et me transforme aussitôt. Je me jette sur le chasseur le plus proche, mes crocs se plantant dans la peau tendre de son cou. Je lui arrache la carotide d'un mouvement sec, avant de me détourner et de m'éloigner d'eux en slalomant entre les balles d'argent qu'ils se mettent à me tirer dessus. Une fois que je suis suffisamment éloigné, je fais demi-tour, leur faisant de nouveau face, une balle m'égratignant l'épaule dans le processus. Je ne sens même pas la douleur, celle-ci étant totalement absorbée par l'adrénaline.

Je leur fonce à nouveau dessus, parvenant à éviter une nouvelle salve de balle avec brio, et arrache la tête de l'un d'eux d'un simple coup de patte. Je me sers ensuite de son corps comme d'un bouclier en reprenant ma forme humaine – à moitié, tout du moins, parce que mes mains sont toujours des pattes velues pourvues de griffes, et mon visage est toujours la gueule d'un loup.

Je parviens à m'approcher suffisamment pour donner un violent coup de pattes au chasseur le plus proche, lui lacérant le ventre, et je profite d'une petite ouverte dans sa peau pour y replonger la patte, lui arrachant les boyaux. Ceux-ci s'échappent de leur prison de chair comme un chapelet de saucisse et tombent au sol avec un bruit mat, suivi juste après par son corps sans vie. Je me débarrasse alors de mon bouclier, qui ne me sert plus à rien à présent qu'il est entièrement troué de balles, et reprends ma forme canine, me jetant sur les deux chasseurs restants. Ceux-ci reculent dans un ensemble parfaitement désynchronisé, hurlant de terreur à qui mieux mieux. L'un des deux se prend les pieds dans le corps inanimé de son collègue et tombe à la renverse au moment même où je fonds sur lui. La seconde d'après, sa tête va rouler un peu plus loin, complètement détachée de son corps, ses yeux encore écarquillés de terreur.

J'entends alors des bruits de pas précipités et me rends compte que le dernier chasseur tente de s'enfuir. J'hausse un sourcil, le regardant courir avec un certain amusement morbide, avant qu'un détail sordide n'attire mon attention : l'arrière de son pantalon est plus sombre. Il s'est uriné dessus. Cela, plus que toute autre chose, fait naître en moi un violent sentiment de mépris, et je reprends forme humaine, m'emparant d'une arme sur le corps de l'un de ses collègues. La balle lui arrache la moitié de l'arrière de la tête, et je regarde avec un dégoût son corps tomber au sol.

Je reste un moment ainsi, à regarder le massacre que je viens de commettre, avant qu'un faible gémissement derrière moi ne me rappelle la raison première de ma venue ici.

Je me retourne vivement, écarquillant les yeux en voyant la forme affalée sur le sol, à moitié inconsciente.

« Malfoy ?! »

J'ai réussi, je ne sais trop comment, à traîner son corps jusqu'à un motel, où j'ai pris une chambre. Dieu merci, nous ne sommes pas obligés de passer devant la réception pour aller à la chambre, et je peux donc transporter le corps inconscient de Malfoy en évitant les questions indiscrètes. J'ouvre tant bien que mal la porte de la chambre – ce qui est en soi assez difficile avec un corps inconscient qui n'est pas franchement très léger dans les bras – et le dépose le plus délicatement possible sur le lit. Je m'empresse ensuite d'aller fermer la porte à clef, ainsi que de tirer les rideaux. Je ne voudrais pas que des regards indiscrets se pointent par ici.

Je reviens ensuite à ses côtés, prenant le temps de l'examiner. Il est vraiment dans un sale état. Il a plusieurs blessures vraiment profondes sur le torse, le cou et les cuisses, visiblement dans le but de lui faire perdre un maximum de sang. Ses cheveux blonds habituellement si bien coiffés sont emmêlés et couverts de sang séchés. Sa peau d'ivoire est sale et couverte, elle aussi, de sang séché. Il a également plusieurs traces de brûlures et d'acide, et ces remarques font naître en moi une vague de fureur vengeresse. Ces enculés méritaient bien ce que je leur ai fait subir.

Décidant que, de toute façon, je ne pourrais rien faire sans lui enlever les lambeaux de vêtements qui lui restent, je retire doucement sa chemise et son pantalon, ainsi que son boxer, faisant attention à ne pas toucher ses blessures, bien qu'il soit toujours inconscient. Tâchant de ne pas trop m'attarder sur ses blessures, n'étant pas sûr de pouvoir contrôler mes mouvements si la hargne que j'ai ressenti tout à l'heure me reprend, je vais chercher une bassine d'eau chaude et un gant, entreprenant de nettoyer son corps.

Puis, je vais chercher dans la petite pharmacie qui se trouve dans la salle de bain la trousse de premiers secours, et entreprends de lui soigner ses blessures.


Note de l'auteur : Pauvre Draco. Et je vous promets, dans le prochain chapitre, je vais être encore plus sadique... (On ne frappe pas l'auteur!)